Gisèle Halimi

avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne

Gisèle Halimi
Illustration.
Gisèle Halimi en 2008.
Fonctions
Ambassadrice de la France à l'UNESCO

(1 an, 4 mois et 19 jours)
Prédécesseur Jacqueline Baudrier
Successeur Marie-Claude Cabana
Députée française

(3 ans, 2 mois et 7 jours)
Élection 21 juin 1981
Circonscription 4e de l'Isère
Législature VIIe (Cinquième République)
Groupe politique App. SOC
Prédécesseur Jacques-Antoine Gau
Successeur Maurice Rival (suppléant)
Biographie
Nom de naissance Zeiza Gisèle Élise Taïeb
Date de naissance
Lieu de naissance La Goulette (Tunisie)
Date de décès (à 93 ans)
Lieu de décès Paris 7e (France)
Nationalité Tunisienne
Française
Parti politique MDC
Enfants Trois, dont Serge Halimi
Diplômée de Université Panthéon-Sorbonne
IEP de Paris
Profession Avocate

Gisèle Halimi /ʒi.zɛl a.li.mi/[a] (en arabe جيزيل حليمي, jayzil halimi), née Zeiza Gisèle Élise Taïeb (زيزا جيزيل إليز الطيب, zayza jyzil 'iilayz altayib) le à La Goulette en Tunisie et morte le à Paris, est une avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne.

Avocate, elle défend à partir des années 1950 des militants de l'indépendance de l’Algérie, alors possession française, dont notamment des membres du Front de libération nationale (FLN). À partir de l'année 1960, elle assure la défense de l'activiste et militante Djamila Boupacha, accusée de tentative d'assassinat puis torturée et violée, en détention, par des soldats français. Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle médiatise ce procès afin de mettre en lumière les méthodes de l'Armée française au moment de la guerre d'Algérie.

Figure du féminisme en France, elle est la seule avocate signataire du « manifeste des 343 » de 1971 réunissant des femmes qui déclarent avoir déjà avorté et réclament le libre accès à l'avortement, alors réprimé en France. Dans la foulée, elle fonde le mouvement Choisir la cause des femmes, aux côtés notamment de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand. En 1972, lors du « procès de Bobigny », son action en tant qu'avocate de femmes accusées d'avortement illégal permet l'acquittement de trois des accusées ainsi qu'un sursis pour la quatrième, et contribue à l'évolution vers la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, en 1975.

De même, sa stratégie de défense médiatisée de deux jeunes femmes victimes en 1974 d'un viol collectif jugé en 1978, Anne Tonglet et Araceli Castellano, contribue à l'adoption d'une nouvelle loi en 1980, définissant clairement l'attentat à la pudeur et le viol, permettant de reconnaître ce dernier comme un crime, alors qu'il était traité jusque-là le plus souvent comme un délit en droit français.

Proche de François Mitterrand, elle est élue députée lors des élections législatives de 1981, un mandat qu'elle occupe jusqu'en 1984. Militant pour la parité en politique, elle obtient en 1982 le vote d'un article de loi autorisant des quotas par sexe aux élections, mais le texte est annulé par le Conseil constitutionnel. Aux côtés de Robert Badinter, elle est à l'origine de la loi abrogeant la distinction de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels.

À partir de 1985, elle occupe plusieurs fonctions successives à l'UNESCO (ambassadrice de la France, présidente du comité des conventions et des recommandations) puis à l'Organisation des Nations unies (conseillère spéciale de la délégation française à l’Assemblée générale, rapporteuse pour la parité entre hommes et femmes dans la vie politique). Elle est en outre l'une des fondatrices de l'association altermondialiste ATTAC en 1998.

BiographieModifier

EnfanceModifier

Zeiza Taïeb[b] naît le à La Goulette[1],[2], dans une famille juive[3], près de Tunis. Elle est issue d'une famille modeste[2],[4], d'une mère séfarade, Fortunée Metoudi, dite Fritna, et d'un père d'origine berbère, Édouard Taïeb, expert[5],[6]. Son père a commencé comme garçon de course dans un cabinet d'avocat avant d'être clerc de notaire[4],[2]. Zeiza Taïeb est passionnément aimée par ce père pourtant si désolé d’avoir une fille qu’il met plusieurs semaines à l'avouer à ses amis[7]. Elle dit de sa mère, à qui elle a consacré un livre publié en 1999[c], que celle-ci « ne [l]'aimait pas » et qu'elle est « l’explication de toute [sa] démarche », ayant « voulu que les femmes ne lui ressemblent pas »[2]. Selon Le Maitron, « le féminisme de Gisèle Halimi s’enracine dans la déception (et le récit qui lui en a été fait) suscitée par sa naissance auprès de parents qui espéraient un garçon. Particulièrement fervente, sa mère marqua toujours sa préférence pour ses fils, tandis que son père, désarçonné par la détermination dont Gisèle Halimi fit preuve dès son plus jeune âge (notamment dans le refus d’être assignée à une condition inférieure), ne cessa de lui porter une grande affection »[4].

Elle se révolte au sein de sa famille contre l’obligation faite aux filles de servir les hommes à table, y compris ses frères, et contre l’obligation de se consacrer à des tâches ménagères dont ses frères sont dispensés[4]. À l'âge de treize ans, elle entame une grève de la faim afin de ne plus avoir à faire le lit de son frère. Au bout de trois jours, ses parents cèdent[7] et elle écrit dans son journal intime de l'époque : « Aujourd'hui j'ai gagné mon premier petit bout de liberté »[8]. Elle a auparavant également entamé une grève de la faim à dix ans pour appuyer son droit à la lecture[7] et obtient de bons résultats scolaires là où ses frères échouent[2] : l'indifférence à ce sujet au sein de sa famille ajoute à son indignation[4].

Selon Le Maitron, le racisme et l’antisémitisme qu'elle vit dans son enfance expliquent l'importance de son engagement en faveur de la décolonisation, tandis que l'engagement d'un oncle du côté paternel au sein du Parti communiste tunisien joue dans sa socialisation politique[4].

Des années plus tard, elle estimera qu'elle avait en elle « une rage, une force sauvage, [une volonté de se] sauver »[9].

FormationModifier

Après l’obtention de son baccalauréat au lycée Armand-Fallières de Tunis[10], elle refuse un mariage arrangé avec un marchand d’huile pour ses quinze ans[2],[4], et obtient l'autorisation de suivre ses études en France l'année suivante[7].

Elle obtient sa licence en droit et deux certificats de licence de philosophie au sein de l'actuelle université Panthéon-Sorbonne[5],[11], elle est en même temps élève à l'Institut d'études politiques de Paris[2],[5]. Tout au long de ses études, Zeiza Taïeb est boursière[7] et occupe un emploi de téléphoniste pour payer une partie de ses études[4]. Elle obtient son diplôme d'avocat en 1948[5].

En 1949, après s'être mariée avec un fonctionnaire au ministère de l'Agriculture, Paul Halimi[12], Zeiza Taïeb prend le nom de Gisèle Halimi et entre au barreau de Tunis pour plaider de petites affaires puis défendre des syndicalistes et des indépendantistes tunisiens[2]. Elle poursuit ensuite sa carrière d'avocate à Paris où elle s'inscrit au barreau en 1956[5].

Carrière juridiqueModifier

DécolonisationModifier

Dès les années 1950, Gisèle Halimi milite pour l'indépendance de son pays, la Tunisie[2], mais aussi pour celle de l'Algérie. À partir de 1956, elle est l’avocate de condamnés algériens dans une affaire de condamnation sur des aveux extorqués, voire imposés, à quarante-quatre détenus dont dix-sept femmes[4], puis dénonce les tortures pratiquées par l'armée française et défend les militants du Mouvement national algérien poursuivis par la justice française. Elle vit alors chichement dans un deux-pièces du 10e arrondissement de Paris avec ses deux fils[2]. Entre 1956 et 1957, avec l'avocat communiste Léo Matarasso, elle parvient à mettre en cause des autopsies truquées d'un médecin qui reconnaîtra ses déclarations mensongères[4]. Elle devient l'une des principaux avocats du Front de libération nationale (FLN) algérien[2], ce qui lui vaut d'être arrêtée et brièvement détenue[2], et se voit menacée de mort, ce qui est alors pris très au sérieux par les services de police[13].

À partir de 1960, elle prend la défense de Djamila Boupacha, militante du FLN, accusée d'avoir déposé une bombe dans un snack-bar d'Alger[14], puis torturée et violée, en détention, par des soldats français[7]. Gisèle Halimi axe sa défense sur l'invalidité des aveux obtenus sous la torture, et grâce à l'accord de Djamila Boupacha, fait publiquement état de son viol, et porte plainte contre X. Pour la première fois pour un procès de ce type, des médecins gynécologues sont convoqués comme experts[15]. Gisèle Halimi ne peut assister au premier procès prévu devant le tribunal militaire, et doit donc y déléguer un de ses correspondants en Algérie, Me Pierre Garrigues[15],[16], qui est assassiné à Alger le [17]. Devant les entraves juridiques, elle porte plainte contre le général Ailleret, commandant supérieur des forces armées en Algérie et Pierre Messmer, ministre des Armées, pour violation des droits constitutionnels de sa cliente. Les deux hauts responsables sont inculpés pour forfaiture, ce qui médiatise le dossier. Elle obtient par ailleurs le dépaysement du procès à Caen, et mobilise ses réseaux pour former un comité de défense[15] qui collecte les fonds nécessaires pour financer le rapatriement en France[16]. Ce procès sera notamment défendu dans les colonnes du journal Le Monde par l'écrivaine et philosophe Simone de Beauvoir qui, dans la foulée, coécrit avec Gisèle Halimi Djamila Boupacha, ouvrage qui obtient de nombreux soutiens et la participation de grands noms[15]. Le portrait de Djamila Boupacha au crayon sur papier daté du par Pablo Picasso[18] est publié le à la une du magazine Les Lettres françaises et figure le même mois aux éditions Gallimard[d] en regard de la page de titre du livre[19],[20],[21]. Ce dessin, qui aurait contribué à sauver Djamila Boupacha de la peine de mort[21],[22], estimé à quatre-cent millions de dollars, appartient aujourd'hui à un collectionneur américain[22]. Condamnée à mort en France le , Djamila Boupacha est amnistiée à la suite des dispositions prises par les accords d'Évian[19] et libérée le [7].

Le , elle est l'invitée de l'émission Aujourd'hui Madame sur la deuxième chaîne de l'ORTF. Elle y défend l'avortement libre et la lutte contre le racisme et répond aux critiques sur son engagement pour l'indépendance algérienne[23],[24].

Dans la même veine, Gisèle Halimi préside une commission d'enquête du tribunal Russell sur les crimes de guerre des États-Unis au Viêt Nam[25].

Droit à l'avortementModifier

 
Gisèle Halimi sur scène, en 1968.

Féministe, Gisèle Halimi est la seule avocate signataire, en 1971, du manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens contraceptifs et l'avortement libre[11].

Aux côtés notamment de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, elle fonde en 1971 le mouvement féministe Choisir la cause des femmes et milite en faveur de la dépénalisation de l'avortement[11]. Son premier objectif est d’assurer la défense des signataires du manifeste des 343 qui pourraient être inculpées, et au-delà de lutter pour la révision de la loi de 1920, interdisant aux femmes de maîtriser leur fécondité par des moyens contraceptifs ou abortifs[4]. Elle assumera la présidence de cette association à la mort de Simone de Beauvoir[26].

Lors du procès de Bobigny en 1972, dont le retentissement est considérable, elle obtient tout d'abord du tribunal la relaxe pour Marie-Claire, une jeune fille de seize ans qui a avorté après un viol, du sursis pour la mère et la relaxe pour les deux amies ayant aidé Marie-Claire ; elle fait de ce procès une tribune contre la loi criminalisant l’avortement. Ce procès contribue à l'évolution vers la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, votée en et promulguée en [27],[25].

 
Plaque de la passerelle de Bobigny nommée en mémoire du procès de 1972.

Criminalisation du violModifier

Le , elle est interviewée par la chaîne FR3. En plein débat sur la criminalisation du viol, elle dénonce la culpabilisation faite de la victime et l'indulgence faite au violeur. Elle déclare : « Une femme violée, c'est une femme cassée. C'est une femme éclatée, c'est une femme qui, à mon sens, ne s'en remettra jamais »[28].

En 1978, Gisèle Halimi use de nouveau d'une stratégie de médiatisation judiciaire au moment d'un procès où elle représente deux jeunes femmes victimes d'un viol collectif, Anne Tonglet et Araceli Castellano, qu'elle parvient a porter devant les assises d'Aix-en-Provence.

En effet, si le viol est criminalisé depuis le premier Code pénal français de 1791[e], l'arsenal pénal de cette époque ne permet que la qualification en viol et la poursuite de faits constitués d'une pénétration vaginale avec éjaculation hors-mariage avec violence[29]. À cette criminalisation partielle fruit de ce que ce l'historienne Séverine Liatard décrit comme « une législation (..) qui avait pour but de protéger les « familles » atteintes dans leur honneur quand une des leurs était violée »[30] ainsi que dans les cas d'enfants adultérin, s'ajoute la quasi-systématique requalification en atteintes à la pudeur des affaires[30].

Dans ce procès où Gisèle Halimi s'oppose notamment à un des avocats de la défense, Gilbert Collard[31], l'ouverture du huis clos ainsi qu'une largue exposition médiatique font partie des éléments exposés comme ayant conduit à la condamnation de six ans pour le meneur de l'expédition du viol collectif ainsi que quatre ans pour les deux autres accusés[31],[32].

Ce procès entré dans le débat public contribue à l'adoption de la nouvelle loi du 23 décembre 1980 de la sénatrice Brigitte Gros[32] définissant clairement l'attentat à la pudeur et élargissant la définition du viol en « tout acte de pénétration sexuelle, que quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte ou surprise »[31],[33].

Par la suite, Gisèle Halimi aide et soutient la cinéaste Yannick Bellon à produire le film L'Amour violé et présente le film, à de nombreuses reprises lors de débats sur le sujet[34].

L'avocate et son statutModifier

Lorsque Gisèle Halimi s'installe comme avocate en 1949, elle fait figurer sa profession sur l'en-tête de son papier à lettres : « avocate ». Plus tard, à Paris, l'un de ses confrères proteste, et demande au bâtonnier, qui refuse, de l'enjoindre à remplacer cette mention par « avocat », au motif que le mot au féminin « prédéterminait » son intention « d’affirmer le caractère féministe de son action »[35].

Un point pose toutefois problème à Gisèle Halimi, lors de son installation : ce sont les termes contenus dans la prestation de serment, qui préconisent entre autres de conserver de la distance avec la cause des clients, et d'intervenir « avec dignité, conscience, indépendance et humanité dans le respect des tribunaux, des autorités publiques et des règles de son ordre, ainsi que de ne rien dire ni publier qui soit contraire aux lois, aux règlements ou bonnes mœurs, à la sûreté de l’État et à la paix publique ». Or pour elle, l'exercice de la profession d'avocat nécessite au contraire d'avoir la plus grande liberté de parole [35]. Elle revient sur ces points au début de sa plaidoirie lors du procès de Bobigny[36] :

« Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un parfait accord entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre, et ma condition de femme. [...] Si notre très convenable déontologie prescrit aux avocats le recul nécessaire, la distance d'avec son client, sans doute n'a-t-elle pas envisagé que les avocates, comme toutes les femmes, étaient des avortées, qu'elles pouvaient le dire, et qu'elles pouvaient le dire publiquement comme je le fais moi-même aujourd'hui. […] »

Elle considère aussi que « l’avocat doit quelquefois se lever contre les lois elles-mêmes, qui bien que régulièrement promulguées, sont des lois injustes au regard de certaines libertés fondamentales ou contre des lois justes injustement mises en œuvre pour les humiliés et les offensés ». En 1982, en tant que députée, elle parvient à faire voter avec Robert Badinter[37] la modification du contenu de la prestation de serment, qui ne mentionne plus ni le « respect des autorités publiques », ni « relation aux bonnes mœurs », ni « sûreté de l’État et à la paix publique »[35], donnant ses lettres à la prestation de serment moderne :

« Je jure, comme avocat, d'exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. »

Parcours politiqueModifier

Premières actionsModifier

En 1965, Gisèle Halimi, en compagnie de Madeleine Guilbert, Marguerite Thibert, Évelyne Sullerot, Colette Audry et Andrée Michel, participe au Mouvement démocratique féminin, fondé par Marie-Thérèse Eyquem et affilié à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS)[4]. Cette association soutiendra la candidature de François Mitterrand à la présidentielle de 1965 et veut unir socialisme et féminisme[38]. Lors des élections législatives de 1967, elle fait partie des sept candidates de la FGDS présentées sur des « circonscriptions perdues »[4]. Dans les années 1970, elle lance son mouvement, Choisir, dans l’élaboration d’un « programme commun des femmes » et fait présenter cent femmes aux élections législatives de 1978, sans succès[4].

Députée et conseillère régionale de Rhône-AlpesModifier

Amie de François Mitterrand[2] dont elle soutient la candidature victorieuse à l'élection présidentielle de 1981[4], elle cherche à se porter candidate avec le soutien du Parti socialiste (PS) lors des élections législatives de 1981. Elle tente d'abord de s'implanter dans la première circonscription de Loir-et-Cher mais, rejetée par les militants locaux, elle se reporte sur la quatrième circonscription de l'Isère, où l'accueil de la section socialiste est, selon Le Monde, « à peine moins froid », alors que le député sortant Jacques-Antoine Gau (PS) vient de mourir et que son suppléant, Yves Pillet, conseiller général et maire de Pont-en-Royans, avait été désigné[39],[40]. Alors qu'elle n'a que quelques jours pour faire campagne[41], Le Monde indique qu'elle est « accusée d'être au sein du P.S. « la tête de pont majoritaire » dans une terre rocardienne, « le pion » de M. Louis Mermaz , son voisin de circonscription, qui contrôle la fédération de l'Isère, contre les amis dauphinois de M. Michel Rocard, dont M. Hubert Dubedout, maire de Grenoble »[40]. Elle a pour suppléant Maurice Rival, vice-président du conseil général et maire de Chirens, proche de Louis Mermaz[40]. Elle est soutenue pendant sa campagne par Louis Mermaz, Pierre Joxe, Michel Crépeau et Michel Jobert[39]. Elle recueille 33,21 % des voix au premier tour[39] et est élue au second tour avec 53,04 % des voix[41].

Elle siège à l'Assemblée nationale jusqu'en , comme apparentée au groupe socialiste[41]. André Vallini, qui s'était opposé à sa candidature, devient son assistant parlementaire[42]. Durant cette période, elle siège également au conseil régional de Rhône-Alpes[4],[2], alors que les députés sont membres de droit de ces assemblées[43].

En , aux côtés de Robert Badinter, alors ministre de la Justice, elle est la rapporteuse à l'Assemblée nationale du projet de loi visant à la dépénalisation des relations homosexuelles avec les mineurs de plus de 15 ans[44], une des promesses de François Mitterrand lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 1981. Après six mois de débats, l'Assemblée nationale vote le la loi du [45] qui abroge l’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal. Créé sous le régime de Vichy[46] et maintenu par le gouvernement provisoire de la République française par l’ordonnance du [47], cet alinéa a établi une distinction discriminatoire dans l'âge de la majorité sexuelle, défini à 21 ans pour les rapports homosexuels, âge ramené à 18 ans en 1974[48], alors que pour les rapports hétérosexuels, la majorité était de 13 ans puis de 15 ans.

Dans la lignée des premières demandes, émergeant dans les années 1970 de quotas par sexe sur les listes électorales, dont elle est elle-même l’une des porte-parole principales[49], et du projet de loi inabouti déposé par le gouvernement Raymond Barre, elle dépose, au cours de l'été 1982, dans le cadre du projet de loi de réforme des élections municipales préparé par le ministre de l’Intérieur Gaston Defferre, un amendement prévoyant de limiter la proportion de candidats du même sexe sur les listes aux élections municipales : celui-ci donne lieu à l'article 4 de la loi, qui ajoute au code électoral un article 260 bis aux termes duquel, dans les villes de 3 500 habitants et plus dont les conseillers municipaux sont élus au scrutin de liste, « les listes de candidats ne peuvent comporter plus de 75 % de personnes du même sexe » (le seuil, initialement fixé à 70 % par Gisèle Halimi, a été corrigé à 75 % par sous-amendement du gouvernement)[50]. L'article est voté par l’Assemblée nationale, définitivement adopté par celle-ci en troisième lecture sans débats houleux[49],[50]. La loi est déférée le par les députés de l’opposition au Conseil constitutionnel, pour la première fois saisi de cette question : si l'opposition n'invoque pas l’inconstitutionnalité de l’article de loi issu de l'amendement de Gisèle Halimi, le Conseil constitutionnel, dans sa décision « Quotas par sexe I » du , déclare « contraire à la Constitution l’adjonction du mot « sexe » à l’article L. 265 » du code électoral[49],[50].

Quand en 1999 elle défend une idée plus large de parité, ne se limitant pas aux quotas[51], le Conseil constitutionnel renvoie aux même motifs au moment de censurer, dans sa décision « Quotas par sexe II » du , la loi relative au mode d’élection des conseillers régionaux prévoyant que « chaque liste assure la parité entre candidats féminins et masculins », avant que l'article 3 de la Constitution soit complété, avec la révision constitutionnelle votée par le Parlement le , d'un nouvel alinéa aux termes duquel « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux fonctions et aux mandats », et que le Conseil constitutionnel entérine les quotas dans sa décision « Quotas par sexe III » du [50].

À propos de son parcours au sein de l’Assemblée nationale, elle constate que ses projets n'avancent pas autant qu'elle le souhaiterait, et dénonce un « bastion de la misogynie ». Elle se déclare postérieurement déçue par François Mitterrand, qu'elle juge alors machiavélique[52]. Après avoir démissionné de son poste de députée en 1984, elle devient chargée de mission auprès de Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures[41].

Fonctions à l'UNESCO et à l'ONUModifier

En 1985, elle est nommée ambassadrice de la France auprès de l'UNESCO[4], une fonction qu'elle occupe d' à [53]. Elle est ensuite présidente du Comité des conventions et des recommandations de l’UNESCO, jusqu’en 1987[4]. En 1989, elle devint conseillère spéciale de la délégation française à l’Assemblée générale de l’ONU, avant d’être rapporteure pour la parité entre hommes et femmes dans la vie politique[4].

Élections européennes de 1994 avec ChevènementModifier

Elle rejoint Jean-Pierre Chevènement à l'occasion des élections européennes de 1994, notamment en raison de la prise en compte de la revendication paritaire dans son programme, mais la liste n’obtient que 2,4 % des voix[4].

Observatoire de la paritéModifier

En 1995, Gisèle Halimi devient membre de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes après avoir contribué à sa création en compagnie de sa présidente, Roselyne Bachelot[54]. Présidente de la commission « vie politique »[4], elle signe le premier rapport de cet organisme[55], tentant d'éviter à ce dernier de devenir un simulacre politique. Ce premier rapport, issu d'une quarantaine d'auditions de spécialistes de la question et des personnalités publiques qu'elle-même et Roselyne Bachelot ont mobilisés, préconise des mesures particulièrement volontaristes, intégrant « des modifications législatives et constitutionnelles instaurant les principes d’un quota ou d’une parité », malgré l'opposition deux mois plus tôt du bureau du Rassemblement pour la République (RPR) à l'idée de quotas[54]. Les principes proposés, jugés trop militants, font malgré tout l'objet d'une présentation et d'un débat à l'Assemblée nationale, où ils se heurtent à l'indifférence ou l'hostilité. Ce résultat, décevant pour ses autrices, permet toutefois la valorisation politique et institutionnelle des activités de l’Observatoire[54].

Famille et vie personnelleModifier

En 1949, à l'âge de 22 ans, elle épouse Paul Halimi, administrateur civil au ministère français de l'Agriculture[2], et a deux fils avec lui, Jean-Yves et Serge[5]. L'aîné sera avocat et Serge directeur du Monde diplomatique. Bien qu'elle divorce en 1959[56], elle continue de porter son nom, sous lequel elle s'est fait connaître. Gisèle Halimi présente son premier mariage comme « une connerie, le coup classique, on prend quelqu’un pour s’en sortir et on se retrouve encore plus coincée »[2].

Plus tard, le [5], elle se remarie avec Claude Faux, urbaniste[5], intellectuel touche-à-tout[57], secrétaire de Jean-Paul Sartre, dont elle est l'amie et l'avocate[4]. Le couple a un fils, Emmanuel[5], représentant des étudiants lors des manifestations et grèves de 1986 contre la loi Devaquet[58] puis journaliste à Europe 1[59] et coauteur en 1994 d'une enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite[60]. Évoluant dans le même milieu qu'elle, avocat, son mari « lui consacre sa vie »[2]. « Vivre avec un homme, quand on est déterminée à exister avec sa dignité de femme et à se battre pour celle des autres, le choix est très limité », confie Gisèle Halimi[57], très affectée par son décès qui survient en 2017[57].

Elle est la marraine de Nicolas Bedos[61].

Gisèle Halimi meurt le à Paris, le lendemain de son 93e anniversaire[7]. Ses obsèques ont lieu à Paris, au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, le , lors d'une cérémonie laïque en présence de plusieurs centaines de personnes[62].

Féminisme et altermondialismeModifier

Vision du féminismeModifier

Gisèle Halimi réfute les théories de l'universalisme républicain, qui, selon elle, en addition avec sa nature trompeuse, constitue « le piège le plus redoutable [des] démocraties modernes » de par son appel à l'humanisme[63]. Elle partage la critique du féminisme « universaliste » émise par le sociologue Pierre Bourdieu, « qui inscrit dans la définition de l'être humain des propriétés historiques de l'homme viril construit par opposition avec les femmes »[26]. Elle revendique un universalisme en rupture avec l'universalisme républicain, lequel est fondé sur un « universalisme neutre, prétendument asexué ». Pour elle, « le véritable universalisme n’est ni neutre, ni masculin, ni féminin. Il est double. Cet universalisme doit intégrer dans sa philosophie le constat indispensable de la dualité des sexes ; il englobe les deux sexes[64] ».

Pour Gisèle Halimi, le féminisme ne peut se construire dans une sphère isolée, à l'écart des hommes ; c'est pourquoi elle milite pour la parité et, contrairement aux tendances du féminisme des années 1970 qu'elle a perçu comme frileux sur ce point, pour une insertion massive des femmes en politique[63],[65]. Elle développe cette idée en 1997 dans La Nouvelle cause des femmes[66].

Autres engagements et prises de position féministesModifier

Outre ses actions en faveur de la criminalisation du viol, de la défense de l'avortement et de la parité, Gisèle Halimi s'est prononcée sur d'autres sujets relatifs à la cause des femmes, par ses actions ou au travers d'interventions dans les médias.

Elle défend l'interdiction du port du voile à l'école[67], qu'elle présente comme « un des signes les plus infériorisants, sinon le plus », et qu'elle assimile à « un apartheid sexuel »[68]. À l’automne 1989, après l’affaire des collégiennes voilées de Creil, elle quitte l’association SOS Racisme, à laquelle elle reproche de préférer une approche identitaire à la défense des intérêts des femmes[69],[70].

Sur la prostitution, elle défend une position abolitionniste[69]. En 2002, dans une tribune du quotidien Le Monde, elle répond à une proposition de Françoise de Panafieu de réouverture des maisons closes, s'opposant en cela à Élisabeth Badinter, et arguant qu' « Interpréter le « mon corps m'appartient » des féministes comme le droit de le vendre est un non-sens. Et la négation parfaite de la misère, du déracinement, de l'inculture ainsi que des méfaits de la mondialisation marchande »[71]. En 2006, elle dénonce la construction d’un bordel destiné aux spectateurs de la Coupe du monde de football en Allemagne, en s’adressant à la chancelière Angela Merkel[72],[4].

C'est encore au nom de la non-marchandisation du corps des femmes qu'elle s'oppose à deux reprises devant l'Assemblée nationale à la légalisation de la gestation pour autrui (GPA), la première fois en 1983 alors qu'elle est députée et qu'elle assimile les mères porteuses à de la « location de ventres », puis lors d'une table-ronde sur la bioéthique en 2010, où elle réitère parmi d'autres cet argument, en parlant d'un « lobbying pour autoriser ce commerce »[73]. Elle persiste en 2011 en participant au collectif No Body for sale, qui reprend dans un tribune du Monde des arguments sur ce sujet devenu clivant aussi bien au sein du parti socialiste[74] que du mouvement féministe[75],[76].

Le est adoptée par l'Assemblée nationale, en sa présence, une résolution européenne sur le principe de la « clause de l'Européenne la plus favorisée » visant l'harmonisation des législations européennes concernant les droits des femmes suivant l'idée qu'elle avait émise dès 1979 lors de la première élection du Parlement européen au suffrage universel[77],[78].

Engagements internationaux et auprès d'ATTACModifier

 
Gisèle Halimi en 2009.

Gisèle Halimi est également l'une des fondatrices de l'association altermondialiste Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne(ATTAC) en 1998[2]. L'activiste palestinien Marouane Barghouti lui a par ailleurs demandé d'être l'une de ses avocats.

En 1999, elle signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix », initiée par le collectif Non à la guerre, se situant dans la mouvance de la Nouvelle Droite[79].

Elle soutient le non au référendum de 2005 sur le traité établissant une constitution pour l'Europe, notamment au motif que celui-ci garantit le droit à la vie mais pas le droit aux femmes de choisir de donner la vie[4].

Elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, dont les travaux commencent le [80].

OuvragesModifier

Décorations et distinctionsModifier

Le , Gisèle Halimi est nommée chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « avocate, présidente d'un mouvement féministe ; 49 ans d'activités professionnelles et sociales »[81] puis promue officier le au titre de « présidente d'une association en faveur des femmes »[82] et enfin commandeur le au titre de « avocate au barreau de Paris »[83].

Le elle est promue commandeur de l'ordre national du Mérite au titre de « avocate au barreau de Paris ; 60 ans d'activités professionnelles et associatives »[84]. Elle reçoit sa décoration le des mains du professeur Axel Kahn[85].

Gisèle Halimi est grand-officier de l'ordre de la République tunisienne, médaillée de la République de Grèce[5].

Elle a obtenu le prix Minerva (Italie), est docteur honoris causa de l'université de Mons-Hainaut et de l'université de Montréal, titulaire de la médaille de l'ordre des avocats de Paris[5].

Hommages et postéritéModifier

 
Remerciements affichés à Marsac-sur-l'Isle (Dordogne), août 2020.

Alors que, sa vie durant, son engagement dans les causes qu'elle défend lui valent des propos injurieux et plusieurs menaces de mort, une pluie d'hommages et de louanges répond à l'annonce de son décès[86], au bémol près de l'absence remarquée des grandes figures masculines des professions judiciaires lors de ses obsèques[87].

La presse dans son ensemble salue son engagement, sa liberté d'esprit et les avancées qui lui sont dues en faveur des femmes. L'Assemblée nationale lui dédie un hommage sous forme d'applaudissements[88]. Le président Emmanuel Macron annonce qu'un hommage national lui sera rendu dans la cour de l'Hôtel des Invalides[89] . Mais surtout, de nombreuses personnalités publiques et mouvements féministes — aussi bien universalistes, différentialistes qu'intersectionnels — se réclament de son héritage, y compris ceux avec qui elle avait pu avoir des oppositions[67],[90].

Après son décès en 2020, des pétitions réclament son transfert au Panthéon. Lancée par une association de lutte contre les violences faites aux femmes, une des pétitions demande ainsi « un hommage décent à celle qui a tant fait pour notre pays, pour la cause des femmes, pour celle des homosexuel·le·s et contre le colonialisme »[91]. Dans une autre, il s'agit de faire en sorte que « l’empreinte de cette grande femme » soit « inscrite à jamais dans nos cœurs et dans l’Histoire de France »[92].

Pour la philosophe Marylin Maeso, « Son féminisme, total et obstinément cohérent, transcende et transperce les « camps » antagonistes qui s'arrachent sa mémoire, tant il fut, jusqu'au bout, porté par une exigence que jamais n'entamèrent ni l'esprit de corps, ni la zizanie doctrinale qui divisent depuis toujours les mouvements militants »[90]. Florence Rochefort, historienne du féminisme, souligne que « Gisèle Halimi ne s'est pas positionnée sur les polémiques récentes », étant restée « plutôt en retrait des débats » depuis « une dizaine d'années », tout en ayant « traversé suffisamment d'époques pour que chacun puisse se reconnaître en elle »[67].

ThéâtreModifier

Sa plaidoirie en 1972 au procès de Bobigny est reprise au théâtre Antoine par l'acteur Richard Berry en 2018 sous le titre Plaidoiries[93].

En 2019, la Comédie-Française crée Hors-la-loi, reprenant là encore le procès de Bobigny[35],[94].

Téléfilms et documentaireModifier

En et , les chaînes RTL TVI, TSR1 et France 2 diffusent Le Procès de Bobigny, un téléfilm de François Luciani dans lequel Anouk Grinberg interprète le rôle de Gisèle Halimi et Sandrine Bonnaire celui de la mère qui aida sa fille mineure à avorter[95].

En , France 5 diffuse Gisèle Halimi, l'insoumise, documentaire de 52 min réalisé par Serge Moati (production : France 5, Image & et Compagnie)[96].

Pour Djamila est un téléfilm français réalisé par Caroline Huppert et diffusé pour la première fois le sur France 3. Ce téléfilm est inspiré de l'histoire vraie de Djamila Boupacha dont le rôle est ici interprété par Hafsia Herzi tandis que Marina Hands interprète le rôle de Gisèle Halimi[97].

Le Viol, téléfilm belge réalisé par Alain Tasma, diffusé le sur France 3, retrace le procès des trois violeurs de deux touristes belges. Le rôle de Gisèle Halimi, avocate des plaignantes, est tenu par Clotilde Courau[98],[99].

AutresModifier

En 1976, dans L'Une chante, l'autre pas, un film d'Agnès Varda traitant des luttes féminines, Gisèle Halimi apparaît dans son propre rôle[100].

Depuis 2016, le prix d'un concours d'éloquence dénonçant le sexisme, organisé par la Fondation des femmes, porte son nom[101].

Un collège à Aubervilliers prend son nom en 2018[102].

La première promotion de l'Institut d'études politiques de Saint-Germain-en-Laye porte son nom[103].

En 2018, la 26e promotion des directeurs des services, en formation à l’École nationale de Protection judiciaire de la jeunesse, choisit son nom[104].

Résultats aux élections législativesModifier

Année Nuance Circonscription % Issue
1er tour 2d tour
[41] DVG 4e de l'Isère 33,21 53,04 Élue

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. Zeiza Taïeb prend le nom de Gisèle Halimi en 1949.
  3. Fritna, Paris, Plon, 1999. (ISBN 2-259-19134-7).
  4. « Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi : Djamila Boupacha. (Gallimard). Il s'agit d'un livre. Mais on a d'abord besoin de saluer l'acte que représente sa publication, en ce mois de  ». « Notes de lecture », Europe, Les Éditions Denoël,‎ , p. 309.
  5. Code Pénal 1791, Première partie - Des condamnations, Titre II - Crimes contre les particuliers. Section I - Crimes et attentats contre les personnes, Article 29 : « Le viol sera puni de six années de fers. ».

RéférencesModifier

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  46. Sous la forme d’une modification de l’alinéa 1 de l’article 334 du Code pénal, Loi no 744 du « modifiant l’art. 334 du Code pénal concernant les peines encourues par l’auteur d’incitation à la débauche, de corruption d’un mineur de moins de 21 ans ».
  47. Ordonnance no 45-190 du , qui le transforme en alinéa 3 de l’article 331, confirmé en alinéa 2 par la Loi no 80-1041 du « relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs ».
  48. La loi no 74-631 du « fixant à dix-huit ans l’âge de la majorité », dans son article 15, remplaçait les mots « de son sexe mineur de vingt et un ans » par « mineur du même sexe » dans l'article 331.
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Voir aussiModifier

BibliographieModifier

OuvragesModifier

Articles de presseModifier

Document médiaModifier

Gisèle Halimi : La Cause des femmesModifier

Podcast de la série À voix nue, par Virginie Bloch-Lainé, sur France Culture (novembre 2011) :

  • Épisode 1 : « L'origine d'une révolte » [écouter en ligne] (28 min)
  • Épisode 2 : « Gisèle Halimi ou l'auto-éducation » [écouter en ligne]
  • Épisode 3 : « Gisèle Halimi, une avocate irrespectueuse » [écouter en ligne]
  • Épisode 4 : « Gisèle Halimi : Le féminisme est irréductible à la politique » [écouter en ligne]
  • Épisode 5 : « Gisèle Halimi : la construction d'une vie avec les hommes » [écouter en ligne]

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

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