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John Fitzgerald Kennedy

président des États-Unis de 1961 à 1963
(Redirigé depuis John Kennedy)
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John Fitzgerald Kennedy
Illustration.
John Fitzgerald Kennedy en 1961.
Fonctions
35e président des États-Unis

(2 ans, 10 mois et 2 jours)
Élection 8 novembre 1960
Vice-président Lyndon B. Johnson
Gouvernement Administration Kennedy
Prédécesseur Dwight D. Eisenhower
Successeur Lyndon B. Johnson
Sénateur des États-Unis
pour le Massachusetts

(7 ans, 11 mois et 19 jours)
Prédécesseur Henry Cabot Lodge, Jr.
Successeur Benjamin A. Smith II
Représentant des États-Unis

(6 ans)
Circonscription 11e district du Massachusetts
Prédécesseur James Michael Curley
Successeur Tip O'Neill
Biographie
Nom de naissance John Fitzgerald Kennedy
Date de naissance
Lieu de naissance Brookline (Massachusetts, États-Unis)
Date de décès (à 46 ans)
Lieu de décès Dallas (Texas, États-Unis)
Nature du décès Assassinat
Nationalité Américain
Parti politique Parti démocrate
Père Joseph Patrick Kennedy
Mère Rose Fitzgerald Kennedy
Fratrie Joseph Jr. Kennedy
Rosemary Kennedy
Kathleen Kennedy Cavendish
Eunice Kennedy Shriver
Patricia Kennedy Lawford
Robert Francis Kennedy
Jean Kennedy Smith
Edward Moore Kennedy
Conjoint Jacqueline Lee Bouvier
Enfants Arabella Kennedy
Caroline Bouvier Kennedy
John Fitzgerald Kennedy, Jr.
Patrick Bouvier Kennedy
Diplômé de Université Harvard
Religion Catholicisme

Signature de John Fitzgerald Kennedy

John Fitzgerald Kennedy
Présidents des États-Unis

John Fitzgerald Kennedy [ d͡ʒɑn fɪtsˈd͡ʒeɹəld ˈkɛnədi][1], dit Jack Kennedy, communément appelé John Kennedy et par ses initiales JFK, né le à Brookline (Massachusetts) et mort assassiné le à Dallas (Texas), est un homme d'État américain, 35e président des États-Unis. Entré en poste le , il est, à 43 ans, le plus jeune président élu des États-Unis[2], et également le plus jeune président à mourir, moins de trois ans après son entrée à la Maison-Blanche, à l'âge de 46 ans.

Il laisse son empreinte dans l'histoire des États-Unis par sa gestion de la crise des missiles de Cuba, son autorisation du débarquement de la baie des Cochons, son engagement pour le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires, le programme Apollo dans le cadre de la course à l'espace, son opposition à la construction du mur de Berlin, sa politique d'égalité des genres et son assassinat. Ses prises de position en faveur de l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce lui valent d'être respecté jusque chez les républicains, et le mouvement afro-américain des droits civiques — qu'il soutient, voulant mieux intégrer les minorités dans la société — qui prend place durant sa présidence annonce la déségrégation ; dans un même temps, il est admiré par les dirigeants étrangers pour l'aide qu'il fournit aux pays en développement au travers de l'Alliance pour le Progrès et des Corps de la paix. Son programme, basé sur le slogan « Nouvelle Frontière », de stimulation de l'économie, de lutte contre la pauvreté et de magnification de l'Amérique par l'innovation, est également réutilisé par les démocrates après sa mort en son honneur.

Les circonstances de son assassinat par Lee Harvey Oswald, seul coupable reconnu, ont donné lieu à de nombreuses enquêtes, ouvrages écrits et filmés, interprétations et théories du complot au fil des décennies ayant suivi son assassinat.

Sommaire

BiographieModifier

Article connexe : Famille Kennedy.

John Fitzgerald Kennedy, surnommé « Jack », naît le à Brookline (Massachusetts), une banlieue huppée de Boston. Il est le second d'une famille qui compte neuf enfants : Joseph Jr., John F., Rosemary, Kathleen, Eunice, Patricia, Robert, Jean Ann et Edward.

Ses parents sont Joseph Patrick Kennedy, qui a fait fortune dans les années 1930, et Rose Fitzgerald, fille de John Francis Fitzgerald (1863-1950), dit « Honey Fitz », maire de Boston et de Mary Josephine Hannon (1865-1964)[3]. Tous deux sont les descendants de familles originaires d'Irlande. Son père soutient Franklin Delano Roosevelt lors de l'élection de 1933, envisage de se présenter à sa succession et devient ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni en 1938 après avoir été un des piliers des grandes réformes de Roosevelt dans la banque et la finance.

Le jeune John reçoit une éducation dans la Choate Rosemary Hall, une des meilleures écoles privées à Wallingford, Connecticut où son frère aîné Joseph Patrick Kennedy, Jr. l'a précédé. En septembre 1935, il intègre la London School of Economics sous la supervision du professeur Laski, mais doit interrompre ses études, car il est atteint de jaunisse. Il intègre ensuite l'université de Princeton mais doit de nouveau interrompre ses études après seulement six semaines, et se fait hospitaliser à l'hôpital Brigham de Boston (en) où les médecins diagnostiquent une possible agranulocytose ou leucémie[4]. L'année suivante, en septembre 1936, il intègre l'université Harvard. Ses principales matières sont l'économie, l'histoire et la politique américaine.

Quand son père s'installe à Londres, il visite l'Europe, en particulier l'Allemagne nazie, et s'assure les services d'un « nègre[5] » pour rédiger son mémoire de fin d'études sur Neville Chamberlain et la participation britannique aux accords de Munich. Son mémoire est reçu avec mention et grâce au soutien financier de son père, est publié avec une introduction de Henry Luce, sous le titre Pourquoi l'Angleterre dormait. À 23 ans, John est ainsi l'auteur d'un relatif succès de librairie qui semble le destiner au journalisme. Son père est alors déconsidéré par sa position favorable à la négociation avec Adolf Hitler.

Il doit, en 1941, sous la pression de son père et du Federal Bureau of Investigation (FBI), mettre fin à sa liaison avec Inga Arvad, une journaliste danoise mariée à Paul Fejos, ancienne miss Danemark qui a couvert les Jeux olympiques d'été de 1936. JFK est rappelé en Caroline du Sud mais Inga le suit et ils continuent à se voir[6].

Service militaire et période de l'après-guerreModifier

Au printemps 1941, Kennedy veut s'enrôler dans l'armée, mais est déclaré inapte en raison de ses problèmes de dos : né avec une colonne vertébrale instable selon un de ses chirurgiens en 1947 (ce qui est remis en cause par une étude de 2017 se basant sur ses radiographies et penchant pour une origine multifactorielle[7]), ce qui l'oblige à utiliser des béquilles cachées au public, à se reposer fréquemment dans son fauteuil à bascule devenu célèbre[8] et à porter un corset dorsal de 20 centimètres[9]. Dès sa jeunesse, il fut régulièrement hospitalisé du fait de sa santé fragile et par intermittence eut de douloureux problèmes gastriques (probablement l'intestin irritable)[7]. Il est de plus atteint de la maladie d'Addison, sorte de déficience (encore mortelle à son époque) des glandes surrénales, lesquelles produisent des hormones anti-douleurs osseuses[10]. Pour soulager ses douleurs, il reçoit régulièrement des injections de cortisone, de novocaïnes et de stéroïdes, il prend des amphétamines[9], ce cocktail médicamenteux lui permettant de déployer une énergie hors du commun et d'assouvir une libido hyperactive[11]. Les corticoïdes qu'il a consommés pour traiter ses douleurs gastriques pourraient d'ailleurs être une cause secondaire de sa maladie d'Addison, c'était des médicaments prometteurs durant les années 1930 mais les effets à moyen termes n'étaient pas connus[7]. Son état de santé fut gardé secret de son vivant, conscient que la publication entraînerait la fin de sa carrière, même si ses prédécesseurs présidentiels Wilson, Coolidge, Roosevelt et Eisenhower avaient aussi imposés la confidentialité sur leurs ennuis de santé[12]. D'abord mobilisé à l'arrière, il obtient de servir sur plusieurs navires de la flotte américaine du Pacifique et devient commandant d'un patrouilleur avec le grade de Lieutenant.

Le à deux heures du matin, son patrouilleur (une vedette lance-torpilles), le PT-109, est coupé en deux par le destroyer japonais Amagiri au large des îles Salomon. Kennedy est projeté sur le pont et se blesse au dos, ce qui aggrave ses douleurs ; en mer, il réussit malgré tout à haler un membre de son équipage blessé sur près de cinq kilomètres et à mettre pied sur une île, d'où il nage pour donner l'alerte : son équipage est récupéré. Ce fait d'armes lui vaut la Navy and Marine Corps Medal avec la citation suivante :

« Pour sa conduite extrêmement héroïque comme officier commandant de la vedette lance-torpilles PT 109, après la collision et le naufrage de ce vaisseau, sur le théâtre de la guerre du Pacifique, les 1er et 2 août 1943. Peu soucieux du danger personnel, le lieutenant Kennedy a bravé sans hésitation les difficultés et les risques de l'obscurité pour diriger les opérations de sauvetage, nageant plusieurs heures pour trouver de l'aide et de la nourriture après avoir réussi à ramener son équipage à terre. Son remarquable courage, sa ténacité et ses qualités de chef ont permis de sauver plusieurs vies, conformément aux plus hautes traditions de la Marine des États-Unis. »

Il participe également à l'évacuation de Marines encerclés par les Japonais lors du raid sur Choiseul le 2 novembre 1943[13]. Kennedy reçoit d'autres décorations pendant la guerre, dont la Purple Heart. Il est démobilisé au début de 1945 quelques mois avant la capitulation du Japon. Un film de propagande raconte son aventure. Le décès de son frère aîné et les erreurs politiques de son père (qui était favorable au maintien de la paix avec Adolf Hitler) font de lui l'espoir politique de la famille.

Il est contraint de se faire opérer à plusieurs reprises en raison de problèmes de dos et reçoit même l'extrême onction à trois reprises. Pendant cette période, il publie un livre Profiles in Courage (Portraits d'hommes courageux) où il fait la biographie de huit sénateurs qui ont risqué leur carrière pour défendre leurs points de vue. Ce livre, dont la paternité est aujourd'hui accordée à Ted Sorensen, bras droit de Kennedy et auteur de ses plus grands discours, recevra le prix Pulitzer en 1957[9].

Récompenses et médailles militairesModifier

     
   
Navy and Marine Corps Medal Purple Heart American Defense Service Medal
American Campaign Medal Asiatic-Pacific Campaign Medal
avec trois étoiles de service
World War II Victory Medal

Carrière politiqueModifier

 
Portrait officiel posthume de John F. Kennedy par Aaron Shikler.

Après la Seconde Guerre mondiale, Kennedy commence donc une carrière politique en se faisant élire en 1946 à la Chambre des représentants dans une circonscription à majorité démocrate. Il est réélu deux fois en 1948 et 1950, largement malgré ses positions qui ne sont pas toujours en accord avec celles du président Harry S. Truman ou du Parti démocrate.

En 1952, il est candidat au siège de sénateur avec le slogan : « Kennedy en fera plus pour le Massachusetts ». Avec l'appui de son père et de tout le clan familial, il réussit à battre son concurrent républicain, le sénateur sortant Henry Cabot Lodge Jr. en obtenant 51,5 % des voix. Cependant, il ne s'oppose pas au sénateur Joseph McCarthy, un ami de la famille, qui mène une campagne agressive dans le but d'extirper les prétendus espions communistes au sein du gouvernement. Il profite d'un séjour à l'hôpital pour ne pas voter la motion de censure contre McCarthy en 1954, ce qui lui sera longtemps reproché par l'aile gauche du Parti démocrate, Adlai Stevenson et Eleanor Roosevelt en tête. En 1958, il est réélu sénateur avec 73,2 % des suffrages face au républicain Vincent J. Celeste.

Vie privée, mariage et descendanceModifier

John Kennedy est connu pour ses multiples maîtresses et conquêtes féminines, dont Marilyn Monroe en 1962, ainsi que Mary Pinchot Meyer (épouse de Cord Meyer (en), haut fonctionnaire à la CIA) et Judith Campbell, maîtresse simultanément de Kennedy et du parrain de la mafia de Chicago Sam Giancana ou encore Gunilla von Post, Marlene Dietrich[14]. Proche de la mafia, le chanteur Frank Sinatra lui fournit des starlettes comme maîtresses. En 1961, lors d'une rencontre officielle avec le Premier ministre du Royaume-Uni Harold Macmillan, il lui confie : « Trois jours sans faire l'amour et c'est le mal de tête garanti. Je ne sais pas si c'est aussi votre cas, Harold »[11]. Le père du président, Joseph Patrick Kennedy, serait intervenu financièrement auprès de son épouse Jackie afin de la retenir[15].

Le [16], il épouse Jacqueline Bouvier en l'église St Mary à Newport (Rhode Island). Le mariage est considéré comme l'évènement mondain de la saison avec quelque 700 invités à la cérémonie et plus de 1 000 personnes à la somptueuse réception qui suit à « Hammersmith Farm », domaine de son beau-père Hugh D. Auchincloss.

Jacqueline Kennedy fait une fausse couche en 1955[17],[18], puis donne naissance à une petite fille mort-née, le , que ses parents auraient voulu prénommer Arabella[19]. Cet évènement conduit à une brève séparation du couple qui se réconcilie peu après. Le couple devient ensuite parents d'une fille Caroline en 1957, puis d'un fils John en 1960. Un second fils Patrick naît prématurément le et meurt deux jours plus tard.

Peu de temps après l'assassinat de John F. Kennedy, les restes d'Arabella et de son jeune frère Patrick sont transférés le , au cimetière national d'Arlington. Sa dalle mortuaire n'indique pas de prénom, mais simplement la mention « daughter » (fille, en anglais) et la date du .

Élection présidentielleModifier

Kennedy se déclare candidat pour succéder à Eisenhower le . Dans sa déclaration de candidature, Kennedy insiste sur la nécessité d'un désarmement mondial, qualifiant la course aux armements de « fardeau »[réf. nécessaire].

Le Parti démocrate doit choisir entre lui et les sénateurs Hubert Humphrey, Lyndon B. Johnson et Adlai Stevenson. Kennedy remporte les élections primaires dans certains États clés, comme le Wisconsin et la Virginie-Occidentale et obtient la nomination de son parti à la convention nationale. Son colistier est Lyndon B. Johnson, soutenu par les États du Sud. Pendant la campagne électorale, les débats tournent autour du rôle des États-Unis dans le monde, du problème de la pauvreté, de l'économie et de l'équilibre de la terreur face aux missiles porteurs d'armes nucléaires de l'Union soviétique, mais aussi sur la religion catholique pratiquée par le candidat.

À partir des années 1950, le jeune sénateur démocrate du Massachussetts J.F. Kennedy fait des apparitions dans plusieurs talk-shows, notamment Meet the press très populaire à cette époque. C’est ainsi que Kennedy va prendre conscience et créer par lui-même son image du nouveau politicien. Ce qui l’amènera à être choisi pour prononcer le discours de candidature de Adlai Stevenson à la Convention démocratique de 1956. Lors de cette épreuve, il gagnera le rôle de l’orateur le plus recherché du parti, ce qui sera perçu comme le lancement de sa course à la présidence[20].

Kennedy apparait, alors qu’il est candidat, dans le Tonight Show de Jack Paar. C’est le premier homme politique important à participer à une émission de fin de soirée. Étant donné l’innovation, personne n'était alors au courant des règles de l'égalité des heures s'appliquant aux émissions de divertissement. Une aubaine qui lui rapportera en capital sympathie. C’est ainsi que commence la campagne aux élections présidentielles américaines pour John Fitzgerald Kennedy. Le 12 septembre 1960, Kennedy fait une déclaration importante sur la question de la religion et de son catholicisme, devant une assemblée de pasteurs protestants à Houston, au Texas. Il affirme, ce jour-là, qu’il ne serait en aucune manière influencé par la hiérarchie catholique. Il emprunte l’article VI de la Constitution des États-Unis comme contre argument aux spéculations faites à son égard. Son équipe de campagne électorale trouve le discours convaincant et permettant de faire taire les malentendus. Ils s’en serviront comme moyen de communication en distribuant le film du discours aux stations de télévision de tout le pays. Il fut largement retransmis et la plupart des observateurs eurent l’impression que Kennedy avait remporté une victoire décisive et que la question religieuse était maintenant pour lui beaucoup plus un avantage qu’un handicap[21].

La campagne à l'élection présidentielle américaines de 1960 est une toute nouvelle forme de la communication politique, qui joue la carte de la modernité, combinant l'utilisation de la radio, de la publicité, des sondages et de la télévision. Elle sera à l'origine d'une mythologie qui dépassera très vite les frontières du pays[22]. La campagne est caractérisée par le premier débat télévisé de l'histoire à une élection présidentielle. Elle opposera en quatre duels, les deux candidats, John Fitzgerald Kennedy et Richard Nixon. Deux candidats proches sur leurs programmes politiques et leurs âges mais différents par leurs apparences. R. Nixon est vu comme un personnage politique expérimenté, mais avec une image très déplaisante suite aux caricatures de Herblock dans le Washington Post. Le premier débat est considéré comme le plus important, il se déroule le 26 septembre 1960 à Chicago. L’équipe de Kennedy a parfaitement préparé le rendez-vous comme le confirme le producteur de CBS, Don Hewitt[23]. Le clan Kennedy s’était auparavant bien entouré, avec L. Reinch conseiller en audio-visuel, les réalisateurs F. Schaffner et A. Penn, et le producteur F. Coe afin d’améliorer ses performances. A. Penn demande en coulisse des plans serrés sur son candidat persuadé que l’équipe de Nixon le suivra. Lors de la prise de parole de Nixon, l’effet attendu est au rendez-vous : les gouttes de sueur qui perlent sur le visage de Nixon, la nervosité apparente, la barbe peu soignée donnent une image désastreuse du candidat à la présidence. De plus, son costume gris se fondant dans les décors créera un contraste face au jeune sénateur, plein d’aisance et d’assurance dans les gestes et la parole, en costume noir parfaitement préparé au duel[24].

Les critiques récurrentes des caricaturistes visant R. Nixon sont désormais vues en gros plan par les Américains devant leur télévision. Ils seraient en effet entre 65 millions et 74 millions de téléspectateurs[25] à avoir assisté aux débats selon les rapports de cette époque. Avec une estimation de téléviseurs installés dans environ 90%[20] des foyers. Kennedy avait donc prévu et bien fait de miser sur les techniques modernes car avant le grand débat du 26 septembre les sondages donnaient Nixon de peu gagnant avec 47% face à 46%. Suite au débat, Kennedy était estimé à 49% face à 46% pour Nixon[26].

Les « grands débats » offrent un phénomène attirant, selon le chercheur J. Austin Ranney (en) : « De nombreuses études antérieures à 1960 ont montré que le discours électoral de type traditionnel, quand le candidat A et ses partisans disposent de la salle de réunion ou du studio pour eux seuls, sont suivis et écoutés presque uniquement par les électeurs qui se sont déjà décidés pour ce candidat B évitent les réunions du candidat A et arrêtent la radio ou la télévision quand se fait entendre la voix de A »[27]. Ce que l’on nomme une chambre d’écho. Avec les grands débats, au contraire, non seulement les partisans de Nixon sont obligés d’écouter Kennedy, mais ils peuvent difficilement éviter de le comparer immédiatement avec Nixon. Theodore White, dans The Making of the President, 1960, montre à quel point Kennedy était confiant et bien préparé. « Selon certains sondages, ceux qui ont écouté le débat à la radio estiment que les deux candidats étaient à peu près ex æquo [à l’issue du débat]. En revanche, tous les sondages réalisés auprès des téléspectateur indiquent que Nixon était considéré comme le perdant (…) Tout cela est dû à l’effet de la télé »[28]. La stratégie de Kennedy, consistait aussi à critiquer l’immobilisme des années de gouvernance de Dwight Eisenhower, dont Nixon est le coresponsable. La métaphore du retard (gap) occupe une part importante dans les discours du candidat. Le clan Kennedy en profite donc pour populariser alors l’idée de grands desseins nationaux pour promouvoir la nécessité de réformes rapides face à l’avance prise par l’URSS. Entouré d’idéologues de la modernisation, dont Walt Rostow est le plus actif, Kennedy renvoie son adversaire dans les cordes de la tradition et du conservatisme[29].Cette rhétorique du risque rompt avec celle de la sécurité utilisée jusqu’alors par les candidats démocrates.

Sa rhétorique du risque, va donc dans le sens de son slogan : la Nouvelle Frontière séduisant ainsi un électorat avide de changement après huit années de présidence républicaine. La victoire de J.F Kennedy, le 8 novembre 1960, est certes celle de la jeunesse mais aussi celle des transformations de la vie politique américaine, en particulier le renforcement de la médiatisation avec le rôle nouveau joué par la télévision. Mais également celle des mutations de la sociologie de l’électorat, plus jeune et féminisé[30] ; « mais elle est surtout celle des nouvelles techniques de communication, faisant bon usage des sondages, de l’instrument télévisuel et du média training »[31]

La politique de Kennedy, appelée « Nouvelle Frontière », prévoit la détente envers l'URSS, l'envoi d'un homme sur la Lune, l'égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l'économie, la lutte contre la pègre et l'arrêt de l'expansion communiste dans le monde.

L'élection a lieu le  ; Kennedy bat Nixon de seulement 120 000 voix[32]. Des rumeurs circulent par la suite sur le fait que son père, Joe, aurait utilisé ses liens avec la mafia américaine pour que certains comtés décisifs « votent bien ». À 43 ans, Kennedy est le plus jeune président élu : Theodore Roosevelt était plus jeune lors de son accession à la présidence, mais il succédait à William McKinley, décédé en cours de mandat. Il est aussi le premier président des États-Unis de religion catholique et toujours le seul à ce jour[33].

 
Inauguration officielle du président Kennedy, le .

PrésidenceModifier

Il entre en fonction le à l'âge de 43 ans.

 
Carte des pays que John F. Kennedy visite durant sa présidence.

ChronologieModifier

1961Modifier
 
Kennedy serre la main de Dwight Eisenhower après sa nomination, le 20 janvier 1961.
  • 20 janvier : entrée en fonction de John F. Kennedy comme 35e président des États-Unis. Son discours est resté dans la mémoire des Américains : « Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».
  • 2 février : Kennedy propose au Congrès sa politique sociale afin de mettre fin à la récession économique. Elle inclut un programme de tickets-nourriture et un accroissement des allocations pour les chômeurs et les personnes sans ressources.
  • 1er mars : Kennedy signe un décret créant les Corps de la paix, l’une des institutions les plus marquantes de son gouvernement. Il en confie la direction à son beau-frère Sargent Shriver.
  • 28 mars : il lance un programme d’armement parmi les plus importants en temps de paix. Il double le nombre de missiles nucléaires balistiques intercontinentaux Polaris, augmente le nombre de bombardiers stratégiques et augmente celui des autres missiles ; il accroît aussi le nombre de divisions en état d’alerte et quadruple les unités de luttes anti-guérillas.
  • 16-18 avril : le gouvernement Kennedy tente d'appliquer un plan initialement préparé par Dwight D. Eisenhower, pour renverser Fidel Castro, le président cubain communiste. Avec l'aide de la CIA, 1 500 exilés cubains retournent dans l'île et tentent de rallier la population ; c'est un échec qui est connu sous le nom de « l'invasion de la baie des Cochons ». En moins de deux jours, Kennedy refusant tout appui aérien, le gouvernement castriste tue ou fait prisonnier les exilés et Kennedy doit négocier leur libération. Elle sera obtenue après 20 mois au prix de 53 millions USD en nourriture et médicaments. Kennedy, dans un discours, se déclare seul responsable du désastre, mais en privé, il déclare que la CIA lui a menti et l'a manipulé pour qu'il donne l'ordre de l'invasion totale de Cuba. Allen Dulles, directeur de la CIA, sera limogé et le reste du mandat de Kennedy sera marqué par une certaine méfiance envers la communauté des services de renseignements (CIA)
     
    La capsule Friendship 7 présentée à Kennedy par John Glenn.
  • 25 mai : Kennedy prononce le Special Message to the Congress on Urgent National Needs, le fameux discours qui donne le coup d’envoi du programme lunaire américain. « Notre nation doit s’engager à faire atterrir l’homme sur la Lune et à le ramener sur Terre sain et sauf avant la fin de la décennie.»
    Il répond ainsi à l’URSS qui, en pleine guerre froide, avait pris plusieurs longueurs d’avance dans la conquête spatiale. Il conforte le concept de Nouvelle Frontière de l'espace, qu'il avait déjà évoqué dans un discours d'investiture comme candidat à l'élection présidentielle, le 15 juillet 1960.
  • 3 juin : début de la Vienna summit (en) où JFK rencontre Nikita Khrouchtchev afin de mettre en place une coexistence pacifique entre les deux Grands.
 
John F. Kennedy prononce le discours annuel sur l'état de l'Union, en 1963. Assis derrière lui, le vice-président Lyndon B. Johnson et le président de la Chambre, John McCormack.
1962Modifier
  • 3- 7 février : L'administration Kennedy impose l'Embargo économique des États-Unis sur Cuba.
  • 14 février : Sur sa demande Cuba est exclu de l'OEA et vote à la majorité l'embargo avec l'ile.
  • 5 juillet : John Fitzgerald Kennedy prononce un discours félicitant l'indépendance de l'Algérie[39].
  • 12 septembre : dans le cadre de la course à l'espace, il prononce son discours We choose to go to the Moon, qui influence de façon majeure la politique spatiale américaine.
  • 30 septembre : un étudiant noir, James Meredith, s’inscrit pour la première fois à l’université d’État du Mississippi ; des manifestants s’opposent à la déségrégation et le ministre de la Justice, Robert Francis Kennedy — frère du président — utilise 23 000 agents fédéraux pour contrer les manifestants. Les échauffourées font deux morts parmi les manifestants et 160 blessés parmi les forces de l’ordre.
  • 14 octobre : des avions espions américains U2 photographient des sites de missiles soviétiques en construction à Cuba. Kennedy est confronté à un dilemme : soit il attaque les sites en risquant une confrontation nucléaire avec l'URSS, soit il ne fait rien et les États-Unis doivent vivre sous la menace d'armes nucléaires tactiques près d'eux. Kennedy décide un blocus de l'île et entame des négociations avec le président du Conseil des ministres soviétique Nikita Khrouchtchev. Un accord sera trouvé après plusieurs semaines de négociations diplomatiques, les États-Unis s'engageant à ne pas envahir Cuba mais refusent publiquement les demandes de la part de l'URSS de retirer leurs missiles implantés en Turquie. Ces demandes lui seront cependant accordées secrètement en avril 1963 par Robert Kennedy[40],[41].
1963Modifier
  • 18 mai : Ayant pris connaissance de l'existence du réacteur nucléaire de Dimona en Israël, le président Kennedy, dans une lettre au premier ministre Ben Gurion, demande un accès au site dans un souci de limiter la prolifération des armes nucléaires[42]. Le célèbre journaliste Seymour Hersh, vainqueur du prix Pulitzer, relate cette opposition dans son livre The Samson Option. De même que l'historien et écrivain israélien Avner Cohen dans son livre Israël and the Bomb, qui relate cette opposition du président Kennedy à l'obtention de la bombe nucléaire par Israël, opposition que le président maintiendra jusqu'à son décès.
  • 4 juillet : Kennedy dans sa première lettre au nouveau premier ministre Israélien Levy Eshkol, demande à nouveau avec insistance, l'accès à la centrale nucléaire israélienne de Dimona, pour des visites périodiques, dans le but de vérifier que le site n'abrite pas un programme de production d'armes nucléaires. Opposition à la bombe nucléaire israélienne que Kennedy a maintenue jusqu'à son décès, selon l'écrivain et historien israélien Avner Cohen dans son livre Israël and the bomb. Seymour Hersh, journaliste célèbre ayant obtenu le prix le plus prestigieux de sa profession, le prix Pulitzer, dans son livre The Samson Option, le confirme[45].
 
Kennedy signe le traité d’interdiction des essais nucléaires, le 7 octobre 1963.
  • 21 novembre : il prépare sa politique de « lutte contre la pauvreté » pour son programme d’action à mettre en œuvre en 1964[réf. nécessaire].
  • 22 novembre : il entame la campagne pour sa réélection par un voyage au Texas. L'avion présidentiel Air Force One atterrit sur l'aéroport de Dallas Love Field, où Kennedy et son épouse sont accueillis chaleureusement. À 12 heures 30, alors que le cortège présidentiel traverse Dealey Plaza, plusieurs coups de feu sont tirés, le gouverneur du Texas, John Connally, est touché, Kennedy est atteint en pleine tête. Il décède peu de temps après à l'hôpital Parkland. Son assassinat reste à ce jour, pour beaucoup, non résolu, alimentant les rumeurs et les hypothèses les plus folles. Le 27 septembre 1964, la commission d’enquête désignée par Lyndon B. Johnson, connue sous le nom de Commission Warren, conclut que Lee Oswald a agi seul dans l'assassinat du président et la blessure du gouverneur du Texas.
  • 25 novembre : le président est enterré au cimetière militaire d'Arlington.

Politique étrangèreModifier

 
Rencontre de Kennedy et de Nikita Khrouchtchev à Vienne, en 1961.

Le mandat de Kennedy est marqué par la guerre froide entre l’Union soviétique et les États-Unis et les crises majeures destinées à contrer l’expansion communiste. Au début de sa présidence, il pense que le monde peut s'améliorer par des moyens pacifiques et il crée les Corps de la paix. Ce programme, qui existe toujours, permet à des volontaires américains d'aider les pays en développement dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture, de la santé et du bâtiment.

Kennedy développa des liens d'amitié étroits avec le Royaume-Uni et la RFA. Cependant, les relations avec le Canada seront faibles, John Diefenbaker ne supportant pas Kennedy et réciproquement. Le prochain Premier ministre du Canada Pearson s'entendra en revanche très bien avec lui et acceptera l'installation de bases nucléaires américaines au Canada.

Les relations avec la France de Charles de Gaulle sont constantes mais tendues, les deux dirigeants ont cependant un grand respect l'un pour l'autre et le peuple français a une certaine admiration pour les Kennedy ; ils sont notamment fiers que sa femme, Jacqueline Bouvier de son nom de jeune fille, ait des racines françaises[réf. nécessaire]. La volonté de Charles de Gaulle d’accroître la puissance militaire et économique de la France produit de vives tensions entre les deux hommes : d'après Ted Sorensen, dans un moment de colère Kennedy aurait traité de Gaulle de « salopard »[réf. nécessaire].

La crise des missiles de Cuba montre que le risque d'une guerre nucléaire n’est pas négligeable et que les États-Unis et l'URSS sont « au bord du gouffre », d’où une attitude plus mesurée en Europe. Cette attitude est d'ailleurs déjà effective avant cette crise, comme le prouve le fait que les Américains restent passifs lorsque l’Allemagne de l’Est lance la construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et que les pays du bloc de l’Est rendent leurs frontières quasiment étanches. Après une tentative de retrait, Kennedy essaie malgré tout de contenir l'expansion soviétique en envoyant des conseillers militaires, puis des troupes, au Viêt Nam. En octobre 1963, il signe un mémorandum ordonnant le retrait de 1 000 soldats du Viêt Nam avant la fin de 1963 car il pensait la guerre bientôt gagnée[48]. Ce mémorandum sera annulé par Lyndon B. Johnson.

Cependant, une facette moins connue du personnage présente l'ex-président démocrate comme un artisan majeur de l'escalade de la guerre du Viêt Nam, en ayant directement été à l'origine d'un coup d'État militaire fomenté contre le président sud-vietnamien Ngô Đình Diệm[49],[50],[51],[52], voire le commanditaire direct de l'assassinat de celui-ci[53], parce que Diệm était opposé à un accroissement de l'engagement militaire américain au Vietnam[54] et envisageait de rompre l'alliance de son pays avec les États-Unis[55]. Il donne son appui, en septembre 1963, au coup d’État militaire contre le gouvernement réformiste de Juan Bosch en République dominicaine[56].

En août 1963 Kennedy signe le traité de Moscou qui interdit les essais nucléaires dans l'atmosphère. Il s'agissait de lutter contre la prolifération des armements et contre les effets à long terme des retombées radioactives. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'URSS en seront les premiers signataires et Kennedy considérera qu'il s'agit là d'une des actions majeures de son gouvernement.

Au Salvador, son administration appuie la création de l'Orden (Organisation démocratique nationaliste) afin d'organiser et de surveiller la population rurale (l’Amérique centrale est alors agitée par des guérillas en lutte contre des gouvernements dictatoriaux) mais celle-ci se comporte rapidement en escadron de la mort[57].

Politique intérieureModifier

 
Rencontre avec les leaders des droits civiques en 1963.

Kennedy milite contre la ségrégation raciale, en prenant pour modèle Abraham Lincoln. Il soutient Martin Luther King Jr., et le rencontre lors de sa marche sur Washington en 1963.

L'un des problèmes les plus importants auquel Kennedy doit faire face est celui de mettre fin aux mesures discriminatoires contre les minorités ethniques qui restent légales dans certains États. Un arrêt de 1954 de la Cour suprême des États-Unis interdit la ségrégation dans les écoles publiques, mais est resté lettre morte dans de nombreux États du Sud. Par ailleurs, des mesures discriminatoires restent toujours en vigueur dans d'autres lieux publics, tels que les transports urbains, les cinémas et les restaurants.

Il fait beaucoup pour la conquête de l'espace, en lançant le programme Apollo (We choose to go to the Moon).

Sur le plan social, son programme Nouvelle Frontière vise à améliorer le sort des classes modestes et des droits civiques de ses concitoyens noirs. Sur ces objectifs, Kennedy se heurte souvent, ce qui est courant aux États-Unis, à un Congrès dont la majorité n'est pas celle de son courant politique. Ici, cependant, le Congrès est en majorité démocrate, mais cette dernière est dominée par les démocrates du Sud, conservateurs sudistes hostiles à la disparition de la ségrégation.

Bilan et historiographieModifier

Si les presque trois ans de présidence de Kennedy se sont accompagnés de plusieurs mesures notables (conquête de l'espace, début de la déségrégation, Corps de la paix, traité de Moscou d'août 1963) les historiens sont partagés sur l'importance du mandat de Kennedy dans l'histoire américaine. Élu de justesse, il a accru l'engagement des États-Unis au Vietnam, a initié le débarquement de la baie des Cochons, n'a pas empêché la construction du mur de Berlin, a approuvé la mise sur écoute par le FBI de Martin Luther King Jr., soutenu des coups d'État et l'assassinat de dirigeants étrangers en Amérique latine, en Irak et au Vietnam, avait des liens avec la mafia et n'a pas mené à bien la baisse d'impôts qu'il avait initialement promise. De ce fait, s'il est souvent cité comme étant le plus populaire des présidents qu'a comptés le pays, cela est plus le reflet de son charisme, de sa jeunesse, de sa bonne connaissance des médias et des conditions tragiques de son décès.

L'historiographie post-1963 a d'abord été marquée par des ouvrages hagiographiques écrits par ses anciens conseillers, Ted Sorensen et Pierre Salinger. Un regard plus critique survient dans les années 1980 avec The Kennedy Imprisonment de Garry Willis, où Kennedy est décrit comme un « improvisateur » se reposant sur son charisme et prenant de mauvaises décisions, et un obsédé sexuel se mettant lui-même en danger du fait des risques de chantage que cela implique. Patrick Buisson dans La Cause du peuple reprend ces légendes critiques, dénonce une imposture créée de toute pièce par les médias, Kennedy étant dans la « télé-gouvernance » et la publicité, masquant les liens avec la mafia, une libido incontrôlée et un échec aux affaires étrangères.

Le président fascine toujours autant l'Amérique. Depuis 1963, 40 000 ouvrages ont été écrits à son sujet, surtout sur son assassinat[58], ainsi que de nombreux récits uchroniques, imaginant le scénario que l'assassinat fût raté[59],[60]. Le cinquantième anniversaire de sa mort relance de nouvelles études et publications[61]. Son projet réussi de dépasser l'URSS dans la conquête spatiale avant l'année 1970, ne l'empêche pas de subir sous sa présidence un second revers deux ans après l'embarquement de Youri Gagarine : l'envoi en juin 1963 d'une femme soviétique dans l'espace, Valentina Terechkova.

AssassinatModifier

Article détaillé : Assassinat de John F. Kennedy.
 
Pierre tombale de JFK, au cimetière d'Arlington.

Le , lors d'une visite pré-électorale de John F. Kennedy à Dallas, le cortège présidentiel traverse la ville à petite vitesse, salué par la foule amassée. Alors que la limousine décapotée du président passe sur Dealey Plaza vers 12 h 30, des coups de feu éclatent. Le président est d'abord blessé au cou, tandis que le gouverneur Connally, assis devant lui, est blessé à la poitrine, puis une balle atteint le président à l'arrière de la tête, endommageant gravement la partie arrière supérieure de son crâne[62], et ressort probablement par la tempe droite[63]. Aussitôt transporté au Parkland Hospital, le président est déclaré mort à 13 h après de vains efforts de réanimation. Le monde est consterné en apprenant la nouvelle[64].

Lors de la mort de Kennedy, les trois grands réseaux de télévision américains ont suspendu leurs émissions pour rapporter toutes les nouvelles concernant le président du 22 au 25 novembre 1963, ce qui fait de la couverture télévisée de cet événement la plus longue de l'histoire télévisée américaine (70 heures) jusqu'à celle des attentats du 11 septembre 2001 (72 heures)[65]. Les reportages filmés sur ses obsèques nationales consacreront la domination de la télévision française sur les autres médias et la fin des actualités filmées au cinéma[66].

Selon les enquêtes officielles, Lee Harvey Oswald a assassiné seul le président, mais la seconde enquête mandatée par la Chambre des représentants — l'enquête du HSCA — estime en 1979 qu'il y a eu au moins deux tireurs, donc conspiration.

 
La garde d'honneur se prépare à plier le drapeau au-dessus du cercueil de John F. Kennedy, au cimetière national d'Arlington, le .

Sa femme Jacqueline, lors du transport du cercueil à bord de l'avion Air Force One, lui organise des obsèques nationales impressionnantes sur le modèle de celles d'Abraham Lincoln[67]. John F. Kennedy repose au cimetière national d'Arlington, près de Washington.

Le président américain Donald Trump a autorisé le la déclassification de 2 891 documents sur l'assassinat de John F. Kennedy, dont le maintien sous scellés pendant plus de 50 ans a alimenté de nombreuses théories du complot. Y figurent notamment les noms de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et plus étonnamment de l'actrice Catherine Deneuve qui auraient tous les trois versé de l'argent à Larry Cox, activiste qui a refusé à trois reprises d'intégrer l'armée américaine et de partir au Viêt Nam[68].

HommagesModifier

 
Visage de Kennedy sur un timbre de 1964.

Mythes et réalitésModifier

  •  : Marilyn Monroe, vêtue d'une robe en gaze de soie rose très serrée, chante Happy Birthday, Mr. President pour célébrer le 45e anniversaire du président au Madison Square Garden, dix jours avant sa date exacte. Cette séquence enregistrée par la télévision alimente les potins sur la liaison entre elle et Kennedy[70].
  • Une légende urbaine fait état que Kennedy et Abraham Lincoln, lui aussi assassiné, présentent de nombreux points communs. Malgré des ressemblances troublantes, on renie ce qui semble des rapprochements douteux, sans causalité logique[71],[72].
  • Lors du voyage officiel du président accompagné de son épouse à Paris, en juin 1961, le succès de Jackie est tel que le président s'est présenté de la façon suivante lors d'une réception : « Je suis l'homme qui accompagne Jacqueline Kennedy à Paris ».
  • Un mythe médiatique voit en Kennedy un second roi Arthur, les thèmes abordés dans la pièce Camelot jouée à Broadway en 1960 reflètent les idéaux de Kennedy pour l'Amérique. On prétend qu'il ne serait pas mort, mais tombé dans le coma et emmené en bateau par sa femme sur une île secrète où il aurait été soigné et dont il ne serait jamais parti, « son » Avalon.
  • Kennedy était un grand joueur d'échecs et admirateur de Wolfgang Amadeus Mozart.
  • Quant à Barack Obama, il est parfois comparé à Kennedy en raison de son caractère de nouveauté et de jeunesse, de sa différence par rapport à la majorité de la population (Kennedy était catholique et Obama est le premier président noir de l'histoire des États-Unis) et surtout par rapport à son charisme et à sa « télégénie »[73],[74].
  • John Kennedy est resté durant son mandat un président très populaire. Pour preuve, pendant toute cette période, il n'a jamais connu de sondages inférieurs à 50 % d'opinions favorables. Il est d'ailleurs le seul à ce jour à avoir atteint ce niveau de popularité[75].
  • Lors des obsèques officielles, le jeune fils de Kennedy, John, effectue un salut militaire devant le cercueil de son père. Officiellement, il a pris l'initiative de ce salut.

OuvrageModifier

  • John Fitzgerald Kennedy (trad. Jean Bloch-Michel), Stratégie de la paix [« The Strategy of Peace »], Paris, Calmann-Lévy, , environ 220 p..

Notes et référencesModifier

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. Theodore Roosevelt entre en fonctions plus jeune, mais sans avoir été élu président.
  3. Mary Josephine Hannon vit donc l'élection de son petit-fils à la Maison-Blanche et lui survécut, ce qui est un cas unique dans l'histoire des États-Unis.
  4. (en) Laurence Leamer, The Kennedy Men : 1901-1963, HarperCollins, , p. 101.
  5. Charles Vaugeois, « La double mort de J.-F. Kennedy », La Nouvelle Revue d'histoire, no 59,‎ , p. 58-62.
  6. JFK, les liaisons dangereuses, Harvey Lilley, docu. TV, 2006.
  7. a b et c Marc Gozlan, « L'incroyable histoire de John F. Kennedy et de son mal de dos », sur realitesbiomedicales.blog.lemonde.fr, (consulté le 18 juillet 2017).
  8. (en) Régine Torrent, First ladies : d'Eleanor Roosevelt à Hilary Clinton, Lannoo Uitgeverij, (lire en ligne), p. 124.
  9. a b et c Roger-Gérard Schwartzenberg, La politique mensonge, Odile Jacob, (lire en ligne), p. 380-381.
  10. Les journalistes, par sympathie, ne mentionneront pas son état au public, de même que le port de corset ou de béquilles. Source : (en) Kenneth R. Crispell, Carlos Gomez, Hidden illness in the White House, Duke University Press, , p. 162.
  11. a et b Dimitri Casali, « Sexe, pouvoir et dépendance », sur Le Figaro, .
  12. (en) « The Medical Ordeals of JFK », sur The Atlantic, .
  13. (en) John C. Chapin, « Top of the ladder:Marine Operations in the Northern Solomons », sur ibiblio.org, .
  14. (en) Robert Dallek, An Unfinished Life : John F. Kennedy, 1917–1963, Little, Brown and Co, (ISBN 978-0-316-17238-7), p. 58.
  15. Nicole Bacharan et Dominique Simonnet, interviewés par Jean-Christophe Buisson, « Grandeur et servitude des First Ladies », Le Figaro Magazine, semaine du 30 septembre 2016, p. 74-78.
  16. Régine Torrent, First ladies : d'Eleanor Roosevelt à Hillary Clinton, Racine, (ISBN 2873864907 et 9782873864903, OCLC 123175870), p. 121.
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  32. « John F. Kennedy fut-il un bon président ? », sur franceinter.fr, (consulté le 21 novembre 2013).
  33. Lauric Henneton, Histoire religieuse des États-Unis, Flammarion, coll. « Au fil de l'histoire », , 448 p. (ISBN 9782081223424, lire en ligne), p. 323.
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  55. (en) Edward Miller, Misalliance: Ngo Dinh Diem, the United States, and the Fate of South Vietnam, Harvard University Press, , p. 253-60.
  56. Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d'États modernes et autres tentatives de destabilisation, Don Quichotte, , p. 628.
  57. Oscar Martinez Penate, Le soldat et la guérillera. Une histoire orale de la guerre civile au Salvador, Sylepse, , p. 16.
  58. Corine Lesnes, « Kennedy, mort pas enterré », Le Monde,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  59. « À quoi ressemblerait un monde où JFK aurait vécu centenaire ? », sur Slate, .
  60. « Et si... JFK n'avait pas été assassiné en 1963 ? », sur L'Express, .
  61. Laure Mandeville, « John F. Kennedy, l'onde de choc d'un assassinat », sur Le Figaro, .
  62. Ce qui est nettement visible à la consultation, en mode ralenti, du film amateur de référence tourné par le témoin Abraham Zapruder.
  63. À ce propos, voir le paragraphe « Le tir mortel » de l'article détaillé sur l'Assassinat de John F. Kennedy. Y est également évoquée la possibilité d’une 3e balle tirée de l'avant touchant à nouveau John F. Kennedy après le tir mortel.
  64. Fabien Aufrechter, « JFK : il y a 50 ans, le mythe de Dallas », sur lejournalinternational.fr, (consulté le 28 avril 2018).
  65. (en) Bill Carter, « Viewers Again Return To Traditional Networks », sur The New York Times, .
  66. Christian Bosseno, Télévision française, Éditions L'Harmattan, , p. 310.
  67. (en) Michael Meagher, Larry D. Gragg, John F. Kennedy. A Biography, ABC-CLIO, (lire en ligne), p. 137.
  68. Voir le Rapport déclassifié écrit le 11 juillet 1969 par Paul K. Chalemsky, ancien directeur de l'antenne de la CIA à Paris, qui précise les sommes ainsi versées par Jean-Paul Sartre (100 $), Simone de Beauvoir et Catherine Deneuve (1 500 Francs).
  69. « De Jules Ferry à Pierre Perret, l'étonnant palmarès des noms d'écoles, de collèges et de lycées en France », sur lemonde.fr, (consulté en octobre 2017).
  70. « Happy Birthday, JFK », Université du Massachusetts Lowell (consulté le 2 février 2010)
  71. « Lincoln et Kennedy : qui s'intéresse aux coïncidences ? », sur Le Monde Science Blogs, .
  72. Philippe Delorme, « Une auberge pas si rouge », dans Ombres et mystères de l'histoire.
  73. Michael Barone, « JFK and Obama: Personal similarities, policy differences », Washington Examiner,‎ (lire en ligne)
  74. « Barack Obama: the new JFK », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  75. « Bilan-2009 : Le "programme de changement" d'Obama peut-il aller plus loin ? », sur french.peopledaily.com.cn (consulté le 2 novembre 2018).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Au cinéma et à la télévisionModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier