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Provençal

langue romane parlée en Provence
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Provençal (homonymie).

Provençal
prouvençau (norme mistralienne)
provençau (norme classique)
Pays France, Italie[1], Monaco[1],[2]
Région Provence et Occitanie (plan linguistique) ; (Auvergne-Rhône-Alpes) (plan sociolinguistique)
Nombre de locuteurs De 100 000[3] à 500 000
Typologie SVO
syllabique
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-1 oc[4]
ISO 639-2 oci[4]
ISO 639-3 oci [4]
IETF oc[4]
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

  • Graphie classique (divers sous-dialectes du provençal) : Totei/Toti lei/li personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drechs. Son dotadas de rason e de consciéncia e si devon comportar frairalament leis/lis uns ambé/embé/emé/amé leis/lis autres.
  • Graphie mistralienne (provençal rhodanien): Tóuti li persouno naisson liéuro e egalo en digneta e en dre. Soun doutado de resoun e de counsciènci e se devon coumpourta freiralamen lis uno emé/amé lis autro.
  • Graphie mistralienne (provençal maritime): Tóutei lei persouno nèisson liéuro e egalo en dignita e en dre. Soun doutado de resoun e de counsciènci e si devon coumpourta freiralamen leis uno emé/embé leis autro.
  • Graphie mistralienne (version en provençal général proposée par Philippe Blanchet[5]): Tóuti lis uman naisson libre. Soun egau pèr la digneta e li dre. An tóuti uno resoun e uno counsciènci. Se dèvon teni freirenau lis un 'mé lis autre.

Le provençal (en provençal [pʀuveⁿsˈaw], orthographié prouvençau dans la norme mistralienne et provençau dans la graphie classique est un dialecte de l'occitan ou langue d'oc[6],[7],[8] parlé essentiellement en Provence et dans l'extrême Est du Languedoc. Plus précisément, le dialecte provençal est parlé à travers ses variantes locales, d'un espace allant d'Ouest en Est, de Nîmes à Nice et du Sud au Nord de Toulon à Digne-les-Bains.

Le provençal, comme les dialectes languedocien et vivaro-alpin (ou rhodano-alpin), est classé par l’Atlas interactif UNESCO des langues en danger dans le monde comme langue en situation critique d'extinction[9].

Sommaire

DéfinitionModifier

Selon la définition proposée par Frédéric Mistral en 1878 dans son dictionnaire "Lou Trésor dòu Felibrige", on retrouve le sous-dialecte maritime (anciennement marseillais) de Marseille au fleuve du Var, le sous-dialecte niçois à Nice et les communes environnantes, le sous-dialecte rhodanien dans la partie occidentale des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse jusqu'à la partie orientale du Gard (région de Nîmes et le sous-dialecte alpin autour de Digne-les-Bains qui est une zone de transition entre la partie Nord-occitane (rhodano-alpine) et occitane méridionale (dialecte provençal, sous-dialecte maritime)[10].

Dans le livre "Gramatica provençala" publié en 2007 par le professeur de provençal en écriture classique Guy Martin[11] et le professeur Bernard Moulin[12], deux définitions sont proposées pour le provençal, l'une scientifique qui est celle retenue par le monde universitaire et l'autre populaire acceptée par associations populaires du fait de sentiments sociolinguistiques (liens historiques, culturels, politiques), à savoir :

  • Scientifique : L'occitan oriental, soit celui de Provence, est décomposé en deux zones, l'une Sud occitane et l'une Nord occitane qui sont respectivement séparées par les écrits (Ca/Ga dans le Sud - Cantar) et (Cha/Ja dans le Nord - Chantar). Cette représentation reprend les délimitations de Frédéric Mistral puisqu'elle inclut dans la partie Sud ce que Mistral appelle le dialecte provençal et ses sous-dialectes (alpin, marseillais, niçois, rhodanien). Les auteurs du livre nomment le dialecte provençal en "rhodano-méditerranéen" comprenant les sous-dialectes maritime, bas-rhodanien, la zone d'interférence (rhodanien/maritime, maritime/alpin) et le complexe niçois. La partie Nord-occitane, correspondant au dialecte Dauphinois pour Frédéric Mistral, est appelée dans le livre "rhodano-alpin (ou vivaro-alpin)" composé des sous-dialectes intra-alpin, nord-rhodanien, inalpin (ou translalpin). L'auteur précise que le dialecte rhodano-méditerranéen (soit le Provençal) est en extension au dessus de Digne-les-Bains du fait de l'influence du provençal, quant aux sous-dialectes maritime et niçois, ils ont tendance à s'auto-influencer (ex: adoption par certains niçois de la diphtongue -oua au lieu de -ouo, ou encore utilisation du niçois ou influence du niçois sur la rive gauche du Var[13].
  • Populaire : L'ensemble des sous-dialectes de la basse Provence qui forment le dialecte provençal par Mistral avec les sous-dialectes du Dauphiné formant le dialecte dauphinois par le même auteur, dont le territoire faisait partie, à ses débuts, du Comté de Provence.

Statut légalModifier

Entre reconnaissance et substitutionModifier

 
Panneau de rue rénové à Mons, Var

L'usage du provençal est vécu par une partie des Provençaux comme un élément de leur héritage patrimonial ; il jouit d’un certain soutien de la population et des collectivités locales et bénéficie d’un net regain dans la vie publique depuis quelques décennies (publicités, signalisation routière, festivals, théâtre, édifices…). Cependant, cette reconnaissance reste symbolique et n'a jamais été accompagnée de mesures susceptibles de développer le provençal de manière efficace. Le recul de l'usage du provençal est ancien. Il a cédé depuis longtemps les fonctions courantes de communication au français (diglossie limitée).

Le provençal est reconnu « sérieusement en danger »[14] par l’Atlas des langues en péril édité par l’UNESCO[15]. Les raisons de son déclin sont complexes. Pour la partie provençale qui a été rattachée à la France en 1483, on accuse souvent l'action centralisatrice des rois de France qui a écarté le provençal des actes juridiques (progression du français dans les élites sociales dès le XVe siècle, puis Ordonnance de Villers-Cotterêts du instituant le français comme la langue des documents administratifs). Cela n'est pas possible pour le pays niçois, le Comtat Venaissin ou Avignon qui n'étaient pas français alors. Au XIXe siècle, l'école royale, impériale puis républicaine n'a jamais donné au provençal un statut spécifique dans l'enseignement. Le provençal a été marginalisé dans les médias importants.

Le point de vue de Frédéric Mistral sur la langue d'Oc, appelée en son temps "langue provençale" et aujourd'hui plus largement "occitan" : "Les principaux dialectes de la langue d'Oc moderne sont : le provençal, le languedocien, le gascon, l'aquitain, le limousin, l'auvergnat et le dauphinois. Le provençal a pour sous-dialectes : le rhodanien, le marseillais (ancien nom du maritime), l'alpin et le niçard."[16]. Depuis les années 2000, il existe en Provence[17] une association (Collectif Provence) selon lequel[18] le provençal est « une langue à part entière, proche mais distincte de l'occitan du Sud-Ouest de la France », toutefois sans rejeter son appartenance à l'ensemble des langues d’oc[19]. Le but de ce mouvement vise à conserver l'écriture phonétique (mistralienne) du dialecte provençal en le reconnaissant comme langue à part entière et ainsi rivaliser face à la dynamique orchestrée par les classicistes languedociens qui tend à se développer de partout dans le Midi depuis des décennies dont la Provence à l'image de plusieurs auteurs classiques en dialecte provençal dont Robert Lafont. A l'inverse de cette association culturelle proche des milieux politiques, le Felibrige, organisme fondé par Frédéric Mistral et les 6 autres poètes dont Joseph Roumanille (créateur de l'écriture phonétique dite mistralienne) propose la définition suivante adoptée lors du Conseil Général de la Santo-Estello (Sainte-Estelle) de Grasse en 1999 «Le Félibrige retient comme seule terminologie pour être employée et défendue : la langue d’oc dans la diversité de ses parlers (Auvergnat, Gascon, Languedocien, Limousin, Provençal)».

Le provençal est autant considéré par Frédéric Mistral comme un dialecte de la langue d'Oc (appelé aussi provençal) dans son dictionnaire Lou Tresor dóu Felibrige, qu'une langue (dans le sens où langue provençale équivaut à langue d'Oc moderne), comme en témoigne ses écrits dans «La lengo prouvençalo o lengo d'O»[20], «Lou parla dóu Rose, emé lou parla marsihés, formon ce qu'apelan pu particulieramen la lengo prouvençalo.» (Le parler du Rhône, avec le parler marseillais, forment ce que l'on appelle plus particulièrement la langue provençale) ou encore «La lengo prouvençalo se parlo encaro en Franço dins mai de vint despartamen: es que, se parlo pas pertout la memo causo» (La langue provençale se parle encore en France dans plus de vingt départements: elle ne se parle pas partout de la même façon). Ce qui n'est pas sans créer d’ambiguïté entre les termes de langue et de dialecte. Toutefois, l'auteur s'accorde généralement à dire dans l'ensemble de ses ouvrages qu'il existe une langue provençale ou langue d'Oc (ensemble du Midi de la France) et qu'elle est parlée depuis des siècles à travers ses dialectes. Il montre donc l'importance de préserver les distinctions dialectales. C'est par ailleurs cette forte atténuation des distinctions dialectales dans la graphie classique d'Alibert qui oppose ses partisans à ceux de la graphie mistralienne qui préserve davantage les variétés dialectales de la langue d'Oc.

 
Définition du parler provençal, dialecte de Provence. Entrée prouvençau du Trésor du Félibrige
 
Définition de la langue provençale ou langue d'Oc. Entrée lengo du Trésor du Félibrige

Le mot provençal sert aussi, particulièrement jusqu’au milieu du XXe siècle[21], à désigner l’ensemble de la langue d’oc. C’est notamment le cas chez Frédéric Mistral[22] et dans les dictionnaires d’Honnorat, Dictionnaire provençal-français ou dictionnaire de la langue d’oc[23] et de Mistral, Le Trésor du Félibrige, dictionnaire provençal français embrassant les divers dialectes de la langue d’oc moderne[24] ou les ouvrages de référence de Ronjat, Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes[25] et Grammaire historique des parlers provençaux modernes[26]. Le mot reste utilisé dans le milieu romaniste pour désigner l’ensemble de l’occitan[27]. Cette synonymie est également affirmée par Emmanuel Le Roy Ladurie[28].

En 2003, à la suite de l'action des uns et des autres, le Conseil régional de PACA a émis successivement deux vœux:

  • le 17 octobre : « La langue provençale et la langue niçoise sont les langues régionales de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur »[29]
  • le 5 décembre : « Le Conseil Régional de Provence-Alpes-Côtes d’Azur affirme solennellement que la langue occitane ou langue d’Oc est la langue régionale de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur : le provençal rhodanien, le provençal maritime, le niçard et l’alpin sont les formes régionales de la langue occitane ou langue d’Oc en Provence-Alpes-Côtes d’Azur ; que toutes les variétés de la langue occitane ou langue d’Oc sont d’égale valeur et appartiennent au même domaine linguistique ; que chacune de ses variétés est l’expression de la langue occitane ou langue d’Oc sur son aire géographique ; que la pleine dignité donnée ainsi à chaque variété de la langue occitane ou langue d’Oc atteste qu’il n’y a aucune hiérarchie entre ces variétés. s’engage : à développer son soutien à la préservation de ces variétés et à la promotion de la langue occitane ou langue d’Oc ; à contribuer, au côté de l’État, à la généralisation de l’offre d’enseignement de la langue occitane ou langue d’Oc en Région Provence-Alpes-Côtes d’Azur. Sollicite Monsieur le premier Ministre pour qu’il intervienne auprès de ministres, directions de l’État concernés pour que la langue occitane ou langue d’Oc soit reconnue officiellement comme patrimoine commun de tous les citoyens français sans distinction et d’aider à son développement en ratifiant la Charte européenne des langues minoritaires. »[30]

En 2016, le Conseil Régional de PACA émet une nouvelle résolution dont le préambule contient une phrase ambigüe, parlant à la fois de la langue d’oc et de langues : « Ainsi, sur l’ensemble du territoire régional se sont développées des langues qui ont su véhiculer jusqu’à nous les traditions et les spécificités culturelles de l’histoire de notre région et de ses divers territoires : le provençal, le gavot ou le nissard. Cette pluralité linguistique est la spécificité de notre région dans l’espace de la langue d’oc » [31].

Appellations officiellesModifier

Le ministère français de l’éducation utilise dans ses bulletins officiels l’expression "occitan-langue d’oc" pour la langue dans son ensemble[32], et les expressions "occitan-langue d’oc provençal", "occitan-langue d’oc nissart"[33] pour les variétés régionales.

Extension et variation interneModifier

 
La Provence linguistique et historique

Délimitation linguistique :
1 Limite de la langue occitane
2 Limite de dialecte
3 Limite de sous-dialecte

Délimitation historique :
4 « Limite de la langue provençale » selon le point de vue de Philippe Blanchet[34],[35] :
a « La Provence historique et culturelle »
b « Zones extérieures de culture provençale »
c « Zone historique provençale ayant appartenu au Piémont de 1388 à 1713 et surtout de culture alpine »
d « Zone dauphinoise aujourd'hui rattachée à la région Provence Alpes Côte d'Azur »
e « Pays niçois (Provençal jusqu'en 1388, Piémontais jusqu'en 1860, aujourd'hui rattaché à la région Provence Alpes Côte d'Azur »

Si nous laissons de côté l'utilisation de provençal pour désigner l'ensemble d'oc, l'extension du provençal reste un objet de débat :

  1. L'usage de la majorité des linguistes et de l'Unesco consiste à réduire son extension au « dialecte provençal » tel que défini par Pierre Bec[36] (appelé « sud-provençal » par Jean-Claude Bouvier).
  2. La tradition romaniste a longtemps inclus le vivaro-alpin dans le provençal. C'est par exemple le cas de Robert Lafont qui inclut ce dialecte – sous l'appellation provençal alpin - dans le provençal auquel il adapte la graphie classique de l'occitan[37] ou de Jean-Claude Bouvier, qui dans sa description du provençal, le nomme « nord-provençal ».
  3. L'école désignant le provençal comme une langue indépendante du reste du domaine d'oc inclut également (sous la désignation de provençal alpin) l'essentiel du domaine vivaro-alpin (sauf la rive droite du Rhône, appelée vivarois) et le niçois. L'inclusion des parlers des Alpes dans le provençal s'explique plus par une référence à la grande Provence historique et à la conscience linguistique des usagers que par la typologie linguistique. La variation importante qu'implique ce regroupement a amené la réutilisation du concept de langue polynomique apparu à l'origine pour la langue corse[38].
  4. La place du niçois dans le provençal fait aussi débat. L'éducation nationale française considère le niçois indépendamment du provençal[39]. (voir l'article Niçois).
  5. Les parlers de transition avec le ligure (mentonasque, royasque-brigasque) sont aussi l'objet de débats (voir les articles Brigasque, Mentonasque, Royasque).

Hormis le vivaro-alpin et le niçois, le domaine du provençal est en général subdivisé en deux:

L'universitaire provençal Guy Martin (Guiu Martin en provençal) se rapprochait dans son livre "Grammaire provençale" de la thèse de Pierre Bec concernant la classification dialectale de l'Occitan. Il ne faisait pas de distinction particulière entre ce que Mistral appelait le dialecte provençal (Sud-Occitan) et le dialecte dauphinois (Nord-Occitan). Il présentait le dialecte Nord-Occitan dans sa partie orientale comme un dialecte "difficilement séparable sur le plan socio-linguistique" vis-à-vis de celui Sud-Occitan oriental compte tenu que la Provence s'étendait autrefois sur ce territoire mais indissociable sur le plan géo-linguistique avec le limousin et l'auvergnat. Ainsi, Guy Martin parle dans son livre d'un Occitan oriental qui reprend grosso modo les mêmes délimitations du provençal proposées par Jacques Allières. A la différence de Mistral, il nomme la partie Nord-occitane orientale en dialecte rhodano-alpin (ou vivaro-alpin) et la partie Sud-occitane orientale en dialecte rhodano-méditerranéen qui reprend les délimitations données au provençal de Mistral (alpin, marseillais, niçard, rhodanien - allant de Nîmes à Nice et de la méditerranée à Digne-les-Bains). Le premier se divise en trois sous-dialectes que sont l'intra-alpin (central, méridional, septentrional), le nord-rhodanien (méridional, septentrional) et l'inalpin (ou transalpin) alors que le second comprend le maritime (occidental, varois, oriental), le bas-rhodanien (central, oriental, occidental, septentrional), une zone d'interférence (rhodanien / maritime et maritime / alpin), ainsi que le "complexe niçois" (côtier, intérieur, oriental).

Le rhodanienModifier

Le provençal rhodanien (lo provençau rodanenc | lou prouvençau dòu Rose): il est délimité par Frédéric Mistral entre les villes d'Arles, de Saint-Rémy-de-Provence, de Cavaillon, de Carpentras, d'Orange, d'Avignon, de Nîmes et de Beaucaire (Lou parla dóu Rose se parlo tout de long dóu Rose, entre-mitan Arle, Sant-Roumié, Cavaioun, Carpentras, Aurenjo, Avignoun, Nimes e Bèucaire.)[20]. On peut y distinguer des parlers locaux (le parler du Ventoux et du comtat vers Carpentras; le parler de la vallée du Rhône vers Nîmes, Arles, Avignon, Orange, Bollène; etc).

Le shuadit ou judéo-provençalModifier

Les « juifs du Pape », communautés juives d'Avignon et du Comtat Venaissin ont développé un dialecte judéo-provençal particulier, connu sous le nom de shuadit.
Le provençal rhodanien a donc ses particularités : les pluriels sont réduits à -i ; le tch [t͡ʃ] et le dj [d͡ʒ] se prononcent respectivement ts [t͡s] et dz [d͡z] ; les o toniques ne diphtonguent pas et la conjugaison est dotée de spécificités. Le dernier locuteur connu, l'écrivain Armand Lunel, est décédé en 1977.

Le maritimeModifier

Le provençal maritime (lo provençau centrau/maritim(e) | lou prouvençau centrau/maritime): il est délimité par Frédéric Mistral entre les villes de Marseille, d'Aix-en-Provence, de Salon-de-Provence, d'Apt, de Digne-les-Bains, de Nice et de Toulon (Lou parla marsihés règno entre-mitan Marsiho, Ais, Seloun, Ate, Digno, Niço e Touloun, voulounta-dire, dins la partido mountagnouso de la Prouvènco.)[20]. Dans sa classification, Mistral ne tient pas compte des sous-dialectes locaux comme le niçois, le varois, etc. Il est également appelé marseillais comme le montre la traduction précédente. Il existe des différences locales minimes. Le sud des Alpes-de-Haute-Provence connaît une transition douce entre le provençal maritime et le gavot qui commence à Sisteron et Castellane.

Ainsi, le provençal maritime et intérieur (ou « méditerranéen ») a des règles linguistiques qui lui sont propres : les pluriels se forment en -ei; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécificités. Par ailleurs, le provençal maritime et intérieur partage beaucoup de traits communs avec le niçois (nissart) qui distinguent ces deux parlers du provençal alpin (gavot).

Toutefois le niçois, par ses archaïsmes médiévaux, partage avec le sous-dialecte alpin (gavot) d'autres traits qui ont disparu avec la majeure partie du provençal maritime moderne. Certains traits archaïques dans le maritime sont plus préservés autour de Digne-les-Bains qui se situe en bordure du sous-dialecte alpin, de même dans la partie Ouest des Alpes-Maritimes à cheval entre l'alpin et le niçois.

Pour exemple, traduisons la phrases « Les belles filles jouent tous les jours sur la colline » :

  • en provençal rhodanien : « Li bèli chatas jògan toti li jorns dins la còla | Li bèlli chato jogon tóuti li jour dins la colo » (prononciation : li bèli tsatò dzògou'n touti li dzouR di'ng la kòlò).
  • en provençal maritime : « Lei bèlei filhas jògan totei/toei lei jorns dins la còla | Lei bèllei fiho juegon touei lei jou dins la couelo/coualo » (prononciation : léy bèléy fiyò djüègou'n touéy léy djou di'ng la kwèlò).
  • en nissart : « Li bèli filhas jògan toi lu jorns en la còla | Li beli filha juègon toui lu jou en la couòla » (prononciation : li bèli fiya djœgou'n toui lü djou en la kwòla).

Avant l'arrivée de l'écriture mistralienne, le sous-dialecte maritime possédait une écriture plus différente du rhodanien. Par exemple, les mots actuels de souleu (soleil) et nacien (nation) s'écrivaient en maritime souleou, natien. Les classicistes se baseront sur l'écriture mistralienne pour écrire soleu et nacion. Ils mettront de côté l'utilisation de l'écriture nacien, bien que certains classicistes tendent à le conserver par l'usage.

Le niçardModifier

Article détaillé : niçois.

Le niçois, en niçois niçard ([niˈsaʀt] ou [niˈsaʀte]) se parle à Nice et dans les communes environnantes, bien que vers le XXIème siècle il a tendance à déborder en partie sur les sous-dialectes maritimes et alpins des territoires voisins du fait des migrations humaines. Il a tendance à s'écrire populairement et traditionnellement "nissart" avec l'utilisation d'un double -s alors que les mistraliens et les occitanistes proposent l'utilisation de la -ç pour se rapprocher du -c étymologique (Nicaea) comme ce fut le cas pour Fransa et Provensa qui devinrent França/Franço et Provença/Prouvenço. L'appellation niçard recouvre en fait deux réalités :

  • une réalité linguistique : le dialecte parlé à Nice et dans quelques communes environnantes, rattaché au provençal mais avec des traits particuliers bien identifiés ;
  • une perception géographique et sociolinguistique : les différentes variétés de provençal et de vivaro-alpin parlées dans l'ancien comté de Nice.

Étant donné que le niçois est le dialecte provençal qui a le moins évolué de l'ancien provençal et que ce qui est devenu le Comté de Nice a été séparé pendant un temps du reste de la Provence, il convient de traiter sa question dans une page plus spécifique.

Gavot, provençal alpin, vivaro-alpin…Modifier

Les populations concernées ignorent le nom savant « vivaro-alpin » et considèrent en général leurs parlers comme du provençal alpin, aussi appelé « gavot » ou, comme dans beaucoup de zones rurales occitanes « patois ». Le gavot est un dialecte spécifique du provençal par ses traits nord-occitans (cha au lieu de ca, ja au lieu de ga, … ) mais aussi extrêmement conservateurs (maintien de la consonne finale de l'infinitif, maintien du -a final sans amuïssement, … ). En effet, l'attachement au provençal est plus culturel que linguistique (contrairement au Niçard, bien plus proche linguistiquement du provençal, notamment maritime, mais culturellement distinct), même si les échanges intenses entre Haute et basse Provence ont produit de nombreuses influences mutuelles, décrites en particulier par Victor Gélu qui ont encore rapproché ces deux variétés de provençal.

  • Le gavot se caractérise par une perte des -t- et -d- intervocaliques. Par exemple, Bastita se prononce Bastiya (Bastia), Cibata se prononce Civaya, ou encore Cruda se prononce en Crua.
  • Le -l final se prononce -l et parfois -r.
  • Le -l- en milieu de mot se prononce -r.
  • Le -m final se prononce -m à l'Est et -n à l'Ouest.
  • Le -a final se prononce dans un son ressemblant à un -o à l'Ouest de la vallée de la Vésubie.

Traits distinctifsModifier

La plupart des caractéristiques linguistiques, dont la somme est spécifique du provençal par rapport aux dialectes occitans voisins, apparaissent au XVIIe siècle :

  • diversification des articles définis : singulier (lo (lou)[lu], la) ; pluriel (lei(s), li(s), les, los, las) contre lo, la, los/les, las dans les autres pays d'Oc. Certains classicistes tendent à généraliser l'usage de "lo"[lu] pour "le", de "la" pour "la" et de "lei(s)" pour "les" concernant les dialectes maritimes et rhodaniens. Toutefois, l'usage montre par exemple des occitanistes comme Robert Lafont user de "li(s)" pour "les" et respecte ainsi mieux le dialecte rhodanien tout en respectant les généralités de l'écriture classique.
  • prononciation du -ion final (populacion) en -ien dans le dialecte maritime de la graphie classique. Il est directement écrit -ien en graphie mistralienne et se distingue de -ioun (populacien/populacioun). Certains classicistes tendent à écrire -ien et -ion et pas seulement -ion comme cela est préconisé par certains universitaires.
  • vocalisation des -l finaux en [w] : « soulèu / soleu » pour « soleil » alors que le latin populaire soliculus s'est souvent transformé en conservant le « l » final comme en français et en languedocien (« sau / sau ») pour « sel » (comme en gascon et dans une large partie du nord-occitan)
  • diphtongaison des ò toniques dans une grande partie du domaine (généralisée contrairement au gascon et au languedocien où ce phénomène est localisé)[40]
  • maintien de la distinction entre /v/ et /b/, commune avec le nord-occitan, alors que languedocien et gascon confondent généralement (voir bêtacisme) les deux phonèmes.
  • maintien de la prononciation des /n/ finaux, avec nasalisation partielle de la voyelle antérieure, le phonème n'étant maintenu qu'un nombre relativement petit de termes dans les autres dialectes : pichon > [piˈt͡ʃũᵑ] contre [piˈt͡ʃu] en languedocien.
  • maintien du -r intermédiaire qui remplaça le -l (ex: soldat > sourdat/sordat).

En provençal, la plupart des consonnes finales étymologiques et morphologiques ne sont pas articulées. C'est notamment des marques grammaticales comme les -s du pluriel des noms et des adjectifs, qui disparaissent ou sont remplacées par des -(e)i, contrairement au reste de l'occitan (exemple : « lei bèlei filhas / l(e)i bèll(e)i fiho », le -s final étant amuï)[41].

PrononciationModifier

Article détaillé : Prononciation de l'occitan.

GénéralitésModifier

La lettre -a se prononce comme en français, sauf si elle est atone et en position finale, ce qui produit un son entre le -a et le -o, ressemblant au -o ouvert (ɔ) de "sort". C'est pour cette raison que la graphie mistralienne emploie la lettre -o, et la graphie classique utilise -a. Frédéric Mistral explique à la lettre -o de son dictionnaire que les Niçois peuvent adopter l'utilisation du -o pour remplacer le -a si l'on choisit une écriture phonétique comme celle de Roumanille. Il est également possible de repasser de l'écriture du -o au -a comme le montrent les classicistes. La plupart des chansons contemporaines comportent parfois des erreurs, avec un -o trop prononcé, proche du français -eau.

Le -e se prononce -é. En écriture classique, selon les lettres qui suivent le -e, ce dernier peut se prononcer -i, -u, -a, -é. Pour simplifier cette règle, certains utilisateurs de l'écriture classique appliquent la règle de Roumanille et écrivent Marsilha, fruma, marcat au lieu de Marselha, frema, mercat.

Le -u [y] se prononce comme en français mais se transforme en -ou [u] après une diphtongue (-au, -eu, etc.).

Il faut noter qu'entre la graphie classique et mistralienne, la prononciation orale reste presque la même. Certaines lettres se prononcent toutefois différemment en fonction de la graphie utilisée.

Par exemple, le -o et le -ou [u] se prononcent comme en français dans la graphie mistralienne.

Dans la graphie classique, le -o et le -ó équivalent au -ou [u] français, et le -ò correspond au -o français. Toutefois, le -ò sert également à préciser l'emplacement des diphtongues (oralisées en écriture classique) -oua (varois (sous Mistral cela comprenait l'arrondissement de Grasse)), -ouo (niçois), -oue (Marseille), que ne prononcent pas les rhodaniens qui se limitent à la prononciation classique du -o.

La graphie classique est plus fidèle dans cet exemple aux textes anciens, mais en ancien occitan, la langue des troubadours, les accents ne s'écrivaient sur le -o au Moyen Âge. À l'inverse, la graphie mistralienne est plus proche de l'ancien occitan pour certains termes comme Mars (Marts) ou Laurens (Laurens) que la graphie classique qui écrit Març (Marts) et Laurenç (Laurens).

Spécificités du dialecte alpin ou gavotModifier

La prononciation est très variable par endroits.

Il conserve mieux les consonnes finales muettes y compris le -s du pluriel.

Un -h se rajoute souvent après le -c en début de mot. Ex: Chanter = Chantar (Chantar) alors qu'on l'écrit Cantar (Canta) dans l'écriture sud-provençale.

Spécificités maritimeModifier

Le sous-dialecte maritime est également appelé central ou anciennement marseillais par Frédéric Mistral dans son dictionnaire "Lou Tresor dòu Felibrige". Dans ce dernier ouvrage, il détaille davantage ce sous-dialecte à travers des exemples locaux et notamment des exemples varois pour le distinguer du reste du maritime qui est celui de Marseille. Par exemple, le mot "feuille" (plante) s'écrit en ancien provençal "fuelha" (parmi de nombreuses variantes locales dans tout le Midi de la France - fueilha, fulhia, foelha, etc.). L'écriture classique du provençal écrit "fuelha" alors que l'écriture standard mistralienne l'a phonétisé "fueio", mais dans les deux cas la prononciation reste la même. Que l'on soit en écriture classique ou mistralienne, les deux écritures s'éloignent des réalités sous-dialectales où l'on prononce autour de Marseille "fuio" et dans le Var "fiuelho". Toutefois l'écriture mistralienne tend à laisser plus de souplesse aux écrits sous-dialectaux et populaires alors que l'écriture classique choisit une stratégie de restructuration plus ancienne de la langue en vue de réduire son morcellement pouvant la fragiliser face à des espaces linguistiques plus influents. Cependant, rien n'empêche l'apparition par l'usage d'une écriture classique plus sous-dialectalisé en écrivant "fulha" et "fiuelhia" à la manière "fuio" (marseillais) et "fiuelho" (varois).

Le sous-dialecte maritime comprend des particularités proche du niçois. Par exemple, pour "me/moi", "te", "se", on écrira "mi", "ti", "si" en maritime et en niçois.

La diphtongue du -ò s'effectue à l'oral en -oua dans tout le Var jusqu'à Saint-Laurent-du-Var. Autour de Digne-les-Bains la prononciation est en -ouo comme à Nice. Dans la région marseillaise et aixoise, on retrouve la prononciation en -oue, mais aussi en -ouo et -oua. Ex: Fòrça (écriture classique) ; Fouerço (écriture mistralienne maritime marseillaise), Fouarço (écriture mistralienne varoise). L'écriture classique oralise cette diphtongue spécifique à la Provence (hors sous-dialecte rhodanien) même si certains classicistes choisissent de l'écrire "foarça" ou "foerça"[42].

Avant la codification mistralienne qui écrivit Marseille en Marsiho, les provençaux du sous-dialecte maritime écrivaient Marsillo, lui même provenant de Marsilha/Marselha, revenu dans l'écriture classique en Marselha (prononcé comme en mistralien). "Il est vrai que la plupart des écrivains du dialecte marseillais (maritime) ont, malgré leur respect pour l'orthographe antique, transformé ce lh en ll mouillé."[43]

Le marseillaisModifier

Le varoisModifier

Il se distingue du sous-dialecte maritime de Marseille par la conservation de certaines caractéristiques propre à l'ancien provençal que l'on retrouve encore dans le sous-dialecte alpin de Digne ou du rhodano-alpin plus au nord. Ce maintien plus important d'archaïsmes s'explique aussi par les migrations de population qu'a connu le Var depuis les Alpes-de-Haute-Provence et par les transhumances entre plaines et montagnes. Là où l'écriture standard mistralienne écrit "fueio" pour le mot feuille, lui-même provenant de l'ancien provençal "fuelha", le varois conserve l'écriture et la prononciation de fiuelho (prononcé fœliɔ) (forme moderne de Fœlha). Les classicistes standardisent le terme de l'ancien provençal "fuelha" pour une prononciation identique à "fueio" (fɥejɔ). De ce fait, l'écriture ancienne du -lh simplifiée en partie en -h (Marselha > Marsiho) ou par un -i (fulhar > fuia) rend impossible en provençal classique la prononciation du -lh en [ʎ] présent dans l'écriture mistralienne du languedocien et qui fût autrefois de norme pour l'ensemble de l'ancien occitan. En effet, la prononciation moderne du -lh en provençal s'effectue en [j] ce qui amènerait donc soit à réécrire le mot fiuelho pour correspondre à la prononciation varoise (en fuelia par exemple) soit à apprendre stricto sensu les spécificités de chaque mot. L'idéal respect de l'ensemble des prononciations locales est le gros problème de l'écriture classique qui cherche à réunifier la langue d'oc en oralisant les dialectes le plus possible. A l'inverse, l'écriture mistralienne cherche le plus possible à les préserver, même si cela n'est pas toujours le cas (exemple de la domination du -iéu (riéu) rhodanien sur le -iu (riu qui donna riou dans les noms de lieu francisé) du reste de la Provence), ce qui n'est pas sans créer une multitudes de versions locales d'un même mot.

Le maralpin (ex: varois oriental)Modifier

Le maritime de l'arrondissement de Grasse, est quasi-identique au parler varois. Il se distingue par la conservation de lettres consonantiques finales -c et -p à l'oral. Ou encore par le maintien du -ion/-ioun final que le reste du sous-dialecte maritime écrit -ien en mistralien et -ion (oralisé -ien) en écriture classique.

Spécificités du dialecte nissardModifier

Article détaillé : niçois.

La diphtongue -ò en écriture classique se prononce -ouo mais tend de plus en plus à se prononcer -oua par influence et par les migrations de population à l'Ouest du fleuve du Var vers Nice. Ainsi, on retrouve à Nice Fòrça (écriture classique), qui s'écrit aussi Fouorço et Fouarço en écriture mistralienne. Certains classicistes niçois choisissent de l'écrire "Foòrça" ou "Foarça"[42].

Le niçois conserve mieux les lettres consonantiques finales que les autres sous-dialectes provençaux (maritime et rhodanien) mais dans des proportions inférieures au sous-dialecte alpin qui est plus conservateur dont il prononce par endroits le -s du pluriel.

Le -a final est mieux conservé que dans les autres dialectes dont le son produit une sonorité proche du -o de (pomme) mais bref. L'écriture mistralienne écrit -o pour simplifier, même s'il ne s'agit pas d'un véritable -o. Frédéric Mistral, explique même dans son dictionnaire "Lou Tresor dòu Felibrige" à la lettre -o, que le -a niçois est proche du -o du féminin des autres dialectes du Midi et que les Niçois auraient pu l'adopter. Les classicistes feront l'action inverse en proposant de normaliser l'écriture du -a comme le proposait le Dignois Simon-Jude Honnorat bien avant l'écriture de la norme mistralienne.

Spécificités du dialecte rhodanienModifier

Selon Jean-Pierre Tennevin, le dialecte rhodanien est celui qui, ayant subi le plus d'évolutions et « d'usures phonétiques », présente les sons les plus atténués, les « plus doux » à l'oreille[44].

L'écriture mistralienne ou félibréenne emploie l'écriture de l'article pluriel "les" en "li" alors que la norme classique choisit l'utilisation de "lei" prononcé "li". Cette normalisation classique peut se retrouver dans le livre de grammaire "Gramatica provençala". Toutefois, les auteurs du livre témoignent s'être inspirés de Robert Lafont et Louis Alibert pour codifier l'écriture classique du provençal. Dans leur dictionnaire provençal-français, ils précisent là encore, outre la normalisation qu'ils ont définie, que certains provençaux proposent de conserver des simplifications mistraliennes, tandis que d'autres mettent ces simplifications en action. Dans ses écrits, Robert Lafont conserve l'utilisation du -li que l'on peut retrouver dans "Té tu, té iéu" ; "Dins lo dialòg ont dos òmes se respòndon , lo ieu e lo tu s’escàmbian, ieu vèn tu e d’arebors, mai la bastissa que pòrtan li personas es totjorn la lenga comuna, una organizacion pariera de l’univers"[45].

Codification, standardisation, graphiesModifier

Deux systèmes d’écritureModifier

 
Nom de rue en provençal maritime et en graphie mistralienne
 
Idem avec diphtongue : dóu

Le provençal connaît depuis le XXème siècles deux systèmes d'écriture concurrents qui diffèrent par l'orthographe et, parfois, par les formes orales qu'ils induisent. Pour cette raison, on parle souvent de deux différentes graphies même s'il serait plus exact de parler de normes (incluant chacune une orthographe et des formes orales).

  • La norme mistralienne s'appuie sur une orthographe dite phonétique qui prétend limiter les distorsions entre l'écrit et l'oral. Elle a été initialement mise au point par Joseph Roumanille et promue par Frédéric Mistral dans les années 1850. Elle a été utilisée par le Félibrige dès sa fondation en 1854 (mentionnée dans ses statuts de 1911), ainsi que par des mouvements plus récents comme Parlaren. Elle est utilisée par une grande partie des écrivains, des chanteurs, des enseignants, des institutions locales (affichage public, etc.). Depuis 2006, un Consèu de l'Escri Mistralen (Conseil de l'écrit mistralien), organe interne du Félibrige, a été créé à l'initiative du majoral Bernard Giély. Il a pour tâche de compléter l'œuvre lexicographique de Mistral[46],[47]. On assimile souvent la norme mistralienne à une transcription du rhodanien mais les travaux de Pierre Vouland[48] ont montré de nombreuses différences morphophonologiques entre le rhodanien parlé et le provençal écrit. "Nous rejetons cette lettre (r de l'infinitif), plusieurs consonnes finales et bon nombre de lettres étymologiques, parce que, après mûre réflexion, nous n'avons pu nous résoudre à profondément altérer, et souvent, à détruire complètement le caractère distinctif, la physionomie particulière, la douce harmonie, la délicatesse et la grâce des dialectes d'Arles et du Comtat, en les pliant de vive force à une orthographe savante."[49] de Joseph Roumanille qui exprime son rejet d'une écriture traditionnelle qu'il juge dépassée au profit d'une écriture phonétique qui sera basée en grande partie sur la phonétique française (ex: encourpouracioun est un francisme d'incorporacio (écrit incorporacion en classique) car le -in ancien s'écrit -en en écriture mistralienne puisque c'est sa prononciation française - même chose pour le -o ancien qui se prononçait fréquemment -ou).
  • La norme classique a été définie à partir du XIXe siècle par le provençal Simon-Jude Honnorat, le limousin Joseph Roux et les languedociens Prosper Estieu et Antonin Perbosc. Sa codification a lieu entre 1935, pour le languedocien, par Louis Alibert (Gramatica Occitana segon los parlars lengadocians revue en 1950 par l'Institut d'études occitanes, notamment pour prendre en compte les apports de Joseph Salvat) et les années 1960 pour le nord-occitan, voire la fin du XXe siècle pour l'aranais et l'occitan cisalpin. La graphie classique a été adaptée au provençal moderne par Robert Lafont (1951, 1972) de l'Institut d'Estudis Occitans et complétée, depuis 1996, par le Conselh de la Lenga Occitana (CLO). La norme classique propose une écriture convergente pour tous les dialectes occitans (auvergnat, gascon, languedocien, limousin, provençal et vivaro-alpin). L'Institut d'Estudis Occitans et sa section provençale (le C.R.E.O.-Provença) publient des ouvrages pour la diffuser[50] en Provence. Elle est aussi utilisée dans les écoles bilingues Calandretas implantées dans l'aire du provençal (Orange, Nîmes). Simon-Jude Honnorat fut critique envers les choix des rhodaniens dans leur écriture phonétique. "Ceux qui ont mal à propos substitué l'o à l'a final des substantifs et des adjectifs féminins n'ont pas fait attention qu'ils n'étaient pas conséquents avec eux-mêmes : car lorsqu'ils ont voulu former des mots composés, ils ont, comme toujours, été obligés de revenir au mot non altéré. C'est ainsi qu'en ajoutant la désinence ment (esprit, manière de faire), à regla, par exemple ils ont fait reglament, tandis qu'ils auraient dû écrire ce mot, d'après leurs principes, regloment, parce qu'il est composé de règlo, et de ment, suivant leur orthographe."[43].

Il existe des controverses complexes entre les partisans des deux normes. L'utilisation d'une graphie particulière n'est pas toujours l'indice d'une prise de position dans le débat sur la reconnaissance de la langue provençale ou du provençal comme dialecte occitan. Malgré ces oppositions, il y a aussi des actions unitaires. [51].

Si la norme mistralienne domine dans l'ensemble de l'espace Provençal et vivaro-alpin, à hauteur de 90 à 95 % (Blanchet 2002)[pertinence contestée], à l'est du Vidourle, c'est la norme classique qui prédomine dans des proportions semblables.

De fait, même si en Provence, l'utilisation de la norme classique plus savante et plus unitaire à l'écrit que celle de Roumanille est en croissance, la graphie mistralienne reste encore l'usage majoritaire du fait de facteurs traditionnel et culturel.

Pour chacune des deux normes, il existe, d'une part, des attitudes favorables à la stabilité de la norme et, d'autre part, des attitudes qui encouragent un usage flottant, localiste et/ou individualiste (en rupture avec la norme). On trouve aussi des partisans de la standardisation (standards régionaux) et des partisans d'une polynomie, à la corse, voir encore des utilisateurs qui tendant phonétiser davantage l'écriture classique afin d'avoir une écriture intermédiaire entre les deux normes dans le but d'éviter certaines règles trop complexes.

Avant l'apparition de l'écriture classique ou mistralienne, dont la dernière est une codification basée sur le provençal rhodanien alors que la première est basée sur l'ancien provençal qui est plus unie, d'autres auteurs avaient déjà participé à un recensement des différents mots utilisés en occitan autrefois appelé provençal. Par exemple, il y aura Simon-Jude Honnorat qui dans son dictionnaire provençal-français écrivit les mots en provençal de son époque ainsi que quelques mots retrouvés dans l'ancien provençal. Aujourd'hui, si on devait écrire le premier paragraphe de la déclaration universelle des droits de l'homme dans le provençal au temps d'Honnorat, il donnerait le texte suivant selon les dialectes provençaux (soit une forme intermédiaire entre classique et mistralien) : "Touteis/toutis/toutes lei/li/les/lous persounas naisson liures e/et egalas en dignitat/dignetat e en drech. Soun doutadas de rasoun e de counsciença e li fau agir entre eli embe/ambe/ame esperit/espirit/esprit de fraternitat.". On remarque également une forme ressemblant au niçois mistralien moderne. D'ailleurs, comme le disait Jean-Pierre Tennevin, le niçois est le dialecte provençal qui a la forme la plus proche de l'ancien provençal (même si l'écriture classique est bien plus proche encore)[52]. Alors qu'il était partisan de ce système graphique, Frédéric Mistral par la pression de Joseph Roumanille[53] finit par opter pour l'écriture dite mistralienne car phonétique afin de faciliter l'apprentissage de la langue du Midi par la suppression de la majorité des lettres muettes et la transformation de certaines en cohérence à la prononciation. C'est en partie par ce choix graphique que certains partisans de la renaissance oc choisissent de faire sécession du Félibrige pour fonder le S.E.O.. Ils y développeront l'écriture classique en se basant sur les recherches de Simon-Jude Honnorat, sur le dictionnaire de Frédéric Mistral pour adapter l'écriture ancienne aux évolutions du temps tout en réaffirmant l'unité de la langue et en choisissant une plus grande oralisation des dialectes même si les distinctions écrites sont toujours présentent et parfois-même amplifiées par des usages populaires souhaitant faire un mélange avec l'écriture mistralienne. Outre son aspect traditionaliste, l'écriture classique c'est également inspiré de l'écriture des catalans en adoptant l'utilisation du -ç en lettre finale et en le généralisant à l'initial comme en milieu de mot. (Mars/marts (mistralien et ancien provençal) > Mars/Marts/Març (classique selon les cas)).

Extrait biographique[54] de Simon-Jude Honnorat par René Merle qui montre un homme passionné par son dialecte et la langue des troubadours et qui finira blessé par le rejet des bas-provençaux de son écriture jugé trop savante même si en réalité elle l'est nettement moins que l'écriture classique contemporaine : "En 1840 , HONNORAT s'adresse à l'ensemble des sociétés savantes et académies méridionales , et à travers elles aux élites culturelles , religieuses , administratives , des pays d'Oc. Il présente son énorme travail sur le dictionnaire , les perspectives qu'il ouvre dans la reconnaissance de la langue d'Oc comme langue de la vie quotidienne et de la culture pour plus de dix millions de français , vivant dans quelque 35 départements . Honnorat récoltera surtout de l'indifférence , il en sera grandement déçu et affligé. Il en va de même dans ses rapports avec les premiers "renaissantistes" provençaux. Certes , une poignée d'érudits ont été gagnés à la graphie classique. Mais dans les années 1840 se groupent autour du "Boullabaisso" de DESANAT nombre d'auteurs d'extraction petite-bourgeoisie ou populaire , extrêmement divers, dans les registres, dans leurs choix graphiques : leur désir d'être lu par le peuple va à des solutions de simplification graphique qui annoncent les choix félibréens, d'autant que pour beaucoup le retour à la graphie classique apparaît comme un retour à l'archaïsme conservateur.", "Il meurt désespéré et isolé en 1852. Un an plus tard, pourtant le congrès des Poètes Provençaux , à Aix , adoptait quasi officiellement un retour à une graphie classique qui n'aurait pu que réjouir HONNORAT. C'était compter sans ROUMANILLE et ses amis, qui , en 1854, se retirent de l'entreprise pour fonder le Félibrige provençal. Dès lors , la querelle fera rage entre les disciples d'HONNORAT , comme Damase ARBAUD le Manosquain , et le jeune Félibrige, partisan d'une graphie qu'il estime dans sa simplification plus apte à être comprise par les Provençaux, et au premier chef par les Rhodaniens. HONNORAT pâtissait ainsi d'un double refus provençal , refus de la langue de la montagne , arbitrairement dévalorisée par rapport aux parlers de la basse-Provence , refus de ses choix graphiques , jugés trop savants et compliqués. Un siècle et demi après, HONNORAT nous apparaît comme la métaphore de l'aliénation linguistique et de l'aspiration à la désaliénation. Dans sa jeunesse, HONNORAT renie son parler natal pour mieux accéder au français. C'est en français et par le français que le jeune fils de paysan pourra s'instruire , faire carrière , voyager... A l'âge d'homme , il retourne à ce patois qu'il érige en langue d'Oc, forte de son passé prestigieux et de son espace immense. Mais que faire de cette langue condamnée à n'être plus parlée que par les paysans , et bientôt plus parlée du tout , quand ce destin , privé de soutien officiel , ne dépend plus que de ses défenseurs ?"

Comparaisons entre les différentes normesModifier

Orthographe identique, forme orale identiqueModifier

français En graphie mistralienne En graphie classique Prononciation (API)
ciel cèu cèu [ˈsɛw]
grand grand grand [ˈgʀaⁿ]
naturel naturau naturau [natyʀaw]

Orthographes différentes, forme orale identiqueModifier

français En graphie mistralienne En graphie classique Prononciation (API)
avril abriéu abriu [aˈbʀiw, aˈbʀjew]
boire béure beure [ˈbewre]
eau aigo aiga [ˈajgɔ]
femme femo, fremo femna, frema [ˈfeⁿnɔ, ˈfemɔ, ˈfɾemɔ ]
feu fiò / fue fuòc / fuec [ˈfjɔ] [ˈfɥe]
honneur ounour onor [uˈnuʀ]
hommes (pl.) ome òmes [ɔme]
jour jour jorn [ˈdʒuʀ, ˈdzuʀ]
ligne ligno linha [ˈliɲɔ]
manger manja manjar [maⁿˈdʒa]
Mireille Mirèio Mirèlha [miˈrɛjɔ]
Nice Niço (Niça, Nissa) Niça [ˈnisɔ (ˈnisa)]
occitan óucitan occitan [u(w)siˈtaⁿ]
Occitanie Óucitanìo (maritime: Óucitanié) Occitània (maritime : Occitaniá) [u(w)siˈtanj], [u(w)siˈtanie]
petit pichoun pichon [piˈtʃuⁿ]
Provence Prouvènço Provença [pʀuˈvɛⁿsɔ]
provençal prouvençau provençau [pʀuveⁿsˈaw]
terre terro tèrra [ˈtɛʀɔ]
taille taio talha [ˈtajɔ]
proximité proussimita proximitat [prusimita]
étoile estello estèla [ɛstɛlɔ]
étoilé estela estelat [ɛstela]

Le changement du -ou vers le -o s'explique par l'utilisation du -o d'origine qui se prononçait dans un son proche du -ou est qui finit par le devenir avec la francisation de l'écriture du provençal[55]. De même pour le -a final qui est muet devant une voyelle et après un -i, et presque muet devant une consonne, s'est écrit au fil des siècles par un -a (maintenu à Nice) puis par un -e (temporairement à Marseille) avant de redevenir un -o (normalisation de l'écriture mistralienne mais accepte les écritures avec -a et -e)[56].

la diphtongue -iéu (jew) en écriture mistralienne a été déclarée standard par le Felibrige vis à vis de l'écriture traditionnelle -iu donnant le son (iw). On retrouve la prononciation l'utilisation du -iéu principalement dans les Bouches-du-Rhône entres Arles et Marseille alors que le reste de la Provence conserve encore l'écriture -iu. En français, les termes de riéu et riu donnent respectivement rieu et riou (exemple : nom d'un quartier de Cannes). L'écriture classique choisie de standardiser -iu et d'oraliser le son -jew.

Le choix du -e est là encore une francisation car comme l'explique Simon-Jude Honnorat dans son dictionnaire, "Mountagna" se prononce "Mountagne". Les rhodaniens de Roumanille, en voulant imposer à la Provence la norme d'écriture du Rhône, auquel était opposé, à ses débuts, Mistral qui voulait choisir celle d'Honnorat[57], on remis à l'ordre du jour le -o à la place du -e. En réalité, le -o final peut-être remplacé par un -a, tout comme Mistral expliquait que le -a niçois pouvait s'écrire comme le -o provençal car la prononciation était similaire[58]. Le -a final ne se prononce plus comme le -a d'origine mais produit un son -a bref et presque muet qui ressemble au -o de "sort", "pomme". Devant une voyelle ce -a/-o ne se prononce pas.

Les diphtongues -nh et -lh sont typiquement présentes dans l'ancien provençal puis ont été abandonnées par francisation et italianisation au profit du -gn et du -ll/-i/-lh. En revanche, au Moyen Âge, le -nh et le -lh du Midi se sont exportés dans d'autres langues comme le portugais[55]. Avant la réforme de Roumanille, les dialectes du marseillais (ancien nom du maritime) employait -ll qui fût remplacer par -i, c'est ainsi que l'on écrivait Marsillo devenu Marsiho, qui ne sont que des altérations du mot d'origine Marselha que certains écrivent Marsilha[59].

Dans l'écriture classique, la règle du -e est la plus savante de toutes car selon les lettres qui la suivent[60], elle se prononce -é (soleu), -i (Marselha), -u (frema), -a (mercat). Certains occitanistes pour éviter d'avoir recours à cette règle tendent à ne pas oraliser la prononciation dialectale mais à l'écrire selon les préconisations de Roumanille mélangée à l'écriture classique et ainsi écrire : soleu, Marsilha, fruma, marcat. Cependant, ces modifications populaires varient suivant l'usage de chacun mais tendent à se conformer aux simplifications apportées par l'écriture mistralienne.

Les occitanistes sur-utilisent le -ç en l'incorporant à l'initial et à la finale des mots, c'est ainsi que Laurens devient Laurenç ou encore Mars devient Març (mois), mais se conserve pour dimars (mardi) et Mars/Marts (Dieu). Les occitanistes n'utilisent pas tous le choix du -ç, tout comme certains ne remettent pas tous les -ts et tz finaux qui se prononcent -s[59]. D'autres choisissent de supprimer la lettre -ç et reviennent au -s, c'était le cas des classicistes provençaux qui ont pendant un temps écrit "Provensa" selon la forme médiévale[61] avant de repasser à "ç" (exemple d'évolution du mot Provence: Provincium > Provensa > Provenço > Provença).

On note aussi dans l'espace maritime que certaines personnes choisissent d'écrire -ien au lieu de -ion[62] (normalisation de l'écriture classique qui peut aussi se prononcer -ian localement)[60] car on écrit et on prononce traditionnellement -ien ce sous-dialecte à l'exception de l'arrondissement de Grasse qui conserve comme les sous-dialectes niçois et rhodanien la prononciation -ioun qui s'écrit -ion/ioun selon les graphies.

En finalité, l'objet de la graphie classique vise à une plus grande unité de l'écriture de la langue d'oc par l'oralisation de ses dialectes et sous-dialectes, ce qui est l'exacte inverse de la graphie mistralienne.

Orthographes différentes, formes orales différentesModifier

français En graphie mistralienne, prononciation (API) En graphie classique, prononciation (API)
août avoust [aˈvus] avost [aˈvus] ou aost[63] [aˈus]
janvier janvié [dʒaⁿˈvie] genier [dʒeˈnje] (aussi "genoier" et "janvier" (francisme))
juillet juliet [dʒyˈlje], varoise, alpine: juiet [dʒyˈje] julhet [dʒyˈje]
machine machino (francisme) [maˈtʃinɔ] maquina [maˈkinɔ]
particulier particulié (francisme) [paʀtikyˈlje] particular [paʀtikyˈlaʀ]
service service (francisme) [seʀˈvise] servici [seʀˈvisi]
téléphone telefone (francisme) [teleˈfɔne] telefòn [teleˈfɔⁿ]

Noms de lieuxModifier

français provençal (graphie mistralienne) provençal (graphie classique)
Aigues-Mortes Aigo-Morto Aigas Mòrtas
Aix Ais de Prouvènço, (z-)Ais Ais de Provença, (z-)Ais
Antibes Antibo Antíbol
Arles Arle Arle
Apt Ate Ate
Aubagne Aubagno Aubanha
Avignon Avignoun Avinhon
Barcelonnette Barcilouno, Barcilouneto Barcilona, Barciloneta
Briançon Briançoun Briançon
Brignoles Brignolo Brinhòla
Cannes Cano Canas
Cavaillon Cavaioun Cavalhon
Digne Digno Dinha
Draguignan[64] Draguignan Draguinhan
Eguilles Aguio Agulha
Forcalquier Fourcauquié Forcauquier
Fréjus Frèju Frejús
Grasse Grasso Grassa
Hyères Iero Ieras
La Ciotat La Ciéutat, La Cióutat La Ciutat
Manosque Manosco Manòsca
Marseille Marsiho Marselha
Martigues Lou Martegue Lo Martegue
Menton Mentoun, Mentan Menton, Mentan
Montélimar Mounteleimar Montelaimar
Montfavet Mountfavet Montfavet
Mougins Mougins Mogins
Nice Niço (pr. locale [ˈnisa]) Niça
Nîmes Nime Nimes
Ollioules Ouliéulo Oliulas
Orange Aurenjo Aurenja
Saint-Rémy Sant-Roumié Sant Romieg
Saint-Tropez Sant-Troupés Sant Tropetz
Salon-de-Provence Seloun Selon
Solliès-Ville Souliés-Vilo Soliès-Vila (Soliers (forme ancienne))
Sisteron Sisteroun Sisteron
Toulon Touloun Tolon
Valence Valènço Valença

ExpressionsModifier

Voici quelques expressions usuelles (graphie mistralienne / graphie classique):

  • Bono annado, bèn granado e bèn acoumpagnado / Bòna annada, ben granada e ben acompanhada. En français : bonne année, bien prospère, et bien accompagnée (de santé).
  • Se fai pas lou civié avans d'avé la lèbre. / Se fai pas lo civier avans d'aver la lèbre. En français, littéralement : On ne fait pas le civet avant d'avoir le lièvre. Soit l'équivalent du proverbe français : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué (Jean de La Fontaine, livre 5, fable 20 L'ours et les 2 compagnons).
  • Fa(i) de bèn a Bertrand te/ti lou rendra en cagan / Fa(i) de ben a Bertrand , te/ti lo rendrà en cagant. En français : fais du bien à quelqu'un, et il t'envoie promener. Assemblage de faire, bien, à, Bertrand, il, te, le, rendre, en et caguer. D’après "le Parler Marseillais", ce proverbe n’avait rien de vulgaire à l’origine car c’était, avant de faire tomber le " r " : "Faï dè ben a Bertrand, té lou rendi en cargant" (= en accablant).
  • Proverbe provençal : "Arles en France, Aix en Provence, Nice en barbarie"[65]

Mots français d'origine provençaleModifier

De nombreux mots d'origine provençale ont migré vers le français. Il est souvent difficile de savoir précisément quels sont ces termes car les philologues et leurs dictionnaires étymologiques emploient souvent le terme de provençal, en lui donnant le sens de langue d'oc, pour qualifier l'origine d'un mot. Le contact intense entre le provençal et le français (répandu en Provence entre 1880 et 1950) a produit un français particulier à la Provence, très célèbre (film de Pagnol par exemple) et parfois stéréotypé, de sa prononciation (l'accent provençal et marseillais) à son vocabulaire, sa grammaire et ses modalités d'interactions[66].

Quelques exemples :

  • balade et ballade : balado / balada (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; danse)
  • s'esclaffer : esclafa / esclafar (éclater)
  • mascotte : mascoto / mascòta (sortilège)
  • qu'es acò (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; à l'orthographe fluctuante par méconnaissance de son origine : par exemple, kézaco) : Qu'es acò ? / Qu'es aquò ? (Qu'est-ce que c'est ?)

Dans l'architecture :

  • mas : mas / mas (ferme)

Dans le domaine maritime :

  • cale : calo / cala (crique)
  • dorade : daurado / daurada, littéralement, la "dorée" (mot présent dans d'autres dialectes occitans)
  • supion : supioun / sepion/supion (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; petite seiche)

Les mots ayant une relation à la nourriture:

  • anchoiade : anchouiado / anchoiada
  • bouillabaisse :bouiabaisso / bolhabaissa
  • mesclun : mesclun / mesclum (d'après le verbe mesclar qui signifie mélanger)
  • salade : salado / salada, "salée" (mot présent dans d'autres dialectes occitans)
  • tapenade : tapenado / tapenada, de tapeno / tapena, signifiant "câpre".
  • tian (terrine qui a donné son nom au plat de légumes passés au four) : tian
 
Entrée prouvençau dans le trésor du Félibrige
 
Entrée oucitan dans le trésor du Félibrige

Le domaine de la faune et de la flore méditerranéenne :

  • abeille : abiho / abelha (mot occitan général)
  • garrigue : garrigo / garriga plantation de chêne kermès (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; appelé garric en provençal)

Les sens de provençal, langue d'oc et d'occitanModifier

Le sens du mot provençal est contingent à la période historique dans laquelle il est employé. Selon le contexte ou l'époque, il signifie langue d'oc ou l'idiome parlé en Provence. Ainsi, dans le premier cas l'auvergnat ou le limousin sont du provençal mais pas dans le second.

Le terme proensales est utilisé au XIIIe siècle par les écrivains italiens désignant la langue parlée dans la moité sud de la France, faisant référence aux provinciæ romana de l'Empire romain qui désignait la Gaule méridionale. D'autres appellations sont employées ensuite, le limousin par les catalans, la langue d'oc par Dante, le catalan par les savants du XVIIe siècle, ou celle très peu usitée de mondin inventée à Toulouse[67].

Au XIXe siècle les romanistes à la suite de Raynouard et jusqu'à Anglade, reprennent le terme provençal par généralisation pour, à la fois désigner l'occitan des troubadours en tant qu'« ancien provençal », et l'occitan moderne dans son ensemble. Mais ce terme introduisait une ambiguïté avec le parler de la Provence, l'occitan troubadouresque n’étant pas apparu en Provence, et ayant plus d’analogies avec le languedocien ou le limousin.

Lorsque Frédéric Mistral publie Lou Tresor dóu Felibrige, dictionnaire de la langue d'oc moderne en deux volumes, il comprend le terme provençal comme une acception du terme langue d'oc ; en sous-titre du dictionnaire, il précise : Dictionnaire provençal-français, embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne, soit, comme il est mentionné dans la note 1, tous les mots usités dans le Midi de la France. Il y écrit qu'óucitan (qu'il traduit par occitain ou occitanien) est synonyme de «languedocien» ou de «méridional» et renvoie à «langue d'oc»[68].

Actuellement, l'usage chez les linguistes est d'utiliser le mot provençal spécifiquement pour la variante parlée en Provence et la formule langue d'oc ou occitan pour parler de la langue dans son ensemble.

CorpusModifier

  • Trésor de la langue d’Oc L’association Ciel d’Oc a numérisé de nombreuses œuvres littéraires ainsi que des périodiques en occitan, surtout en provençal, et les a mis à disposition avec la collaboration de l’Université de Provence.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Si l’on considère le vivaro-alpin comme un sous-dialecte provençal
  2. « Il existe aussi une variante d’occitan monégasque autochtone (quartier du Port à la Condamine et de Saint Roman) - dite patois - qui est appelée moneguier. » (René Anfosso, locuteur de moneguier, p. 51 in Laurenç Revest, Nissa e Occitània per Garibaldi. Anthologie garibaldienne d’Oc, Nice: Serre. 2008. 212 p.)
  3. Enquête sur les langues régionales lors du recensement de 1999. Plus que 100 000 locuteurs de provençal ?
  4. a b c et d code générique
  5. Declaracioun Universalo di dre de l’ome
  6. Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes. Introduction aux études de linguistique romane, De Boeck, 2e édition, 1999,
  7. La langue se divise en trois grandes aires dialectales : le nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), l’occitan moyen, qui est le plus proche de la langue médiévale (languedocien et provençal au sens restreint), et le gascon (à l’ouest de la Garonne). in Encyclopédie Larousse
  8. On distingue plusieurs aires dialectales au sein même de l’occitan. […] À l’est du gascon et au sud du nord-occitan, une troisième aire, l’occitan moyen, comprend le languedocien, le provençal et le niçard (Nice). Le provençal se particularise notamment par des traits grammaticaux résultant de la disparition des consonnes finales. in Encarta « Copie archivée » (version du 3 octobre 2009 sur l'Internet Archive)
  9. Moseley, Christopher (ed.). 2010. "langues de France", Atlas interactif UNESCO des langues en danger dans le monde, 3e édition, en ligne.
  10. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, au mot "dialeite", 1878, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=dialeite
  11. Référence bibliographique de l'universitaire Guy Martin, https://data.bnf.fr/fr/12242967/guy_martin/
  12. Référence bibliographique de l'universitaire Bernard Moulin, https://data.bnf.fr/13522702/bernard_moulin/
  13. Guy Martin, Bernard Moulin, Grammaire provençale (écriture classique)
  14. « http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?pg=00206 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  15. UNESCO, Atlas des langues en péril dans le monde, p. 29. La partie européenne de cet atlas, réalisée par le linguiste finlandais Talpani Salminen, spécialiste du finno-ougrien, individualise les différents dialectes de la langue d'oc. L'UNESCO, dans d'autres publications, et le Summer Institute of Linguistics, dans la norme ISO 639-3, rendent compte parallèlement d'une unité de la langue d'oc dans sa diversité.
  16. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Félibrige, 1878, vu au mot "dialeite" au lien suivant : https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=dialeite
  17. Sur l’espace couvert, voir l’article de Danièle Dossetto. "La langue comme clé mais d’autres clefs que la langue : douze ans de recompositions mistraliennes en Provence‑Alpes‑Côte‑d’Azur". Lengas no 72, 2016. p. 51-82. lire en ligne
  18. Il s'appuie sur la thèse de Philippe Blanchet, Le provençal, essai de description sociolinguistique différentielle, Peeters, 1992, qui compile un certain nombre de théories sociolinguistiques mettant en avant « la conscience linguistique et les usages effectifs des locuteurs et des institutions », tout en en rejetant d'autres (comme la notion de diglossie)
  19. Ph. Blanchet, op.cit. Stephen Wurms, dans l'Atlas des langues en péril dans le monde, UNESCO, 1996 et sa réédition en ligne, 2009, ne distingue pas le provençal de l'occitan mais de l'ensemble des dialectes d’oc : auvergnat, gascon, languedocien, limousin et vivaro-alpin.
  20. a b et c Frédéric Mistral, La lenga provençala o lenga d'Oc, IEO de Paris, no 106
  21. Salvat Joseph. "Provençal ou occitan ?". In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 66, No 27, 1954. Hommage à la mémoire d’Alfred Jeanroy. p. 229-241. Consulté le 20 août 2015.
  22. Lou Felibre de Bello Visto (pseudonyme de F. Mistral), "La lengo prouvençalo o lengo d'O", Armana Prouvençau, 1856. Réédition Frederic Mistral, "La lenga provençala o lenga d'Òc", Documents per l'estudi de la lenga occitana no 106, Paris: IEO París, 2016.
  23. Dictionnaire d’Honnorat en ligne
  24. Le Trésor du Félibrige en ligne
  25. Jules Ronjat, Mâcon, 1913 Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes en ligne
  26. Jules Ronjat, Montpellier, Société des Langues Romanes, 1930-41. Dans sa grammaire J. Ronjat définit aussi, au tome IV, le provençal comme dialecte (A, dans sa nomenclature).
  27. Constanze WETH. « L'occitan / provençal ». Manuel des langues romanes, Edited by Klump, Andre / Kramer, Johannes / Willems, Aline. DE GRUYTER. 2014. Pages: 491–509. ISBN (lire en ligne): 9783110302585
  28. «Qu’est-ce que le Midi ? Une vaste région qui se caractérise d’abord par l’existence de ce qu’on peut appeler les pays d’oc, c’est-à-dire de langue provençale ou occitane.» Emmanuel Le Roy Ladurie. "Portrait historique de la France du Sud". L’’Histoire, no 255 (juin 2001). p. 34. (lire en ligne)
  29. mention sur le site Prouvènço presso
  30. texte sur le site de l'IEO Provence
  31. Rapport Assemblée plénière Conseil régional 24-06-2016.
  32. "Circulaire n° 2017-072 du 12-4-2017 relative à l'enseignement des langues et cultures régionales"
  33. "Liste des académies et collectivités dans lesquelles peuvent être subies les épreuves obligatoires de langues vivantes autres qu'allemand, anglais, espagnol et italien à la session 2009 du baccalauréat général et du baccalauréat technologique", arrêté du 19-2-2009 - J.O. du 20-3-2009.
  34. Limite de la langue dans Le provençal. Essai de description..., op. cit.
  35. Philippe Blanchet, « Frontières historiques et culturelles », dans Zou, Boulégan ! Expressions familières de Marseille et de Provence, Éditions Bonneton, 2000.
  36. Pierre Bec, Manuel pratique d'occitan moderne, Picard, 1983
  37. Robert Lafont, L'ortografia occitana. Lo provençau, Montpellier, CEO, 1972
  38. Philippe Blanchet, Le provençal: essai de description sociolinguistique et différentielle, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1992
  39. Dans les programmes de langue régionale et aussi par exemple à l'Université de Nice
  40. aranais ues pour òs, rouergat /pouorto/ pour /porto/
  41. Le languedocien ne note pas la vocalisation du -s du pluriel en /j/, qui est pourtant fréquente : « lai beloi filjos ». L'aranais note les pluriels en -i : « es aranesi ».
  42. a et b Tableau comparatif entre graphie classique et mistralienne, Dictionnaire provençal-français, CREO-ESCOMESSA
  43. a et b Joseph Roumanille, De l'orthographe provençale, La part dau boun diéu, 1853
  44. Jean-Pierre Ténnevin, « Les dialectes provençaux », sur ina.fr, , p. 4m15-5m
  45. Robert Lafont, Té tu, té iéu, https://www.cieldoc.com/libre/integral/libr0084.pdf
  46. Annonce dans Prouvènço d'aro
  47. Page sur le site du Félibrige
  48. Pierre Vouland, Du provençal rhodanien parlé à l'écrit mistralien, précis d'analyse structurale et comparée, Aix-en-Provence, Edisud, 2005, 206 pages.
  49. Joseph Roumanille, Glossaire provençal-français, Li Prouvènçalo, 1852
  50. MARTIN Guy, & MOULIN Bernard (2007) Grammaire provençale et atlas linguistique, Aix-en-Provence: Comitat Sestian d’Estudis Occitans / Centre Regionau d’Estudis Occitans-Provença / Edisud [1re éd. 1998].
  51. Danièle Dossetto, « La langue comme clé mais d’autres clefs que la langue : douze ans de recompositions mistraliennes en Provence‑Alpes‑Côte‑d’Azur », Lengas, no 72 - Aspects idéologiques des débats linguistiques en Provence et ailleurs,‎ (DOI 10.4000/lengas.114, lire en ligne).
  52. Les dialectes provençaux, André Aries, France Régions 3 Marseille, http://www.ina.fr/video/RAC02006484
  53. Correspondance Mistral-Roumanille / Frédéric Mistral, Mistral, Frédéric (1830-1914). Auteur du texte, Culture provençale et méridionale (Raphèle-les-Arles), 1981, p.130
  54. http://jc.clariond.free.fr/biographies/honnoratSJRM.html
  55. a et b Joseph Anglade, Grammaire de l'ancien provençal ou ancienne langue d'Oc, 1921, p.20 Graphie et Prononciation, Chapitre 1, Première partie Phonétique
  56. Philippe Blanchet, le provençal, essai de description sociolinguistique et différentielle, Institut de Linguistique de Louvain, 1992, p.245 à 255
  57. Graphie de l'occitan, Université de Montpellier 3, https://www.univ-montp3.fr/uoh/occitan/une_langue/co/module_L_occitan_une%20langue_11.html
  58. Frédéric Mistral, détails sur la lettre -o, Lou Tresor dou Felibrige, 1878, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=o
  59. a et b Guy Martin, Bernard Moulin, dans la partie qui distingue les différences entre écriture mistralienne et classique et montre des exemples de simplifications de l'écriture classique par usage populaire, Dictionnaire provençal-français (Diccionari provençala-francés)
  60. a et b Guy Martin et Bernard Moulin, Grammaire provençale (Gramatica provençala), CREO-Provença, 2007
  61. Jean Laffite, Pau en Occitanie ?, lire la page 2 d'une carte de la Société d’études occitanes (S.E.O. - ancêtre de l'IEO) datant de 1932 qui reprend le terme médiéval de "Provensa" avant la normalisation en "Provença" par le CREO-Provença, 2011, http://www.institut-bearnaisgascon.com/wp-content/uploads/2011/11/Pau-en-Occitanie-_.pdf
  62. Aquo d'Aqui, magazine provençal d'expression classique et mistralienne, exemple d'utilisation populaire du -ien pour remplacer le -ion, https://www.aquodaqui.info/
  63. Elie Lebre, Guy Martin, Bernard Moulin, Dictionnaire de base français-provençal, CREO-IEO-Provença, 2004, page 10
  64. Pour l'origine étymologique provençale de noms de rues de cette ville, consulter Liste des rues de Draguignan.
  65. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, mot "Niçard", https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=ni%C3%A7ar
  66. Philippe Blanchet, Le parler de Marseille et de Provence, dictionnaire du français régional, Éditions Bonneton, Paris, 2004 (version revue et corrigée du Dictionnaire du français régional de Provence, Paris, Bonneton, 1991) et Zou boulégan ! Expressions familières de Marseille et de Provence, Paris, Bonneton, 2000
  67. Pierre Bec, La langue occitane p. 63-64
  68. Lou Tresor dóu Felibrige p. 431 du volume 2

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Ouvrages généraux sur le provençalModifier

Ouvrages lexicographiques sur le provençalModifier

Général
  • Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige: Dictionnaire provençal-français, Aix en Provence: Remondet-Aubin [rééd. 1932, Paris: Delagrave] [rééd. 1968, Aix-en-Provence: Edicioun Ramoun Berenguié] [rééd. 1979, Aix-en-Provence: Edisud, 2 vol.]
  • Élie Lèbre, Guy Martin, Bernard Moulin, Dictionnaire de base français-provençal / Diccionari de basa francés-provençau, Aix-en-Provence: CREO Provença / Edisud, 2004 (1re éd. 1992)
  • Jòrgi Fettuciari, Guiu Martin, Jaume Pietri, Dictionnaire provençal-français / Diccionari provençau-francés, Aix-en-Provence: Edisud / L’Escomessa / CREO Provença, 2003.
  • Jules Coupier, Dictionnaire français-provençal, Aix, Edisud, 1512 p., 1995. Grand Prix Littéraire de Provence 1996.
Maritime
  • Philippe Blanchet, Dictionnaire fondamental français-provençal. (Variété côtière et intérieure), Paris, éditions Gisserot-éducation, 2002. Présentation et aperçu partiel
Niçois
  • Georges Catellana, Dictionnaire français-niçois, 1952 [rééd. Éditions Serre, Nice, 2001]
  • Georges Castellana, Dictionnaire niçois-français, 1947 [rééd. Éditions Serre, Nice, 2001]
  • Jean-Baptiste Calvino, 'Nouveau dictionnaire niçois-français, Nice: Imprimerie des Alpes Maritimes, 1905 [rééd. 1993 sous le titre: Dictionnaire niçois-français, français-niçois, Nîmes: Lacour]
Rhodanien
  • Jules Coupier, (collab. Philippe Blanchet) Dictionnaire français-provençal / Diciounàri francés-prouvençau, Aix en Provence: Association Dictionnaire Français-Provençal / Edisud, 1995.

Grammaires / manuelsModifier

  • Alain Barthélémy-Vigouroux & Guy Martin, Manuel pratique de provençal contemporain, Aix-en-Provence, Édisud, 2000
  • André Compan, Glossaire raisonné de la langue niçoise, Éditions Tiranty, Nice, 1967, [rééd. Éditions Serre, Nice, 1982]
  • André Compan, Grammaire niçoise, Éditions Tiranty, Nice, 1965, [rééd. Éditions Serre, Nice, 1981]
  • Bruno Durand,Grammaire provençale, Aix-en-Provence, 1923, [6e édition, Marseille, 1983]
  • Guy Martin et Bernard Moulin, Grammaire provençale et atlas linguistique, Aix-en-Provence, Comitat Sestian d'Estudis Occitans / C.R.E.O Provença / Édisud, , 2e éd. (1re éd. 1998), 193 p. (ISBN 978-2-9530712-1-4)
  • Jules Ronjat, Grammaire istorique [sic][1] des parlers provençaux modernes, 4 vol., Société des langues romanes, Montpellier, 1930-1941, [rééd. Slatkine Reprints, Genève et Laffitte Reprints, Marseille, 1980, 2 vol.]
  • Philippe Blanchet & Médéric Gasquet-Cyrus, Le Marseillais de poche, Chennevières/Marne, Assimil, 2004
  • Philippe Blanchet, Parle-moi provençal, méthode d’auto-apprentissage du provençal, Chennevières, Assimil, 2010, 230 p. + 2 CD.
  • Reinat Toscano, Gramàtica niçarda, sl.: Princi Néguer, 1998
  • Savinian, Grammaire provençale, Collection Rediviva, Lacour S.A., Nîmes, 1991
  • Virgine Bigonnet, Simon Calamel et Philippe Blanchet, Le Provençal de poche, Chennevières/Marne, Assimil, 2005

Ouvrages sur le provençal et sa place dans les langues romanesModifier

  • Charles Camproux, Les Langues romanes, Paris, Presses Universitaires de France, 1974, 126 pages.
  • Pierre Bec, La langue occitane, coll. « Que sais-je ? », no 1059, Paris, Presses Universitaires de France, 1995 (1re édition 1963)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  1. Ronjat écrivait sans "h" initial: "les ommes", "l'istoire", "istorique", etc.