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House Select Committee on Assassinations

House Select Committee on Assassinations
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Le House Select Committee on Assassinations, ou HSCA (nom complet U.S. House of Representatives Select Committee on Assassinations), en français : Comité restreint de la Chambre sur les assassinats, est une commission d'enquête créée par la Chambre des représentants des États-Unis (l'une des deux chambres du Congrès américain) en 1976 pour enquêter sur l'assassinat de John F. Kennedy et celui de Martin Luther King. Le HSCA enquêta jusqu'en 1978 et remit son rapport en 1979.

Pour ce qui concerne l'assassinat du président Kennedy, le HSCA confirma l’essentiel des conclusions techniques de la Commission Warren, mais conclut que le président avait vraisemblablement été tué des suites d'une conspiration au cours de laquelle quatre coups de feu ont été tirés : trois par Oswald, qui tuèrent le président, et un quatrième tir venant de face au président qui avait manqué son but. On entend par conspiration un partenariat établi dans un but criminel.

Pour ce qui concerne l'assassinat du Dr Martin Luther King, le HSCA conclut que l'assassin était James Earl Ray, mais qu'il y avait sans doute eu conspiration.

CréationModifier

 
Une réunion de la chambre.

Plusieurs faits conjoncturels et sociétaux, internes et externes à la société américaine, expliquèrent la création du HSCA :

Au niveau des assassinats :

  • Les travaux des chercheurs indépendants parus dès l'édition du rapport de la Commission Warren, tels ceux du journaliste américain Edward Jay Epstein, de Thomas Buchanan, de Sylvan Fox, Mark Lane ou d'Harold Feldman qui en partant des mêmes éléments arrivaient à des conclusions complètement différentes contribuèrent à la remise en cause de la version officielle[1].
  • Des membres de la Commission Warren, eux mêmes critiquaient les conclusions du rapport initial dont notamment Richard Russel et Hale Boggs (ce dernier ayant disparu dans un accident d'avion jamais élucidé en 1972)[1].
  • Les assassinats conjugués de John Fitzerald Kennedy (pour lequel il fut prouvé que les agences de renseignements n'avaient pas collaboré honnêtement à l'enquête menée par la Commission Warren), des militants des droits pour l'égalité Malcom X, Martin Luther King et Robert F. Kennedy dans des circonstances également sujette à une remise en cause de la version officielle contribuèrent à alimenter la défiance de la population vis à vis des enquêtes menées les autorités.
  • Une demande de l'opinion publique de plus en plus pressante pour réexaminer les conclusions de la Commission Warren sur l'assassinat du président Kennedy se manifesta plus particulièrement après que le film d'Abraham Zapruder a été diffusé à la télévision américaine le 6 mars 1975, dans l'émission, Good Night America, montrant notamment l'étonnant mouvement en arrière du président après le tir à la tête alors que, selon l'enquête, Lee Harvey Oswald était dans son dos (le film ayant été conservé à l'abri des regards du grand public par le magazine Life dans un coffre fort et qui n'avait pas publié en 1963 les clichés relatifs à l'impact de la balle mortelle. Il fut diffusé uniquement en 1969 au cours du procès intenté contre Clay Shaw, suite au travail du procureur Jim Garrison qui avait contraint Time Life par décision de justice à lui fournir l'original. Des copies pirates circulèrent par la suite renforçant les interrogations de la population). 87% des américains doutaient en 1975 de la version officielle[1].

Au niveau institutionnel :

  • La crise et la défaite militaire, politique et morale issue de la guerre du Vietnam qui secoua le pays dans les années 1960 et 1970, amena l'opinion publique américaine à remettre en cause les institutions officielles du pays, son modèle de vie et la politique qui y était menée à l'intérieur comme à l'extérieur.
  • Le scandale du Watergate impliquant la présidence des Etats-Unis et plus spécifiquement le rôle joué par le président Richard Nixon lui même qui sera contraint de démissionner en Août 1974 contribua à aggraver le déficit de confiance de la population dans son gouvernement et ses insitutions.
  • Les conclusions d'une commission d'enquête sénatoriale de 1975, la Commission Church, du nom de son président, le sénateur Frank Church, démontrèrent également l'implication de la CIA dans les assassinats ou tentatives d'assassinat de chefs d'États étrangers tels que Patrice Lumumba, Fidel Castro, Rafael Trujillo ou Ngo Dinh Diem et scandale plus grave encore, des activités illégales sur le sol des Etats-Unis de la centrale de renseignements. Il fut révélé que cette dernière avait réalisé plusieurs activités d'espionnage et effectué le fichage de plus de 300 000 citoyens américains comme notamment des opposants à la guerre du Vietnam. En effet, créé en 1947, la C.I.A avait en effet l'interdiction formelle d'agir dans les frontières du pays, rôle dévolu exclusivement au F.B.I[1].

Tous ces faits réveillèrent et alertèrent l'opinion publique américaine sur les agissements de leurs propres institutions officielles et contribuèrent à une prise de conscience sur les dysfonctionnements du système démocratique américain dans son ensemble[1].

Création du comité du HSCAModifier

[1]Thomas Downing (en), un représentant démocrate du Congrès qui croyait à la conspiration et remettait en cause la version officielle du rapport Warren[2], fut nommé président du HSCA et désigna Richard Sprague, premier assistant du District Attorney (procureur de district) de Philadelphie, conseiller en chef.

Sprague assembla rapidement une équipe de 170 juristes et soumit, le 8 décembre 1976, un budget de 6,5 millions de dollars. Il y eut des résistances vu l'importance du budget présenté et Sprague commença à subir des attaques relatives à certaines affaires qu'il avait traitées[2].

Après plus d'un an d'immobilisme et de luttes intestines, Louis Stokes, un représentant de l'Ohio, devint le nouveau président du HSCA. Richard Sprague accepta de démissionner pour être remplacé par Robert Blakey le 29 mars 1978 et le HSCA put commencer ses travaux.

Ses membres la composant furent :

  • Louis Stokes (1925 - .).
  • Lunsford Richardson Preyer (1919 - 2001).
  • Walter Edward Fauntroy (1933 - .).
  • Yvonne Brathwaite Burke (1932 - .).
  • Christopher Dodd (1944 - .).
  • Harold Eugene Ford Sr. (1945 - .).
  • Floyd James Fithian (1928 - 2003).
  • Robert William Edgar (1943 - .).
  • Samuel Leeper Devine (1915 - 1997).
  • Stewart Brett McKinney (1931 - 1987).
  • Charles Thone (1924 - .).
  • Harold Samuel Sawyer (1920 - 2003).
  • George Robert Blakey (1936 - .).

Différents panels d'experts, médicaux, photographiques, balistiques, acoustiques, etc., travaillèrent sur les éléments en la possession du HSCA tandis que des témoins, dont certains avaient déjà été entendus par la Commission Warren étaient auditionnés.

En définitive, le HSCA coûta 5,5 millions[1] de dollars et utilisa les services de 250 personnes

Les limites et les apports du HSCAModifier

Le HSCA malgré ses pouvoirs et son personnel s'est également heurté à des obstructions volontaires notamment dans la transmission des documents ou enquête de la part de la C.I.A et du F.B.I en encore à la mort subite de témoins clefs des événements, cités à comparaître ou désireux de le faire, et ce parfois, à quelques jours ou quelques heures de leurs auditions devant le comité.

Toutefois, son travail d'enquête a été beaucoup plus libre par rapport à la Commissionn Warren de 1963 ou les témoignages touchant la sphère des Services Secrets avaient été préparés par Allan Dulles (ex directeur tutélaire de la C.I.A, limogé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy suite au fiasco du débarquement de la baie des cochons d'Avril 1961)[1].

Exemples des limites du travail du HSCAModifier

Certains éléments en possession des services secrets et notamment de la C.I.A ne furent pas transmis au comité : ce fut le cas des enregistrements vocaux et des photos réalisés par la C.I.A d'un individu se faisant passer pour Lee Harvey Oswald au consulat soviétique en Septembre 1963 (ce que le F.B.I de J. Edgar Hoover avait détecté et communiqué à la présidence lors de l'enquête sur l'assassinat en 1963). Ces enregistrements et photographies, pièces essentielles pour l'accusation, furent détruits par centrale de renseignements en 1976 avant le démarrage du HSCA. Le HSCA fit un travail d'enquête approfondie sur le déplacement d'Oswald à Mexico nommé le rapport Lopez qui ne fut pas publié avant 1992 (voir plus bas) comme en parallèle également les travaux sur les photographies et radios de l'autopsie[3] qui ne furent pas montrées au public.

La C.I.A n'a pas communiqué également le dossier sur Lee Harvey Oswald, gardant ce dernier secret pendant plus de 15 ans de 1963 à 1978, et n'en communiquant qu'une version quasiment vide au comité alors qu'il aurait du contenir plus d'une trentaine de documents[4]. De même, le HSCA ne put se faire transmettre les notes des services secrets de la Marine (l'Office National Intelligence ou O.N.I) dont avait fait partie Lee Harvey Oswald et contenues dans son dossier. Ces dernières n'avaient pas été transmises en 1963 par l'ONI à la Commission Warren. Le HSCA ne put que constater leur destruction effectuée en 1973 "par routine"[1].

Lors de ses travaux, le HSCA fut informé de l'existence du film de Charles L. Bronson qui avait été confisqué et gardé secret par le F.B.I depuis 1963. Ce film démontrait la présence claire de deux personnes au 5éme étage du dépôt de livres. Le HSCA demanda un complément d'enquête au bureau fédéral d'enquête dont les résultats de l'enquête restent toujours inconnus à ce jour[1].

Le HSCA s'est également intéressé à un note manuscrite envoyée au chercheur indépendant Penn Jone. Envoyé en 1975 depuis Mexico, la note écrite par Lee Harvey Oswald indiquait le 8 Novembre 1963 :"Cher M Hunt je souhaiterai avoir des informations concernant ma position. Je ne demande que des informations. Je propose que nous en discutions avant qu'aucune étape ne soit franchie par moi ou par quiconque. Merci. Lee Harvey Oswald". Les conclusions au sujet de cette note examinée par la chambre des représentants sont restées inconnues[1].

Le HSCA fut également informé de la découverte dans le garage de Roscoe White, policier présent à Dealey Plaza[5], le 22 Novembre 1963, et mort en 1971, de photos inédites de Lee Harvey Oswald portant un fusil, un revolver et tenant à la main un journal communiste. Les pièces furent transmises au dossier mais aucun enquête ne fut effectuée[1].

Certains témoins essentiels à l'affaire furent entendus à huis clos et leurs auditions ne furent pas rendues publiques. Ce fut le cas de celle de Beverly Oliver (dont le film pris le jour même de l'attentat fut confisqué par l'agent du F.B.I, Régis Kennedy, à son domicile le 25 Novembre 1963), celui de Marita Lorenz (ancienne maîtresse de Fidel Castro recrutée et retournée par l'agent de la C.I.A Franck Sturgis pour des opérations anti castristes), celle du docteur Pierre Antoine Finck qui avait conduit l'autopsie du corps du président à l'Hopital militaire de Bethesda sur les ordres des militaires américains ou encore le témoignage de l'agent de la C.I.A David Philips Atlee, (en poste à Mexico dans les années 1960 et impliqué dans l'envoi de faux documents (voir plus bas)) qui fut entendu par Richard Sprague, premier conseiller spécial du HSCA avant son remplacement par Georges Blakey[1].

Certains témoins qui devaient témoigner devant le HSCA ne purent le faire. Ce fut le cas de Carlos Prios Socarra, ancien président de Cuba, qui disait détenir une preuve d'une rencontre entre l'agent de la CIA Franck Sturgis et le mafieux Jack Ruby. Il fut retrouvé mort le 5 Avril 1977 suicidé d'une balle dans la poitrine avant son audition. De même Georges de Mohrenschildt, qui avait déclaré que Lee Harvey Oswald n'était q'un pigeon, devait être entendu par le HSCA. Il fut retrouvé mort, le 27 mars 1977 l'après midi du jour ou il avait rendez vous avec un enquêteur du HSCA. Cependant le HSCA, à la différence de la Commission Warren, estima qu'il travaillait bien pour la C.I.A (voir détail plus bas). Enfin, Charles Chuckie Nicoletti, homme de main de la pègre et proche de Sam Giancana, suspecté d'être un des tireurs de Dealey Plaza et convoqué par la HSCA, fut retrouvé mort le 29 Mars 1977 avec 3 balles dans la nuque[1].

Malgré ses obstructions, limites et zones d'ombres que le HSCA n'a pas su, pu ou voulu gérer de manière adéquate, il a revanche, apporté de nouveaux éléments et révélations.

Exemples des apports du HSCAModifier

Richard Helms, le directeur de la C.I.A (de 1973 à 1976) a reconnu devant le comité que lors du voyage de Lee Harvey Oswald le menant en Russie, ou il transita du 8 Octobre à Londres au 10 Octobre 1959 à Helsinki en Finlande, qu'il était impossible en raison des horaires des vols aériens Londres Helsinski de l'époque d'arriver à cette date sans l'assistance d'un vol militaire, ce qui suggère donc une assistance gouvernementale[1].

Le département de la Justice, le F.B.I, la C.I.A et la Commission Warren furent tous critiqués pour la qualité des enquêtes menées et pour la façon dont ils avaient informé la Commission Warren. Le Secret Service fut critiqué pour la faiblesse de la protection du président qui fut affaiblie entre le défilé à Houston le 21 novembre et de Dallas le 22 novembre 1963. Lors du défilé à Houston, le H.S.C.A nota que 33 motards dont 6 sur les flancs mêmes de la limousine présidentielle furent déployés pendant tout le parcours. Ce qui ne fut pas le cas à Dallas 24 heures plus tard. Le HSCA a indiqué que : " Les modifications apportées par le Secret Service au plan initial de déploiement des motos du département de police de Dallas ont empêché l'utilisation d'un maximum de précautions de sécurité"[6].

Les représentants de la Chambre furent également extrêmement critiques envers les trois médecins pathologistes qui avaient réalisé l'autopsie à l'hôpital militaire de Bethesda concluant que ces derniers ne disposaient pas d'un entrainement ni de l'expérience suffisante pour réaliser pour interpréter les blessures par balle à la différence de l'équipe médicale de l'Hôpital du Parkland Hospital le 22 Novembre 1963 qui le prit en charge moins de 10 minutes après les tirs. Le HSCA établit que ce fut sous la direction directe des militaires présents dans la salle que fut réalisée l'acte médical, leur interdisant d'explorer la trajectoire des balles, de sonder les blessures ou d'examiner les vêtements de la victime[1]. A la différence de la Commission Warren, le HSCA eut accès aux photos et aux radios de l'autopsie. Il contesta l'authenticité de certaines et nota la disparition de celles montrant le torse du président. A noter que lors des travaux, Régis Blahut, un agent de la C.I.A, s'introduit dans les bureaux de la chambre des représentants pour détruire certaines photos originales. Il fut renvoyé par la C.I.A[1].

Le comité découvrit également que le policier Dean, qui ne se présenta pas aux auditions sous serment du comité, en charge de la sécurité lors du transfert de Lee Harvey Oswald, le 24 Novembre 1963 lorsqu'il fut assassiné parle mafieux Jack Ruby avait également des liens avec Joseph Civello le lieutenant du parrain de Dallas, Carlos Marcello. Le HSCA confirma également les liens avérés entre Jack Ruby, l'assassin de Lee Harvey Oswald et le milieu de la pègre dont il était un des membres et ses relations notamment avec les parrains Carlos Marcello, Santos Trafficante, et Sam Giancana (eux mêmes très impliqués dans les actions illégales de la C.I.A contre le régime de Fidel Castro à Cuba) et qualifiant de "naïves" les conclusions du rapport de la commission Warren[1]. Le rapport du HSCA indiqua que comme Carlos Marcello (violemment expulsé par l'administration Kennedy en 1961 lors de sa lutte contre le crime organisé et revenu illégalement sur le territoire des États-Unis et défendu par Guy Bannister dans l'attente de son procès), Santos Trafficante avait également "le mobile et les possibilité de faire assassiner" le président John Fitzegerald Kennedy. Santos Trafficante convoqué par la HSCA se réfugia derrière la protection offerte par le cinquième amendement de la constitution américaine[7] tandis que Carlos Marcello niait les accusations portées contre lui argumentant que sa maladie d'Alzheimer lui empêchait de se souvenir de quoi que ce soit[1].

Globalement, le H.S.C.A a confirmé et officialisé plusieurs résultats obtenus par les enquêteurs indépendants sur l'affaire Kennedy comme le procureur de la Nouvelle Orléans Jim Garrisson et notamment la présence d'éléments et d'entités et ou de personnes liées directement à la sphère des services de renseignements.Le Comité a également prouvé que la C.I.A n'a pas véritablement coopéré. Elle possédait sur Lee Harvey Oswlad un dossier portant la cote 201 indiquant que soit la personne présentait un intérêt dans le cadre d'une surveillance ou bien travaillait pour la centrale de renseignements. Le dossier qui fut gardé par secret pendant 15 ans durant par la C.I.A fut transmis au HSCA qui constata qu'il était quasiment vide alors qu'il aurait du contenir une dizaine de documents[1].

Le H.S.C.A a considéré avec beaucoup plus de profondeur les liens qui unissaient l'aristocrate russe et géologue Guy de Mohrenschildt à Lee Harvey Oswald à son retour d'U.R.S.S. C'est sur la demande de la C.I.A, en la personne de l'agent J. Walton Moore, que Guy de Mohrenschildt dit avoir pris contact et permis à Lee Harvey Oswald à s'introduire et de se faire connaitre au sein de la communauté des russes blancs américains anti communistes en 1962. Il lui permit également d'obtenir un emploi dans une entreprise travaillant pour l'armée américaine et lui permit de faire la connaissance de Ruth Paine, épouse d'un ingénieur de Bell Hélicoptère, qui lui obtint un emploi en Octobre 1962 au Texas Book Depositary. Lors des travaux du H.S.C.A, Guy de Mohrenschildt déclara avant sa disparition (intervenue le jour même de son rendez vous avec l'enquêteur du H.S.C.A) qu'il fallait rechercher la vérité dans la sphère des services de renseignements. A la différence de la Commission Warren, qui voyait en lui un simple ami de Lee Harvey Oswald, le HSCA conclut que Guy de Mohrenschildt était un agent contractuel de la C.I.A[1].

Le HSCA a également mis en lumière des éléments qui avaient volontairement été ignorés par la Commission Warren et notamment les liens reliant l'ancien Marine Lee Harvey Oswald au détective privé Guy Banister. En effet, lors de son activité de militant pro marxiste pour le comité qu'il avait créé et dont il était l'unique membre, le Fair Play for Cuba, l'adresse 544 Camp Street, adresse officielle des bureaux de Guy Bannister à la Nouvelle Orléans, apparut sur les trucs de Lee Harvey Oswald. Ancien chef de la police de Dallas, ancien agent du F.B.I et ancien agent de l'Office Naval Intelligence (O.N.I) dont faisait partie Lee Harvey Oswald, lié à la John Birch Society, société prônant la suprématie blanche, Guy Banister était en charge des opérations anti-castristes appointées par la C.I.A et le F.B.I. Il avait participé à la logistique de l'opération montée par la C.IA. du débarquement de la Baie des cochons en Avril 1961. Son bureau de détective privé, en réalité une couverture, servait de lieu de rassemblement aux cubains anti-castristes entrainés militairement dans les environs par la C.I.A et également au Cuban Revolutionnary Council (CRC) dirigé par Sergio Arracha Smith (lui même financé par Carlos Marcello) et d'entreposage d'armes. Cette structure permettait de dissimuler les opérations illégales de la C.I.A sur le sol américain. Fondée en 1947, la C.I.A, avait en effet, l'interdiction formelle d'intervenir sur le sol des Etats-Unis d'Amérique, rôle dévolu exclusivement au F.B.I de J.Edgar Hoover. A la mort de Guy Bannister d'une crise cardiaque intervenue en Juin 1964, l'ensemble de ses dossiers furent saisis par les agences de renseignements gouvernementales fédérales en présence de sa veuve. Lorsque le HSCA en demanda la communication au cours de ses travaux, il dut en constater la destruction, seuls restants les étiquettes des dossiers parmi lesquelles figuraient les intitulés suivants : - C.I.A 20-10, munitions et armes 32-1, programme de droits civiques de J.F.K 15-6, Comité de soutien à Cuba 23-7, Amérique Latine 23-1, destruction base missiles - Turquie et Italie 15-16[8]. A la différence de la Commission Warren et du F.B.I qui avaient conclu à un intérêt mineur dans leur enquête de cet aspect de la vie de l'ancien marine sans creuser davantage au motif que leur enquête n'avait pas révélé la présence de Lee Harvey Oswald au 544 Camp Street[8], le H.S.C.A révéla au contraire plusieurs témoins qui confirmèrent la présence de Lee Harvey Oswald au sein de l'antenne illégale de la C.I.A dont les frères Allen et et Daniel Campbell, anciens marines recrutés par Guy Banister, sa secrétaire Delphine Roberts ou encore son propre frère. Dans le carnet d'adresse de Lee Harvey Oswald fut retrouvé également les coordonnées de plusieurs anti-castristes notoires[1].

Le H.S.C.A a révélé plusieurs témoins confirmant l'existence d'un lien entre Lee Harvey Oswald et David Ferrie. Ce dernier intervenait dans les opérations anti-castristes en tant que pilote, spécialisé dans les opérations aériennes périlleuses de livraison d'armes au sein de l'agence de détectives privés de Guy Bannister. Il fut l'un des meilleurs livreurs d'armes pour Cuba. Le H.S.C.A a prouvé que Lee Harvey Oswald a assisté à un discussion en compagnie de David Ferrie. De même, Delphine Roberts a témoigné que Lee Harvey Oswald était allé en compagnie de David Ferrie dans un camp d'entraînement pour les exilés cubains anti-castristes, (camps qui furent par la suite, fermés par le F.B.I sur ordre de la présidence de J.F.K pour respecter l'accord de neutralité sur Cuba suite à la crise des missiles d'Octobre de 1962)[1].

En 1978, au cours des travaux du comité, le 4 Août, un article parut dans le journal Spotlight de Victor Marchetti (ancien assistant au directeur de la C.I.A dont l'ouvrage sur son ancien employeur[9] fut censuré en 1978), écrivait qu'un mémorandum signé de James Angleton (le chef du service de contre espionnage) et de Richard Helms (le directeur de la CIA) sur la présence d'un élément de la C.I.A à Dallas le 22/11/1963. Ce document expliquait que la centrale de renseignements devrait prendre les mesures nécessaires pour expliquer la présence à Dallas le 22 Novembre 1963, de Heverett Howard Hunt un agent du service Executive Action (le service responsable des actions clandestines de la C.I.A intervenu notamment sur les actions contre le régime castriste). le H.S.C.A convoqua en conséquence l'ancien agent Howard Hunt et également Richard Helms pour déposer devant le comité. Le H.S.C.A put obtenir seulement que Howard Hunt déclara avoir été présent chez lui le 22 Novembre 1963. Toutefois, il fut par la suite condamné en 1985 lors du procès en appel dans l'action qu'il avait intenté contre Spotlight, le procès ayant prouvé que l'agent avait tellement changé de version que les jurés estimaient que Spotlight était en droit de se poser la question[1]. Victor Marchetti a également déclaré avoir la conviction que David Ferrie avait travaillé pour la C.I.A en citant pour preuve, le vent de panique qui souffla sur le quartier général de l'agence de renseignements à Langley en Virginie, lorsque le procureur Jim Garrison se mit à enquêter sur les activités de l'ancien pilote lors de son enquête sur l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy[8].

Le H.S.C.A interrogea Richard Helms si l'emploi par la C.I.A d'éléments issus du crime organisé pour accomplir leur mission de reverser le régime cubain castriste était moralement acceptable. Le directeur de la C.I.A répondit que cette association "contre nature" était liée au manque de temps auquel était confronté l'agence de renseignements et qu'il fallait agir au plus vite au cours des années 1960.

Le H.S.CA apporta un éclairage particulier sur les conditions du retour de Lee Harvey Oswald de son voyage d'U.R.S.S qui n'avait alors subi aucun contrôle de la part des agences fédérales du renseignement en pleine guerre froide, le F.B.I et la C.I.A. Ces agences qui luttaient contre l'idéologie communiste, pour extirper toute influence marxiste au sein des Etats-Unis et ce, au moyen d'actions illégales si nécessaires (fichage et écoutes notamment), avaient alors prétexté une surcharge de travail. William Colby, le directeur de la C.I.A de septembre 1973 à Janvier 1976, témoigna devant le comité sénatorial en 1976 que les conditions de retour faciles de Lee Harvey Oswald était du à la masse de travail résultant des nombreuses personnes revenant d'U.R.S.S. Cependant, en 1993, il fut révélé que le parcours de Lee Harvey Oswald était en réalité suivi minutieusement par la C.I.A, son interrogatoire par le F.B.I avait également été transmise à la centrale et que son courrier était ouvert et contrôlé avant tout envoi. Il bénéficia également à son retour d'une aide financière qui lui fut accord par le ministère de la santé, car son voyage en U.R.S.S avait été réalisé avec l'accord du département d'Etat américain[1].

Le H.S.C.A a également étayé les affirmations d'Antonio Veciana, membre et chef de la brigade secrète anti-castriste Alpha 66. Cet agent, malgré la demande d'arrêt intégrale de toutes les mesures d'agression contre le régime de Fidel Castro par l'administration Kennedy suite la crise des missiles de 1962 avait reçu l'ordre par son officier traitant à la C.I.A qui s'appelait Maurice Bishop de continuer les opérations de sabotage afin d'empêcher toute détente entre l'U.R.S.S et les États-Unis et également pour reprendre l'offensive par rapport à Cuba. Le portrait robot établit correspondait au visage de David Philips Atlee, agent de la C.I.A qui avait collaboré à la désastreuse opération de débarquement de la baie des cochons montée par la C.I.A[1].

Veciana a également témoigné que Maurice Bishop, qu'il avait rencontré à plusieurs reprises avec Lee Harvey Oswald en Août 1963, lui avait demandé quelques mois après l'assassinat de corrompre un agent des services secrets cubains, Guillermo Ruiz, afin que celui-çi clame qu'il était la personne que Lee Harvey Oswald avait rencontré lors de son voyage en Octobre 1963 à Mexico[10].

Le HSCA a également confirmé la crédibilité du témoignage de Annie et Silvia Odio relatif à la visite à leur appartement en fin septembre 1963 à Dallas de trois hommes membres se réclamant de l'organisation anti-castriste JURE (Cuban Revolutionnary JUnte fondée le 23 Juillet 1962) dont Lee Harvey Oswald dont l'identification par les deux soeurs fut positive. Le HSCA conclut à la manœuvre avec pour objectif d'impliquer dans l'assassinat l'organisation politique de centre-gauche JURE par le biais de la présence de l'ancien marine[11]. Le HSCA a également critiqué l'insuffisance du travail d'enquête et de recherches du FBI et de la Commission Warren à ce sujet [11].

le H.S.C.A a également estimé à la différence de cette dernière, que de nombreuses apparitions de Lee Harvey Oswald ou supposée tel quel à plusieurs endroits et moments différents avant le 22 Novembre 1963, et qui avaient été ignorés par l'enquête initiale de 1963, ont également eu pour objectif de compromettre l'ancien marine. Parmi les évènements collectés par le H.S.C.A on peut noter les suivants : l'achat et l'essai d'une voiture (alors que Lee Harvey Oswald n'avait pas le permis), le montage et le réglage d'une lunette sur un fusil chez un armurier à Irving (sachant que la lunette du fusil Machiner Carcano retrouvé et supposé être l'arme du crime était déréglée), l'usage d'une arme dans un stand de tirs ou le supposé Oswald tira sur plusieurs cibles du stand appartenant à d'autres tireurs et en s'excusant ayant cru tirer sur John Fitzgerald Kennedy[1].

Le HSCA exclua après enquête également la responsabilité du régime castriste à Cuba dans toute participation d'une tentative d'assassinat contre John Fitzgerald Kennedy. Fidel Castro accepta de répondre en personne aux représentants du HSCA le 3 Avril 1978, confirmant que des tractations diplomatiques secrètes étaient en cours avec le président défunt pour un apaisement des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis, tentative de rapprochement qui fut interrompue immédiatement après les événements du 22 Novembre 1963 par l'administration du président Lyndon B. Johnson[1].

ConclusionsModifier

Dans son rapport remis en mars 1979, et consultable en ligne sur le site de la fondation Mary Ferrell en anglais, le HSCA conclut que :

  • il y a plus de trois tirs sur Dealey Plaza le 22 Novembre 1963 à Dallas sur un délai de 8,31 secondes dont les premiers, second et quatrième tirs provenaient de Texas Book Depositary et le troisième tir venant de la butte gazonnée.
  • Lee Harvey Oswald a tiré trois fois vers le président. Le second et le troisième tir l'ont touché, le troisième tir l'a tué.
  • le second tir d'Oswald a été responsable des blessures non fatales du président et de l'ensemble des blessures du gouverneur Connally (validant ainsi la théorie de la balle unique, notamment du fait de l'analyse par activation neutronique)[réf. nécessaire].
  • des preuves acoustiques montrent, avec une grande probabilité, que deux personnes ont tiré vers le président Kennedy. Ces preuves acoustiques reposèrent, mais pas uniquement, sur un enregistrement dictabelt d'un motard de la police de Dallas, qui contient quatre impulsions sonores correspondant à quatre coups de feu. L'un de ces coups a été tiré depuis le monticule situé à droite et en avant de la voiture présidentielle, entre la pergola et le viaduc, selon les experts Mark Weiss et Ernest Aschkenasy[12]. Le HSCA n'a pu identifier le second tireur, qui aurait raté sa cible.
  • Oswald a tué l'officier de police J. D. Tippit et a aussi tenté de tuer le général Edwin Walker[réf. nécessaire].

Le HSCA estime donc que le président Kennedy a « probablement été assassiné dans le cadre d'une conspiration »[1]. Les membres de cette probable conspiration ne sont pas identifiés, le comité ne disposant pas des preuves formelles nécessaires. Cependant, le HSCA a estimé que ni le gouvernement soviétique, ni le gouvernement cubain, ni le Secret Service, ni le FBI, ni la CIA ne sont impliqués dans l'assassinat. Il estime par ailleurs que ni le crime organisé ou les mouvements anti-castristes ne sont impliqués, mais que les preuves disponibles ne permettent pas d'exclure la participation individuelle de leurs membres dans la conspiration[réf. nécessaire].

Ayant remis son rapport, le HSCA demanda au département de la Justice de reprendre l'enquête sur l'assassinat de Kennedy. Mais ce ministère a mis huit ans pour répondre, sur cinq feuillets, en reprenant les conclusions du rapport Warren considérant qu'aucun nouvel élément ne permettait de conclure à l'existence d'une conspiration.

L'historien Thierry Lentz critique cette désinvolture et il estime que le rapport du HSCA remplace le rapport Warren de 1964[13]. Pour expliquer cette décision, il rappelle que le président Ronald Reagan et son vice président Georges W. Bush (ex directeur de la C.I.A de 1976 à 1978), souhaitaient dans les années 80 faire reprendre confiance à leur pays en évitant de raviver les blessures du passé[1].

Avec le recul, le HSCA, en soutenant les conclusions du rapport de la commission Warren mais en confortant l'hypothèse de la conspiration, voulait éviter une remise en cause plus profonde et déstabilisante de la vérité officielle. En effet, comme le note l'historien Thierry Lentz, le HSCA, en révélant que la Commission Warren et avec elle, l'appareil fédéral américain dans son entier, c'est-à-dire l'administration Johnson, les institutions officielles, le F.B.I et la C.I.A, avaient menti à haut niveau, la chambre des représentants se trouvait alors contrainte de valider l'hypothèse inévitable d'une conspiration prenant sa source dans l'appareil d'Etat fédéral américain lui même[1].

Les documents du H.S.C.A et le dossier LopezModifier

Les dossiers de travail du HSCA furent classés secret à l'issue de l'enquête jusqu'en 2029. Ils ne furent rendus publics en 1992 par le JFK Records Collection Act, voté suite à la diffusion du film JFK d'Oliver Stone en 1991.

Ces nouveaux éléments permirent de connaitre la façon dont avait été conduit l'enquête. L'ensemble des documents dont des dépositions classées confidentielles et le très attendu rapport Lopez (consultable en ligne en anglais) qui relatait le voyage de Lee Harvey Oswald à Mexico en Septembre 1963 furent rendus accessibles aux chercheurs.

C'est au cours de ce voyage en Septembre 1963 pendant lequel une personne toujours inconnue à ce jour, se fit passer pour lui lors de visites au consulat cubain et à l'ambassade soviétique, les 27 et le 28 septembre 1963, que des photos à partir de la caméra de la C.I.A furent prises. Le dispositif diplomatique soviétique était sous surveillance constante à travers le monde de la part de la centrale de renseignements. Ces photos et des enregistrements audios téléphoniques d'un homme parlant avec hésitation russe (Lee Harvey Oswald le parlait couramment et validé un examen sur la base d'El Toro en 1959), avaient été produits dès le 22 novembre 1963, jour de l'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, par l'antenne mexicaine de la C.I.A et envoyé à Washington par l'agent David Philips Attlee (qui avait travaillé sur l'opération du débarquement de la Baie des cochons en Avril 1961) affirmant qu'il s'agissait bien de Lee Harvey Oswald. A noter également que la C.I.A produisit un rapport d'enquête sur le voyage de Lee Harvey Oswald à Mexico en date du 31Janvier 1964 qui fut révélé et rendu public le 28 Juillet 1993. Il y était indiqué qu'un ancien agent de la centrale, Gilberte Alvarado avait produit une fausse déclaration visant à impliquer Lee Harvey Oswald qui aurait reçu au sein de l'ambassade cubaine à Mexico, le 18 septembre 1963, 6.500 dollars en liquide pour éliminer quelqu'un [14].

Par la suite, la C.I.A affirma que la caméra ne fonctionnait pas et qu'aucune photo n'avait été prise, document qui fut diffusé par la suite et prouvant le contraire (consultable en ligne). Les enregistrements audios furent détruits en 1976 par la C.I.A "par routine" avant le démarrage des travaux du H.S.C.A alors qu'ils étaient des éléments fondamentaux de l'accusation[1]. Parallèlement, David Philipps, un agent de la C.I.A, reconnut par la suite au cours d'un entretien avec le chercheur Mark Lane qu'aucune photo du véritable Lee Harvey Oswald n'avait été prise alors qu'il avait affirmé l'inverse pendant plusieurs années.

Le consul cubain Eusebio Azcue Lopez présent ces jours la témoigna devant le HSCA[15] que la personne qui s'était présentée ce jour la et le suivant pour demander un visa pour Cuba ne correspondait pas à la description physique de Lee Harvey Oswald[16]. L'employé et assistante du consul, Mme Sylvia Tirando Duran qui avait également rencontré cet homme donna un signalement qui ne correspondait pas à Lee Harvey Oswald. Mme Duran fut arrêtée par la police mexicaine sur ordre de la C.I.A, le 22 novembre 1963, le jour de l'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Et c'est à la suite d'une seconde et nouvelle détention qu'elle confirma uniquement l'identité de Lee Harvey Oswald. Elle témoigna devant le HSCA le 6 Juin 1978 confirmant ses premières déclarations initiales[17].

En 1978, un cable de la C.I.A fut découvert datant du 23 Novembre 1963 dans lequel il était indiqué :" L'arrestation de Sylvia Duran est extrêmement sérieuse et pourrait compromettre la liberté d'action des Etats-Unis sur la question de l'entière responsabilité de Cuba"[1].

En 1993, une retranscription de la conversation téléphonique entre le directeur du F.B.I J Edgar Hoover et le président Lyndon B. Johnson fut rendue publique concernant le voyage de Lee Harvey Oswald au Mexique. A la question du président si le F.B.I avait pu établir que Lee Harvey Oswald s'était rendu à l'ambassade soviétique à Mexico, J Edgar Hoover répondait :

"Non, c'est une affaire compliquée. Nous avons l'enregistrement et la photographie d'un homme qui était à l'ambassade soviétique et qui utilisait le nom d'Oswald. La photo et l'enregistrement ne correspondent ni à la voix, ni à l'apparence (d'Oswald). En d'autres termes, il apparait qu'il y a une seconde personne qui s'est rendue à l'ambassade soviétique". [18]

Controverse sur les preuves acoustiquesModifier

L'analyse d'un enregistrement qui aurait capturé des impulsions sonores à travers le microphone resté ouvert d'une moto de police roulant sur Dealey Plaza a été contestée par une étude du National Research Council[19] :

  • Il y aurait, au moment des impulsions sonores supposées être des coups de feu, également l'enregistrement d'une transmission sur un autre canal de la police (les transmissions d'un canal pouvait être entendues de manière faible sur un autre canal). Or, cet enregistrement est celui d'une intervention dont on sait qu'elle eut lieu après l'assassinat, et non pendant.
  • L'officier de police dont le micro était censé être celui ayant enregistré les sons a suivi, sirène hurlante, la voiture du président qui fonçait vers Parkland, ce qui ne correspond pas à ce que le dictabelt a enregistré, qui est celui d'une moto dont le moteur tourne au ralenti (ce qui a permis de supposer que le microphone ayant effectué l'enregistrement se trouvait peut-être sur une moto qui attendait l'arrivée du président au Trade Mart).

Selon Robert Blakey, conseiller en chef du HSCA, cette étude du National Research Council n'explique pas pourquoi les détonations correspondent à la fois aux images du film de Zapruder et à la vitesse du cortège sur Dealey Plaza[20]. Une étude scientifique de D. B. Thomas critique les « erreurs » du National Research Council sur les interférences des deux canaux, et réhabilite les preuves acoustiques du HSCA[21].

SuitesModifier

Les travaux et les documents produits par le HSCA constituèrent de nouveaux bases de travail pour les chercheurs indépendants et contribuèrent à relancer l'enquête sur l'assassinat dans de nouvelles directions et en réunissant de nombreux documents et témoignages non rendus publics ou non pris en compte par la Commission Warren.

Le conseiller principal du HSCA, Robert Blakey, a continué l'enquête à titre personnel en explorant la piste de la Mafia[22] et plus spécifiquement sur la piste de Carlos Marcello, le parrain de la Nouvelle Orléans qui avait été expulsé sans ménagement par les frères Kennedy durant leur guerre contre le crime organisé[23]. (Il écrivit à ce sujet un livre intitulé : The plot to kill Kennedy et paru 1988).

Il lui fut reproché d'avoir orienté les résultats du HSCA dans ce sens en ignorant tous les aspects de l'affaire pouvant conduire vers le monde des services de renseignements américains et des connexions avérées entre ces derniers et la pègre notamment pour éliminer Fidel Castro à Cuba [1]. Il a cependant corrigé sa position concernant l'implication des services secrets dans l'assassinat de Kennedy, point qui lui avait été reproché dans le résultat de l'enquête de 1979[1].

Il a notamment déclaré en 2003 au sujet de la C.I.A "À présent, je ne crois plus à rien de ce que l’Agence ait dit au comité que je puisse obtenir une corroboration substantielle auprès de l’extérieur de l’Agence. Nous savons maintenant que l'Agence n'a pas divulgué à la Commission Warren les plans de la CIA-Mafia visant à tuer Castro. Si la commission avait eu connaissance des complots, elle aurait suivi un chemin différent dans son enquête. L'Agence a unilatéralement privé la commission d'une chance d'obtenir toute la vérité, ce qui ne sera plus jamais connu. De manière significative, la conclusion de la Commission Warren selon laquelle les agences du gouvernement ont coopéré avec elle n’est, rétrospectivement, pas la vérité".[23]

Il a également ajouté que par rapport à la collaboration de la C.I.A avec le H.S.C.A :"Nous savons aussi maintenant que l'Agence a mis en place un processus qui n'aurait pu être conçu que pour empêcher le comité en 1976 d'obtenir la moindre information susceptible de nuire à l'Agence. Beaucoup m'ont dit que la culture de l'agence en est une de prévarication et de dissimulation et que vous ne pouvez pas faire confiance à elle ou à ses employés".[23]

A ce jourModifier

Le 20 Janvier 2019, une demande formulée par 60 personnalités afin de ré-ouvrir officiellement les enquêtes sur les assassinats de Malcom X, Robert F.Kennedy, Martin Luther King et John F.Kennedy a été effectuée par le "Comité de vérité et de réconciliation" (consultable en ligne) dont font partie Robert Blakey, les enfants de Robert Kennedy, le cinéaste et réalisateur Oliver Stone, Daniel Ellsberg (le lanceur d'alerte sur les Pentagon Papers en 1971), ou encore le docteur Robert McClelland, l'un des chirurgiens du Parkland Memorial Hospital à Dallas intervenu sur JFK le 22 Novembre 1963[24].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag et ah Thierry Lentz, L'assassinat de John F. Kennedy. Histoire d'un mystère d'État, Paris, nouveau monde éditions, , 446 p. (ISBN 978-2-36583-845-0)
  2. a et b « Thomas Downing », sur https://spartacus-educational.com/,
  3. « House Select Committee on Assassinations (HSCA) », sur https://www.maryferrell.org/
  4. (en) HSCA, « HSCA Report, Volume IV Current Section: Testimony of Richard Helms (Resumed) », sur https://www.maryferrell.org/
  5. Plusieurs témoignages et une série d'interprétations photographiques obtenues par ordinateur, font supposer la présence d'un policier se tenant derrière la barrière de bois, le 22 novembre 1963 à 12h30 lors des coups de feu dont celui mortel à la tête. Visible sur : https://en.wikipedia.org/wiki/Badge_Man
  6. (en) « HSCA Report, Volume XI Current Section: VII. The Residual Role of the Secret Service in Motorcade Planning », sur https://www.maryferrell.org
  7. « HSCA Report, Volume V Current Section: Testimony of Santos Trafficante », sur https://www.maryferrell.org
  8. a b et c Jim Garrison, J.F.K - Affaire non classée, Paris, J'ai lu, , 319 p., p. 36-47
  9. Victor Marchetti : Le CIA et le Culte de l'intelligence - 1978
  10. (en) HSCA, « HSCA Report, Volume X Current Section: III. Antonio Veciana Blanch », sur https://www.maryferrell.org/
  11. a et b (en) HSCA, « HSCA Report, Volume X Current Section: II. The Odio Incident », sur https://www.maryferrell.org/
  12. (en) G. Paul Chambers, Headshot. The science behind the JFK assassination, New York, Prometheus Books, (ISBN 978-1-61614-561-3), p. 118-127.
  13. Lentz 2013, p. 99-100.
  14. H.S.C.A, « Commission Document 347 - CIA Information of 31 Jan 1964 re: Oswald's Trip to Mexico », sur https://www.maryferrell.org, (consulté le 24 novembre 2019)
  15. HSCA, « HSCA Report, Volume III : Testimony of Senor Eusebio Azcue Lopez, Former Cuban Consul in Mexico City » (consulté le 23 novembre 1963)
  16. (en) « Oswald's Visits to the Cuban and Soviet Embassies », sur https://www.maryferrell.org/pages (consulté le 23 novembre 2019)
  17. HSCA, « HSCA Report, Volume III : Narration by G. Robert Blakey, Chief Counsel », sur https://www.maryferrell.org (consulté le 23 novembre 1963)
  18. H.S.C.A, « Telephone Conversation between the President and J. Edgar Hoover, 23 Nov 1963 », sur https://www.maryferrell.org, (consulté le 24 novembre 2019)
  19. Chambers 2012, p. 127-132
  20. (en) George Lardner Jr., « Study Backs Theory of 'Grassy Knoll' », The Washington Post,‎ 26 mars 2001.
  21. (en) D. B. Thomas, « Echo Correlation Analysis and the Acoustic Evidence in the Kennedy Assassination Revisited », Science & Justice,‎ 41, 2001, p. 21-32.
  22. (en) George Robert Blakey et Richard Billings, The Plot to Kill the President, New York, Times Books, , 428 p. (ISBN 0812909291)
  23. a b et c « G. Robert Blakey », sur https://spartacus-educational.com/
  24. Pascal Riché, « 60 personnalités veulent rouvrir les enquêtes sur quatre assassinats des années 1960 », sur https://www.nouvelobs.com/,

Voir aussiModifier