Josyane Savigneau

biographe et journaliste française

Josyane Savigneau, née le à Châtellerault, est une biographe et journaliste française, longtemps membre de la rédaction du Monde.

Josyane Savigneau
Josyane Savigneau 2010.jpg
Josyane Savigneau en 2010
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JournalisteModifier

Josyane Savigneau entre au journal Le Monde en 1977. Elle est chroniqueuse judiciaire, puis rejoint Le Monde des livres en 1983.

Elle est responsable du Monde des livres, supplément hebdomadaire du Monde, de 1991 à 2005, rédactrice en chef culture de 1995 à 2002, chroniqueuse de 2005 à 2012 puis responsable de M, le magazine du Monde de 2012 à 2014.

Chargée d'écrire sur le romancier américain Philip Roth, elle finit par nouer une amitié avec lui[1].

Elle prend sa retraite et quitte le journal Le Monde en .

BiographeModifier

Elle est l'auteur de plusieurs livres, dont deux biographies, de Marguerite Yourcenar et de Carson McCullers, et d'un livre autobiographique, Point de côté, où elle évoque sa vie, son parcours et ce qu'elle appelle sa « destitution de la direction du Monde des livres ».

Jury du prix FeminaModifier

Le , elle est élue membre du jury du prix Femina, en remplacement de Viviane Forrester, morte le [2].

PolémiquesModifier

Dans La Face cachée du Monde, publié en 2003, Pierre Péan et Philippe Cohen dénoncent un système de « renvoi d'ascenseurs » dans les pages du Monde des livres dont Josyane Savigneau était la rédactrice en chef. Ce système aurait systématiquement mis en avant et encensé les ouvrages d'un cercle restreint d'auteurs français[3],[4].

D’autres, Jean-Edern Hallier[5], Pierre Jourde[6], Jacques Bouveresse[7] ou le journal satirique Pour lire pas lu[8] s’en sont pris, pour des motifs similaires, à la directrice du Monde des livres. Revenant sur ces accusations, Josyane Savigneau a uniquement reconnu « avoir trop parlé de Fayard »[9].

C'est notamment à Jean-Edern Hallier, dont elle avait qualifié le roman Je rends heureux de « livre de cancre », que Josyane Savigneau a été opposée par une polémique retentissante au début des années 1990. Fin 1992, l'écrivain commence à s'en prendre à la journaliste dans les colonnes de L'Idiot international. Rangeant Josyane Savigneau dans le camp du « vomi littéraire », il l'accuse de pratiquer le copinage et de promouvoir, de mèche avec Philippe Sollers, le politiquement correct « version Gallimard ». Les attaques d'Hallier contre Josyane Savigneau prennent un tour de plus en plus violent, puis ordurier, visant même la vie privée de la responsable du Monde des livres. Josyane Savigneau finit par attaquer Jean-Edern Hallier en diffamation, obtenant sa condamnation à des dommages et intérêts qu'il n'a cependant jamais payés[10].

Le à Apostrophes, l'écrivain Gabriel Matzneff est pris à partie par la chroniqueuse québecoise Denise Bombardier en raison de ses pratiques pédophiles, qu'il détaille dans son Journal. Le milieu littéraire français prend la défense de Matzneff et attaque Denise Bombardier. Philippe Sollers, éditeur de Matzneff aux éditions Gallimard, la traite de « connasse ». Dans Le Monde du , Josyane Savigneau encense l’écrivain, qui « ne viole personne », et raille la Canadienne : « Denise Bombardier a eu la sottise d’appeler quasiment à l’arrestation de Matzneff, au nom des “jeunes filles flétries” par lui… Découvrir en 1990 que des jeunes filles de 15 et 16 ans font l’amour à des hommes de trente ans de plus qu’elles, la belle affaire[11] ! ». En , alors qu'une polémique se déclenche contre l'écrivain à la suite de la publication du livre de Vanessa Springora Le Consentement, Josyane Savigneau accorde à Matzneff un appui sans équivoque : « Soutenir Denise Bombardier est la dernière chose qui me viendrait à l’esprit. J’ai toujours détesté ce qu’elle écrit et ce qu’elle dit et je ne change pas d’avis sur Matzneff parce que la chasse aux sorcières a commencé. Et lui sait écrire au moins. Bombardier, quelle purge ! »[12].

Dans cette polémique il lui est également reproché d'avoir tenu des propos antisémites. La journaliste Anne Rozenberg s'indigne de cette forme assez incongrue de soutien à Matzneff. Josyane Savigneau lui réplique alors : « Votre nom aurait dû vous inciter à plus de réflexion sur les dénonciations. »[13]

OuvragesModifier

Prix et distinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Josyane Savigneau, « Roth, le trombone et moi », Vanity Fair, no 53,‎ , p. 128-135
  2. « Deux nouvelles jurées Femina : Josyane Savigneau et Anne-Marie Garat », sur lemonde.fr,
  3. Henri Maler, « Josyane Savigneau en pleine crise de déontologie », sur acrimed.org,
  4. « 2. Plenel et la police », sur lexpress.fr,
  5. Hallier reprochait, notamment, à Josyane Savigneau de défendre exclusivement les ouvrages des éditions Gallimard.
  6. Jourde évoque une « critique de complaisance », l’existence d’un « clan Sollers-Savigneau ». Voir « Les misères du Monde », Jean Guiloineau, Radio France internationale, 20 mars 2003.
  7. Bouveresse critique « un exemple tout à fait déplorable en matière de corruption », voir « la Laisse d’Or », Pour lire pas lu, octobre 2001 ou sur le site Acrimed, « Médias et critique littéraire ».
  8. Le journal a décerné à Josyane Savigneau le prix de la « Laisse d’Or » censé récompenser le journaliste le plus « servile ».
  9. Frédérique Roussel, « Du côté de chez Josyane », sur next.liberation.fr,
  10. Jean-Claude Lamy, Jean-Edern Hallier : L'idiot insaisissable, Paris, Albin Michel, , 608 p. (ISBN 978-2-226-31997-5), p. 463-465
  11. Dominique Perrin, « « Les temps ont changé, il est devenu indéfendable » : dans un contexte post-#metoo, le malaise Gabriel Matzneff », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. Natalia Wysocka, « “Tout le monde le savait” pour Gabriel Matzneff, dit Denise Bombardier », sur Le Devoir, (consulté le 28 décembre 2019)
  13. https://fr.timesofisrael.com/une-journaliste-qui-defend-lecrivain-matzneff-accusee-dantisemitisme/

Liens externesModifier

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