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IIIe millénaire av. J.-C.

millénaire

ÉvénementsModifier

  • 3050-700 av. J.-C. : subboréal ; climat sec et tempéré alternant avec des périodes plus froides et humides (néoglaciaire). Refroidissement climatique vers 2550 av. J.-C. marqué par des conditions plus humides, de hauts niveaux lacustres et l’expansion des glaciers[1].

AfriqueModifier

  • 3000-2500 av. J.-C. : arrivée dans la boucle du Niger des premières populations de pasteurs venus du nord-est du Sahara suite à la dégradation climatique initiée au milieu du IVe millénaire[2]. Devant la disparition des pâturages, les pasteurs bovidiens du Tassili des Ajjers doivent descendre vers le sud. Les uns auraient gagné le Sénégal en longeant l’Atlantique. D’autres auraient atteint l’Afrique occidentale en descendant la vallée du Tilemsi ou de l’oued Azaouak. Selon les thèses d'Henri Lhote, ces néolithiques seraient les ancêtres des Peuls qui vivent actuellement dans la partie soudanaise et sahélienne de l’Afrique occidentale[3]. L'historien Abdoulaye Bathily évoque une origine saharienne des Soninkés, qui auraient migré vers le Sahel au fur et à mesure de l'assèchement du climat[4]. Selon Henry Gravrand, les Sérères auraient eux aussi une origine saharienne[5].
  • 2800-1200 av. J.-C. : néolithique final au Maroc[6]. La culture campaniforme atteint la partie occidentale de l’Afrique du Nord, sur le littoral marocain, depuis le détroit de Gibraltar jusque dans la région de Casablanca, au début du millénaire (vase campaniforme de Dar es Soltane). Les techniques de la métallurgie du cuivre, puis du bronze, venues d’Espagne (poignards à rivet, hallebardes d'El Argar et de Carrapatas représentés dans les gravures du Haut Atlas) se répandent durant le IIe millénaire avant notre ère[7].
  • 2500-2000/1500 av. J.-C. : aride post-néolithique[9]. Période d’asséchement de la région saharienne, surtout à partir de 2300 av. J.-C., avec un pic prononcé en 2000, causé par une forte activité volcanique vers 2400-2300 av. J.-C.. Ouverture du Dahomey Gap et progression rapide du pastoralisme du nord-est vers le sud-ouest, sur la rive droite du Niger, atteinte en 2500-2250 av. J.-C., puis le centre du Ghana où les néolithiques de la culture de Kintampo cohabitent avec les chasseurs-cueilleurs de la culture de Punpun, et la Mauritanie en 2250-2000 av. J.-C.. L'agriculture est attesté sur la basse vallée du Tilemsi vers 2500 av. J.-C. et suit l'avancée des éleveurs dans le nord de la boucle du Niger entre 2250 et 2000 av. J.-C.[2].
  • 2500-2000 av. J.-C. : installation des éleveurs de bovins, d’ovins et de caprins dans le Dhar Tichitt, le Dhar Oualata et le Dhar Néma, en Mauritanie sud-centrale[10].
  • Vers 2500-2050 av. J.-C.  : culture du Kerma ancien en Haute-Nubie[11].
  • 2400-1550 av. J.-C. : culture de l’Horizon-C ou du Groupe C en Basse-Nubie[12].
  • Vers 2300 av. J.-C. : site de chasseurs-cueilleurs de Gwisho, en Zambie, appartenant à la culture Wilton[13] : bâton à fouir utilisé pour déterrer les racines et les tubercules, flèche de bois, montée probablement jadis d’une pointe de roseau et empoisonnée.
  • Vers 2200-2050 av. J.-C. : Première Période intermédiaire égyptienne : dislocation du pouvoir central, fin de l'unité égyptienne. Vers 2050 av. J.-C., établissement du Moyen Empire égyptien[8].

AmériqueModifier

 
Les pyramides de Caral.
  • Vers 2600-1800 av. J.-C.: civilisation de Caral[17]. Construction de vastes complexes cultuels et religieux sous forme de terrasses et de temples sur la côte centrale du Pérou. Caral est considérée comme la première cité andine. À la Huaca Prieta, dans la vallée de la Chicama, sur la côte nord du Pérou, apparaissent les plus anciennes architectures monumentales (terrasses-temples)[18]. Vêtements de coton et gourdes décorées de motifs géométriques découverts à Huaca Prieta. Après 2500 av. J.-C., les établissements permanents de la côte du Pérou se déplacent plus haut vers les vallées pour profiter des alluvions fertiles. De petits ouvrages d’irrigation apparaissent. À Aspero, Sechín Alto (es), Huaca de los Reyes (es) et Garagay (es), plates-formes, cours en contrebas et fosses diverses se groupent en vastes ensembles d’habitations, faits de pierre et de torchis[19].
  • 2600-1000 av. J.-C. : occupation du site de La Gruta-Ronquín, sur cours moyen de l’Orénoque. Il livre de la céramique saladoïde peinte de motifs géométriques blanc sur rouge et d’adornos (ornements) zoomorphes, avec de larges incisions appliquées sur les bords des vases. La céramique de La Gruta est datée de 2100 av. J.-C., celle de Ronquín de 1600-1100 av. J.-C.. Au Suriname, les premières céramiques se trouvent dans le site de Kaurikreek vers 2200-1750 av. J.-C.. Elles partagent certains aspects avec la tradition saladoïde vénézuélienne, et leur décoration est caractérisée par de fines bandes d'argile appliquées sur les récipients et des adornos zoomorphes très stylisés (grenouilles, jaguars oiseaux). La céramique saladoïde se répand vers l’intérieur du Suriname (Wonotobo, sur la rive orientale du fleuve Corantijn, vers 70-200) et du Guyana[20].
Vers 2500 av. J.-C., dans toute l'Amérique du Sud, la sélection et l'hybridation des céréales et en particulier du maïs, permettent de grandes améliorations de la production, autorisant une croissance de la population et l'apparition d'importants villages permanents. Une plus grande partie de la population peut s'adonner à l'artisanat et on assiste à des innovations technologiques dans le tissage (métier à tisser), dans la fabrication d'outils de pierre polie et dans l'irrigation. Le commerce de longue distance se développe, et des objets de valeurs sont réalisés pour être vendus dans tout le continent. Certains se retrouvent dans de riches sépultures.
  • 2500-1900 av. J.-C. : complexe culturel précéramique Purron de la vallée de Tehuacán, au Mexique. Apparition de la céramique. Les plantes cultivées prennent définitivement le pas sur les plantes sauvages ans l’alimentation[21].
  • 2500-1200 av. J.-C. : préclassique ancien ou période formative en Mésoamérique. Les peuples de Mésoamérique vivent d'agriculture (maïs-haricot-courge) dans des hameaux ou villages, fabriquent de la céramique et des pierres taillées (obsidienne, silex ou basalte)[22].
  • 2500-2000 av. J.-C. : villages permanents sur la côte du Pérou (Culchas, Las Haldas (en))[23].
  • 2500 av. J.-C.- 1800 : culture des Aléoutes en Alaska[24]. Outils sur plaques de pierre, harpons, céramique et lampes en pierre. Abondant vestiges organiques. Économie essentiellement maritime : chasse de lions de mer, loutres, baleines, phoques ; pêche et récolte des coquillages.
  • Vers 2500 av. J.-C.: débuts de la céramique en Amérique centrale (site de Monagrillo, à Panama)[25]. Fils, cordages et filets de pêche en coton au Pérou[26].
  • Vers 2200-750 av. J.-C.: composition picturale polychrome de l’abri du White Shaman sur le cours inférieur du Pecos, au Texas, dont les personnages et les animaux fantastiques renvoient aux mythes cosmogoniques de populations d’Amérique centrale, Huichols et Aztèques en particulier. Elle évoque la naissance du Soleil et le commencement des temps[27].

Asie et PacifiqueModifier

  • Vers 3000-1900 av. J.-C. : en Chine se développe la culture de Longshan sur les bases de la culture de Yangshao simultanément dans le bassin inférieur et moyen du Fleuve Jaune (culture de Longshan dite « du Henan », 2900-2000) et sur la côte orientale (culture de Longshan dite « du Shandong » 2600-1900)[28]. Culture sédentaire, relativement avancée, elle se caractérise par des agglomérations protégées d’une enceinte en terre damée. La société y paraît hiérarchisée, dotée d’un haut degré d’organisation, les rituels religieux y jouant un rôle primordial. Habileté technique importante (taille du jade, travail des métaux, céramique faite au tour).
  • 3000-2600 av. J.-C. : apogée des cultures chalcolithiques du Baloutchistan et de la vallée de l’Indus (phase Faiz Muhammad à Mehrgarh, phase de Damb Sadaat dans la vallée de Quetta)[29] ; artisanat de qualité, progrès de l’agriculture, intensification des échanges. Poteries grises à décor noir animal, végétal ou géométrique du style de Faiz Muhammad, dans le Baloutchistan et la vallée de l’Indus. Un vaste ensemble culturel est constitué par l’Indus, le Baloutchistan, le Sistan, l’Afghanistan et le Turkestan méridional. L’augmentation des échanges se traduit par la présence de sceaux-cachets en terre cuite, en pierre, en os et en métal. À Mehrgarh, les figurines deviennent de plus en plus réalistes. La diversité des bijoux et des coiffures semble indiquer l’existence d’une société raffinée. Les régions de montagne aux hivers froids (plateaux de Kalat et de Quetta, vallées de la Zhob et de la Loralai), qui ont vécu en étroite relation avec les plaines alluviales, semblent se dépeupler à l’époque de la phase finale de Mehrgarh (3000-2500 av. J.-C.) au profit de la vallée de l’Indus, dont la couverture forestière a sans doute constitué un frein important à l’exploitation agricole.
  • Vers 3000-2500 av. J.-C. : les microlithes apparaissent en Australie, par l'ouest de la Terre d'Arnhem vers 3000 av. J.-C., Kimberley vers 2500 av. J.-C., et le Sud du continent vers 3000 av. J.-C.[30]. L’inhumation et la crémation sont davantage pratiquées. L’art rupestre se répand.
  • Vers 3000 av. J.-C. :
    • l’usage de la céramique et la domestication du porc sont attestés sur les sites de Uai Bobo, Lie Siri et de Bui Ceri Uato près de Baucau dans l’est de Timor. Le nombre d’outils de pierre s’accroît, reflétant peut-être un accroissement de la population favorisé par l’horticulture (?). On passe alors à une exploitation rationnelle de champs de tubercules et de céréales (ignames et riz, par exemple)[31].
    • En Chine, début possible de l'utilisation du soc en agriculture (région de Hangzhou)[32].
  • 2700-2350 av. J.-C. : phase Banshan de la culture de Majiayao en Chine[33]. Céramique à spirales rouges et noires.
  • Vers 2650 av. J.-C. : en Chine, première occurrence de la culture du blé et de l'orge, sur le site de Xishanping (en), appartenant à la culture de Majiayao[34].
 
Principaux sites de la civilisation de l'Indus et aire d'expansion.
 
Le « grand bain », une piscine rectangulaire entourée de galeries, retrouvée dans les ruines de Mohenjo-daro.
  • 2600-1900 av. J.-C. : épanouissement de la civilisation de la vallée de l'Indus en Inde[35]. Développement d'une civilisation urbaine avec des villes importantes comme Mohenjo-daro, Chanhu Daro et Harappa, entourées de murs défensifs en briques cuite. La population de Mohenjo-daro a été estimée à environ 40 000 habitants[36]. Écriture pictographique, utilisée sur les sceaux en stéatite, toujours pas déchiffrée[37]. Tissu de coton teint en rouge trouvé à Mohenjo-daro[38]. Utilisation de la charrue comme en témoignent les traces de sillons parallèles dans un champ proche du site de Kalibangan[39]. Cette civilisation commerce par voie maritime avec Sumer[40].
  • 2570 av. J.-C. : le plus vieux fragment de tissu de soie connu est découvert sur le site de Qianshanyang, près de Huzhou en Chine[41]. La légende attribue à l’impératrice Leizu, épouse de Huángdì, la découverte des premières techniques du tissage de la soie vers 2700 av. J.-C..
  • Vers 2500 av. J.-C. :
    • les cultures de Lungshanoïd (ouest et sud) et de Yuanshan (nord et est) succèdent à la culture de Dapenkeng à Taïwan. Riziculture, couteaux à moisson de pierre et tessons de poterie cordée[42].
    • début de l'introduction de la céramique et de la riziculture dans les îles d'Asie du Sud-Est par les migrants austronésiens venus de Taïwan : Philippines (vers 2500 av. J.-C.), Palawan, Borneo (vers 2300 av. J.-C.) et le reste de l'Insuline[43]. Leur arrivée est concomitante avec celle d'animaux domestiques exogènes, et marque le développement des installations permanentes de population agricoles au détriment des populations de chasseurs-cueilleurs.
 
La danseuse de Mohenjo-daro, statuette de bronze, 14 cm, trouvée en 1926 dans une maison de Mohenjo-daro. 2500-1500 av. J.-C. Musée national (New Delhi).
  • Vers 2500-1700 av. J.-C. : statuette en bronze d’une danseuse de Mohenjo-daro[44]. Torse d’un homme en stéatite, trouvé à Mohenjo-Daro, qui pourrait représenter un « prêtre-roi »[45].
  • 2500-1500 av. J.-C. : période Jōmon moyen au Japon[46]. Apparition de petites figurines en argile à formes humaines (souvent de femmes) et animales et appelées Dogū.
  • 2400-2000 av. J.-C. : phase Machang de la culture de Majiayao en Chine[33]. Céramiques décorée de figures stylisées en zigzag et de figures humaines en relief.
  • 2300-1800 av. J.-C. : le site de Taosi dans le Shanxi, phase tardive de la culture de Longshan, livre des petites clochettes, les premiers objets en bronze découverts en Chine[47].

Proche-OrientModifier

 
La dame de Warka ou dame d’Uruk.
  • 3000-2800 av. J.-C. : périodes de Uruk III et de Ninive V en Mésopotamie[49]. Éclosion de l’art : statue de « la dame d’Uruk », peut-être le visage d’une statue cultuelle composite, première manifestation de la grande statuaire (vers 3000 av. J.-C.). Vase d’Uruk, avec ses registres superposés traités en bas-relief. « Exaltation de l’épi », sceau-cylindre en calcaire.
    • Augmentation notable des objets en métal retrouvés en fouille, particulièrement dans les tombes, au début du IIIe millénaire au Proche orient : ce ne sont plus seulement des parures mais aussi des armes et des outils. Usage du bronze à l’étain (Iran, Mésopotamie, Syrie du Nord et Cilicie) et du bronze à l’arsenic (Caucase, Anatolie orientale, Mésopotamie méridionale et Palestine) à la fin du IVe et au début du IIIe millénaire. Sumer est placé au croisement des routes des deux techniques. À la fin du IIIe millénaire, le bronze à l’étain d’Iran dominera le bronze arsenical[49].
    • Découvertes sporadiques de perles en fritte au début du IIIe millénaire en Mésopotamie. C’est un produit d’aspect un peu gréseux, dont on peut varier les couleurs, obtenu par un tout début de vitrification. Cette production indique que l’on commence à savoir conduire un feu au-delà de la simple déshydratation de terre. Les objets en fritte se multiplieront pendant la fin du Bronze Ancien et au cours du Bronze Moyen[49].
  • 3000-2500 av. J.-C. : développement de la ville d’Ebla (Mardikh II) en Syrie après une importante lacune stratigraphique[50].
 
Site de Tel Yarmout.
  • Vers 3000-2300 av. J.-C. : phase d'urbanisation du pays de Canaan. La civilisation cananéenne passe de la culture pastorale et villageoise encore archaïque du Chalcolithique, à une civilisation de type urbain, celle du Bronze ancien (vers 3400-2300 av. J.-C.) ; elle passe ainsi du stade de chefferies centrées sur de gros villages (comme Hartouv) à celui de cités-états. Par les échanges avec l'Égypte, la région se développe et s'enrichit, et se spécialise dans le commerce de la céramique et de nombreuses constructions voient le jour. De nombreuses villes cananéennes se développent et se fortifient, comme Tel Yarmout ou Jérusalem, citée par des textes d'exécration égyptiens sous le nom de Rushalimum dès le XIXe siècle av. J.-C.[51]. Tel Yarmout est abandonnée brusquement vers 2300 av. J.-C., en même temps que tous les sites de Palestine à l'ouest du Jourdain, et les populations reviennent à une civilisation pastorale[52].
  • 3000-2500 av. J.-C. : âge du bronze ancien en Anatolie[53]. La région apparaît divisée en principautés, sortes de cités-États assez petites mais souvent belliqueuses (murailles), qui tirent l’essentiel de leurs revenus des ressources minérales ou forestières, tandis que l’agriculture assure la base de la vie quotidienne[49]. Céramiques monochromes rouges et noires, polies, faites au tour en Cilicie[54]
 
L'Étendard d'Ur, retrouvé dans une des sépultures du complexe des tombes royales d'Ur.

EuropeModifier

  • Vers 3500-2000 av. J.-C. : âge du bronze ancien en Grèce et dans la mer Égée (Helladique, Cycladique et Minoen). Poursuite de l’accroissement numérique des habitats (fermes ou villages isolés), qui dénote un accroissement correspondant de la population ou une meilleure exploitation des terres cultivables (Argolide, Béotie). En Thessalie, les emplacements occupés au néolithique continuent d’être le plus souvent du début de l’âge du bronze. Dans la Grèce du Sud, des villages nouveaux apparaissent, souvent sur des buttes en bordure de mer ou sur des collines basses contrôlant les plaines[63].
  • 3500-2500 av. J.-C. : civilisation néolithique tardive de la culture Seine-Oise-Marne[64]. allées couvertes et hypogées, qui accueillent parfois plusieurs centaines de défunts.
  • 3200-2300 av. J.-C. :
  • Vers 3100-2500 av. J.-C. : occupation du village néolithique de Skara Brae sur la côte occidentale de Mainland, dans les Orcades, au nord de l'Écosse[67].
  • Vers 3000-2200 av. J.-C. : cultures de la céramique cordée et des haches de combat en Europe du Nord (de la Russie centrale aux Pays-Bas et à la Suisse), caractérisées par la pratique de l'inhumation en sépultures individuelles. Ce sont des agriculteurs et éleveurs de moutons et de chevaux, des guerriers et des commençants (métaux, ambre)[68]. Ils sont liés génétiquement à la culture Yamna de la steppe pontique.
  • 3000-2000 av. J.-C. : helladique ancien en Grèce continentale. Phases chalcolithiques HA I (3000-2500 av. J.-C.) et HA II (2500-2200 av. J.-C.), âge du bronze à partir de la phase HA III (2200-2000 av. J.-C.). La péninsule hellénique atteint un degré de civilisation avancé vers 2600 av. J.-C. : grandes demeures de pierre et de briques, palais aux toits de tuiles (maisons à corridor), bijoux d’or et d’argent (Lerne, Tirynthe, Asinè), villes fortifiées (golfe de Nauplie). Ces palais et ces fortifications sont détruits entre 2100 et 2000 av. J.-C., quand commence l'helladique moyen, avec l'arrivée des Achéens[54],[69].
 
Vase campaniforme.
 
Débitage sur « livre de beurre » du Grand-Pressigny.
  • Vers 2800-2400 av. J.-C. : période d'exploitation intensive du silex du Grand-Pressigny en Touraine. Le débitage pressignien produit de grandes lames par percussion indirecte pouvant atteindre près de 40 cm, débitées à partir de nucléus dits en « livre de beurre »[72]. Tombe mégalithique de type angevin de La Frébouchère, en Vendée[73] ; il s'agit d'une longue dalle plate de 10 m de long, soutenue par huit pierres verticales, formant une grotte artificielle, peut-être initialement recouverte de terre.
  • Vers 2800-2100 av. J.-C. : construction de la phase néolithique de la structure en pierres dressées de Stonehenge, site mégalithique dans l'actuel Wessex en Angleterre (Stonehenge I)[74].
 
Idole cycladique enceinte, Cycladique Ancien, entre 2700 et 2300 av. J.-C.
  • 2600-1900 av. J.-C. : période pré-palatiale de la civilisation minoenne en Crète (Minoen Ancien). Introduction de la métallurgie du bronze par des immigrants venus d’Égypte ou d’Asie mineure. Échanges commerciaux avec l’Égypte (or), l’Asie mineure (cuivre) et les Cyclades (argent, obsidienne)[77]. L’utilisation du tour de potier pendant la troisième phase du Minoen Ancien (vers 2100-1900 av. J.-C.) permet l’industrialisation de la céramique[78].
  • Vers 2600-2400 av. J.-C. : constitution des premiers centres miniers et de métallurgie d’Europe occidentale révélés par la découverte de creusets utilisés pour la fonte du cuivre dans plusieurs régions d'Italie (Monte d'Accodi en Sardaigne, lac de Ledro dans le Trentin, Buccino) , à Terrina IV près d'Aleria en Corse[79], Los Millares près de Murcie au sud de l’Espagne, à Zambujal au Portugal, à Cabrières en Languedoc[80]. Certaines perles de cuivre auraient servi d’étalon pour les échanges dès cette époque.

Notes et référencesModifier

  1. Murielle Meurisse-Fort, Enregistrement haute résolution des massifs dunaires : Manche, mer du Nord et Atlantique : le rôle des tempêtes, Éditions Publibook, (ISBN 9782748345841, présentation en ligne)
  2. a et b Sylvain Ozainne, Un néolithique ouest-africain : cadre chrono-culturel, économique et environnemental de l'Holocène récent en pays Dogon (Mali), Africa Magna Verlag, (ISBN 9783937248332, présentation en ligne)
  3. Robert Cornevin, Marianne Cornevin, Histoire de l'Afrique, Payot, (présentation en ligne)
  4. Agnès Gelbert, Ceramic traditions and technical borrowings in the Senegal Valley, Les Éditions de la MSH, (ISBN 9782735109593, présentation en ligne)
  5. Aboubacry Moussa LAM, Le Sahara ou la vallée du Nil, menaibuc, (ISBN 9782911372421, présentation en ligne)
  6. Alain Rodrigue, Préhistoire du Maroc, Eddif, (ISBN 9789981896161, présentation en ligne)
  7. Georges Souville, « Témoignages sur l'âge du bronze au Maghreb occidental », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 130, no 1,‎ , p. 97-114 (présentation en ligne)
  8. a et b Bernard Lugan, op. cit, p. 28.
  9. Bernard Lugan, Histoire de l'Afrique du Nord : Des origines à nos jours, Éditions du Rocher, (ISBN 9782268085357, présentation en ligne)
  10. Augustin F.-C. Holl, « Dhar Tichitt, Walata et Nema », Les nouvelles de l'archéologie, no 127,‎ , p. 35-39 (présentation en ligne)
  11. David N. Edwards, The Nubian Past : An Archaeology of Sudan, Routledge (ISBN 9781134200870, présentation en ligne)
  12. James G. Cusick, Studies in Culture Contact: Interaction, Culture Change, and Archaeology, SIU Press,, (ISBN 9780809334094, présentation en ligne)
  13. Philip D. Curtin, African history, Longman, (ISBN 9780582646636, présentation en ligne)
  14. Ruth Whitehouse, Macmillan Dictionary of Archaeology, Springer, (ISBN 9781349048748, présentation en ligne)
  15. Corinne Julien, Histoire de l'humanité : 3000 à 700 av. J.-C, UNESCO, (ISBN 9789232028112, présentation en ligne)
  16. Human origin sites and the World Heritage convention in the Americas, vol. 2, UNESCO Publishing, (ISBN 9789231001413, présentation en ligne)
  17. Michel Bertrand, Jean-Michel Blanquer, Antoine Coppolani, Isabelle Vagnoux, Les Amériques : Du Précolombien à 1830, vol. 1, Groupe Robert Laffont, (ISBN 9782221197912, présentation en ligne)
  18. Jacques Malengreau, Sociétés des Andes : des empires aux voisinages, Karthala, (ISBN 9782865375868, présentation en ligne)
  19. Jorge Juan Eiroa, La prehistoria II, Ediciones AKAL, (ISBN 9788446003878, présentation en ligne)
  20. Helaine Silverman, William Isbell, Handbook of South American Archaeology, Springer Science & Business Media, (ISBN 9780387749075, présentation en ligne)
  21. Guy Lasserre, « Du maïs sauvage au maïs cultivé : les découvertes de Tehuacan (Mexique) », Les Cahiers d'Outre-Mer, vol. 17, no 67,‎ , p. 314-324 (présentation en ligne)
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  24. Peter Rowley-Conwy, Arctic Archaeology, vol. 3, Psychology Press, (ISBN 9780415198103, présentation en ligne)
  25. Patrice Lecoq, Eric Taladoire, Les civilisations précolombiennes: « Que sais-je ? » n° 567, Presses Universitaires de France, (ISBN 9782130736790, présentation en ligne)
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  27. Marc Azéma, Laurent Brasier, Le beau livre de la préhistoire: De Toumaï à Lascaux 4, Dunod, (ISBN 9782100757893, présentation en ligne)
  28. Li Liu, Xingcan Chen, The Archaeology of China : From the Late Paleolithic to the Early Bronze Age, Cambridge University Press, (ISBN 9780521643108, présentation en ligne)
  29. A. H. Dani, History of Civilizations of Central Asia : The Dawn of Civilization : Earliest Times to 700 B.C., vol. 1, UNESCO, (ISBN 9789231027192, présentation en ligne)
  30. Roger Blench, Matthew Spriggs, Archaeology and Language II : Archaeological Data and Linguistic Hypotheses, Routledge, (ISBN 9781134828692, présentation en ligne)
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  38. Louis Frédéric, Le Nouveau Dictionnaire de la civilisation indienne, Groupe Robert Laffont, (ISBN 9782221217740, présentation en ligne)
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