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Page d'aide sur l'homonymie Pour le film de 1963, voir Le Téléphone rouge.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hotline (homonymie).
Un « téléphone rouge » sans cadran exposé à la Jimmy Carter Library and Museum.
Ce téléphone est en fait un accessoire fictif, représentant à tort la ligne directe entre Washington et Moscou[1].

Le téléphone rouge est une ligne de communication directe établie le entre les États-Unis et l’Union soviétique, à la suite d'un accord signé et entré en vigueur le [2], après que la crise des missiles de Cuba a mené le monde au bord de la guerre mondiale en 1962.

Cette dénomination de « téléphone rouge » est en réalité un raccourci lexical repris et popularisé par les médias occidentaux, la ligne étant au départ une ligne de téléscripteur, sa supposée couleur rouge symbolisant simplement le fait qu’il s’agissait d’une ligne d’urgence. Cette ligne de communication, reliant la Maison-Blanche au Kremlin, a permis par la suite de désamorcer des situations conflictuelles mettant aux prises les deux blocs qu'étaient l'ex-URSS (devenue en 1992 la Fédération de Russie) et les États-Unis d'Amérique lors de la guerre froide.

Le , la Chine et les États-Unis décident l’installation d’un « téléphone rouge » commun, à l’occasion de la visite en Chine du secrétaire à la Défense américain, Robert Gates.

Le , la Corée du Nord et la Corée du Sud décident l’installation d’un « téléphone rouge » commun. Cette ligne relie la Maison bleue, la présidence sud-coréenne à Séoul, et le bureau à Pyongyang de la Commission nord-coréenne des Affaires d'État, présidée par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Sommaire

Liaison États-Unis-RussieModifier

Réalisation de la liaisonModifier

 
Salle avec l’équipement hotline dans l'aile Est de la Maison-Blanche, avec deux téléimprimeurs occidentaux et deux en cyrillique (en clair), ainsi que quatre machines de chiffrement ETCRRM II (en noir).
 
Badge russe intitulé « 50 ans en contact direct », créé en 2013 à l'occasion du 50e anniversaire de la création de la ligne directe reliant Moscou et Washington.
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Première générationModifier

La première génération ne transmettait pas la voix, car on estimait que les communications verbales spontanées pouvaient mener à de mauvaises interprétations. Il s'agissait d'une ligne télégraphique duplex. La ligne suivait le trajet WashingtonLondresCopenhagueStockholmHelsinkiMoscou. Au départ, la liaison Washington – Londres transitait par le câble TAT-1, le premier câble téléphonique transatlantique. Il existait une liaison radio secondaire, WashingtonTangerMoscou.

Les chefs d'État formulaient leurs messages dans leur propre langue, les messages étant traduits par le destinataire.

Seconde générationModifier

En 1971, les deux camps décidèrent d'améliorer le système, car de nouvelles technologies étaient désormais disponibles. La première ligne télégraphique fut complétée par deux liaisons radio par satellite, l'une composée de deux satellites américains Intelsat, et l'autre de deux satellites soviétiques Molniya II. La mise à niveau du système dura de 1971 à 1978, et à l'occasion la liaison radio Washington – Tanger – Moscou fut fermée.

Troisième générationModifier

La dernière modernisation eut lieu en 1986. L’Union soviétique utilisa des satellites géostationnaires du type Gorizont de la flotte Statsionar pour remplacer les satellites Molniya II. Des fonctionnalités de fax à haute vitesse furent ajoutées. Ceci permet aux chefs d'États des deux pays d'échanger rapidement des documents et d'autres informations en plus des messages textuels et des communications téléphoniques.

Sécurité des communicationsModifier

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On pense que la ligne était chiffrée grâce au principe du masque jetable, avec des clés transportées par valise diplomatique. La clé était changée à chaque communication et détruite lorsque celle-ci était terminée. Ces informations n’ont jamais été confirmées mais l’utilisation du masque jetable est très probable pour plusieurs raisons.

C’est le seul chiffrement qui est théoriquement inviolable (si plusieurs conditions sont respectées) et les valises diplomatiques étaient une solution pratique pour un échange sécurisé des clés aléatoires. De plus, le principe de masque jetable était souvent utilisé par l’URSS et ses agents. Le masque jetable, système très simple et connu depuis 1917, évitait d’avoir à divulguer le fonctionnement d’un algorithme secret de chiffrement à une tierce partie. Les États ont toujours jalousement gardé secrets les rouages de leurs algorithmes même si cette pratique est potentiellement risquée (principe de Kerckhoffs).

Liaison Inde-PakistanModifier

En 2004, l'Inde et le Pakistan reprennent le principe du « téléphone rouge », et cela en vue d'éviter un conflit. Ces deux pays, dotés chacun de la puissance nucléaire, sont en état de tension sur le Cachemire depuis les années 1940[3].

Liaison Chine-États-UnisModifier

Le , la Chine et les États-Unis conviennent de l’installation d’un « téléphone rouge » commun, à l’occasion de la visite en Chine du secrétaire à la Défense américain, Robert Gates[4],[5].

La ligne est installée en 2015 pour se tenir au courant de leurs activités dans l'espace et éviter ainsi les malentendus qui pourraient déboucher sur une crise[6].

Liaison Corée du Nord-Corée du SudModifier

Le , la Corée du Nord et la Corée du Sud décident l’installation d’un « téléphone rouge » commun. Cette ligne relie la Maison bleue, la présidence sud-coréenne à Séoul, et le bureau à Pyongyang de la Commission nord-coréenne des Affaires d'État, présidée par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un[7],[8].

Dans la culture populaireModifier

  • Dans le film Forrest Gump, pendant une invitation à la Maison-Blanche, Forrest découvre le téléphone rouge dans les toilettes.

Notes et référencesModifier

  1. (en) « The red phone that was NOT on the Hotline », sur electrospaces.blogspot.nl, 30 août 2013.
  2. « Accord sur le « Téléphone rouge ». Mémorandum d'accord entre les États-Unis d'Amérique et l'Union des Républiques socialistes soviétiques relatif à l'établissement d'une ligne de communication directe » (« http://www.un.org/fr/disarmament/instruments/ahot.shtml »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)).
  3. (en) Justin Huggler, « India and Pakistan to have nuclear hotline », the Independent, .
  4. (en) Edward Cody, « China and U.S. To Establish Military Hotline », The Washington Post,
  5. (en) « Sino-US deal on military hotline inked », China Daily (consulté le 11 février 2017)
  6. « Un téléphone rouge USA-Chine pour éviter un incident dans l’espace », Julien LaussonNumerama.com, 23 novembre 2015.
  7. « Ouverture d'un téléphone rouge entre les dirigeants des deux Corées », 20 minutes.fr avec AFP, 20 avril 2018.
  8. « Ouverture d'une ligne de téléphone rouge entre les dirigeants des deux Corées », Europe 1.fr, 20 avril 2018.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier