Festival de Cannes 1979

Festival de Cannes 1979
32e Festival de Cannes
Détails
Dates du
au
Lieu Palais des festivals, Cannes
Drapeau de la France France
Président du jury Françoise Sagan
Film d'ouverture Hair
Film de clôture À nous deux
Site web http://www.festival-cannes.com
Résumé
Palme d’or Le Tambour (ex æquo)
Apocalypse Now (ex æquo)
Grand prix Siberiade
Chronologie

Le Festival de Cannes 1979, 32e édition, s'est déroulé du au au Palais des festivals, à Cannes.

Jury de la compétitionModifier

SélectionsModifier

Sélection officielleModifier

CompétitionModifier

La sélection officielle en compétition se compose de 21 films[1] :

Film Réalisateur Pays
Apocalypse Now Francis Ford Coppola   États-Unis
L'Héritage (Arven) Anja Breien   Norvège
Sans anesthésie (Bez znieczulenia) Andrzej Wajda   Pologne
Cher papa (Caro papà) Dino Risi   Italie
Les Moissons du ciel (Days of Heaven) Terrence Malick   États-Unis
Le Tambour (Die Blechtrommel) Volker Schlöndorff   Allemagne de l'Ouest,   France
Femme entre chien et loup (Een vrouw tussen hond en wolf) André Delvaux   Belgique,   France
Le Grand Embouteillage (L'ingorgo una storia impossible) Luigi Comencini   Italie
La Drôlesse Jacques Doillon   France
Les Sœurs Brontë André Téchiné   France
Rhapsodie hongroise I et II (Életünket és vérünket) Miklós Jancsó   Hongrie
Ma brillante carrière (My Brilliant Career) Gillian Armstrong   Australie
Norma Rae Martin Ritt   États-Unis
L'Occupation en 26 images (Okupacija u 26 slika) Lordan Zafranović   Yougoslavie
Série noire Alain Corneau   France
Sibériade (Siberiada) Andreï Kontchalovski   Union soviétique
Les Survivants (Los sobrevivientes) Tomás Gutiérrez Alea   Cuba
Le Syndrome chinois (The China Syndrome) James Bridges   États-Unis
Les Européens (The Europeans) James Ivory   Royaume-Uni
Victoria Bo Widerberg   Suède,   Allemagne de l'Ouest
Woyzeck Werner Herzog   Allemagne de l'Ouest

Un certain regardModifier

La section Un certain regard comprend 12 films[2] :

Hors compétitionModifier

8 films sont présentés hors compétition[3] :

Courts métragesModifier

Quinzaine des réalisateursModifier

Semaine de la critiqueModifier

PalmarèsModifier

Faits marquantsModifier

L'édition 1979 fait l'objet d'une importante controverse. Sept mois après avoir présidé le jury, la romancière Françoise Sagan dénonce le fonctionnement de l'institution dans Le Matin de Paris[4]. Selon elle, la direction du Festival a dicté en coulisse son palmarès aux jurés. Gilles Jacob, chargé de la sélection, revient sur cet épisode dans La Vie passera comme un rêve[5].

Sagan reste indifférente devant Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pour lequel le Festival accepte au préalable tous les ordres, contre-ordres, contraintes techniques et caprices[6]. Conscient de l'ampleur de l’œuvre, Gilles Jacob déroge même à la règle qui interdit à un cinéaste déjà lauréat de la Palme d'or de revenir en compétition (Coppola l'avait obtenue cinq ans plus tôt pour Conversation secrète)[5].

Sagan ne jure que par Le Tambour de Volker Schlöndorff, adapté du roman homonyme de Günter Grass[6]. Ce film, commente Jacob, est « plus dans la tradition littéraire qu'elle préfère, même s'il y a du Conrad dans Apocalypse Now. »[5].

Sa ténacité finit par payer et, le jour précédant la clôture, le vote préliminaire du jury place Le Tambour en tête[5]. Au vu de ce résultat, le président du festival Robert Favre Le Bret et Maurice Bessy, ex-délégué général et juré cette année-là (à titre de compensation pour départ forcé), font pression dans la soirée sur les autres membres du jury, se voyant expliquer que l'intérêt supérieur de Cannes penche en faveur de Coppola pour des raisons évidentes d'image de marque, de visibilité planétaire de l’événement ou d'intérêts diplomatiques, stratégiques et commerciaux (frilosité des studios américains à présenter leurs productions sur la Croisette en plus d'une direction promettant à l'époque le meilleur aux décideurs pour sélectionner tel et tel film)[5],[6].

Lors de l'ultime délibération, la Palme d'or est attribuée à la quasi-unanimité au film américain. Furieuse, Sagan se retire avant la fin des débats et fait ses valises[7]. Pour étouffer le scandale, une délégation vient lui proposer un compromis : accepter que la Palme soit décernée ex-æquo à Apocalypse Now et au Tambour en échange de son silence[5]. Sagan obtempère mais rompt sa promesse quelques mois plus tard. Sa révélation fracassante déclenche un mouvement de révolte dans la presse contre le Festival. Ce dernier répond que Sagan a laissé une ardoise de 10 000 francs au palace où elle logeait[6].

Lors du gala de clôture, Schlöndorff fait un discours sans ambiguïté sur David et Goliath et Coppola ne dit pas à un mot[5]. Ce dernier, qui vient de devenir le premier cinéaste doublement palmé, glisse plus tard à l'oreille de Gilles Jacob : « Je n'ai eu qu'une demi-palme. »[5].

Après cette édition houleuse, Jacob prend deux mesures pour la suite : supprimer définitivement la règle empêchant les lauréats de la Palme de revenir en compétition et interdire toute ingérence de la direction dans les décisions du jury[5]. Dès lors, le président et le délégué général assistent muets aux délibérations et se contentent juste d'expliquer, lors de la première réunion, le règlement intérieur ou de le rappeler par la suite si besoin est[5].

Notes et référencesModifier

  1. La Sélection - 1979 - Compétition, site officiel du Festival de Cannes.
  2. La Sélection - 1979 - Un certain regard, site officiel du Festival de Cannes.
  3. La Sélection - 1979 - Hors compétition, site officiel du Festival de Cannes.
  4. « Dans les coulisses du jury du festival de Cannes », Le Point,‎ (lire en ligne).
  5. a b c d e f g h i et j Gilles Jacob, La Vie passera comme un rêve, Paris, Robert Laffont, , 384 p. (ISBN 978-2-221-08739-8)
    pages 180 à 186
    .
  6. a b c et d Jean-Luc Douin, « Sagan et le "complot" cannois », Vanity Fair,‎ (lire en ligne).
  7. Bertrand Meyer-Stabley, Françoise Sagan. Le tourbillon d'une vie, Pygmalion, , p. 147.

Lien externeModifier