Ouvrir le menu principal

Mésopotamie

région historique située entre le Tigre et l'Euphrate

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mésopotamie (homonymie).
Carte de la Mésopotamie avec les frontières des États modernes, l'ancien tracé du littoral du golfe Persique et les sites des grandes cités antiques.

La Mésopotamie (du grec Μεσοποταμία / Mesopotamía, de μεσο / meso « entre, au milieu de » et ποταμός / potamós « fleuves », littéralement le pays « entre les fleuves ») est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l'Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l'Irak actuel.

Elle comprend deux régions topographiques distinctes : d'une part, au nord (nord-est de la Syrie et le nord de l'Irak actuel), une région de plateaux, celle-ci étant une zone de cultures pluviales et, d'autre part, au sud, une région de plaines où se pratique une agriculture reposant exclusivement sur l'irrigation.

L'ensemble des historiens et des archéologues contemporains s'accordent à dire que les Mésopotamiens sont à l'origine de l'écriture. Ils utilisaient un système de signes qualifiés de « pictogrammes » ; plus tard, aux alentours du IVe millénaire av. J.-C., les Mésopotamiens — qui étaient alors des Sumériens et Akkadiens — utilisèrent des signes « cunéiformes » (du latin cuneus, le « coin »).

Actuellement, le terme « Mésopotamie » est généralement utilisé en référence à l'histoire antique de cette région, pour la civilisation ayant occupé cet espace jusqu'aux derniers siècles avant l'ère chrétienne ou au VIIe siècle, plus exactement en 637 ap. J.-C. avec la conquête des Arabes musulmans.

Sommaire

Qu'est-ce que la Mésopotamie ?

Étymologie

Le terme Mésopotamie vient du grec Μεσοποταμία / Mesopotamía, de μεσο / meso « entre, au milieu de » et ποταμός / potamós « fleuve », littéralement le pays « entre les fleuves ». Ce mot se retrouve d'abord chez Polybe au IIe siècle av. J.-C. puis Strabon au siècle suivant, mais il est employé par Arrien (qui écrit au IIe siècle) pour désigner une province de l'époque d'Alexandre (seconde moitié du IVe siècle av. J.-C.), et pourrait donc remonter à cette époque. Il désigne dans l'Antiquité un espace plus restreint que celui pour lequel il est employé à l'époque moderne, puisque son emploi est limité à désigner l'espace situé entre le Tigre et l'Euphrate au nord de Babylone et jusqu'aux contreforts du Taurus, excluant donc la Babylonie. Cela correspond grosso modo à la Djezireh des géographes arabes médiévaux et dans la terminologie actuelle à la Haute Mésopotamie. Le mot grec semble repris d'expressions similaires attestées en araméen antique, notamment Bêyn nahrîn « maison des fleuves », et peut-être des expressions isolées plus anciennes en akkadien comme Berît nâri « entre le fleuve » et Mât birîti « pays du milieu », qui désignent aussi des régions situées en Haute Mésopotamie[1].

Les historiens modernes ont longtemps hésité sur la manière de désigner les civilisations qu'ils redécouvraient. Ce fut d'abord l'Assyrie au milieu du XIXe siècle, puis la Babylonie (ou Chaldée) dans les décennies suivantes, ce qui explique que la désignation d'une civilisation « assyro-babylonienne » a été courante. Puis le pays de Sumer fut à son tour redécouvert à la fin du XIXe siècle. Avec la découverte d'autres sites de Syrie orientale (Mari avant tout) ayant une culture similaire, mais ne rentrant pas dans les terminologies en usage, le terme de « civilisation mésopotamienne » s'est progressivement imposé afin d'englober ces différentes composantes[2].

Contours généraux

Dans le vocabulaire des historiens actuels, le terme Mésopotamie est employé pour désigner la région antique correspondant à la majeure partie de l'Irak actuel, avec en plus la frange nord-ouest de la Syrie, située à l'est de l'Euphrate et sur sa rive droite, et aussi une partie du Sud-est de la Turquie située entre Euphrate et Tigre[3].

Sur le plan chronologique, si le début des périodes historiques est placé par convention durant la période d'Uruk finale, quand apparaît l'écriture (v. 3400-3300 av. J.-C.), on peut faire remonter l'étude de la Mésopotamie antique au moins jusqu'au début du Néolithique, après 10000 av. J.-C., et parfois plus haut jusqu'aux premières attestations de présence humaine lors du Paléolithique moyen. Où situer la limite finale à l'histoire mésopotamienne ne fait pas l'objet de consensus : certains s'arrêtent à la conquête de l'empire néo-babylonien par le roi perse Cyrus II en 539 av. J.-C., d'autres par la conquête de l'empire perse par Alexandre le Grand (331-323 av. J.-C.)[4], d'autres intègrent la période hellénistique qui suit (jusqu'aux débuts de notre ère en gros, durant la période de l'empire parthe)[5], d'autres encore vont jusqu'au début de l'époque islamique (VIIe siècle de note ère)[6].

Comme souvent, ces contours ne suffisent pas à rendre compte des différents aspects des civilisations étudiées, aussi les archéologues et historiens ont tendance tantôt à prendre un cadre géographique plus restreint, tantôt un cadre plus large.

Plus restreint, parce qu'on reconnaît généralement une césure entre le Nord et le Sud de la Mésopotamie, deux ensembles présentant des caractéristiques géographiques bien distinctes (voir plus bas), qui se retrouvent sur le plan culturel, et que l'ampleur chronologique du sujet implique également de déterminer des grands ensembles chronologiques successifs. On oppose ainsi une Haute Mésopotamie à une Basse Mésopotamie, la séparation géographique se faisant en gros au nord de Bagdad (la ligne de séparation irait de Hit à Samarra). La Haute Mésopotamie[7], la Djézireh des géographes arabes, est constituée en bonne partie par l'Assyrie historique qui occupe sa partie orientale autour du Tigre, mais elle comprend aussi les terres situées à l'ouest jusqu'à l'Euphrate, qui présentent un profil culturel souvent similaire à celui des civilisations de Syrie et sont souvent étudiées avec celles-ci. On peut donc diviser cet espace en deux ensembles, oriental et occidental. La Basse Mésopotamie correspond géographiquement à la plaine alluviale et au delta du Tigre et de l'Euphrate. C'est la Babylonie des IIe millénaire av. J.‑C. et Ier millénaire av. J.‑C.[8], aussi dénommée « pays de Sumer et d'Akkad », aux époques archaïques Sumer correspondant à la région la plus méridionale, reconnue comme la plus importante aux époques formatives des civilisations en Mésopotamie (IVe millénaire av. J.‑C. et aussi IIIe millénaire av. J.‑C.), et Akkad à la partie nord[9]. Les études archéologiques et historiques adoptant des vues d'ensemble font donc régulièrement le choix de prendre pour cadre le Nord ou le Sud mésopotamiens[10], ou bien un des sous-ensembles chronologiques et géographiques mésopotamiens (surtout Sumer[11], l'Assyrie[12] et Babylone[13]), plutôt que la Mésopotamie dans son ensemble. De ce fait la question de savoir s'il ne fallait pas plutôt parler de civilisations ou cultures mésopotamiennes a parfois pu être posée, même si la dénomination de civilisation mésopotamienne est généralement conservée[14].

Plus large, parce que les civilisations de la Mésopotamie ont toujours été liées à celles des régions voisines, de l'espace syrien et levantin, de l'Anatolie, du Caucase, du plateau Iranien, et aussi des rives du golfe Persique et de la péninsule arabique. C'est l'ensemble désigné comme le « Proche-Orient ancien »[15], espace qui correspond au Moyen-Orient de la terminologie culturelle et géopolitique francophone valant pour les époques modernes, et suivant une dénomination qui se veut plus « neutre », l'Asie du sud-ouest ; mais dans certains cas la dénomination « Proche-Orient ancien » inclut également l'Égypte antique[16]. Dans cet ensemble, la Mésopotamie, en particulier sa moitié septentrionale, est souvent proche des cultures de la Syrie antique situées à son voisinage (Ebla, aussi Mari qui est localisée à la charnière des deux espaces), ce qui fait qu'on parle parfois d'un monde ou d'une aire « syro-mésopotamien(ne) »[17]. Quoi qu'il en soit, la place de la Mésopotamie (et en particulier de la Basse Mésopotamie) a souvent été vue comme majeure dans cet ensemble pour les époques de la Haute Antiquité, car elle y a eu à compter du IVe millénaire av. J.‑C. une influence que n'égalaient pas les autres, en particulier parce que les régions du Proche-Orient ancien ont souvent adopté à un moment ou à un autre de leur histoire l'écriture cunéiforme originaire de Basse Mésopotamie (c'est le cas de l'Élam, des royaumes de Syrie, des Hittites, de l'Urartu ; on parle parfois à ce sujet de « culture cunéiforme »[18]), et que les premiers empires à avoir étendu leur emprise sur de vastes territoires ont une origine mésopotamienne (et méridionale à l'exception non négligeable de l'Assyrie). Les études récentes ont tendance à proposer une approche plus équilibrée et à relativiser le « mésopotamo-centrisme » des études antérieures[19].

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Mésopotamie.

La Mésopotamie est structurée autour des deux fleuves à qui elle doit son nom, l'Euphrate à l'ouest, et le Tigre à l'est. Ils naissent tous les deux dans les hauts plateaux de l'est anatolien, puis le premier parcourt au sortir des monts du Taurus les espaces arides syro-mésopotamiens en connaissant un important changement de direction et recevant peu d'affluents, tandis que le second a un tracé plus court et direct vers le Golfe et reçoit plusieurs affluents venus du Zagros à l'est (Grand Zab, Petit Zab, Diyala), qui font que son débit est plus rapide[20]. La Haute Mésopotamie, ou Djézireh, est une région de plateaux de 200 à 500 mètres d'altitude, où les deux fleuves coulent donc dans des vallées encaissées, située dans l'espace où leurs cours sont les plus éloignés. Elle se divise entre une Haute Djézireh, au nord nord-est, plus arrosée, et une Basse Djézireh au sud sud-ouest, plus aride. La Basse Mésopotamie, est formée là où les deux cours des fleuves se sont rapprochés. C'est une plaine extrêmement plane, formée par l'accumulation des alluvions charriés par les deux fleuves, où se forment de nombreux bras de fleuve et espaces marécageux formant un vaste delta à son extrême-sud. De nos jours les deux fleuves fusionnent pour former le Chatt-el-Arab qui se jette dans le Golfe, mais durant l'Antiquité le littoral était situé plus au nord et a progressé vers le sud avec l'accumulation des dépôts d'alluvions. C'est une région très aride, aux précipitations annuelles inférieures à 200 mm, rendant l'irrigation impérative pour l'agriculture. Le climat antique de la Mésopotamie était grossièrement similaire à celui observé au XXe siècle[21].

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Mésopotamie.

Chronologie générale

La période historique commence en Mésopotamie quand l'écriture est mise au point (vers 3400 av. J.-C. - 3200 av. J.-C.). Elle est divisée en plusieurs périodes successives :

  • Période d'Uruk récent (3400 av. J.-C. - 2900 av. J.-C.) : l'écriture se développe, mais les textes écrits à cette époque sont encore difficiles à interpréter, et il s'agit de documents administratifs et de listes lexicales, qui ne nous apprennent rien sur l'histoire évènementielle.
  • Période des Dynasties archaïques (2900 av. J.-C. - 2340 av. J.-C.) : elle est divisée en trois sous-périodes. C'est à partir du milieu du IIIe millénaire av. J.‑C. qu'on est informé sur les évènements, avant tout grâce aux archives retrouvées à Lagash. C'est la période des cités-États de Basse Mésopotamie.
  • Période d'Akkad (2340 av. J.-C. - 2180 av. J.-C.) : Sargon d'Akkad met fin à la période des cités-États en les incluant dans le premier état territorial, qui se mue vite en véritable empire, notamment grâce à l'action de son petit-fils Naram-Sin.
  • Période néo-sumérienne (2180 av. J.-C. - 2004 av. J.-C.) : l'Empire d'Akkad s'effondre à cause de révoltes et d'attaques de peuples « barbares ». Les cités-États sumériennes reprennent leur indépendance, avant d'être unifiées par les rois fondateurs de la Troisième dynastie d'Ur, Ur-Nammu et son fils Shulgi, qui établissent un nouvel empire dominant la Mésopotamie.
  • Période paléo-babylonienne (ou amorrite) (2004 av. J.-C. - 1595 av. J.-C.) : le royaume d'Ur s'effondre vers 2000 av. J.-C. sous les coups des Élamites et des Amorrites. Ces derniers prennent la tête de différents royaumes qui se partagent la Mésopotamie : Isin, Larsa, Eshnunna, Mari, puis Babylone, qui finit par dominer toute la région sous le règne de Hammurabi, avant de décliner lentement jusqu’à la prise de la ville par les Hittites vers 1595 av. J.-C.
  • Période « médio-babylonienne » (1595 av. J.-C. - c. 1080 av. J.-C.) et période « médio-assyrienne » (v. 1400 - 1000 av. J.-C.) : les Kassites fondent une nouvelle dynastie qui domine Babylone pendant plus de quatre siècles. Au nord, le Mittani exerce sa domination avant de se faire supplanter par leroyaume médio-assyrien. La rivalité entre les deux entités occupant le nord et le sud de la Mésopotamie apparaît alors. Cette période se termine avec une crise grave, provoquée notamment pas les invasions des Araméens.
  • Période néo-assyrienne (911 av. J.-C. - 609 av. J.-C.) : les Assyriens rétablissent leur puissance dans le courant du IXe siècle av. J.-C., et établissent un empire dominant tout le Proche-Orient, qui connaît sa période d'apogée sous les Sargonides, avant de s'effondrer à la fin du VIIe siècle av. J.-C. sous les coups des Babyloniens et des Mèdes. En 609 av. J.-C., Ninive est abattue par Babylone qui reprend la mainmise sur le pays entier.
  • Période néo-babylonienne (625 av. J.-C. - 539 av. J.-C.) : les Babyloniens reprennent à leur profit une partie de l'empire néo-assyrien, notamment grâce à l'action de Nabuchodonosor II. Ce royaume connaît cependant un déclin rapide, et il passe en 539 av. J.-C. sous le contrôle du roi perse Cyrus II. L'araméen, alphabétisé, commence à reléguer l'akkadien toujours cunéiformisé, à l'état de langue littéraire et savante.
  • Période achéménide (539 av. J.-C. - 331 av. J.-C.) : Babylone succombe à son tour (539 av. J.-C.) sous les coups de Cyrus qui incorpore la Mésopotamie à son Empire. Elle tombe sous la domination des Perses, mais cela ne l'empêche pas de connaître une période de grande prospérité.
  • Période séleucide (331 av. J.-C. - 140 av. J.-C.) : l'empire Perse achéménide tombe sous les coups d'Alexandre le Grand, et après la mort de ce dernier et les luttes qui s'ensuivent, la Mésopotamie est dominée par les Séleucides. La culture mésopotamienne entre dans l'orbite culturelle hellénistique et connaît à cette période un déclin qui s'accélère au IIe siècle av. J.-C.
  • Période parthe (140 av. J.-C. - 224 apr. J.-C.) : les Parthes chassent finalement les Séleucides de Mésopotamie dans le courant du IIe siècle apr. J.-C. C'est sous leur règne que disparaît définitivement l'antique culture mésopotamienne, qui subsistait jusqu'alors dans le milieu des temples de Babylonie.

À noter un intermède romain avec les conquêtes de Trajan (116 apr. J.-C.) qui prit la capitale parthe Ctésiphon et descendit jusqu'au Golfe Persique, avec l'ambition de reconquérir l'empire d'Alexandre. Son successeur, Hadrien, abandonne ces territoires dès son avènement (117 apr. J.-C.).

Plus tard, l'empereur Septime Sévère arrachera définitivement la Mésopotamie du Nord aux Parthes lors de ses campagnes de 195 apr. J.-C. à 198 apr. J.-C.

Préhistoire

Article détaillé : Néolithique du Proche-Orient.
 
Céramique fine de la période de Samarra. Pergamon Museum de Berlin.

La présence humaine est attestée en Mésopotamie du Nord à partir du Paléolithique moyen, sur le site de la grotte de Shanidar, dans l'actuel Kurdistan, où ont été exhumées des sépultures de Néandertaliens (époque moustérienne). La présence de l'Homme moderne est par la suite attestée au Paléolithique supérieur (Badarostien) dans ces mêmes régions septentrionales, d'altitude moyenne et haute, et se font plus courantes pour la phase finale du Paléolithique, ou Épipaléolithique, qui correspond au début du réchauffement du climat marquant la fin de la dernière période glaciaire. Cette phase est appelée Zarzien en Mésopotamie du Nord-est et dans le Zagros occidental (v. 18000-10000 av. J.-C.). Les sites fouillés sont des campements saisonniers de chasseurs-cueilleurs taillant des silex fins (microlithes) dans des formes triangulaires et trapézoïdales.

C'est dans ces mêmes régions que sont attestés les débuts du Néolithique, le Néolithique précéramique, pour l'espace mésopotamien, dans l'horizon culturel des sites néolithiques du Zagros, tandis que des sites relevant du foyer néolithique levantin et anatolien se trouvent sur les marges occidentales de l'espace mésopotamien, dans la boucle de l'Euphrate (Mureybet, Abu Hureyra, Jerf el-Ahmar). Ces communautés sédentarisées expérimentent l'agriculture et l'élevage durant la période qui va en gros de 10000 à 7000 av. J.-C. C'est dont la période des premiers villages du Nord mésopotamien (Qermez Dere, Nemrik, M'lefaat)[22]. La céramique apparaît durant la phase suivante, représentée en particulier par le site de Jarmo dans les contreforts du Zagros, et Umm Dabaghiyah dans les régions basses[23]. En l'état actuel des choses ces premières phases néolithique ne sont pas reconnues en Basse Mésopotamie. Les sols préhistoriques de cette région sont en général enfouis sous le limon charrié par les fleuves, où ont été noyés lors de la remontée des eaux consécutive à la fin de la glaciation, ce qui rend difficile l'identification des premiers villages méridionaux[24].

Les habitats deviennent plus importants durant les phases suivantes, d'abord la période de Hassuna (v. 6500-6000 av. J.-C.) puis celle de la Samarra (v. 6200-5700 av. J.-C.), qui voient l'apparition d'habitats communautaires, la céramique peinte, et également les premières traces d'une agriculture irriguée en Mésopotamie centrale (Choga Mami)[25]. La période de Halaf (v. 6100-5200 av. J.-C.), commune au Nord mésopotamien et à la Syrie du Nord, marque une extension des ensembles culturels préhistoriques[26]. Le plus ancien village mis au jour dans le Sud mésopotamien, Tell el-'Oueili, est contemporain[27]. Il marque le début de la longue culture d'Obeid (v. 6500-3900), première période archéologique déterminée pour la moitié méridionale de la Mésopotamie, qui voit l'émergence d'une architecture monumentale, dont l'exemple le plus marquant est la séquence d'édifices, sans doute des temples, mis au jour à Eridu[28]. Cette culture s'étend en direction du Nord durant les derniers siècles du VIe millénaire av. J.‑C., période durant laquelle on relève par ailleurs l'apparition des premiers objets en cuivre, indiquant les débuts de la métallurgie[29].

L'émergence de l'État et des villes

Article détaillé : Période d'Uruk.
 
L'« expansion urukéenne ».
 
Tablette provenant d'Uruk et datée de la période d'Uruk III (c. 3200-3000 av. J.-C.) enregistrant des distributions de bière depuis les magasins d'une institution. British Museum.

La phase finale d'Obeid et les premiers siècles de la période d'Uruk (v. 3900-3400) témoignent d'une augmentation des inégalités sociales et d'une division du travail accrue dans l'artisanat, indices de l'émergence d'agglomérations plus importantes, dites « proto-urbaines », et d'entités politiques intégrant de plus grandes communautés, que l'on désigne comme des « chefferies ». Cela est en particulier visible dans l'architecture monumentale du site de Tepe Gawra, dans le Nord, et un ensemble de sites proto-urbains de la Djézireh (Tell Brak, Hamoukar), caractéristiques moins identifiées pour les sites méridionaux en dehors d'Eridu[30]. Pourtant les évolutions décisive qui devaient aboutir à l'apparition de l'État et des villes, la « révolution urbaine » de Gordon Childe, ressortent de la manière la plus éloquente dans les groupes monumentaux du site méridional d'Uruk, couramment considérée comme la « première ville », en tout cas de loin le site le plus vaste identifié pour la période d'Uruk final (v. 3400-3100). C'est durant cette époque qu'est mise au point l'écriture, également attestée en premier sur ce site, ce qui témoigne de l'essor des institutions étatiques. La culture de la Basse Mésopotamie rayonne alors sur tout le Moyen-Orient, ce qui a été désigné comme l'« expansion urukéenne », caractérisée notamment par l'implantation de sites sur le Moyen-Euphrate identifiés comme des colonies du Sud (Habuba Kabira, Djebel Aruda) ; mais il n'y a pas de preuves solides permettant d'envisager dès cette époque une expansion politique. C'est durant cette période qu'achèvent de se constituer les traits caractéristiques de la civilisation de la Mésopotamie antique, et aussi les éléments qui devaient être ses apports majeurs aux autres civilisations (institutions étatiques et instruments de gestion, urbanisation, écriture et culture littéraire)[31].

L'époque des États archaïques

Article détaillé : Période des dynasties archaïques.
 
Stèle des vautours, face, registre supérieur : la « phalange » de l'armée de Lagash triomphant des troupes de la cité rivale, Umma-Gisha. Vers 2450 av. J.-C., musée du Louvre.

La période d'Uruk s'achève au tournant du IIIe millénaire av. J.‑C. par une phase de régionalisation culturelle, marquée par le recul de l'influence méridionale (période de Djemdet-Nasr dans le Sud, Ninive V dans le Nord, culture de la « céramique écarlate », Scarlet Ware, dans la Diyala)[32].

 
Les sites principaux de Basse Mésopotamie à la période des dynasties archaïques.

La période des dynasties archaïques du Sud mésopotamien et de la Diyala (v. 2900-2350 av. J.-C.), divisée classiquement en trois phases, est relativement mal connue pour sa première partie, en gros jusqu'au milieu du IIIe millénaire av. J.‑C. Les quelques ensembles de textes de la période laissent deviner la coexistence de deux groupes ethniques dominants en Basse Mésopotamie, un occupant majoritairement les régions les plus méridionales, le pays appelé durant les époques suivantes Sumer et parlant une langue sans parenté connue, le sumérien, et un autre occupant surtout la partie septentrionale, le pays désigné aux époques suivantes Akkad et parlant une langue sémitique, l'akkadien. Les textes permettent également de reconnaître l'existence de plusieurs micro-États, désignés comme des « cités-États », indépendants, parfois rivaux, qui semble aussi s'intégrer dans des alliances, peut-être sous l'influence de puissances hégémoniques ; la tradition mésopotamienne postérieure a surtout reconnu l'importance de Kish, en pays sémitique, et d'Uruk, en pays sumérien, ville du souverain légendaire Gilgamesh. Les fouilles archéologiques ont permis de reconnaître quelques palais de cette période, manifestement occupés par les figures monarchiques qui commencent à apparaître dans les textes, et de nombreux temples. La période finale des dynasties archaïques est mieux documentée, en premier lieu grâce aux textes et objets d'art exhumés sur le site de Tello, l'antique Girsu, ville appartenant au royaume de Lagash. Ils permettent de mieux connaître la situation économique et sociale du pays sumérien où elle se trouve, dominée par de grands domaines gérés par des temples sous le contrôle de la famille royale, et sa situation politique, celui d'un royaume couramment engagé dans des conflits frontaliers avec son voisin, l'État d'Umma-Gisha, et parfois d'autres royaumes de Basse Mésopotamie voire au-delà (notamment en direction du Sud-ouest iranien, le pays appelé Élam). Cette période est caractérisée par l'affirmation de souverains parvenant à occuper temporairement une position hégémonique sur le Sud[33].

En revanche la situation politique du Nord est moins bien connue, même si elle est éclairée par les achives de la cité syrienne d'Ebla, datées elles aussi de la fin de la période : les deux grandes puissances de la Haute Mésopotamie occidentale sont alors Nagar (Tell Brak) dans le triangle du Khabur et Mari sur le Moyen Euphrate, cité fondée au début de la période. À l'est, la cité d'Assur semble également prospère mais rien n'est connu sur les événéments politiques[34].

Ces différents royaumes sont impliqués dans des réseaux d'échanges matériels et immatériels à longue distance couvrant tout le Moyen-Orient et même au-delà (ils incluent la civilisation de l'Indus et l'Ancien empire égyptien), comme l'indique l'import de métaux et pierres précieuses (lapis-lazuli, cornaline, etc.) qui se retrouvent notamment dans l'impressionnant matériel funéraire des tombes royales d'Ur (v. 2500 av. J.-C.)[35], et l'adoption de l'écriture originaire du Sud mésopotamien dans l'espace syrien, à Ebla et Tell Beydar.

Les premiers empires mésopotamiens

Articles détaillés : Empire d'Akkad et Troisième dynastie d'Ur.
   
Extensions approximatives des empires d'Akkad et d'Ur III.

Vers 2340 av. J.-C., Sargon d'Akkad prend le pouvoir à Kish et entame une série de victoires qui lui permettent de placer sous sa coupe la Basse Mésopotamie, puis plusieurs régions extérieures. Cette dynamique est préservée par ses successeurs directs. À leur apogée, les rois d'Akkad dominent toute la Mésopotamie, ont vaincu plusieurs cités syriennes dont Ebla, et étendu leur emprise sur une partie de l'espace élamite, dont la ville de Suse. Le deuxième successeur de Sargon, Naram-Sîn, se proclame souverain des « quatre rives » du Monde, ce qui signifie une prétention de domination universelle, et se fait représenter en personnage d'essence divine. C'est la première expérience « impériale » connue de l'histoire mésopotamienne. Néanmoins cette elle ne dure pas, l'emprise d'Akkad se relâchant rapidement, d'abord au Nord, puis dans les provinces méridionales où elle a toujours fait face à des résistances, notamment des révoltes indiquant que les particularismes locaux n'avaient pas été éteints.

La dynastie d'Akkad disparaît au plus tard vers le milieu du XXIIe siècle av. J.-C., peut-être sous les coups d'un peuple venu du Zagros, les Gutis dont la tradition mésopotamienne a laissé une image sinistre, et de nouvelles dynasties émergence dans les cités sumériennes, notamment à Lagash où le souverain Gudea patronne un art de grande qualité, et à Uruk, où Utu-hegal constitue un royaume qui prend de l'importance.

Il est néanmoins supplanté par Ur-Nammu, peut-être son propre frère, mais qui se revendiquait avant tout roi d'Ur, et la tradition historiographique mésopotamienne l'a retenu comme le fondateur du royaume de la troisième dynastie d'Ur (ou « Ur III » ; v. 2112-2004 av. J.-C.). Ce souverain parvient à dominer la Basse Mésopotamie, peut-être des régions voisines. Son fils et successeur Shulgi dispose en tout cas d'un véritable empire, certes moins étendu que celui des rois d'Akkad car il n'a pas atteint la Syrie, mais a rencontré plus de succès sur le plateau Iranien. Il se fait à son tour diviniser, et constitue une administration très industrieuse (à défaut d'être forcément très efficace) qui a laissé des dizaines de milliers de tablettes administratives. Là encore l'expérience impériale finit par connaître la dislocation provoquée par le réveil des autonomies locales, apparemment dans un contexte de crise lié à des intrusions de populations venues du Nord, les Amorrites, et des disettes, même si le coup de grâce semble lui avoir été porté par des troupes venues d'Élam.

Les dynasties amorrites

 
Le roi Hammurabi de Babylone face au dieu Shamash, détail de la stèle du Code de Hammurabi. Musée du Louvre.

Après l'effondrement de l'empire de la troisième dynastie d'Ur, la fragmentation politique est à nouveau de mise dans toute la Mésopotamie.

Cette période est souvent appelée « paléo-babylonienne » (babylonienne ancienne), par convention mais ce terme n'a pas vraiment de sens pour cette période durant laquelle la puissance babylonienne en est à ses débuts. La plupart des royaumes de la période sont dominés par des dynasties dont les fondateurs sont des Amorrites, peuple ouest-sémitique venu des marges syriennes de la Mésopotamie, surtout présent au Nord, mais leur expansion au Sud en fait l'élément majeur de la sphère culturelle syro-mésopotamienne de l'époque. Il n'y a sans doute plus à cette période de locuteurs du sumérien, en revanche les dialectes akkadiens restent bien présents au Sud comme au Nord. Au Nord, on trouve d'importants groupes de populations parlant hourrite, langue isolée originaire sans doute du Sud du Caucase.

 
Lettre d'un marchand assyrien à un responsable de convoi. XIXe siècle av. J.-C., Kültepe, Metropolitan Museum.

Dans le Sud, c'est la période dite d'« Isin-Larsa » (v. 2004-1792), du nom des deux royaumes les plus puissants, mais ceux-ci ne sont pas en mesure de s'imposer aux autres entités politiques qui se forment[36]. Dans la vallée de la Diyala, la puissance hégémonique est Eshnunna[37]. Dans le Nord, l'éclatement politique est encore plus fort, mais le royaume de Mari joue souvent les premiers rôles[38]. La cité d'Assur n'est pas une puissance politique, mais ses marchands entretiennent un lucratif commerce avec l'Anatolie, où ils se fournissent en métaux qu'ils importent en Mésopotamie (période paléo-assyrienne)[39].

Au début du XVIIIe siècle av. J.-C., le roi Samsi-Addu d'Ekallatum parvient un temps à imposer sa domination à la plupart des royaumes du Nord mésopotamien : c'est l'entité politique dénommée par les historiens « Royaume de Haute-Mésopotamie »[40]. Mais elle ne survit pas à sa mort vers 1775. Une dizaine d'années plus tard, c'est au tour du roi Hammurabi de Babylone (1792-1750) de mener une série de conquêtes qui le voient défaire les autres royaumes majeurs de la Mésopotamie (Larsa, Eshnunna, Mari) et se tailler un royaume à la mesure de ceux d'Akkad et d'Ur III[41]. Mais ses successeurs ne parviennent pas à préserver l'intégrité du royaume, qui se réduit rapidement aux seules cités entourant Babylone, notamment parce que les anciennes cités sumériennes (Uruk, Ur, Nippur, Eridu, Lagash, etc.) sont toutes désertées à cette époque, à la suite de crises politiques et peut-être aussi écologiques. Les rois de Babylone font face aux rois du Pays de la Mer qui se sont taillés un royaume dans l'extrême-Sud, et à des souverains Kassites, un peuple venu du Zagros, mais c'est une offensive des Hittites, venus d'Anatolie centrale, qui provoque en 1595 la chute de Babylone[42].

L'époque des puissances régionales

 
La situation politique au Moyen-Orient durant la première moitié du XIVe siècle av. J.-C. (début de la période couverte par les Lettres d'Amarna).
 
Stèle (kudurru) rapportant la donation de terres par le roi kassite Meli-Shipak à sa fille Hunnubat-Nanaya, XIIe siècle, Musée du Louvre.

À la chute de Babylone succède une période très peu documentée, donc considérée comme un « âge obscur », dont la durée même fait l'objet de débats. Quoi qu'il en soit, au sortir de cette période, au XVe siècle av. J.-C., l'opposition géographique et culturelle entre Basse et Haute Mésopotamie s'est complétée d'une division politique, entre deux États dominants ces ensembles, sans être pour autant rivaux. Au Nord, c'est le Mittani, dont le cœur se trouve dans le triangle du Khabur (sa capitale principale, Wassukanni, n'a pas été localisée). Il a étendu dans des circonstances peu documentées une aire de domination allant du littoral méditerranéen de la Syrie jusqu'aux régions située à l'est du Tigre (le site de Nuzi, qui a livré de nombreux textes de cette époque)[43]. Il est surtout impliqué dans des guerres pour la domination de la Syrie, qui l'opposent un temps à l'Égypte, et régulièrement aux Hittites. Dans le Sud, une dynastie kassite s'est installée sur le trône de Babylone, là encore dans des circonstances qui nous échappent, puis a soumis le Pays de la Mer, parvenant à s'imposer sur toute la Basse Mésopotamie, qui peut désormais être dénommée Babylonie (les rois kassites employaient le terme Karduniaš). Ils s'attellent à repeupler et redynamiser les campagnes et villes méridionales qui avaient été désertées précédemment, et ne sont pas impliqués dans des conflits majeurs à cette période[44]. On constate donc une stabilisation de puissances dominant chacune des deux Mésopotamies, qui ont une durée plus importante que les dynasties précédentes. Ce constat se confirme par la suite.

 
La situation au XIIIe siècle av. J.-C. après l'expansion des Assyriens.

Un basculement se produit dans la seconde moitié du XIVe siècle av. J.-C., quand le Mittani subit de sévères défaites face aux Hittites, qui le plongent dans une crise dont profitent les rois de la cité d'Assur, pour se tailler un royaume qui parvient à rapidement dominer la majeure partie de la Haute Mésopotamie (période médio-assyrienne), mais se heurte à l'ouest aux Hittites qui sont désormais solidement implantés en Syrie[45]. Le changement est de taille pour les rois kassites de Babylone, puisque l'Assyrie témoigne aussi d'ambitions sur sa frontière méridionale, et la division Nord/Sud de la Mésopotamie s'accompagne désormais d'une rivalité militaire. Bien que les succès les plus éclatants soient à mettre au crédit des Assyriens (notamment la prise de Babylone par Tukulti-Ninurta Ier, 1244-1208), aucun des deux ne prend durablement le dessus sur l'autre[46].

Après ces années de conflit, la première moitié du XIIe siècle av. J.-C. voit le royaume de Babylone plonger dans une série de crises, conclues par la prise de la capitale par les troupes élamites en 1155, qui mettent un terme à la dynastie kassite[47]. La revanche babylonienne est menée par Nabuchodonosor Ier (1125-1004) qui envahit l'Élam[48]. De son côté, l'Assyrie connaît un dernier essor sous Teglath-Phalasar Ier (1116-1077), puis plonge à son tour dans des temps difficiles en raison des incursions de plus en plus efficaces de groupes araméens, populations ouest-sémitiques venues des régions syriennes, comme les Amorrites avant eux[49]. Ces Araméens parviennent ensuite en Basse Mésopotamie où ils causent également des troubles. C'est l'époque de l'« effondrement » de l'âge du bronze récent, qui voit de grands bouleversements se produire dans tout le Moyen-Orient, en particulier en Anatolie où le royaume hittite est détruit, et au Levant où de nombreuses cités subissent également des destructions.

L'empire néo-assyrien

Articles détaillés : Assyrie et Empire néo-assyrien.
 
Carte des différentes phases d'expansion de l'empire néo-assyrien.
 
Le roi Teglath-Phalasar III (745-727 av. J.-C.) recevant l'hommage de ses sujets. Bas-relief de Nimroud. Detroit Institute of Arts.

En Babylonie, plusieurs dynasties se succèdent sur le trône, sans parvenir à se stabiliser, et à pacifier le pays où sont implantés des groupes araméens, et aussi des tribus chaldéennes, dont l'origine est obscure, qui se taillent des entités politiques autonomes, et dont des chefs arrivent au bout d'un temps à monter sur le trône de Babylone[50].

En Haute Mésopotamie, l'Assyrie a considérablement reculé face aux Araméens, qui ont établi au Xe siècle av. J.-C. des royaumes dans plusieurs cités de Syrie et de Djézireh occidentale. Mais elle a tenu bon, et parvient à reprendre l'offensive à partir de la fin du même siècle : c'est le début de la phase néo-assyrienne, qui marque une nouvelle étape dans l'histoire des entités politiques mésopotamiennes, avec la constitution du premier empire en mesure de dominer durablement une bonne portion du Moyen-Orient. Les rois assyriens conduisent au IXe siècle av. J.-C. des expéditions militaires dans toutes les directions, parvenant jusqu'à la Méditerranée à l'ouest et en Babylonie au sud, réprimant de façon brutale ceux qui refusaient de verser le tribut qu'ils exigeaient. Après une crise de croissance d'un demi-siècle environ l'État assyrien entame à partir de Teglath-Phalasar III (745-727) une évolution avec la constitution de provinces qui marquent la volonté d'une domination plus stable et durable sur les régions soumises. Les nombreuses déportations de populations consécutives aux victoires assyriennes entraînent d'importants mouvements humains à l'échelle de l'empire, donc un brassage de populations qui favorise la diffusion des populations de langue araméenne, qui devient la langue de communication la plus courante du Moyen-Orient.

La lignée des « Sargonides », constituée de Sargon II (722-705), Sennachérib (705-681), Assarhaddon (689-661) et Assurbanipal (661-630) (qui ne constituent pas une dynastie à proprement parler puisqu'ils descendent des rois antérieurs), marque l'apogée territorial de l'empire assyrien, puisque leurs armées s'imposent contre Babylone, l'Urartu (Anatolie orientale et sud du Caucase), les Mèdes (nord-ouest du plateau Iranien), l'Élam, et aussi l'Égypte. Le centre de l'empire, l'Assyrie historique, concentre alors richesses et populations transportées depuis les régions soumises, ce qu'incarne la vaste Ninive, la dernière capitale érigée au tout début du VIIe siècle av. J.-C. lors d'une campagne de travaux mobilisant des moyens colossaux, et qui concerne aussi les campagnes environnantes.

Mais les crises successorales sont monnaie courante, affaiblissant considérablement l'empire après la mort d'Assurbanipal, tandis que les populations d'Assyrie ont sans doute aussi payé un lourd tribut aux guerres incessantes menées dans tout le Moyen-Orient. Une révolte partie de Babylone et conduite par Nabopolassar parvient à engranger une série de succès sans précédents contre les troupes assyriennes, puis à investir l'Assyrie même, où les Mèdes se joignent finalement aux forces babyloniennes pour faire tomber les capitales assyriennes entre 615 et 612. Le reliquat de troupes assyriennes est éliminé dans les années suivantes.

L'empire néo-babylonien

Article détaillé : Empire néo-babylonien.
 
L'extension approximative de l'empire néo-babylonien.
 
La Porte d'Ishtar de Babylone, VIe siècle av. J.-C., reconstituée au Pergamon Museum de Berlin.

Le Babylonien Nabopolassar est le principal bénéficiaire de la chute de l'Assyrie, et laisse à son fils Nabuchodonosor II (605-562) le soin d'assurer la prise de contrôle des régions occidentales de l'empire assyrien, convoitées par les Égyptiens, où il mate plusieurs révoltes (dont celles de Juda qui se soldent par la déportation de l'élite judéenne en Babylonie). Ces souverains concentrent leurs efforts sur la remise en ordre de la Babylonie et l'embellissement de ses grandes villes, en premier lieu la capitale Babylone. Après la mort de Nabuchodonosor, les coups d'État se succèdent à la cour babylonienne, jusqu'à l'intronisation de Nabonide (556-539), qui semble avoir suscité une opposition croissante à sa politique, en particulier pour des raisons religieuses. L'empire babylonien est rapidement soumis par le roi perse Cyrus II, après la prise de sa capitale en 539 av. J.-C.

Dominations perse, grecque et parthe

Article détaillé : Babylonie tardive.

La prise de pouvoir des Perses de la dynastie des Achéménides se fait pacifiquement, mais des révoltes secouent la Babylonie sous les règnes de Darius Ier (en 521) et son fils Xerxès Ier (en 484)[51]. Cette région est néanmoins prospère, les élites perses s'y taillent des domaines, et la cour royale fait de Babylone une de ses résidences. En revanche il y a très peu de sources sur la Haute Mésopotamie à cette période, qui semble d'une importance secondaire pour le pouvoir perse.

Entre 334 et 330 av. J.-C., le roi macédonien Alexandre le Grand conquiert l'empire perse[52]. Il meurt à Babylone en 323, laissant ses généraux, les Diadoques, s'affronter pour récupérer son héritage, ce qui se traduit par un éclatement de l'empire conquis aux Perses. La Mésopotamie finit par échoir à Séleucos Ier, fondateur de la dynastie des Séleucides qui domine la région durant la période hellénistique. Des colonies grecques sont établies en Mésopotamie, même si la région reste largement peuplée de populations parlant araméen. Le centre de gravité de l'empire se déplace vers la Syrie où sont établies les principales résidences royales, même s'il y en a également une à Séleucie du Tigre dans le Nord de la Babylonie, qui reste un région prospère[53].

Au milieu du IIe siècle av. J.-C., les Séleucides sont attaqués par les Parthes, peuple de langue iranienne venu de l'Est de leur empire, qui parviennent après une série de conflits âpres à prendre le contrôle de la Mésopotamie[54]. À partir du début du Ier siècle av. J.-C. les Parthes font face à un nouveau rival occidental, la République romaine, qu'il parviennent à vaincre à Harran (Carrhes) en 53 av. J.-C. pour consolider leur emprise sur la Haute Mésopotamie. Dans le Nord, les anciennes cités de Ninive et d'Assur connaissent une nouvelle période de prospérité, de même qu'un autre royaume dirigé par une dynastie arabe, Hatra. Dans le Sud, les villes de Babylone et d'Uruk sont encore animées un temps par une communauté de prêtres lettrés écrivant des tablettes cunéiformes, mais il s'agit des derniers à pratiquer encore cette antique écriture, à une époque où l'alphabet araméen règne en maître. Les derniers écrits cunéiformes connus datent du Ier siècle de notre ère, et cette écriture disaparaît sans doute peu après, alors que Babylone et Uruk sont désertées. Cela marque pour beaucoup la fin de la civilisation mésopotamienne antique, ou plutôt de ce qu'il restait de ses traditions intellectuelles.

Les Parthes sont vaincus entre 226 et 240 par les Perses de la dynastie des Sassanides, qui deviennent à leur tour les maîtres de la Mésopotamie.

Influence byzantine

L'empereur Constantin à la suite de sa victoire à la bataille du Pont Milvius en 312, s'est converti au christianisme. Le symbole de La Croix accompagné du Chrisme s'imposa définitivement comme signe de victoire. Cette croix est souvent reproduite dans les absides et lieux de culte de l'aire syro-mésopotamienne[55].

Ère moderne

Le terme de « Mésopotamie » est à nouveau utilisé de manière officielle au XXe siècle, lorsque le traité de Sèvres confie au Royaume-Uni un Mandat de la Société des Nations lui confiant l'administration de l'ancienne province de l'Empire ottoman. Le Mandat britannique de Mésopotamie laisse ensuite la place au Royaume d'Irak.

Langues et groupes linguistiques

Les textes de la Mésopotamie antique ne comportant pas la notion d'une « Mésopotamie » telle qu'elle est comprise dans les travaux modernes, ces derniers distinguent des entités géographiques plus réduites correspondant souvent à des réalités politiques voire culturelles, qu'il est plus aisé de distinguer en fonction de la langue de leurs habitants, telle qu'elle peut être devinée par les textes, en l'absence d'une notion claire d'ethnicité dans l'Antiquité (la culture matérielle ne permettant pas vraiment de tracer des limites dans ce domaine).

Pour la Mésopotamie méridionale de la fin du IIIe millénaire av. J.‑C., la grande séparation est celle entre le pays de Sumer et le pays d'Akkad. Le premier, situé à l'extrême sud du delta mésopotamien, est occupé majoritairement par une population parlant le sumérien, un isolat linguistique[56], et qui a eu une importance primordiale dans l'émergence de la civilisation mésopotamienne[57]. Le second est un pays où la population est surtout constituée de locuteurs de l'akkadien, langue sémitique[58] ; il doit son nom à la ville et à l'empire d'Akkad qui a existé au XXIVe siècle av. J.-C., mais cela correspond à une réalité démographique et culturelle plus ancienne, puisque même avant cette époque les pays situés au nord de Nippur, jusqu'en Haute Mésopotamie et en Syrie, sont dominés par des populations parlant des langues sémitiques très proches[59].

La fin du IIIe millénaire av. J.‑C. voit la disparition du sumérien en tant que langue parlée, même s'il reste important dans le cercle des lettrés. Le début du IIe millénaire av. J.‑C. est marqué par l'importance de populations parlant une langue sémitique d'origine occidentale, l'amorrite, qui se retrouvent dans toute la Mésopotamie[60]. Mais la moitié Nord de cette région est également marquée par l'importance des populations parlant le hourrite, isolat linguistique.

Dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. se met en place plus clairement la séparation Nord/Sud de la Mésopotamie entre le royaume d'Assur et celui de Babylone, qui prévaut pour les siècles suivants et délimite deux espaces politiques et culturels distincts (mais toujours en forte interaction, et dont les langues sont des variantes de l'akkadien), l'Assyrie et la Babylonie. Cette dernière est longtemps politiquement sous la coupe d'une dynastie d'origine kassite, population isolée, qui n'a pas eu une grande influence culturelle[61]. La fin de ce millénaire est marquée par l'apparition et l'expansion à partir du nord-ouest d'une nouvelle population ouest-sémitique, les Araméens, qui tendent à devenir dans la première moitié du Ier millénaire av. J.‑C. la population dominante du Nord mésopotamien, au point que les Assyriens deviennent des locuteurs de la langue araméenne. Durant les dernières périodes de l'Antiquité, les locuteurs de l'araméen et les régions qu'ils habitent sont d'ailleurs désignés comme Assyriens/Assyrie ou bien des termes dérivés, Syriens/Syrie (surtout pour la partie occidentale)[62]. Les populations de Babylonie deviennent également fortement araméisées, mais on y trouve également un autre peuple, les Chaldéens, dont le nom sert aux Grecs de désignation alternative du Sud mésopotamien, la Chaldée[63]. Les dernières périodes de l'histoire mésopotamienne sont marquées par l'implantation de royaumes d'origine étrangère, iraniens (perses) puis grecs (période hellénistique), dont les éléments ne sont jamais devenus dominants. Les populations arabes connaissent également une expansion en direction de certaines régions du nord mésopotamien à partir de la seconde moitié du Ier millénaire av. J.‑C.

Organisation politique

De la cité-État à l'Empire

La Mésopotamie a vu l'aboutissement du processus de création de l'État, dans le courant du IVe millénaire av. J.-C., avec l'élaboration des premiers micro-États (les cités-États) dans sa partie méridionale. On a parfois imaginé l'existence d'une « démocratie primitive », ou bien d'une « oligarchie », ou encore d'un régime dirigé par un « roi-prêtre ». Quoi qu'il en soit, dès l'apparition de sources qui permettent d'analyser le système d'organisation politique des États mésopotamiens, on est en présence d'un système monarchique, dirigé par un souverain, en sumérien EN, ENSÍ, et LUGAL. Les deux premiers termes renvoient au domaine religieux : ils laissent envisageable l'existence d'un « roi-prêtre » dans certains États. Le dernier désigne clairement un « roi », šarrum en akkadien.

Après l'époque des cités-États, le premier État territorial, ou empire, est élaboré par Sargon d'Akkad vers la fin du XXIVe siècle av. J.-C. Dès lors, la Mésopotamie est dirigée en plusieurs royaumes, avant que la césure entre l'Assyrie au nord et Babylone au sud ne soit établie dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C.. Dans la première partie du Ier millénaire av. J.-C. sont élaborés les premiers véritables empires à très grande échelle, le néo-assyrien (911 av. J.-C. - 609 av. J.-C.), le néo-babylonien (624 av. J.-C. - 539 av. J.-C.), avant la mise en place de l'empire perse des Achéménides, qui marque la fin de la Mésopotamie en tant que centre politique du Proche-Orient avant plusieurs siècles. Chaque cité possède alors son propre gouvernement.

L'idéologie du pouvoir

Quelle que soit la dimension des royaumes, l'idéologie du pouvoir reste basée sur les mêmes principes. Le véritable souverain du pays est sa divinité tutélaire, qui accorde la royauté à une personne qui est digne de lui, qui n'est jamais que son représentant terrestre, chargé d'assurer l'entretien des temples du pays et aussi de grandes conquêtes territoriales. Ces dieux sont les divinités tutélaires des cités-États du IIIe millénaire av. J.-C., puis le grand dieu Enlil avec l'avènement des États prétendant dominer les pays de Sumer et d'Akkad, et enfin les divinités au caractère plus « national » pour les royaumes et empires à partir de la fin du IIe millénaire av. J.-C. : Assur en Assyrie et Marduk à Babylone.

L'histoire sur la longue durée était considérée comme cyclique. Cela est bien marqué par des textes comme la Liste royale de Sumer, dont la chronologie est une succession de dynasties chacune régnant à son tour, leur avènement et leur chute respectant la volonté des dieux. Chaque période de crise est considérée comme la punition infligée par les dieux à des souverains impies, tandis que la prospérité et le succès militaire sont au contraire la démonstration de la faveur divine.

Le roi et l'État

Les États mésopotamiens sont donc organisés autour de la figure royale. Celui-ci dirige l'administration, l'armée, la justice, et il est chargé d'assurer le bon déroulement du culte rendu aux dieux, entreprend des grands travaux. Il est entouré de « ministres » l'aidant dans ses tâches, et dirigeant une administration gérant ses terres, le prélèvement des taxes, la justice locale. Ce système se complexifie avec l'élaboration d'entités politiques plus vastes.

Les relations diplomatiques

La Mésopotamie est restée durant une grande partie de son histoire répartie en plusieurs États, qui ont eu à entretenir des relations diplomatiques entre eux, et ont aussi été en contact avec des royaumes extérieurs au Pays des fleuves. Les pratiques diplomatiques sont diverses : correspondance entre cours, conclusion d'accords, mariages inter-dynastiques, échanges de présents. Ce système se remarque dès la fin du IIIe millénaire av. J.-C., mais on le voit mieux dans le IIe millénaire av. J.-C. (notamment grâce aux archives de Mari et aux lettres d'Amarna).

Lettres

Écriture

 
Inscription cunéiforme du palais de Dur-Sharrukin, époque néo-assyrienne, fin du VIIIe siècle av. J.-C. (Musée du Louvre).

La Mésopotamie a vu l'élaboration de ce qui est actuellement considéré comme le plus ancien système d'écriture au monde. On date son apparition vers 3500 av. J.-C. Ce système d'écriture est d'abord linéaire, puis il prend un aspect cunéiforme (i.e. en forme de coin) dans le courant de la seconde moitié du IIIe millénaire av. J.-C. On écrit alors essentiellement sur des tablettes faites en argile, matériau abondant en Mésopotamie. Ce support survit très bien à l'épreuve du temps (et encore plus quand il est cuit à la suite d'un incendie), et c'est ce qui nous permet d'avoir une quantité de documentation écrite considérable sur la Mésopotamie ancienne. À partir du début du Ier millénaire av. J.-C., cette forme d'écriture est concurrencée par l'alphabet araméen, rédigé sur parchemin ou papyrus, supports périssables dont aucun exemplaire ne nous est parvenu. Celui-ci finit par supplanter le cunéiforme vers le milieu du Ier millénaire av. J.-C., avant la disparition définitive de ce dernier au début de notre ère.

Les scribes

Seule une minorité de la population est alphabétisée. Les spécialistes de l'écriture sont les scribes. Ils suivent une formation destinée à leur apprendre à maîtriser le cunéiforme, et s'initient au sumérien et à l'akkadien (à partir de la fin du IIIe millénaire av. J.-C.). Plusieurs niveaux de spécialisation coexistent, allant du simple scribe d'administration au lettré ayant suivi de nombreuses années de formation, travaillant souvent dans les temples.

On estime également qu'une certaine partie de la population, dans les couches supérieures, est en mesure de comprendre ou d'écrire des textes cunéiformes : personnel administratif, politique, ou bien de marchands.

Bibliothèques

Les tablettes cunéiformes étaient entreposées dans des endroits prévus à cet effet dans les bâtiments où ils étaient rédigés. Parfois même des salles étaient réservées aux archives. Les tablettes pouvaient être placées dans des paniers, des coffres, ou bien sur des étagères. Un système de classement pouvait avoir été mis au point, mais il nous échappe bien souvent. On pouvait faire des classements d'archives administratives, mais aussi de production littéraire savante, comme dans le cas de la prétendue Bibliothèque d'Assurbanipal, trouvée à Ninive.

Production écrite

Article détaillé : Littérature mésopotamienne.
 
Tablette de vente de propriétés retrouvée à Shuruppak, XXVIe siècle av. J.-C., Musée du Louvre.

La production écrite mésopotamienne qui nous est parvenue est constituée en majorité de textes de nature administrative et comptable. Il s'agit souvent de comptes liés à l'agriculture, l'élevage, des distributions de rations à des travailleurs, des comptes d'entrées et des sorties d'entrepôts.

À côté de cela, on trouve des textes de la pratique plus élaborés : des contrats (de prêt, de vente, de location) ou des lettres. Ils sont un apport inestimable pour nous aider à mieux approcher la vie quotidienne des anciens mésopotamiens.

Les textes littéraires sont minoritaires en quantité. Ils se composent en premier lieu de listes lexicales, mais aussi de textes d'apprentissage de certains métiers, ou bien des descriptifs de rituels, jusqu’à des productions de littérature plus savante, des textes mythologiques, épiques.

Un dernier genre que l'on peut distinguer est celui des inscriptions et textes royaux. Ce sont des textes produits par les rois, destinés à célébrer leurs grandes œuvres. Les perdants ayant rarement l'occasion de se faire entendre, ce sont le plus souvent les vainqueurs qui ont la parole. Ce genre de textes va de l'inscription de fondation, jusqu’à des récits plus élaborés comme les Annales royales assyriennes.

Religion

Article détaillé : Religion mésopotamienne.

Les dieux

Article détaillé : Mythologie mésopotamienne.

Les dieux mésopotamiens sont pour la plupart très anciens, et leur origine nous est souvent inaccessible. Les plus anciens ont un nom sumérien et un nom akkadien. Les principaux dieux sont :

À partir de la fin du IIe millénaire av. J.-C., les dieux « nationaux » Marduk à Babylone et Assur en Assyrie prennent une place de premier choix.

Humains et dieux

Toutes les anthropogonies mésopotamiennes expliquent que les dieux ont créé les humains de manière à en faire leurs esclaves/serviteurs chargés de leur entretien. De manière concrète, cet entretien passe par le culte qui est rendu aux dieux dans ce qui est considéré comme leur résidence, le temple.

Les personnes pieuses sont en principe assurées de la bienveillance divine à leur égard. En revanche, quiconque offenserait les dieux se place sous la menace d'une punition divine : maladie, disgrâce, difficultés économiques, etc.

Les temples

Les temples sont considérés comme étant les résidences terrestres de leur divinité principale, et souvent de leur entourage (parèdre, enfants, personnel divin). Ils portent d'ailleurs le même nom que les résidences humaines (É en sumérien, bītu(m) en akkadien). Ils sont également souvent flanqués d'une tour à étages (ziggurat), monument emblématique de la civilisation mésopotamienne, passé à la postérité grâce au récit biblique de la Tour de Babel.

Les temples sont constitués d'une cella (salle close, plus souvent de forme rectangulaire avec une porte à 2 battants), abritant une statue divine, représentation terrestre qui garantit la présence de celle-ci en ce lieu, et qui doit constamment être entretenue. Les temples sont interdits au peuple. Leur perte, notamment après une défaite militaire et la mise à sac du temple, est considérée comme un grand malheur.

Parce qu'ils doivent assurer le très coûteux entretien des dieux (et leur personnel), les temples sont des agents économiques de premier plan : ils bénéficient de dotations en terres, abritent aussi parfois des ateliers, et montent des opérations commerciales.

Le clergé

Le personnel officiant dans les temples est logé à proximité de celui-ci, dans des dépendances. Le personnel est divisé entre membres chargés de son administration, et d'autres qui s'occupent de la partie rituelle. En fonction de la tâche à accomplir lors des rituels, diverses spécialisations existent.

Les prêtres sont souvent des lettrés, qui suivent parfois de longues études. Principaux dépositaires des savoirs mésopotamiens,ils assureront la survie de cette culture jusqu'aux débuts de l'ère chrétienne.

Certaines catégories de prêtres (devins, exorcistes et astrologues) exercent en dehors des temples et notamment dans le cadre du palais royal. Le souverain a besoin de leur aide puisque la fonction royale est aussi une fonction religieuse (le roi étant parfois lui-même considéré comme un prêtre).

Il existe aussi un clergé féminin. Certaines de leurs membres vivent cloîtrées dans une résidence, et ne peuvent en sortir, même si elles disposent parfois de la possibilité de mener leurs propres affaires (par des achats de terrain notamment).

Sciences

Mathématiques

Le système numérique employé par les Mésopotamiens repose sur une base sexagésimale (base 60), avec quelques aspects d'un système décimal.

Les connaissances mathématiques des Anciens mésopotamiens enregistrent de grands progrès durant la période paléo-babylonienne, après quoi ils furent minimes. Mais il faut attendre le Ier millénaire av. J.-C. pour que ce savoir soit employé à sa pleine mesure dans le domaine de l'astronomie.

Astronomie

Article détaillé : Astronomie mésopotamienne.
Le fond de cette section est à vérifier (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

La séparation que l'on effectue entre astronomie et astrologie est inconnue des Anciens mésopotamiens, comme pour beaucoup d'autres peuples avant l'époque moderne. Les connaissances astronomiques des Mésopotamiens atteignent un très haut niveau durant le Ier millénaire av. J.-C., époque durant laquelle les astronomes « Chaldéens » sont réputés jusqu'en Grèce.

Les Mésopotamiens mettent au point le principe de la division de la voûte céleste entre douze signes du Zodiaque, qui sont sensiblement les mêmes que les nôtres. De la même manière, ils ont déjà nommé de nombreuses constellations et connaissent cinq planètes : Mercure (Sihtu), Vénus (Delebat), Mars (Salbanatu), Jupiter (Neberu) et Saturne (Kayamanu) [réf. nécessaire].

Au Ier millénaire av. J.-C., les prêtres astronomes babyloniens ont compilé de longues listes de relevés de phénomènes astraux. En les interprétant, ils établissent des éphémérides pour tous les astres observables, et réussissent presque à prédire des éclipses, dont ils ont repéré l'aspect cyclique.

Médecine

Article détaillé : Médecine en Mésopotamie.

Pour les Mésopotamiens, la maladie est une malédiction envoyée par les dieux. Maîtres de tous les humains, ceux-ci, lorsqu'ils sont insatisfaits par le comportement de certains d'entre eux, les punissent en envoyant des « démons » qui les rendent malades, à moins qu'ils ne se chargent eux-mêmes de la tâche.

Guérir un malade peut requérir des pratiques comme la magie et la médecine empirique, qui nous semblent être différentes, mais qui sont alors vues comme complémentaires. De longues listes techniques nous renseignent sur ces pratiques. Elles se présentent sous la forme de phrases avec une protase présentant l'état du malade, et une apodose disant le diagnostic, avec parfois à la suite le traitement à prodiguer. Elles s'appliquent à de multiples domaines : depuis la gynécologie jusqu’à des cas psychiatriques, en passant par l'ophtalmologie. On dispose aussi d'une longue liste de recettes de produits pharmacologiques.

Droit

Le droit mésopotamien est avant tout connu du néophyte par le fameux Code de Hammurabi. Celui-ci, avec les autres textes provenant de Mésopotamie et qui lui sont apparentés (comme le Code d'Ur-Nammu, le plus ancien du genre retrouvé, ou bien les lois assyriennes), ne représentent qu'une petite partie des sources nous informant sur le droit dans cette région. Selon certains historiens, ce seraient des recueils de sentences ayant vocation à servir de sortes de traités juridiques, du domaine de la science juridique, plutôt que des codes juridiques au sens moderne du terme. Ils n'étaient en effet pas appliqués[64] (Dominique Charpin, professeur au Collège de France, est l'un des rares à penser le contraire[64]). D'autres historiens ont affirmé qu'il s'agissait de déclarations d'intention à visée idéologique, qui essaieraient par exemple de convaincre le peuple, notamment celui des campagnes, de la magnificence du pouvoir et de la prospérité urbaine[64]. Ainsi, par exemple, des édits portant sur la régulation des prix et des salaires, fixant des montants irréalistes, viseraient plutôt, dans le cadre d'une compétition entre cités, à faire venir chez eux davantage de travailleurs: ce seraient donc de simples textes de propagande[64]. D'ailleurs, lorsque Hammurabi a établi la domination du royaume babylonien sur la Mésopotamie, de tels édits cessèrent d'être promulgués (il n'y avait plus de concurrence entre cités à proprement parler)[64].

S'il n'existait pas de droit étatique à proprement parler, en revanche le droit privé et commercial était très développé[64]. En effet, la majeure partie de nos sources écrites sur le droit mésopotamien sont les très nombreux actes contractuels retrouvés dans les différents sites de la région des deux-fleuves, auxquels peuvent être ajoutés ceux retrouvés ailleurs dans le Proche-Orient, depuis Suse jusqu’à Alalakh et Ougarit. Il s'agit d'actes de droit privé, comme des prêts (contrat de base, le plus courant, et duquel sont inspirés les autres contrats, au moins pour leur formulaire), d'achats/ventes/locations de biens immobiliers, d'animaux ou d'esclaves, de contrats de mariage ou d'adoption, d'affranchissement, de contrats de société (commerciaux surtout), et aussi de comptes rendus de procès. Retrouvés sur un grand espace géographique, et sur une très grande période (depuis le XXIe siècle av. J.-C. jusqu’à la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C., ils nous présentent des situations variées, et de nombreux aspects juridiques. Ainsi, chaque lieu développe à une période donnée un type de formulaire récurrent pour la rédaction d'un acte juridique précis. Mais les similitudes relevées entre les différentes périodes attestées, témoigne de l'existence d'un même fonds juridique.

Au-delà de l'aspect juridique, ces documents, comme peu d'autres documents cunéiformes, sont une mine d'information qui nous permet d'avoir un aperçu de la vie quotidienne des Anciens mésopotamiens et d'analyser leurs institutions, rapports sociaux, et pratiques agricoles, artisanales ou commerciales, etc.

Art

 
Représentation de Gudea de Lagash, XXIIe siècle av. J.-C., Musée du Louvre.
 
Représentation du Dieu sumérien « Imdugud » en aigle léontocéphale – cuivre sur support en bois (env. 2500  av. J.C. )[65]

Parmi les principaux domaines artistiques attestés en Mésopotamie, on peut relever :

la glyptique : l'étude des motifs représentés sur les sceaux, puis les sceaux-cylindres (à partir de la période d'Uruk) nous révèle l'univers mental des anciens Mésopotamiens.

la sculpture : parmi les œuvres réalisées en ronde-bosse, les statues de la période de Gudea de Lagash (XXIIe siècle av. J.-C.) sont parmi les plus remarquables ; par la suite, les sculpteurs mésopotamiens ont préféré les bas-reliefs, dont les plus fameux sont ceux des palais néo-assyriens.

la peinture : elle est assez peu attestée, car peu de peintures ont été conservées ; les plus belles fresques mésopotamiennes ont été retrouvées à Mari) (XVIIIe siècle av. J.-C.), Til-Barsip (VIIIe siècle av. J.-C.) et un peu dans les capitales néo-assyriennes (Assur, Kalhu, Ninive) (IXe-VIIe siècle av. J.-C.) ; leur style est très proche de celui des bas-reliefs.

l'orfèvrerie : assez peu de bijoux de grande qualité ont été mis au jour, les plus beaux exemples ont été exhumés des tombes royales d'Ur ; sinon, on peut avoir une idée de leur forme par la représentation de bijoux portés par des hommes sur des bas-reliefs.

la musique : elle occupe une place importante, tant pour le divertissement que pour le culte ; les instruments utilisés sont : la lyre, des percussions (tambours, tambourins), le oud, des flûtes, etc.

Architecture

La brique crue

Pour des raisons géologiques (plaine alluviale), la matière de base utilisée pour réaliser des bâtiments en Mésopotamie n'est pas la pierre mais l'argile. On s'en sert pour réaliser des briques crues, en la mélangeant avec des matières végétales. À cette fin, des moules à briques sont mis au point et utilisés. Exceptionnellement, les briques sont cuites dans des fours, ce qui les rend extrêmement solides, alors que celles en argile crue ont tendance à s'effriter. Les bâtiments en briques cuites, une fois abandonnés, servent d'ailleurs souvent de carrières.

Urbanisme

Article détaillé : Urbanisme de la Mésopotamie.

L'archéologie de la Mésopotamie a porté uniquement sur des centres urbains, et jamais sur des sites ruraux (en dehors de la période pré-urbaine). L'attention s'est surtout portée sur les grands monuments (temples, palais) plus que sur les quartiers résidentiels.

Les villes sont souvent protégées par une muraille, voire plusieurs dans le cas des grandes cités. L'espace central est souvent réservé au palais et au temple principal. En Mésopotamie du Nord, le cœur de la ville est souvent une acropole. De petites rues délimitent divers îlots résidentiels. La différenciation sociale de l'espace ne semble pas exister : les maisons des plus riches (les plus vastes) côtoient celles des classes moins favorisées. Les plus pauvres et les marginaux sont plutôt rejetés en périphérie de la ville. Existent en revanche des quartiers où les gens se regroupent en fonction d'une activité artisanale commune.

Résidences

 
Cour intérieure du palais de Zimri-Lim à Mari, Haute-Mésopotamie, XVIIIe siècle av. J.-C.

Trois types de résidences peuvent être distinguées: celles des gens du peuple, celles des dirigeants (les palais), et celles des dieux (les temples). Elles portent le même nom : É en sumérien, bītu(m) en akkadien. Elles fonctionnent d'ailleurs selon un même principe, puisqu'elles s'organisent généralement autour d'un espace central, et sont renfermées sur elles-mêmes (et non ouvertes vers l'extérieur).

Les résidences classiques peuvent avoir un étage. Elles varient en fonction des moyens financiers de leur propriétaire, et de la taille de la maisonnée. La plupart ont un espace central (couvert ou pas), d'autres sont constituées d'une suite de salles. On constate l'habitude fréquente d'enterrer les morts de la famille sous les résidences où ils ont vécu.

Les palais sont à l'origine construits comme des maisons, en plus vastes, avec parfois là aussi un étage. Ils finissent par prendre plus d'espace, et à avoir un espace plus complexe. Leur plan est néanmoins très variable d'un endroit à l'autre. Les zones sont généralement différenciées : espace résidentiel (avec un harem), salle de réception, magasins, salles administratives, etc.

Les temples sont traditionnellement considérés comme ayant trois parties principales : un vestibule, une antichambre, puis le « saint des saints » abritant la statue de la divinité principale. Ces édifices sont organisés selon le même principe qu'une résidence normale, à savoir autour d'un espace central, ils ouvrent parfois sur des magasins et des bâtiments administratifs, ou bien des bibliothèques. Les temples les plus importants disposent de grandes dépendances, en fonction de leur richesse économique et de l'importance numérique de leur personnel.

Économie

Les « Grands organismes »

L'économie de la Mésopotamie antique est encadrée par ce que l'on appelle parfois les « Grands organismes » (à la suite de A. Leo Oppenheim). Ce sont le palais royal, les temples, et leurs dépendances. En plus de leur fonction politique, ceux-ci possèdent en effet un pouvoir économique remarquable, reposant sur un patrimoine foncier souvent très important. Le plus souvent le palais apparaît comme celui qui peut mobiliser le plus d'avantages. Le roi redistribue les terres aux temples et à ses hommes tout en gardant une grande partie de celles-ci pour son compte. Les terres sont allouées à une personne contre une charge effectuée par celle-ci, pour l'aider à subsister (on parle parfois de « champs de subsistance »). Il arrive que ces terres, octroyées uniquement à titre temporaire, finissent par passer définitivement dans le patrimoine familial du détenteur de la charge. Les temples ont souvent une grande importance économique, surtout dans la Babylonie du début du Ier millénaire av. J.-C., où le pouvoir royal s'étant affaibli, ils demeurent les seuls organismes à peu près stables.

En marge de ces Grands organismes, la grande partie de la population vit de petites propriétés agricoles, ou bien d'un travail artisanal modeste qui peut être exercé à son propre compte. La vie de ces personnes n'est pas décrite par les archives cunéiformes que l'on a retrouvées, puisqu'ils vivent en dehors de la partie de la société pratiquant l'écrit. Les personnes travaillant pour les Grands organismes peuvent aussi mener des affaires pour leur propre compte, notamment au niveau commercial.

Agriculture

Article détaillé : Agriculture en Mésopotamie.

L'agriculture est la base des économies de type pré-industriel, et la Mésopotamie antique ne déroge pas à la règle.

Une grande partie de cette région étant située en dessous du seuil de pluviosité nécessaire pour la pratique de l'agriculture sèche, il a fallu développer un système d'irrigation pour mettre en valeur ses terres. Cela s'est d'abord fait de manière assez simple, dans le cadre de petites entités politiques, puis les grands royaumes mésopotamiens ont mis en place des projets d'aménagements de canaux à grande échelle. Il n'en demeure pas moins que l'irrigation était essentiellement une affaire gérée au niveau local, sans l'aide du pouvoir central. Les agriculteurs de Basse Mésopotamie ont dû faire face à un problème de salinisation des terres irriguées, qui a parfois abouti à la mise en friche de grands espaces.

La céréaliculture domine en Mésopotamie. L'orge est la plante la plus cultivée, mais on fait aussi pousser du blé amidonnier, du millet, et à partir du milieu du Ier millénaire av. J.-C. le riz est introduit dans la vallée. La productivité céréalière de la Mésopotamie a pu atteindre des rendements impressionnants, surtout quand une longue période de stabilité politique a permis une bonne mise en valeur des terres.

La culture du palmier-dattier occupe aussi une place importante dans la région, puisque l'on peut se servir de ses dattes, ses feuilles ou éventuellement son bois. Les palmiers servent également à abriter des jardins que l'on fait pousser à leur pied. L'horticulture était en effet couramment pratiquée, dans le but d'obtenir des produits agricoles (fruits, légumes et condiments) complémentaires des céréales.

Artisans

Article détaillé : Artisanat en Mésopotamie.

Le secteur artisanal fonctionne comme celui de l'agriculture avant tout dans le cadre des grands organismes. L'artisanat en dehors de cette sphère n'est pas documenté. Il existait parfois de grandes fabriques, notamment dans le textile, employant un grand nombre d'ouvrières souvent dans des conditions peu enviables. Mais l'artisanat à petite échelle était majoritaire.

La plupart des domaines artisanaux sont représentés en Mésopotamie : textile, menuiserie, métallurgie, orfèvrerie, vannerie, etc.

Commerce

 
Poids d'une demi-mine (poids réel : 248 gr.) tel que ceux que l'on utilisait pour faciliter l'évaluation des marchandises, consacré par le roi Shulgi et portant l'emblème du croissant de lune, XXIIe siècle av. J.-C. Musée du Louvre.

Le commerce est souvent défini comme une activité importante pour les Mésopotamiens, vu que la région où ils vivent est pauvre en matières premières (pierre, métal, bois de qualité). Dans les faits, ce sont surtout les plus riches qui profitent du commerce à longue distance.

Les entreprises commerciales sont initialement menées par des marchands (sumérien DAM.GAR, akkadien tamkāru(m)) engagés par un Grand organisme. À partir du début du IIe millénaire av. J.-C., la documentation abonde sur les systèmes commerciaux essentiellement « privés », à Larsa, Sippar, et surtout Assur, grâce aux archives des marchands de cette ville retrouvées à Kültepe en Cappadoce. Elle témoigne de l'existence d'un commerce très élaboré et fructueux.

De leur côté, les Mésopotamiens exportent surtout des produits manufacturés, avant tout du textile, ou bien jouent le rôle d'intermédiaires entre deux régions (en échangeant de l'étain d'Iran contre du cuivre d'Anatolie par exemple).

Le commerce local existe par ailleurs pour assurer l'approvisionnement des centres urbains en produits agricoles provenant de la campagne.

Cuisine et gastronomie

Article détaillé : Traité culinaire mésopotamien.

Société

La société mésopotamienne se divise en deux grands groupes : personnes libres et non-libres (les esclaves).

Les personnes libres

Les premiers sont une catégorie où l'on peut également distinguer deux groupes (moins évidents à repérer pour le IIIe millénaire av. J.-C.). Le premier (les awīlu(m) du Code de Hammurabi et des Lois assyriennes) est constitué par le personnel travaillant dans le cadre des « Grands organismes », le palais et le temple, qui dispose de ce fait d'une place importante dans la société. Le reste de la société (muškēnum dans le Code d'Hammurabi, aššurayu dans les Lois assyriennes) vit en dehors de ce cercle, dans le cadre de communautés urbaines ou rurales. La stratification sociale ne se fait pas autour d'une conception idéologique de la société distinguant des classes plus prestigieuses que les autres, ce sont les moyens financiers qui paraissent faire la différence, et pour en avoir il faut travailler avec le pouvoir royal ou les temples. Il est pour cela important d'être en bons termes avec le pouvoir royal.

Les esclaves

Les esclaves (sumérien ÌR, akkadien (w)ardu(m)) occupent le bas de l'échelle sociale. Ils sont considérés comme des objets, au service de leur maître. Il y a différentes façons de devenir esclave : s'il ne s'agit pas d'esclaves de naissance, la majorité sont des prisonniers de guerre, et on trouve également des personnes libres tombés en servitude à cause de dettes impayées (ce qui peut n'être que temporaire).

Les nomades

Une partie de la société se caractérise par son mode de vie nomade. Les nomades occupent une place importante durant toute l'histoire mésopotamienne (Amorrites, Kassites, Sutéens, Gutis, Araméens, Chaldéens, etc.). Ils vivent dans un cadre tribal, organisé autour de grands groupement de tribus et sont dirigés par un grand chef. La division entre libre et non-libre existe aussi au sein de cette partie de la société.

Les semi-nomades sont une partie de la population qui devient sédentaire à certains moments de l'année pour effectuer des travaux agricoles tandis que l'autre s'adonne au pastoralisme. Les nomades constituent parfois un danger pour les sociétés sédentaires : leur mode de vie assez précaire les rend plus fragiles aux coups durs (notamment climatiques). Ce qui les pousse souvent à se faire pillards en période de crise. De ce fait, ils sont souvent décrits en terme péjoratifs par les lettrés urbains. Ils vivent pourtant généralement en symbiose avec le monde sédentaire : ils se font pasteurs pour les grands organismes, parfois servent comme travailleurs saisonniers, et ils sont souvent appréciés en tant que soldats.

Les populations nomades finissent bien souvent par se sédentariser et adopter le mode de vie des sédentaires, et leurs chefs constituent parfois des royaumes promis à une grande prospérité, comme le firent Amorrites, Kassites et Araméens.

Différenciation sexuelle

Article détaillé : Genre dans le Proche-Orient ancien.
 
Stèle représentant une femme en train de filer, Suse, VIIIe siècle av. J.-C., Musée du Louvre.

L'homme occupe alors dans la société mésopotamienne une place importante. Les codes de lois placent la femme à un rang inférieur à l'homme. C'est une « éternelle mineure », qui passe du contrôle de son père à celui de son époux lorsqu'elle est mariée. Le maître de maison est un homme, la femme s'occupant de l'entretien du foyer et de l'éducation des jeunes enfants. Les activités agricoles sont apparemment réservées aux hommes, de même que le commerce et évidemment la guerre, ainsi que la plupart des métiers de l'artisanat, les femmes étant en revanche beaucoup employées dans le textile (filage, tissage) et aussi l'industrie laitière.

Les textes de la pratique (jugements, recueils d'incantation, textes et prières mythologiques, recettes de potions de fertilité) montrent l'importance de la procréation dans la famille mésopotamienne et l'existence d'interdits sexuels, notamment le viol et l'inceste qui ne sont pas permis non plus chez les dieux[66].

Rayonnement

Parce qu'elle a été la première région du Proche-Orient ancien à être étudiée, la Mésopotamie a longtemps été considérée comme le « centre » de celui-ci, le reste étant relégué au rang de « périphérie ». Les découvertes des civilisations sumérienne, babylonienne et assyrienne paraissaient abonder en ce sens. Mais la mise au jour de nouveaux centres fait apparaître que des régions considérées comme marginales étaient très avancées dès une époque reculée (notamment grâce aux archives d'Ebla et de Mari en Syrie, et aujourd'hui de Jiroft en Iran), et n'avaient pas grand-chose à envier à la Mésopotamie contemporaine. L'impossibilité de fouiller sur le sol irakien depuis le début des années 1990 n'a pas été sans effet sur ce changement de perspective.

La ressemblance entre la civilisation mésopotamienne et ses voisines peut s'expliquer par le fait qu'elles constituent un territoire ayant partagé une destinée commune depuis la période néolithique. Ceci explique pourquoi on retrouve partout dans cette région de l'Asie un fonds culturel commun, des organisations politiques et sociales similaires en dépit de sa disparité géographique.

Il n'empêche que la Mésopotamie, et en particulier la Basse Mésopotamie a exercé une influence indéniable sur le Proche-Orient ancien, comme aucune autre région. Cela débute avec la période d'Uruk, qui voit une expansion des habitants du futur pays de Sumer dans les régions voisines. La culture élaborée par les Sumériens, puis les Akkadiens a un rayonnement considérable. Son système d'écriture, avec ses méthodes d'apprentissage, sa littérature sont repris en Syrie, en Anatolie, au Levant, en Iran et jusqu'en Égypte à l'époque d'Amarna, quand l'akkadien est la langue des relations internationales.

Babylone, en reprenant cet héritage à partir du IIe millénaire av. J.-C., devient un centre culturel incomparable. C'est d'ailleurs par son nom, repris par la Bible et les auteurs grecs classiques, que la mémoire de la Mésopotamie va subsister avant sa redécouverte avec les fouilles du XIXe siècle, marquant la naissance de l'assyriologie.

Notes et références

  1. P. Villard, « Mésopotamie », dans Joannès (dir.) 2001, p. 525-526. (en) J. J. Finkelstein, « Mesopotamia », Journal of Near Eastern Studies, vol. 21,‎ , p. 73–92
  2. D. Charpin, Comment peut-on être assyriologue ?, Paris, , p. 24-25 ; il renvoie à A. Parrot, « La civilisation mésopotamienne », Revue d'Assyriologie et d'archéologie orientale, vol. 31, no 4,‎ , p. 180-189 comme article déterminant dans cette évolution terminologique.
  3. Par exemple Hrouda 1997, p. 7 et P. Villard, « Mésopotamie », dans Joannès (dir.) 2001, p. 525.
  4. Par exemple Van de Mieroop 2007 (justifié p. 2).
  5. C'est le cas de Lafont et al. 2017.
  6. Par exemple Foster et Polinger-Foster 2009.
  7. X. Faivre, « Haute Mésopotamie », dans Joannès (dir.) 2001, p. 375-376
  8. F. Joannès, « Babylonie », dans Joannès (dir.) 2001, p. 115-117
  9. B. Lion, « Akkad », dans Joannès (dir.) 2001, p. 22
  10. C'est le cas de Potts (dir.) 2012 pour les périodes antérieures au Bronze récent.
  11. Par exemple Kramer 2009, Sumer 1999-2002, Crawford (dir.) 2013.
  12. Frahm (dir.) 2017
  13. Par exemple Leick (dir.) 2007, Beaulieu 2017.
  14. Glassner 2002, p. 7 : « Du reste, cachées derrière ce terme unique (Mésopotamie), ce ne sont pas moins de trois cultures, fort dissemblables et toutefois très proches, qui se laissent découvrir par l'observateur : celle de Sumer, en Irak méridional, qui fleurit entre le IVe et le début du IIe millénaire ; celle de Babylone, au coeur de la plaine alluviale, qui s'épanouit aux IIe et Ier millénaires ; celle, enfin, de l'Assyrie, plus au nord, à l'est du cours moyen du Tigre et sur les premiers contreforts du Zagros, qui brille également aux IIe et Ier millénaires. Des sensibilités différentes les séparent ainsi que des façons spécifiques de se voir dans le monde, même si des références textuelles communes, souvent, les unissent. ». A. Thomas dans Thomas (dir.) 2016, p. 17 : « Selon les époques, les régions de ce pays ont ainsi reçu différentes appellation telles que Haute Mésopotamie ou Assyrie au nord, « Akkad », « Sumer », « Babylone » ou « Chaldée » au sud. Ces multiples strates composent ce qu'on appelle aujourd'hui la civilisation davantage que les civilisations de l'ancienne Mésopotamie. En effet, au-delà de son métissage, la Mésopotamie n'en fut pas moins unie par sa culture et ses croyances, bien qu'elles-même soient en constante évolution au fil de sa très longue histoire. »
  15. Van de Mieroop 2007, p. 1-3 ; Liverani 2014, p. 3-5
  16. Notamment Sasson (dir.) 1995.
  17. Par exemple D. Parayre (dir.), Les animaux et les hommes dans le monde syro-mésopotamien aux époques historiques, Lyon, Maison de l'Orient Méditerranéen-Jean Pouilloux, coll. « Topoi. Orient-Occident. Supplément » (no 2), (lire en ligne).
  18. (en) K. Radner et E. Robson (dir.), The Oxford Handbook of Cuneiform Culture, Oxford, Oxford University Press,
  19. Van de Mieroop 2007, p. 3
  20. F. Joannès, « Tigre », dans Joannès (dir.) 2001, p. 851-852 ; F. Joannès, « Euphrate », dans Joannès (dir.) 2001, p. 323-325. Paul Sanlaville, Le Moyen-Orient arabe, Le milieu et l'homme, Paris, Armand Collin, , p. 65-69.
  21. Paul Sanlaville, Le Moyen-Orient arabe, Le milieu et l'homme, Paris, Armand Collin, , p. 98-112
  22. (en) S. Campbell, « Northern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 421-422 ; Liverani 2014, p. 34-38
  23. Huot 2004a, p. 54-55 ; (en) J. Oates, « Southern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 467-471
  24. (en) J. Oates, « Southern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 466-467.
  25. Huot 2004, p. 55-57 ; (en) J. Oates, « Southern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 471-476
  26. Huot 2004a, p. 60-62 ; Benoit 2011, p. 45-46
  27. Huot 2004a, p. 58-60 ; Benoit 2011, p. 44
  28. (en) J. Oates, « Southern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 476-481
  29. (en) S. Campbell, « Northern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 423-427
  30. (en) S. Campbell, « Northern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 427-428 ; (en) J. Oates, « Southern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 481
  31. Huot 2004a, p. 79-94 ; (en) J. Ur, « Southern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 536-540 ; (en) S. Campbell, « Northern Mesopotamia », dans Potts (dir.) 2012, p. 428-429 ; Liverani 2014, p. 61-88 ; Lafont et al. 2017, p. 49-66
  32. Huot 2004a, p. 94-99 ; Liverani 2014, p. 88-91
  33. Liverani 2014, p. 80-114 ; ; Lafont et al. 2017, p. 116-127
  34. Liverani 2014, p. 115-119
  35. Huot 2004a, p. 132-135 ; Benoit 2011, p. 74-75
  36. Liverani 2014, p. 186-196
  37. Lafont et al. 2017, p. 278-284
  38. N. Ziegler et D. Charpin, « Mari (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 496-501
  39. Liverani 2014, p. 207-220 ; Lafont et al. 2017, p. 290-294 et 387-395.
  40. N. Ziegler, « Samsî-Addu », dans Joannès (dir.) 2001, p. 750-752 ; Lafont et al. 2017, p. 295-299.
  41. D. Charpin, « Hammurabi », dans Joannès (dir.) 2001, p. 364-365
  42. Lafont et al. 2017, p. 349-355
  43. Liverani 2014, p. 290-291 ; Lafont et al. 2017, p. 399-410
  44. Liverani 2014, p. 364-365
  45. Liverani 2014, p. 347-350 ; Lafont et al. 2017, p. 530-541
  46. Liverani 2014, p. 350-355 ; Lafont et al. 2017, p. 545-563
  47. Liverani 2014, p. 365-366 ; Lafont et al. 2017, p. 511-513
  48. Liverani 2014, p. 462-463 ; Lafont et al. 2017, p. 514-519
  49. Liverani 2014, p. 463-467 ; Lafont et al. 2017, p. 563-571
  50. Liverani 2014, p. 467-471 ; Lafont et al. 2017, p. 604-607 et 613-617
  51. F. Joannès, « Achéménides (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 1-4
  52. F. Joannès, « Alexandre le Grand », dans Joannès (dir.) 2001, p. 33-35
  53. F. Joannès, « Hellénistiques (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 377-379
  54. F. Joannès, « Parthes (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 634-636
  55. François Boespflug, La Crucifixion dans l’art : Un sujet planétaire, Bayard Editions, , 559 p. (ISBN 978-2-227-49502-9), p. 69
  56. Introductions synthétiques : (en) D. O. Edzard, « The Sumerian Language », dans Sasson (dir.) 1995, p. 2107-2116 ; (en) P. Michalowski, « Sumerian », dans R. D. Woodard, The Cambridge Encyclopedia of the World's Ancient Languages, Cambridge, , p. 19–59.
  57. Sur ces questions, voir notamment M.-J. Seux, « Sumer VI. Sumer et les Sémites », dans Sumer 1999-2002, col. 338-359.
  58. Pour une présentation de cette langue : R. Mugnaioni, « L'akkadien », dans E. Bonvini, J. Busuttil et A. Peyraube (dir.), Dictionnaire des langues, Paris, . Sur son histoire : (en) A. R. George, « Babylonian and Assyrian: A history of Akkadian », dans John Nicholas Postgate (dir.), Languages of Iraq, Ancient and Modern, Cambridge, , p. 31-71.
  59. La « civilisation de Kish » d'I. Gelb. Cf. Lafont et al. 2017, p. 159-163.
  60. (en) R. M. Whiting, « Amorrite Tribes and Nations of Second Millennium Western Asia », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1234-1235
  61. Sur ce peuple et son histoire : (en) R. Zadok, « Kassites », sur Encyclopaedia Iranica Online, (consulté le 3 septembre 2019).
  62. (en) R. N. Frye, « Assyria and Syria: Synonyms », dans Journal of Near Eastern Studies 51/4, 1992, p. 281–285. (en) S. Parpola, « National and Ethnic Identity in the Neo-Assyrian Empire and Assyrian Identity in Post-Empire Times », dans Journal of Assyrian Academic Studies 18/2, 2004, p. 16-21. (en) R. Rollinger, « The Terms “Assyria” and “Syria” Again », dans Journal of Near Eastern Studies 65/4, 2006, p. 283-287.
  63. (en) F. M. Falès, « Arameans and Chaldeans: Environment and Society », dans Leick (dir.) 2007, p. 288-298
  64. a b c d e et f (en) Seth Richardson, « Early Mesopotamia: The Presumptive State », Past and Present, vol. 215, no 1,‎ , p. 3-49 (DOI 10.1093/pastj/gts009)
  65. The Imdugud Relief – British Museum
  66. Véronique Grandpierre, Sexe et amour de Sumer à Babylone, Folio, , 336 p. (ISBN 2070446182)

Bibliographie

Introductions

  • Michael Roaf (trad. Philippe Tallon), Atlas de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien, Turnhout, Brepols, (ISBN 2503500463)
  • Georges Roux, La Mésopotamie, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 2-02-023636-2)
  • (de) Barthel Hrouda, Mesopotamien : Die antiken Kulturen zwischen Euphrat und Tigris, Munich, C. H. Beck,
  • Jean-Jacques Glassner, La Mésopotamie, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Guide Belles Lettres des civilisations »,
  • Pierre Bordreuil, Françoise Briquel-Chatonnet et Cécile Michel (dir.), Les débuts de l'histoire : Le Proche-Orient, de l’invention de l’écriture à la naissance du monothéisme, Paris, Éditions de la Martinière,
  • (en) Benjamin R. Foster et Karen Polinger-Foster, Civilizations of ancient Iraq, Princeton, Princeton University Press,
  • Véronique Grandpierre, Histoire de la Mésopotamie, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire no 175 »,
  • Ariane Thomas (dir.), L'histoire commence en Mésopotamie, Gand et Lens, Snoeck et Louvre-Lens,

Proche-Orient ancien

  • Paul Garelli, Jean-Marie Durand, Hatice Gonnet et Catherine Breniquet, Le Proche-Orient asiatique, tome 1 : Des origines aux invasions des peuples de la mer, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « La Nouvelle Clio »,
  • Paul Garelli et André Lemaire, Le Proche-Orient Asiatique, tome 2 : Les empires mésopotamiens, Israël, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « La Nouvelle Clio »,
  • (en) Jack M. Sasson (dir.), Civilizations of the Ancient Near East, New York, Scribner,
  • (en) Daniel C. Snell (dir.), A Companion to the Ancient Near East, Malden et Oxford, Blackwell Publishing,
  • (en) Marc Van de Mieroop, A History of the Ancient Near East : ca. 3000-323 BC, Malden et Oxford, Blackwell Publishing,
  • (en) Mario Liverani, The Ancient Near East : History, society and economy, Londres et New York, Routledge,

Mésopotamie : présentations d'ensemble

  • (en) John Nicholas Postgate, Early Mesopotamia : Society and Economy at the Dawn of History, Londres et New York, Routledge,
  • Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,
  • Bertrand Lafont, Aline Tenu, Philippe Clancier et Francis Joannès, Mésopotamie : De Gilgamesh à Artaban (3300-120 av. J.-C.), Paris, Belin, coll. « Mondes anciens »,

Civilisations et royaumes de la Mésopotamie

Sumer

  • Jean-Louis Huot, Les Sumériens : entre le Tigre et l'Euphrate, Paris, coll. « Néréides »,
  • « Sumer », dans Jacques Briend et Michel Quesnel (dir.), Supplément au Dictionnaire de la Bible fasc. 72-73, Letouzey & Ané, 1999-2002, col. 77-359
  • (de) Gebhard J. Selz, Sumerer und Akkader : Geschichte, Gesellschaft, Kultur, Munich, C. H. Beck,
  • (en) Harriet Crawford (dir.), The Sumerian World, Londres et New York, Routledge, coll. « The Routledge words »,

Babylone

  • (de) Michael Jursa, Die Babylonier : Geschichte, Gesellschaft, Kultur, Munich, C. H. Beck,
  • (en) Gwendolyn Leick (dir.), The Babylonian World, Londres et New York, Routledge,
  • Béatrice André-Salvini (dir.), Babylone, Paris, Hazan - Musée du Louvre éditions,
  • (en) Paul-Alain Beaulieu, A History of Babylon, 2200 BC - AD 75, Malden, Wiley-Blackwell,

Assyrie

  • (de) Eva Cancik-Kirschbaum, Die Assyrer : Geschichte, Gesellschaft, Kultur, Munich, C. H. Beck,
  • (en) Eckart Frahm (dir.), A Companion to Assyria, Malden, Wiley-Blackwell,

Art et archéologie

  • Pierre Amiet, L'Art antique du Moyen-Orient, Paris, Citadelles et Mazenod,
  • (en) Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, Oxford et New York, Oxford University Press, (ISBN 0-19-506512-3)
  • Jean-Claude Margueron, Les Mésopotamiens, Paris, Picard, (ISBN 2708406930)
  • Agnès Benoit, Art et archéologie : les civilisations du Proche-Orient ancien, Paris, RMN, coll. « Petits Manuels de l'École du Louvre »,
  • Jean-Louis Huot, Une archéologie des peuples du Proche-Orient : tome I, des peuples villageois aux cités-États (Xe-IIIe millénaire av. J.-C.), Paris, Errance,
  • Jean-Louis Huot, Une archéologie des peuples du Proche-Orient : tome II, Des hommes des Palais aux sujets des premiers empires (IIe-Ier millénaire av. J-C), Paris, Errances,
  • (en) Daniel T. Potts, Mesopotamian Civilization : The Material Foundations, Londres, Cornell University Press,
  • (en) Daniel T. Potts (dir.), A Companion to the Archaeology of the Ancient Near East, Malden et Oxford, Blackwell Publishers, coll. « Blackwell companions to the ancient world »,

Religion

  • Jean Bottéro, Mésopotamie : L'écriture, la raison et les dieux, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire », (1re éd. 1987)
  • Jean Bottéro, La plus vieille religion : en Mésopotamie, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire »,
  • (en) Jeremy Black et Anthony Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, Londres, British Museum,

Recueils de textes

  • Jean Bottéro et Samuel Noah Kramer, Lorsque les Dieux faisaient l'Homme, Paris, Gallimard, coll. « NRF »,
  • (en) William W. Hallo (dir.), The Context of Scripture, Leyde et Boston, Brill,
  • Samuel Noah Kramer, L'histoire commence à Sumer, Paris, Flammarion, coll. « Champs »,

Voir aussi