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Serge Moati

acteur, écrivain, producteur, réalisateur et scénariste français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Haïm et Moati.
Serge Moati
Salon du livre de Paris 2011 - Serge Moati - 001bis.jpg
Serge Moati au 31e Salon du livre de Paris en 2011.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Henry Haïm Moati
Surnom
Serge Moati
Nationalité
Formation
Activités
Famille
père (Serge Moati) et mère décédés en 1957
Fratrie
Enfant

Serge Moati, né Henry Haïm Moati[2],[3],[4] le à Tunis[5], est un journaliste et documentariste français. Il est le père de l'acteur Félix Moati.

Il travaille surtout pour la télévision mais a aussi été scénariste, producteur de cinéma, acteur et écrivain. Moati fut également conseiller de François Mitterrand en 1971. Sa reconnaissance par le grand public date de 1999, année où il commence à animer sur France 5 Ripostes, une émission de débats politiques et sociaux.

BiographieModifier

FamilleModifier

(Henry) Serge Moati est le benjamin d'une fratrie de trois enfants nés au sein d'une famille juive tunisienne dont il retrace l'histoire dans Villa Jasmin, qu'il publie en 2003.

Son père Serge (1903-1957) est fils de franc-maçon, socialiste et franc-maçon lui-même à la Grande Loge de France[6], rattaché à la communauté des Granas, était journaliste, notamment à Tunis socialiste et au Petit Matin ; arrêté pour ses activités de résistance durant la Seconde Guerre mondiale, il fut déporté et interné au camp de concentration de Sachsenhausen avant de parvenir à s'en évader ; il participa ensuite à la libération de Paris avant de retrouver sa famille.

Sa mère Odette née Scemama (1905-1957) est quant à elle issue de la communauté des Juifs natifs de Tunisie, les Twânsa, ce qui donne un caractère particulier au mariage de ses parents[7].

Sa sœur aînée, Nine Moati, née en 1938, est une romancière.

Serge Moati se marie à Agnès Chaniolleau en 1980. En 1984, il épouse en secondes noces Sophie Gourdon, née le 26 juin 1954, énarque, présidente de la troisième chambre de la Cour des comptes depuis 2015, décorée de la Légion d'honneur et de de l’ordre national du Mérite[8].

Il a trois enfants :

  • Victor, né en 1982, est le créateur d'une maison de production spécialisée dans les films institutionnels, la culture et les musées[9] ;
  • Irène, née en 1985, est accessoiriste[9],
  • Félix, né en 1990, est acteur et réalisateur[9].

Serge Moati devient grand-père pour la première fois en 2017[9].

JeunesseModifier

Élève au lycée Carnot de Tunis[10], Serge Moati vit en Tunisie jusqu'à la mort de ses parents en août et octobre 1957. Orphelin à l'âge de onze ans (son père meurt d'une crise cardiaque en août 1957 et sa mère d'un cancer en octobre 1957[11]), il quitte le pays et s'installe avec sa sœur Nine à Paris[12].

Il poursuit en tant que pensionnaire ses études au lycée Michelet à Vanves où il met en place, alors qu'il n'a que 16 ans, un groupe Action et Résistance pour essayer de protéger les maisons menacées par l'O.A.S[13].

Il devient franc-maçon à 18 ans en Afrique[6] et démissionnera après être devenu directeur de France 3.

ActeurModifier

Serge Moati joue dans divers petits rôles : dans Les Quatre Cents Coups, de François Truffaut, dans La Femme-bourreau (1968) de Jean-Denis Bonan, dans le téléfilm Au bout du chemin (1981) où il croise la comédienne Claude Jade, il incarne un metteur en scène.

On l'aperçoit également comme figurant à la fin du film Le Courage d'aimer, de Claude Lelouch (2005), où il joue le rôle d'un prêtre célébrant le mariage simultané des jumelles Anne et Clémentine jouées par Mathilde Seigner.

En 2009, il joue le rôle d'un pharmacien dans le film Plus tard tu comprendras, d'Amos Gitaï. En 2011, il fait une apparition dans 17 filles, de Delphine et Muriel Coulin.

Implication dans la vie politiqueModifier

Vers l'âge de vingt ans, il est militant à la Fédération anarchiste le samedi au Quartier latin avant de s'inscrire en juin 1968 à la SFIO où il rencontre François Mitterrand dont il devient en 1971 le conseiller pour l'audiovisuel[14].

En 1981, toujours conseiller de François Mitterrand, il le prépare avec Robert Badinter au débat télévisuel d'entre-deux-tours. Ils élaborent une codification du débat en vingt et un points (valeur de plan, absence de plans de coupe, distances, supervision du réalisateur par un représentant de chaque candidat, etc.)[15] Serge Moati déclarera plus tard que ces conditions techniques étaient destinées à être inacceptables pour l'autre camp, afin de les contraindre à refuser le débat que François Mitterrand désire éviter.[16] Elles sont pourtant acceptées sans réserve par les conseillers de Valéry Giscard d'Estaing, et restèrent longtemps en vigueur jusqu'à un assouplissement en 2017[17]. Serge Moati sera présent en régie auprès du réalisateur comme représentant de François Mitterrand, demandant des gros plans, voire très gros plans, sur son candidat pour mettre en valeur sa capacité d'écoute[16]. Il jouera à nouveau ce rôle en 1988 et 1955, et sera également le réalisateur de la cérémonie d'investiture du 21 mai 1981 au Panthéon[18].

En mai 2016, Serge Moati se prononce à l'antenne de la Radio télévision suisse sur les grèves françaises relatives à la loi Travail et se déclare surpris de la « haine » qui existe dans les manifestations[19].


TélévisionModifier

À la suite d'une petite annonce dans France-Soir, il est embauché comme assistant réalisateur pour la télévision scolaire du Niger lors de son service national en 1965. C'est grâce à cette première expérience qu'il entre à l'âge de 21 ans comme assistant réalisateur puis réalisateur à l'ORTF où il collabore à de nombreux magazines comme Dim, Dam, Dom ou 5 colonnes à la une pour lequel il couvre notamment la guerre du Viêt Nam[20].

Il devient directeur des programmes de FR3 de 1981 à 1982 puis directeur général de 1982 à 1985[21].

De 1999 à 2009, sur La Cinquième puis France 5, il anime Ripostes, une émission de débats politiques et sociaux.

Entre 2009 et 2011, sur cette même chaîne, il présente une émission sur le cinéma intitulée Cinémas[22]. Il s'agissait d'un magazine hebdomadaire diffusé le samedi à 17 h 55[23].

De 2011 à 2012, sur LCP, il anime Objectif Elysée et Objectif Assemblée, deux émissions de débats politiques liés aux deux échéances électorales successives de 2012.

Depuis 2012, il anime PolitiqueS, émission hebdomadaire sur LCP[24].

Maison de productionModifier

  • Image et Compagnie

Dirigée depuis 1990 par Serge Moati, Image et Compagnie est aujourd'hui une société moyenne du secteur de la production audiovisuelle française. Son activité propose différents types de programmes (fictions, documentaires, magazines). Image et Compagnie souhaite dans les années à venir renforcer la diversification de ses diffuseurs et la production de séries ou collections permettant d'engager des frais de développement sur des projets prestigieux de fiction et de documentaire et élargir son assise à l'international grâce au développement de films pour une commercialisation hors de France.

FilmographieModifier

ActeurModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

RéalisateurModifier

DocumentaireModifier

Réalisateur de documentaires à partir de 1968, ses films sont diffusés dans des émissions du service public : Cinq colonnes à la une, La Marche du siècle ou encore Envoyé spécial.

  • Voyage au pays des Francs-Maçons[25], 1989
  • 2001 : 2001, la prise de l'Hôtel de Ville
  • Une vie ordinaire ou Mes questions sur l'homosexualité, 2002
  • Le Pen, vous et moi, 2003
  • Mes questions sur..., série de documentaires, 2005-
  • Paris 2012 : les coulisses d'une campagne, réalisé avec Philippe Rouquier, 2005
  • La Prise de l'Élysée, 2007
  • Mitterrand à Vichy, 2008
  • Le Peuple de la rue, les invisibles
  • Changer la vie, docu-fiction sur l'accès au pouvoir de François Mitterrand, 2011.
  • Élysée 2012, la vraie campagne!, 2012
  • Législatives 2012, La vraie campagne!, 2012
  • Méditerranéennes – mille et un combats" , 2013
  • Adieu Le Pen , 2014
  • Quai d'Orsay - Les coulisses de la diplomatie, France 3, 2015
  • Gauche, année zéro?, 2017

Serge Moati a contribué au documentaire Paris Couleurs, de l'indigène à l'immigré en tant que délégué de production.

FictionModifier

TélévisionModifier
CinémaModifier

PublicationsModifier

 
Serge Moati au 20e Maghreb des livres (Paris, le 8 février 2014).
  • La Saison des palais, éd. Grasset, Paris, 1986.
  • La Haine antisémite, éd. Flammarion, Paris, 1991.
  • Paroles d'orphelins, éd. Jean-Claude Lattès, Paris, 1998.
  • Le Septième Jour d'Israël. Un kibboutz en Galilée (en collaboration avec Ruth Zylberman), éd. Mille et une nuits, Paris, 1998.
  • Villa Jasmin, éd. Fayard, Paris, 2003.
  • Du côté des vivants, éd. Fayard, Paris, 2006.
  • 30 ans après, éd. Seuil, Paris, 2011.
  • Dernières nouvelles de Tunis, éd. Michel Lafon, Paris, 2011.
  • Le Pen, vous et moi, éd. Flammarion, Paris, 2014.
  • avec François Nussbaumer, Temples maçonniques de France et de Belgique éd. Le Noyer, 2015.
  • avec Edward Vignot, Rêves d'Orient, mon musée idéal, Place des Victoires, 2016, 207 pages.
  • Juifs de France, pourquoi partir ?, éd. Stock, Paris, 2017.
  • Il était une fois en Israël, Fayard, 2019.

RéférencesModifier

  1. Jean-Claude Raspiengeas, « Serge Moati, l’éternel orphelin de Tunis », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  2. Serge Moati, Villa Jasmin, éd. Fayard, Paris, 2003, p. 353.
  3. Il adoptera plus tard le prénom de Serge, en hommage à son père décédé prématurément en 1957.
  4. « Moati : de l'arabe mu'atî, “qui donne”, “généreux”, “munificent” », Paul Sebag, Les noms des Juifs de Tunisie, éd. L'Harmattan, 2002, p. 106.
  5. Serge Moati, Villa Jasmin, p. 351-352.
  6. a et b Source : Emmanuel Berretta et Sophie Coignard, "Les francs-maçons et les médias", Le Point, 29/01/2004
  7. Serge Moati, Villa Jasmin, p. 44.
  8. « Sophie Moati », sur Cour des comptes (consulté le 13 février 2019)
  9. a b c et d « Serge Moati grand-père : Le journaliste est au comble du bonheur », sur www.purepeople.com (consulté le 13 février 2019)
  10. Serge Moati, Villa Jasmin, p. 368.
  11. Christian Bosséno, Télévision française, Harmattan, , p. 340
  12. Serge Moati, Villa Jasmin, p. 353.
  13. Télé 7 Jours n°1756, semaine du 22 au 28 janvier 1944, page 115, article de Danielle Sommer : "Trop jeune pour s'engager, Serge Moati qui n'a que 16 ans, met en place au lycée Michelet un groupe Action et Résistance pour essayer de protéger les maisons menacées par l'O.A.S. "Ce n'était pas un jeu, c'était violent, on se bagarrait dur et il y avait de véritables poseurs de bombes parmi nous. Ce fut pour moi le début d'une réflexion politique""
  14. Jean Rollin, Moteur coupez! Mémoires d'un cinéaste singulier, Édite, , p. 60
  15. « Une vingtaine de règles pour un duel très encadré », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 14 décembre 2019)
  16. a et b Thierry Jousse, « Les grands débats télévisés lors des campagnes présidentielles », Médiamorphoses,‎ (ISSN 1626-1429, lire en ligne)
  17. « Les plans de coupe autorisés pour le débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 14 décembre 2019)
  18. « 5 mai 81: Moati dans les coulisses du débat Giscard/Mitterrand », sur Les Inrocks (consulté le 14 décembre 2019)
  19. « Pour Serge Moati, « les affrontements tournent parfois à la haine » en France », vidéo 2 min 44 s, sur rts.ch, (consulté le 18 janvier 2017)
  20. Pierre Beylot, Stéphane Benassi, Littérature et télévision, Corlet, , p. 51
  21. « Biographie. Serge Moati », sur Première.fr,
  22. http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/France-5-de-A-a-Z/A-l-antenne/p-3721-Cinemas.htm
  23. « Cinémas - L'Encyclopédie des émissions TV », sur Toutelatele.com (consulté le 16 novembre 2012)
  24. PolitiqueS
  25. Source : GADLU.INFO, 30 mars 2009

Liens externesModifier

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