Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Elle (magazine)

magazine hebdomadaire féminin de société français fondé en France en 1945 par Hélène Lazareff et Marcelle Auclair

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Elle.

Elle
image illustrative de l’article Elle (magazine)
Logo du magazine Elle

Pays Drapeau de la France France
Langue français
Périodicité hebdomadaire
Genre presse féminine
Prix au numéro (2016)
Diffusion 342 981[1] ex. (2015)
Fondateur Hélène Lazareff
Marcelle Auclair
Date de fondation 1945
Ville d’édition Levallois-Perret

Propriétaire Daniel Kretinsky
Directeur de publication Bruno Lesouëf, Constance Benqué
Directeur de la rédaction Erin Doherty
Rédacteur en chef Adèle Bréau (Elle.fr)
ISSN 0013-6298
Site web elle.fr

Elle (souvent typographié ELLE en capitales) est un magazine hebdomadaire français féminin et de société fondé en 1945 par Hélène Lazareff et Marcelle Auclair. Le titre est racheté en avril 2018 par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky[2].

Sommaire

HistoriqueModifier

Le premier numéro de Elle est publié le 21 novembre 1945, quelques mois après l'adoption du droit de vote des femmes en France et du retour d'Hélène Lazareff, alors réfugiée à New York pendant l'Occupation, où elle travaillait comme rédactrice en chef au Harper's Bazaar, un magazine féminin de luxe dont elle s'inspire[3]. La ligne éditoriale du journal est posée dès l'origine dans sa ligne de pied : « Le sérieux dans la frivolité, de l'ironie dans le grave »[4]

Simone Baron et Alice Chavanne[5] en assurent la responsabilité, assistées du photographe Jean Chevalier comme directeur artistique, avant l'arrivée en 1946 de Françoise Giroud qui restera rédactrice en chef du magazine jusqu'en 1953[6].

Au départ, le magazine ne comporte qu'une vingtaine de pages. La ligne éditoriale souhaitée par Lazareff transgresse les principes des magazines féminins de l'époque : moins de chroniques au profit d'informations précises, elle recentre la mode sur les personnalités plus que les créations jusqu'à en promouvoir certaines — comme Emmanuelle Khanh quelques années après —, achète des images couleur jusqu'à New York pour les mettre en couverture[n 1], éloignant ainsi Elle des magazines de mode proches parfois de simples catalogues[7]. Le contenu du magazine est alors composé de pages sur la haute couture et de rubriques avec recettes ou patrons[7].

Dès le début des années 1950, Elle impose son propre style en étant précurseur dans les domaines du sportswear d'inspiration américaine, qui vit ses balbutiements ou du prêt-à-porter qui connaitra son âge d'or la décennie suivante[7]. Durant 1952, la jeune Brigitte Bardot apparait sur les couvertures du magazine[7]. Si le tirage est alors de 600 000 exemplaires, Elle est lu par un million et demi de lectrices[7] ; ce sera deux millions la décennie suivante[8].

Années après années, le prêt-à-porter prend une part de plus en plus large dans le magazine ; celui-ci ne se contente plus de présenter la mode, il devient prescripteur, s'associant aux grands magasins parisiens[7]. Le magazine consacre jusqu'à huit pages à Prisunic, qui a lancé une ligne de vêtements en 1956 avec Denise Fayolle[7]. Si la haute couture n'est plus prépondérante, Elle reste l'un des rares organe de presse français soutenant Gabrielle Chanel — et son iconique tailleur — à son retour aux affaires en 1954, ainsi que le débutant Pierre Cardin, le « chouchou » du magazine les années suivantes[7]. Peter Knapp prend la direction artistique en 1959 ; il y restera deux décennies. C'est lui qui donne au mensuel sa forme définitive[7].

À la fin des années 1960, des bons réductions « Couturama » délivrés avec le magazine pour les marques de Ungaro, Ricci, Cardin, Courrèges, ou Saint Laurent, entre autres, « déclenchent les passions »[7]. Les grands noms — à l'exception notable de Chanel —, ainsi que les étoiles montantes de la mode, y participent[7]. L'écrivain Alexandre Vialatte y tient une chronique régulière : Le Paris des Parisiennes. Catherine Rousso entre au magazine en 1969 puis devient rédactrice en chef « Mode » ; elle y restera plus de quarante ans[9].

En 2012, Elle et Anne-Cécile Sarfati, rédactrice en chef et directrice éditoriale des évènements lancent ELLE Active, un programme composé de conférences, de formations et de forums pour promouvoir le travail des femmes.

En septembre 2014, Valérie Toranian, à Elle depuis 1994, quitte son poste de directrice de la rédaction et est remplacée par Françoise-Marie Santucci[10]. Rapidement, celle-ci modifie la ligne éditoriale du magazine, entrainant quelques remous de la part de la société des journalistes du magazine[11].

En 2015, Elle est présent dans le monde entier avec 46 éditions internationales et plus de 20 millions de lectrices. Le magazine tire pour 2014 à plus de 300 000 exemplaires, en forte chute par rapport aux années précédentes[11].

En avril 2018, le Groupe Lagardère et sa filiale Hachette Filipacchi Médias annoncent la vente prochaine de plusieurs de leurs organes de presse, dont le magazine Elle, à l'homme d'affaires et patron de presse tchèque Daniel Kretinski[12],[13].

AnecdotesModifier

Le 5 mai 2003, le magazine explose ses ventes (400 000 exemplaires) grâce à Emmanuelle Béart posant nue, sa chevelure blonde attachée avec son string[14], pour la photographe Sylvie Lancrenon[15].

Diffusion en FranceModifier

Tiré à 412 643 exemplaires en France, le magazine est vendu à 333 141 exemplaires (diffusion totale payée) sur l'année 2016[1].

Diffusion totale payée[1]
2009 2010 2011[16] 2012 2013 2014 2015 2016
Elle 370 658 404 037 402 989 401 332 384 704 352 390 342 981 333 141

CritiquesModifier

Elle fait l'objet de critiques régulières de la part de l'association de gauche antilibérale Acrimed. Celle-ci s'interroge, à propos du numéro du 27 décembre 2013, sur un article favorable au travail le dimanche, quant aux liens avec les annonceurs, marques de luxe, qui ont intérêt à vendre leurs produits dans des boutiques ouvertes le dimanche[17]. Acrimed pointe également du doigt l'usage du pronom personnel « on » dans les articles traitant du corps des femmes, y voyant une marque de contrôle social[18].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Après la Guerre, si la photographie de mode a peu à peu envahie les magazines depuis les années 1930, celle-ci n'est pas encore systématique en couverture, l'illustration de mode étant encore très présente. Modes et travaux ou L'Officiel par exemple, utilisent encore des dessins à cette époque pour leurs couvertures.

RéférencesModifier

  1. a, b et c Office de justification de la diffusion (OJD), « Chiffres : Elle », sur ojd.com,
  2. « Daniel Kretinsky : «J'ai un grand respect pour Elle et Marianne» », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  3. Vincent Soulier, Presse féminine : la puissance frivole, Archipel, , p. 47
  4. Vincent Soulier, Presse féminine : la puissance frivole, Archipel, , p. 107
  5. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, (1re éd. 1993, Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), p. 59
  6. Michel Klen, Femmes de guerre : une histoire millénaire, Ellipses, , p. 414
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Grumbach 2008, op. cit., Les origines de la confection : Le journal Elle, p. 191 à 197
  8. Dominique Veillon et Michèle Ruffat, La mode des sixties, Paris, Autrement, coll. « « Mémoires/Histoire » », , 280 p. (ISBN 9782746710153, présentation en ligne), p. 9 (inscription nécessaire) – via Cairn.info
  9. Sylvia Jorf, « Madame Rousso », Elle, no 3625,‎ , p. 19 à 28 (ISSN 0013-6298)
  10. Frédéric Roy, « Françoise-Marie Santucci remplace Valérie Toranian à la tête de Elle », sur cbnews.fr,
  11. a et b « Lagardère reprend en main son joyau Elle », Challenges, no 419,‎ , p. 9 (ISSN 0751-4417)
  12. Grazia.fr, « Vendu à un groupe média tchèque, "Elle" est en colère », Grazia.fr,‎ (lire en ligne)
  13. Schwartzenberg, « Elle racheté par un drôle d'oligarque tchèque », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne)
  14. Couverture avec Emmanuelle Béart
  15. Vincent Soulier, Presse féminine : la puissance frivole, Archipel, , p. 151
  16. « À partir de janvier 2011, ces chiffres intègrent les versions numériques issues de l’application de la nouvelle réglementation OJD concernant la diffusion numérique. Il convient donc de tenir compte de ces modifications pour interpréter les évolutions entre 2010 et 2011 » - OJD, 2012
  17. Denis Perais, « Travailler le dimanche : une évidence pour Elle », sur Acrimed, (consulté le 10 décembre 2015)
  18. Violaine Nicaud, « Elle : petite grammaire d’un contrôle social », sur Acrimed, (consulté le 10 décembre 2015)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier