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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Adlai Stevenson (homonymie) et Stevenson.

Adlai Stevenson
Illustration.
Adlai Stevenson en mars 1953.
Fonctions
31e gouverneur de l'Illinois

(4 ans et 2 jours)
Prédécesseur Dwight Green
Successeur William Stratton
Ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies

(4 ans, 5 mois et 23 jours)
Prédécesseur James J. Wadsworth
Successeur Arthur Goldberg
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Los Angeles (Californie)
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Londres (Royaume-Uni)
Parti politique Parti démocrate
Profession Diplomate
Religion Universalisme unitarien

Adlai Stevenson
Gouverneurs de l'Illinois

Adlai Ewing Stevenson II dit Adlai Stevenson, né le à Los Angeles et mort le à Londres, est un homme politique américain membre du Parti démocrate. Il est notamment gouverneur de l'Illinois entre 1949 et 1953 et candidat de son parti aux élections présidentielles de 1952 et de 1956.

Sommaire

BiographieModifier

EnfanceModifier

Né à Los Angeles, Adlai Stevenson était le petit-fils d'Adlai Ewing Stevenson, 23e vice-président des États-Unis entre 1893 et 1897. Son père, Lewis Stevenson, fut secrétaire d'État de l'Illinois de 1914 à 1917.

En 1912, au cours d'une fête, l'arme qu'il tenait a accidentellement tué Ruth Merwin, une cousine de 16 ans[1],[2].

Lycéen médiocre, il échoue à l'examen d'entrée à Princeton et est envoyé à Choate, où il s'améliora, et fut finalement admis l'année suivante. Après Princeton, il alla à la faculté de droit de Harvard et entreprit des études de droit, qu'il abandonna, pour les reprendre après avoir rencontré Oliver Wendell Holmes[1].

Il devint ensuite avocat et entra au cabinet Cutting, Moore and Sidley, occasionnellement appelé à devenir un conseil pour des organismes liés au New Deal, et développant une activité politique à Chicago[1].

Carrière politiqueModifier

Gouverneur de l'IllinoisModifier

Il a été gouverneur de l'Illinois de 1949 à 1953 avec comme lieutenant-gouverneur Dixon Sherwood. Il lutta contre la corruption, et tenta vainement de réformer les institutions de l’État, les réformes constitutionnelles qu'il voulait ne seront adoptées que quatre ans après sa mort[1].

Élections présidentielles de 1952 et 1956Modifier

Renommé pour ses talents d'orateur et ses orientations progressistes, le plaçant à la gauche du parti, Stevenson a été le candidat démocrate aux élections présidentielles américaines en 1952 et 1956. À chaque fois, il est battu par Dwight D. Eisenhower, gagnant respectivement neuf et sept États dans le Sud profond, traditionnellement démocrate[1].

1952Modifier
 
Affiche de campagne pour l'élection présidentielle de 1952.

En 1952, après que les candidatures de William Averell Harriman, d'Alben William Barkley, de Richard Brevard Russell, Jr. et d'Estes Kefauver échouèrent, respectivement à cause d'un manque d'expérience politique, d'un âge avancé, de ségrégationnisme, et d'un activisme contre le crime organisé qui révéla les liens entre la Mafia et certains des principaux dirigeants démocrates, qui avaient encore un rôle majeur dans la sélection du candidat, celle d'Adlai Stevenson fut finalement avancée, étant en faveur du New Deal mais, sur le sujet des droits civiques, moins engagé que le nord le voulait, et moins hostile que le sud le souhaitait[1].

Afin d'équilibrer sa candidature, il prit comme colistier John Sparkman, sénateur de l'Alabama.

1956Modifier

En 1956, lors des primaires démocrates, il instaure pour la première fois l'élection séparée pour la candidature à la vice-présidence (jusqu'alors, et depuis lors, les candidats à la vice-présidence ont été désignés par les candidats à la présidence).

Il prit Estes Kefauver comme colistier.

Ambassadeur à l'ONUModifier

Il est nommé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, après avoir convoité la fonction de secrétaire d'État, à laquelle fut finalement nommé Dean Rusk. Il reste à ce poste jusqu'en 1965, s'illustrant notamment lors de la crise des missiles de Cuba en demandant des comptes à son homologue soviétique Valerian Zorine, lors de l'Assemblée générale des Nations unies.

Voulant promouvoir l'ONU devant ses compatriotes, il parcourut les États-Unis, ce qui fut à l'origine d'un incident à Dallas le lorsqu'il vint dans cette Mecque de l'extrême-droite, et que des extrémistes vinrent perturber son meeting et l'accusèrent d’être un agent communiste; une manifestante l'agressa avec une pancarte, tandis qu'un autre chanta le chant suivant[3],[4],[5],[6],[7]:

Kennedy will get his reward in hell.
Stevenson is going to die.
His heart will stop, stop, stop.
And he will burn, burn, burn.

« Kennedy aura sa récompense en enfer.
Stevenson va mourir.
Son cœur s'arrêtera
et il brûlera, brûlera, brûlera ! »

Il conseilla ensuite au président Kennedy d'annuler sa visite à Dallas, conseil qui ne fut pas suivi. Un mois plus tard, Kennedy y fut assassiné[8],[5],[9].

MortModifier

Il décède d'une insuffisance cardiaque en marchant sur la rue Upper Grosvenor Street à Londres, dans le quartier de Mayfair, le 14 juillet 1965.

RéputationModifier

Ses adversaires républicains avaient coutume de brocarder son aspect d'intellectuel de gauche et le qualifiaient fréquemment de « crâne d'œuf », sobriquet inventé par Richard Nixon, lors de l'élection présidentielle de 1952. La rumeur de son homosexualité, alimentée par J. Edgar Hoover, a également été utilisée contre lui[10],[3],[5].

Ses partisans démocrates, quant à eux, admiraient son style posé et son éloquence[1].

Au cinémaModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g (en) Joseph Epstein, « Adlai Stevenson in Retrospect », Commentary Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018).
  2. (en) « KILLED IN STEVENSON HOME.; Girl Shot Accidentally by Former Vice President's Grandson. », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018).
  3. a et b (en) Bill Minutaglio et Steven L. Davis, « A Month Before JFK's Assassination, Dallas Right Wingers Attack Adlai Stevenson », New Republic,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018).
  4. (en) « Texas: A City Disgraced », Time,‎ (ISSN 0040-781X, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018).
  5. a b et c François Forestier, JFK, le dernier jour, Albin Michel, (ISBN 9782226292896, lire en ligne).
  6. Revue des travaux de l'Académie des sciences morales et politiques et comptes rendus de ses séances, Académie des sciences morales et politiques, (lire en ligne), p. 284.
  7. Paul Arrighi, « L'assassinat d'un homme politique », Revue des Deux Mondes,‎ , p. 509–522 (ISSN 0035-1962, résumé, lire en ligne, consulté le 21 mai 2019)
  8. « Biographie: Adlaï Stevenson », sur www.jfk-fr.com (consulté le 3 janvier 2018).
  9. (en) James McAuley, « Opinion | Dallas’s Role in Kennedy’s Murder », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018).
  10. (en) K. A. Cuordileone, Manhood and American political culture in the Cold War, Routledge, (ISBN 9780415926003, OCLC 56535047), p. 92

Liens externesModifier