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L214

association française de défense des droits des animaux
L214
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association de droit local alsacien-mosellan
But Reconnaissance des implications morales de la sensibilité des animaux
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 2008
Fondateurs Brigitte Gothière et Sébastien Arsac
Identité
Siège Lyon (siège administratif)
Achenheim, Bas-Rhin (siège social)
Président Antoine Comiti[1]
Méthode Enquêtes, dossiers, campagnes d'information
Financement donations
Employés 75[2]
Slogan « Parce que les animaux sont des êtres sensibles, ouvrons les yeux sur les élevages, la pêche et les abattoirs »
Site web Site officiel

L214, ou de son nom complet L214 éthique et animaux, est une association à but non lucratif française de défense des animaux, fondée en 2008. Elle enquête sur les conditions de vie des animaux dans les élevages (y compris transport et abattage) et la pêche. Opposée à ces pratiques, elle préconise un changement des habitudes de consommation, notamment alimentaire, vers une consommation moindre de produits animaux, voire végane.

À travers ses sites internet, l'association traite également des impacts environnementaux et sanitaires de la viande et de l'élevage, des positions de partis ou personnalités politiques au sujet des animaux, propose des conseils pour végétaliser sa consommation, ainsi qu'un guide de restaurants proposant des plats végétaux.

HistoriqueModifier

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Brigitte Gothière, co-fondatrice et directrice de L214, lors de la manifestation contre la Ferme des mille vaches à Abbeville, le 18 février 2012.

L'association est créée à partir du collectif « Stop Gavage », militant pour l'abolition du foie gras, qui poursuit depuis son action au sein de L214[3]. Remettant en question les rapports qu'entretient la société avec les animaux, L214 se consacre particulièrement à la défense des animaux de production, utilisés pour la consommation alimentaire humaine (viande, lait, œufs, poisson). L'association allie une approche welfariste (campagnes pour les œufs plein air) à des visées plus abolitionnistes (marche pour la fermeture des abattoirs, promotion du véganisme).

L'association est initialement créée dans le département de Haute-Loire, à Vissac-Auteyrac, comme association loi de 1901 à but non lucratif. En 2015, elle est relocalisée dans le Bas-Rhin, à Achenheim, pour devenir une association de droit local alsacien-mosellan.

Elle tire son nom de l'article L214-1 du Code rural et de la pêche maritime, dans lequel les animaux sont pour la première fois désignés comme « êtres sensibles » dans le droit français : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce »[4]. Son nom complet est « L214 éthique et animaux »[5].

Les fondateurs de L214, les militants véganes Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, deux anciens enseignants, s'inscrivent dans le courant antispéciste[3]. Certains ont connu l'introduction de ces idées en France[6] et y ont participé, notamment à travers la revue des Cahiers antispécistes.

ObjectifsModifier

L'association mène des campagnes d'information[7] pour faire évoluer les réglementations de protection animale ainsi que les habitudes de consommation[8] de manière à mettre fin aux pratiques qui nuisent aux animaux, dont la consommation de viande. Des images d'enquêtes et l'expérience de l'association sont fréquemment utilisées dans des reportages consacrés à l'industrie agro-alimentaire dans les médias.

Selon Paul Ariès, L214 est un mouvement abolitionniste qui veut, à terme, interdire tout élevage, même fermier[9]. La porte-parole et cofondatrice de l'association, Brigitte Gothière, revendique en effet, au-delà des missions actuelles de L214, un projet abolitionniste à long terme[10].

FinancementModifier

Ne disposant pas d'une reconnaissance d'utilité publique, l'association L214 ne bénéficie pas de subventions de l'État français ou de collectivités publiques[11]. En 2016, elle dispose d'un budget total de 760 000 euros, qui lui permet d'employer 17 personnes[5]. En 2017, selon son cofondateur, l'association a des ressources financières d'un montant total de 5,2 millions d’euros, dont 3,2 millions d’euros de cotisations de ses 30 000 adhérents (un nombre d'adhérents qui a doublé par rapport à 2016)[11].

En novembre 2017, l'association reçoit un don exceptionnel de 1,14 million euros de la part de la fondation Open Philanthropy Project. Cet organisme, géré et financé par les milliardaires américains Dustin Moskovitz et Cari Tuna, a pour but de soutenir financièrement le bien-être animal (associations de protection et recherche sur la viande in vitro), la justice et la recherche sur intelligence artificielle. Ce don fait suite à un démarchage de l’association par la fondation, qui lui a proposé plusieurs projets : l'amélioration des standards dans l’élevage des volailles, la végétalisation de l’alimentation dans les campus et la pérennisation de L214 (création de postes et revalorisation des salaires)[2]. En réaction, plusieurs députés, issus du groupe Les Républicains, proposent de constituer une commission d’enquête sur les réseaux financiers de L214[11],[12].

En 2018, selon le trésorier de l'association, 90 % du financement de L214 est assuré par des dons. Les 10 % restants proviennent de la vente de produits dérivés (250 000 euros), de la perception de droits d’auteur et d’intérêts d’épargnes (plusieurs dizaines de milliers d’euros). Parmi les 34 000 dons, qui représentent une somme totale de 3 841 000 euros, 124 émanent d'entreprises, de fondations ou d'associations[2].

CampagnesModifier

Abattage des poussinsModifier

 
Poussins morts dans le couvoir de Saint-François.

En novembre 2014, l’association publie sur son site internet une vidéo tournée dans le couvoir de Saint-François, situé à Saint-Hernin dans le Finistère[13], où l’on voit des poussins mis dans des sacs plastiques et étouffés, ou des poussins jetés vivants dans des bennes à ordure ou passant conscients dans un broyeur. Ces images sont largement reprises par les médias. Alors que le broyage des poussins est conforme à la législation en vigueur, la mort par suffocation lente ne l’est pas. Selon une estimation de l’association, environ 100 000 poussins ont été mis à mort en 2014[14].

L’entreprise, poursuivie par l’association en tant que personne morale, et son dirigeant, Daniel Glevarec, ont été condamnés pour mauvais traitements envers un animal, par le tribunal correctionnel de Brest le , à 19 000 euros d'amende. En revanche, Daniel Glevarec a été relaxé des faits de « destruction volontaire et sans nécessité d’animal domestique » car le tribunal a considéré que ces faits ont été commis par les employés et non par le dirigeant[15].

L'association lance alors une campagne intitulée Un animal, pas un déchet, s'appuyant sur ces images tournées dans un couvoir breton[16]. Elle dénonce le sexage (triage selon le sexe) et le sacrifice à la naissance des poussins mâles de race pondeuse. En effet, les poules pondeuses et les poulets de chair sont issues de deux races différentes, l’une optimisée pour la ponte, l’autre optimisée pour la croissance musculaire. Pour cette raison, élever pour la chair les poussins mâles de race pondeuses n’est pas rentable[17].

Foie grasModifier

En novembre 2013, une enquête menée par L214 dans différents bâtiments de gavage de la société Ernest Soulard, fournissant en foie gras des restaurants étoilés et palaces parisiens, est médiatisée. Devant la polémique, le chef Joël Robuchon, ciblé par l'association, suspend son approvisionnement auprès d'Ernest Soulard, « dans l'attente qu'il soit démontré que les animaux ne sont pas maltraités comme dans la vidéo qui a été diffusée »[18],[19], tandis qu'Alain Ducasse, également visé par la campagne de L214, continue à se fournir auprès de la société[19].

Le s’est tenu au tribunal de grande instance de la Roche-sur-Yon un procès opposant la société Ernest Soulard et L214. L'association a déposé plainte contre Ernest Soulard pour sévices graves et maltraitance envers les animaux. Ernest Soulard poursuit L214 pour « dégradation légère » liée à la pose d’une caméra dans l’un de ses bâtiments d’élevage, ce que conteste l'association. La pratique du gavage en elle-même a été remise en cause durant le procès par L214. Le procureur de la République de La Roche-sur-Yon a déclaré au tribunal : « L214 a pris possession de votre prétoire pour en faire un outil de communication. Aucun élément ne permet d'entrer en voie de condamnation. ». Le tribunal a relaxé l'entreprise et condamné l'association à verser 5 000  de frais de justice[20]. Les dégradations commises chez le producteur font l'objet d'une enquête pénale et sont requises « des amendes de 10 000 € à l'encontre de L214 et de 2 000 € contre son porte-parole pour recel de dégradations »[21].

Le , la cour d'appel d'Angers confirme le jugement du tribunal correctionnel relaxant le président de L214 ; le producteur de foie gras Ernest-Soulard l’accusait de diffamation suite à la réalisation d’un film dans ses salles de gavage. La cour retient la bonne foi des militants, le sérieux de l’enquête réalisée par L214 et rejette les allégations de trucage des vidéos de l’association[22].

Un canard haletant (conséquence du gavage) dans un élevage Ernest Soulard (2013). 
Une oie fuyant le gavage dans un élevage français (Périgord, 2014). 

Poules pondeusesModifier

En février 2013, à la suite d'une présence répétée des militants de L214 devant les magasins Monoprix de plusieurs grandes villes, l'enseigne annonce sa décision de cesser de commercialiser sous sa propre marque des œufs de poules élevées en cages à partir d'avril 2013[23], au profit d'œufs de poules élevées en plein air[24].

Le , L214 diffuse une vidéo dénonçant les conditions de vie des poules pondeuses dans un élevage de l'Ain, le GAEC du Perrat, dans lequel s'approvisionne la marque Matines (groupe Avril), distribuée par Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché et Super U[25]. Les images montrent que cet élevage situé à Chaleins ne respecte ni la réglementation sanitaire, ni la réglementation sur le bien-être animal[26]. Cette diffusion est assortie d'une plainte pour maltraitance déposée au tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse.

À partir de l'été 2016, différents distributeurs et groupes de restauration collective s'engagent à ne plus vendre ou servir d’œufs issus de poules élevées en cage. Sodexo annonce ainsi dans un communiqué de presse le que le groupe s'approvisionnera en œufs (coquille et liquide) de poules provenant d’élevages alternatifs (en bâtiment au sol ou en plein air) à l'échelle mondiale d'ici 2025[27].

Le , l'association publie une nouvelle vidéo dénonçant les dérives dans un élevage des Côtes-d'Armor[28].

Le , L214 publie une vidéo présentée par l'actrice Sophie Marceau, dénonçant les conditions de vie des poules dans un élevage des Côtes-d'Armor. Cette publication a lieu deux jours avant la discussion par les députés d'un projet de loi « Agriculture : équilibre des relations commerciales dans le secteur agroalimentaire » dans lequel ils se prononceront notamment pour ou contre l'élevage de poules en batterie[29],[30], la surveillance vidéo en abattoir ayant déjà été supprimée du projet de loi[31].

Poule déplumée dans un élevage en cage de la société Les Œufs Geslin. 
Poule en train de mourir dans un élevage Matines (groupe Avril). 

PouletsModifier

Article détaillé : Poulet.
 
Élevage de poulets fournissant la marque Maître Coq (France).

Le , L214 publie de nouvelles images d'élevage intensif de poulets. Les oiseaux sont alors destinés à être commercialisé sous la marque Maître Coq. L'exploitation vendéenne dont sont issues les images est également un élevage pédagogique accueillant de futurs professionnels en formation. 30 000 poulets y sont enfermés et présentent des mêmes problématiques que dans la précédente enquête (poulets qui peinent à se lever ou à se déplacer du fait de la sélection génétique, animaux morts et non ramassés...). L'association dénonce également la présence permanente d'antibiotiques dans la nourriture des animaux[32].

À l'occasion de cette deuxième vidéo, L214 lance officiellement une nouvelle campagne contre l'élevage intensif de poulets de chair[33].

TruitesModifier

 
Truites à l'abattoir d'Aqualande (enquête L214).

En novembre 2018, pour la première fois, l'association L214 lance une enquête visant à dénoncer les dessous de la production de poissons. Au travers de cette enquête, l'association L214 dénonce certaines pratiques courantes en élevage de truites et qu'elle juge méconnues du grand public : les densités élevés dans les bassins, entraînant notamment un manque d'oxygène pour les animaux et la présence de nombreux animaux stressés, blessés ou malades[34].

L'association dénonce également les méthodes d'abattage des poissons qui, contrairement aux animaux terrestres, ne sont pas concernés par l'obligation d'étourdissement avant la saignée. Sur la vidéo d'enquête, les truites sont déchargées brutalement et leur mise à mort s'effectue par asphyxie au CO2, une méthode qu'elle juge cruelle[35].

AbattoirsModifier

 
Abattage de vaches dans un abattoir Charal (2008).

L214 est surtout connue pour avoir révélé des affaires de maltraitances, vidéos à l'appui, dans plusieurs abattoirs français dont certains ne respectent pas la réglementation :

Abattoir de MetzModifier

En septembre 2008, L214 mène une enquête à l’abattoir Charal de Metz (Moselle). Cette enquête en caméra cachée est conduite par le militant Sébastien Arsac recruté par la société Charal en qualité d'ouvrier d'abattoir. Selon l'association, deux demandes préalables de visites lui auraient été refusées, par un courrier dans lequel la société Charal déclare avoir « fait de la protection animale un volet central et spécifique de sa politique de qualité »[36]. L'enquête filmée montre l'abattage des bovins qui, selon l'association, « ne respecte pas la réglementation en vigueur et entraîne des morts insoutenables ».

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire demande alors un audit général sur les abattoirs français[37].

L214 porte plainte contre la société Charal en septembre 2009 pour cruauté envers les animaux[38]. Charal met L214 en demeure de retirer la vidéo de ses sites internet, porte plainte pour violation de site, et conteste les accusations portées par l'association. La plainte déposée par L214 est finalement classée sans suite[39].

Abattoir d'AlèsModifier

En octobre 2015, l'association diffuse une vidéo montée à partir de plusieurs heures de rushs filmés en caméra cachée dans l'abattoir municipal d'Alès dans le Gard avec un commentaire de l'actrice Hélène de Fougerolles[40]. On y voit l'abattage de chevaux, cochons et bovins dans de mauvaises conditions d'hygiène et de bien-être animal (étourdissement défaillant)[40].

Les images reprises par de nombreux médias poussent le maire de la commune, Max Roustan (LR), à fermer l'abattoir à titre conservatoire[40] et le parquet à ouvrir une enquête pour cruauté envers les animaux. Plus tard, en avril 2016, Max Roustan indiquera à propos de L214 qu' « une association qui va aussi loin, c'est du terrorisme, c'est carrément du terrorisme »[41].

Abattoir du ViganModifier

 
Un employé infligeant des décharges électriques à un mouton.

En février 2016, l'association révèle une nouvelle affaire sur un abattoir de la commune du Vigan dans le Gard. Une vidéo montre l’abattoir municipal où des moutons sont violemment jetés, des employés ricanant et infligeant des décharges électriques à des cochons et des porcelets mal étourdis, des vaches et des bœufs conscients et suspendus agonisants. L'association dénonce l'utilisation de matériel défaillant, un personnel incompétent et des services vétérinaires absents. Nili Hadida, chanteuse du groupe Lilly Wood and the Prick, présente et commente la vidéo[42]. Le procureur de la République d’Alès annonce l’ouverture d’une enquête préliminaire[43]. Les élus responsables de la communauté de communes du Pays viganais décident, le 23 février, de la fermeture de l'abattoir, ainsi que de la suspension provisoire du personnel, à titre conservatoire[44].

La non-application des lois dans les abattoirs est fustigée, certains observateurs les décrivant comme des lieux de non-droit[45]. Le 21 mars, après presque un mois de fermeture, l'abattoir rouvre partiellement pour les ovins et caprins, sur une décision du président de la communauté de commune dont dépend l'établissement[46].

Une commission d'enquête parlementaire sur « les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français » est créée le 22 mars à l'Assemblée nationale, à l'initiative du député PS Olivier Falorni, celle-ci se réunit pour la première fois le 6 avril[47].

Le procès de l'abattoir du Vigan, le premier ayant à juger de sévices dans un abattoir en France, s'ouvre le à Alès[48]. Lors de ce procès, trois personnes physiques (employés et anciens employés de l'abattoir) et une personne morale (la communauté de communes gestionnaire de l'abattoir) sont poursuivies. L214, la Fondation 30 millions d’amis et la Société protectrice des animaux se sont constitués parties civiles[49]. Le 28 avril suivant, le tribunal inflige à un employé une peine de huit mois de prison avec sursis et 600  d'amende pour « sévices graves »[50].

Abattoir de Mauléon-LicharreModifier

 
Un mouton assiste à la mort de ses congénères à l'abattoir Mauléon-Licharre.

Le , l'association dévoile un nouveau cas de maltraitance animale dans un abattoir, situé à Mauléon-Licharre, l'abattoir intercommunal du Pays de Soule, dans les Pyrénées-Atlantiques. Cet établissement abat notamment des animaux issus des filières bio et Label rouge. Sur une vidéo présentée par l'écrivain Jean-Baptiste Del Amo, on peut voir des pratiques d’abattage de bovins, de veaux et surtout d’agneaux de lait – agneaux de moins de 45 jours non sevrés et consommés traditionnellement à Pâques – a priori non conformes à la réglementation. L’association a déposé plainte auprès du procureur de la République de Pau pour faits de maltraitance, de sévices graves et d’actes de cruauté[51].

Le maire de la commune de Mauléon-Licharre, décide de fermer l’établissement « pour une durée indéterminée, à titre conservatoire » afin qu’une enquête puisse être menée.

Le député PS Olivier Falorni estime alors que « les abattoirs sont encore des lieux trop opaques », saluant le rôle de lanceur d'alerte de l'association[47]. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll demande aux préfets de mener des inspections spécifiques sur la protection animale dans tous les abattoirs de France pendant le mois d'avril[52]. Le résultat de ces inspections sera transmis à la commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs.

Le président du Syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire reconnaît une faille des services vétérinaires, tout en dénonçant au passage la baisse de 20 % des effectifs de ces services sur les dix dernières années[53]. Celui-ci rappelle notamment que le contrôle du respect des règles de protection animale n'est pas systématique, contrairement au contrôle du respect des règles d'hygiène et de sécurité sanitaire des aliments[53]. Il affirme que les cas de maltraitance révélés par L214 sont exceptionnels et ne sont pas représentatifs de l'ensemble des abattoirs français, sans toutefois le démontrer[53].

Le , après que le procureur a retenu 195 infractions, le tribunal correctionnel de Pau condamne l’abattoir de Mauléon-Licharre et son ancien directeur Gérard Clemente à six mois de prison avec sursis pour « tromperie sur marchandises » et à 13 800  d’amende pour « tromperie sur marchandises » et « mauvais traitements aux animaux ». Les quatre salariés sont quant à eux condamnés à des amendes allant de 80 à 910  pour maltraitance « sans nécessité »[54]. Le , L214 est condamnée par le tribunal correctionnel de Pau à 5 000  d’amende, et à verser 1 500 € de dommages et intérêts aux trois parties civiles, pour « complicité d'atteinte à l’intimité de la vie privée », les vidéos tournées par deux caméras cachées montrant ces trois salariés sur leur lieu de travail. L'association, relaxée pour l’utilisation de ces enregistrements, annonce son intention de faire appel de cette décision[55].

Abattoir de VannesModifier

En octobre 2015, L214, la SPA, 30 millions d'amis, l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs, One voice et la Fondation Brigitte Bardot portent plainte contre cet abattoir, après avoir constaté qu'un jeune bovin a passé un week-end dans une cour de l'établissement, le bassin fracturé, sans eau ni nourriture. La SARL Sélection Viande, propriétaire de l'abattoir, est condamnée en juin 2016 à 2 200 € d'amende pour mauvais traitements, privations de soins et de nourriture, et à 7 300 € de dédommagement aux associations qui se sont portées parties civiles[56].

Abattoirs de Pézenas et Puget-ThéniersModifier

 
Le Bœuf écorché (Rembrandt, v. 1640).

Le , de nouvelles vidéos présentées par l'humoriste Rémi Gaillard et montrant des actes de maltraitance dans deux abattoirs de l'Hérault et des Alpes-Maritimes sont diffusées dans la presse[57],[58].

Le préfet de l'Hérault, Pierre Pouëssel, affirme que les images de l'abattoir de Pézenas sont obsolètes car tournées avant les inspections mandatées par le ministre en avril. Caroline Medous, vétérinaire à la tête de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l'Hérault affirme que ces images « ne correspondent plus aux pratiques actuelles »[59]. En réponse, L214 publie une autre vidéo montrant des scènes tournées en mai, après ces inspections[60]. Sur celle-ci, on peut voir un bovin abattu sans étourdissement respirant encore lorsque l'immobilisation est relâchée, ce qui ne devrait pas être le cas[60].

Abattoir de LimogesModifier

Le , L214 diffuse des vidéos filmées par un salarié de l'abattoir[61] de Limoges[62], plus grand abattoir municipal de France avec 300 à 500 animaux abattus par jour et 80 employés[63]. Présentées par la pianiste Vanessa Wagner, elles dénoncent notamment l'abattage de vaches gestantes parfois proches du terme, impliquant la mort par anoxie des fœtus[64]. Le salarié travaillait dans cet abattoir depuis sept ans, et c'est la première fois que la personne à l'origine des vidéos diffusées par l'association ne témoigne pas de façon anonyme[65]. Une plainte a été déposée au tribunal de grande instance de Limoges pour maltraitance animale. De son côté, le député européen socialiste Jean-Paul Denanot, représentant de la circonscription Massif central - Centre, saisit la Commission européenne à ce sujet[66].

Abattoir de HoudanModifier

Le , L214 diffuse des vidéos filmées à l'abattoir de Houdan, dans les Yvelines[67]. Présentées par l'humoriste et chroniqueur Guillaume Meurice, elle dénonce des actes de maltraitance envers des porcs. Une double manifestation a eu lieu le devant l'abattoir, avec d'un côté les défenseurs de la cause animale et de l'autre des représentants du monde agricole[68].

Deux militants devaient être jugés en septembre 2017 pour « violation de domicile » et « tentative d’atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image » après avoir placé dans cet abattoir[69] une caméra enregistrant les réactions de porcs étourdis par inhalation de dioxyde de carbone. Le , la décision du tribunal correctionnel de Versailles est rendue publique : les deux militants de L214, dont Sébastien Arsac co-fondateur de l’association L214, sont condamnés à payer 6 000 euros (dont 5 000 euros avec sursis) pour violation de domicile, mais sont relaxés pour le second motif de « tentative d’atteinte à la vie privée » des salariés[70]. La question du droit à l'information se pose : est-ce une violation lorsqu'il faut en passer par là pour révéler des actes répréhensibles ? Or il a été rappelé pendant l'audience par le représentant du ministère public que l'abattoir agit dans le respect de la réglementation en vigueur, à savoir l'endormissement des animaux par CO2[71].

Abattoir d'ÉquevillonModifier

 
Abattoir d'Équevillon (enquête L214 de décembre 2018).

Le , l'association L214 diffuse sur Konbini, à travers la voix du journaliste Hugo Clément, une enquête tournée dans le plus gros abattoir français de chevaux : celui d'Équevillon dans le Jura. Les animaux mis à mort sont en grande majorité d'anciens chevaux de course âgés de deux à quinze ans[72] (l'espérance de vie d'un cheval étant d'une trentaine d'années). En parallèle du lancement de cette enquête, l'association élargit donc le champ de ses revendications en appelant le président de la République Emmanuel Macron à réduire de 25 % le nombre d'animaux tués en France d'ici 2025[73].


PublicationsModifier

En février 2019, l'association L214 publie La Face cachée de nos assiettes, un ouvrage destiné aux consommateurs de viandes[74].

Notes et référencesModifier

  1. « Devant la commission d'enquête, l'association L214 détaille les techniques d'abattage », sur LCP Assemblée nationale (consulté le 2 juillet 2019)
  2. a b et c Mooréa Lahalle et Clara Hesse, « L’association L214 est-elle financée par une fondation américaine ? », Libération, (consulté le 2 juillet 2019).
  3. a et b Nicolas Poirel, « Jean-Baptiste Del Amo, une voix pour L214 : les animaux de l’abattoir à la place publique – Note de lecture », sur Transhumances (consulté le 2 juillet 2019)
  4. « Article L214-1 », sur legifrance.gouv.fr, .
  5. a et b Bénévent Tosseri, « Abattoirs, qui se cache derrière l’association L214 ? », La Croix, (consulté le 7 juillet 2019).
  6. Aurélie Delmas, « Et s'il était temps de prendre au sérieux les défenseurs des animaux? », sur Slate.fr, (consulté le 29 juin 2019).
  7. Joanna Yakin, « Un happening à la Tour Eiffel contre la maltraitance des lapins », France Inter, (consulté le 29 juin 2019).
  8. Laurence Girard et Catherine Vincent, « Foie gras : le gavage industriel et les conditions d'élevage fragilisent le marché », Le Monde, (consulté le 27 juin 2019).
  9. Paul Sugy, « Paul Ariès : «Le véganisme est le cheval de Troie des biotechnologies alimentaires» », Le Figaro, (consulté le 29 juin 2019).
  10. Théo Ribeton, « Comment fonctionne L214, l'association qui fait trembler l'industrie de la viande ? », sur Les Inrocks, (consulté le 29 juin 2019).
  11. a b et c Emmanuelle Ducros, « L214, la juteuse association anti-viande qui défend bien son bifteck financier », L'Opinion, (consulté le 2 juillet 2019).
  12. « L214 est-elle financée par les Gafam pour détruire l'industrie de la viande française ? », sur France Info, .
  13. « Poussins maltraités. Le couvoir Saint-François jugé ce mardi », sur Le Télégramme.fr,
  14. « Poussins broyés : six mois avec sursis requis contre le président d'un couvoir », sur Le Parisien.fr,
  15. AFP, « Maltraitance animale : un couvoir condamné pour avoir étouffé et broyé des milliers de poussins », Le Monde, (consulté le 27 juin 2019).
  16. « Pétition : trente-six parlementaires contre le «broyage de poussins» », sur Le Parisien.fr,
  17. « Élevage : pourquoi les poussins mâles sont tués en masse », sur l'Est Républicain.fr, (consulté le 5 décembre 2019)
  18. « Vidéos. Gavage : le chef Joël Robuchon lâche son producteur de foie gras », Le Parisien, (consulté le 29 juin 2019).
  19. a et b JP Géné, « Mauvaise foie », Le Monde, (consulté le 29 juin 2019).
  20. Patrick Guyomard, « L'entreprise Soulard relaxée », Ouest-France, (consulté le 29 juin 2019).
  21. AFP, « Un producteur de foie gras, poursuivi pour "actes de cruauté" », Midi libre, (consulté le 29 juin 2019).
  22. Josué Jean-Bart, « Foie gras Ernest-Soulard : le sérieux de l’enquête de L214 confirmé en appel », sur toulon.maville.com, Ouest-France, (consulté le 27 juin 2019).
  23. Anne-Marie Chauvière, « Du changement dans les œufs », sur France Info, (consulté le 29 juin 2019).
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Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

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