Fromage

aliment obtenu à partir de produits laitiers
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Le fromage est un aliment obtenu à partir de lait coagulé, de produits laitiers ou d'éléments du lait comme le petit-lait ou la crème. Le fromage est fabriqué à partir de lait de vache principalement, mais aussi de brebis, de chèvre, de bufflonne ainsi qu'occasionnellement de chamelle, de renne, d'élan, de jument ... (la fabrication de ces derniers pouvant poser des problèmes d'ordre technique ou d'approvisionnement en lait, ils sont souvent réalisés avec des laits mélangés).

Exemples de fromages de chèvre de Provence. Exemples de fromages de chèvre de Provence. Exemples de fromages de chèvre de Provence.
Exemples de fromages de chèvre de Provence.
« Fromage suisse », fromage américain à pâte pressée, à ne pas confondre avec le fromage originaire de Suisse. Les États-Unis sont de loin le premier producteur mondial de fromages.
Skyr : caillé maigre lactique un peu égoutté dans un tissu. Fromage frais souvent conditionné façon yaourt, emblématique de l'Islande.

La coagulation peut être obtenue soit par action d'une enzyme, la présure, soit par fermentation provoquée par des bactéries lactiques (le lactose est alors transformé en acide lactique), soit très fréquemment par combinaison des deux méthodes précédentes, soit par chauffage associé à une acidification directe (vinaigre...). On procède ensuite à l'égouttage. On obtient alors le caillé et le lactosérum[1]. Le lactosérum peut aussi être utilisé en fromagerie directement : fromage de lactosérum comme le sérac, ou par réincorporation de ses composants.

Après égouttage et éventuellement moulage, le caillé est salé et affiné (fromage affiné) ou non (fromage à pâte fraîche).

Lors de l'affinage, certains fromages développent de la moisissure, sur la croûte et/ou à l'intérieur, ou encore une croûte morgée entraînant des transformations biologiques complexes qui permettent au produit d'acquérir ses caractéristiques texturales et aromatiques particulières[2].

La diversité et la typicité des fromages a été mise en danger par les exigences sanitaires nécessaires à la sécurité du consommateur mais ayant pour corollaire un appauvrissement de la flore du microbiote fromager. Cependant les progrès réalisés en microbiologie laitière depuis les années 2000 ainsi qu'un nouvel essor des productions fermières permettent d'atténuer ce problème.

Le fromage est un aliment de base, riche en protéines, calcium et phosphore, à teneur variable en matières grasses et à longue conservation en comparaison de la durée de conservation des laits traditionnels.

Si l'on ne considère pas seulement les types sophistiqués de fromages occidentaux, on peut constater dans de très nombreux pays l'existence d'importantes productions traditionnelles à partir de lait fermenté égoutté et parfois conservé, que l'on appelle généralement fromages, mais qui ne sont pas réellement différentes de ce qu'on nomme lait fermenté concentré en France, skyr en Islande, yoghurt cheese en anglais, quark en allemand. En dehors de définitions légales variables selon les pays, les frontières entre fromage blanc à caillé lactique et yaourt ou lait fermenté concentré ou pressé sont donc floues.

On pourrait donc distinguer des productions domestiques souvent assez simples et probablement importantes dans l'alimentation de nombreuses populations mais qui ne peuvent rentrer dans les statistiques de production, des productions artisanales extrêmement variées et typées selon les méthodes de fabrication, les régions, les formes et les saveurs, des productions industrielles visant une qualité garantie par des appellations d'origine ou des marques et des productions industrielles de masse fournissant un aliment bon marché.

La fabrication industrielle du fromage, se différencie considérablement des nombreuses fabrications artisanales et permet principalement un traitement quantitatif et uniforme.

La production mondiale totale recensée atteignait 24 millions de tonnes en 2019 avec l'Allemagne comme premier pays exportateur suivie des Pays-Bas et de la France[3]. La production indienne, vraisemblablement de première importance, est probablement sous-estimée dans les statistiques internationales, la production ménagère et artisanale étant très développée[4],[5].

DéfinitionsModifier

Définition étymologiqueModifier

Fromage vient du bas-latin formaticus [caseus] : « [fromage] moulé dans une forme ». Formaticus est dérivé de forma qui signifie « moule, forme »[6].

Caseus ou caseum (fromage en latin[7]) a donné caséine, ingrédient essentiel du fromage.

Définitions légalesModifier

Union européenneModifier

Dans l’Union européenne, un règlement de 2007 dit « OCM unique[n 1] » impose (annexe XII) que la dénomination « fromage » soit réservée aux produits laitiers (« produits dérivés exclusivement du lait, étant entendu que des substances nécessaires pour leur fabrication peuvent être ajoutées, pourvu que ces substances ne soient pas utilisées en vue de remplacer, en tout ou partie, l'un quelconque des constituants du lait »). Ainsi un substitut de fromage ne peut être commercialisé sous l'appellation de « fromage » en Europe[n 2].

FranceModifier

« La dénomination "fromage" est réservée au produit fermenté ou non, affiné ou non, obtenu à partir des matières d'origine exclusivement laitière suivantes : lait, lait partiellement ou totalement écrémé, crème, matière grasse, babeurre, utilisées seules ou en mélange et coagulées en tout ou en partie avant égouttage ou après élimination partielle de la partie aqueuse. » selon le décret n°2007-628 du 27 avril 2007 relatif aux fromages et spécialités fromagères, version consolidée au 30 mars 2020[8]. Selon le même décret, un fromage doit comporter 23 g de matière sèche (abaissable à 10 g par dérogation) de caillé et produits laitiers pour 100 g de produit final.

Cette définition laisse donc la possibilité de fabriquer des produits variés (fromage à l'ail, par exemple) mais aussi de réincorporer les protéines et le lactose issus du lactosérum ou du babeurre et d'utiliser des méthodes (ultrafiltration notamment) permettant de récupérer efficacement ces protéines et de diminuer le temps nécessaire à la fabrication.

Elle ne s'applique pas aux yaourts et laits fermentés parce que ce ne sont pas des produits égouttés.

Elle ne s'applique pas aux fromages végétaux car ils ne sont pas issus de lait au sens légal du terme.

Définitions complémentaires selon le type de fromageModifier

Les caractéristiques concernant l’extrait sec, la teneur en matière grasse et l’origine du lait, doivent figurer sur l’étiquetage.

  • Les fromages frais (fromages blancs, suisses, demi-sel…) sont riches en eau (70 % à 82 %), et ne subissent pas d’affinage.
  • Le minimum de matière sèche, pour les fromages autres que frais, est fixé à 23 %.

Il est autorisé d'adjoindre un qualificatif au mot fromage : un « triple crème » contient au minimum 75 % de matière grasse ; un « double crème » en contient de 60 % à moins de 75 % ; un « fromage gras », de 50 % à moins de 60 % ; un « fromage allégé » (et sans addition de sucre) de 20 % à moins de 30 % ; un « fromage maigre », moins de 20 %.

L'article 7 du décret précise que la dénomination « fromage » peut être utilisée pour tout mélange ou assemblage entre eux de produits définis aux articles 1 à 3 (fromages blancs et bleu), pour autant que le mélange ou l'assemblage n'incorpore pas d'autres ingrédients que ceux qui sont autorisés dans ces fromages[8].

Les fromages fermiers sont fabriqués à la ferme ou dans le lieu d'estive, par l'éleveur ou un salarié, exclusivement avec le lait que l'éleveur produit. Ce type de production, s'il est proposé à la vente, peut faire apparaître sur son étiquetage la mention « matière grasse non précisée »

et a le droit de déroger à l'indication des valeurs nutritionnelles.

La mention « au lait cru » est réservée aux fromages obtenus avec du lait dont la température n’a pas été portée au-delà de 40 °C et qui n'a pas été ultrafiltré ou microfiltré.

Depuis le (décret du ), tous les fromages produits à la ferme, affinés, doivent comporter l’indication d’une date limite d’utilisation optimale (DLUO), et les fromages frais une date limite de consommation (DLC).

Types de fromagesModifier

Des centaines de types de fromage sont produits dans le monde[9]. Leurs différents styles, goûts et textures dépendent de l'origine du lait (y compris le régime alimentaire de l'animal), de son traitement thermique ou mécanique (microfiltration, ultrafiltration), du pourcentage de matière grasse, des espèces de bactéries et de moisissures choisies, du procédé de transformation, ainsi que du temps de maturation. Des herbes, des épices, ou la fumaison peuvent être utilisées pour varier le goût.

Classification selon l'origine du laitModifier

Le fromager tient compte de l'état et de la qualité du lait qu'il transforme. Cette qualité est variable en fonction :

  •  
    Bufflonnes pour la production de lait à mozzarella, Italie. Les bufflonnes laitières sont très présentes en Inde, au Pakistan et en Égypte.
    de l'espèce animale fournissant le lait : principalement vache (y compris zébu) 81 %, bufflonne 15 %, chèvre 2 %, brebis 1 %, chamelle 0,5 % et marginalement jument, yak et ânesse; Il existe des fromages mi-chèvre (laits de vache et chèvre en mélange), mi-chèvre-mi-brebis, mi-vache-mi-brebis, Les bufflonnes (ou bufflesses) comptent pour la première source de lait au Pakistan au Népal et en Égypte[10]; les laits de camélidés et d'équidés ne caillent qu'en mélange avec d'autres laits ou bien en utilisant la méthode acidification + présure végétale
  • de l'âge et de la race de l'animal : les normandes donnent un lait riche en matière grasse tandis que la holstein donne un lait très abondant mais pauvre
  • du type d'alimentation : herbage cultivé ou naturel, diversité de la flore en montagne; une alimentation riche en énergie favorise un taux de matières grasses élevé
  • de la qualité des aliments et autres tourteaux (pesticides voire OGM dans certains tourteaux de soja importés d'Amérique du Sud), Les pommes ayant servi à l'élaboration du cidre en Normandie étaient traditionnellement données aux vaches mais donnait un goût fort au lait, au beurre et fromages. Il en va de même avec les crucifères (chou fourrager, colza), certains ensilages et suivant leur mode de distribution
  • de la saison (herbe de printemps riche en oméga 3 et en éléments issus de plantes en pleine croissance) et du climat à un moment donné
  • de la flore bactérienne (microbiote) qui varie fortement en fonction du terroir, du milieu d'origine (donnant lieu à une appellation d'origine) ou du laboratoire où il est produit : les fermes traditionnelles ne disposant pas de laboratoires aseptisés possédaient un microbiote en équilibre qui leur était propre, qui maîtrisait les bactéries indésirables et maintenait une répartition adéquate des différentes souches intéressantes
  • une différence de qualité existe également entre un lait conservé (industrie) et un lait issu directement de la traite (alpage, fruitières), du temps de réfrigération et de transport
  •  
    Des tranches et morceaux de comté.
    du traitement thermique du lait : fromage au lait cru, fromage pasteurisé, thermisé : les fromages de chèvres sont thermisés au lieu d'être pasteurisés car leurs protéines sont thermosensibles
  •  
    Saint-Fiacre : un fromage au lait cru bio fabriqué en Belgique (plusieurs marques de fromages artisanaux en France portent aussi le nom de Saint-Fiacre)
    fromage bio : un fromage est bio s'il est fabriqué à partir d'ingrédients issus de l'agriculture biologique. Cette production connaît un développement soutenu en France[11].

Appellations d'origineModifier

Dans l'Union Européenne :

Par pays :

 
Weisslacker servi dans un restaurant de Prague, 2008

Classification selon la consistance de la pâteModifier

C'est la classification utilisée dans les pays anglo-saxons et par la FAO de préférence à la classification technologique qui constitue la grille principale en Belgique, France, Suisse et dans les pays de l'Europe du Sud. On distingue des fromages « soft (à pâte molle), semi-soft (demi-molle), medium-hard (demi-dure), semi-hard (dure) ou hard (extra-dure) ». Ainsi fromage à pâte molle en français ne correspond que très partiellement à soft cheese en anglais[12]. Cette grille principale est ensuite complétée par le mode de maturation du fromage et le taux de matière grasse.

Classification technologiqueModifier

Certains fromages restent inclassables comme nombres de fromages industriels mais aussi traditionnels, par exemple le Weisslacker qui fut peut-être le premier fromage à faire l'objet d'une appellation officielle en 1874. Il est aujourd'hui atypique car fabriqué à partir d'un mélange de lait cru et pasteurisé, sa pâte est demi-dure et sa croûte fine intermédiaire entre les croûtes fleuries et lavées. Il n'en est pas moins très apprécié dans les régions de tradition fromagère bavaroise (Sud de l'Allemagne, Tchéquie, Wisconsin)[13].

 
Salade de panir servie dans un restaurant de Mumbaï

Les fromages sans présure fabriqués par les populations rurales ou nomades d'Asie et d'Afrique ne sont pas toujours pris en compte dans les classifications. Ils sont en effet caillés à la façon d'un yaourt, d'un kéfir, ou d'un lait ribot, leur égouttage est parfois sommaire et leur goût très acide ou sûri. Leur rôle dans l'équilibre alimentaire de ces populations est probablement important.

La liste suivante ne comprend intentionnellement que des exemples emblématiques. Pour une liste documentée plus complète :

On distingue habituellement selon le mode de fabrication[14] :

Fromages affinésModifier

Fromages fraisModifier

Certains séracs, feta, bryndza, etc. peuvent bénéficier d'un semi-affinage.

Classification selon le producteurModifier

Classification selon le son caractère fermier, artisanal ou industriel (l'administration française classe indistinctement les 2 derniers comme fromage laitier).

Fromage de fermeModifier

 
Sartinesu (fromage fermier de Sartène, Corse) à la Fiera di U Casgiu

Un fromage fermier (ou fromage de ferme ou toute autre nomination pouvant faire penser que le fromage est fabriqué par l'éleveur-producteur de lait) ne peut se dire que d’un fromage élaboré à la ferme par les agriculteurs. Il est issu exclusivement du lait produit par les animaux de cette ferme.

 
Étal d'un paysan fromager aveyronnais dans une foire alimentaire à Paris.

L’intérêt de tels fromages réside dans le fait qu’ils résultent d’un seul et unique savoir-faire (généralement familial et parfois ancestral) dans divers domaines qui peuvent être déterminants quant à la qualité du fromage :

  • le choix de la ou des races de bêtes ;
  • la gestion de la flore couvrant les prairies ;
  • la bonne conduite des bêtes aux pâtures et leur bien-être ;
  • le « tour de main », la recette du fromage et de son affinage ;
  • le microbiote spécifique à la ferme installé dans/sur le matériel de transformation du lait (boiseries, ferments d'ensemencement, etc).

Très majoritairement, les agriculteurs producteurs fermiers transforment leur lait à l'état cru et entier.

Fromage artisanalModifier

 
Belle Chevre's Greek Kiss, un chèvre artisanal américain enveloppé dans une feuille de vigne. Alabama, 2011.

Un fromage artisanal est issu d'un atelier de transformation relativement modeste et peu mécanisé où l'artisan transforme du lait qu'il achète à un ou plusieurs agriculteurs. Dans ce type de rapport entre deux corps de métier, la relation commerciale est contractuelle. Le ou les laits arriveront jusqu'à la laiterie artisanale à l'état cru et réfrigéré. L'artisan le laissera cru ou lui appliquera une éventuelle pasteurisation, thermisation ou micro-filtration puis le transformera en fromage. Les procédés d'obtention sont parfois anciens et éprouvés.

Fromage industrielModifier

Méthodes industrielles : chapitres suivants.

Le fromage industriel est le terme utilisé pour désigner des fromages fabriqués dans des unités industrielles de moyenne ou de grande taille. La production industrielle est très diverse. Certaines usines pratiquent une production de masse rationalisée à l'extrème, vue parfois comme emblématique de la malbouffe.

Le cheddar est un des fromages les plus produits dans le monde mais comme ce n'est pas une appellation précise, les cheddar sont très variés, plus encore que ne sont les tommes dans l'aire francophone. Les techniques de fabrication varient aujourd'hui de la pâte fraîche à la pâte pressée cuite et il existe des marques populaires et d'autres prestigieuses.

Cependant dans l'industrie alimentaire et l'amont de la restauration rapide, le cheddar tend à être remplacé par les pâtes fraîches crémeuses et la mozzarella dont la production est encore plus industrialisable. La mozza industrielle a envahi les pizzerias des Américains et des Français qui sont respectivement les premiers et seconds consommateurs de pizza au monde en 2014[17].

Autres particularités distinctivesModifier

Taux de matières grassesModifier

Les fromages maigres doivent contenir moins de 20 % de matières grasses et sont fabriqués à partir de lait écrémé. D'autres (triple-crème) sont fabriqués au contraire à partir de lait enrichi en crème.

Fromages allégésModifier

Ces fromages souvent industriels sont fabriqués à partir de lait écrémé et ne sont jamais sucrés. Cependant pour garder le même moelleux que le fromage correspondant, leur taux de lactose est significativement supérieur ; on l'obtient par ultrafiltration ou rajout de poudre de lactosérum (exemple du Cœur-de-LIon[18]).

Fromages sans présureModifier

 
Chardonnette, capitule typique des cynara utilisés pour le caillage (cardons, artichauts, cynara humilis en Afrique du Nord). Les fleurons bleus remplacent la présure.

Ces fromages peuvent être sans présure parce qu'ils sont élaborés nécessairement de cette façon, c'est le cas des laits qui contiennent trop peu de caséine adéquate : fromages de crème ou de lactosérum, laits d'équidés (fromage de jument) et de camélidés (fromage de chamelle). Plus souvent, il s'agit d'une tradition. Elle peut découler d'interdits religieux, la présure étant considérée comme un abat. Ces fromages sont utilisés de préférence en alimentation végétarienne et dans les religions hindouiste (chhena, panir en Inde) et musulmane (fromages halal[19]). La consommation de fromages à la présure est souvent évitée dans la religion juive (fromages cacher[20]) ainsi que parfois dans les autres religions originaires de l'Inde (sikkhisme, jaïnisme, bouddhisme).

On fabrique cependant industriellement une « présure microbienne » à partir d'organismes modifiés (OGM) : Aspergillus niger var awamori, une moisissure, Kluyveromyces lactis, une levure et de Escherichia coli K-12, une bactérie mais ceux-ci posent également problème aux végétariens et aux adeptes d'une alimentation naturelle[21]. Il s'agit dans ce cas de chymosine pure[22] aujourdhui généralement utilisée, mais pas en France[23] ni en Autriche; cette présure est meilleur marché mais altère parfois le goût du fromage[24]. Elle est interdite en production bio dans l'Union européenne.

Dans le monde une grande partie des fromages blancs étaient ou sont traditionnellement faits plutôt sans présure : queijo branco et queso blanco dans la péninsule Ibérique et en Amérique latine, quark allemand, tvarog polonais, tvorog russe, cottage cheese américain. On remarque cependant une tendance à utiliser un peu de présure ou un succédané végétal afin de réduire le temps de caillage et limiter l'acidité.

On utilise alors le caillage avec des acides (jus de citron, vinaigre, acides citrique ou acétique) ou le caillage réalisé seulement avec des ferments spontanés ou ajoutés : fromage-yaourt filtré comme les labné traditionnels d'Afrique du Nord, yaourts grecs (stragisto) et suzma de Turquie et d'Asie centrale[25] ou le fromage blanc de kéfir. La méthode au kéfir de lait n'est plus utilisée que sur une aire restreinte (Tibet, Moyen-Orient, Caucase) et dans le cercle familial, mais pourrait être à l'origine du fromage.

La présure peut aussi être remplacée par le champignon Rhizomucor miehei, la chardonnette (image), des extraits de fruits de Withania coagulans (« présure indienne »), une solanacée[26], du feuillage de naïteng (vigne à lait) au Yunnan[27], de trompillo (Solanum elaeagnifolium, par ailleurs considéré comme toxique) au Mexique. Autrefois le caille-lait jaune (galium verum[28]) et le figuier[29] ont pu être utilisés.

Ces fromages accompagnent l'essor récent du végétarisme dans les pays industrialisés pour des raisons éthiques ou écologiques et le retour à certaines traditions religieuses dans d'autres.

Fromages à pâte coloréeModifier

La couleur orangée de la pâte est obtenue par addition de roucou ou de carotène (mais la couleur orangée de la croûte des fromages à croûte lavée ou morgée est due à la bactérie du rouge). Les fromages à pâte persillée sont marbrés de bleu ou vert.

La couleur peut servir à désigner le fromage : Bleu de Gex.

FormeModifier

C'est ce terme qui est à l'origine du mot fromage aussi à chaque type fromage correspond traditionnellement un type de faisselle et une forme caractéristique. Parfois c'est la forme qui sert à désigner le fromage : Carré de Liège, Boulette d'Avesnes, Crottin de Chavignol, Cœur de Neufchâtel, Rouelle du Tarn, pavé corrézien.

 
Halloumi grillé avec sa forme caractéristique.

Les fromages à pâte filée, n'étant pas fabriqués en faisselle ou pressés, n'ont pas de forme au départ et sont souvent présentés en boule. Certains sont étirés et donnent les fromages en ficelle (String cheese (en)), parfois tressée (Korbáčik slovaque), voire enroulée (chechil arménien, Oaxaca mexicain) mais aussi de simples bâtonnets. Ces formes peuvent aussi obtenues à partir de cheddar. Ainsi la coopérative irlandaise Kerry Group exporte en France le Ficello. On peut ensuite les effilocher comme amusement d'apéritif (fromages à effilocher).

 
Oscypki polonais, fromages au lait cru de brebis pressés en doubles cônes ou grosses bûches.

Parmi d'autres formes originales, on peut citer les chèvres en pyramide ou pyramide tronquée comme le valençay, les fromages à trous comme l'emmental français est-central (mais pas le gruyère suisse), l'oscypek polonais en double cône décoré et le halloumi de Chypre aplati puis replié.

DiversModifier

Certains usages qui n'ont plus d'intérêt fonctionnel sont perpétués ou remis au goût du jour à titre décoratif ou en souvenir des méthodes anciennes : ainsi la paille de seigle du sainte-maure-de-touraine, le liseré de cendres interne du morbier et de nombreux emballages de feuilles (châtaigner, vigne, platane, noyer) ou de fougères; certains fromages frais sont vendus dans leur faisselle : la jonchée de Niort peut l'être dans sa faisselle de joncs[30].

On peut rajouter aux fromages frais des condiments : poivre, fines herbes, noix, ail, ... (exemple : Boursin) ou encore de la crème (cottage cheese). L’ibakhbakhane des Aurès (Algérie) est fabriqué à partir d'un caillé lben mélangé à de l'orge vert écrasé et refermenté.

HistoireModifier

OriginesModifier

 
Fabrication de fromage au Moyen Âge (illustration du XIVe siècle).

L'origine du fromage remonte probablement au début de l'agriculture et de l'élevage dans le Croissant fertile[31]. Il n’y a pas de preuve tangible indiquant les premiers lieux de fabrication du fromage que ce soit en Europe ou en Asie centrale plutôt qu'au Moyen-Orient mais la pratique s’est répandue en Europe avant la période de la Rome antique. Selon Pline l’Ancien, la pratique s’est sophistiquée durant la période de la Rome antique.

 
Faisselles anciennes de terre cuite fabriquées à Saint-Jean-du-Bruel pour du fromage de lait de brebis (pérail de ferme et roquefort).

Des hypothèses placent les origines de la fabrication du fromage aux environs de 8000 av. J.-C., avec la domestication des moutons. Les premiers fromages ont probablement été fabriqués par des habitants du Moyen-Orient ou par des tribus de nomades turcs en Asie centrale. Les peaux de bêtes et les organes internes étant dès lors utilisés pour le stockage et le transport des denrées alimentaires, il est probable que le procédé de fabrication du fromage fût découvert accidentellement en stockant du lait dans un conteneur fabriqué à partir d’un estomac d’animal, résultant en la transformation du lait en lait caillé et petit-lait du fait de la présence naturelle des présures (lactase) dans l’estomac. Il y plusieurs variantes[32],[33].

Selon une autre hypothèse, la fabrication du fromage aurait débuté indépendamment, des conséquences du salage et du pressage du lait afin d’en assurer sa conservation. L'observation de lait caillé dans l’estomac d’un animal tétant (veau) a probablement conduit ensuite à l’adjonction de présure sous forme de lanières de caillettes comme cela se faisait encore dans les Alpes au début du XXe siècle.

Enfin, la dernière hypothèse en date provient du désert du Taklamakan. Les momies du Tarim, ont emmenés dans leur dernier voyage des fromages sous forme de petits cubes de l'ordre du cm. Ils ont été identifiés par les scientifiques de l'institut Max-Planck de Dresde et de l'institut des sciences de Chine de Pékin, sur les momies du cimetière de Xiaohe. Il s'agit de fromages issus de kéfirs de lait ne nécessitant donc pas l'abattage des veaux. Les premiers grains de kéfirs seraient des grumeaux de sucre et de lait caillé, l'amalgame de polysaccharides au fil des utilisations des outres comme contenant du lait.

Les grains de kéfir sont un symbiote de bactéries et de levures, ici des lactobacillus et des saccharomyces qui forment 80% de la masse et se seraient formés spontanément à partir de ceux présents dans le lait et l'environnement. Le résultat était un fromage pauvre en lactose adapté à ces populations qui n'avaient pas encore le gène permettant de digérer le lactose[34],[35],[36], un fromage fermenté légèrement alcoolisé.

L'analyse des protéines de ces fromages a montré que la plupart des laits (8 tombes sur 10) étaient issus de vache et deux autres de brebis et de chèvre. Ils seraient vieux de 3 500 ans.

D'autre part, une équipe de chercheurs (Mélanie Roffet-Salque, Richard Evershed) est actuellement en pointe en analysant et datant les graisses sur des fonds de poterie en Pologne et en Turquie. Les plus anciennes traces archéologiques de fabrication du fromage ainsi retrouvées datent de plus de 7 000 ans : des fragments de faisselles en céramique ont été découverts et caractérisés en Pologne, dans la région de la Cujavie, à 150 kilomètres au sud de Gdańsk[37],[38] (culture rubannée)[39],[40]. Il pourrait aussi s'agir de fromage de kéfir. Il ne s'agit pas à proprement parler de fragments de fromages mais de trace.

Un autre "plus vieux fromage" directement découvert aurait 3 200 ans. C'est dans la fouille archéologique d'une tombe de l'ancienne capitale du premier nome de Basse-Égypte Memphis qu'il fut mis au jour. Il aurait été fabriqué à partir d'un mélange de lait mi-vache, mi-chèvre (ou brebis). Des traces de bactéries mortelles y ont été également détectées[41], et notamment celles à l'origine de la brucellose.

Des textes archaïques exceptionnels de l'époque Uruk/Warka ont été découverts par H.J. Nissen et ses collaborateurs[42] (1990), qui mentionnent le fromage (GA'AR), le beurre et le yaourt (KISIM). Ces textes datés de 3 200 ans av. J.-C., sont écrits sur des tablettes d'argiles, en des caractères archaïques qui deviendront plus tard l'écriture cunéiforme. Ce sont des livres de comptes qui indiquent le nombre de produits laitiers et d'animaux (vaches, brebis, chèvres) que les bergers doivent fournir[43].

D'autres traces, sur des peintures murales dans des tombes de l’époque de l’Égypte ancienne, datent de 2000 av. J.-C.[44]. Ces premiers fromages devaient être aigres et salés, similaires en texture au cottage ou à la feta.

Les fromages produits en Europe, où le climat est plus froid qu’au Moyen-Orient, nécessitaient un salage moins important pour leur préservation. Moins salés et de fait moins acides, ces variétés de fromages sont devenus un environnement propice au développement de bactéries et de moisissures, leur donnant un goût et une texture particuliers.

De tous temps, la fabrication du fromage a correspondu au plus populaire traitement du lait.

Coévolution des espècesModifier

J.A. Varela a prouvé que la bactérie aujourd'hui appelée Kluyveromyces lactis était incapable, il y a 5500 ans, de digérer le lactose; elle aurait acquis les enzymes nécessaires de l'espèce voisine K. marxianus mise en contact par la mouche commensale de l'homme Drosophila melanogaster (mouche du vinaigre). Cette bactérie est aujourd'hui utilisée massivement dans l'industrie fromagère[45].

De même certains humains et certains de leurs chiens et chats domestiques disposant en permanence de produits laitiers dans des populations de pasteurs ont acquis la capacité de digérer le lactose à l'âge adulte et la transmette à leur descendance[46].

Grèce ancienne et période romaineModifier

 
Fromages au marché en Italie

La mythologie grecque attribue la découverte du fromage à Aristée. L’Odyssée d'Homère (VIIIe siècle-VIe siècle av. J.-C.) décrit le Cyclope fabriquant et stockant des fromages de lait de brebis et de chèvre : « Nous arrivâmes à sa grotte, comme il était sorti paître ses troupeaux, nous entrâmes et y prîmes tout ce ce que nous pûmes voir. Ses étagères étaient chargées de fromages et il avait plus d'agneaux et de chevreaux que ce que ses enclos pouvaient contenir... Il s'assit et se mit à traire ses brebis et ses chèvres, l'une après l'autre, puis les laissa s'occuper chacune de leur petit. Il fit cailler la moitié du lait puis plaça le caillé dans des faisselles en osier. » (d'après Samuel Butler).

Au temps de la Rome antique, le fromage était un mets de tous les jours, et sa fabrication un art dont la technique reste similaire à celle employée aujourd'hui. Le traité Libri de re rustica de Columelle (environ 65 apr. J.-C.) détaille un procédé de fabrication utilisant la coagulation du lait au moyen de la présure, le pressage du lait caillé, le salage et le vieillissement.

Pline l'Ancien dédia dans son œuvre L'Histoire naturelle (77 apr. J.-C.) un chapitre (XI, 97) décrivant la diversité des types de fromages appréciés par les Romains du début de l'Empire. Il y écrit ainsi que « Le fromage le plus estimé à Rome, où l'on juge en présence l'une à l'autre les productions de tous les pays, est, parmi les fromages des provinces, celui qui provient de la contrée de Nîmes, de la Lozère et du Gévaudan »[47],[n 3]. Cependant, il précise que ces fromages ne se conservent pas bien dans le temps et doivent être mangés frais. Par ailleurs, les fromages en provenance des Alpes et des Apennins étaient autant remarqués pour leur variété que maintenant. Pline rapporte également une variété de fromage fabriqué par les Ligures, principalement à partir de lait de brebis, dont certains spécimens pouvaient atteindre un poids d'environ cent livres chacun. Les fromages au lait de chèvre apportaient un goût nouveau et apprécié à Rome. Le goût était notamment amélioré par le procédé de fumaison s'inspirant des pratiques gauloises et rendant un goût médicinal. Pline mit également en référence des fromages d'origines plus lointaines, par delà les mers, comme ceux de Bithynie en Asie Mineure.

En EuropeModifier

 
Ancien chaudron à fromage, Italie

Si Pline vante les fromages de Nîmes, les Romains dédaignent les fromages des peuples du Nord, qui ne produisent que du lait caillé, au profit des fromages à pâte dure dont ils introduisent la fabrication auprès notamment des Burgondes installés dans les Alpes et le Jura.

Le fromage devient l'aliment de base, dès le VIe siècle, chez les bénédictins. Ce sont encore des moines, cette fois les cisterciens, qui vont maintenir l'essor de la fabrication du fromage, très consommé durant le Moyen Âge, surtout chez les pauvres et les paysans. Le fromage ne gagnera véritablement le palais des riches qu'à la fin de l'Ancien Régime. Le plateau de fromages, apparu au XIXe siècle, devient une habitude à la fin des repas. L'apparition du chemin de fer contribue à la diffusion des fromages régionaux. Enfin, la pasteurisation ouvre la voie à la fabrication industrielle du fromage, voie qu'empruntera le premier, Léon Bel en 1919.

Mets de fin de repas, le fromage est devenu aussi un des ingrédients majeurs de la cuisine grâce à un maître-fromager français, Pierre Androuët. Robert Courtine, critique gastronomique, a expliqué à son propos : « Pierre Androuet est Monsieur Fromage, son historien et son poète. L'homme sans qui le fromage ne serait que ce qu'il est... sans la cuisine au fromage et les centaines de recettes qu'il a élaboré. C'est Androuet qui a amené le fromage dans notre assiette... en passant par la cuisine ». Ses recettes sont sorties du cadre domestique où tartes et flans au fromage sont connues depuis la période médiévale et, à fortiori, de « l'usage de Gruyère râpé sur les macaronis ». Il a fait découvrir que la cuisine au fromage couvre tout un éventail qui peut aller de recettes simples et faciles à réaliser à des « recettes riches, généreuses, variées, offrant d'innombrables combinaisons de saveurs[48]. ».

Étymologie et désignation de « fromage » dans l'histoireModifier

Le terme « fromage » est attesté dès 1135 environ sous cette forme, cependant on trouve également formage plus proche de l'étymologie avant métathèse de [r].

« [Fromage] (…) procède (v. 1135) d’un bas latin (caseus) formaticus « (fromage) fait dans une forme », formaticus dérivant du latin classique forma. « Fromage », à côté de la forme attendue « formage » attestée en 1180, provient d’une métathèse qui a détaché le mot de son origine. »

— Le Robert Dictionnaire historique de la langue française, (dir.) Alain Rey, Dictionnaires Le Robert, Paris, nouvelle éd. janvier 1994, tome I, p. 848

Il est plus précisément issu directement d’un bas latin formāticum « fromage », dérivé par ellipse de cāseus formaticus « fromage moulé », dont l’élément cāseus s'est effacé (voir wikt:foie). Formaticus signifie « ce qui est fait dans un moule », dérivé en -icus du latin forma « moule »[49]. L'adjectif substantivé a régulièrement évolué en ancien français formage, devenu fromage.
L’emprunt au français a également donné l’italien formaggio (en face de cacio), le poitevin feurmage, le wallon froumadje, l’occitan et le catalan formatge, le breton formaj (en face de keuz)[n 4].
Forma se perpétue quant à lui dans l'occitan fourmo (graphie moderne occitane) ou forma (graphie normalisée occitane), appellation linguistique régionale courante du Forez, de l'Auvergne (au sens de l'ancienne province) et du Rouergue) et francisée en fourme par les appellations commerciales de certaines spécialités de fromages de ces zones territoriales.

En revanche, le substantif latin cāseus « fromage » a disparu en gallo-roman, mais s'est perpétué dans les autres langues romanes : espagnol queso, italien cacio, portugais queijo et roumain caș, alors que le français ne connaît que deux dérivés, l'un savant caséine[50], et l'autre chésery, utilisé dans des noms de lieux dans les Alpes[n 5]. L'emprunt au latin s'est fait dans des langues germaniques occidentales : anglais cheese (cīese, cēse en vieil anglais), allemand Käse (vieux haut-allemand chāsi), frison occidental tsiis, néerlandais kaas, etc. par l'intermédiaire d'une forme hypothétique du germanique commun *kāsijaz. Ils signifient tous « fromage » dans ces différentes langues.

Les langues celtiques ont aussi emprunté le latin caseus : irlandais cáis, breton keuz[n 4] et gallois caws.

Le latin caseus est également à l'origine du mot malais keju (par emprunt au mot portugais queijo).

TechniqueModifier

La caséologie est la science qui a pour objet l'étude, l'affinage et la connaissance du fromage. Le caséologue est le métier qui assure cette transformation.

PrincipeModifier

Le lait est une émulsion stable physiquement à pH 6,5, mais périssable biologiquement, de caséines, albumines, matières grasses et eau. La fabrication du fromage consiste à en séparer et rassembler la caséine et éventuellement les matières grasses pour en faire un aliment de conservation. Les caséines sont d'abord dégradées par l'effet de l'acidité ou de la présure. Les caséines peuvent ensuite s'agglomérer soit seulement sous l'effet de l'acidité (caillé acide, pH 4,5 qui peut ensuite être adouci), soit seulement sous l'effet de la présure (caillé doux, pH 6,5) mais le plus souvent on a une situation intermédiaire car on utilise à la fois fermentation acidifiante (transformation du lactose en acide lactique) et présure (ou équivalent). Tous les intermédiaires sont possibles ; on parle alors de tendance lactique ou présure. Le caillage présure nécessite la présence de calcium composant naturel du lait (dans le cas de laits chauffés, on rajoute souvent du chlorure de calcium). Les protéines autres que les caséines peuvent être récupérées par chauffage, acidification ou ultrafiltration dans le lactosérum.

Transformation du lait en fromage : méthode traditionnelleModifier

Sur les douze manipulations décrites ci-après, quatre sont (théoriquement) indispensables : emprésurage, égouttage, moulage et salage. On fait cependant des fromages sans présure (mascarpone, labne, panir, fromages de lactosérum), sans véritable moulage (fromage en grains, jonchée, mascarpone, mozzarella), et sans sel (petit-suisse, panir, fromages de régime). Seul l'égouttage est légalement obligatoire.

  1. Écrémage (éventuel) : recueillir la partie crémeuse à la surface du lait , qui sera destinée à la fabrication de la crème fraîche ou du beurre. Cette pratique donne des fromages maigres, peu crémeux. La crème (corps gras) est plus légère que l'eau constituant majoritaire du lait. L'opération est réalisée par centrifugation (artisans et industriels). Parfois en production fermière, une partie seulement de la crème est prélevée par coupellation après crémage (remontée naturelle de la crème au-dessus du lait avec le temps ou après chauffage.
  2. Chauffage (éventuel) : ne concerne que les laits gardés dans des réservoirs réfrigérés pour cause de transformation différée et les laits caillés par acidification. Le lait est mis à chauffer pour rétablir sa température au sortir du corps de l'animal, état physique indispensable à l'emprésurage. Le comté par exemple est tiédi à 40 °C. Au-delà, le lait perd l’appellation « au lait cru ». L'opération porte parfois le nom de "maturation".
  3. Pasteurisation (éventuel) : le lait est mis à chauffer selon un processus déterminé pour éliminer les bactéries pathogènes (nuisibles à l'homme) et augmenter la DLC. En revanche, les bactéries bénéfiques sont aussi détruites[51]. Cette pratique fait baisser très sensiblement le coût de la transformation fromagère, du fait que le lait n'est plus « vivant » (il ne demande plus d'analyses bactériologiques coûteuses et rapprochées dans le temps). Cet aspect est de première importance dans l'agro-industrie.
  4. Ensemencement des laits pasteurisés ou microfiltrés (éventuel) : pratique indispensable pour ces laits transformés ; seules un nombre limité de souches bactériennes étaient utilisées, ce qui avait conduit à une uniformisation des caractéristiques sensorielles[51], le choix des souches est aujourd'hui beaucoup plus étoffé[52]. Le lait pasteurisé voire stérilisé (procédé UHT) a besoin d’être enrichi en chlorure de calcium[53]. La fermentation réalisée par les bactéries lactiques (leuconostoc, lactobacillus, ...) peut entraîner l'acidification du lait jusqu'à environ pH 4,5 ; à ce stade la croissance des bactéries est inhibée.
  5. Emprésurage : le fromager ajoute de la présure au lait. L'action de la présure est optimale à 40 °C et pH 5,8[54]. Le caillage résulte de l'action de la présure et de l'acidification (le lait se sépare en deux produits laitiers distincts : le caillé et le petit-lait). Ensemencement, emprésurage, acidification directe s'utilisent exclusivement ou concurremment : du jus de citron (chhena en Inde) ou du vinaigre peuvent être employés (fromages ménagers, fromages de lactosérum). Certains fromages (labne traditionnel) sont élaborés seulement selon la méthode de l'ensemencement spontané (fromages au goût suri). L'équilibre entre présure, ensemencement est déterminant : le caractère présure (caillés doux) domine par exemple dans le pont-l'évêque, le caractère lactique dans le brie de Melun (caillé acide), avec entre les deux le cas du camembert.
  6. Décaillage (éventuel) : Le fromager traverse la masse de caillé à l'aide de couteaux pour obtenir des grains plus ou moins grands selon la sorte de fromage désirée, et exprimer le lactosérum.
  7. Égouttage (systématique) : Il permet de diminuer le taux d’humidité du fromage. Lors de cette étape, le petit-lait et le caillé finissent de se séparer. Les ustensiles utilisés sont l'étamine (opération réalisée avant le moulage) ou le moule ou forme perforée (deux fonctions : égouttage et moulage). Dans certaines fabrications très industrialisées, l'égouttage est réalisé par centrifugation[55]. L'opération peut être complétée en chauffant, dans le cas du comté jusqu'aux alentours de 55 °C pour « sécher le grain »
  8. Moulage : Le moulage ou formage se fait dans de grands moules pour obtenir des meules, dans de plus petits pour les fromages du genre fourmes, voire de très petits pour les genres camembert, picodon, pérail, etc. Le caillé destiné à l'industrie alimentaire n'est généralement pas moulé, il était souvent livré dans les sacs de toiles ayant servi à l'égouttage. Il est aujourd'hui conditionné en bacs, boules, paquets prétranchés, sacs de granulés[56].
  9. Pressage (éventuel) : Le pressage, opération très physique si la méthode est vraiment artisanale, permet d’éliminer l’excédent d’eau. Il s'effectue avec les mains, avec un poids ou avec une presse mécanique.
  10. Salage : Immersion dans de la saumure ou salage à sec pour les petits fromages; réalisé dans de rares cas (sainte-maure-de-touraine, valençay) avec un mélange de sel et de cendres. Le lavage des croûtes lavées ou morgées contribue au salage du fromage
  11. Piquage (éventuel) : Cette opération est pratiquée pour la fabrication des « bleus » en transperçant les fromages pour inoculer un champignon (Penicillium roqueforti ou P. glaucum). Les perforations servent également de couloirs à oxygène qui, en association avec l'humidité interne du fromage, créent une ambiance propice au développement du champignon.
  12. Affinage (éventuel) : C’est l’opération la plus longue et qui demande une grande attention. Elle s'effectue dans une cave. Chaque fromage est retourné et salé sur chaque face pour la formation de la croûte due au développement de penicillium camemberti. Cette opération demande plusieurs jours de travail et une attention toute particulière à la maturation du fromage ; l’artisan fromager doit posséder de bonnes dispositions sensitives comme l’observation, l’odorat, le goût et le toucher, le tout allié à une bonne résistance physique s'il s'agit de gros fromages (mécanisation possible). Les fromages à croûte lavée et les pâtes pressées comme le comté sont lavées ou frottées avec une saumure, la morge additionnée parfois d'alcool. La morge entraîne le développement de brevibacterium linens ou ferment du rouge. L'expérience dans ce domaine est déterminante. Le hâloir (souvent électrique) peut se charger de la période de ressuyage. Parfois, les murs mêmes de la cave, grâce à leur porosité, servent de réservoir à une certaine biodiversité microbienne, ce qui peut participer à la particularité d'un fromage, au même titre que l'herbe consommée ou la race utilisée pour produire le lait.
    Pour un affinage réussi, chaque type de fromages demande une ambiance atmosphérique particulière (température, hygrométrie) ce qui rend impossible l'affinage de différents fromages dans la même cave.

Il faut enfin noter la technique des fromages fabriqués à partir de petit-lait, coproduit des autres fromages, comme le sérac (Vosges, Alpes, Jura). Le lactosérum (lactose et albumines) est chauffé jusqu'à 80 ou 90° (d'où l'appellation recutta en Italie) avec de l'acide acétique (vinaigre).

Opérations en production industrielle[57]Modifier

Ces méthodes sont générales dans tous les pays. Seuls quelques pays à forte tradition fromagère autorisent des fabrications industrielles non pasteurisées. De même les fabrications industrielles les plus prestigieuses utilisent des méthodes plus proches de la tradition.

Le lait arrive à l'usine refroidi et préfiltré. Il est immédiatement testé et analysé (matières utiles, absence de germes, de marqueurs de pathologie, d'antibiotiques, d'eau), filtré à nouveau ou microfiltré, écrèmé complètement et pasteurisé.

On part donc d'un lait écrémé pasteurisé auquel on peut ajouter des produits laitiers contrôlés : poudre de lactosérum ou de babeurre, lactose, protéines de lactosérum. Ces ajoûts éventuels permettent de donner du moelleux, d'apporter un goût légèrement sucré (le lactose en excès n'est pas transformé en acide lactique) et d'accélérer le caillage. On rajoute la crème en quantité voulue en fonction du type précis de produit final, l'éventail est très large. Ces produits s'ils ne sont pas déshydratés ou ultrafiltrés sont généralement concentrés afin de réduire ensuite le temps d'égouttage.

L'ultrafiltration à 1,4 ou 0,8 μm (Procédé Maubois, Mocqot, Vassal 1969), qui ne fait pas intervenir de chauffage, est un procédé efficace et économique. Ces méthodes permettent de récupérer des éléments autrefois difficilement utilisables (albumines et lactose) et d'abaisser les coûts de revient. On obtient cependant des fromages plus riches en lactose mais qui ont plus de moelleux. Ces fromages qui ne peuvent rentrer dans le cadre des appellations d'origine sont vendus sous des noms de marque évoquant une origine rustique (Pavé d'Affinois).

Le mélange est ensemencé avec un levain sélectionné et si besoin emprésuré, éventuellement avec une présure améliorée parfois OGM[21]. L'emploi de chlorure de calcium, d'acidifiant (acide citrique) peut sécuriser le caillage. Les conditions de température, d'humidité, de pH et d'environnement microbien sont précisément ajustées selon le type de fromage.

Il est possible d'ajouter des adjuvants (sels de fonte : polyphosphate, phosphate de sodium, citrate de sodium, exemple : Kazomel) pour faciliter l'émulsion de la pâte dans l'eau et renforcer la sensation de moelleux ou crémeux. Cette méthode est souvent jugée indispensable pour les pâtes fondues industrielles[58].

En Amérique du Nord, les caillés peuvent être affermis en ajoutant des épaississants (guar, gomme xanthane, amidon, ...)[59]. Ces fromages n'ont plus évidemment qu'un rapport lointain avec un fromage traditionnel même s'ils leur arrivent d'emprunter un nom suisse.

L'ultrafiltration, le décaillage poussé (le caillé peut être pratiquement broyé, caillé agité en Amérique du Nord)[60], l'égouttage par centrifugation, le moulage automatisé, le pressage mécanique, le salage par injection de saumure ou par mélange de sel à sec dans la masse, l'homogénéisation et le lissage des caillés gras, riches en lactose et humides (deux tiers d'eau), autorisant les transferts à la pompe, pour les fromages semi-fluides (fromages à la crème) sont des méthodes permettant de réduire considérablement les temps de fabrication[55].

La mozzarella industrielle (qui n'a qu'un rapport éloigné avec la mozzarella traditionnelle) est emblématique de ce type de fromages. Réincorporation de lactosérum, caillage accéléré au moyen de présures spéciales, broyage du caillé, ni égouttage classique, ni moulage (pour les pâtes filées, le caillé est rassemblé en provoquant sa fusion dans la phase liquide chaude), homogénéisation et conditionnement du caillé en phase semi-fluide à chaud, pas d'affinage, fabrication en usines robotisées, produit final d'utilisation aisée (granulés, tranches prédécoupées, tartinables ou fondantes, pas de miettes ni de coulures, hygiène irréprochable). Cela permet de sécuriser l'approvisionnement de l'amont industriel de l'univers des pizzas, sandwicheries, crêperies, fromages en-cas et apéritifs, et de la restauration collective[56].

Par exemple, le groupe coopératif français Eurial produit annuellement 45000 tonnes de mozzarella Maestrella (marque industrielle) pour 60 pays en 2019[61].

L'écosystème microbienModifier

 
Stockage ou caillage du lait dans une gerle avant la fabrication du fromage de Salers en estive. Le bois de ce tonneau conserve les micro-organismes nécessaires et les transmet d'une cuvée à l'autre (ensemencement naturel), 2010.

Selon la chercheuse de l’INRA Marie-Christine Montel, « Le fromage est un écosystème peuplé de bactéries, de levures de champignons qui vivent là comme en société, chacun faisant un travail spécifique, l’ensemble vivant dans un équilibre fragile entre compétition et coopération. (…) Le fromage est ainsi le fruit de la digestion réalisée par les microbes qui s’invitent à la table du lait. Et ils sont nombreux ! Nous avons décrit plus de 200 espèces dans les fromages (…) »[62]. Un lait cru peut contenir jusqu'à 36 espèces microbiennes différentes, d'autres sont apportées par le microbiote des salles et caves d'affinage[52]

Selon qu'ils ont été bien conservés ou pas et élaborés avec du lait de qualité sanitaire satisfaisante ou pas, on peut distinguer, outre ceux qui sont le plus généralement impliqués dans l'élaboration souhaitée du fromage, deux types de germes dans les fromages :

Toujours selon des chercheurs de l'INRA :
Une étude, faite pour déterminer si la diversité microbienne présente à la surface des fromages au lait cru peut agir en faveur de la sécurité sanitaire, montre que 10 sur 34 groupes microbiens, présents naturellement sur la croûte des fromages au lait cru, peuvent s'auto-protéger contre Listeria monocytogenes, comparé à un ferment commercial de surface[63] :

  • Émilie Retureau : « Une collection de souches de bactéries lactiques, de bactérie à Gram positif et catalase positive, de bactéries à Gram négatif et de levures, issue du plus inhibiteur des 10 groupes, a été cultivée sur des fromages. Des prélèvements sur les croûtes ont été effectués, et, par la suite, appliqués sur un fromage à pâte non cuite. Il en résulta une dynamique microbienne, des niveaux de lactobacilles et de leuconostocs cultivables les plus élevés. », ainsi que la présence de bactéries indicateurs d’hygiène cités ci-dessus[63].
  • Marie-Christine Montel : « La perte de biodiversité microbienne des laits par microfiltration ou pasteurisation favorise la croissance de Listeria monocytogenes, qui se développe plus en cours d’affinage dans les fromages au lait pasteurisé ou microfiltré que dans ceux au lait cru »[64].

Évolution de la biotechnologie laitière[52]Modifier

À partir des années 1960, les immenses progrès réalisés dans l'hygiène de la traite et de la transformation laitière ont conduit à une raréfaction des germes pathogènes mais aussi à un appauvrissement considérable du microbiote fromager y compris pour les microbes dits « utiles ». Pour réussir les fromages, on s'est mis à ensemencer les laits, même crus, avec des ferments sélectionnés. La production de levains fromagers est devenue une industrie. Il est possible de faire des fromages avec seulement 2 ou 3 espèces de microbes mais au prix d'un appauvrissement et d'une uniformisation des goûts. Depuis les années 2000, les méthodes de séquençage à haut débit du génome (PCR) ont permis d'approcher la diversité réelle de cette flore et les levains utilisés aujourd'hui sont devenus complexes et mieux adaptés à chaque type de production permettant à nouveau de retrouver diversité et typicité.

Principaux genres de microorganismes rencontrés au cours de l’affinage des fromagesModifier

D'après l'ouvrage : Microflore du lait cru, 2011[65] :

ChampignonsModifier

Levures : Geotrichum, Debaryomyces, Kluyveromyces, Candida, Saccharomyces, Yarrowia

Moisissures : Penicillium, Mucor, Rhizopus, Cladosporium, Fusarium

BactériesModifier

Bactéries lactiques : Enterococcus, Lactobacillus, Leuconostoc, Lactococcus, Streptococcus

Staphylocoques et bactéries corynéformes : Brevibacterium, Micrococcus, Staphylococcus, Arthrobacter, Corynebacterium

Autre : Pseudomonas

Affinage et méthodes de conservationModifier

Le fromage est en soi une méthode de conservation du laitModifier

Voir chapître Transformation du lait en fromage : méthode traditionnelle

Le chauffage, l'ensemencement et l'acidification du caillé, l'égouttage, le salage, et le développement de moisissures (penicillium, ...) sur la croûte ou à l'intérieur (fromages bleus ou persillés) lors de l'affinage empêchent la prolifération des micro-organismes indésirables[57]. On peut cependant remarquer que certaines pâtes fraîches à caillage présure comme la caillebotte peuvent ne remplir aucun de ces critères et doivent donc être consommées rapidement.

Méthodes alternatives ou complémentairesModifier

Certains fromages sont conservés en saumure (feta, halloumi parfois), dans l'huile (certains labne), fumés (fromage tcherkesse, scamorza fumé), cendrés (Melun bleu, sainte-maure-de-touraine), salés et séchés à l'ombre dans les régions à climat désertique : avec des feuilles de menthe (ḥallūm arabe, le halloumi de Chypre en est une variante) ou avec des épices (chenklich de Syrie), séchés au soleil au Maroc (jben). La croûte du parmesan était traditionnellement huilée.

Les fromages des régions à châtaigners (Gâtine poitevine par exemple) étaient conservés dans des feuilles de châtaigner améliorant l'affinage[66], cette méthode perdure (mothais sur feuille[67], feuille de Dreux). Le banon peut être à la fois trempé dans du marc de raisin et complètement enveloppé de feuilles de châtaigner. Certaines pâtes pressées non cuites (Edam, Babybel, tomme noire des Pyrénées, ...) sont enrobées de cire (paraffine solide)[68].

L'adjonction d'alcool ou de vin en quantité susceptible d'allonger la durée de conservation est pratiquée pour les fromages forts, le fromage au porto (États-Unis), ... L'Époisses est un fromage à croûte lavée au Marc de Bourgogne. Le sérac est lavé au vin blanc.

 
Un ciron. Taille réelle : entre 0,5 et 1 mm.

Certains fromages sont mis volontairement lors de l'affinage au contact de cirons (l'acarien Acarus siro) qui se développent dans la croûte : Fromage aux artisons, mimolette ou d'asticots de la mouche Piophila casei : casgiu merzu corse.

En production industrielle, l'emballage sous vide ou gaz inerte est parfois employé. Partout le stockage en frigorifique tend à se généraliser. Le froid n'est pas nécessaire pour les fromages à pâte fondue qui sont stérilisés lors de leur fabrication (chauffage à 140 °C).

Conservation ménagèreModifier

La meilleure façon de conserver un fromage, voire de parfaire son affinage, est de le laisser dans une cave de maturation, c'est-à-dire un lieu frais, sombre, aéré et légèrement humide.

Le bas d'un réfrigérateur, sous une cloche à fromage, peut également faire l'affaire mais, par son manque de renouvellement d'air, amènera un résultat organoleptique différent (un peu plus fort).

La majorité des fromages issus du commerce sont emballés, certains hermétiquement. Ces derniers sont passés d'un milieu aérobie à un milieu anaérobie ce qui a modifié leurs qualités organoleptiques initiales : ils sont devenus forts voire piquants. Un retour à l'air libre de plusieurs heures leur fera recouvrer leurs caractères originels.

Il est toujours possible de surgeler un fromage mais sans dépasser trois mois. Si c'est adapté pour les fromages aux pâtes pressées comme le gouda, parmesan, etc., il est déconseillé de congeler les fromages à pâtes molles[69].

Aspects nutritionnelsModifier

CompositionModifier

Le fromage étant constitué de lait concentré (par évaporation partielle de l'eau), sa valeur nutritive est élevée, avec une composition proche de celle du lait, mais plus concentrée. Cependant, la fermentation par bactéries peut éventuellement faire apparaitre certaines substances nutritives complexes (acides aminés, sucres, vitamines…) non présentes à l'origine dans le lait. Les fromages contiennent à la fois des protéines, des sucres et des lipides en bonne quantité, et représentent donc un aliment très énergisant et relativement « complet », ce qui a permis à beaucoup de cultures d'en faire un pilier de leur alimentation. Ils sont également une source de vitamines A et B, de sels minéraux (Ca, P, K, Na, Mg…), particulièrement de calcium. Les fromages sont cependant riches en acides gras saturés qui ont un effet néfaste sur le taux de cholestérol : une surconsommation est donc déconseillée à certaines personnes sensibles (diabétiques, personnes à taux de cholestérol élevé, personnes en surpoids, personnes à risque d'un point de vue vasculaire…)[70],[71].

L'apport en calcium est sujet d'une polémique. Mis en exergue dans les campagnes nutritionnelles et par l'industrie agroalimentaire (cf articles du CERIN, cré par le CNIEL), il est réel mais ce calcium est peu bio assimilable (30%) et donc en partie rejeté. Il demande d'autres composants pour améliorer cette assimilation (vitamine D) ou interagit avec d'autres (magnésium) [72]. Pour rappel, le choux de Bruxelles a un taux de 64%, ce qu'il faut pondérer par la quantité importante de calcium dans le fromage[73]. Les taux de survenue de fracture du col du fémur (indicateur d'ostéoporose) restent ainsi importants dans les pays scandinaves malgré une forte consommation de produits laitiers (et de calcium) et un taux sanguin de vitamine D équivalent ou supérieur (Suède) aux autres pays[74],[75],[76].

Les fromages frais peu égouttés, les fromages industriels à pâtes fraîches ou molles (surtout les fromages de lactosérum, les fromages à la crème et le mascarpone) présentent des taux de lactose importants[77], mais les pâtes cuites et vieillies ont le défaut d'être plus acidifiants pour l'organisme. L'indice PRAL se traduit ainsi: 13 pour le camembert mais 28 pour le parmesan[78].

Les fromages non pasteurisés ou ensemencés contiennent des probiotiques, qui sont de plus protégés par la nature du fromage lors de leur passage dans le milieu acide de l'estomac et ont davantage de chance d'y survivre, constituant un bon apport pour le microbiote et le système immunitaire, mais moins que le yaourt et moins encore que le kéfir de lait.

Enfin, la composition et les valeurs nutritionnelles des fromages peuvent varier énormément d'un type à l'autre, suivant le mode de fabrication (fromages de lait plus ou moins écrémé, cuisson…), la fermentation, l'affinage, ou le type de lait utilisé (les laits d'équidés étant les moins gras, et ceux de brebis et de bufflonne les plus gras (5,9% [71]). Certains fromages (fromages à la crème américains, certaines pâtes fondues françaises, ...) sont évidemment en délicatesse avec la diététique.

Les études sur les bienfaits ou méfaits varient fortement pour cette raison, sans dégager une direction claire. ll faut cependant rappeler que ce type de polémique est surtout présent dans les sociétés d'abondance. Les fromages étaient et sont encore un aliment essentiel des sociétés pastorales et dans bien des régions d'Europe depuis le Moyen-Âge, le fromage de la chèvre représentait souvent le complément protéique indispensable d'un pain médiocre pour le paysan très pauvre. C'est une source de protéines essentielle pour les populations végétariennes d'Inde[5].

Qualités gustativesModifier

En 2005, un texte commun de l'INRA et de l'Institut zootechnique et fromager sarde portant sur la compilation de dix années de recherche concluait que les traitements industriels (écrémage et traitements thermiques du lait par exemple) du fromage amenuisaient les différences entre produits et appelait à reprendre en considération certaines données de production telles que la race de l'animal producteur ou la biodiversité des prairies[79] ainsi que la diversité de la flore du microbiote fromager.

L'authenticité et la typicité des fromages sont les principales raisons d'être des appellations d'origine[80].

Contaminants possiblesModifier

Les contaminants peuvent être d'ordre microbiologique (virus, champignons, bactéries indésirables). Les bactéries sont des Salmonella, Listeria monocytogenes, Campylobacter (thermophile), Staphylococcus aureus et Escherichia coli.

Dans l'Union européenne, la part des fromages dévolus au commerce fait l'objet chaque année d'un Plan de surveillance obligatoire[n 6]. En 2004, la Commission européenne focalisait sa surveillance sur la qualité microbiologique des fromages au lait cru et le lait cru. Contre toute attente, le bilan fit apparaître une présence de germes ou de toxines pathogènes faible[81].

D'autres contaminants potentiels ou fréquents (comme dans d'autres produits d'origine animale dont viandes, poissons, œufs[82]) sont certains métaux lourds[83],[84] (inhalés ou absorbés par les animaux avec leur nourriture et retrouvés dans le lait puis concentrés dans le fromage[85]), des radionucléides (après les essais nucléaires ou les retombées radioactives d'accidents nucléaires).

On peut enfin fréquemment trouver des polluants liposolubles (certains résidus de pesticides, organochlorés…) plutôt retrouvés dans le beurre, la crème et les fromages gras. Ainsi, après des études ayant montré que le lait est souvent contaminé par des polluants organochlorés (furanes, dioxines, PCB), une nouvelle nouvelle étude ayant porté plus spécifiquement sur 7 fromages bio et 54 fromages « non-bio » a été publiée en 2012, confirmant que c'est aussi le cas pour de nombreux fromages (bio, y compris), fortement contaminés par ces produits, parfois en dépassant les limites réglementaires fixées pour ce qui concerne les (PCB) [86]. Certains de ces fromages dépassaient fortement le seuil réglementaire de 3 picogrammes d’équivalent toxique par gramme de matière grasse (pg TEQ/g), jusqu’à 76 pg TEQ/g pour les cas les plus graves. Pour les seules dioxines, selon les auteurs de l'étude, un gros consommateur de fromages bio (qui contient moins de PCB, mais plus de dioxines) peut dépasser de 25% la dose journalière admissible (DJA, actuellement de 2 pg TEQ par kg de poids corporel pour un adulte) et un enfant peut la dépasser de 130%, résultats jugés « extrêmement inquiétants » par les auteurs des analyses, alors même que le poisson était considéré comme la première source de PCB dans l’alimentation. En France, l'étude EAT2 (alimentation totale française) a confirmé que les produits laitiers et les fromages étaient une source importante de PCB, après le poisson. Pour un Français adulte moyen ; 20 % des dioxines et des PCB de type dioxine sont fournies par le beurre, 20 % par les poissons et 37 % des PCB de type non-dioxines viennent du poisson, 11 % des fromages, 11 % du beurre et 11 des produits laitiers frais[87]. Le jaune d’œuf peut aussi en contenir. Le fumage de certains fromages peut aussi être source de HAP réputés cancérigènes[88].

Tolérance au lactoseModifier

Les fromages fermentés ou égouttés traditionnels ne contiennent pratiquement plus de lactose car il a été transformé en acide lactique ou éliminé[57]. Cela n'est plus forcément vrai avec les transformations où l'on réincorpore du lactosérum et procède au caillage par acidification directe (fromages de lactosérum, type mascarpone, fromages à la crème).

ÉconomieModifier

 
Gondole de fromages prédécoupés et emballés dans une grande surface
 
Étal d'un commerçant-fromager dans un marché de la région parisienne.

Le fromage est l’un des principaux produits agricoles au niveau mondial. La production mondiale s’est passée de plus de 18 millions de tonnes en 2004 (selon la FAO) à 24 millions de tonnes en 2019[3]. C’est plus que la production annuelle cumulée de graines de café, feuilles de thé, fèves de cacao et tabac. Selon la FAO, la production de produits laitiers en 2010 a été à l'origine de 4% des émissions de gaz à effet de serre produites par l'homme dans le monde[89],[90]. Les plus grands producteurs mondiaux de fromage sont les États-Unis (pour environ 30 % du total), suivis par l’Allemagne, la France et l’Italie.

Pays producteursModifier

 
La mozzarella, spécialité italienne dont l'appellation n'est pas protégée

Le slogan publicitaire « l'autre pays du fromage », qui a été utilisé pour promouvoir la production des Pays-Bas sur le marché français, désigne implicitement la France comme « le » pays du fromage[91]. Cependant, la Suisse, dans la promotion de ses propres productions, est aussi qualifiée de « pays du fromage »[92].

 
Goudas sur le marché aux fromages de Gouda (Pays-Bas), 2004

Le monde compterait environ 10 000 fromages[93]. Traditionnellement, on situe le nombre de variétés produites en France entre 350 et 400, ce que traduit l'adage « un fromage par jour de l’année ». De fait, ce pays fabrique aujourd'hui plus de 1 000 fromages différents[94] et la Grande-Bretagne plus de 700[95]. Quant aux fromageries et alpages de Suisse (où la première grande laiterie pour la fabrication de fromage fut ouverte le [96]), ils produisent plus de 450 variétés[92].

Principaux producteurs de fromage [97]
Pays Production en 2013 (milliers de tonnes)
  États-Unis 5 036
  Allemagne (en 2012) 2 161
  France 1 947
  Italie 1 158
  Pays-Bas 793
  Pologne 732
  Brésil 722
  Russie 713
  Égypte 599
  Argentine 556
  Canada 388
  Royaume-Uni 349
  Danemark 325
  Australie 320
  Espagne 315
  Nouvelle-Zélande 311
  Mexique 270
  Grèce 187
  Irlande 183
  Suisse 183
  Autriche 158
  Ukraine 140
  République tchèque 148
  Lituanie 113
  Finlande 102
  Suède 82
  Belgique 79
  Roumanie 70
  Portugal 70
  Hongrie 68
  Bulgarie 68
  Japon 49
  Estonie 44
  Croatie 33
  Lettonie (en 2012) 31
  Corée du Sud 22
  Chypre 20
  Slovénie 16
  Slovaquie 9
  Philippines 2
  Monténégro 1
Monde 21 331

Échanges internationauxModifier

Les États-Unis sont le premier pays producteur mondial de fromage. Ils occupent toutefois une place marginale dans les exportations mondiales de fromage, l’essentiel de leur production étant destiné au marché intérieur. La France est le premier exportateur mondial de fromage en valeur, tandis que l’Allemagne est le premier en quantité. Parmi les dix premiers exportateurs, seuls l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et l’Australie ont une production de fromage principalement orientée vers l’export : respectivement 95 %, 90 %, 72 % et 65 % de leur production fromagère est exportée[98]. Seulement 30 % de la production française est exportée.

En 2019, l'Allemagne est à la fois le premier pays exportateur et importateur[3].

Principaux pays exportateurs de fromage (lait de vache uniquement) - 2004
(valeur en milliers de dollars US)[99]
  France 2 658 441
  Allemagne 2 416 973
  Pays-Bas 2 099 353
  Italie 1 253 580
  Danemark 1 122 761
  Australie 643 575
  Nouvelle-Zélande 631 963
  Belgique 567 590
  Irlande 445 240
  Royaume-Uni 374 156

Pays consommateursModifier

 
Étal d'un revendeur de fromages dans un marché (Foire de Saint Siffrein à Carpentras).
Principaux pays consommateurs de fromage - 2014
(kilogrammes par habitant et par an)[100]
  France 26,7
  Allemagne 24,6
  Islande 24,1
  Grèce 23,4
  Finlande 22,5
  Italie 21,8
  Suisse 21,5 (2015)[101]
  Pays-Bas 20,1
  Autriche 19,9
  Suède 19,1
  Norvège 17,4
  République tchèque 16,3
  Israël 16,1
  Pologne 16
  États-Unis 15,5
  Australie 13,6
  Argentine 12
  Canada 12,1
  Royaume-Uni 11,7
  Hongrie 11,0

La Grèce est l'un des premiers pays consommateur de fromage au monde (la feta représente les trois-quarts de cette consommation). La France est consomme 26 kg par habitant. L’emmental industriel français (utilisé principalement comme ingrédient de cuisine), et le camembert sont les deux fromages les plus consommés en France[102]. L’Italie est le troisième pays consommateur avec 22 kg par habitant. Aux États-Unis, la consommation de fromage est en croissance rapide et a presque triplé entre 1970 et 2003. La consommation s’y est élevée, en 2014, à 15 kg par habitant. Le fromage favori des Américains est d’origine italienne, la mozzarella : elle représente environ un tiers de la consommation, principalement du fait que c’est l’un des principaux ingrédients d’une autre nourriture typiquement italienne, la pizza[103].

IndustrielsModifier

 
Siège mondial de Nestlé au bord du lac Léman, Vevey, Suisse
 
Vue aérienne d'une usine laitière de Deutsches Milchkontor (DMK), Coesfeld (Allemagne), 2014.

Les 20 plus grandes entreprises laitières mondiales par chiffre d'affaires de leurs activités laitières en 2018[104]. Le fromage n'est qu'une partie de leur activité.

Rang Entreprise Pays Chiffre d'affaires

(en milliards de $)

1 Nestlé   Suisse 24,3
2 Lactalis   France 20,8
3 Danone   France 18
4 Fonterra   Nouvelle-Zélande 14,3
5 FrieslandCampina   Pays-Bas 13,8
6 Dairy Farmers of America   États-Unis 13,6
7 Arla Foods   Danemark /   Suède 12.4
8 Yili   Chine 11,2
9 Saputo   Canada 11
10 Mengniu   Chine 10,3
11 Dean Food   États-Unis 7.5
12 Unilever   Pays-Bas 6,7
13 DMK   Allemagne 6,7
14 Kraft Heinz   États-Unis 6
15 Sodiaal   France 6
16 Meiji   Japon 5,8
17 Savencia   France 5.7
18 Agropur   Canada 5,2
19 Schreiber Foods   États-Unis 5,1
20 Müller   Allemagne 5,1

Les principaux groupes fromagers français sont :

  • Lactalis, groupe français, 21 milliards d’euros en 2018 ; en 2020 Lactalis revendique d'être le premier fabricant fromager mondial avec 80000 collaborateurs et 250 sites de production répartis dans 50 pays, le fromage représentant 34% de son activité[105].
  • Bongrain, groupe français, chiffre d'affaires de 3,28 milliards d’euros en 2009, 17 700 salariés en 2010[106] ; depuis 2015 Savencia Fromage & Dairy ;
  • Bel, groupe français, chiffre d'affaires de 3,31 milliards d’euros en 2018, 13 000 salariés ; Lactalis est actionnaire de Bel pour 24 % de son capital[107] ;
  • Groupe Danone, groupe français, chiffre d'affaires de 20,87 milliards d’euros en 2011, 100 000 salariés[108].

On compte également de nombreux groupes dans le monde, dont :

CultureModifier

Offrandes religieusesModifier

Le fromage a très tôt fait partie des offrandes aux divinités depuis la haute antiquité. C'est le cas pour Ishtar / Inanna, déesse mésopotamienne de l'amour et de la guerre, vénérée chez les Akkadiens, Babyloniens et Assyriens, nommée aussi Astarté chez les Phéniciens ou Tanit à Carthage. Les tablettes des comptes du temples d'Uruk mentionnent ces offrandes accompagnant d'autres aliments. On retrouve ces pratiques pour Poséidon en Grèce.

 
Blason de Mamirolle (Doubs) montrant chaudron, fromage et beurre.

Offrandes aussi aux défunts lors des funérailles (momies du Tarim, dans le désert du Taklamaka, extrême ouest de la chine).

Un emblème de la SuisseModifier

Le fromage est très populaire en Suisse. Les fromages suisses les plus connus sont l'emmental et le gruyère ainsi que l'appenzeller. Les plats de fromage fondu sont également un emblème de la Suisse, la fondue et la raclette étant deux mets symboles du pays.

Un emblème de la FranceModifier

Le fromage est considéré par les Français comme une part de leur patrimoine national.

 
Un plateau de fromage servi au repas, France, 2013

CitationsModifier

  • « Un repas sans fromage est une belle à qui il manque un œil. » (La Physiologie du goût, Brillat-Savarin)
  • « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe plus de 300 sortes de fromage ? » (citation attribuée à Charles de Gaulle)
  • Une autre citation affirmant qu'il y a en France « autant de fromages que de jours de l'année » est également souvent attribuée à Charles de Gaulle, mais serait en fait une phrase de Winston Churchill s'adressant au général devenu président de la République[110].
  • « Cheese-eating surrender monkeys » (traduction de « singes capitulards bouffeurs de fromage »), est une description péjorative des Français aux États-Unis, inventée dans la série Les Simpson et popularisée au début des années 2000, après que la France s'est opposée à l'intervention militaire des Américains en Irak.

LocutionsModifier

  • « entre la poire et le fromage » : à la fin du dîner, lorsque les propos deviennent plus légers. L'origine de cette expression remonte au Moyen Âge. La coutume voulait que l'on finisse le repas par un fruit frais puis un fromage[111].
  • « en faire tout un fromage » : donner une importance disproportionnée à une affaire.
  • « fromage blanc » peut désigner un français de souche en France, à rapprocher du Néerlandais kaaskop (tête de fromage) qui sert aussi à désigner les autochtones aux Pays-Bas.[réf. nécessaire]

Symbolique mathématiqueModifier

  • Logique

Il est aussi appelé paradoxe du gruyère bien que le gruyère suisse ne contienne pas de trou.

  • Représentation graphique
 
Camenbert représentant les élus du conseil communal de Gouda en fonction de leur parti après les élections de 2018.

Un camenbert ou un fromage est un graphe utilisé notamment en statistiques pour représenter des proportions comme secteurs d'un disque (les portions du camenbert).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Règlement (CE) no 1234/2007 du Conseil du portant organisation commune des marchés dans le secteur agricole et dispositions spécifiques en ce qui concerne certains produits de ce secteur (règlement « OCM unique »).
  2. A Question de l’eurodéputée Christa Klaß, la Commission européenne a répondu que la désignation « fromage » est exclusivement limitée « aux produits qui sont fabriqués à partir de lait et de produits laitiers et où les ingrédients laitiers ne sont pas remplacés par des ingrédients généralement moins chers d’origine différente ». La commission précise que « Les États membres doivent veiller à l’application de la législation communautaire et sont responsables des contrôles ».
  3. La traduction française est anachronique car c'est plutôt au mont Lozère et au pays gabale (« Lesuræ Gabalicique pagi ») auxquels se réfère Pline, le département de la Lozère n'ayant été créé qu'en 1790.
  4. a et b En breton, on trouve plusieurs mots pour désigner le fromage : formaj (formaj-laezh), keuz, amanenn brein.
  5. On trouve ainsi un lac de Chésery et un col de Chésery dans le Chablais valaisan, tous deux dominés par une pointe de Chésery par laquelle passe la frontière entre la Suisse et la France. On trouve aussi plusieurs lacs des Chéserys dans le massif des Aiguilles Rouges qui surplombe Chamonix par le nord.
  6. Plan de surveillance de la qualité bactériologique des produits laitiers, mis en œuvre en France par le ministère de l'Agriculture (Sous-direction de la sécurité sanitaire des aliments, bureau de la surveillance des denrées alimentaires et des alertes sanitaires).

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Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

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  • Michèle Barrière, « Le fromage », Historia,‎ , p. 26 (ISSN 0750-0475)
  • Jean Froc, Balade au pays des fromages : Les traditions fromagères en France, Versailles, Editions Quae, , 268 p. (ISBN 978-2-7592-0017-7, lire en ligne)
  • Philippe Olivier (préf. Jean-Pierre Crouzet), Les fromages de Normandie : hier et aujourd'hui, Rouen, éd. des Falaises, , 96 p. (ISBN 978-2-84811-288-6)