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Logo de Konbini (site web)

Adresse konbini.com
Slogan All pop everything
Commercial Oui
Publicité Oui
Langue Français et anglais
Lancement 2008
Classement Alexa en diminution 13 952(Global) (11/12/2018) 709 (France)

Konbini est un média français d'infodivertissement fondé à Paris en 2008 par deux entrepreneurs, David Creuzot et Lucie Beudet[1]. Il dispose de bureaux à Paris, au Nigeria[2] et en Suisse[3]. Le nom du site est une référence au konbini japonais, magasin de proximité ouvert 24 heures sur 24.

La stratégie de Konbini utilise une présence importante sur les réseaux sociaux ; les jeunes âgés de 18 à 30 ans sont sa principale cible.

L'entreprise se finance principalement par différentes méthodes dérivées du publirédactionnel, notamment le marketing de contenu et le native advertising[4],[5],[6].

HistoriqueModifier

En 1997, les deux fondateurs du site, David Creuzot et Lucie Beudet, ont créé et travaillé ensemble au sein de l'agence digitale Pekin[7] ; cette dernière fusionne en 2006 avec La Chose[8]. En , ils lèvent 700 000 euros et créent le site Konbini[9], auprès de NextStage AM et notamment de son président Grégoire Sentilhes et qui s'inspirent du modèle d'Acne Studios, agence de communication suédoise qui s'est diversifiée dans plusieurs activités, notamment la production de films, la publication d'un magazine et la création de vêtements, cette dernière activité ayant par la suite donné lieu à la création d'une structure dédiée. Le site produit des vidéos abordant des sujets aussi variés que la musique, la mode, la culture populaire entendue au sens large ou même la politique et des thèmes sociaux d'actualité. La ligne éditoriale est proche de celle de sites comme BuzzFeed[10].

En 2009, l'entreprise opère à nouveau une levée de fonds de 3 millions d'euros auprès de NextStage[11],[12], afin de renforcer son développement et de lancer une version anglaise du site. En 2012, l'entreprise est rentable et son chiffre d'affaires s'élève à 5 millions d'euros[11].

En , Konbini se lance sur Snapchat via la fonctionnalité « Discover » en France[13]. Konbini est en 2019 l'un des seuls média en Europe à avoir accès aux trois formats Snapchat qui sont Discover, Shows et Curated[14].

L'entreprise se finance principalement par différentes méthodes dérivées du publirédactionnel, comme le marketing de contenu ou le native advertising. Certains contenus publiés par Konbini sont en partie co-produits pour des marques comme Coca-Cola, Netflix ou L'Oréal[15]. Sur son site internet, Konbini entretient une communication transparente quant à l'origine du brand content grâce à la présence de logo signalant les publications créées en partenariat avec des marques[5].

Selon alloweb, Konbini se finance principalement par des levées de fonds[16]. Selon La Lettre A, la famille Perrodo serait « un des principaux actionnaires » de Konbini, « caché derrière des sociétés opaques immatriculées au Luxembourg et aux Bahamas »[17].

Konbini est partenaire de Disclose depuis 2018[18].

Traitement de l'information depuis 2017Modifier

À l'occasion de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2017, Konbini lance « Speech », un format dédié aux sujets de société et à la politique[19]. Tous les partis des candidats à l'élection présidentielle se prêtent au jeu : Benoît Hamon inaugure la plateforme pour un entretien « Fast and Curious » dans laquelle la personne interrogée doit répondre en choisissant l'une des deux réponses proposées. Emmanuel Macron est quant à lui soumis à une « interview hashtag » dans laquelle il s'agit de répondre de manière courte à un mot-dièse politique ou culturel courant sur Twitter[20].

Konbini produit également Boza, un documentaire de quatorze minutes sur le sauvetage des migrants en mer Méditerranée à bord de l'Aquarius, affrété par l'ONG SOS Méditerranée[21].

En , Hugo Clément, ancien journaliste du Petit Journal puis de Quotidien, rejoint Konbini[22],[23]. Il lance la plateforme Konbini News au début du mois de février[24], avec une stratégie éditoriale qui vise à proposer de longs reportages de terrain sur des sujets originaux et fournir des éclairages sur l'actualité politique et culturelle, à dimension internationale[25]. Lors de son passage à l'émission On n'est pas couché, Hugo Clément énonce la nécessité d'un « journalisme incarné »[26].

Les reportages de Konbini News traitent de thémes variés : l'emprisonnement de femmes au Salvador, la vie dans le village le plus froid du monde, la perception de l'homosexualité en Tunisie, entre autres. Dans le cadre de la journée internationale des femmes, Hugo Clément a interviewé Nikita Bellucci, ancienne actrice pornographique victime de harcèlement sexuel[27].

Konbini est le premier media français à mettre en place une campagne de levée de fonds à la suite de l'un de ses reportages[28]. En , après la diffusion d'un reportage sur la famine au Kasai, les équipes lèvent 500 000 euros auprès de jeunes lecteurs pour l'association Action contre la faim[29].

À la fin du mois de novembre 2017, Konbini accompagne le président de la République Emmanuel Macron lors de sa première tournée en Afrique[30].

Le , Konbini et France Inter s'associent pour lancer la journée Le plastique non merci[31] qui connaît un vif succès sur les réseaux sociaux[32]. Le parlement européen annonce le même jour son ambition d'interdire la commercialisation du plastique à usage unique dans toute l'Union Europeenne d'ici 2021 en reprenant le mot-dièse #Leplastiquenonmerci[33].

En , Konbini ferme son bureau suisse situé à Vevey.

Critiques et controversesModifier

Durant l'été 2017, Le Monde diplomatique dépeint un site où les journalistes sont au service des marques et travaillent dans des conditions difficiles. L'article fait témoigner plusieurs salariés ou anciens salariés, qui dénoncent les méthodes de la rédaction, ainsi que le recours à des auto-entrepreneurs pour créer du contenu. « Un jour, on nous a dit : “il faudrait maintenant que vous pensiez à trouver un moyen de mettre votre éthique journalistique de côté” », déclare ainsi un salarié[34].

Fin , Konbini publie une vidéo sur les « techniques de drague » dans laquelle apparaît un homme recommandant de « faire boire la fille un maximum ». Face au tollé provoqué, accusée de participer à la culture du viol, la vidéo est retirée du site internet. La rédaction et son rédacteur en chef présentent leurs excuses[35].

Pour les journalistes Sophie Eustache et Jessica Trochet du Monde diplomatique, les recettes du site reposent sur la publicité, ce qui maintient Konbini dans une forte dépendance vis-à-vis des annonceurs (« Orange finance la rubrique d’actualités photographiques, la boisson gazeuse américaine subventionne la section Football Stories, d’ailleurs surtitrée "Savoure le football pop avec Coca-Cola et Konbini" » expliquent les journalistes) et conduit la rédaction à s'autocensurer pour éviter de les contrarier : « À propos de la Coupe du monde de football au Qatar, on voulait faire un article concernant les conditions de travail sur les chantiers, relate Basile, rédacteur pendant trois ans à Konbini. La rédactrice en chef a refusé, parce que Coca n’aurait pas accepté un tel sujet »[36].

En , un article publié par un journaliste du site Arrêt sur images révèle qu'une interview d’Emmanuel Macron réalisée par Konbini au Niger a été tournée par Ariane Vincent, directrice éditoriale et directrice de la communication de Konbini, ancienne responsable de la communication au Parti socialiste entre et , et directrice de la campagne numérique de François Hollande en 2012. L'article souligne un mélange des genres et questionne le fond de l'interview ainsi que le rôle de Konbini : « agence de communication ou site de presse ? »[37]. À la suite de la publication de l'article, Ariane Vincent met en cause son auteur et annonce que ce dernier a postulé chez Konbini en novembre, elle propose en outre d'apporter une preuve à ses dires. Elle provoque une polémique en choisissant de mettre publiquement en cause le journaliste tout en ne s'exprimant pas sur le fond de l'article, avant de présenter ses excuses une heure plus tard sur Twitter[38],[39],[40].

Notes et référencesModifier

  1. Raphaële Karayan, « Konbini : un portail de contenus parrainés par les marques », Le Journal du Web,‎ (lire en ligne)
  2. « AFRIQUE DE L'OUEST : Konbini vise le marché publicitaire », La Lettre du Continent,‎ (lire en ligne, consulté le 7 août 2018)
  3. Clarisse Encontre, « Konbini débarque sur le marché numérique romand », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  4. Anna Topaloff, « Journalisme : l’irrésistible ascension du contenu publicitaire », L'Obs, (consulté le 1er décembre 2017)
  5. a et b Juliette Gramaglia, « Publi-rédac : comment les marques se font discrètes (Obs) », Arrêt sur images, (consulté le 1er décembre 2017)
  6. Delphine Le Goff, « Native Advertising : qui fait quoi dans les médias », Stratégies, (consulté le 1er décembre 2017)
  7. Candice Satara-Bartko, « David Creuzot et Lucie Beudet, créateurs de Konbini », Terrafemina,‎ (lire en ligne)
  8. Raphaële Karayan, « La Chose s'offre des talents Internet », Le Journal du Web,‎ (lire en ligne)
  9. « Konbini.com lève 3 millions d'euros et vise l'international », Journal du Net,‎ (lire en ligne)
  10. Nicolas Jaimes, « Ces Français qui taillent des croupières à Buzzfeed », Journal du Net,‎ (lire en ligne)
  11. a et b Alexandre Debouté, « Konbini, l'éditeur de contenus qui tisse sa toile sur Facebook », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  12. « Konbini : levée de fonds de €3m avec NextStage », Chausson Finance,‎ (lire en ligne)
  13. Nicolas Richaud, « Snapchat, l'atout des jeunes médias français », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  14. Lucinda Southern, « French lifestyle publisher Konbini pivots to news on Snapchat », digiday,‎ (lire en ligne)
  15. Robin Andraca, « Publicité cachée sur Konbini », Arrêt sur images, (consulté le 1er décembre 2017)
  16. Alloweb, « Konbini, informations clef sur la societel'investigation », sur alloweb, (consulté le 19 mars 2017)
  17. « Vidéos et info sur le web : les mystérieux actionnaires de Konbini », sur lalettrea.fr, (consulté le 19 mars 2019).
  18. Audrey Kucinskas, « "Disclose", le média qui veut révolutionner l'investigation », sur LExpress.fr, (consulté le 16 avril 2019)
  19. « Konbini lance Speech », L'ADN,‎ (lire en ligne)
  20. « Les 6 infos Tech qu'il ne faut pas manquer », Frenchweb.fr,‎ (lire en ligne)
  21. Solène Cressant, « L'œil du Web - Konbini produit un documentaire sur le sauvetage de migrants en Méditerranée », France Bleu,‎ (lire en ligne)
  22. Mélissa Chevreuil, « Hugo Clément:« Je ne pouvais pas refuser les avances de Konbini» », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  23. « Hugo Clément quitte « Quotidien » pour le site Konbini », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  24. « Le journaliste Hugo Clément quitte « Quotidien » pour « Konbini » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 15 janvier 2018)
  25. Cassandra de Carvalho, « Hugo Clément explique son nouveau projet à « Konbini » après « Quotidien » », Huffington Post.fr,‎ (lire en ligne)
  26. « ONPC : Hugo Clément se livre, Grand Corps Malade bouleverse », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  27. Arièle Bonte, « Nikita Bellucci, ancienne actrice porno, dénonce le fléau du harcèlement », rtl.fr,‎ (lire en ligne)
  28. Cosavostra, « Les medias mutent? oui, mais tant mieux », adn,‎ (lire en ligne)
  29. actioncontrelafaim, « Kasai: une collecte de Konbini pour nos activités », actioncontrelafaim,
  30. Ava Djamshidi, « Le grand oral très attendu de Macron en Afrique », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  31. Alexandra Segond, « Konbini et France Inter s'attaquent au plastique lors d'une journée spéciale », La Croix,‎ (lire en ligne)
  32. Astrid Van Laer, « Institutions, ONG et personnalités: Ils ont soutenu #Leplastiquenonmerci », Konbini News, no 28,‎ (lire en ligne)
  33. Astrid Van Laer, « le parlement europeen enterine l'interdiction du plastique à usage unique dès 2021 », Le figaro, no 27,‎ (lire en ligne)
  34. « De l’information au piège à clics », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 7 août 2018)
  35. « "Faire boire la fille un maximum" : Konbini s'explique », sur nouvelobs.com,
  36. « De l’information au piège à clics », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 27 août 2017)
  37. Robin Andraca, « Derrière l'interview de Macron au Niger : la directrice de communication de Konbini », Arrêt sur images, (consulté le 28 décembre 2017)
  38. Thomas Vampouille, « Ivre de rosserie, une directrice de Konbini trahit un journaliste qui n'a fait que son métier », Marianne (magazine), (consulté le 28 décembre 2017)
  39. « L’intervieweuse de Macron est la dircom de Konbini, et l’ex-dircom web de Hollande », Les Inrockuptibles, (consulté le 28 décembre 2017)
  40. « «Arrêt sur images» critique une interview de «Konbini», la directrice dérape sur Twitter », 20 minutes, (consulté le 28 décembre 2017)

Liens externesModifier