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Marlon Brando

acteur américain
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Brando.
Marlon Brando
Marlon Brando (cropped).jpg
Biographie
Naissance
Décès
Période d'activité
Nom de naissance
Marlon Brando JuniorVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Formation
Activités
Père
Marlon Brando, Sr. (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Fratrie
Conjoints
Enfants
Stephen Blackehart (?)
Simon Teihotu Brando (d)
Rebecca Brando (d)
Christian Brando (en)
Cheyenne Brando
Miko Castaneda Brando (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Parti politique
Maîtres
Genre artistique
Western (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinctions
Films notables
Marlon Brando filmography (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
signature de Marlon Brando
signature

Marlon Brando, Jr. [ˈmɑːlən ˈbɹændoʊ][1] est un acteur et réalisateur américain, né le à Omaha (Nebraska) et mort le à Los Angeles (Californie). Il est considéré comme l'un des plus célèbres acteurs américains et l'un des plus influents du XXe siècle, classé par l'American Film Institute « quatrième acteur de légende du cinéma américain ».

Étoile hollywoodienne et sex-symbol à l'instar de Marilyn Monroe, Greta Garbo, Louise Brooks ou James Dean, il est aussi connu pour son implication dans le combat pour les droits civiques aux États-Unis, notamment pour la reconnaissance des droits des Amérindiens et des Afro-Américains.

Marlon Brando, acteur au comportement imprévisible, influence des acteurs de sa génération comme James Dean, Paul Newman, Steve McQueen et Robert Redford ainsi que les meilleurs acteurs de la génération suivante comme Al Pacino, Jack Nicholson, Robert De Niro, Dustin Hoffman ou encore James Caan.

Situation personnelleModifier

Origines et enfanceModifier

 
Marlon Brando en 1948.

Marlon Brando naît dans une famille modeste du Nebraska, qui a des ascendances françaises, allemandes, hollandaises, irlandaises et anglaises. Le nom de famille, d'origine alsacienne-allemande, s'écrivait à l'origine « Brandau »[2], puis a été francisé en « Brandeau », avant d'être américanisé en « Brando »[3] à l'initiative de son grand-père, immigrant. Marlon Jr. était le fils du producteur, acteur et réalisateur Marlon Brando ,Sr. (1895-1965), coureur de jupons notable et alcoolique, et de l'actrice Dorothy Pennebaker (1897-1954), tout autant alcoolique et bohème. Il est élevé en compagnie de ses deux sœurs aînées, Jocelyn et Frances. À cause du souvenir de sa mère ivrogne qu'il allait récupérer la nuit dans des bouges, il adoptera comme ligne de conduite de ne pas boire ni fumer mais connaîtra les mêmes tourments avec sa première épouse toxicomane Anna Kashfi[4]. Mauvais élève, il est envoyé dans une école militaire, la Shattuck Military Academy (en), où il découvre sa vocation pour le théâtre, mais, menacé d'en être exclu pour insubordination, il préfère quitter l'académie.

Vivant de petits boulots grâce à l'intervention de son père, il tente d'incorporer l'armée, mais il est réformé à la suite d'une blessure faite au genou lors d'une partie de football. Il décide alors de rejoindre ses sœurs à New York en 1943[5].

Vie privée et familialeModifier

Il a eu de nombreux enfants :

  • Enfant avec Anna Kashfi :
  • Enfants avec Movita Castaneda :
    • Miko Castaneda Brando (né en 1961) ;
    • Rebecca Brando (née en 1966).
  • Enfants avec Tarita Teriipaia :
    • Simon Teihotu Brando (né en 1963) - le seul habitant de Tetiaroa ;
    • Tarita Cheyenne Brando (1970-1995), s'est suicidée par pendaison.
  • Enfants adoptés :
    • Petra Brando-Corval (née en 1972), fille de son adjointe Caroline Barrett Brando et du romancier James Clavell (alias Charles Edmund Dumaresq de Clavell) ;
    • Maimiti Brando (né en 1977) ;
    • Raiatua Brando (né en 1982).
  • Enfants avec des mères non-identifiées :
    • Stefano Brando alias Stephen Blackehart (né en 1967) ;
    • Dylan Brando (1968-1988) ;
    • Angelica Brando (inconnu).
  • Enfants avec sa gouvernante, Maria Christina Ruiz :
    • Ninna Priscilla Brando (née le 13 mai 1989) ;
    • Myles Jonathan Brando (né le 16 janvier 1992) ;
    • Timothy Gahan Brando (né le 6 janvier 1994).

Connu pour ses nombreuses conquêtes, aussi bien féminines (Marilyn Monroe, Bette Davis, Édith Piaf, Marlène Dietrich, Ursula Andress, Carmen Amaya, Ava Gardner et Jacqueline Kennedy entre autres) que masculines, François Forestier le présentant comme un dépravé sexuel à la gueule d'ange[4]. Il est très proche de l'acteur français Christian Marquand et appellera son premier fils Christian. Il est marié avec Anna Kashfi de 1957 à 1959, puis avec Movita Castaneda de 1960 à 1962. Il quitte cette dernière pour épouser Tarita Teriipaia, sa fiancée dans le film Les Révoltés du Bounty, rencontrée en 1962 sur le tournage du film. Il reste avec elle de 1962 à 1972. Le film lui permet de découvrir la Polynésie française et Tahiti, où il décide d'acheter un atoll, Tetiaroa, et de s'installer.

Connu mondialement par les radioamateurs sous les indicatifs KE6PZH et FO5GJ, Brando est inscrit dans la base de données du FCC sous le nom de Martin Brandeaux. À l'occasion, on pouvait l'entendre avec son indicatif FO5GJ émettant depuis son île privée en Polynésie française. En 1994, au cours d'une entrevue sur CNN avec Larry King, Marlon Brando confirme qu'il s'intéresse toujours au radio-amateurisme. En réponse à une question posée par un téléspectateur, il révèle que le radio-amateurisme lui permet d'« être simplement lui-même ».

Vers la fin de sa vie, la notoriété de Brando, ses problèmes familiaux et son obésité attirent davantage l'attention des médias que sa carrière cinématographique. Des années 1980 à la mi-1990, Brando prend énormément de poids, arrivant à peser près de 136 kg et souffrant de diabète. Il finit ainsi sa vie seul, constamment couché, en regardant sur son magnétoscope les films des duos comiques Laurel et Hardy et Abbott et Costello[4].

Révélation de sa bisexualitéModifier

Sa bisexualité, depuis longtemps soupçonnée, a été révélée par l'acteur lui-même, au cours d'une interview avec Gary Carey en 1976 :

« L’homosexualité est tellement à la mode que ça ne fait plus la une. Comme un grand nombre d’hommes, j’ai, moi aussi, eu des expériences homosexuelles et n’en ai pas honte. Je n’ai jamais prêté beaucoup d’attention à ce que les gens pensaient de moi. Mais s’il y a quelqu’un qui est convaincu que Jack Nicholson et moi sommes amants, alors qu’il le croie. Je trouve ça amusant[6]. »

Cela a été confirmé lors de la parution d'une biographie de Marlon Brando, Marlon Brando : les derniers secrets[7], de Darwin Porter. Cette fois, ce sont les noms de ses partenaires qui sont relatés dans ce livre et notamment des romances avec Bette Davis, Édith Piaf, Marlène Dietrich, James Dean, Montgomery Clift, James Baldwin, Richard Pryor, Marvin Gaye [8]et même Cary Grant pour ne citer qu'eux, en plus d'une affirmation selon laquelle Paul Newman aurait été également bisexuel : « Je n’ai jamais été dupe. Paul Newman a eu autant de liaisons sur des tournages que nous autres, et il était autant bisexuel que moi. Mais, là où moi je me faisais attraper la main dans le sac, lui a toujours réussi à le faire en douce[9] », propos jugés scandaleux par l'entourage de Newman. Dans les années 2000, une photographie le représentant, en gros plan, en train de pratiquer une fellation, refait surface et se propage sur internet, où elle fait sensation. L'image est ensuite reproduite dans le livre Brando Unzipped. L'auteur de l'ouvrage en confirme l'authenticité et présente l'acte photographié comme une plaisanterie faite lors d'une soirée à Harlem[10].

Assassinat commis par un de ses filsModifier

Le 16 mai 1990, dans la villa familiale de Mulholland Drive sise au 40 N Beverly Dr Beverly Hills, CA 90210 à Los Angeles, son fils Christian (en) tue Dag Drollet (en), Tahitien âgé de 27 ans et compagnon de sa demi-sœur Cheyenne, 20 ans, alors enceinte de Dag, avec le pistolet familial et d'une balle dans la tête à bout portant. Cheyenne était le second enfant de Tarita. Commence alors une bataille juridique entre Marlon et J.D. Drollet, le père de la victime, persuadé que Christian avait tué son fils avec préméditation[11].

Selon Christian, le litige portait sur des suspicions de violences physiques de Dag sur Cheyenne, à l'origine d'une querelle ayant dégénéré et au cours de laquelle les deux hommes se seraient bagarrés mais la scène du crime montre la victime la commande de télévision dans une main, un briquet et du tabac dans l'autre[4]. Christian plaide coupable pour ne pas être condamné à perpétuité pour meurtre avec préméditation : libéré sous caution de deux millions de dollars[NB 1], versée par son père qui doit hypothéquer sa demeure qui domine Hollywood pour la payer, il est poursuivi pour homicide volontaire après un plaidoyer de marchandage. Il est finalement condamné en 1991 à dix ans de prison et bénéficie d'une libération conditionnelle en 1996 pour bonne conduite[11].

Sa demi-sœur Cheyenne, seule témoin du meurtre, est inculpée « pour complicité d'assassinat » en juillet 1990 à Papeete par le juge Gatti (à la demande de J.D. Drollet, dit-on)[11]. Instable et toxicomane comme son frère[12], elle sombre alors dans la dépression, faisant deux tentatives de suicide aux antidépresseurs. Laissée en liberté sous contrôle judiciaire, convoquée comme simple témoin au procès de son frère, elle fuit le territoire, se fait assister par Me Jacques Vergès puis par Me Jean-Yves Le Borgne. Bénéficiant d'un non-lieu, J.D. Drollet dépose une nouvelle plainte pour « non assistance à personne en danger », plainte souffrant d'un obstacle juridique car cette notion de non assistance n'a pas d'équivalent dans le droit californien.

Cheyenne effectue plusieurs séjours en hôpital psychiatrique[11], et se suicide par pendaison à Punaauia, Tahiti, en 1995 à 25 ans, laissant son fils Tuki, âgé de cinq ans, orphelin. Elle est enterrée avec Dag. Christian quant à lui se marie en 2004, trois mois après la mort de son père Marlon et meurt, le 27 janvier 2008, d'une pneumonie fulgurante[4].

TestamentModifier

Déposé devant la Cour supérieure (en) de Los Angeles, il mentionne en août 2004 une succession de 21,6 millions de dollars. Des rumeurs laissaient alors croire qu'il vivait dans le dénuement. Ce n'était qu'un stratagème car il était en procès avec sa gouvernante Christina Ruiz, dont il avait trois enfants, et qui lui réclamait 100 millions de dollars.

Moins de deux semaines avant sa mort, il modifie son testament et nomme trois exécuteurs testamentaires, personnes de confiance et amis[13].

Le testament est composé de trois parties, dont la moitié représente la villa de Mulholland drive, à Beverly Hills. L'atoll de Tetiaroa se voit décerner 8,6 millions, le reste est constitué d'un bungalow à Bora Bora et d'objets mobiliers, œuvres d'art, manuscrits, etc. Marjorie Smith avait vendu l'atoll de Tetiaroa à Brando en 1966. Quatre ans après le tournage des Révoltés du Bounty, Marlon reste fasciné par la nature, la culture et la personnalité polynésienne. En 1970, il y ouvre un hôtel dont la maintenance, les salaires aux (rares) employés ne sont assurés que par sa fortune personnelle. Ce ne seront que 33 années de pertes financières[11]. Il est en 2011 la propriété de ses héritiers, lesquels en ont confié l'exploitation à une société hôtelière qui en a fait un complexe hôtelier de luxe, The Brando. Les vols entre Tahiti et Tetiaroa sont assurés par la compagnie aérienne privée Air Tetiaroa, l’unique compagnie desservant l’atoll grâce à une piste.

Les héritiers cités sont ses fils Christian, Miko, Teihotu, ses filles Rebecca Brando Kotlinzky, Maimiti (fille de Tarita, après sa séparation avec Marlon), Raiatua, et les trois enfants de Christina Ruiz, Nina, Myles et Timothy. En sont exclus Tuki, le fils de Cheyenne, et Petra Brando-Corval, fille de son assistante Caroline Barrett. Tuki avait déjà bénéficié, en 1996, d'un million de dollars pour son éducation que gérait sa grand-mère Tarita. Mais Marlon voulait empêcher, par cette exclusion, que J.D. Drollet (père de Dag) accède à l'héritage[13]. Quant à Petra, c'était la fille naturelle de Caroline et d'un écrivain anglais. Marlon ne réussit pas à faire reconnaître la paternité de ce dernier, malgré une fortune dépensée en frais d'avocats[13].

Carrière professionnelleModifier

DébutsModifier

Il suit un peu par hasard le cours de formation d'acteurs de Stella Adler et la méthode de Constantin Stanislavski. Marlon Brando développe une nouvelle façon d'interpréter les rôles, fondée sur l'improvisation et l'oubli du scénario originel, pour un approfondissement psychologique du personnage jusqu'à l'excès. Il ne fait pas semblant d'être un autre, mais incarne un personnage, physiquement et mentalement. « Marlon n’a jamais réellement eu besoin d’apprendre à jouer. Il savait », a un jour déclaré Stella Adler, l’une des enseignantes de l’Actors Studio.

Sa carrière commence au théâtre à Broadway en 1944 avec la pièce I Remember Mama[14]. Il connaît un premier succès d'estime dans Truckline Café mais sa carrière d'acteur est véritablement lancée par Elia Kazan qui lui offre, en 1951, le rôle de Stanley Kowalski dans Un tramway nommé Désir. Brando avait cherché à joindre Elia Kazan au téléphone pendant trois jours pour refuser le rôle, mais lorsque celui-ci le rappelle, il n'ose pas dire non.

Au cours d'une des représentations de cette pièce, un machiniste lui casse le nez alors qu'ils boxent entre deux scènes dans les coulisses. Il termine pourtant la pièce, le nez en sang. Il gardera de cet incident un nez légèrement « déformé »[3].

Sex-symbolModifier

 
Marlon Brando en 1951 dans Un tramway nommé Désir

En 1951, Elia Kazan adapte Un tramway nommé Désir au cinéma. Le film est tiré de la pièce de Tennessee Williams et le rôle de Blanche Dubois est campé par Vivien Leigh qui recevra l'Oscar de la meilleure interprétation féminine. Marquant une nette rupture avec la tradition anglo-saxonne, ce film est un brasier malséant qui mélange dans un contexte social hyperréaliste, les névroses et les pulsions sexuelles. Le choix de Brando est un trait de génie. Le film fait exploser la popularité de Brando, qui devient une star hollywoodienne du jour au lendemain (ce n'est que son deuxième film après The Men de Fred Zinnemann en 1950). En plus de son jeu d'acteur révolutionnaire et de sa prestation époustouflante dans le rôle du vulgaire Stanley Kowalski, Marlon Brando crève l'écran et s'impose comme un sex-symbol incontournable, en redéfinissant les critères de beauté masculine pour toute la seconde moitié du XXe siècle, allant plus loin que Tyrone Power ou Montgomery Clift et étant plus jeune que les Clark Gable, John Wayne et autres Humphrey Bogart qui le précédaient. C'est d'ailleurs ce dernier qui remportera l'Oscar du meilleur acteur en 1951 (pour L'Odyssée de l'African Queen), malgré la nomination de Brando.

Comme l'écrit Truman Capote, il est alors l'image idéale de la jeunesse américaine : cheveux blond foncé, yeux gris-bleu, teint basané, démarche athlétique. La carte des États-Unis est gravée sur son visage. Son rôle dans Viva Zapata! en 1952 lui vaut un prix d'interprétation à Cannes.

L’image de rebelleModifier

Après la pièce Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams, en 1953, il enchaîne avec un film qui rendra célèbres le jeans et le blouson de cuir Perfecto : L'Équipée sauvage de László Benedek. Dans ce film, il exprime toute la révolte d'une génération en devenant Johnny, un motard rebelle sur sa propre moto Triumph Thunderbird 6T qui prend d'assaut une petite ville avec sa bande de jeunes bruyants. Encore une fois, son interprétation va avoir un grand retentissement. Cependant, la marque Triumph voit d'un très mauvais œil l'image que renvoie le film sur elle. Le film et le jeu d'acteur de Brando ne sont pas aussi extraordinaires que dans Un tramway nommé Désir mais c'est le personnage qu'il joue à l'écran (celui de Johnny) qui va lancer une mode et avoir un impact considérable sur la « culture rock », James Dean voudra la même moto que celle du film, et on se souvient de la photo d'Elvis Presley mimant à la perfection la posture de Brando sur sa Triumph. Les images de Brando posant avec sa moto deviendront légendaires et seront la base du mannequin de cire au musée de Madame Tussauds à Londres.

Son personnage Johnny, chef d'un gang de motards, dans le film, prononce cette réplique devenue célèbre :

— Une fille : « Hey Johnny, what are you rebeling against? » (« Hé Johnny, tu te rebelles contre quoi ? ») ;
— Johnny : « What have you got? » (« Qu'est-ce que tu proposes ? »).

À cette époque, certains critiques lui reprochent sa façon de parler assez nonchalante et son manque d'articulation[3]. Frank Sinatra le surnomme d'ailleurs à cet égard « Mister Mumbles »[3](« Monsieur bredouillage »). Mais Brando va les prendre à revers en jouant le rôle shakespearien dans le Jules César de Joseph Mankiewicz en 1954, où dans une scène Marc Antoine (Brando) fait un réquisitoire plus que saisissant.

 
Eva Marie Saint et Marlon Brando dans Sur les quais.

Frank Sinatra devait tenir le rôle de Terry Malloy dans le film suivant d'Elia Kazan : Sur les quais (1954). Au dernier moment, Brando accepte, bien qu'il soit en désaccord avec Kazan qui avait dénoncé ses collègues communistes lors de la chasse aux sorcières de McCarthy. La délation est justement le thème central de ce film qui vaudra à Brando son premier Oscar du meilleur acteur en 1955. On y trouve plusieurs scènes fameuses dont celle dite « du taxi » où Brando fait pleurer des techniciens du plateau par son simple monologue[réf. nécessaire]. La même année, il incarne Napoléon Bonaparte à l'écran dans Désirée d'Henry Coster avec Jean Simmons.

Multiplicité de son talentModifier

Marlon Brando est alors la plus grande star masculine hollywoodienne, il n'a peur de rien et va donc s'essayer à la comédie musicale avec comme partenaire Frank Sinatra. Dans la vie, les deux acteurs se détestent [réf. nécessaire]. Le film s'intitule Guys And Dolls (Blanches colombes et vilains messieurs). Gene Kelly était pressenti pour le premier rôle mais la MGM n'ayant pas voulu le libérer, c'est Brando qui l'obtient et joue pour la première fois dans une comédie musicale. En 1956, il joue avec Glenn Ford dans The Teahouse Of The August Moon (La Petite Maison de thé) où il interprète un Asiatique. Il poursuit dans la même veine de manière plus sérieuse avec Sayonara où il joue le rôle d'un soldat américain dont l'amour avec une Japonaise est impossible, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

En 1958, il interprète son plus grand rôle depuis Sur les quais, dans le film d'Edward Dmytryk The Young Lions (Le Bal des maudits) où il joue le rôle d'un officier allemand, aux côtés de Dean Martin et Montgomery Clift. L'année suivante, il joue dans The Fugitive Kind (L'Homme à la peau de serpent) le rôle d'un musicien solitaire à la veste en peau de serpent, avec Anna Magnani et Joanne Woodward. Le film, adapté d'une pièce de Tennessee Williams écrite spécialement pour Brando, ne connait pas le succès mais devient un « film culte »[réf. nécessaire].

Années 1960 et déclinModifier

Durant l’année 1960, Brando travaille sur un western avec Sam Peckinpah puis Stanley Kubrick intitulé La Vengeance aux deux visages. Après d'innombrables querelles sur le scénario et la direction, Marlon Brando finit par réaliser le film lui-même, en 1961, jouant dans celui-ci en compagnie de Karl Malden. Du fait de gros retards pris pendant le tournage et d'un fort dépassement de budget, les producteurs décident de ne pas lui confier le montage final. Méconnu, le film distille une atmosphère particulière pour un western et sera le seul film réalisé par Brando. En 1962, il refuse le rôle de Lawrence d'Arabie.

En 1962, il joue dans Les Révoltés du Bounty de Lewis Milestone, La Poursuite impitoyable d'Arthur Penn en 1966, et les Reflets dans un œil d'or de John Huston, en 1967, où il joue un officier de l'armée qui refoule son homosexualité. En 1968, il joue aussi un gourou dans la comédie graveleuse Candy de Christian Marquand. En 1969, il refuse Butch Cassidy et le Kid pour tourner dans Queimada, dont il déclarera plus tard qu'il est son film préféré malgré son échec commercial. À la fin de la décennie, sa carrière souffre de sa réputation d'être difficile sur les plateaux de tournage et des échecs commerciaux répétés de ses films.

Succès phénoménal avec Le ParrainModifier

En 1972, la prestation de Brando dans Le Parrain marque une étape et relance sa carrière alors en berne. Le réalisateur, Francis Ford Coppola, parvient à convaincre Brando de faire des tests de maquillage. Lui, qui n'avait plus passé de casting depuis près de vingt ans, se prend au jeu, se crée un nouveau visage avec boules de coton dans les joues, se donnant un air de bouledogue dur et impitoyable. Aux essais, Coppola est très emballé par sa prestation en tant que parrain d'une famille du crime organisé, la famille Corleone, au sein de Cosa Nostra. Coppola doit se battre pour l'imposer, contre l'avis des studios Paramount qui ne veulent pas de Brando au casting. Les dirigeants de la Paramount veulent donner le rôle à Danny Thomas. Thomas décline le rôle et Coppola presse les studios d'engager Brando avec l'aide des témoignages de ceux qui ont assisté à ses essais.

Pour son rôle dans Le Parrain, Brando reçoit un nouvel Oscar du meilleur acteur en 1973, qu'il refuse pour protester contre la manière dont le cinéma américain traite les natifs américains dans ses films[15],[16]. À la place, il envoie Sacheen Littlefeather (en), l'activiste pour la défense des droits civiques des natifs américains, venue en costume traditionnel Apache.

En 1974, Brando, comme Caan, sont programmés pour apparaître dans la scène finale du Parrain 2. Mais à la suite d'une dispute entre l'acteur et les studios au sujet de son salaire, Brando refuse de venir une seule journée pour tourner la scène, au point que les scénaristes doivent réécrire la scène finale où son personnage est juste évoqué.

Le Dernier Tango à ParisModifier

En 1972 sort Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci. Brando est encore une fois sélectionné pour l'Oscar du meilleur acteur. Ce film provoque un scandale par les scènes érotiques crues entre un homme mûr et une très jeune femme, dont une scène de viol, décidée le matin même par Brando et Bertolucci. Ces derniers n'en ont pas informé l'actrice, Maria Schneider, en sachant qu'elle refuserait, et voulant, selon le réalisateur, qu'elle ressente « l'humiliation et la rage » et non pas qu'elle la joue. Cette scène de viol aurait conduit Maria Schneider à arrêter sa carrière après ce film[17].

Dernières années et fin de carrièreModifier

Francis Ford Coppola, propose à Brando, pour Apocalypse Now, film en développement depuis 1975, d'interpréter le sombre colonel Kurtz, héros de l'armée américaine, promis aux plus hauts postes mais brisé par son expérience de la guerre du Viêt Nam[18]. Brando, après bien des hésitations, finit par accepter en février 1976 pour une somme de 3 millions de dollars. Le tournage commence en mars 1976. Mais Coppola connait des difficultés financières et des retards, notamment à cause de Brando qui veut un intéressement sur les entrées du film. D'autant que la partie du colonel Kurtz est marquée par une réécriture des dialogues et de grandes difficultés scénaristiques, Coppola cherchant toujours une fin plus satisfaisante et l'acteur n'ayant pas respecté la demande du cinéaste de lire Au cœur des ténèbres, la nouvelle de Conrad qui inspire le film et son personnage. S'ajoute un autre problème, celui du physique de Brando, qui a énormément grossi et pèse plus de 110 kilos. Pour compenser sa corpulence, Coppola décide de le filmer dans la semi-obscurité et en contre-plongée. Cela a pour effet d'accroître l'aura mythique du personnage et sa folie[19]. Le film reçoit la Palme d'or du Festival de Cannes 1979. Les critiques voient dans le rôle du colonel Kurtz un parallèle à la carrière de Brando et ce qu'il est devenu, un personnage solitaire et perdu.

En 1977, Brando est le narrateur de la version anglaise du film Raoni, et, en 1978, il joue le rôle de Jor-El, le père de Superman dans le film du même nom. Il accepte d'apparaître à l'écran si les producteurs lui garantissent qu'il aura un petit rôle (10 minutes d'apparition) très bien payé. Pour douze jours de travail, Brando est payé 3,7 millions de dollars, plus 16,86 % du chiffre d'affaires du film. Superman ayant rapporté 300 millions de dollars, Brando gagne donc en tout plus de 50 millions. Même pour ce petit rôle, il ne prend pas la peine d'apprendre son texte et se contente de le lire posé sur un support posé hors caméra[NB 2]. Brando assume n'avoir tourné ce « film plutôt stupide » que pour l'argent[20],[21]. Pour Superman II, Brando reprend le rôle de Jor-El mais se fâche avec les producteurs à cause de son salaire. Il refuse que ses scènes apparaissent à l'écran. Après sa mort, en 2004, ses héritiers acceptent que les scènes soient utilisées dans le film Superman Returns sorti en 2006.

De 1980 à 1989, il se désintéresse du cinéma. En 1989, il joue le rôle d'un avocat dans Une saison blanche et sèche, un film sur les discriminations en Afrique du Sud. Son salaire sera reversé à des associations luttant contre l’apartheid. Toujours attaché à défendre la cause des natifs américains, il tourne en 1997 dans The Brave, un film de Johnny Depp. La relation entre les deux hommes est plus que cordiale, Brando appréciant que Depp, en tant que réalisateur, lui fasse confiance pour son rôle.

En 2001, il apparaît pour la dernière fois au cinéma dans le film The Score avec Robert De Niro et Edward Norton. La même année, on le voit aussi dans le clip de la chanson You Rock My World de Michael Jackson, dont il était un ami proche. Il fait également une brève apparition sur scène pour le concert des trente ans de carrière de Michael Jackson, la veille des attaques terroristes du 11 septembre, il est payé 1 million de dollars.

Il meurt le à Los Angeles, en Californie, d'une insuffisance cardiaque ainsi que d'une insuffisance respiratoire. Ses cendres furent dispersées en partie à Tahiti et en partie dans la vallée de la Mort.

MéthodeModifier

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Brando est, avec Montgomery Clift, l'un des premiers acteurs à Hollywood à incarner un rôle selon "La Methode" de l'Actor's studio : le personnage est au-dessus de l'acteur, celui-ci se doit de se mettre au niveau du personnage et ne pas se laisser aller à des tics qui parasiteront le jeu. Ainsi il ne sur-joue pas, au contraire il "sous-joue", comme il le dit lui-même « Si vous êtes à 100 % il faut jouer à 80 % »[22]. Sa manière de parler en articulant mal, ses silences rendent ses personnages plus naturels, plus proches de la vie quotidienne. Il abandonne petit à petit certains enseignements de l'Actors Studio tel que certaines « performances » (il passe plusieurs mois en chaise roulante pour C'étaient des hommes) pour se concentrer sur les émotions et les sentiments du personnage, puisant dans ses souvenirs et son vécu. Il a su imposer à Hollywood ce type de jeu particulier allié à son physique avantageux, ce qui lui a permis de jouer dans tout type de films du navet aux chef-d'oeuvre absolu. Quoique avare en compliments il appréciait, dans la jeune génération, le jeu d'Al Pacino et surtout celui de Robert Duvall à qui il souhaitait une belle carrière et de bons rôles[23].

Hollywood vu par BrandoModifier

Dans une interview sur CNN en avril 1996 il déclare à Larry King que l'establishment juif à Hollywood exploite les stéréotypes raciaux et ethniques :

« Ils (ndlr : les Juifs) devraient avoir une grande sensibilité à la souffrance parce qu'ils ont été eux-mêmes exploités. On a vu le nègre, le gros latino, le chinetoque, le jap dangereux aux yeux bridés, mais on n'a jamais vu le youpin parce qu'on sait parfaitement qu'on va dessiner les wagons autour[24]. »

Filmographie (sélection)Modifier

Comme réalisateurModifier

Comme acteurModifier

 
Marlon Brando sur scène dans Un tramway nommé Désir d'Elia Kazan (1948).
 
Marlon Brando dans Viva Zapata! d'Elia Kazan (1952).

Années 1950Modifier

Années 1960Modifier

Années 1970Modifier

Années 1980Modifier

Années 1990Modifier

Années 2000Modifier

Films sur Marlon BrandoModifier

Récompenses et nominationsModifier

Voix françaisesModifier

Les producteurs français ont cru bon de doubler la voix de Brando plutôt douce et haute par des voix plus graves et viriles, gommant ainsi une part de la personnalité, plus ambigüe, de l'acteur. En France, William Sabatier a été la voix française la plus régulière de Marlon Brando[25],[26],[27]. Il a également été doublé à quatre reprises par Bernard Noël et Georges Aminel.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Darwin Porter, Marlon Brando : les derniers secrets, Nouveau Monde Éditions, 707 pages, 2008 (ISBN 2-8473-6353-X)
  • François Forestier, Un si beau monstre (biographie), Albin Michel, 2012
  • Samuel Blumenfeld, Les Derniers Jours de Marlon Brando, édition Stock, 2019[34]

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Initialement de dix millions, ramenée à deux, cette somme constitue la plus grande caution versée à cette époque.
  2. Cette anecdote est révélée dans le documentaire sur le tournage du film de la version DVD sortie en 2001.

RéférencesModifier

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. (fr) [1].
  3. a b c et d (en) Marlon Brando Biography - IMDb
  4. a b c d et e François Forestier, Un si beau monstre, Albin Michel, , 283 p. (ISBN 978-2226240279).
  5. (en) Marlon Brando et Robert Lindsey, Brando : Songs My Mother Taught Me, Random House, (ISBN 0-679-41013-9), p. 32-34.
  6. « Homosexuality is so much in fashion it no longer makes news. Like a large number of men, I, too, have had homosexual experiences and I am not ashamed. I have never paid much attention to what people think about me. But if there is someone who is convinced that Jack Nicholson and I are lovers, may they continue to do so. I find it amusing. ».
  7. Darwin Porter, Marlon Brando : les derniers secrets, Nouveau Monde Éditions, 707 pages, 2008 (ISBN 2-8473-6353-X).
  8. (en) David Marchese, « Quincy Jones on the Secret Michael Jackson and the Problem With Modern Pop », Vulture,‎ (lire en ligne, consulté le 8 juin 2018).
  9. « He never fooled me. Paul Newman had just as many on-location affairs as the rest of us, and he was just as bisexual as I was. But, where I was always getting caught with my pants down, he managed to do it in the dark. »
  10. The Internet Keeps Falling in Love with Marlon Brando’s Fellatio Pic sur gawker.com.
  11. a b c d et e Tahiti-Pacifique magazine, n° 160, août 2004
  12. « Les déboires judiciaires du fils de Marlon Brando », sur LCI, .
  13. a b et c Tahiti-Pacifique magazine, n° 160, p. 17.
  14. (en) Dan Dietz, The Complete Book of 1940s Broadway Musicals, Rowman & Littlefield, (ISBN 9781442245280, lire en ligne).
  15. (en) Cérémonie des Oscar « Marlon Brando's Oscar® win for " The Godfather", 1973
  16. (en) Marlon Brando, « The Unfinished Oscar Speech », 27 mars 1973.
  17. https://information.tv5monde.com/terriennes/le-dernier-tango-paris-de-bernardo-bertolucci-quand-un-viol-de-cinema-n-est-pas-une.
  18. Il s'enfuit alors au fond de la jungle avec des déserteurs, assujettit les indigènes et fait appliquer ses propres règles de guerre. Il développe autour de lui un culte mythique de sa personnalité en commettant des actes d'une atroce sauvagerie sur ceux qui s'opposent à lui
  19. Le tournage épique du film, dont la partie avec Brando, est résumé dans le documentaire Aux cœurs des ténèbres : L'Apocalypse d'un metteur en scène. Néanmoins, une étude de la correspondance Coppola-Brando et plusieurs biographies suggèrent que les reproches étaient exagérés, voir « Brando v. Coppola: Debunking the Myth of Apocalypse Now », sur HuffPost, .
  20. « An Irritated Christopher Reeve Once Accused Brando of "Phoning In" Superman Performance », sur Hollywood Reporter,
  21. Documentaire Listen to me Marlon de Stevan Riley, 85e minute, cité dans (en) « Listen To Me Marlon – In Cinemas Now + Own it on Blu-Ray and DVD November 30 – Top 10 Most Iconic Brando Films », sur The Fan Carpet,
    "I have made as much as $14 million for 12 days' work ... ... on a rather silly movie. I used to paste the cue card on actors' faces. It saved me a lot of time ..."
  22. Les chansons que m'apprenait ma mère, Marlon Brando.
  23. voir les chansons que m'apprenait ma mère, Marlon Brando.
  24. « Marlon Brando attaque les Juifs d'Hollywood » sur liberation.fr, consulté le 12 aout 2013.
  25. a et b « Article » sur Objectif-cinema.com.
  26. a et b « Excès de lecture : Rencontres autour du doublage » sur Lci.tf1.fr
  27. a b c et d « Article » sur Danslombredesstudios.fr.
  28. « Une autre histoire : Georges Aminel » sur Une-autre-histoire.org
  29. « Hommage lors du décès du comédien André Falcon » sur Cinetom.fr
  30. « La carrière de Pierre Trabaud » sur Pierrotetsesamis.fr.
  31. « "Tiens, sa voix me dit quelque chose" - Quand les doubleurs passent de l'autre côté de l'écran » sur Senscritique.com.
  32. « Hommage à Michel Duchaussoy » sur Cinememorial.com
  33. a et b « Comédiens ayant doublé Marlon Brando en France », sur RS Doublage
  34. « Les derniers jours de Marlon Brando », sur www.editions-stock.fr, (consulté le 5 décembre 2019)