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Marilyn Monroe

actrice et chanteuse américaine
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Marilyn Monroe
Description de cette image, également commentée ci-après
Marilyn Monroe en 1953.
Nom de naissance Norma Jeane Mortenson
Naissance
Los Angeles, Californie
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 36 ans)
Los Angeles, Californie
États-Unis
Profession Actrice, chanteuse
mannequin
Films notables Les hommes préfèrent les blondes
Sept ans de réflexion
Le Prince et la Danseuse
Certains l'aiment chaud
Les Désaxés
Site internet

(en) « Site officiel » (consulté le 17 avril 2016)

Marilyn Monroe Signature.svg
Signature de Marilyn Monroe

Marilyn Monroe [ˈmɛəɹɪlɪn mənˈɹoʊ][1], née Norma Jeane Mortenson[2],[3],[4],[5] (Norma Jeane Baker selon son certificat de baptême[6]) le à Los Angeles où elle est morte le , est une mannequin, actrice et chanteuse américaine. Plus d'un demi-siècle plus tard, elle continue d'être une icône majeure de la culture populaire.

Elle se destine initialement au mannequinat avant d'être repérée par Ben Lyon et de signer son premier contrat avec la 20th Century Fox en août 1946. Au début des années 1950, elle accède au statut de star hollywoodienne et à celui de sex-symbol. Ses grands succès incluent Les hommes préfèrent les blondes (1953), Sept ans de réflexion (1955) ou encore Certains l'aiment chaud (1959) qui lui vaut le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie en 1960.

En dépit de son immense notoriété, sa vie privée est un échec et sa carrière la laisse insatisfaite (elle se maria à 16 ans pour échapper à son milieu, ayant vécu une enfance difficile faite de mauvais traitements, dont un viol[7]). Les causes de sa mort à 36 ans demeurent l'objet de vives spéculations (suicide, surdose de barbituriques ou assassinat politique), contribuant à son statut d'icône culturelle. Selon le Guide de la culture populaire des États-Unis, seuls Elvis Presley et Mickey Mouse comptent parmi les rares rivaux en popularité de Monroe.

BiographieModifier

AscendanceModifier

 
Certificat de naissance de Norma Jeane Mortenson, dite Marilyn Monroe.

Les arrière-arrière grands-parents sont George Willis Hogan né en 1823 dans le Kentucky (parents : Zachariah Hogan et Delilah Marksberry) et Sarah Ann Owen née en 1823 en Virginie (fille de Edward Owen). Ils se sont mariés le 11 mars 1843. Ils ont eu un fils, Tilford Marion Hogan, et une fille, Mary Ann (1844-1930) [8].

Les arrière-grands-parents de Marilyn s’appellent Tilford Marion Hogan (1851-1933) et Charlotte Virginia (Jennie) Nance (1857-?). Ils se sont mariés en 1870 et ont vécus dans le Missouri, ils ont eu 4 enfants dont Della, 2e née. Les 3 autres enfants sont Dora, Myrtle et William Marion[8].

Della (1876-1927 fille de Tilford et Jennie) épouse en 1899 un peintre en bâtiments de dix ans plus âgé qu’elle, Otis Elmer Monroe. Ils partent pour le Mexique travailler dans une société de chemins de fer où on lui avait promis un bon salaire, puis revient en Californie en 1903, pour un meilleur emploi à la Pacific Railway Electric. En 1902 alors qu'ils sont encore au Mexique, Gladys (mère de Marilyn) voit le jour. En 1905, un autre enfant vint agrandir la famille, Marion (1905-?)[8],[9].

Entre 1903 et 1909, la famille déménage une douzaine de fois, menant une vie précaire et instable. À partir de 1907, la santé d'Otis se dégrade. Hospitalisé en 1908, il meurt en 1909 d’une syphilis nerveuse, contractée à cause des déplorables conditions d’hygiène qu’il avait connu au Mexique où la maladie sévissait de façon épidémique. Il fut enterré à Whittier. Della continua sa vie, elle se remaria 2 fois, puis divorcera. Elle souffrit de soucis de santé. Marion son fils se maria avec une camarade d'école. Della mourut le 23 août 1927, d'un arrêt cardiaque[9].

La mère de Marilyn, Gladys Pearl Baker Mortenson Monroe[10] ( - [11]) née au Mexique de parents américains, travaille comme monteuse dans le laboratoire cinématographique Consolidated Film Industries (en). Le , elle épouse John Newton « Jasper » Baker[12],[13], dont Marilyn adoptera le patronyme en 1938. Le couple a deux enfants : Robert Kermit « Jack » (né le ) et Berniece Inez Gladys Baker Miracle (née le ). Gladys connaît autant de liaisons sentimentales sans lendemain que de problèmes psychologiques et de santé, aussi Marilyn ne connaîtra jamais l'identité de son vrai père[14]. Gladys Pearl Monroe mourut en 1984 en Floride à l'âge de 81 ans. Cependant, elle sera très affectée par le décès de sa fille Marilyn en 1962, certaines informations rapportent qu'elle tenta suite à son décès, de mettre fin à ses jours[9].

Le père de Marilyn serait[15] Stan Gifford avec qui Gladys était retournée quatre mois après son mariage avec Edward Mortensen le 11 octobre 1924. Gifford refusa d'épouser Gladys même lorsqu'elle fut enceinte. Marilyn fut donc déclarée sous le nom du mari officiel (John Baker) de sa mère. La photo de Stan Gifford, avec sa petite moustache qui lui donnait un faux air de Clark Gable trônait toujours chez Gladys et elle le présenta à Marilyn comme son père véritable.[réf. nécessaire] Martin Edward Mortenson ou Mortensen : Né en 1897,mort en 1981. Père officiel noté sur l'acte de naissance de Marilyn Monroe[6]. Il épouse Gladys en 1924 et ils se sépareront ensuite[9] en août 1925.

Le , elle demande le divorce pour « cruauté et cruauté mentale »[16] mais est accusée en retour de « comportement indécent et de luxure ». Le divorce est prononcé le 11 mai 1923[17]. Gladys obtient la garde de ses enfants, mais incapable de s'en occuper, elle est contrainte de les laisser à leur père, qui s'est installé dans le Kentucky et s'est remarié. Robert meurt le à l'âge de 15 ans. Quant à Berniece, elle ne renouera avec sa mère qu'en 1939, alors que celle-ci est internée à l'hôpital Agnews State pour schizophrénie (c'est à cette occasion qu'elle apprendra l'existence de sa demi-sœur, Norma Jeane). Marilyn ne connaîtra pas son demi-frère Hermitt Jack, en revanche, elle rencontrera pour la première fois sa demi-sœur Berniece, en 1944 dans le Tennessee. Berniece Inez Gladys Baker la demi-soeur de Marilyn, est née le 30 juillet, 1919 à Venice, en Californie. Sa mère est Gladys Pearl Monroe et son père est John Baker, En 1938, Gladys fit parvenir a sa fille Bernièce une lettre, lui apprenant l'existence de sa demi-soeur Marilyn. La mère et la fille s'ecrivèrent souvent suite à cela. Bernièce envoya aussi une lettre à Marilyn. Un échange de courrier commenca entre elles. En 1938, Bernièce donna naissance à sa fille, Mona Rae. En 1944, Bernièce et Marilyn se rencontrèrent pour la première fois.

Enfance et adolescenceModifier

 
Monroe pendant ses premiers mois de vie.

Marilyn Monroe naît le à l'hôpital général de Los Angeles en Californie[18], sous le nom de Norma Jeane Mortenson[19],[20]. Elle est cependant baptisée sous le nom de Norma Jeane Baker[21]. Son prénom est choisi par sa mère[22] en référence à l'actrice Norma Talmadge.

Sur le certificat de naissance[19] apparaissent les noms de sa mère, Gladys Monroe, et du mari de celle-ci à l'époque, Martin Edward Mortenson (1897-1981)[23],[24], un Californien d'origine norvégienne exerçant la profession de releveur de compteurs de gaz. Le couple s'était marié le 11 octobre 1924[25],[26] mais s'était séparé en mai 1925 (soit un an avant la naissance de Marilyn) ; Mortenson obtient le divorce le 15 août 1928 pour « abandon de domicile »[27].

Bien qu'elle soit une enfant légitime[28],[24], Marilyn a toute sa vie nié le fait que Mortenson soit son père[23]. Lorsqu'elle était enfant, sa mère lui aurait montré une photographie d'un homme qui aurait été son père. Elle se souvient qu'il a une fine moustache et une certaine ressemblance avec Clark Gable[23],[29].

Pendant une très longue période, Gladys, régulièrement internée à cause de ses troubles schizophréniques avec délires paranoïaques[30] ne peut pas s'occuper de sa fille qui est placée en orphelinat[31] puis en familles d'accueil[32]. Marilyn préfère prétendre longtemps que sa mère est morte, plutôt que d'avouer qu'elle vit dans un institut psychiatrique[33].

Norma Jeane est ainsi confiée pendant les sept premières années de sa vie à Albert et Ida Bolender[34], voisins de sa grand-mère Della, à Hawthorne (Californie). Dans son autobiographie[35], Marilyn mentionne qu'elle ne savait pas qui était « cette dame rousse » (sa mère) qui lui rendait visite de temps en temps pendant cette période[36]. En 1933, elle peut vivre quelque temps avec Gladys qui loue une chambre chez les Atkinson, à Arbol Street (Hollywood) mais celle-ci est internée l'année suivante à la suite d'une nouvelle crise d'hystérie. En 1935, Grace McKee, colocataire, collègue de travail et meilleure amie de Gladys, demande à devenir la tutrice de Marilyn, ce qui sera officialisé le [37].

Elle fera ses études secondaires à la Van Nuys High School de Los Angeles[38].

En 1941, Norma Jeane fait la connaissance de James « Jim » Dougherty[39], un voisin de cinq ans son aîné, ouvrier dans la première usine de drones radio-commandés, la Radioplane Company[40], créée par l'acteur Reginald Denny. Grace, qui arrange le mariage, organise les noces qui ont lieu le [41], soit quelques jours après son seizième anniversaire. Un an plus tard, après qu'elle a abandonné ses études, Jim rejoint la marine marchande puis en 1944 un équipage de B-17 au-dessus de l'Allemagne, avant son retour à la vie civile dans le LAPD. Norma Jeane travaille à l'ignifugation des ailes d'avions et de drones et à l'inspection des parachutes dans l'usine de son mari. C'est dans cette usine qu'elle est repérée par des photographes militaires[42].

Ce qu'a relaté Marilyn de sa vie de femme mariée ne correspond en rien aux affirmations que Jim a faites beaucoup plus tard[43]. Alors qu'elle raconte que la sexualité ne l'intéressait pas à cet âge et qu'elle considérait Jim plutôt comme un grand frère, lui s'étend sur l'initiation dont il a fait profiter sa jeune épouse[43].

Carrière de mannequin et premier pas au cinémaModifier

 
Photographie (coloriée) du photographe de l'US Army David Conover, datée du et issue du magazine Yank. Marilyn Monroe porte le nom de « Norma Jeane Dougherty ».

En 1944, elle rencontre pour la première fois sa demi-sœur, Bernice Baker Miracle, dans le Tennessee, son demi-frère, Hermitt Jack, étant déjà décédé. La première photo quasi professionnelle de Norma Jeane est prise le par le photographe David Conover (en)[44] pour le magazine Yank[45] dans le cadre d'une campagne de l'armée américaine pour illustrer l'implication des femmes dans l'effort de guerre[46]. En quelques mois, elle fait la couverture d'une trentaine de magazines de pin-up et commence à se faire connaître comme la « Mmmmm girl »[47]. Elle abandonne son travail pour se consacrer à sa carrière de mannequin, notamment, en août 1945, auprès de l'agence Blue Book Modeling Agency[48] dirigée par Emmeline Snively (it)[49] où elle prend des cours de mannequinat à l'école interne la Blue Book Models School de Los Angeles[50]. En décembre 1945, elle tourne son premier film-test pour l'agence, afin de promouvoir des maillots de bain. En février 1946, elle éclaircit la couleur de sa chevelure pour la campagne de publicité d'un shampoing[51]. Elle divorce d'avec Jim, avec lequel elle n'a que peu de contacts en raison de leur éloignement, le [52].

 
Marilyn Monroe en 1947 alors qu'elle est sous contrat avec la 20th Century-Fox. Elle apparaît dans deux petits rôles pendant son contrat et est libérée au bout d'un an.

Rêvant de devenir actrice de cinéma[53], elle prend des cours de théâtre[54], continue de se teindre en blond clair et se dessine son fameux grain de beauté au crayon, parfois au menton, le plus souvent sur la joue gauche au-dessus de la lèvre pour masquer une tache pigmentée[51]. Norma Jeane attire l'attention d'un cadre de la 20th Century Fox, Ben Lyon, qui lui fait passer un essai. Impressionné, ce dernier déclare : « Voici la nouvelle Jean Harlow[55]. » Elle signe avec la Fox un premier contrat de six mois le , pour un salaire de 75 US$ par semaine[56]. Sur les conseils de Ben Lyon , elle convient de changer son nom en Marilyn Monroe[57], le prénom Marilyn étant inspiré par l'actrice Marilyn Miller et le nom Monroe venant de sa mère[58] (elle adoptera officiellement ce patronyme le 23 février 1956[5]). Elle effectue des actions promotionnelles en tant que mannequin, et à ce titre est élue « reine honoraire » du Festival des artichauts de Castroville (Californie) en 1948[59].

Elle apparaît pour la première fois à l'écran en 1947 dans Bagarre pour une blonde et Dangerous Years. En 1948, elle signe un nouveau contrat avec la Columbia d'une durée de six mois[60] et tourne dans le film musical à petit budget Les Reines du music-hall. Le film étant un échec, son contrat n'est pas renouvelé[61]. Son apparition dans La Pêche au trésor des Marx Brothers impressionne les producteurs qui l'envoient à New York faire la promotion du film[62]. Lors d'une séance de photos au Racquet Club of Palm Springs (en), Marilyn attire l'attention de Johnny Hyde, vice président de la société artistique William Morris Agency[63], qui accepte de devenir son agent artistique et signe avec elle un contrat de 3 ans le 2 mars 1950[64] et deviendrait, selon certaines rumeurs, son amant[65]. Il lui obtient un rôle pour Quand la ville dort de John Huston[66]. Les critiques soulignent alors la qualité de sa performance[62]. Elle manque néanmoins d'argent, ce qui l'amène, sous le nom de Mana Monroe, à poser nue pour le photographe Tom Kelley (en)[67], photos de calendrier qui font le tour du monde quelques années plus tard lorsqu'elle devient célèbre (cf. Nudité dans sa carrière).

Remarquée par Joseph L. Mankiewicz, qui distingue en elle un « grand talent »[68], elle est engagée par ce dernier dans Ève (1950) aux côtés de Bette Davis. Compte tenu du succès de ses derniers films, Marilyn négocie un contrat de sept ans avec la 20th Century Fox en décembre 1950[69]. En septembre, Photoplay Magazine fait paraître le premier article de fond sur elle : How a star is born? (« Comment naît une vedette ? »), faisant allusion au film A Star Is Born de William A. Wellman (1937) et lui décerne le Rising Star award (prix de l'étoile montante)[70].

L'année suivante, Marilyn s'inscrit à l'Université de Californie à Los Angeles où elle étudie la littérature et l'art[71] et apparaît dans des films mineurs avec pour partenaires des acteurs comme Mickey Rooney, Constance Bennett, June Allyson, Dick Powell et Claudette Colbert[72]. Jamais nommée aux Oscars, elle y fait sa première et unique apparition le pour remettre celui du meilleur son à Thomas T. Moulton pour Ève[73]. Une soirée de cauchemar qu'elle termine en larmes en découvrant sa robe déchirée[73]. Elle auditionne pour l'adaptation du comic strip Li'l Abner pour la télévision mais le projet ne se concrétise pas[74].

ConsécrationModifier

En mars 1952, Marilyn Monroe fait scandale pour avoir posé nue sur un calendrier. Cet épisode de sa vie, loin de ternir sa carrière, ajoute à sa notoriété (cf. Nudité dans sa carrière). Elle déclare aux journalistes avoir posé pour payer son loyer[75]. Les 50 dollars qu'elle a touchés pour la séance de pose lui servent à racheter sa voiture qui était saisie et dans laquelle elle avait eu le temps d'entasser ses quelques affaires[76][source insuffisante].

 
Marilyn Monroe dans Troublez-moi ce soir (1952).

Le , elle fait pour la première fois la une du magazine Life[77] où elle est décrite comme « The Talk of Hollywood »[78]. C'est à ce moment qu'elle commence sa romance avec Joe DiMaggio[79], légende vivante du baseball qui vient juste à l'époque de prendre sa retraite.

La chroniqueuse de cinéma Hedda Hopper décrit Marilyn comme "Saloon and Sex authority" tandis que le producteur Jerry Wald dit à son sujet qu'elle "marche comme une antilope, à l'arrêt à un serpent dressé (snake encoiling), et quand elle parle vous n'entendez pas ses mots c'est comme elle vous murmurait qu'elle vous aime"[80].

Elle tourne dans les mois suivants quatre films. Pour RKO Pictures, elle tient un second rôle dans Le démon s'éveille la nuit de Fritz Lang avec Barbara Stanwyck[81]. Sortie en juin 1952, le film est un succès critique et public[82]. Elle participe ensuite à la comédie Cinq mariages à l'essai et le drame Troublez-moi ce soir dans lequel elle tient le rôle principal[83], celui d'une nourrice qui menace de s'en prendre à l'enfant dont elle a la charge. La critique ne suit pas, et Variety qualifie le film de « léger[84]. » Dans Chérie, je me sens rajeunir où elle apparaît pour la première fois en blonde platine, elle joue aux côtés de Cary Grant et de Ginger Rogers sous la direction de Howard Hawks. Le film réalise un bon score au box-office malgré certaines critiques négatives[85].

Darryl F. Zanuck voit en elle un fort potentiel commercial et l'engage pour Niagara[86] dans lequel elle interprète une femme fatale qui souhaite faire assassiner son mari que joue Joseph Cotten[87]. Les critiques apprécient le film et considèrent son interprétation comme « ouvertement sexuelle »[87]. Constance Bennett juge que Marilyn a « un grand avenir devant elle[88]. » Zanuck l'a cependant toujours méprisée en tant qu'actrice et ne s'est pas privé de le lui faire savoir[89]. Ce dernier est suivi par l'actrice Joan Crawford, qui décrit Marilyn comme « vulgaire »[90].

 
Toujours dans Les hommes préfèrent les blondes (1953).

La jeune femme devient amie avec Jane Russell sur le tournage de Les hommes préfèrent les blondes[91] réalisé par Howard Hawks. Russell, qui a décrit sa partenaire comme « très timide, très douce et très intelligente »[92], reçoit 400 000 US$[93] alors que Marilyn est payée 18 000 US$ par semaine[94]. À Los Angeles, lors de la sortie du film le , les deux actrices laissent leurs empreintes dans le ciment du Grauman's Chinese Theatre, juste à côté du trottoir du Walk of Fame d'Hollywood Boulevard[95].

Elle a pour partenaires Betty Grable et Lauren Bacall dans son film suivant Comment épouser un millionnaire (1953) de Jean Negulesco. Écrit par Nunnally Johnson, l'histoire est celle de trois mannequins new-yorkais qui mettent tout en œuvre afin d'épouser chacune un millionnaire. Les films qu'elle tourne à cette période contribuent à accentuer sa popularité[96].

Marilyn évoque au New York Times son envie de jouer des rôles dramatiques[97]. Elle exprime son désir à la 20th Century Fox de faire partie du casting du film L'Égyptien. Darryl F. Zanuck s'y oppose sans même lui faire passer un essai[98].

Elle signe alors pour Rivière sans retour. Elle ne s'entend pas avec le réalisateur Otto Preminger à qui elle refuse de parler pendant le tournage. Robert Mitchum, son partenaire principal, doit jouer les médiateurs[99]. Elle dira plus tard qu'elle aurait « mérité mieux qu'un film de série Z de cow-boy[100]. » Fin 1953, Marilyn doit commencer le tournage The Girl in Pink Tights avec Frank Sinatra. Quand elle exprime son refus de tourner, elle est suspendue par la Fox[101].

Le , elle épouse Joe DiMaggio[102] et déclare à la presse : « Ma principale ambition est, maintenant, de me consacrer à mon mariage[103]. » Le mois suivant, alors qu'elle accompagne son mari qui doit entrainer une équipe de baseball au Japon, l'armée américaine lui propose de se rendre durant quatre jours en Corée et de chanter à neuf reprises trois chansons, tirées de ses films récents, devant un total de 60 000 soldats américains. Cette première expérience de la scène lui a permis de surmonter la peur qu'elle avait face à la foule[104].

De retour à Hollywood en mars 1954, elle règle son différend avec la Fox et tourne dans La Joyeuse Parade. Ce film musical de Walter Lang est un échec[100]. Le film est également mal reçu par les critiques qui décrivent la performance de Marilyn comme « désastreuse »[105] et « embarrassante »[106]. L'actrice révèle n'avoir accepté le rôle qu'à la condition de faire ensuite Sept ans de réflexion[107]. Elle commence les prises de vues de ce dernier en septembre avec Tom Ewell. C'est à New York qu'elle joue la plus célèbre scène de toute sa carrière, celle de la grille de métro où sa robe blanche se soulève. Le réalisateur Billy Wilder exigea de nombreuses prises ce qui irrita Joe DiMaggio[108]. Après plusieurs disputes, Marilyn annonce leur séparation[109]. Ils divorcent en novembre 1954[110] après huit mois de mariage. Elle quitte alors incognito Hollywood le 16 décembre 1954 pour rejoindre New York puis le domicile de son photographe et ami Milton Greene, avec qui elle fonde le 31 décembre 1954 les Marilyn Monroe Productions, Inc., société de production avec laquelle elle souhaite lancer sa nouvelle carrière à New York, Milton Greene l'ayant convaincue de s'affranchir des grands studios qui lui donnent des cachets indignes selon lui. À la suite de ce désir d'indépendance, elle est officiellement suspendue par la Fox le 15 janvier 1955[14].

En 1954, elle prend également des cours de chant, la RCA conclut un contrat avec elle, son premier disque se vend à 75 000 exemplaires[111].

 
Photographie de Marilyn Monroe (publiée dans TV-Radio Mirror en mai 1961) devant une pancarte de l'Actors Studio où elle a commencé à étudier la Méthode d'acteur en 1955.

En 1955, elle prend des cours de comédie avec l'actrice britannique Constance Collier grâce à Truman Capote. Collier estime que Marilyn possède un « beau talent fragile et subtil[112]. » Après quelques semaines de travail, celle qui s'est illustrée entre autres dans La Corde d'Alfred Hitchcock meurt le [112]. Lors d'une réunion avec la Fox, Marilyn demande à travailler avec Hitchcock. Mais le réalisateur rétorque ne pas aimer les femmes qui ont « le sexe affiché sur la figure » et préfère des blondes froides comme Grace Kelly ou Tippi Hedren[113].

Lors du tournage de La Joyeuse Parade, Marilyn rencontre Paula Strasberg et sa fille Susan. Elle leur demande alors d'étudier à l'Actors Studio[114] avec Lee Strasberg. En mars 1955, Monroe rencontre Cheryl Crawford, l'un des fondateurs de l'Actors Studio, qui lui présente Lee Strasberg qui l'accepte comme élève après l'avoir rencontrée[115].

En mai, elle commence à fréquenter le dramaturge Arthur Miller qu'elle a rencontré cinq ans plus tôt[116]. Le 1er juin, jour de son anniversaire, Joe DiMaggio l'accompagne à la première de Sept ans de réflexion à New York, et organise une petite fête en son honneur. Cette soirée se termine par une dispute en public avant le départ précipité de Marilyn. Ils ne se voient plus pendant un long moment[117],[118].

Elle continue à suivre des cours à l'Actors Studio et se lie d'amitié avec les acteurs Kevin McCarthy et Eli Wallach, qui la décrivent comme studieuse et sincère dans son approche[119]. Elle joue dans la pièce Anna Christie avec Maureen Stapleton d'après l'œuvre de Eugene O'Neill sans oublier son texte lors des représentations ce qui n'avait pas été le cas aux répétitions où elle échouait à chaque reprise[120]. Anna Christie connaît un grand succès et le public applaudit Marilyn[120]. Bien qu'elle ne soit qu'étudiante, elle est l'élève dont Lee Strasberg est le plus fier (« J'ai travaillé avec des centaines d'acteurs et actrices, et il n'y a que deux qui sont bien meilleurs que les autres. Le premier est Marlon Brando, et le deuxième Marilyn Monroe[120]. »), il la prend sous sa protection (elle trouve refuge dans la maison familiale des Strasberg), l'incite à suivre une psychanalyse pour être plus près des personnages qu'elle interprète[14].

Pendant ce temps, Sept ans de réflexion devient un très grand succès avec environ 8 millions de dollars US de recettes au box-office[121]. La critique salue la performance de Marilyn. Grâce à ce succès, elle négocie un nouveau contrat avec la 20th Century Fox[121] qui lui donne plus de pouvoir : 100 000 dollars par film, 500 dollars en plus par semaine pour frais divers, un droit de regard sur le scénario ainsi que sur le metteur en scène et sur le directeur de la photographie et pouvoir jouer pour d'autres studios que la Fox[122],[123].

Le premier film à être réalisé dans le cadre de ce nouveau contrat est Arrêt d'autobus de Joshua Logan, qui approuve les méthodes de travail de la star[124]. Paula Strasberg devient sa conseillère personnelle sur tous ses films[125]. La femme de Lee use les nerfs des réalisateurs Joshua Logan, Laurence Olivier, Billy Wilder, George Cukor et John Huston, qui en ont pourtant vu d'autres[126]. Après chaque scène, c'est vers elle que se tourne Marilyn pour savoir si sa performance a été à la hauteur de ses aspirations[127]. Un signe de tête de Paula et Marilyn exige de refaire une nouvelle prise, même si la précédente semble parfaite aux yeux de tous. Détestée de tous, Paula s'attire les surnoms de « Champignon noir » ou « Sorcière » de la part des techniciens à qui elle n'adresse pas la parole[127]. Elle rassure néanmoins Marilyn bien que sa présence soit une ineptie pour beaucoup[127].

Dans Arrêt d'autobus, elle joue « Chérie » une chanteuse de cabaret qui tombe amoureuse d'un cow-boy. Très satisfait de son interprétation, Logan essaya de lui faire obtenir une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice[128],[129]. Elle est néanmoins nommée au Golden Globes.

Elle passe plus de temps avec Arthur Miller avec qui elle entretient une liaison depuis plus d'un an. C'est à ce moment que la presse commence à écrire sur eux[130], les surnommant souvent : « The egghead and the hourglass »[131],[132]. Ils se marient le .

Arrêt d'autobus est suivi du Prince et la Danseuse également interprété et réalisé par Laurence Olivier. Ce dernier déteste Marilyn en raison de ses caprices sur le plateau[133]. Plus tard, il la décrira comme « merveilleuse, la meilleure de toutes[134]. » Le film est un échec cuisant. Néanmoins, elle est saluée par la critique, en particulier en Europe, où elle remporte en 1959 le prix David di Donatello de la meilleure actrice étrangère, ainsi que l'Etoile de Cristal de la meilleure actrice étrangère en France. Elle est également nommée pour un BAFTA.

 
Avec Tony Curtis et Jack Lemmon dans Certains l'aiment chaud (1959), rôle pour laquelle l'actrice obtint un Golden Globe.

Absente des écrans en 1958, elle vit désormais avec Arthur Miller à Long Island et subit une fausse couche le [135],[136]. Il l'encourage néanmoins à retourner à Hollywood pour filmer Certains l'aiment chaud. Le réalisateur sait pourtant qu'elle est souvent en retard, qu'elle a le trac, et qu'elle a des difficultés à apprendre son texte lorsqu'il la dirige dans Sept ans de réflexion[137]. Cette fois-ci, Marilyn est hostile et refuse de tourner certaines scènes[137],[138]. Ses retards incessants ont raison de son amitié avec Tony Curtis qui déclare par la suite que l'embrasser était « comme embrasser Hitler[139]. » L'acteur dira plus tard que ce n'était qu'une farce[140]. Enceinte au moment du tournage, elle a une nouvelle fausse couche en décembre 1958, une fois le film achevé[141].

Certains l'aiment chaud connait un succès retentissant, et est nommé pour cinq Oscars. Marilyn obtient le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie pour sa performance. Billy Wilder déclare que le film a été leur plus grand succès[142] bien que Marilyn ait toujours détesté le film[143]. Il évoque aussi les problèmes qu'il a rencontrés pendant le tournage du film « Marilyn était très difficile parce qu'elle était totalement imprévisible. Je ne savais pas quelle journée nous allions passer […] serait-elle coopérative ou obstructive ? » dira-t-il[144]. Cependant, il aime Marilyn et la définit comme une actrice comique et de génie[144]. Il a également évoqué d'autres projets avec elle y compris Irma la Douce avec Shirley MacLaine[145].

 
Avec Yves Montand dans Le Milliardaire (1960).

Dans les années 1960, sa popularité est à son comble. Elle accepte de tourner Le Milliardaire de George Cukor. Insatisfaite du scénario, elle le fait réécrire par Arthur Miller[146]. Gregory Peck doit y tenir le premier rôle masculin mais il a finalement refusé à la suite de la nouvelle version écrite tout comme Cary Grant, Charlton Heston, Yul Brynner ainsi que Rock Hudson avant qu'il ne soit attribué à Yves Montand[147]. Le tournage est difficile pour l'actrice qui ne s'est pas entendue avec le réalisateur. Ce dernier, ouvertement homosexuel, avait un faible pour l'acteur français avec qui la star entretient une liaison terminée lorsque Montand refuse de quitter sa femme Simone Signoret[148]. Le film est un échec critique et commercial[149].

C'est à cette période que débutent ses problèmes de santé. Elle commence à consulter un psychiatre de Los Angeles, le docteur Ralph Greenson qu'elle voit quasiment tous les jours[150]. Ce dernier exerce une influence déterminante sur sa patiente[150]. Selon lui, son mariage était tendu depuis quelque temps bien que Miller fît tout pour s'occuper d'elle[151]. Greenson a déclaré que son objectif principal était alors de réduire les prises de drogue de Marilyn[152].

Elle joue ensuite dans Les Désaxés de John Huston. Le film, écrit pour elle par Arthur Miller, met également en scène Clark Gable, Montgomery Clift et Eli Wallach. Le tournage a débuté en juillet 1960. Souvent malade, Marilyn ne peut jouer. Elle est même hospitalisée pendant dix jours[153]. Sans l'aide du docteur Greenson, elle se remet à prendre des somnifères et de l'alcool[152]. Le , Gable meurt d'une crise cardiaque à Los Angeles à l'âge de 59 ans[154]. Les journalistes accusent Marilyn de sa mort en raison de ses nombreux retards sur le plateau[143],[155]. Le film n'est pas un succès commercial et les critiques sont en majorité négatives, bien que certains saluent les performances de Monroe et Gable[155].

Durant les mois suivants, elle devient de plus en plus dépendante à l'égard de l'alcool et des médicaments[156]. Elle divorce d'Arthur Miller en janvier 1961[156], rédige son testament[157] le . Elle accepte que sa psychanalyste Marianne Rie Kris la fasse interner dans la clinique psychiatrique Payne Whitney (en) mais elle y est placée en cellule de sécurité[14]. Elle a plus tard décrit l'expérience comme un « cauchemar »[158]. Ayant le droit à un appel téléphonique, elle contacte Joe DiMaggio qui la fait transférer dans le centre ouvert de l'hôpital presbytérien de New York où il reste près d'elle. Après trois semaines de soins, elle sort de l'hôpital, harcelée par une foule de reporters à sa sortie[159]. Incapable de jouer, elle retourne en Californie se reposer. À la suite de cet internement, elle demande à son avocat Milton Rudin de modifier son testament, ce qui ne sera pas fait et suscitera une controverse sur ce testament à sa mort, notamment sur l'« influence invalidante » exercée par les époux Strasberg et par Marianne Rie Kris[160].

L'année 1962Modifier

Au début des années 1960, Marilyn est dépendante d’amphétamines, de barbituriques et d’alcool. Elle souffrait de divers problèmes de santé mentale, dont la dépression, l’anxiété, une faible estime de soi et l’insomnie chronique[161].

L'actrice doit encore un dernier film à la Fox, selon les termes de son contrat de 1956[143]. Les dirigeants du studio confient alors à l'un de leurs scénaristes, Arnold Schulman, le remake d'une comédie de 1940, Mon épouse favorite avec Irene Dunne et Cary Grant[143]. L'histoire d'une femme disparue, supposée morte, qui rentre chez elle et retrouve son mari remarié. Frank Tashlin, réalisateur des comédies de Jerry Lewis est contacté pour diriger le film. Marilyn Monroe, qui souhaite revenir à l'écran avec un film événement, refuse le projet dans un premier temps le jugeant « insipide »[143]. Bénéficiant d'un droit de regard sur le script et le réalisateur, elle consent à réexaminer le projet[143]. Nunnally Johnson, qui a travaillé avec elle sur Comment épouser un millionnaire, est alors engagé pour signer une nouvelle version. George Cukor, qui doit lui aussi un film pour la Fox, commence par refuser le projet en raison du souvenir cauchemardesque du tournage du Milliardaire. Menacé de poursuites s'il n'honore pas ses engagements, il se résigne donc à accepter la proposition du studio (pour 300 000 US$) et à retrouver ainsi Marilyn qu'il méprise profondément[143]. Malgré un scénario inachevé, Marilyn signe son engagement pour Something's Got to Give[162]. Selon les termes du contrat qui la lie de manière non exclusive à la Fox, elle gagne toujours 100 000 US$ par film, soit sept fois moins que la norme alors en vigueur à Hollywood pour une star de son rang[162].

À trente-cinq ans, elle achète sa première maison par prêt immobilier, pour la somme de 35 000 US$ en janvier 1962. C'est Eunice Murray, sa nouvelle gouvernante et ancienne infirmière psychiatrique, qui lui a trouvé la modeste hacienda d'inspiration néo-mexicaine du 12305, Fifth Helena Drive, à Brentwood dans les environs de Los Angeles[163].

Le , lors de la cérémonie des Golden Globes, la presse étrangère lui décerne, pour la seconde fois, le prix de la « vedette féminine du monde pour 1961 ». Accompagnée du scénariste José Bolanos, elle est ivre et reçoit son prix des mains de Rock Hudson en titubant et peinant à bafouiller quelques remerciements devant la salle atterrée[164]. Afin de ne pas l'embarrasser, la cérémonie ne sera pas diffusée[164].

 
Marilyn Monroe en 1962 sur le tournage de Something's Got to Give. Elle était absente pendant la majeure partie de la production pour cause de maladie et avait été renvoyée par la Fox en juin 1962, deux mois avant son décès.

Pendant ce temps, Nunnally Johnson livre le scénario terminé de Something's Got to Give qu'approuve Marilyn. Mécontent, George Cukor engage son ami Walter Bernstein pour réécrire les dialogues qu'il juge « trop fades »[164]. Ses partenaires Dean Martin et Cyd Charisse sont engagés. À la veille du début de tournage qui doit avoir lieu le 23 avril, Marilyn souffre de fièvre et prévient le studio qu'elle sera absente[127]. Cukor commence le tournage par toutes les scènes dans lesquelles elle ne figure pas[127]. Cette dernière consulte son médecin, le docteur Engelberg, le jour même. Celui-ci diagnostique une sinusite chronique et Lee Siegel, médecin officiel du studio recommande de décaler le tournage d'un mois ce que le studio refuse[127]. Le 30 avril, Marilyn se rend pour la première fois sur le plateau et tourne 90 minutes de rushes contre l'avis du docteur Siegel. Elle est prise d'un malaise et est évacuée du studio[127]. Elle retrouve l'équipe et tourne pendant trois jours au début du mois de mai des scènes autour d'une piscine[127].

Profitant d'une pause déjeuner, elle quitte une nouvelle fois le tournage — malgré l'interdiction des studios — pour assister à l'anniversaire de John Fitzgerald Kennedy[165] à New York, au cours duquel elle interprète le célèbre Happy Birthday, Mister President[166],[167]. Jackie Kennedy s'oppose à sa venue à la fête privée de son mari et préfère se retirer en Virginie en compagnie de ses enfants[165].

L'actrice retourne à Hollywood tourner ses scènes qui « enchantent » les patrons de la Fox[168]. Malgré plusieurs jours de prises sans difficultés, elle montre des signes de nervosité et n'arrive pas à apprendre son texte, ce qui irrite Cukor qui finit par s'emporter violemment contre elle[168]. Le 1er juin, jour de son 36e anniversaire, elle est de retour sur le plateau où une fête est organisée en fin de journée en son honneur : ce sera sa dernière apparition professionnelle[169]. Le 7, la Fox organise des fuites à destination de la presse, indiquant que Marilyn est renvoyée et que « Kim Novak et toutes les autres actrices, d'Hollywood et d'ailleurs », ont été contactées pour la remplacer[89]. Le studio attaque Marilyn et lui réclame 500 000 US$. Peter Levathes, qui dirige la production à la Fox, déclare à l'attention de la star : « Le star-system a perdu tout contrôle. Nous avons laissé les fous diriger l'asile et ils l'ont quasiment détruit[89]. »

Cependant, Kim Novak, Shirley MacLaine et autres (dont Brigitte Bardot) déclinent l'offre de reprendre son rôle[89]. Le studio annonce officiellement que Lee Remick est finalement choisie. Dean Martin s'y oppose et refuse de reprendre le tournage sans Marilyn. La Fox lui intente alors un procès et lui réclame également 500 000 US$ pour rupture de contrat[89]. L'équipe du film est peu de temps après suspendue. Cyd Charisse attaque alors Dean Martin en justice à son tour et lui réclame 14 000 US$ de dommages et intérêts pour manque à gagner. De leur côté, les dirigeants de la Fox augmentent les charges dans leur procès contre Marilyn et lui réclament dorénavant 750 000 US$[89]. Le 19 juin, le studio se retourne à nouveau contre Dean Martin, les avocats de la Fox lui réclamant 3 339 000 US$[89]. L'acteur contre-attaque et intente en retour un procès à la Fox pour 6 885 000 US$ de dommages et intérêts. L'affaire fait la une des journaux, certains titres reprennent même les propos de l'acteur : « No Marilyn, no picture! »[89]. Un an après, les poursuites sont abandonnées.

Des négociations sont immédiatement engagées : le 20 juin, la Fox annonce la reprise du tournage sous peu. Marilyn, dans le cadre d'une campagne de relations publiques pour restaurer son image auprès du grand public, participe à des séances photos avec plusieurs photographes de premier plan et des interviews avec de grands magazines[170]. DiMaggio et elle évoquent un remariage et une date est même arrêtée : le 8 août 1962. D'autres projets de films sont discutés comme I Love Louisa et The Jean Harlow Story[171]. Son différend avec la Fox est résolu et son contrat est renouvelé. Something's Got to Give devait reprendre au début de l'automne. Peter Levathes se rend chez elle pour une réunion de conciliation[170]. À l'issue de l'entrevue, Marilyn obtient l'assurance d'un nouveau scénario, l'abandon des poursuites à son égard, le renvoi officiel de George Cukor et son remplacement par Jean Negulesco qui avait réalisé Comment épouser un millionnaire ainsi qu'un nouveau contrat d'un million de dollars portant sur deux films : 250 000 US$ pour terminer Something's Got to Give et 750 000 US$ pour un autre film a déterminer[170],[172]. Marilyn Monroe, qui a tourné dans trente films, a alors trente-six ans.

Fin juillet, déprimée, elle confie à sa coiffeuse qu'elle vient de subir un avortement[173]. Au moins deux médecins lui ont prescrit de nombreuses ordonnances pour des somnifères la dernière semaine de sa vie[173].

Le vendredi 3 août est consacré à de nombreux appels téléphoniques professionnels et privés, et des rencontres avec son psychiatre et avec son amie Pat Newcomb[173]. Le samedi est identique : appels téléphoniques, travail dans le jardin avec le docteur Greenson et balade sur la plage avec l'acteur Peter Lawford, beau-frère des Kennedy[173]. Certains témoignages la décrivent sous l'influence de tranquillisants. À 19h45, elle a encore une conversation téléphonique avec Lawford, où elle semble déprimée et confuse[173]. Il rappelle un peu plus tard mais la ligne est en dérangement. Il passe plusieurs appels à des proches pour la joindre tout de même. Finalement jointe, Eunice Murray, la gouvernante engagée à la demande du docteur Greenson, indique que tout va bien : il est alors 20 h 30[173]. Selon Donald Spoto auteur d'une biographie de Marilyn qui est selon lui victime d'une erreur médicale[174], à ce moment elle est déjà morte ou en train de mourir de surdosage.

MortModifier

Marilyn Monroe meurt dans la nuit du 4 au [175]. Près de cinq heures se sont écoulées entre l'heure estimée du décès, vers 21h30, et le coup de téléphone à la police des Greenson, aux côtés de Mrs. Murray et du docteur Engelberg. Après enquête, le médecin légiste de Los Angeles notera sur son dossier : « Suicide probable »[176]. Sa mort ne sera jamais élucidée[173], dès 1962 la thèse de l'homicide étant évoquée, incriminant le FBI ou la CIA[42].

À Los Angeles, le jour de la mort de Marilyn Monroe, Bobby Kennedy et son beau-frère Peter Lawford sont venus deux fois voir Marilyn Monroe ; Bobby lui déclara que ni lui ni John n'accepteraient de recevoir ses appels, John F. Kennedy et lui-même voulant ainsi couper court aux rumeurs sur leurs relations avec elle. Une querelle très tourmentée éclata. Le soir du 4 août 1962, Marilyn Monroe appela son psychiatre, puis la Maison Blanche et Lawford, déclarant à ses interlocuteurs qu'elle craignait d'avoir pris une trop forte dose de Nembutal. Une ambulance fut alors envoyée chez elle, mais il était déjà trop tard[177].

À la morgue, sa coiffeuse habituelle Agnès Flanagan (coiffeuse de Jean Harlow qu'elle avait engagée pour réaliser sa célèbre coloration blonde platine) ne peut apprêter les cheveux de Marilyn trop abîmés par des années de traitement (peroxyde pour la coloration, soude caustique pour le défrisage) mais aussi par l'autopsie. Une perruque lui est mise, copiant la coiffure qu'elle portait dans son dernier film Something's Got to Give et faisant naître la rumeur qu'elle portait déjà une perruque durant le tournage, ainsi que pour le précédent Les Désaxés[51].

 
Sépulture murale de Marilyn Monroe au cimetière de Westwood Memorial Park[178].

Marilyn est inhumée le au Westwood Village Memorial Park Cemetery[179] de Los Angeles. C'est sa demi-sœur, Bernice Miracle, avec l'aide de Joe DiMaggio, qui organise les funérailles auxquelles ne sont pas présents, malgré leurs protestations, ses amis stars tels que Dean Martin ou encore Frank Sinatra[173]. Bouleversé, son ex-mari se penche sur son cercueil et murmure à trois reprises « Je t'aime »[173]. La cérémonie prend fin avec l'un des airs préférés de Marilyn Over the Rainbow interprété par Judy Garland[173].

Monroe était une star internationale et sa mort subite faisait la une des journaux aux États-Unis et en Europe. Selon Lois Banner, le taux de suicide à Los Angeles a doublé le mois suivant son décès; le taux de diffusion de la plupart des journaux a augmenté ce mois-là, et le Chicago Tribune a rapporté qu'ils avaient reçu des centaines de appels téléphoniques de membres du public qui demandaient des informations sur sa mort[180]. Artiste français Jean Cocteau a déclaré que sa mort devrait être une terrible leçon pour tous ceux dont le travail consiste principalement à espionner et à tourmenter des stars de cinéma, son ancienne co-vedette Laurence Olivier l'a réputée la victime complète de Ballyhoo et de la sensation[181], et Joshua Logan (réalisateur de Bus Stop), a déclaré qu'elle était l'une des personnes les plus méconnues du monde. Ses funérailles, qui ont eu lieu au Westwood Village Memorial Park Cemetery le 8 août, étaient privées et ne concernaient que ses plus proches associés[Mal dit]. Le service a été organisé par Joe DiMaggio et son directeur commercial Inez Melson. Des centaines de spectateurs se sont massés dans les rues autour du cimetière. Monroe a ensuite été ensevelie à la Crypte no 24 du Corridor of Memories[180].

Le 17 août 1962, le magazine Life réédite son dernier interview[182], A Last Long Talk With A Lonely Girl par Richard Meryman[183] paru auparavant le , soit deux jours avant sa mort[184].

Incertitudes autour de la nature de la cause de sa mortModifier

 
Une du journal New York Mirror en date du annonçant la mort de l'actrice un jour après.

Le [185], vers trois heures du matin, Eunice Murray la gouvernante de Marilyn, s'inquiète que l'actrice se soit enfermée dans sa chambre, laissant la lumière allumée mais ne répondant pas à son appel. Elle alerte le psychiatre Ralph Greenson qui, arrivé sur les lieux, casse la vitre de la fenêtre de la chambre et découvre l'actrice morte sur son lit[186], une main posée sur le combiné du téléphone, la table de nuit jonchée de boîtes de comprimés et sur le sol un flacon vide de Nembutal[187]. Greenson appelle Hyman Engelberg[188], le médecin personnel de Marilyn, qui arrive à son domicile vers 3 h 50 et constate officiellement sa mort[189]. Le sergent Jack Clemmons du commissariat de police de West Los Angeles reçoit un appel téléphonique à 4 h 25 d'Hyman Engelberg, qui l'informe du suicide de l'actrice. Clemmons est ainsi le premier agent de police à arriver au domicile de la star à Brentwood[190].

Le rapport du médecin légiste Thomas Noguchi (en) parle de « suicide probable »[191] dû à un surdosage accidentel de barbituriques (acute barbiturate poisoning ingestion of overdose)[176],[192].

Devant un rapport d'autopsie sommaire et la disparition du foie, des reins et de l'estomac le procureur de district, John Miner (attorney) (en), sera le premier à envisager l'hypothèse de l'assassinat[193].

En raison d'un manque de preuves, les enquêteurs n'ont ni classé le dossier, ni dit s'il s'agissait d'un suicide ou d'un homicide. Selon certaines rumeurs, Marilyn aurait été victime d'un complot ourdi par le FBI et la CIA dans le but d'accumuler des preuves contre les Kennedy[194]. Ces rumeurs ont été reprises par le romancier Norman Mailer dans son livre Marilyn - une biographie (1974), livre qui légitime l'assassinat alors qu'il reconnaîtra plus tard que ce n'était qu'une pure fiction faite dans un but lucratif[195].

Don Wolfe, dans ses livres The Last Days of Marilyn Monroe (1998) et The Assassination of Marilyn Monroe (1999) soutient l'hypothèse de l'assassinat d'état. Cette version impliquerait Robert Kennedy et tout un ensemble de proches de l'actrice qui se seraient tus pendant des années[190].

Selon Donald Spoto, Marilyn est morte à la suite d'une erreur médicale[196]. On lui aurait administré un lavement à l'hydrate de chloral (le chloral lui permettait de dormir) alors qu'elle avait absorbé, préalablement, du Nembutal[196], le mélange de ces deux substances pouvant se révéler fatal[196].

En 1985, le dossier sur le décès de Marilyn Monroe est rouvert à Los Angeles, le président du Grand Jury Sam Cordova s'oppose au procureur de district Ira Reiner en demandant des enquêtes supplémentaires pour éclaircir des questions laissées sans réponse[197]. La demande d'enquête sur l'implication de Robert Kennedy est rejetée en regard des données probantes[198].

En 2005, le Los Angeles Times publie des extraits d'entretiens de Marilyn avec son psychiatre[199], tels que rapportés par un enquêteur sur sa mort, dans lesquels la star s'interrogerait sur sa carrière, son physique, ses mariages, et révélerait avoir eu une liaison avec Joan Crawford. Après sa mort, le procureur chargé de l'enquête, John Miner[200], aurait obtenu du psychiatre de la star, le Dr. Ralph Greenson, qu'il lui passe les enregistrements faits des séances de Marilyn sur son divan, et en aurait pris des notes très complètes. Dans ces notes, Marilyn se montrerait obsédée par les oscars et se posant des questions sur sa carrière, envisageant notamment de jouer du William Shakespeare pour être enfin considérée comme une actrice sérieuse. Elle aurait également raconté à son psychiatre comment elle s'examinait dans le miroir, nue, pour observer l'effet de l'âge sur son corps, et trouvant que « ma poitrine commence à s'affaisser un peu, (mais) ma taille est encore bien, et mes fesses sont encore ce qui se fait de mieux. » Elle parlerait également de Clark Gable, chez qui elle chercherait un amour paternel, et de ses mariages et divorces avec le joueur de baseball Joe DiMaggio et le dramaturge Arthur Miller. Elle y révèlerait enfin avoir eu une aventure lesbienne d'une nuit avec l'actrice Joan Crawford. « La fois suivante que j'ai vu Crawford, elle voulait recommencer, mais je lui ai dit franchement que je n'avais pas tellement aimé faire ça avec une femme. Après ça, elle m'en a voulu. » Le psychiatre aurait permis à John Miner d'écouter ces bandes à condition qu'il n'en révèle jamais le contenu. Celui-ci n'a rompu cette promesse de secret que des années après la mort du psychiatre, lorsque certains biographes de l'actrice ont suggéré que celui-ci pouvait être considéré comme suspect dans la mort de la star.

Selon le procureur, à écouter ces bandes, il serait évident « qu'il n'était absolument pas possible que cette femme se soit suicidée. Elle a des projets bien précis pour son avenir, elle sait exactement ce qu'elle veut faire. Lee Strasberg lui a dit qu'elle doit jouer du Shakespeare, et elle est fascinée par cette idée. » Le procureur estime que l'actrice a été assassinée : après l'avoir endormie par quelque chose dans son verre, on lui aurait administré du Nembutal dissous dans de l'eau, à forte dose, sous forme de lavement[201],[202]. Cependant, les affirmations du procureur Miner sont remises en doute par de nombreux biographes et contredites par plusieurs témoins dont l'ancien substitut du procureur et la veuve du psychiatre Ralph Greenson qui a affirmé au Los Angeles Times que son mari n'avait jamais évoqué l'existence de ces bandes[199], [201] et il n'existe que les transcriptions faites par John Miner, d'après lui le Dr. Ralph Greenson aurait détruit les bandes...

Si la thèse de l'assassinat d'état semble être définitivement écartée, il ne reste plus que celles du suicide ou de l'accident, la thèse du suicide repose sur des bases fragiles (décompensation mélancolique brutale liée à ses troubles bipolaires) il reste alors celle de l'accident dû au mélange des barbituriques avec l'alcool qui aurait entraîné une détresse cardiaque, soit de l'accident provoqué par le lavement de son psychiatre, le dossier reste ouvert[203], [204].

PostéritéModifier

PopularitéModifier

 
Marilyn Monroe en mai 1953 arrivant à une fête donnée en l'honneur de Louella Parsons.

Plus de cinquante ans après sa mort, Marilyn Monroe reste une des actrices les plus connues. De nombreux documentaires et biographies lui ont été consacrés[47] et plusieurs téléfilms ont retracé sa vie, avec des comédiennes comme Ashley Judd[205] ou Poppy Montgomery[206]. Elle a récemment été incarnée par Charlotte Sullivan dans la mini-série Les Kennedy et Michelle Williams dans My Week with Marilyn.

Son image est encore largement utilisée sur les couvertures de magazines[207], dans les publicités, pour des produits dérivés comme du maquillage[208], ou au cinéma[47], comme dans Pulp Fiction, L.A. Confidential ou encore la série Les Simpson, où on peut apercevoir la scène du métro de Sept ans de réflexion. En 2006, Nicole Kidman prête sa voix au personnage de Norma Jean du dessin animé Happy Feet. Elle est également évoquée dans plusieurs chansons comme Candle in the Wind , Goodbye Yellow Brick Road d'Elton John,Vogue et Material Girl de Madonna, Black Marilyn de Shy'm ou Marilyn Monroe de Pharrell Williams.

En 2012, Marilyn Monroe affichait un revenu annuel estimé par le magazine Forbes à 27 millions de dollars[209]. Elle est de ce fait considérée comme l'icône féminine la plus lucrative au monde.

Pour l'anecdote, les quelque cinq cent-soixante-seize lots vendus aux enchères par la maison Christie's les mercredi 27 et jeudi 28 octobre 1999 à New York avaient été légués par Marilyn à Lee Strasberg dans l'idée qu'il les remettrait à leur cercle d'amis, ce qu'il n'a pas fait : les biens ont été thésaurisés et, à la mort de Lee, transmis à sa deuxième épouse, Anna Strasberg, qui a finalement décidé de les vendre. Le montant total des enchères, estimé entre dix et quinze millions de dollars, s'est élevé à 13,4 millions de dollars.

L'actrice a également été le sujet d'une célèbre série de sérigraphies réalisée par le « pape » du Pop art, Andy Warhol en 1964[210]. C'est l'une des œuvres de l'artiste les plus reproduites à ce jour. En 1967, l'exposition Hommage to Marilyn Monroe rassemble de nombreux artistes de la tendance « pop » à la galerie Sydney Janis de New York.

La robe blanche de Marilyn MonroeModifier

 
Marilyn Monroe dans les rues de New York le lors du tournage de Sept ans de réflexion, durant sa célèbre scène où elle porte une robe blanche au-dessus d’une grille de métro dont le soufle la fait s'envoler.

Marilyn Monroe est considérée comme une icône de l’histoire du cinéma, notamment avec l'image tirée d'une scène de Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch, 1955) de Billy Wilder où l'actrice, portant une robe blanche, se tient au-dessus d’une grille de métro dont le courant d'air soulève sa robe. Cette image a été décrite comme l’une des plus emblématiques du XXe siècle[211].

En , Marilyn Monroe commence le tournage de Sept ans de réflexion, incarnant le rôle principal de « The Girl », une femme devenant l’objet des fantasmes sexuels de son voisin marié. Bien que le film ait été tourné à Hollywood, le studio décide d’organiser sa promotion précoce en tournant une scène sur Lexington Avenue à Manhattan. Le tournage a duré plusieurs heures et a attiré une foule de près de 2 000 spectateurs, y compris des photographes professionnels. La robe blanche apparaît dans la séquence où Marilyn Monroe et la co-vedette Tom Ewell quittent le Theatre Trans-Lux dans la 52e rue[212]. Quand ils entendent une rame de métro passer sous la grille du trottoir, le personnage de Monroe s'avance sur la grille en disant « Ooh, sentez-vous la brise du métro ? », alors que le vent soulève la robe et expose ses jambes[213].

Après la mort de Monroe en 1962, le costumier Travilla garda la robe sous clef avec de nombreux autres costumes qu'il avait confectionnés pour l'actrice au fil des années, à tel point que l'on parla d'une « collection perdue ». Ce n'est qu'après sa mort, en 1990, que Bill Sarris, un collègue de Travilla, exposa les vêtements. La robe rejoint ensuite la collection privée de souvenirs d'Hollywood appartenant à Debbie Reynolds au Hollywood Motion Picture Museum. Au cours d'une interview avec Oprah Winfrey, parlant de la robe de Monroe, Debbie Reynolds déclara que la robe était devenue écrue « parce que, comme vous le savez, elle est très très ancienne maintenant ». En 2011, cependant, elle annonça vendre sa collection lors d'une vente aux enchères se déroulant par étapes, la première étant le . Avant la vente aux enchères, on estimait que la robe de Marilyn se vendrait entre 1 et 2 millions de dollars, mais elle se vendit en réalité à plus de 5,6 millions de dollars (4,6 millions de dollars, plus une commission de 1 million)[214],[213].

Carrière de modèleModifier

 
Marilyn Monroe au début de sa carrière de manequin.

En 1946, elle rencontre le photographe d'origine hongroise Andre de Dienes (en) qui fera d'elle de nombreux portraits, dont quelques nus[215].

En mai 1948, Marilyn pose nue pour Tom Kelley dans un calendrier mural (connu sous le nom de calendrier Golden dreams)[216]. En 1952, alors qu'elle bénéficie déjà d'une notoriété certaine, elle est victime d'un maître chanteur qui menace de tout révéler. Finalement, Marilyn l'annoncera elle-même en prétextant avoir été dans le besoin financier. En décembre 1953, quelques-unes de ces photos apparaissent dans le premier numéro du magazine Playboy[217], son éditeur Hugh Hefner ayant racheté les clichés pour 500 dollars. Cette audace permet la poursuite de la production du magazine et est à l'origine de son succès grandissant pendant les deux décennies qui suivent.

En juin 1962, peu de temps avant sa mort, Marilyn Monroe participe à une dernière séance de photo[170], plus tard dénommée The Last Sitting.

Vie privéeModifier

MariagesModifier

Marilyn Monroe a été mariée trois fois :

Âgée de seize ans, elle épouse en 1942 James Dougherty surnommé « Jim le Veinard » pour l'avoir épousée[43]. Elle le surnomme « Daddy » et se fait appeler « Bébé »[43]. Dans son enfance, Marilyn a manqué de tout et, lorsque James s'engage dans la Marine, elle s'effondre et se sent une nouvelle fois abandonnée. Elle dira plus tard que « ce mariage n'avait été ni heureux, ni malheureux[43]. » Cette première séparation n'est pour elle qu'une simple formalité[43].

 
Arthur Miller et Marilyn Monroe lors de leur mariage dans le Comté de Westchester, État de New York, le .
 
Joe DiMaggio et Marilyn Monroe après leur mariage au San Francisco City Hall (mairie de San Francisco), le .

D'origine sicilienne, le champion de baseball Joe DiMaggio, le plus célèbre des années 1950, tombe sous son charme et divorce pour l'épouser en 1954[218]. Leur histoire passionne l'Amérique entière[218]. Mais, l'amour qu'elle voue à son travail et à son public fait exploser le couple neuf mois plus tard[218]. Même s'ils s'aiment encore, le tribunal l'accuse officiellement de cruauté mentale[43].

Pour aimer, Marilyn a aussi besoin d'admirer[219]. C'est le cas devant l'écrivain Arthur Miller qui est fasciné par elle[219]. Après leur mariage en 1956, ce dernier change d'avis et n'hésite pas à raconter sur elle les pires horreurs[219] : « C'est un monstre narcissique et méchant qui a pris mon énergie et m'a vidé de mon talent[219]. » Marilyn pense avoir trouvé le bonheur et l'équilibre auprès de lui[219], mais malgré tous ses efforts dont sa conversion au judaïsme[220],[221],[222], le couple se sépare en 1961.

Sur le tournage du Milliardaire, Marilyn tombe sous le charme de son partenaire Yves Montand. Simone Signoret, la compagne de celui-ci, déclare : « Si Marilyn est amoureuse de mon mari, c'est la preuve qu'elle a bon goût[218]. » Montand finira par se lasser des sentiments pourtant sincères de l'actrice à son égard et reviendra vers Signoret[218]. En 2017, Frieda Hull, photographe et amie de la défunte star, affirma que Marilyn était tombée enceinte d'Yves Montand en 1960. L'actrice aurait demandé à Frieda de garder le secret. La grossesse se terminera cependant par une nouvelle fausse couche[223].

Clark Gable symbolisa longtemps l'homme idéal pour Marilyn qui aimait imaginer que son père lui ressemblait. Durant le tournage des Désaxés, Gable ignora courtoisement le fait que l'actrice soit amoureuse de lui[218].

Relations avec les KennedyModifier

 
Robert Kennedy, Marilyn Monroe et John Fitzgerald Kennedy en 1962.

Le , Marilyn Monroe fait sa dernière apparition publique importante, presque ivre[224], en chantant Happy Birthday, Mr. President à l'occasion de l'anniversaire du président John Fitzgerald Kennedy au Madison Square Garden. La robe ultramoulante qu'elle porte à cette occasion sera vendue aux enchères en 1999 pour 1,3 million de dollars[225]. Cette robe-fourreau, en gaze de soie rose parsemée de 2 500 strass, est devenue la robe la plus chère au monde, devançant celle que la princesse Diana portait pour danser avec John Travolta, vendue pour 222 500 dollars en [225].

Dès les années 1960, les relations de la star avec JFK et son frère Robert Kennedy ont fait l'objet de rumeurs[226].

Ce n'est qu'en 1970 que ces relations sont confirmées, lors de la publication par Frank Cappell du livre The Strange Death of Marilyn Monroe[226]. Une autre maîtresse de JFK, Judith Campbell, en a également fait état dans son autobiographie, publiée en 1977[226].

Marilyn Monroe et le judaïsmeModifier

Le livre de prières juives (Siddour) de Marilyn Monroe est mis aux enchères à New York en octobre 2018. Elle l'aurait reçu après son mariage avec Arthur Miller et sa conversion au judaïsme. Le Siddour porte l'inscription en anglais Daily Prayers (Prières journalières) et aurait un lien avec le « Avenue N Jewish Center » de Brooklyn, à New York, que Arthur Miller fréquentait. Ils s'étaient mariés civilement le , au Palais de Justice du Westchester County, et deux jours plus tard, le , ils avaient eu une cérémonie religieuse, et le rabbin Robert Goldburg avait converti Marilyn Monroe au judaïsme[227].

Le rabbin Goldberg publie sur ce sujet en 2010, dans le Reform Judaism magazine. Même après son divorce le avec Arthur Miller, Marilyn Monroe continue à se considérer comme juive, admirant les valeurs éthiques du judaïsme[228]. Elle garde jusqu'à sa mort un an plus tard son Siddour et une Menorah, qui joue la Hatikvah, l'hymne national israélien[227].

FilmographieModifier

 
Marilyn Monroe, photographiée en novembre 1953.
 
Marilyn Monroe en 1953.

Claire Guibert a prêté sa voix à Marilyn dans la plupart des versions françaises de ses films ; l'actrice a également été doublée par Mony Dalmès pour Les hommes préfèrent les blondes et Comment épouser un millionnaire.

ChansonsModifier

 
Les Hommes préfèrent les blondes en 1953.
  • Ladies of the Chorus du film Les Reines du music-hall
  • Every Baby Needs a Da Da Daddy du film Les Reines du music-hall]
  • Anyone Can See I Love You du film Les Reines du music-hall
  • Kiss du film Niagara
  • She Acts Like a Woman Should (1953)
  • When I Fall in Love (1953)
  • A Fine Romance (1953)
  • Do It Again (1953)
  • Diamonds are a Girl's Best Friend du film Les hommes préfèrent les blondes
  • Bye Bye Baby du film Les hommes préfèrent les blondes
  • When love goes wrong du film Les hommes préfèrent les blondes
  • Two Little Girls from Little Rock du film Les hommes préfèrent les blondes
  • The River of No Return du film Rivière sans retour
  • One Silver Dollar du film Rivière sans retour
  • I'm Gonna File My Claim du film Rivière sans retour
  • Down in the Meadow du film Rivière sans retour
  • Lazy du film La Joyeuse Parade
  • You'd be surprised du film La Joyeuse Parade
  • Heat wave du film La Joyeuse Parade
  • A Man Chases a Girl du film La Joyeuse Parade
  • After You Get What You Want, You Don't Want It du film La Joyeuse Parade
  • There's No Business Like Show Business du film La Joyeuse Parade
  • That Old Black Magic du film Arrêt d'autobus
  • I Found a Dream du film Le Prince et la Danseuse
  • I Wanna be Loved By You du film Certains l'aiment chaud
  • Runnin' Wild du film Certains l'aiment chaud
  • I'm Through With Love du film Certains l'aiment chaud
  • Some Like It Hot du film Certains l'aiment chaud
  • My Heart Belongs to Daddy du film Le Milliardaire
  • Specialization du film Le Milliardaire
  • Let's Make Love du film Le Milliardaire
  • Incurably Romantic du film Le Milliardaire

À cette liste peut s'ajouter la célèbre interprétation live de Happy Birthday, Mr. President pour l'anniversaire de John Fitzgerald Kennedy.

PublicationsModifier

  • Marilyn Monroe (trad. Tiphaine Samoyault), Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres, Le Seuil, , 264 p. (ISBN 9782021023282)
  • Marilyn Monroe et Ben Hecht, Mémoire inachevée, Robert Laffont, (ISBN 978-2221127438)

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

NominationsModifier

Honneurs de son vivantModifier

 
L'étoile de Marilyn Monroe sur le Walk of Fame d'Hollywood boulevard.

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Honneurs posthumesModifier

  • En 1999 l’American Film Institute l’a classée sixième des plus grandes actrices américaines de tous les temps dans le classement AFI’s 100 Years… 100 Stars[236],[237],[238],[239].
  • En 2009, Marilyn Monroe a été classée no 1 de l'émission Film's Sexiest Women of All Time (« Femme la plus sexy de tous les temps au cinéma ») sur la chaîne américaine TV Guide Network.
  • L'astéroïde (3768) Monroe a été baptisé en son hommage.
  • Forever Marilyn est une statue géante de Marilyn Monroe conçue par Seward Johnson. La statue est une représentation de l'une des images les plus célèbres de Monroe, extraite du film The Seven Year Itch de Billy Wilder. Créée en 2011, la statue a été exposée à divers endroits aux États-Unis, ainsi qu'en Australie.
  • Les statues de cire aux musées Madame Tussauds à Hollywood Boulevard[240] à l'entrée du musées. Une statue au 3377 S Las Vegas Blvd #2001, Las Vegas, NV 89109, États-Unis[241], 234 W 42nd St, New York NY 10036, États-Unis[241], une statue de Marilyn au 1001 F St NW, Washington, DC 20004, États-Unis[241], Dam 20, 1012 NP Amsterdam Pays-Bas[241], une statue de Marilyn au Unter den Linden 74, 10117 Berlin, Allemagne[241], une statue de Marilyn au 87-89 Promenade, Blackpool FY1 5AA, Royaume-Uni[241], la statue de Marilyn au Marylebone Rd, London NW1 5LR, Royaume-Uni[241], la statue de Marilyn au Riesenradplatz, 1022 Wien, Autriche[241], la statue de Marilyn au 6th Floor, Siam Discovery, 989 Rama I Road, Bangkok 10330, Thaïlande, la statue de Marilyn au Shop P101, The Peak Tower, No. 128 Peak Road, The Peak, Hong Kong, la statue de Marilyn au Odaiba 1-6-1 Decks Tokyo Beach Island Mall 3FMinato-ku, Tokyo, 135-0091, Japon, la statue de Marilyn au 10/F, New World Building, No.2-68 Nanjing Xi Road, Shanghai , Chine, une statue de Marilyn au Madame Tussauds Wuhan 21 Han Street 430000, Wuhan, Chine, une statue de Marilyn au Aquarium Wharf, Darling Harbour/Wheat Rd, Sydney NSW 2000, Australie[241].
  • Une statue de Marilyn dans la ville où son grand-père paternel est né[242]. Avec la généalogie de la famille du père de Marilyn (sous réserve qu'il fut bien son père), on sait que son grand-père paternel, Martin Mortenson, est né à Haugesund, ville portuaire sur la côte ouest de la Norvège entre Stavanger et Bergen. Le père de Marilyn, Martin Edward Mortenson y a peut-être lui même vécu, bien qu'il soit né en Californie. Une statue en hommage à la star et à ses racines, y est présente le long du port.

Œuvres inspirées par l'artisteModifier

Arts graphiquesModifier

 
James Gill: Pink Marilyn

Marilyn Monroe a été représenté par de nombreux peintres et artistes pop parmi lesquels :

ThéâtreModifier

  • Après la chute d'Arthur Miller
  • Fragments[243] de Samuel Doux d'après la correspondance de Marilyn Monroe (publiée au Seuil en 2010), Centre dramatique national d'Orléans, 2014[244].

LittératureModifier

Roman graphiqueModifier

  • Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe, scénario et dessin de Tommy Redolfi, 256 pages, La Boîte à bulles, 2016.

MusiqueModifier

Cinéma et télévisionModifier

Séries d'animationModifier

La célèbre scène de Marilyn Monroe dans Sept ans de réflexion avec sa robe blanche a été parodiée dans la série Les Simpson par Marge Simpson[246], ou encore dans la série animée La Famille Pirate (épisode 40, « L'alchimiste »).

Notes et référencesModifier

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AnnexesModifier

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BibliographieModifier

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