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Antoine Tomé
Description de cette image, également commentée ci-après
Antoine Tomé en 2010.
Surnom Toto Nimate[1], Jean-Paul le Prioux[1]
Naissance (68 ans)
Saint-Éloy-les-Mines, Puy-de-Dôme, France
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession Auteur-compositeur-interprète, musicien, acteur
Site internet http://antoinetome.com/

Antoine Tomé est un auteur-compositeur-interprète[2], musicien[3] et acteur[4] français, né le à Saint-Éloy-les-Mines[5].

En tant qu'acteur, il est notamment très actif dans le doublage. Il est notamment la voix française régulière de Danny Trejo, John Ventimiglia mais également une des voix récurrentes de Dolph Lundgren, John Travolta, Ving Rhames, Nestor Carbonell ou encore Eamonn Walker. On peut également l'entendre dans les versions françaises de nombreuses séries d'animation et jeux vidéo ainsi que dans plusieurs publicités.

Il a en outre mis au point plusieurs instruments, dont le tricardon[3],[6].

Sommaire

BiographieModifier

Ses premiers souvenirs musicaux sont liés à ses parents. Son père, ouvrier dans une aciérie, était un excellent joueur d'accordéon[7] et sa mère une excellente chanteuse[8]. Au reste, il ne se réclame pas d'influences musicales particulières[7], mais a plutôt dès sa jeunesse une approche très instinctive de la musique[9]. Enfant, il aime déjà chanter, imaginer des chansons ainsi que peindre et dessiner[8]. C'est au cours de cette période de sa jeunesse qu'il forge ce qui sera plus tard surnommé ses « percussions vocales » mais qu'il considère plutôt comme « une langue à part entière, une langue de l'émotion[10]». Il surnommera un certain temps cette langue « pretchichicocoa[11]». Vers l'âge de 13 ans, il écrit sa première chanson qui raconte une histoire d'amour entre un chevalier et une lavandière qu'il aperçoit alors qu'il chevauche près d'une rivière[7].

Lycéen à Clermont-Ferrand, c'est en jouant le rôle d'Hémon dans la pièce Antigone de Jean Anouilh qu'il se découvre une passion pour la comédie. Il joue d'abord dans quelques pièces au sein d'une troupe locale puis entre au conservatoire. Un an plus tard, il en sort titulaire du premier prix de comédie moderne[8]. Il fonde ensuite sa propre troupe nommée « Les Colères d'Aristide » dont il est également l'auteur. La troupe part pour Grenoble où il subsiste en vendant ses dessins ou en effectuant quelques petits boulots[8]. Alors qu'il s'accompagnait essentiellement d'objets divers en guise de percussions telles des bouteilles en plastique lorsqu'il chantait[9], il joue désormais d'un instrument de sa création : le monocardon, qui est une kora modifiée à une corde frappée[6]. À cette époque, ses œuvres font l'objet d'une exposition dans une galerie locale pour laquelle il élabore une ambiance musicale avec sa voix, son monocardon et des percussions à l'aide d'un magnétophone multipistes[8].

À force de pérégrinations, il échoue seul à Paris en 1975 et commence à fréquenter plusieurs artistes locaux[8]'[12]. Il connaît alors une vie modeste, dormant sous les ponts ou chez des personnes acceptant de l'héberger, et vit de la vente de ses dessins dans le métro[13]. En parallèle, il commence à chanter seul dans de petites salles tels le théâtre de la Vieille-Grille[12] ou des restaurants[8]. C'est au cours de cette époque qu'il met au point le bicardon, une guitare offerte par un milliardaire anonyme dont il n'a gardé que deux cordes[6]. Il subsiste ainsi tout en démarchant plusieurs labels. En 1977, le producteur de disques Moshé-Naïm qui est intéressé par ses bandes, accepte de se rendre à l'une de ses représentations au théâtre de la Vieille-Grille. Au terme de celle-ci il lui propose d'enregistrer son premier album, ce qu'il accepte[7]'[8].

Il écrit et compose toutes les chansons de son premier album, Les Chants du cœur, ce qu'il fera sur tous ses albums studio à venir, et y joue du darbouka, du monocardon et du bicardon[10]. À sa sortie l'album est salué par la critique pour son « langage orgueilleusement différent », de par ses instrumentations inhabituelles et l'utilisation massive de percussions. De ce fait, l'album est parfois vu comme un précurseur de la world music[10]. Le magazine le Monde de la musique consacrera au disque ainsi qu'à Antoine Tomé un petit article élogieux en 1979 :

« Antoine Tomé chante des images de rêve, impalpables et flagrantes. Quand il se sert des mots, ses mots ont la force de l'extrême dépouillement. Quand les mots n'ont plus d'importance, il en fabrique qu'on appelle onomatopées, et qui battent comme la traduction audible d'un langage souterrain, né de la même pulsation envoûtée que les percussions qui l'entourent. Il y a quelque chose d'africain là-dedans, et Tomé s’accompagne en tisant des rythmes obsédants sur une guitare à deux cordes, ce qui lui donne des airs de griot au visage pâle. Rythme, silence, âme musicale et âme vocale, son langage n'est pas d'ici, il n'est pas d'ailleurs non plus. D'ailleurs, Tomé est né dans le Puy-de-Dôme. Preuve qu'il n'est pas besoin d'être écrasé de soleil pour s'adonner à la magie. Antoine Tomé a sorti l'année dernière un disque superbe - aujourd'hui introuvable, à la suite de la faillite de sa maison de disque. »

[14]

Les Chants du Cœur est d'ailleurs le seul de ses albums vinyles à avoir été réédité au format CD, en 1995[15]. Il est à nouveau réédité en 2018 dans un nouveau mixage effectué à partir des masters de la précédente réédition par le label français Newom Records[16].

Comme mentionné dans l'article du Monde de la musique, peu après la commercialisation de son premier album le label de Moshé-Naïm fait faillite, ce qui le laisse sans maison de disques. Au tout début de l'année 1978, il publie à petit tirage un recueil de textes et poèmes intitulé Préhistoria illustré par ses soins[17]. À en juger par le début du livre, il prévoit de publier plusieurs autres livres : la suite et fin de Préhistoria, un recueil de pièces de théâtre sobrement intitulé Théâtre ainsi qu'un autre ouvrage intitulé Innocence[17]. Ces projets ne se concrétiseront pas excepté Innocence sous forme de disque toutefois. En effet, contraint de faire la manche, il est repéré par le directeur du label Argile, Philippe Gallois-Montbrun, alors qu'il chante dans un restaurant chinois où celui-ci est venu diner[8]. Il lui permet d'enregistrer un nouvel album qui est donc intitulé Innocence commercialisé l'année suivante[18]. En plus d'être l'auteur de toutes les chansons de l'album, il en signe également tous les arrangements, y joue de la guitare comportant désormais trois cordes (visible sur la pochette de l'album Farniente[19]) ainsi que du mellotron. Il est en outre l'auteur de l'illustration figurant au verso de la pochette[20] intitulée Naître de la pierre[13]. La même année, il se produit entre autres au Printemps de Bourges[21].

Réception critiqueModifier

Chanteur à texte, il utilise aussi régulièrement des onomatopée et des langues imaginaires, basés plus sur la rythmique et le son que le sens. C'est une langue qu'il utilise depuis son enfance et qu'il surnommait « pretchichicocoa » par le passé[11]. Cela lui vaut à ses débuts l'estime d'une partie de la presse spécialisée, comme en témoigne l'article « Le griot en visage pâle » paru dans Le Monde de la musique : « Antoine Tomé chante des images de rêve, impalpables et flagrantes. Quand il se sert des mots, ses mots ont la force de l'extrême dépouillement. Quand les mots n'ont plus d'importance, il en fabrique qu'on appelle onomatopées, et qui battent comme la traduction audible d'un langage souterrain, né de la même pulsation envoûtée que les percussions qui l'entourent. Il y a quelque chose d'africain là-dedans, et Tomé s’accompagne en tisant des rythmes obsédants sur une guitare à deux cordes, ce qui lui donne des airs de griot au visage pâle. Rythme, silence, âme musicale et âme vocale, son langage n'est pas d'ici, il n'est pas d'ailleurs non plus. D'ailleurs, Tomé est né dans le Puy-de-Dôme. Preuve qu'il n'est pas besoin d'être écrasé de soleil pour s'adonner à la magie. Antoine Tomé a sorti l'année dernière un disque superbe - aujourd'hui introuvable, à la suite de la faillite de sa maison de disque[14]. »

Après la faillite de sa maison de disque, il enregistre Innocence pour la maison de disques Argile en 1979. Il enregistre ensuite trois albums pour Flarenasch dans les années 1980 puis, en 1990, c'est Chandelle production, structure de Francis Cabrel, qui produit son album Éternité. Le chanteur dit d'ailleurs à son propos « J’aime la grande pureté de ses écritures ; chez lui, pas de blues, aucun reproche, aucune peine… Sa route est faite de transparences et de belles lumières[22]. »

DiscographieModifier

AlbumsModifier

SinglesModifier

  • 1982 : Le Docteur aux grandes oreilles / Je ne saurais aimer autre que vous
  • 1984 : Calcutta / Perdre le Nord, trouver le Nord
  • 1986 : Hello Caroline / L'homme clandestin
  • 1987 : Unis vers l'univers / Manlagosha / Boulevard des stars
  • 1988 : Hey Ha Hey, enregistré sous le pseudonyme Toto Nimatte (sic)
  • 1990 : Jolly Jumper / Le baroudeur solitaire
  • 1990 - Un sexe grand comme le ciel / Éternité
  • 1991 : Être un géant (remix) / Corine
  • 2014 : As-tu déjà parlé à un arbre ? (Extended play)
  • 2015 : Vert

CollaborationsModifier

  • 1999 : Album Odyssées du groupe XII Alfonso (duo avec Judith Robert sur le titre Odyssée et participation au titre Invisible Links (Part 2))
  • 2009 : Chanson Terre, tu peux compter sur moi enregistré sous le nom du groupe fictif Les enfants du phare, chanson écologiste parodique et publicité pour Volkswagen[1]

En groupeModifier

  • 2016 : Windtalker enregistré sous le pseudonyme Toto Nimate avec Tribe
  • 2018 : Poèmes de Ronsard et Apollinaire avec les Passeurs d'étoiles

ThéâtreModifier

Antoine Tomé a joué dans de nombreuses pièces de théâtre[23].

FilmographieModifier

CinémaModifier

Source[24]

Longs métragesModifier

Courts métragesModifier

Clips vidéoModifier

DoublageModifier

CinémaModifier

FilmsModifier

Films d'animationModifier

TélévisionModifier

TéléfilmsModifier

Séries téléviséesModifier

Séries d'animationModifier

Jeux vidéoModifier

Voix offModifier

Livres audioModifier

Émissions de télévisionModifier

DistinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c « Vidéos » (consulté le 13 août 2016).
  2. « Discographie », sur antoinetome.com (consulté le 25 février 2016)
  3. a et b « Le tricardon », sur antoinetome.com (consulté le 30 novembre 2017)
  4. « Acteur », sur antoinetome.com (consulté le 25 février 2016)
  5. « www.lamontagne.fr - Musique - SAINT-ELOY-LES-MINES (63700) - Antoine Tomé. Un coffre-fort de mille et une voix. », sur lamontagne.fr, (consulté le 26 février 2016).
  6. a b et c « Le Tricardon - Part 1: Présentation », sur youtube.com, (consulté le 27 novembre 2017)
  7. a b c et d « Sensation Bizarre n°12 (Antoine Tomé) (par Émissions : Sensation Bizarre) - fiche chanson -B&M », sur http://www.bide-et-musique.com/, (consulté le 3 décembre 2015)
  8. a b c d e f g h et i « Biographie », sur antoinetome.com (consulté le 28 novembre 2017)
  9. a et b « 04/05/2016 - Interview du comédien Antoine Tomé », sur youtube.com, (consulté le 27 novembre 2017)
  10. a b et c « Les chants du coeur (version 1977) », sur antoinetome.com (consulté le 27 novembre 2017)
  11. a et b « ©LES TÉMOINS DES POSSIBLES «Ils ont dit OUI à une vie nouvelle» Troubadour Antoine TOMÉ- », sur youtube.com, (consulté le 27 novembre 2017)
  12. a et b « TV5 "Paris Lumières" Antoine Tomé », sur youtube.com (consulté le 3 décembre 2015)
  13. a et b « Peintre », sur antoine-tome.com (consulté le 27 novembre 2017)
  14. a et b Le Monde de la musique no 16, oct. 1979, p. 18.
  15. « Les chants du coeur (version 1995) », sur antoinetome.com (consulté le 27 novembre 2015)
  16. « Les Chants du Coeur | newom records », sur https://newomrecords.bandcamp.com, (consulté le 10 décembre 2018)
  17. a et b Antoine Tomé, Préhistoria, Arguemone, , 92 p., p. 6.
  18. « Innocence », sur antoinetome.com (consulté le 27 novembre 2017)
  19. « Antoine Tomé - Farniente (Vinyl, LP, Album) at Discogs », sur discogs.com (consulté le 27 novembre 2017)
  20. « Antoine Tomé – «Innocence» (Vinyl, LP, Album) at Discogs », sur discogs.com (consulté le 27 novembre 2017)
  21. « 1977 > 2013 - Le Printemps de Bourges », sur edition2014.printemps-bourges.com (consulté le 27 novembre 2017)
  22. Site d'Antoine Tomé, consulté le 1er septembre 2015.
  23. Pièces référencées sur son site officiel.
  24. « Cinéma et TV », sur Site officiel (consulté le 25 février 2016).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Préhistoria, Arguemone, 1978.

Liens externesModifier

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