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Kudurru

forme de stèle babylonienne
Le « Caillou » Michaux, kudurru babylonien de la période kassite, rapporté en France en 1785 par le botaniste français André Michaux, exposé au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France
Kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à son fils Marduk-apla-iddina, exposé au Musée du Louvre, Sb 22
Kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à sa fille Hunnubat-Nannaya, exposé au Musée du Louvre, Sb 23

Les kudurrus (frontière en akkadien) sont des stèles de donation de terre dans le royaume babylonien, datant la plupart du temps de la période kassite, dont ils sont l'un des rares témoignages artistiques.

Sommaire

Contexte historiqueModifier

Après le règne glorieux d'Hammurabi, l'empire babylonien entre lentement en décadence. Affaibli par des attaques des Kassites, peuple venant des montagnes du Zagros, il ne résista pas à un raid hittite mené par Mursili Ier. Les Kassites en profitèrent pour prendre le contrôle du royaume babylonien et s'intégrèrent très rapidement à la culture babylonienne. Cependant ils apportèrent quelques innovations, notamment les donations de terres royales, dont les contrats s'inscrivent sur les kudurrus.

FonctionModifier

Les kudurrus sont des stèles en pierre (généralement en calcaire) portant un texte en akkadien et souvent un décor sculpté représentant les symboles des dieux. Ils commémorent une donation de terre par le roi à un vassal. Le kudurru ne serait qu'une copie d'une tablette en argile scellée par le roi et donnée au nouveau propriétaire pour qu'il puisse prouver sa légitimité. C'est en général ce dernier qui fait exécuter en pierre et à ses frais le kudurru pour le placer sous la protection des dieux dans un temple.

Décor sculptéModifier

La plupart des kudurrus sont ornés de symboles représentant les différents dieux du panthéon babylonien : le soleil de Shamash, le croissant de Sîn, l'étoile d'Ishtar, les autels avec tiare d'Anu et d'Enlil, le poisson-chèvre d'Ea, etc., comme sur le kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à son fils Marduk-apla-iddina. Parfois une scène sculptée accompagne les symboles, comme sur le kudurru de Meli-Shipak commémorant un don de terres à sa fille Hunnubat-Nannaya, où l'on voit le roi accompagnant sa fille devant la déesse Nannaya.

CorpusModifier

Le corpus des kudurrus est d'environ 160 pièces, dont la moitié a été retrouvée à Suse (Iran), déplacée après les pillages des Elamites (vers -1160). Seulement une vingtaine ont été découvertes dans un contexte archéologique fiable. 63 sont datables précisément ce qui permet de dire qu'ils ont été utilisés entre le XIVe siècle av. J.-C. et VIIe siècle av. J.-C..Le premier kudurru connu en Europe est le caillou Michaux, rapporté en France en 1785 par le botaniste André Michaux qui l'avait trouvé près de Ctésiphon[1].

Notes et référencesModifier

  1. L'histoire de cette découverte est racontée dans : Régis Pluchet, L'extraordinaire voyage d'un botaniste en Perse. André Michaux : 1782-1785, éditions Privat, 2014.

BibliographieModifier

  • (en) K. E. Slanski,
    • Classification, Historiography and Monumental Authority : the Babylonian Entitlement "narûs" (kudurrus), Boston, 2001 ;
    • The Babylonian entitlement narus (kudurrus): a study in their form and function, Boston, 2003 ;
  • D. Charpin, « Chroniques bibliographiques. 2, La commémoration d'actes juridiques : à propos des kudurrus babyloniens », in Revue Assyriologique 96/2, 2002, p. 169-191 ;
  • (en) J. A. Brinkman, « Babylonian Royal Land Grants, Memorials of Financial Interest, and Invocation of the Divine », dans Journal of Economic and Social History of the Orient 49/1, 2006, p. 1-47 ;
  • (de) W. Sommerfeld, « Der babylonische "Feudalismus" », in M. Dietricht et O. Loretz (éds.), Vom Alten Orient Zum Alten Testament : Festschrift für Wolfram Freiherrn von Soden, AOAT 240, Neukirchen-Vluyn, 1995, p. 467-490
  • (de) U. Seidl, Die babylonischen Kudurru-Reliefs: Symbole mesopotamischer Gottheiten, Fribourg, 1989
  • (de) S. Paulus, Die babylonischen Kudurru-Inschriften von der kassitischen bis zur frühneubabylonischen Zeit, AOAT 51, Münster, 2014

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