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Equidae

famille de mammifères
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Équidés

Les Équidés (Equidae) forment une famille de mammifères comptant plusieurs dizaines de genres fossiles, et sept espèces sauvages actuelles, appartenant à un seul genre, Equus. Ces sept espèces considérées sauvages sont désignées comme les chevaux, les ânes, et les zèbres. Plus précisément, ces sept espèces sont le Cheval de Przewalski (Equus przewalskii), l'Hémione (E. hemionus), le Kiang (E. kiang), l'Âne sauvage (E. africanus), le Zèbre de Burchell (E. quagga), le Zèbre de Grévy (E. grevyi) et le Zèbre de montagne (E. zebra).

Les Équidés appartiennent à l'ordre des Périssodactyles (Perissodactyla), c'est-à-dire des ongulés ayant un nombre impair de doigts, en l'occurrence un doigt unique protégé par un sabot. Les membres actuels de cette famille sont répartis dans les prairies et savanes du Sud et de l'Est de l'Afrique, dans les zones montagneuses arides ou semi-arides d'Asie, notamment les déserts et terres arbustives xériques, et dans les prairies et steppes de montagne.

DescriptionModifier

Équidés actuelsModifier

Mensurations des sept espèces actuelles d'équidés
Espèce Longueur tête-corps Longueur queue Hauteur au garrot Poids
Cheval de Przewalski (E. przewalskii) 220-280 cm 99-111 cm 120-146 cm 200-300 kg
Hémione (E. hemionus) 200-250 cm 30-49 cm 126-130 cm 200-260 kg
Kiang (E. kiang) 182-214 cm 32-45 cm 132-142 cm 250-400 kg
Âne sauvage (E. africanus) 195-205 cm 40-45 cm 115-125 cm 270-280 kg
Zèbre de Burchell (E. quagga) 217-246 cm 47-57 cm 127-140 cm 175-320 kg
Zèbre de Grévy (E. grevyi) 250-275 cm 38-75 cm 140-160 cm 350-450 kg
Zèbre de montagne (E. zebra) 210-260 cm 40-55 cm 115-150 cm 240-380 kg

Les équidés actuels sont tous de grands mammifères, mesurant entre deux et trois mètres de long, et pesant plusieurs centaines de kilogrammes. Ils ont tous une grosse tête, un museau allongé, avec les yeux situés haut et sur les côtés de la tête. Leur cou est long, portant une crinière de poils généralement hérissés, ou tombants quand ils sont très longs. Leur corps est cylindrique, bien que plus ou moins élancé selon les espèces, et se termine par une longue queue. Les équidés se déplacent sur leurs quatre pattes très allongées, terminées par un unique doigt protégé par un sabot kératinisé[1].

SystématiqueModifier

Article détaillé : Histoire évolutive des équidés.

Espèces sauvages actuellesModifier

Les espèces sauvages actuelles font toujours l'objet de débats entre auteurs, et le statut d'espèce ou de sous-espèce de certain taxons est toujours discuté. Il existe 6 ou 7 espèces sauvages (selon les auteurs) encore vivantes, généralement très menacées.

Beaucoup de ces espèces ont des sous-espèces, dont certaines ont déjà disparues, et qui sont apparues du fait de la diffusion géographique assez importante de ces animaux.

Chevaux :
Sous-genre Equus :

Ânes (2 ou 3 espèces selon les auteurs) :
Sous-genre Asinus :

Zèbres (3 espèces) :
Sous-genre Dolichohippus

Sous-genre Hippotigris

Espèces sauvages disparuesModifier

 
Reconstitution du genre Mesohippus.

Il a existé plusieurs autres espèces d'équidés aujourd'hui disparues, sans doute issues des Hyracotherium ou Eohippus de l'ère secondaire (lesquels ne sont pas eux-mêmes classés au sein de la famille des équidés).

Selon BioLib (21 septembre 2019)[2] :

Selon Paleobiology Database (21 septembre 2019)[3], les genres suivants sont distingués :

Espèces domestiques - statut taxonomiqueModifier

Il existe deux espèces domestiques (ou sous-espèces, ou même simplement variétés, selon les auteurs), largement diversifiées à travers des dizaines de races aux tailles et couleurs variées :

Le statut taxonomique de ces groupes d'animaux ne fait pas consensus, certains auteurs leur reconnaissant un statut d'espèce à part, d'autres considérant qu'il ne s'agit que de sous-espèces, voire de simples variétés des espèces sauvages originelles.

On a donné aux groupes domestiques les noms scientifiques de Equus caballus (pour le cheval domestique) et de Equus asinus (pour l'âne domestique) en 1758, avant le développement de la biologie évolutive. Avec l'apparition de celle-ci, l'étroite relation entre races domestiques et espèces sauvages a été reconnue. À ce titre, le statut scientifique des « espèces » domestiques a été remis en cause et beaucoup de biologistes ne les considèrent plus désormais que comme des formes domestiquées des espèces sauvages originelles.

En effet, selon Ernst Mayr « une espèce est une communauté reproductive de populations (isolée au plan reproductif d'autres communautés)[4] ». Or, les « espèces » domestiques se croisent avec leur espèce parente quand elles en ont l'occasion. Ainsi, « vu que, du moins en ce qui concerne les races d'animaux domestiques primitives, celles-ci constitueraient, en règle générale, une entité de reproduction avec leur espèce ancestrale, si elles en avaient la possibilité, la classification d'animaux domestiques en tant qu'espèces propres n'est pas acceptable. C'est pourquoi on a essayé de les définir comme sous-espèces[5] ».

On donne alors à la nouvelle sous-espèce le nom de l'espèce d'origine, complété par le nom de sous-espèce (qui reprend l'épithète spécifique).

Nom commun Nom scientifique traditionnel Nom scientifique révisé
Chien domestique Canis familiaris Canis lupus familiaris
Cheval domestique Equus caballus Equus ferus caballus
Âne domestique Equus asinus Equus africanus asinus

Certains biologistes sont même réticents à utiliser la notion de sous-espèces pour un groupe domestiqué. D'un point de vue évolutif, l'idée d'espèce ou de sous-espèce est en effet liée à l'idée de sélection naturelle et non de sélection artificielle. Du fait de cette réticence et « depuis 1960 environ, on utilise de plus en plus la désignation forma, abrégée f, qui exprime clairement qu'il s'agit d'une forme d'animal domestique qui peut éventuellement remonter jusqu'à diverses sous-espèces sauvages :

  • chien domestique - Canis lupus f. familiaris ;
  • bovin domestique - Bos primigenius f. taurus ;
  • chèvre domestique - Capra aegagrus f. hircus[5] ».

Bioaccumulation de cadmiumModifier

Il semble que les équins, peut-être en partie du fait de leur mode d'alimentation, sont davantage exposés à bioaccumuler le cadmium, élément chimique de type métal lourd particulièrement toxique, que les autres mammifères. Ils concentrent ce cadmium essentiellement dans leurs reins. De ce fait, plus un animal est vieux, plus il est susceptible d'avoir bioaccumulé du cadmium, dans les reins surtout mais aussi dans le foie, ainsi que du plomb, principalement dans les os. Aussi existe-t-il dans certains pays comme la France une législation spécifique concernant les abats des animaux « tardivement abattus »[6].

Des études de teneur en cadmium des abats d'équidés (cheval, âne, mulet, baudet..) ont montré une teneur moyenne de 10 µg/g de cadmium[6] (notation « Cd »). La Dose journalière tolérable temporaire, ou « DJTT », ayant été réglementée à la valeur maximale de 1 µg kg−1 j−1 en Cd, toute commercialisation d'abats d'équidés tardivement abattus est interdite[7]. Même si ces abats étaient la seule source alimentaire de cadmium pour les humains, cette interdiction serait justifiée car une consommation moyenne hebdomadaire de seulement 100 g d'abats conduirait à exposer le consommateur à 1 000 µg/semaine, soit pour quelqu'un de 60 kg, plus que le doublement de la DJTT, laquelle le limite à une ingestion de Cd inférieure à 60 µg/jour, soit 420 µg/semaine[6].

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • [Lydekker 1907] (en) Richard Lydekker, Guide to the specimens of the horse family (Equidæ) exhibited in the Department of Zoology, , 42 p.
  • (en) D. I. Rubenstein, « Family Equidae (Horses and relatives) », dans Ellis Wilson & Russell A. Mittermeier, Handbook of the Mammals of the World. Volume 2: Hoofed Mammals, Barcelone, Lynx Edicions, , 885 p. (ISBN 978-84-96553-77-4), p. 106-143

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Rubenstein (2011), p. 110-112, « Morphological Aspects »
  2. BioLib, consulté le 21 septembre 2019
  3. Fossilworks Paleobiology Database, consulté le 21 septembre 2019
  4. Ernst Mayr, 1989, cité dans l'article « À propos de la notion d'espèce », de Louis Allano et Alex Clamens, Bulletin de l'APBG (Association des Professeurs de Biologie et de Géologie) n°3, 1996, Pages 471-472.
  5. a et b « Instruction CITES pour le service vétérinaire de frontière », CITES, 20 décembre 1991, PDF.
  6. a b et c « Cours et corrigé de biotechnologie, partie relative à la toxicité des métaux pour l'Homme ».
  7. « Instruction technique DGAL/SDSPA/2019-39 du 14/01/2019 », Ministère de l'agriculture, .