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Indre-et-Loire
Blason de Indre-et-Loire Drapeau de Indre-et-Loire
Indre-et-Loire
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Création du département
Chef-lieu
(Préfecture)
Tours
Sous-préfectures Chinon
Loches
Président du
conseil départemental
Jean-Gérard Paumier (LR)
Préfète Corinne Orzechowski
Code Insee 37
Code ISO 3166-2 FR-37
Code Eurostat NUTS-3 FR244
Démographie
Gentilé Tourangeaux, Indroligériens ou Indréloiriens[1]
Population 606 223 hab. (2016)
Densité 99 hab./km2
Géographie
Superficie 6 127 km2
Subdivisions
Arrondissements 3
Circonscriptions législatives 5
Cantons 19
Intercommunalités 11
Communes 272

Le département d'Indre-et-Loire est un département français situé en région Centre-Val de Loire. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 37. Peuplé de quelque 600 000 habitants, sa préfecture est Tours. Le département correspond à l'ancienne province de Touraine.

Sommaire

HistoireModifier

Article détaillé : Histoire de l'Indre-et-Loire.

Le département d'Indre-et-Loire est créé en 1790 avec les 82 autres départements français. Son territoire reprend presque exactement les limites de l'ancienne province de Touraine à laquelle est ajoutée toute la partie orientale de l'ancienne province d'Anjou allant de Bourgueil, sur la Loire, jusqu'à Château-la-Vallière au nord en passant par le domaine de Gizeux.

La ville de Richelieu, rattachée, dès sa création par le cardinal de Richelieu, sur le plan administratif, judiciaire et financier, au gouverneur de Saumur et au pays saumurois, est intégrée au tout nouveau département d'Indre-et-Loire en 1790. En revanche la partie orientale de l'ancienne province de Touraine est rattachée aux département de Loir-et-Cher (région de Montrichard) ou de l'Indre (environs de Mézières-en-Brenne et Écueillé).

 
L'Indre-et-Loire coupée par la ligne de démarcation.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes prussiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

En 1840, le département qui relève de la cour royale d'Orléans comporte trois arrondissements, vingt-quatre cantons et 282 communes. Au recensement de 1846, le département est subdivisé en trois arrondissements, vingt-quatre cantons et seulement 281 communes, après l'annexion de Saint-Etienne-Extra par Tours en 1845. Il compte 312400 habitants. La France métropolitaine selon le même recensement officiel compte environ 35,4 millions d'habitants dans ses 86 départements.

Durant l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale, le département est coupé en deux par la ligne de démarcation.

EmblèmesModifier

BlasonModifier

  Blasonnement :
« D'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules de vingt-deux pièces. »

PolitiqueModifier

1789-1870 : une terre conservatrice mais modéréeModifier

La Touraine, séjour des rois de France, demeura longtemps une terre conservatrice, comme le note Honoré de Balzac dans plusieurs de ses romans. Néanmoins, avant tout, elle demeure une terre modérée, rarement en proie aux passions politiques. Au cours des premières années de la Troisième République elle demeurait royaliste.

L'Indre-et-Loire sous la République : une terre radicaleModifier

Vers le républicanisme ruralModifier

Peu à peu néanmoins, le département d'Indre-et-Loire devint une terre de républicanisme et, plus précisément, de radicalisme tempéré puis de radical-socialisme, à dominante rurale. C'est ainsi que le gendre du président Jules Grévy, M. Wilson, fut député de Loches. Camille Chautemps fut député d'Indre-et-Loire durant l'entre-deux-guerre. Après la victoire de 1918 la rue Royale à Tours devint la rue Nationale. Cet ancrage au centre-gauche fut une constante jusqu'à la guerre de 1940, même si, les décennies passant, il se colora d'un certain conservatisme.

Saint-Pierre-des-Corps, bastion communisteModifier

 
La salle des fêtes de Saint-Pierre-des-Corps.

Dès sa naissance en 1920 au congrès de Tours, le Parti communiste français (PCF) a compté un bastion en Indre-et-Loire, celui de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, qui, par ses implantations ferroviaires, est doté d'une forte identité ouvrière.

Depuis 1920, tous les premiers magistrats de la commune sont membres du PCF, notamment Marie-France Beaufils élue pour la première fois maire en 1983. Elle fut également sénatrice d'Indre-et-Loire de 2001 à 2017.

L'après-guerre en Touraine : Royer et VoisinModifier

L'Indre-et-Loire de l'après-guerre est assez largement dominée par deux figures fortes : celle de Jean Royer, maire de Tours de 1958 à 1995 et député du département de 1958 à 1999, infatigable bâtisseur, et celle d'André-Georges Voisin (1918-2008), conseiller général de l'Île-Bouchard, président du Conseil Général des années 1970 au début des années 1990, qui dota la Touraine de son étoile autoroutière à cinq branches et construisit un grand nombre de ponts. Ces deux personnalités gaullistes n'en demeurent pas moins singulières, et peu en phase avec les découpages partisans classiques.

Le retour à la tradition de centre-gauche ?Modifier

Le basculement de la mairie de Tours à gauche en 1995 et celui du département en mars 2008 confirment le retour d'une gauche modérée sur la scène politique tourangelle. Jean Germain, en ce sens, s'inscrit bel et bien dans une tradition radicale et socialiste dont Yves Dauge, sénateur de Chinon, n'a cessé d'être le représentant. Quant au conseil général présidé par Claude Roiron puis Marisol Touraine, il a basculé pour la première fois à gauche lors des cantonales de mars 2008 ; la carte politique du département n'en est pas moins très duale, entre des campagnes massivement à droite et une agglomération tourangelle à gauche. À ce titre, il semble hasardeux de parler de retour à une tradition politique : le socialisme urbain d'aujourd'hui semble a priori bien éloigné du radicalisme rural d'hier.

GéographieModifier

SituationModifier

 
Carte d'Indre-et-Loire.

Le département d'Indre-et-Loire fait aujourd'hui partie de la région Centre-Val de Loire qui regroupe également les départements d'Eure-et-Loir, de Loir-et-Cher, du Loiret, de l'Indre et du Cher.

Le département a une superficie de 6 127 km2 qui le place au 41e rang national en importance de taille et au 5e rang régional sur 6. Il est limitrophe des départements de Loir-et-Cher au nord-est, de l'Indre au sud-est, de la Vienne au sud-ouest, de Maine-et-Loire à l'ouest et de la Sarthe au nord.

Un parc naturel régional concerne en partie le département d'Indre-et-Loire : le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, situé entre Angers (Maine-et-Loire) et Tours.

Géographie physiqueModifier

Le département d'Indre-et-Loire se situe à l'extrémité sud du Bassin parisien.

Le département d'Indre-et-Loire est traversé d'est en ouest par la Loire qui sépare le département en deux parties avec au nord la Gâtine et au sud la Champeigne. C'est dans ce département que le Cher, l'Indre et la Vienne se jettent dans la Loire.

La topographie du département dépasse souvent les 100 mètres mais jamais les 200 mètres et est assez vallonnée au sud toujours à proximité des rivières (Céré-la-Ronde près de Montrichard est le point culminant du département avec 187 mètres d'altitude), alors que le nord demeure tabulaire (Gâtine tourangelle). En revanche, la rive nord longeant la Loire est un peu plus vallonnée.

HydrographieModifier

Les plus longues rivières traversant le département d'Indre-et-Loire :

ClimatModifier

Le climat d'Indre-et-Loire est tempéré de type océanique avec une température moyenne d'environ 12°C. La Loire est souvent utilisée comme frontière climatique entre Nord et Sud de la France. Les étés sont en règle générale assez chauds (température maximale annuelle dépassant toujours les 33 °C), des températures supérieures à 42 °C ont ainsi été enregistrées en 1947 et 2003.

À l'inverse, les températures très basses sont rares, descendant rarement sous les −10 °C seuil franchi en 1985/1986 et 1996/1997. La Loire gèle alors, on rapporte ainsi que lors d'un hiver particulièrement rigoureux on a pu la traverser à pied (hiver 1956). Le fleuve charrie des blocs de glace lorsque la température descend sous les −10 °C.

La pluviométrie est assez faible (de 500 à 700 mm par an), ce qui peut engendrer de graves situations de sécheresse comme en 1976, 2003 ou 2006. La neige est également rare (pas plus de 10 jours par an).

Relevé observé de 1981 à 2010, à la station météorologique de Tours (37)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 1,9 3,9 5,6 9,2 12,1 14 13,8 11,1 8,6 4,6 2,5 7,4
Température moyenne (°C) 4,7 5,2 8,1 10,4 14,2 17,5 19,8 19,6 16,5 12,7 7,8 5 11,8
Température maximale moyenne (°C) 7,3 8,5 12,3 15,2 19,1 22,8 25,5 25,5 21,8 16,8 10,9 7,5 16,1
Ensoleillement (h) 69,2 92 142,1 180,4 202,5 228,2 249,1 239 186 123,3 79,5 57,1 1 848
Précipitations (mm) 66,3 55,9 50,2 55,9 62,3 46,1 53,2 42,6 53,3 71 67,9 71,2 695,9
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
7,3
2
66,3
 
 
 
8,5
1,9
55,9
 
 
 
12,3
3,9
50,2
 
 
 
15,2
5,6
55,9
 
 
 
19,1
9,2
62,3
 
 
 
22,8
12,1
46,1
 
 
 
25,5
14
53,2
 
 
 
25,5
13,8
42,6
 
 
 
21,8
11,1
53,3
 
 
 
16,8
8,6
71
 
 
 
10,9
4,6
67,9
 
 
 
7,5
2,5
71,2
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

ÉconomieModifier

Une province prospère durant le Moyen-Âge et l'époque moderneModifier

La Touraine fut une province prospère durant ces deux périodes. Ainsi, pendant le XVe siècle, et notamment sous les règnes respectifs de Charles VII et de Louis XI, la navigation en Loire et le négoce voyaient à Tours une grande activité[2]. De plus, la soierie de Touraine rivalisait avec celle de Lyon, de par la qualité des produits fabriqués mais également grâce aux 8.000 métiers qui furent présents au sein de la province. Par ailleurs, l'imprimerie y connaissait un rayonnement important. Tours fut alors un pôle d'expansion considérable. À quelques occasions, elle fut aussi capitale de la France[2] , d'une part durant la guerre de Cent Ans, entre 1422 et 1528, bien que Paris fut repris en 1436 par Charles VII, mais aussi entre 1588 et 1594, comme cela fut décidé par le roi Henri III, à la suite de la Journée des Barricades.

Le déclin économique durant le XIXe siècle jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondialeModifier

Si la Touraine connue une vitalité économique entre la fin du Moyen-Age et jusqu'au XVIIIe siècle, l'entrée au sein de l'époque contemporaine marqua un ralentissement net de sa prospérité économique. Comment expliquer cela ? En fait, le XIXe siècle fut le centenaire marqué par la surutilisation d'énergies primaires telles que la houille, le minerai ou encore le charbon. L'Angleterre, par exemple vit une amélioration économique grâce à l'exploitation de ces trois matériaux. C'est ce que l'on appelle couramment la Révolution industrielle. Le XIXe siècle fut le "centenaire de la houille". Or, le sous-sol de l'Indre-et-Loire ne disposait pas de cette énergie[2]. En France, le charbon et la houille furent notamment exploités dans les régions du Nord, mais aussi à l'Est, comme dans la Lorraine. L'absence de ces ressources entravaient la naissance d'activités basées sur leurs utilisations. Seules les domaines de l'imprimerie, du meuble et de la confection tenaient à bout de bras l'économie du département.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la situation économie de l'Indre-et-Loire était toujours alarmante. En effet, l'industrie tourangelle n'employait que 20 % de la population active du département. Surtout, uniquement 17 % de cette même population active travaillaient au sein des bâtiments de transformations, contre 25 % à l'échelle nationale[2]. Ces chiffres témoignent du retard que connaissait l'Indre-et-Loire à la fin du conflit mondial. L'économie tourangelle déclinait, et peu d'investissements furent réalisés pour lui redonner de la vigueur économique. Il lui était donc nécessaire de trouver des solutions, et de profiter du contexte économique favorable durant ce que l'on appelle couramment les "Trente Glorieuses".

La décentralisation parisienneModifier

À la suite du second conflit mondial, les gouvernements qui se sont succédé cherchèrent à décentraliser les activités de Paris vers la Province. Cette problématique fut abordé par exemple par le professeur Milhau dans un article consacré à l'aménagement des régions du Bas-Rhône et du Languedoc. Celui-ci faisait le constat de la nécessité d'un aménagement rationnel du territoire. En effet, durant la IVe République, la région parisienne comptait à elle seule une population largement supérieure à celle des trente-trois plus grandes villes de France. De plus, près d'un cinquième de la population active y travaillait, dont plus de 23 % provenant de l'industrie nationale. Cela pouvait même atteindre des chiffres comme 50 % voire 60 % pour certains domaines industriels telles que l'automobile, l'industrie électrique et électronique, ou bien encore l'aéronautique. Cette zone comptabilisait également 50 % des cadres industriels et 30 % des administrateurs et dirigeants de sociétés[2]. Cela en était de même concernant le secteur tertiaire (le commerce, les établissements financiers, les services de tous types etc.) De ce fait, le Général Dancourt, qui fut directeur du Comité de l' Orientation Économique de l'Indre-et-Loire expliquait que le taux d'activité, à Paris, dans les domaines du commerce et des banques était à hauteur du tiers de l'activité française. Quant aux services publics, la région parisienne en représentait le quart. À titre d'exemple, l'Université de Paris accueillait près de 40 % des étudiants d'Outre-Mer[2].

Cette centralisation des activités avait des conséquences socio-économiques. Tout d'abord et non des moindres, le coût. En effet, cette capitalisation demandait des investissements considérables en équipements de toute sorte : logements, transports, adductions d'eau, énergie, équipements scolaires et hospitaliers. De plus, le prix des réalisations, pour les logements, les routes et les écoles était de 25 à 40 % plus élevé à Paris qu'en Province. Aussi, les dépenses d'administrations par habitant en Seine furent de l'ordre de 80 Nouveaux Francs contre 17 NF pour la population résidant en Province. En comparaison, les coûts dans les domaines de la Sécurité, de la Justice et de la Police furent à 71 NF par habitant à Paris contre 7 NF, en moyenne, pour les autres régions. La centralisation incitait les provinciaux à migrer en région parisienne. Ainsi, Paris accueillait annuellement 140 000 habitants, dont 70 % étaient originaires de Province. La conséquence fut simple : un essoufflement socio-économique des régions provinciales, nuisant dès lors au bon équilibre du pays[2].

Comment remédier à cela ? Tout d'abord, les gouvernements, depuis 1950, ont tenté de freiner l'afflux d'activités au sein de la région parisienne. Surtout, la voie vers la décentralisation fut engagée sous le gouvernement de Pierre Mendès-France. Dans cette perspective, il réalisa une série de réformes. En premier lieu, les Comités Départementaux d'Orientation Économique composés de leurs branches principales dont les collectivités locales furent fondés le 11 décembre 1954. Elles pouvaient être consultées pour les mesures destinées à mettre au point le développement local dans le cadre de la politique général du gouvernement. Le 5 janvier 1955, une loi fut proscrite afin de faciliter la meilleure répartition des industries sur l'ensemble du territoire ainsi que pour soumettre la création ou l'extension des entreprises industrielles. Enfin, les programmes d'actions régionales virent le jour le 30 juin 1955. Celles-ci devaient coordonner les initiatives publiques et privées en vue de favoriser l'essor économique des régions mais aussi pour compléter le Plan national de modernisation et d'équipement. Pour soutenir cela, il y eut la mise en place du Fonds de Développement Économique et Social afin de financer les projets. En 1956, la France était découpée en 22 régions de programmes par le Commissariat général au Plan[3]. Toutes ces idées devaient faciliter l'expansion des régions et des départements. En effet, la décentralisation parisienne avait comme objectif « de contribuer à une meilleure répartition territoriale des activités et des hommes, et, ce faisant, à accroître la productivité de "l'entreprise France" par une utilisation plus meilleure, plus complète et plus humaine ressources du pays. Elle doit aboutir en définitive à une élévation d'ensemble du niveau et des conditions de vies de la population[2] »

Le préfet d'Indre-et-Loire créa donc le Comité Départementale d'Orientation Économique de l'Indre-et-Loire qui travailla à sensibiliser l'opinion en entreprenant une série de campagnes de publicités. Ces dernières commencèrent à porter leurs fruits à partir de 1959. En effet, cette année marqua les premières implantations des entreprises décentralisées au sein du département de l'Indre-et-Loire.

Michel Debré, alors Premier Ministre et Conseiller général de la commune d'Amboise, écrivait

« La Touraine du XXe siècle est en voie de se transformer par une belle volonté de modernisation. Le paysan des nouvelles générations est sur la voie d'une véritable mue. Aux cultures traditionnelles s'ajoutent des cultures neuves et surtout les méthodes de travail, la conception même du labeur agricole évoluent sous nos yeux. Coopératives, zones-témoins, concours pour la meilleure qualité des produits, désir de conquérir des marchés : le tourangeau traditionnel devient un homme moderne. À cet effort agricole commence à s'ajouter un effort industriel. La Touraine à cet égard n'a pas de situation privilégiée, tant s'en faut et les efforts des générations précédentes se sont souvent heurtés à bien des difficultés dans cette terre pauvre en matières première et énergie. Mais les techniques nouvelles changent la situation ancienne et la décentralisation de la région parisienne peut profiter à la vallée de la Loire. Autour du chef-lieu qui est vraiment la capitale du département, Tours et son district ; autour de quelques grandes villes dont le nom évoque des siècles d'histoire, nous verrons, nous commençons déjà à voir des usines neuves, image d'une transformation qui peut et doit aller très loin. N'est-ce pas d'ailleurs une nécessité ?[2] »

Les atouts pour faciliter l'implantation d'entreprisesModifier

Une position géographique favorableModifier

Géographiquement, le département possède des arguments massifs pour inciter les entreprises à venir s'y installer. Tout d'abord, L'Indre-et-Loire est situé à 200 kilomètres de la Paris . De ce fait, comme l'explicite le Général Dancourt « Tours peut accueillir des entreprises qui, pour des raisons commerciales ou techniques, doivent conserver dans la capitale : siège social, magasin de vente ou organismes d'études et laboratoire... À ce titre, elle est parfaitement apte à jouer un rôle de premier plan dans la décentralisation parisienne[4]. » Cette proximité avec Paris est d'autant plus renforcée avec la fondation de l' autoroute A10, entre 1960 et 1981, et reliant Paris et Bordeaux en passant par Tours.

Le département de la région Centre, se trouve être également une zone charnière entre la région parisienne et les régions qui furent (ou qui sont encore) peu prospères économiquement parlant et subissant une forte pression démographique de l'Ouest et du Sud-Ouest. De ce fait, l'Indre-et-Loire pouvait (et peut) être dans la capacité d'accueillir une partie des excédents démographiques en provenance de la Bretagne, des pays de la Basse-Loire et du Poitou. En outre, le département numéroté 37 devait « jouer à leur égard le rôle d'un pôle relais d'expansion de la région parisienne et ce, dans tous les domaines : industrie, commerce, culture et arts... Ainsi, Tours a incontestablement une mission à remplir dans le cadre d'une véritable décentralisation[4] ».

Plus encore, l'Indre-et-Loire se trouve être un carrefour international, puisqu'il se trouve aux croisements de trois grands axes transfrontaliers : Suisse - Océan ; Pays-Bas - Rouen ; Le Mans - Route d'Espagne. Cela lui donne un rayonnement économique dépassant les frontières nationales, tout en lui donnant une dimension touristique.

Une démographie jeune et en augmentationModifier

L'Indre-et-Loire vit, durant la période dite des Trente Glorieuses, une augmentation considérable de sa démographie (cf le tableau évoquant l'évolution de la population du département dans la partie consacrée à sa démographie.) Cette hausse peut s'expliquer pour plusieurs raisons, parmi lesquels le phénomène dit du "baby-boom", le rapatriement des Pieds-noirs à la suite de la défaite de la France lors de la guerre d'Algérie, les migrations de travailleurs étrangers et nationaux etc. Surtout, le département possédait une population jeune. Ainsi, le Général Dancourt racontait que « la tranche d'âge quinquennal (15 à 19 ans) passera progressivement de 23 976 en 1960 à 34 024 en 1965 et 36 000 dans les années consécutives[4]

L'Indre-et-Loire : un carrefour énergétiqueModifier

La Touraine n'a pas à rougir des autres départements quant à ses disponibilités énergétique. Certes, au cours du XIXe siècle, le manque de ressources au sein de son sous-sol fut un frein à l'expansion économique du département. Néanmoins, la donne a changé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. De ce fait, Tours se trouve être l'un des sièges régionaux d'une disposition des Charbonnages de France, couvrant près de dix départements. De plus, la capitale de l'Indre-et-Loire use de son avantage géographique pour être un dépôt important pour la distribution des combustibles solides[4].

Si l'Indre-et-Loire n'est pas producteur de pétrole, sa capacité de stockage des ressources pétrolières n'a pas cessée d'augmenter. En effet, la Touraine est alimentée par les raffineries de Donges et de La Pallice. De plus, il existe une station Primagaz à Saint-Pierre-des-Corps qui s'occupe du chargement de gaz liquéfiés pour le département. Toutes les Sociétés pétrolières sont ancrées dans le département. Plus encore, l'Indre-et-Loire profite de sa proximité géographique avec les raffineries pour être livré rapidement en produits pétroliers et à des prix compétitifs. Le transport se fait soit par routes, soit via le réseau de chemins de fers[4].

L'agglomération tourangelle s'est convertie au gaz naturel entre les années 1963 et 1965. Cette énergie se substitue au gaz manufacturé, qui était produite par l'usine à gaz de Tours. Néanmoins, la production de gaz de ville devenait insuffisant pour répondre aux besoin énergétiques d'une population qui ne cesse de croître. La possession du gaz naturel, véritable innovation technique, pouvait (et peut-être) un motif pour les industriels pour s'installer au sein du département. Les agglomérations de Loches, Chinon, Langeais et Amboise détiennent des distributions autonomes alimentées en air propané pour les trois premières et en propane pour la quatrième[4].

Surtout, l'Indre-et-Loire bénéficie d'une bonne desserte électrique. Cette alimentation est permise grâce au complexe général d'interconnexion du réseau de transport d’Électricité de France. La principale sous-station est celle de Larcay, localisée sur l'artère de 225 kilovolt reliant Marmagne, près de Bourges à Arnage dans la région du Mans. Cette ligne est renforcée par une nouvelle artère de 225 kV évacuant dans le réseau général la production de la Centrale Nucléaire de Chinon. Le carrefour que représente le département de l'Indre-et-Loire lui confère une alimentation sans interruption puisqu'il est relié aux sources hydrauliques de production du Massif Central et des Pyrénées, et aux sources thermiques de la Centrale de Nantes-Cheviré et dès 1962 à la Centrale Atomique E.D.F. de Chinon, permettant à l'Indre-et-Loire d'être exportatrice en électricité (et donc de lui donner un rendement économique.) Plus encore, elle peut obtenir de l'électricité provenant de la Basse-Seine via la voie de 225 kV reliant Tours à Arnage mais aussi en provenance de la région parisienne via la double ligne de 90 kV provenant d'Orléans.

La Touraine est également bien servie en électricité de part le réseau de 30 kV issu du poste principal 90/30/5 kV situé à Tours. Ce réseau 30 kV détient une ceinture de forte section qui dessert Tours et sa banlieue. De ce fait, toutes les industries peuvent être alimentées directement à ce réseau. Celui-ci possède également un coût compétitif, à condition que la puissance n'excède pas 5 à 6 000 kW.

Il existe également un réseau de 90 kV couvrant l'Indre-et-Loire sur une longueur de 138 km, permettant l'installation de grosses entreprises dans l'agglomération tourangelle.

Enfin, un réseau de 30 kV dessert tout le département avec une boucle reliant Azay-le-Rideau, Langeais, Chinon, Loches, La Haye-Descartes et Preuilly ; des antennes vers le nord alimentant Semblancay et Château-la-Vallière. Les régions d'Amboise, de Bléré et de Château-Renault sont servies par un réseau à 30 kV issu du poste de la commanderie[4]. Cette bonne desserte énergétique doit favoriser l'implantation d'industries au sein du département.

Les investissements consentis par le département pour se relancer économiquementModifier

Certes, la situation géographique de l'Indre-et-Loire, sa population active en hausse et qui plus est juvénile ainsi que sa bonne desserte énérgétique furent des atouts non négligeables qui incitèrent certaines entreprises à ouvrir des bâtiments au sein du département de la région Centre . Néanmoins, les pouvoirs publics locaux comprirent rapidement que cela n'était pas suffisant. En accord avec les grands Plans d'aménagements, l'Indre-et-Loire fit de nombreux investissements non seulement pour se moderniser, mais également pour accentuer l'afflux d'agents économiques. Ces investissements étaient de différents types.

Les aménagements industrielsModifier

Pour attirer les industriels, l'Indre-et-Loire a réalisé de lourds investissements dans le domaine industriel. En premier lieu, des zones industrielles furent aménagées dans différentes communes, comme celle de Saint-Pierre-des-Corps (50 hectares), équipée par la Chambre de Commerce de Tours et d'Indre-et-Loire. Une autre à Joué-lès-Tours (48 hectares), réalisée par la ville de Jouè-les-Tours et la Société d'équipement de Touraine. Il fut également aménagé des ZI à Menneton (25 hectares) par la ville de Tours et sans aide extérieure, à Chambray-lès-Tours, à St-Avertin ( une quarantaine d'hectares), à La Riche (une vingtaine d'hectares) et une autre à St-Symphorien.

Les zones rurales n'ont pas été délaissées. De ce fait, certaines communes périphériques possèdent des zones industrielles ou du moins des réserves foncières à vocation industrielles. C'est le cas à Château-Renault, à Amboise, à Pocé, à Bourgueuil, à Sainte-Maure, à Bléré, à Langeais etc.

De plus, des bâtiments vacants ont été achetés et reconvertis par des industriels venant de la région parisienne. Comme l'expliquait le Général Dancourt, la création d'activités dans une nouvelle région coûte cher. C'est pour cette raison que l'Indre-et-Loire offrait des aides pour ces investisseurs. Dans cette optique, ces derniers avaient accès au crédit à long terme. Ce procédé fut facilité par l'action de la Société de Développement Régional de l'Ouest. Outre le crédit à long terme, d'autres avantages furent proposés selon les lieux et les conditions d'implantations. Ces offres étaient de différentes factures. Il existait une indemnité de décentralisation, une exonération des droits de mutation, une aide pour la formation de la main-d’œuvre, des indemnités pour le personnel selon l'entreprise, des facilités pour l'acquisition des terrains. Enfin, certaines communes étaient dans la capacité de demander la construction d'usines qui furent payées en une ou en plusieurs fois.

Ces investissements ont porté leurs fruits. En effet, entre 1959 et 1964, plus de quatre-vingt entreprises se sont installées en Touraine. C'est le cas de certaines entreprises d'envergures régionales comme Usinor, Longométal, Transports et Exportation Danzas, Unilever, Antargaz, Berlict, Dépôt ou encore l'Agence Commerciale de la Régie de Renault. Certains industriels qui se sont implantées dans le département ont un rayonnement internationale, offrant à l'Indre-et-Loire une dimension identique. De plus, l'offre de travail n'a cessé d'augmenter. De ce fait, entre ces six années, près de 12 000 emplois ont été créés, le tout avec une parité homme/femme. Certaines entreprises se sont basées dans les communes périphériques de Tours, participant dès lors au renouveau économique et social de ces villes. Ces dernières étaient d'ailleurs très intéressantes pour le recrutement de la main-d’œuvre féminine.

Sur le plan national, selon l'examen des statistiques du Ministère de la Construction en 1961, l'Indre-et-Loire se classait 10e des 90 départements français pour le nombre des implantations industrielles réalisées en 1960 et 13e pour la superficie des planchers industriels autorisés (84 000 mètres carrés[5].)

Un effort réalisé dans la construction et la rénovation de logementsModifier

Dans le cadre général des Plans d'aménagements, pour faire face à la hausse de la population mais aussi dans l'objectif d'expansion économique du départements de l'Indre-et-Loire, il était nécessaire pour le département de réaliser de nouveaux logements, voire de rénover des bâtiments vétustes afin de les rendre modernes. De ce fait, entre 1955 et 1960, près de 11 000 logements avaient été construits. La fondation de ces logements fut l'occasion de moderniser certaines zones. Ainsi, il y eut la construction de près de 2 200 logements sur la "Rive du Cher". de même à La Rabatière, à Saint-Pierre des Corps, dans laquelle 200 logements virent le jour. Deux zones à Joué-lès-Tours profitèrent de cette politique de construction pour s'urbaniser. Il s'agit d'une part du quartier du Morier qui a vu l'érection de près de 1 250 logements, et d'autre part de La Martellière avec ses 250 nouveaux habitats. À cela s'ajoutait une Zone à Urbaniser en Priorité de 200 hectares pour fonder aux alentours de 5 200 logements. Les communes rurales n'ont pas été mises de côté, puisque des nouveaux logements sont apparus par exemple à Loches à Château-Renault ou encore à Amboise.

Concernant les années 1965 et 1970, voici un tableau qui récapitule les constructions réalisées année après année.

Tableau évoquant la construction de logements en Indre-et-Loire durant le Ve Plan[5]
année logements autorisés

(permis de construire la même année)

logements mis en chantiers la même année logements terminés
1965 6 880 4 802 4 164
1966 4 192 4 103 4 760
1967 6 000 4 625 5 013
1968 4 500 4 300 4 300
1969 5 000 4 600 4 500
1970 5 100 pas de données 4 600 (estimations)
Total 26 672 22 430 22 837

Nous pouvons aisément analyser ce tableau. Ainsi, en moyenne, durant le Ve Plan, près de 5 000 logements étaient construits annuellement. De ce fait, au cours de ces six années, près de 22 000 logements ont vu le jour au sein de l'Indre-et-Loire. Ainsi, l'objectif des 20 000 logements réalisés durant cette période a été largement rempli.

Le tableau suivant traite de la répartition de ces logements pour les trois types de zones de l'Indre-et-Loire, à savoir l'agglomération tourangelle, les localités urbaines possédant au moins 2 000 habitants comme Amboise ou encore Château-Renault, et les zones rurales de moins de 2 000 habitants.

Répartition géographique des logements créés durant le Ve Plan[5]
Année Agglomération tourangelle Localités urbaines Secteur rural
1965 3 100 760 263
1966 3 400 1 067 324
1967 3 675 919 460
1968 2 500 1 200 485
1969 2 900 1 200 980
1970 3 250 1 000 350
Total 15 575 6 146 2 862

Ce tableau nous confirme le constat fait par le Comité Départemental d'Orientation Économique de l'Indre-et-Loire. Ainsi, pour les années 1966 et 1967 la proportion de logements construits à Tours et dans sa banlieue atteignait 73 % de l'ensemble des réalisations. Néanmoins, ce taux est tombé à 60 % pour l'année 1968 pour être de nouveau à 65 % pour les années 1969 et 1970. En fait, comme l'explique le rapport, certaines localités urbaines, comme Château Renault et Amboise ont noté une recrudescence des implantations industrielles. De ce fait, les pouvoirs publics locaux devaient réaliser des habitats dans ces villes pour loger les travailleurs. Le secteur rural était aussi en expansion. Néanmoins, les résultats sont faussés, puisque, à cette époque, Chambray-lès-Tours était considérée comme étant rural[5].

Les habitations créées étaient accessibles via deux moyens. Tout d'abord, elles pouvaient être louées. En effet, Les cadres moyens et les techniciens logeaient surtout dans des Habitations à Loyers Modérés. Néanmoins, il existait d'autres types de logements collectifs ainsi que des pavillons jumelés ou individuels à l'extérieur de Tours dans lesquelles la population était en mesure de résider. La Société Immobilière Interprofessionnelle de Touraine avait construit des logements en locations sous condition que les entreprises qui allaient les louer souscrivaient aux actions correspondant aux nombre d'habitats à créer, soit un versement de 1 %. À la suite de cela, les logements devenaient propriétés de la Société Immobilière de Touraine et les entreprises étaient alors actionnaire. La ville de Tours mais également des sociétés immobilières privées construisirent des logements qu'ils pourvoyaient aux cadres. L'accession à la propriété était le second moyen d'obtenir un logement. Pour cela, La Coopérative d'H.L.M. d'Amboise et d'Indre-et-Loire a construit des logements en pavillons avec les assistances du Conseil Général départemental ainsi que divers organismes. Ces derniers bénéficiaient d'un Crédit Foncier. Initialement, ils devaient verser une part personnelle, dont le montant variait selon la taille du logement. Ainsi, pour un logement de type 3, le versement était de 2 700 Nouveaux Francs, de 3 000 NF pour un F4 et enfin de 3 200 NF pour un F5. Le C.I.L., qui reçoit l'action de 1% de la part des entreprises pouvait également construire des logements avec accès à la propriété. Les Sociétés Immobilières privées construisaient également des pavillons ou des appartements.

Les constructions directes représentaient un substitut à ce qui a été dit précédemment. Dès lors, trois cas de figures existaient . En premier lieu, si un cadre souhaitait entreprendre la fondation de son logement, il avait la possibilité de recevoir une prime de 6 NF selon le type de pavillon. La surface « primable » était de 90 m² avec comme plafond 140 m². De plus, le Comptoir des Entrepreneurs pouvait lui faire un Crédit Foncier à hauteur de 15 000 NF, avec un intérêt de 3,75 %. Le remboursement s'étalait sut vingt ans. Un industriel pouvait servir d'alternative. Il investissait le fameux 1 % jusqu'à concurrence de 20 % du coût total de construction. La deuxième option correspondait à celui où ce fut un industriel qui souhaitait construire sa propriété. Ainsi, le processus était le même, excepté qu'il n'a pas forcément besoin d'acquérir le Crédit Foncier. Enfin, très exceptionnellement, une commune du département était dans la capacité de construire une habitation avec un prêt du Crédit Foncier à rembourser avec un taux d'intérêt de l'ordre de 5,50 % sous quinze ans.

Cet effort fait par les pouvoirs publics dans la construction de logements modernes symbolisa une nouvelle fois sa volonté d'expansion économique. Grâce à cet aménagement, ils signalaient aux industriels et aux ouvriers que l'Indre-et-Loire étaient en mesure de les accueillir. Surtout, la multiplication des logements augmentait la possibilité d'avoir son habitation proche de son lieu de travail même dans les zones périphériques de Tours. Enfin, il existait des moyens fonciers pour devenir propriétaire des logements[4].

Tours : une agglomération tertiaire et administrativeModifier

Ville bourgeoise et commerçante, Tours, en dépit des implantations ferroviaires à Saint-Pierre-des-Corps, ne fut jamais un centre industriel de grande ampleur. Son centre, classiquement, abrite des services de qualité, de commerce et de restauration, dans les domaines culturel ou de d'habillement ; en matière d'enseignement, il est doté de plusieurs lycées, dont le prestigieux lycée Descartes, et de l’université François-Rabelais. Il est structuré autour d’importantes administrations, la mairie de Tours, le Conseil départemental d'Indre-et-Loire, ainsi que la préfecture du département.

L'économie rurale en Indre-et-LoireModifier

Il convient de distinguer en Indre-et-Loire quatre ensembles ruraux, bien distincts sur les plans géographique et économique.

L'axe ligérienModifier

Traditionnellement, la Loire est propice au développement des cultures maraîchères. Elle le demeure aujourd'hui. S'y rattachent les vignobles de Vouvray.

Le ChinonaisModifier

Les pays de la Vienne se distinguent par l'importance du vignoble de Chinon, et la structure en domaines et coopératives viticoles, très prégnante dans l'économie rurale. La centrale nucléaire EDF d'Avoine-Chinon emploie plus de 1200 personnes, plus de 800 personnes dans la sous traitance, et environ 700 emplois dans les entreprises installées sur la zone industrielle du Véron (actuellement 400 emplois).

La Gâtine (Touraine du nord et du nord-ouest)Modifier

Espace pauvre et en déprise partielle, la Gâtine tourangelle est touchée de plein fouet par les mutations du monde agricole.

La Touraine du sud-estModifier

Espace rural préservé, traditionnel et polyvalent sur le plan agricole, la Touraine du sud-est, autour de Loches, est surtout un lieu de tourisme, de villégiature ; les résidences secondaires y tiennent une place importante.

DémographieModifier

Les habitants d'Indre-et-Loire sont appelés Tourangeaux (par analogie entre le département actuel et l'ancienne province de Touraine qui lui correspondait). Cette appellation peut parfois prêter à confusion, et différentes tentatives ont été faites sans succès pour trouver un autre gentilé aux habitants du département, comme Indréloiriens ou Indro-ligériens.

           Évolution de la population  [modifier]
1791 1801 1806 1821 1826 1831 1836 1841 1846
-268 924275 292282 372290 160297 016304 271306 328312 400
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
315 641318 442323 572325 193317 027324 875329 160340 921337 298
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
337 064335 541337 916341 205327 743334 486335 226343 276349 685
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007
364 706395 210437 870478 601506 097529 345554 003580 312583 086
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 - -
585 406588 420590 515593 683596 937600 252603 924--
Les données proposées pour les années antérieures à 2004 sont établies à périmètre géographique identique, dans la géographie communale en vigueur au 8 mars 1999.
(Sources : Insee, Population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[6] puis population sans doubles comptes à partir de 1962[7] puis population municipale à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Grandes villes d'Indre-et-LoireModifier

 
La préfecture et Conseil départemental d'Indre-et-Loire à Tours.

Ci-dessous est donnée la population des vingt communes les plus peuplées d'Indre-et-Loire. Les chiffres sont ceux de la population légale 2016 établie par l'Insee. Ces populations légales, entrées en vigueur le 1er janvier 2019, ont été calculées conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003. Leur date de référence statistique est le 1er janvier 2016.

La plupart de ces communes font partie de Tours Métropole Val de Loire.

Les résidences secondairesModifier

Selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, le département comptait 4,4 % de résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes d'Indre-et-Loire dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

CultureModifier

La bibliothèque départementale de prêt permet aux petites communes et à ses habitants de disposer d'une offre en matière de lecture.

La bibliothèque d'étude de la Société archéologique de Touraine met à la disposion des curieux et des chercheurs (autorisés) un important fonds d'ouvrages concernant l'histoire, l'archéologie et la patrimoine de l'Indre-et-Loire et de l'ancienne Touraine, l'histoire de France, ses problématiques et méthodes[10].

Des initiatives récentes développent la mémoire de la batellerie ligérienne en Indre-et-Loire, dans le périmètre du Val de Loire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO[11], avec la préservation ou la reconstitution d'anciens bateaux de Loire comme à Tours, grâce à l'association Boutavant[12], à Savonnières avec le scute Dame Périnelle, classé au Patrimoine fluvial depuis 2012[13], construit par l'association Les bateliers du Cher[14] ou à Lignières-de-Touraine avec le chaland La Fillonnerie construit par l'association Ancre de Loire[15], qui sont le prétexte à des actions archéologiques et pédagogiques.

BibliographieModifier

  • LANGEAIS (Histoire de), chanoine Bosseboeuf, Le Livre d'histoire, Paris 1990 . (ISBN 2-87760-471-3)
  • SCHWEITZ (Daniel), Une Vieille France : la Touraine. Territoire, histoire, patrimoine, identités (XIXe-XXe siècles), Tours, CLD, 2012, 194 p., ill., (ISBN 2854435443)
  • SCHWEITZ (Daniel), Histoire et patrimoine de la Touraine. Introduction aux études locales. Guide du lecteur et du chercheur en bibliothèque, préface  de  Jean-Pierre  Chaline, professeur  émérite  à  la Sorbonne, in Mémoire de la Société archéologique de Touraine, LXVIII, 2011, 192 p. (vente à la Bibliothèque SAT).
  • SCHWEITZ (Daniel),  Aux origines de la France des pays : Histoire des identités de pays en Touraine (XVIe-XXe siècle),  préface  de  Daniel  NORDMAN,  directeur de  recherche  au  CNRS,  Paris, L’Harmattan, 2001, 463 p.-XXVII p. de pl., (ISBN 9 782747 512503)

Notes et référencesModifier

  1. Voir «Les habitants de votre département ont-ils un nom ? » sur Libération, 29 juin 2013.
  2. a b c d e f g h et i Archives départementales de l'Indre-et-Loire, 143W17, "La Touraine à l'heure de l'expansion", exposé du Général Dancourt, président du Comité de l'Orientation Economique de l'Indre-et-Loire, 1961
  3. Philippe Langevin, Jean-Pierre Oppenheim, Maurice Parodi, et al, La question sociale de la France depuis 1945, Armand-Colin,
  4. a b c d e f g et h Archives départementales de l'Indre-et-Loire, 144W30, "Industriels,la Touraine vous offre...", bulletins pour la promotion des zones industrielles, 1966
  5. a b c et d Archives départementales de l'Indre-et-Loire, 143W24, Comité d'Orientation Economique d'Indre-et-Loire, rapport du groupe de travail n°7, commission logement, 1970
  6. Structure de la population du département de 1968 à l'année de la dernière population légale connue
  7. Structure de la population du département de 1968 à l'année de la dernière population légale connue
  8. Fiches Insee - Populations légales du département pour les années [ 2006], [ 2014]
  9. a b c d e f g h i j et k fait partie de Tours Métropole Val de Loire
  10. « Bibliothèque : informations pratiques », sur le site de la Société archéologique de Touraine (consulté le 6 juillet 2015)
  11. Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes - Patrimoine mondial de l'UNESCO
  12. Tours – Balades en Loire : une toue de la Ville de Tours remontera la Loire jusqu’à l’abbaye de Marmoutier. sur le site resistanceinventerre.wordpress.com (consulté le 13 juillet 2012)
  13. Dame Périnelle sur le site officiel de la Fondation du patrimoine maritime et fluvial
  14. Le projet de scute médiéval fluvial à Savonnières
  15. Le chaland La Fillonnerie

Voir aussiModifier