Henri II de Souabe

roi allemand (1220-1235)

Henri II de Souabe
Illustration.
Enluminure représentant Henri, abbaye de Weingarten.
Titre
Roi de Sicile
Prédécesseur Frédéric Ier
Successeur Frédéric Ier
Roi de Germanie
Avec Frédéric II du Saint-Empire
Prédécesseur Frédéric II
Successeur Frédéric II
Duc de Souabe
Prédécesseur Frédéric VII
Successeur Conrad III
Biographie
Dynastie Hohenstaufen
Date de naissance
Date de décès
Lieu de décès Martirano (Royaume de Sicile)
Sépulture Cathédrale de Cosenza
Père Frédéric II du Saint-Empire
Mère Constance d'Aragon
Conjoint Marguerite d'Autriche

Henri II de Souabe

Henri (VII), né en 1211 et mort le à Martirano en Calabre, est un prince de la maison de Hohenstaufen, fils de l'empereur Frédéric II et de Constance d'Aragon. Il fut roi de Sicile de 1212 à 1216 puis duc de Souabe sous le nom de Henri II. Élu roi des Romains en 1220, il fut co-régent du Saint-Empire aux côtés de son père jusqu'à sa destituion en 1235.

BiographieModifier

Henri naît au royaume de Sicile, le fils aîné du roi Frédéric II, et son épouse Constance, infante d'Aragon (1179-1222), fille du roi Alphonse II issue de la maison de Barcelone.

Dans le litige entre les dynasties des Hohenstaufen et des Welf (« guelfes et gibelins »), son père le fit couronner roi de Sicile en par le pape Innocent III. Face à la progression des forces de l'empereur Otton IV, Frédéric se rend en Germanie où il est élu antiroi le . La mère de Henri, Constance, exercera la régence sur la Sicile.

Roi des RomainsModifier

À l'encontre de toutes ses promesses, Frédéric II prend en charge lui-même la Sicile à la suite de la mort du pape en 1216. Dans ce contexte, il fait venir son fils à la Germanie pour lui assigner le duché de Souabe, pays d'origine des Hohenstaufen. Henri a perdu le titre de roi sicilien, mais devient en 1219 « recteur » de la Bourgogne, après l'extinction de la maison de Zähringen. Après des négociations avec le nouveau pape Honorius III et les princes ecclésiastiques, le garçon de neuf ans est enfin élu roi des Romains fin lors de la diète de Francfort, sous le nom de « Henri VII ». En contrepartie, son père a fait de nombreuses concessions, fixées dans la Confoederatio cum principibus ecclesiasticis. Le pape couronna finalement Frédéric empereur à l'église Saint-Pierre de Rome le . Deux ans après, le , Henri est couronné roi à Aix-la-Chapelle, par l'archevêque Engelbert de Cologne qui reprit la régence sur la Germanie lorsque l'empereur séjourne en Italie.

Dès 1219, Henri est fiancé à Agnès, fille du roi Ottokar Ier de Bohême, mais il doit abandonner ce projet d'union du fait de l'opposition du duc Léopold VI d'Autriche. Vers 1225, le roi Henri III d'Angleterre a négocié le mariage de sa sœur Isabelle avec Henri ; toutefois, cette union n'a également pu avoir lieu. Le à Nuremberg, Henri, sur ordre de son père, épousait Marguerite d'Autriche (1204-1266), fille du duc Léopold VI, qui est son ainée de sept ans. Elle est couronnée reine de Germanie le à Aix-la-Chapelle. Leur union donne naissance à deux fils Henri (1234-1245) et Frédéric (1235-1251) qui meurent jeunes.

Désaccord avec son pèreModifier

Avant d'engager la sixième croisade, son père le désigne dans son testament de comme héritier des deux couronnes de Sicile et de Germanie. À Noël de cette même année, Henri commence son règne personnel qui est marqué par un campagne contre le duc Louis de Bavière et l'évêché de Strasbourg. De plus, il poursuivra une politique active d'encouragement des villes d'Empire, entraînant ainsi un conflit avec les princes. En fin de compte, il était contraint de leur accorder de nombreux et importants privilèges promulgués par le Statutum in favorem principum, délivré à la diète de Worms le .

Alors que les villes lombardes reconstituent leur ligue en 1231, Frédéric II, fâché, demande à son fils de venir à Cividale où Henri doit se soumettre. Néanmois, une fois revenu à la Germanie, le jeune prince mène de plus en plus une politique personnelle notamment envers la maison de Wittelsbach et le comte palatin Othon II, fils de Louis de Bavière. En 1231, il veut rompre son union avec Marguerite dont la dot n'a jamais été versée, et épouser son ancienne fiancée Agnès de Bohême dont il aurait été sincèrement épris[1]. L'empereur, qui veut maintenir de bonnes relations avec le duc Frédéric II d'Autriche, frère de Marguerite, s'y oppose. Le projet de mariage échoue mais Marguerite est de facto répudiée et elle se retire dans le couvent des dominicaines à Trèves.

 
Sarcophage de Henri, cathédrale de Cosenza.

En 1234, il fut même excommunié par le pape Grégoire IX et Frédéric II annonçait sa venue en Germanie. Sollicité par un parti de nobles allemands réunis à Boppard, Henri entre en révolte ouverte contre son père notamment en négocieant une alliance formelle avec les Lombards et le roi Louis IX de France en . Frédéric II obtient l'appui du pape qui lance un appel aux nobles le , les invitant à abandonner le rebelle. Lorsque Frédéric II arriva en personne en Germanie en , la faction « henricienne » s'effondre. Le jeune prince se retrouve impliqué dans les affrontements contre le margrave Hermann V de Bade et les citoyens de Worms ; finalement, il doit se soumettre sans conditions à Wimpfen. Le , Henri est jugé à Worms, il a été déshérité et exilé d'abord au château de Heidelberg puis à Alerheim en Souabe jusqu'à ce qu'il a été transféré dans les Pouilles à la garde de la maison des Lancia. En 1240 il est détenue prisonnier à Rocca San Felice en Campanie, puis à Nicastro en Calabre. Lors d'un nouveau déplacement, il serait mort d'une chute de cheval en près de Martirano. Selon une tradition, il s'agirait d'un suicide[2].

L'empereur, profondément préoccupé, fit l'enterrer avec les honneurs à la cathédrale de Cosenza. Des études scientifiques ont montré que Henri contracta la lèpre, cela pourrait expliquer pourquoi son père lui n'accordé pas son pardon. En 1237, son cadet, Conrad IV, est élu roi des Romains. Frédéric II lui-même s'est mariè à Isabelle d'Angleterre afin de d'assurer la ligne de succession.

AscendanceModifier

Lien interneModifier

Notes et référencesModifier

  1. comme semblent en témoigner les Minnesänger de cette époque attribués à un certain « Kaiser Heinrich » qui évoque un tendre amour impossible Cf. Francis Dvornik Les Salves... p. 321 note no 17
  2. Joseph Calmette Le Reich allemand au Moyen Âge p. 280 note no 2.

Liens externesModifier