Provençal

dialecte occitan
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Provençal
Prouvençau / Provençau
Pays France, Italie[1], Monaco[1],[2]
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Auvergne-Rhône-Alpes (« Drôme provençale » et Trièves), Occitanie (« Gard provençal »), Province de Turin, Province de Coni, Guardia Piemontese (Province de Cosenza en Calabre)
Nombre de locuteurs De 100 000[3] à 500 000
Écriture Alphabet occitan
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-1 oc[5]
ISO 639-2 prv[6]
ISO 639-3 oci-prv [7]
IETF oc-provenc[4]
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

  • Graphie classique (alpin) : Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drechs. Son dotaas de rason e de consciéncia e se devon comportar frairalament las unas amb las autras.
  • Graphie mistralienne (alpin): Toutas las persounas naichon libras e egalas en dignità e en drechs. Soun doutas de resoun e de counsciència e se devon coumpourtar freiralament las unas ambé las autras.


  • Graphie classique (niçois) : Toti li personas naisson liuri e egali en dignitat e en drechs. Son dotadas de rason e de consciéncia e si devon comportar frairalament li unas embai autras.
  • Graphie mistralienne (niçois) : Touti li persouna naisson libri e egali en dignità e en drech. Soun doutadi de rasoun e de counsciènça e si devon coumpourta frairalamen li una embai autra.


  • Graphie classique (rhodanien/maritime) : Totei lei personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drechs. Son dotadas de rason e de consciéncia e si/se devon comportar frairalament leis unas amb leis autras.
  • Graphie mistralienne (maritime): Tóutei/Touei lei persouno naisson libro e egalo en digneta e en dre. Soun doutado de resoun e de counsciènci e si devon coumpourta freiralamen leis uno emé leis autro.
  • Graphie mistralienne (rhodanien): Tóuti li persouno naisson libro e egalo en digneta e en dre. Soun doutado de resoun e de counsciènci e se devon coumpourta freiralamen lis uno emé lis autro.

Le provençal (endonyme : prouvençau selon la norme mistralienne ; provençau selon la norme classique) est un dialecte occitan[8],[9],[10] parlé essentiellement en Provence[11],[12], dans l'Est du Languedoc[13] et dans les vallées occitanes du Piémont[14]. Il se divise en cinq sous-dialectes : l'alpin, le maritime, le niçois, le rhodanien et le vivaro-alpin. Avant le XVIe siècle, le provençal ne se distingue guère du languedocien et forme ce que l'on nomme « provençal moyen ».

En tant que langue vernaculaire de communication, le provençal est cantonné au registre littéraire et non employé dans les textes administratifs et religieux avant la fin XIIIe siècle. Il se substitue surtout au latin dans les chartes aux XIVe et XVe siècles[15]. D'abord maintenu dans un rôle de langue juridique par le pouvoir royal suite au rattachement du Comté de Provence au Royaume de France, son usage dans les actes officiels décline lentement à partir du XVIe siècle avec l'ordonnance de Villers-Côtterets jusqu'à la Révolution et l'établissement de la Convention nationale[16]. Dès lors, son usage se borne à la culture populaire.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle le provençal bénéficie d'un travail de normalisation initié par le docteur Simon-Jude Honnorat qui sera perpétué notamment par Joseph Roumanille, Frédéric Mistral et le Félibrige lors de la Respelido (« renaissance »). Dans la première moitié du XXe siècle Louis Alibert s'inspire des travaux de standardisation de la langue catalane de Pompeu Fabra, des félibres, d'Antonin Perbosc et de Prosper Estieu pour proposer une nouvelle norme orthographique (la « norme classique ») basé sur les parlers languedociens.

Le peuple provençal a longtemps résisté aux tentatives d'invasion linguistique[17] ; ce n'est qu'au début du XXe siècle que les parents cessèrent par honte d'élever leurs enfants en provençal[15],[18][19]ou par espoir d'ascension sociale.

Le provençal est classé par l'Atlas interactif UNESCO des langues en danger dans le monde comme langue en situation critique d'extinction[20].

DéfinitionModifier

En tant que classification linguistique, l'occitan provençal s'exprime à travers les sous-dialectes locaux dont la contenance varie selon les linguistes à travers différents critères. Frédéric Mistral a défini des bases en précisant que ce dialecte est composé des sous-dialectes alpin, maritime (marseillais, varois), niçois et rhodanien. Certains auteurs contemporains classent le provençal (composé dans ce cas du maritime, du niçois et du rhodanien en excluant l'alpin) avec le languedocien dans ce qu'ils appellent l'occitan méridional (appelé aussi provençal moyen). D'autres auteurs vont nommer par dialecte provençal l'espace de l'occitan oriental incluant également le vivaro-alpin que Frédéric Mistral appelle Dauphinois.

Selon la définition proposée par Frédéric Mistral en 1878 dans son dictionnaire Lou Trésor dòu Felibrige[21], on retrouve le sous-dialecte maritime (anciennement marseillais) de Marseille au fleuve du Var, le sous-dialecte niçois à Nice et les communes environnantes, le sous-dialecte rhodanien dans la partie occidentale des Bouches-du-Rhône et de Vaucluse jusqu'à la partie orientale du Gard (région de Nîmes et le sous-dialecte alpin autour de Digne-les-Bains qui est une zone de transition entre la partie Nord-occitane (rhodano-alpine) et occitane méridionale (dialecte provençal, sous-dialecte maritime)[22].

Dans le livre Gramatica provençala publié en 2007 par le professeur de provençal en écriture classique Guy Martin[23] et le professeur Bernard Moulin[24], deux définitions sont proposées pour le provençal, l'une scientifique qui est celle retenue par le monde universitaire et l'autre populaire acceptée par associations populaires du fait de sentiments sociolinguistiques (liens historiques, culturels, politiques), à savoir :

  • Scientifique : L'occitan oriental, soit celui de Provence, est décomposé en deux zones, l'une Sud occitane et l'une Nord occitane qui sont respectivement séparées par les écrits (Ca/Ga dans le Sud - Cantar) et (Cha/Ja dans le Nord - Chantar). Cette représentation reprend les délimitations de Frédéric Mistral puisqu'elle inclut dans la partie Sud ce que Mistral appelle le dialecte provençal et ses sous-dialectes (alpin, marseillais, niçois, rhodanien). Les auteurs du livre nomment le dialecte provençal en "rhodano-méditerranéen" comprenant les sous-dialectes maritime, bas-rhodanien, la zone d'interférence (rhodanien/maritime, maritime/alpin) et le complexe niçois. La partie Nord-occitane, correspondant au dialecte Dauphinois pour Frédéric Mistral, est appelée dans le livre « rhodano-alpin » (ou « vivaro-alpin ») composé des sous-dialectes intra-alpin, nord-rhodanien, inalpin (ou translalpin). L'auteur précise que le dialecte rhodano-méditerranéen (soit le Provençal) est en extension au-dessus de Digne-les-Bains du fait de l'influence du provençal, quant aux sous-dialectes maritime et niçois, ils ont tendance à s'auto-influencer (ex: adoption par certains niçois de la diphtongue -oua au lieu de -ouo, ou encore utilisation du niçois ou influence du niçois sur la rive gauche du Var[25].
  • Populaire : L'ensemble des sous-dialectes de la basse Provence qui forment le dialecte provençal par Mistral avec les sous-dialectes du Dauphiné formant le dialecte dauphinois par le même auteur, dont le territoire faisait partie, à ses débuts, du Comté de Provence.

Les classifications des dialectes occitansModifier

Pour Frédéric Mistral, la "langue provençale ou langue d'oc moderne" (renommée occitan) est divisée en plusieurs dialectes dont le provençal, lui-même subdivisé en 4 sous-dialectes que sont : l'alpin, le maritime (marseillais et varois dont arrondissement de Grasse), le niçois et le rhodanien.

Pour Jules Ronjat, le provençal, composé du provençal "général" (maritime et rhodanien) et du niçois. Il appelle aussi par "provençale" l'ensemble de la langue occitane.

Pour Jacques Allières, on peut parler d'ensemble dialectal provençal dans l'espace regroupant l'intégralité de l'occitan oriental.

Enfin, Pierre Bec classe le provençal (dont le niçois) avec le languedocien au sein d'un dialecte occitan méridional (ou occitan moyen) de l'occitan.


Il faut garder à l'esprit que la langue occitane forme une seule et unique langue. Cette langue n'a pas connu de standardisation comme le français de France et est de fait parlée essentiellement par localités, micro-régions à travers ce que les linguistes, au temps de Mistral, nomment les sous-dialectes. Il n'est pas rare de voir par exemple, dans le dictionnaire "Tresor dòu Felibrige" de Mistral, à côté des mots, des abréviations entre parenthèses permettant de préciser où l'on exprime ce mot. Ces abréviations peuvent parfois désigner un dialecte, un sous-dialecte ou même une commune. D'autres langues n'ont pas d'écriture standardisée et connaissent des formes plus ou moins importantes de variations internes comme le corse ou encore l'arabe. Le français de France avec celui de Suisse, par exemple, comprend des variations réduites mais compréhensibles comme "quatre-vingt-dix" et "nonante".

Ainsi, la langue du Midi de la France, est plus souvent aujourd'hui appelée occitan et ses frontières sont facilement délimitées. Avec le développement des recherches linguistiques autour de la langue, les chercheurs ont commencé à élaborer artificiellement en se basant sur des critères de similitudes linguistiques, les dialectes et les sous-dialectes afin de mieux les identifier. Les sous-dialectes locaux, représentant des communes, des micro-régions et sont relativement facile à localiser et à définir. En revanche, et c'est notamment le cas en occitan oriental, la classification dialectale est souvent variable. L'occitan oriental comprend l'ancien territoire de la Provence médiéval. Toutefois, le morcellement progressif de la Provence à conduit à un accroissement des différenciations dans les parlers locaux. Cette légère différenciation, par rapport aux autres dialectes occitans, combiné avec l'histoire politique du morcellement de la Provence à conduit certains à une vision sociolinguistique de ce que l'on appelle le dialecte provençal. De ce fait, le provençal correspond pour certains à l'occitan oriental car c'est le territoire de la Provence ancienne, pour d'autres c'est uniquement le territoire de l'ancien Comté de Provence avant son annexion par la France, sans le Comté de Nice, sans la moitié Sud du Dauphiné et le Vivarais.

 
La Provence linguistique et historique

Délimitation linguistique :
1 Limite de la langue occitane
2 Limite de dialecte
3 Limite de sous-dialecte

Délimitation historique :
4 « Limite de la langue provençale » selon le point de vue de Philippe Blanchet[26],[27] :
a « La Provence historique et culturelle »
b « Zones extérieures de culture provençale »
c « Zone historique provençale ayant appartenu au Piémont de 1388 à 1713 et surtout de culture alpine »
d « Zone dauphinoise aujourd'hui rattachée à la région Provence Alpes Côte d'Azur »
e « Pays niçois (Provençal jusqu'en 1388, Piémontais jusqu'en 1860, aujourd'hui rattaché à la région Provence Alpes Côte d'Azur »


Si nous laissons de côté l'utilisation de provençal pour désigner l'ensemble d'oc, l'extension du provençal reste un objet de débat :

  1. L'usage de la majorité des linguistes et de l'Unesco consiste à réduire son extension au « dialecte provençal » tel que défini par Pierre Bec[28] (appelé « sud-provençal » par Jean-Claude Bouvier).
  2. La tradition romaniste a longtemps inclus le vivaro-alpin dans le provençal. C'est par exemple le cas de Robert Lafont qui inclut ce dialecte – sous l'appellation provençal alpin - dans le provençal auquel il adapte la graphie classique de l'occitan[29] ou de Jean-Claude Bouvier, qui dans sa description du provençal, le nomme « nord-provençal ».
  3. L'école désignant le provençal comme une langue indépendante du reste du domaine d'oc inclut également (sous la désignation de provençal alpin) l'essentiel du domaine vivaro-alpin (sauf la rive droite du Rhône, appelée vivarois) et le niçois. L'inclusion des parlers des Alpes dans le provençal s'explique plus par une référence à la grande Provence historique et à la conscience linguistique des usagers que par la typologie linguistique. La variation importante qu'implique ce regroupement a amené la réutilisation du concept de langue polynomique apparu à l'origine pour la langue corse[30].
  4. La place du niçois dans le provençal fait aussi débat. L'éducation nationale française considère le niçois indépendamment du provençal[31]. (voir l'article Niçois).
  5. Les parlers de transition avec le ligure (mentonasque, royasque-brigasque) sont aussi l'objet de débats (voir les articles Brigasque, Mentonasque, Royasque).

Hormis le vivaro-alpin et le niçois, le domaine du provençal est en général subdivisé en deux:

L'universitaire provençal Guy Martin (Guiu Martin en provençal) se rapprochait dans son livre "Grammaire provençale" de la thèse de Pierre Bec concernant la classification dialectale de l'Occitan. Il ne faisait pas de distinction particulière entre ce que Mistral appelait le dialecte provençal (Sud-Occitan) et le dialecte dauphinois (Nord-Occitan). Il présentait le dialecte Nord-Occitan dans sa partie orientale comme un dialecte "difficilement séparable sur le plan socio-linguistique" vis-à-vis de celui Sud-Occitan oriental compte tenu que la Provence s'étendait autrefois sur ce territoire mais indissociable sur le plan géo-linguistique avec le limousin et l'auvergnat. Ainsi, Guy Martin parle dans son livre d'un Occitan oriental qui reprend grosso modo les mêmes délimitations du provençal proposées par Jacques Allières. À la différence de Mistral, il nomme la partie Nord-occitane orientale en dialecte rhodano-alpin (ou vivaro-alpin) et la partie Sud-occitane orientale en dialecte rhodano-méditerranéen qui reprend les délimitations données au provençal de Mistral (alpin, marseillais, niçard, rhodanien - allant de Nîmes à Nice et de la méditerranée à Digne-les-Bains). Le premier se divise en trois sous-dialectes que sont l'intra-alpin (central, méridional, septentrional), le nord-rhodanien (méridional, septentrional) et l'inalpin (ou transalpin) alors que le second comprend le maritime (occidental, varois, oriental), le bas-rhodanien (central, oriental, occidental, septentrional), une zone d'interférence (rhodanien / maritime et maritime / alpin), ainsi que le "complexe niçois" (côtier, intérieur, oriental).

Traits distinctifs avec les autres dialectesModifier

La plupart des caractéristiques linguistiques, dont la somme est spécifique du provençal par rapport aux dialectes occitans voisins, apparaissent au XVIIe siècle :

  • diversification des articles définis : singulier (lo (lou)[lu], la) ; pluriel (lei(s), li(s), les, los, las) contre lo, la, los/les, las dans les autres pays d'Oc. La norme classique généralise l'usage de "lo"[lu] pour "le", de "la" pour "la" et de "lei(s)" (prononcé "li" en rhodanien) pour "les" concernant les dialectes maritimes et rhodaniens. Toutefois, l'usage montre par exemple des occitanistes comme Robert Lafont user de "li(s)" pour "les" et respecte ainsi mieux le dialecte rhodanien tout en respectant les généralités de l'écriture classique. Frédéric Mistral précise[32] l'évolution du pluriel dans le provençal dans son dictionnaire. Tout d'abord, on écrivait en ancien provençal "de bellas mans" qui se rapproche aujourd'hui de l'alpin et du languedocien dont l'origine dialectale était autrefois unitaire. Cette forme évolue ensuite vers "de bellai mans" qui correspond là encore à une évolution plus diphtongué que du provençal d'origine (autre exemple: mas > mai, qui s'est lui aussi conservé en alpin et en languedocien). Il s'ensuit l'évolution du sous-dialecte maritime actuel « de bèllei man » en écriture mistralienne puis l'apparition rhodanienne "de bèlli man" où l'on constate la suppression du -s muet du pluriel (sauf en liaison avec une voyelle dans le mot suivant) et l’amuïssement du -e en rhodanien au profit du -i qui sera supprimé par simplification orthographique. Les classicistes écrivent la forme standard du provençal en de bèlei mans qui se prononce (ej) en maritime et (i) en rhodanien dans un souci de renforcement de l'unité du dialecte provençal.
  • prononciation du -ion final (populacion) en -ien dans le dialecte maritime de la graphie classique. Il est directement écrit -ien en graphie mistralienne et se distingue de -ioun (populacien/populacioun). Certains classicistes tendent à écrire -ien et -ion et pas seulement -ion comme cela est préconisé par certains universitaires.
  • vocalisation des -l finaux en [w] : « soulèu / soleu » pour « soleil » alors que le latin populaire soliculus s'est souvent transformé en conservant le « l » final comme en français et en languedocien (« sau / sau ») pour « sel » (comme en gascon et dans une large partie du nord-occitan)
  • diphtongaison des ò toniques dans une grande partie du domaine (généralisée contrairement au gascon et au languedocien où ce phénomène est localisé)[33]
  • maintien de la distinction entre /v/ et /b/, commune avec le nord-occitan, alors que languedocien et gascon confondent généralement (voir bêtacisme) les deux phonèmes.
  • maintien de la prononciation des /n/ finaux, avec nasalisation partielle de la voyelle antérieure, le phonème n'étant maintenu qu'un nombre relativement petit de termes dans les autres dialectes : pichon > [piˈt͡ʃũᵑ] contre [piˈt͡ʃu] en languedocien.
  • maintien du -r intermédiaire qui remplaça le -l (ex: soldat > sourdat/sordat).

En provençal, la plupart des consonnes finales étymologiques et morphologiques ne sont pas articulées. C'est notamment des marques grammaticales comme les -s du pluriel des noms et des adjectifs, qui disparaissent ou sont remplacées par des -(e)i, contrairement au reste de l'occitan (exemple : « lei bèlei filhas / l(e)i bèll(e)i fiho », le -s final étant amuï)[34].

Origine et évolutionModifier

Les textes des troubadours provençauxModifier

L'ancien occitan s'est parlé des années 900 à 1500.[réf. nécessaire]

Extrait du Carros de Raimbaut de Vaqueiras

La ciutatz se vana
De far cat en arrenc,
E sona·l campana,
E lo vielhs comuns venc,
E ditz per ufana
Que chascuna desrenc ;
Pueis ditz
Que·l bela Biatriz
Estai sobeirana
De so que·l comuns tenc :
Aunitz
N'es totz e desconfitz.
Trompas sonon e la poestatz cria :
« Demandem li beutat e cortezia,
Pretz et joven », e totas cridon : « Sia »

La cité se vante
De faire l'ost en ordre de bataille,
Et sonne la cloche,
La communauté des vieilles vient
Et dit par arrogance
Que chacun attaque ;
Puis elle dit
Que la belle Béatrice
Est la souveraine
De ce que tient la communauté ;
Déshonneur
C'est pour toutes et ruine.
Les trompettes sonnent et la podestat crie :
« Réclamons-lui la beauté et courtoisie
Pretz et joven », et toutes crient « Qu'il en soit ainsi ».

Le provençal "moyen" : avant division en languedocien et en provençal moderneModifier

Avant le XVIe siècle, le provençal ne se distinguait guère du languedocien et formait un seul dialecte que l'on appelle aujourd'hui provençal moyen (Albert Dauzat), occitan moyen (Pierre Bec) ou occitan méridional.

Début du XVème siècle : Hommage et privilèges des habitants de Solliès (Soliers)[35]

"Premierament demandan los homes de Monsr Jehan gonsalini, senhor mestre de Soliers que plassa a la siene magnificiencia de leissar et de tenir nos en la libertat et en la maniera que nous a trobat, embe lou castel de Beaugencier et an los homes (suite en latin)
Item que li plassa de tenir nos continuellement dos et tres moulins d'olivas si mestier nos ero. (...)
Item que li plassa de jurar et de promettre de non far nos tallas per nenguna maniera (...).
Item que li plassa de tenir nos nostras libertas et capitols per si et per lous siéus et de non rompre ni de far rompre nostras coustumas.
Item de tenir nos en toutes las libertas que nos a trobat."

Le provençal moderne émergeModifier

Le provençal va commencer à se distinguer des parlers du Languedoc vers les XVIè et XVIIè siècles.[36]

Les différences générales entre le languedocien et le provençal sont :

  • Le -s du pluriel est maintenu en languedocien et en alpin mais pas dans les autres dialectes provençaux ;
  • Le -n final est maintenu en provençal mais amuït en languedocien (camin prononcé kami en languedocien);
  • Le -l intermédiaire et final est quasi systématiquement vocalisé en -u en provençal (Ostal > Ostau ; Salvar > Sauvar) ;
  • L'amuïssement en provençal des consonnes -c,-p, -t, -ch. Le niçois, plus conservateur, va continuer à prononcer les consonnes finales, y compris le maritime oriental (arrondissement de Grasse) ;
  • Les -Ct latin et -Ht francique sont transformés en -ch aussi bien en languedocien qu'en provençal. En languedocien méridionale, on écrit plutôt -It ou -T. (nuech et nuèit) ;
  • Le -v et -b sont distingués en provençal alors qu'ils sont généralement confondu en -b en languedocien ;
  • Le pluriel est épicène pour le provençal en lei (li en rhodanien mistralien ou dans certains auteurs en écriture classique) et est une évolution des formes los et las maintenues en languedocien et dans la majorité des dialectes occitans. Le niçois a le pluriel des articles en lu (masculin) et li (féminin) ;
  • Le niçois comme le Montpelliérain, sont les sous-dialectes provençal et languedocien qui vont conserver la prononciation du -a final du féminin à la différence où l'espace occitan généralise le son -o (comme dans pomme) et le gascon le son -e comme en français ou catalan.

Variations internesModifier

La langue occitane, n'ayant pas connu de standardisation comme la langue française, connaît de nombreuses variations locales, que ce soit dans l'écriture ou la prononciation. Ces variations sont plus visibles dans l'écriture mistralienne qui les valorise alors que l'écriture classique fait l'inverse en les minimisant pour revaloriser les différences principalement à l'oral. D'autres langues comme l'occitan connaissent de nombreuses variations locales, par exemple le catalan, le corse ou encore l'arabe.

Exemple de variations entre les parlers de l'ensemble dialectal de Provence avec la traduction de la phrase « Les belles filles jouent tous les jours sur la colline » :

  • en maritime (varois et marseillais) : « Lei bèlei filhas jògan totei/toei lei jorns dins la còla | Lei bèllei fiho juegon toutei/touei lei jou(r) dins la coualo/couelo »

(prononciation : lej bɛlej fijɔ d͡ʒuegɔⁿ tutej/tuej lej d͡ʒu(r) diⁿ la kualɔ/kuelɔ).

  • en niçard : « Li bèli filhas jògan toi lu jorns dins la còla | Li beli filha juègon toui lu jou dins la couòla »

(prononciation : li bɛli fija d͡ʒuɛgɔⁿ tuti/tuj li d͡ʒu diⁿ la kuala/kuɔla).

  • en rhodanien : « Li bèli chatas jògan toti li jorns dins la còla | Li bèlli chato jogon tóuti li jour dins la colo »

(prononciation : li bɛli t͡satɔ d͡zɔgɔⁿ tuti li d͡zur diⁿ la kɔlɔ).

L'alpin, gavot, rhodano-alpin, vivaro-alpinModifier

Le vivaro-alpin porte également les noms d'alpin, gavot et rhodano-alpin. Le terme de vivaro-alpin signifie du Vivarais aux Alpes qui sont également des territoires de l'ancienne Provence.

C'est un dialecte spécifique du provençal par ses traits nord-occitans (cha au lieu de ca, ja au lieu de ga, … ) mais aussi le plus conservateur de la langue d'oc (maintien de la consonne finale de l'infinitif, maintien du -a final sans amuïssement, … ). En effet, l'attachement au provençal, selon certains chercheurs, est plus culturel que linguistique qui tient de la sociolinguistique (contrairement au Niçard, bien plus proche linguistiquement du provençal, notamment maritime, mais culturellement distinct), même si les échanges intenses entre Haute et basse Provence ont produit de nombreuses influences mutuelles, décrites en particulier par Victor Gélu qui ont encore rapproché ces deux variétés de provençal.

  • L'alpin se caractérise par une perte des -t- et -d- intervocaliques. Par exemple, Bastita se prononce Bastiya (Bastia), Cibata se prononce Civaya, ou encore Cruda se prononce en Crua.
  • Le -l final se prononce -l et parfois -r.
  • Le -l- en milieu de mot se prononce -r.
  • Le -m final se prononce -m à l'Est et -n à l'Ouest.
  • Le -a final se prononce dans un son ressemblant à un -o à l'Ouest de la vallée de la Vésubie.


Ce sous-dialecte est usité autour de Digne-les-Bains et constitue un espace de transition entre le sous-dialecte maritime du provençal et le rhodano-alpin.

La prononciation est très variable par endroits.

Il conserve mieux les consonnes finales muettes y compris le -s du pluriel.

Un -h se rajoute souvent après le -c en début de mot. ex. : Chanter = Chantar (Chantar) alors qu'on l'écrit Cantar (Canta) dans l'écriture sud-provençale.

Les -r de l'infinitif peuvent être conservé au contact du dialecte rhodano-alpin.

Le maritimeModifier

Le maritime (maritim(e)) se nomme également "central" (centrau) et "marseillais" (marselhés/marsihés). Il est délimité par Frédéric Mistral entre les villes de Marseille, d'Aix-en-Provence, de Salon-de-Provence, d'Apt, de Digne-les-Bains, de Nice et de Toulon (Lou parla marsihés règno entre-mitan Marsiho, Ais, Seloun, Ate, Digno, Niço e Touloun, voulounta-dire, dins la partido mountagnouso de la Prouvènco.)[37]. Son aire de locution s'étend dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône et du Var. Il a deux variantes, le marseillais propre et le varois. A proximité de l'alpin et du niçois, le varois a des influences de ces deux dialectes qui se traduit par des sous zones de transition. C'est notamment le cas pour le varois des Alpes-Maritimes correspondant à l'arrondissement de Grasse.

Dans son dictionnaire, Mistral distingue parfois des variations internes au maritime par exemple "vôtre" = "vouestre" (marseillais), "vouastre" (varois et alpin).

Le parler comporte des cas spécifiques comme la finale -ien qui remplace celle de -ion (écriture classique)/-ioun (écriture mistralienne) dans l'ensemble de la langue occitane. L'écriture classique simplifie en -ion le -ien final pour rendre une certaine unité au dialecte de Provence mais certains classicistes continuent l'usage du -ien à l'écrit ou simplement à l'oral.

Avant l'arrivée de l'écriture mistralienne, le maritime possédait une écriture légèrement différente de la codification du Felibrige. Par exemple, les mots actuels en écriture mistralienne de souleu (soleil) et nacien (nation) s'écrivaient souleou, natien. Les classicistes se baseront sur l'écriture mistralienne pour écrire soleu et nacion.

Elle possède aussi, comme pour le niçois, des similitudes avec les parlers alpins par une suppression, moins repandue, de certaines consonnes intervocaliques que ne connait pas le rhodanien. Cela s'explique par les migrations humaines qui se sont réalisés entre ces régions provençales. Les transitions entre les parlers sont plus intenses dans les zones inter-dialectales.

Ainsi, le maritime a des règles linguistiques qui lui sont propres : les pluriels se forment en -ei; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécificités. Par ailleurs, il partage beaucoup de traits communs avec le niçois (niçard).


Autres informations sur le maritime : Le mot "feuille" (plante) s'écrit en ancien provençal "fuelha" (parmi de nombreuses variantes locales dans tout le Midi de la France - fueilha, fulhia, foelha, etc.). L'écriture classique du provençal écrit "fuelha" alors que l'écriture standard mistralienne l'a phonétisé "fueio", mais dans les deux cas la prononciation reste la même. Que l'on soit en écriture classique ou mistralienne, les deux écritures s'éloignent des réalités sous-dialectales où l'on prononce autour de Marseille "fuio" et dans le Var "fiuelho". Toutefois l'écriture mistralienne tend à laisser plus de souplesse aux écrits sous-dialectaux et populaires alors que l'écriture classique choisit une stratégie de restructuration basée sur l'ancienne langue en vue de réduire son morcellement pouvant la fragiliser face à des espaces linguistiques plus influents et pour favoriser la compréhension entre les dialectes occitans.

Le maritime comprend des particularités similaires au niçois. Par exemple, pour "me", "te", "se", on écrira "mi", "ti", "si" en maritime et en niçois.

La diphtongue du -ò s'effectue à l'oral en -oua dans tout le Var jusqu'à Saint-Laurent-du-Var. Autour de Digne-les-Bains la prononciation est en -ouo comme à Nice. Dans la région marseillaise et aixoise, on retrouve la prononciation en -oue, mais aussi en -ouo et -oua. ex. : Fòrça (écriture classique) ; Fouerço (écriture mistralienne maritime marseillaise), Fouarço (écriture mistralienne varoise). L'écriture classique oralise cette diphtongue spécifique à la Provence (hors sous-dialecte rhodanien) même si certains classicistes choisissent de l'écrire "foarça" ou "foerça"[38].

Avant la codification mistralienne qui écrivit Marseille en Marsiho, les provençaux du sous-dialecte maritime écrivaient Marsillo, lui-même provenant de Marsilha/Marselha, revenu dans l'écriture classique en Marselha (prononcé comme en mistralien). "Il est vrai que la plupart des écrivains du dialecte marseillais (maritime) ont, malgré leur respect pour l'orthographe antique, transformé ce lh en ll mouillé."[39]


Le varois comporte des spécificités liées à la conservation de certaines caractéristiques propre à l'ancien provençal que l'on retrouve encore dans le sous-dialecte alpin de Digne ou du rhodano-alpin plus au nord. Ce maintien plus important d'archaïsmes s'explique aussi par les migrations de population qu'a connu le Var depuis les Alpes-de-Haute-Provence et par les transhumances entre plaines et montagnes. Là où l'écriture standard mistralienne écrit "fueio" pour le mot feuille, lui-même provenant de l'ancien provençal "fuelha", le varois conserve l'écriture et la prononciation de fiuelho (prononcé fœliɔ) (forme moderne de Fœlha). Les classicistes standardisent le terme de l'ancien provençal "fuelha" pour une prononciation identique à "fueio" (fɥejɔ). De ce fait, l'écriture ancienne du -lh simplifiée en partie en -h (Marselha > Marsiho) ou par un -i (fulhar > fuia) rend impossible en provençal classique la prononciation du -lh en [ʎ] présent dans l'écriture mistralienne du languedocien et qui fût autrefois de norme pour l'ensemble de l'ancien occitan. En effet, la prononciation moderne du -lh en provençal s'effectue en [j] ce qui amènerait donc soit à réécrire le mot fiuelho pour correspondre à la prononciation varoise (en fuelia par exemple) soit à apprendre stricto sensu les spécificités de chaque mot. L'idéal respect de l'ensemble des prononciations locales est le gros problème de l'écriture classique qui cherche à réunifier la langue d'oc en oralisant les dialectes le plus possible. À l'inverse, l'écriture mistralienne cherche le plus possible à les préserver, même si cela n'est pas toujours le cas (exemple de la domination du -iéu (riéu) rhodanien sur le -iu (riu qui donna riou dans les noms de lieu francisé) du reste de la Provence), ce qui n'est pas sans créer une multitudes de versions locales d'un même mot.

Le maritime de l'arrondissement de Grasse, est quasi identique au parler varois. Il se distingue par la conservation de lettres consonantiques finales -c et -p à l'oral. Ou encore par le maintien du -ion/-ioun final que le reste du sous-dialecte maritime écrit -ien en mistralien et -ion (oralisé -ien) en écriture classique.

Le niçardModifier

Le niçois, (endonyme : niçart[40][41] ou nissart[42]) se parle traditionnellement dans Nice et ses environs, bien qu'en ce XXIe siècle, le rayonnement de la ville et les migrations humaines font que l'usage de la langue déborde sur les zones alpines et maritimes voisines. L'appellation niçard recouvre deux réalités :

  • une réalité linguistique car même si les linguistes rattachent ce dialecte au provençal, la langue possède des traits particuliers bien identifiés ;
  • une perception géographique et sociolinguistique car le Comté de Nice qui fut longtemps séparé du reste de la Provence a développé une identité propre.

Le niçois étant resté plus proche de l'ancien provençal que les autres le dialectes provençaux, il convient de le traiter dans un article à part.

Le rhodanienModifier

Le rhodanien (lo provençau rodanenc | lou prouvençau dòu Rose): il est délimité par Frédéric Mistral entre les villes d'Arles, de Saint-Rémy-de-Provence, de Cavaillon, de Carpentras, d'Orange, d'Avignon, de Nîmes et de Beaucaire (Lou parla dóu Rose se parlo tout de long dóu Rose, entre-mitan Arle, Sant-Roumié, Cavaioun, Carpentras, Aurenjo, Avignoun, Nimes e Bèucaire.)[37]. On peut y distinguer des parlers locaux (le parler du Ventoux et du comtat vers Carpentras; le parler de la vallée du Rhône vers Nîmes, Arles, Avignon, Orange, Bollène; etc).


Selon Jean-Pierre Tennevin, le dialecte rhodanien est celui qui, ayant subi le plus d'évolutions et « d'usures phonétiques », présente les sons les plus atténués, les « plus doux » à l'oreille[43].

L'écriture mistralienne ou félibréenne emploie l'écriture de l'article pluriel "les" en "li" alors que la norme classique choisit l'utilisation de "lei" prononcé "li". Cette normalisation classique peut se retrouver dans le livre de grammaire "Gramatica provençala". Toutefois, les auteurs du livre témoignent s'être inspirés de Robert Lafont et Louis Alibert pour codifier l'écriture classique du provençal. Dans leur dictionnaire provençal-français, ils précisent là encore, outre la normalisation qu'ils ont définie, que certains provençaux proposent de conserver des simplifications mistraliennes, tandis que d'autres mettent ces simplifications en action. Dans ses écrits, Robert Lafont conserve l'utilisation du -li que l'on peut retrouver dans "Té tu, té iéu" ; "Dins lo dialòg ont dos òmes se respòndon , lo ieu e lo tu s’escàmbian, ieu vèn tu e d’arebors, mai la bastissa que pòrtan li personas es totjorn la lenga comuna, una organizacion pariera de l’univers"[44].

Le provençal rhodanien a donc ses particularités : les pluriels sont réduits à -i ; le tch [t͡ʃ] et le dj [d͡ʒ] se prononcent respectivement ts [t͡s] et dz [d͡z] ; les o toniques ne diphtonguent pas et la conjugaison est dotée de spécificités.

Le shuadit ou judéo-provençalModifier

Les « juifs du pape », communautés juives d'Avignon, de Carpentras, de Cavaillon, de l'Isle-sur-la-Sorgue et du Comtat Venaissin ont développé un dialecte judéo-provençal particulier, connu sous le nom de shuadit, se distinguant peu du provençal proprement dit, si ce n'est par quelques différences de prononciation et des termes propres au judaïsme. Le dernier locuteur connu, l'écrivain Armand Lunel, est décédé en 1977. Grâce aux lectures de Frédéric Mistral ainsi qu'à correspondance avec Albert Lunel et son petit-fils Armand, quelques termes shuadits sont présents dans le Trésor du Félibrige[45],[46] : aquire (aqui « là »), cabussado (mikvé) coudolo (matsa), gouïn (goï), tanlèt (talit), sagata (égorger, mais aussi rater la couture d'une étoffe[47]), sagataire (boucher kasher) ect.

Statut légalModifier

Entre reconnaissance et substitutionModifier

 
Panneau de rue rénové à Mons, Var

L'usage du provençal est vécu par une partie des Provençaux comme un élément de leur héritage patrimonial ; il jouit d’un certain soutien de la population et des collectivités locales et bénéficie d’un net regain dans la vie publique depuis quelques décennies (publicités, signalisation routière, festivals, théâtre, édifices…). Cependant, cette reconnaissance reste symbolique et n'a jamais été accompagnée de mesures susceptibles de développer le provençal de manière efficace. Le recul de l'usage du provençal est ancien. Il a cédé depuis longtemps les fonctions courantes de communication au français (diglossie limitée).

Le provençal est reconnu « sérieusement en danger »[48] par l’Atlas des langues en péril édité par l’UNESCO[49]. Les raisons de son déclin sont complexes. Pour la partie provençale qui a été rattachée à la France en 1483, on accuse souvent l'action centralisatrice des rois de France qui a écarté le provençal des actes juridiques (progression du français dans les élites sociales dès le XVe siècle, puis Ordonnance de Villers-Cotterêts du instituant le français comme la langue des documents administratifs). Cela n'est pas possible pour le pays niçois, le Comtat Venaissin ou Avignon qui n'étaient pas français alors. Au XIXe siècle, l'école royale, impériale puis républicaine n'a jamais donné au provençal un statut spécifique dans l'enseignement. Le provençal a été marginalisé dans les médias importants.

Le point de vue de Frédéric Mistral sur la langue d'Oc, appelée en son temps "langue provençale" et aujourd'hui plus largement "occitan" : "Les principaux dialectes de la langue d'Oc moderne sont : le provençal, le languedocien, le gascon, l'aquitain, le limousin, l'auvergnat et le dauphinois. Le provençal a pour sous-dialectes : le rhodanien, le marseillais (ancien nom du maritime), l'alpin et le niçard."[50]. Depuis les années 2000, il existe en Provence[51] une association (Collectif Provence) selon lequel[52] le provençal est « une langue à part entière, proche mais distincte de l'occitan du Sud-Ouest de la France », toutefois sans rejeter son appartenance à l'ensemble des langues d’oc[53]. Le but de ce mouvement vise à conserver l'écriture phonétique (mistralienne) du dialecte provençal en le reconnaissant comme langue à part entière et ainsi rivaliser face à la dynamique orchestrée par les classicistes languedociens qui tend à se développer de partout dans le Midi depuis des décennies dont la Provence à l'image de plusieurs auteurs classiques en dialecte provençal dont Robert Lafont. À l'inverse de cette association culturelle proche des milieux politiques, le Felibrige, organisme fondé par Frédéric Mistral et les 6 autres poètes dont Joseph Roumanille (créateur de l'écriture phonétique dite mistralienne) propose la définition suivante adoptée lors du Conseil Général de la Santo-Estello (Sainte-Estelle) de Grasse en 1999 «Le Félibrige retient comme seule terminologie pour être employée et défendue : la langue d’oc dans la diversité de ses parlers (Auvergnat, Gascon, Languedocien, Limousin, Provençal)».

Le provençal est autant considéré par Frédéric Mistral comme un dialecte de la langue d'Oc (appelé aussi provençal) dans son dictionnaire Lou Tresor dóu Felibrige, qu'une langue (dans le sens où langue provençale équivaut à langue d'Oc moderne), comme en témoigne ses écrits dans «La lengo prouvençalo o lengo d'O»[37], «Lou parla dóu Rose, emé lou parla marsihés, formon ce qu'apelan pu particulieramen la lengo prouvençalo.» (Le parler du Rhône, avec le parler marseillais, forment ce que l'on appelle plus particulièrement la langue provençale) ou encore «La lengo prouvençalo se parlo encaro en Franço dins mai de vint despartamen: es que, se parlo pas pertout la memo causo» (La langue provençale se parle encore en France dans plus de vingt départements: elle ne se parle pas partout de la même façon). Ce qui n'est pas sans créer d’ambiguïté entre les termes de langue et de dialecte. Toutefois, l'auteur s'accorde généralement à dire dans l'ensemble de ses ouvrages qu'il existe une langue provençale ou langue d'Oc (ensemble du Midi de la France) et qu'elle est parlée depuis des siècles à travers ses dialectes. Il montre donc l'importance de préserver les distinctions dialectales. C'est par ailleurs cette forte atténuation des distinctions dialectales dans la graphie classique d'Alibert qui oppose ses partisans à ceux de la graphie mistralienne qui préserve davantage les variétés dialectales de la langue d'Oc.

 
Définition du parler provençal, dialecte de Provence. Entrée prouvençau du Trésor du Félibrige
 
Définition de la langue provençale ou langue d'Oc. Entrée lengo du Trésor du Félibrige

Le mot provençal sert aussi, particulièrement jusqu’au milieu du XXe siècle[54], à désigner l’ensemble de la langue d’oc. C’est notamment le cas chez Frédéric Mistral[55] et dans les dictionnaires d’Honnorat, Dictionnaire provençal-français ou dictionnaire de la langue d’oc[56] et de Mistral, Le Trésor du Félibrige, dictionnaire provençal français embrassant les divers dialectes de la langue d’oc moderne[57] ou les ouvrages de référence de Ronjat, Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes[58] et Grammaire historique des parlers provençaux modernes[59]. Le mot reste utilisé dans le milieu romaniste pour désigner l’ensemble de l’occitan[60]. Cette synonymie est également affirmée par Emmanuel Le Roy Ladurie[61].

En 2003, à la suite de l'action des uns et des autres, le Conseil régional de PACA a émis successivement deux vœux:

  • le 17 octobre : « La langue provençale et la langue niçoise sont les langues régionales de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur »[62]
  • le 5 décembre : « Le Conseil Régional de Provence-Alpes-Côtes d’Azur affirme solennellement que la langue occitane ou langue d’Oc est la langue régionale de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur : le provençal rhodanien, le provençal maritime, le niçard et l’alpin sont les formes régionales de la langue occitane ou langue d’Oc en Provence-Alpes-Côtes d’Azur ; que toutes les variétés de la langue occitane ou langue d’Oc sont d’égale valeur et appartiennent au même domaine linguistique ; que chacune de ses variétés est l’expression de la langue occitane ou langue d’Oc sur son aire géographique ; que la pleine dignité donnée ainsi à chaque variété de la langue occitane ou langue d’Oc atteste qu’il n’y a aucune hiérarchie entre ces variétés. s’engage : à développer son soutien à la préservation de ces variétés et à la promotion de la langue occitane ou langue d’Oc ; à contribuer, au côté de l’État, à la généralisation de l’offre d’enseignement de la langue occitane ou langue d’Oc en Région Provence-Alpes-Côtes d’Azur. Sollicite Monsieur le premier Ministre pour qu’il intervienne auprès de ministres, directions de l’État concernés pour que la langue occitane ou langue d’Oc soit reconnue officiellement comme patrimoine commun de tous les citoyens français sans distinction et d’aider à son développement en ratifiant la Charte européenne des langues minoritaires. »[63]

En 2016, le Conseil Régional de PACA émet une nouvelle résolution dont le préambule contient une phrase ambigüe, parlant à la fois de la langue d’oc et de langues : « Ainsi, sur l’ensemble du territoire régional se sont développées des langues qui ont su véhiculer jusqu’à nous les traditions et les spécificités culturelles de l’histoire de notre région et de ses divers territoires : le provençal, le gavot ou le nissard. Cette pluralité linguistique est la spécificité de notre région dans l’espace de la langue d’oc » [64].

Appellations officiellesModifier

Le ministère français de l’éducation utilise dans ses bulletins officiels l’expression "occitan-langue d’oc" pour la langue dans son ensemble[65], et les expressions "occitan-langue d’oc provençal", "occitan-langue d’oc nissart"[66] pour les variétés régionales.

ReconnaissanceModifier

En 1999, la langue occitane est utilisé par plus de 1 million de personnes.[67]La langue occitane est officiellement reconnue en Catalogne par la Généralité de Catalogne. L'occitan et le catalan sont deux langues issues de l'ancien occitan. Le catalan s'est détaché de l'occitan en 1934 en raison de faits sociolinguistes qui résultent de la montée du nationalisme catalan. Plus concrètement, le catalan s'est détaché de l'occitan parce que les populations ont cherché à cultiver leur identité propre. On retrouve cela également dans des associations minoritaires dans des pays d'oc voulant détacher leur parler de la langue d'oc afin de les constituer en langue unique. En Provence, il existe des groupes voulant reconnaître comme langue le provençal uniquement constitué des dialectes maritime et rhodanien. D'autres veulent reconnaître le niçois comme une langue ou un dialecte détaché du provençal. Ces groupes se basent généralement sur des références historiques, notamment territoriale, pour justifier leur point de vue.

Pourtant, en 1933, lors du Centenari de la Renaixença catalana (centenaire de la renaissance catalane), les poètes et nationalistes catalans considéraient encore les pays catalans comme pleinement intégrés aux pays d'oc[68].

L'évolution de la langue, l'absence d'une standardisation et les influences étrangères ont accentué les différenciations si bien qu'il est plus simple de comprendre un catalan à l'écrit en écriture classique qu'à l'oral où les prononciations sont globalement identiques au languedocien et possédant des caractéristiques propres.

Cependant, l'écriture classique de l'occitan, outre la facilité de compréhension interdialectale et intradialectale, permet de faciliter la lecture du catalan comme on peut le voir avec un texte de Manuel Valls (), au sujet de l'incendie qui ravagea la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris :

  • français (texte d'origine) : "La tristesse me gagne. Cette merveille gothique qui m’est si familière, qui est si importante pour les parisiens, les français, les catholiques, et tous ceux qui aiment Paris."
  • catalan (texte d'origine) : "El cor trencat davant les imatges de l’incendi de la catedral Notre-Dame-de-Paris. És el cor de París que crema, aquesta joia del gòtic que tant conec i que tant representa pels parisencs, els francesos i els catòlics, i tots els que s’estimen aquesta ciutat."
  • provençal (classique) : "Lo còr trencat davant leis imatges de l'incendi de la catedrala Notre-Dame-de-Paris. Es lo còr de París que crèma, aquesta jòia dau gotic que conoissi tant e que representa tant per lei parisencs, lei francés e lei catolics e tots aquelei qu'estiman aquesta ciutat".
  • provençal maritime (mistralien) : "Lou cor/couar trenca davans leis imàgi de l'incendié de la catedralo Notre-Dame-de-Paris. Es lou cor/couar de Paris que crèmo, aquesto joio dòu gouti(c) que represento tant per lei parisen(c), lei francés, e lei catouli(c) e tout aquelei qu'estimon aquesto ciéuta.".

À noter que la langue d'oc ancienne écrivait comme le catalan moderne catedral francisé occitan moderne en catedrala. Le verbe occitan estimar désigne avant tout l'estimation mais renvoie aussi à l'action de chérir. L'article dau/dòu est une déformation de deu lui-même de del présent dans l'ancien occitan et dans le catalan moderne ou encore les dialectes languedociens et vivaro-alpin. Les transformations des "-e" en "-a" sont fréquentes dans la langue d'oc (ex: forêt = seuva > sauva ; marché = mercat > marcat). L'occitan ancien mettait fréquemment les adverbes avant le verbe comme le catalan moderne dans l'extrait tant representa.

En omettant les considérations purement sociolinguistiques et en se cantonnant aux réflexions des XIXe et XXe siècle, le catalan peut-être encore à considérer comme une langue d'oc parlé par un peu plus de 9 millions de personnes[69].

La langue occitane est une langue dialectale, c'est-à-dire qu'elle est seulement parlée à travers les dialectes locaux comme le grec ancien ou l'arabe dialectal. Les pays arabes ont partiellement résolue la situation de l'arabe dialectal par l'apparition d'un arabe littéraire qui sert à standardiser la langue, cela au même titre du français qui a standardisé et dominé les dialectes de la moitié Nord de la République française.

À l'heure actuelle, il n'existe pas de langue standard occitane mais deux écritures majoritaires que sont l'écriture mistralienne et l'écriture classique. Cette dernière est apparue après celle dite mistralienne, elle se base sur l'écriture ancienne de l'occitan et est l'écriture d'apprentissage et de pratique dans le milieu universitaire des pays d'oc. Comme l'écriture mistralienne, elle respecte le caractère dialectal de la langue mais l'oralise davantage. L'absence de standardisation dans le vocabulaire et la prononciation peut parfois rendre difficile la compréhension de certaines phrases comme c'est le cas entre le français de France et celui du Québec.


L'occitan (écriture classique) et le catalan en comparaison avec les autres langues romanes :

Occitan provençal Catalan Français Italien Espagnol Portugais
Centenari Centenari Centenaire Centenario Centenario Centenário
Bòsc, Seuva (Sauva), Forèst Bosc, Selva Forêt Foresta Bosque Floresta, Bosque
Amb Amb Avec Con Con Com
Aubre Arbre Arbre Albero Árbol Árvore
Estèla (mar.), Estela (rho., niç.), Estrela (alp.) Estel, Estela, Estrela, Estrella Etoile Stella Estrella Estrela
Sobeiran Sobirà Souverain Sovrano Soberano Soberano
Tèrra Terra Terre Terra Tierra Terra
Parlament Parlament Parlement Parlamento Parlamento Parlamento
Montanha Muntanya Montagne Montagna Montaña Montanha
Estiu Estiu Été Estate Verano Verão
Universitat Universitat Université Università Universidad Universidade
Òme Home Homme Uomo Hombre Homem

Pour le troubadour Albertet de Sisteron dans une tenson, il n'y a pas de différence entre occitan et catalan et ces espaces linguistiques sont tous des pays d'oc :

Monges, causetz segon vostra siensa,
Qual valon mais Catalan, o Francès.
E met sai Guascuenha e Proensa,
E Lemozi, Alvernh e Vianes,
E de lai met la terra dels dos Reis.
E quan sabetz dels totz lur captenensa
Vueil qe·m digatz en cal plus fis pretz es[70].

« Moines, dites-moi lequel, selon vos connaissances, vaut le plus : le catalan ou le français ? Et je mets ici [dans le groupe des Catalans] Gascogne et Provence, Limousin, Auvergne et Viennois alors que c'est la terre de deux rois. »

GrammaireModifier

PrononciationModifier

GénéralitésModifier

VoyellesModifier
Graphème classique Graphème mistralien Prononciation commune Prononciation locale différenciée
a en général a [a]
-a final, atone (féminin) -o [ɔ]

Dans le langage courant, les prononciations [ɔ], [œ] et [a] tendent à se confondre. À ce titre, Frédéric Mistral émettait l'hypothèse que les niçois pouvait adopter -o à l'écrit comme le reste des provençaux[71]. D'ailleurs, le niçois Jean Badat utilisait parfois -o dans son journal : « Tant sagiament foget menado la causo che monsur foget signour como esi so es che non serio si si fosco menat autroment ero perdut tot lo rest de som pais »[72]. Philippe Blanchet montre que la lettre -e fût employé temporairement à Marseille « ...Aguet doües coüestes enfonçades... »[73]. En chanson, les lettres finales atones sont souvent appuyées.

  • maritime, rhodanien et vivaro-alpin : [ɔ]
  • maritime et rhodanien : [œ]
  • niçois et vivaro-alpin (région de Gap) : [a]
  • maritime : muet seulement s'il est précédé d'un -i (exemple : democracia où le -ia se prononce [i]).

Nota : Les catalans le prononcent [œ] et [a].

-as final, terminaison atone -as [ɔs]
  • provençal maritime et rhodanien : [ɔ] ([ɔs/es] dans les verbes à la 2e personne du singulier)
  • niçois : [a] ([as/es] dans les verbes à la 2e personne du singulier)
  • vivaro-alpin : [as]
-an final, terminaison tonique -an [aⁿ] ([an] dans certains mots internationaux)
-an final, terminaison atone dans les verbes à la 3e personne du pluriel -on [ɔn]
à a [a]
á é [ɔ], [e]
  • vivaro-alpin :[ɔ]
  • maritime, rhodanien et niçois : [e]
ai ai, ei [aj], [ej]
  • [aj] si elle est tonique
  • [ej] si elle est atone
au au, óu [aw], [ɔw]
  • [aw] si elle est tonique
  • [ɔw] si elle est atone
è è [ɛ]
é é [e]
e e, a, i, u [e], [a], [i], [y]

-E a subi plusieurs évolutions en provençal que l'écriture mistralienne remplace par les lettres -a-, -i, -u. À l'inverse, l'écriture classique oralise ces transformations en maintenant -e pour limiter la multiplication des variantes.

  • norme classique : [a] pour un e avant -rr ou -r suivi d'une consonne. Le e se prononce [y] (d'Arles à Marseille) avant un b, p, f, v , m. E suivi d'un lh ou nh se prononce fréquemment en [i]
i i [i]
[j] après une voyelle
[i] ou [j] avant une voyelle
í i [i]
-ion final -ioun, -ien [juⁿ]
  • maritime : [jeⁿ]
  • rhodanien, niçois, vivaro-alpin : [juⁿ]
ò o, ò, oua, oue, ouo [ɔ]

Pour -ò la prononciation est identique au a/o final atone des écritures classique et mistralienne.

  • rhodanien : [ɔ]
  • maritime varois, vivaro-alpin et niçois : [wa]
  • vivaro-alpin et niçois : [wɔ]
  • maritime marseillais : [we]
ó ou [u] Entre Marseille et Toulon, la lettre se prononce [ɔ].
o ou [u]
Entre Marseille et Toulon, la lettre se prononce [ɔ].
oi, ói, oï, oí, vò oui [uj]
òi oi [oj]
u u [y]
[w] après une voyelle
[y] ou [ɥ] devant une voyell
  • rhodanien : u passe de [y] à [œ]
uè, ue ue [ɥe]
uo [jɔ (ɥɔ)]


Il faut noter qu'entre la graphie alibertine et mistralienne, la prononciation orale reste quasiment la même. Certaines lettres se prononcent toutefois différemment en fonction de la graphie utilisée.

  • A : Elle se prononce comme en français, sauf si elle est atone et en position finale, ce qui produit un son entre le -a et le -o, ressemblant au -o ouvert de « sort » ([ɔ]) notamment lorsque l'on appuie sur la lettre finale comme dans les chansons mais dans le langage courant le son est proche du -e français (annada/annado se prononce couramment annade). C'est pour cette raison que la graphie mistralienne emploie la lettre -o, et la graphie classique utilise -a. La plupart des chansons contemporaines comportent parfois des erreurs, avec un -o trop prononcé, proche du français « eau »
  • E : se prononce [e] comme « é » en français. En écriture classique, selon les lettres qui la suivent, elle peut se prononcer -i, -u, -a, -é. Toujours selon l'écriture classique, un « e » se prononce « i » en provençal maritime lorsqu'il est suivi de « nh » (senhor) ou « lh » (Marselha) mais aussi après un « ch » (pròche) ou un « tg » (metge) ; Toujours en maritime, « e » se prononce [a] lorsqu'il est suivi d'un r combiné avec une consonne (mercat). Entre Arles et Marseille,« e »devient « u » ([y] lorsqu'il est suivi par « b », « p », « f », « v », « m » (frema). Pour simplifier cette règle, certains utilisateurs de l'écriture classique appliquent la règle de Roumanille et écrivent « Marsilha », « fruma » et « marcat ».
  • U : se prononce [y] comme en français mais se transforme en -ou [u] après une diphtongue (-au, -eu, -iu, etc.). On retrouve plus fréquemment la prononciation du -iu en -iéu autour du Rhône. Cette diphtongue peut se retrouver dans de nombreux toponymes provençaux francisés comme « riou » et « rieu ». L'écriture classique généralise l'écriture originelle -iu tandis que l'écriture mistralienne, plutôt centrée sur le rhodanien, généralise l'écriture -iéu.
  • O : en graphie alibertine la lettre « o » non accentuée équivaut au -ou de l'écriture mistralienne (prononcé [u] dans les deux écritures).
    Dans la graphie classique, -o et -ó équivalent au -ou français ([u]), et -ò correspond au -o français. Toutefois, -ò sert également à préciser l'emplacement des diphtongues (oralisées en écriture classique) : -oua (varois - chez Mistral cela comprend l'arrondissement de Grasse), -ouo (niçois), -oue (aixois et marseillais), que les rhodaniens ne prononcent pas car ils se limitent à la prononciation [ɔ].
    En début de mot, -o se prononce souvent [ow] (« oliva » [owlivɔ] que les mistraliens écrivent « óulivo » identifiable avec l'accent aigu sur -ó). Dans cet exemple, la graphie classique se veut plus fidèle aux textes anciens, même si au Moyen Âge les troubadours ne mettaient pas d'accent sur -o. À l'inverse, la graphie félibréenne est plus proche de la langue de la koinè pour certains termes comme Mars (Marts) ou Laurens que les la graphie alibertine qui écrit par analogie avec le catalan Març (Marts) et Laurenç (Laurens).
DiphtonguesModifier

Les diphtongues en écriture classique et en écriture mistralienne du provençal sont[74],[75] :

Diphtongue classique Diphtongue mistralienne Prononciation Exemple Prononciation de l'exemple
ai ai aj Cla. : aise
Mist. : aise
ajze
ei ei ej Cla. : eisir
Mist. : eisi
ejzi
èi èi ɛj Cla. : èime
Mist. : èime
ɛjme
òi oi ɔj Cla. : jòia
Mist. : joio
d͡ʒɔjɔ
oi oui uj ; et plus localement wej/wɛj Cla. : oire
Mist. : ouire
ujɾe
au au aw Cla. : sauvar
Mist. : sauva
sawva
èu èu ɛw Cla. : cèu
Mist. : cèu
cɛw
eu éu ew ; parfois réalisé yw/œw Cla. : euse
Mist. : éuse
ewze
iu iéu iw ; se prononce souvent (jew) entre Arles et à Marseille que l'écriture mistralienne à généraliser à toute la Provence. Clas. : riu
Mist. : riéu
ɾiw
òu òu ɔw Clas. : dòu
Mist. : dòu
dɔw
ou óu ow Cla. : outratge
Mist. : óutrage
owtɾad͡ʒe

Les variations dans les diphtongues entre les écritures classique et mistralienne sont superficielles et tiennent pour certaines seulement par l'apparition ou la suppression d'un accent. La diphtongue « oui » en norme mistralienne résulte d'une francisation du -o prononcé -ou dans la langue d'oc ancienne que reprend la norme classique. Les écritures alibertine et félibréenne n'utilisent pas la lettre « y » comme le faisait les auteurs de la Renaissance pour plus facilement faire ressortir les diphtongues (« rey » au lieu de « rei »).

Dans les mots « courts », les diphtongues -ai et -au sont toniques et se prononcent [aj] et [aw]. Exemples : aiga ['aigɔ], sauvar ['sawva] ect.

Dans les mots « longs », les diphtongues -ai et -au sont atones et se prononcent [ej] et [ow]. Exemples : aiguier [ei'gje], sauvança [sow'vaŋçɔ] ect. Elles peuvent aussi se prononcer [ij], [i] et [uw], mais également [u], notamment en rhodanien. Ces prononciations en [ij] et [i] très présentes dans le sous-dialecte rhodanien concerne la finale atone -ei(s) des pluriels (articles, adjectifs, pronoms). Exemple: nautrei (now'tʁi). Toutefois, certaines classicistes comme Robert Lafont écrivent les finales en -i et non en -ei.

On retrouve aussi deux types de fausses diphtongues à savoir :

  • ue [ɥe] en provençal standard (maritime) (mais aussi [ɥœ] en maritime ; [jœ] (ou [œ] notamment après une consonne suivie de [ʁ] ou [l]) en rhodanien) ;
  •  : présent en rhodanien et prononcé [jɔ] mais remplacé par -ue dans les autres sous-dialectes provençaux (fuòc [fjɔ] / fuec [fɥe(k)].

L'utilisation du tréma indique l'absence de diphtongue (diérèse) et la prononciation de la syllabe à l'unité. Exemple : flaüta [fla'ytɔ].

En écriture classique, les « o » en début de mot peuvent se prononcer [u] mais la prononciation tend généralement à le diphtonguer en « ow » comme oliva > óulivo ; observatòri > óusservatori ; occitan > óucitan. Cette diphtongue est uniquement oralisée en écriture alibertine.

ConsonnesModifier
Graphème classique Graphème mistralien Prononciation commune Prononciation régionale différenciée
b b [b]
-b final -b [p] dans les mots internationaux)
c c [k]
[s] devant e, i
-c final -c [k]
  • maritime, rhodanien : muet, sauf en liaison (rarement : [k] dans les mots internationaux)
  • maritime oriental, niçois, vivaro-alpin : [k]
ç ç, ss [s] devant a, o, u
final s [s] (mais muet après une diphtongue ou un -r ; exemple : març)
cc placés devant e, i c, cc [ks (s)]
d d [d]
-d final -d [t], muet
  • maritime, rhodanien : muet, sauf en liaison (rarement : [t] dans les mots internationaux)
  • maritime oriental, niçois, vivaro-alpin : [t]
dd d [d]
f f [f]
g g [g], [d͡ʒ]
  • maritime, niçois, vivaro-alpin :
    • [g]
    • [d͡ʒ] devant e, i
  • rhodanien,vivaro-alpin  :
    • [g]
    • [d͡z] devant e, i
-g final muet
gu devant e, i gu [g]
j j [d͡ʒ], [d͡z]
  • maritime, niçois, vivaro-alpin : [d͡ʒ]
  • rhodanien, vivaro-alpin : [d͡z]
l l [l], [ɾ] En maritime, le -l suivi d'une consonne se prononce parfois comme un -r roulé (les deux sons se mélangent). Par exemple, cultura et soudat (« soldat » avant vocalisation du -l en -u) se prononce [kuɾtuɾa] et [suɾda] en roulant légèrement les -r (plus exactement en les battant). Les deux graphies admettent les deux formes.
-l- entre deux voyelles l, r [l], [ɾ]

Frédéric Mistral explique à l'entrée « L » de son dictionnaire qu'un « l » intermédiaire en maritime et en alpin se permute souvent avec un « r ».

  • maritime, vivaro-alpin : [ɾ] apicale brève (battue) entre deux voyelles.
-l final -u (parfois) [l], muet

Dans la majeure partie des dialectes, -l final est muet dans un mot paroxyton.

ll l [l]
m m [m] en général
[ⁿ][m], [ⁿ] devant une consonne (semi-nasalisation de la voyelle précédente)
-m final -n [ⁿ] (semi-nasalisation de la voyelle précédente), [m], [ⁿ]
  • maritime, rhodanien, niçois : [ⁿ] (semi-nasalisation de la voyelle précédente)
  • vivaro-alpin :
    • [m]
    • [ⁿ] aux verbes de la 1e personne du pluriel (semi-nasalisation de la voyelle précédente)
mm m [m]
n n [n], [ⁿ] devant une consonne (semi-nasalisation de la voyelle précédente)
-n final -n [ⁿ] (semi-nasalisation de la voyelle précédente)
nn n [n]
-nd final
-nt final
-d
-t
[ⁿ], [ⁿt, ⁿ], [ⁿt]
  • maritime, rhodanien : [ⁿ] (semi-nasalisation de la voyelle précédente)
  • niçois : [ⁿt, ⁿ]
  • vivaro-alpin : [ⁿt]
p p [p]
-p final p [p], muet
  • maritime, rhodanien : muet, sauf en liaison (rarement : [p] dans les mots internationaux)
  • maritime oriental, niçois :
    • [p] en général
    • [w] dans trois mots còp, tròp, cap = [ˈtʀɔw, ˈkɔw, ˈkaw] qui peuvent aussi s'écrire tròup, còup, caup (cap, « cap maritime », se prononce [ˈkaw] mais cap, « tête », se prononce [ˈkap])
qu qu, c, k (quelques mots) [k]
r r, l [ɾ] apicale brève (battue)
[ʁ]
  • rhodanien : [ʁ] quand elle est seule entre Avignon et Saint-Rémy-de-Provence.
  • maritime, rhodanien :
    • [ɾ] quand elle est seule entre Toulon, Aix, Marseille et Arles.
  • vivaro-alpin : [ɾ] ou aussi, éventuellement, [ʀ] (roulé).
rr entre deux voyelles rr [ʀ], [ɾ]
  • maritime, rhodanien, niçois : [ʀ].
  • vivaro-alpin : [ɾ] ou aussi, éventuellement, [ʀ] (roulé).
-r final -r [ʀ] (partiellement muet), [ɾ]
  • maritime, rhodanien, niçois :
    • [ʀ]
    • muet dans les verbes à l'infinitif se finissant en -ar [a], -ir [i], -er [e]
    • muet dans les terminaisons -ier, -er, -dor.
    • muet après une diphtongue.
  • vivaro-alpin :[ɾ] ; se prononce toujours dans les terminaisons, même les verbes à l'infinitif.
-rm final -r [ʀ], [ɾm]
  • maritime, rhodanien, niçois : [ʀ]
  • vivaro-alpin : [ɾm]
-rn final -r [ʀ], [ʀp], [ɾn]
  • maritime, rhodanien : [ʀ]
  • niçois : [ʀp]
  • vivaro-alpin : [ɾn]
s s [s]
[z] entre deux voyelles
-s final -s [s], [z] en liaison
  • maritime, rhodanien, niçois :
    • [s]
    • muet après une diphtongue.
    • muet dans certains mots comme pas, pus, ges, dins.
    • muet dans les pluriels se finissant par -s.
    • Cependant, -s muet est prononcé [z] devant un mot qui commence par une voyelle (liaison).
ss entre deux voyelles ss [s]
t t [t]
-t final t [t]
muet dans les adverbes en -ment.
muet dans les participes présents.
  • maritime, rhodanien : muet (rarement : [t] dans les mots internationaux)
  • niçois : [t]
  • vivaro-alpin :
    • [t]
    • muet dans certains mots, en particulier les participes passés terminant par une voyelle + -t[réf. nécessaire]
tg devant e, i
tj devant a, o, u
g devant e, i
j devant a, o, u
[d͡ʒ], [d͡z]
  • maritime, niçois, vivaro-alpin : [d͡ʒ]
  • rhodanien, vivaro-alpin: [d͡z]
tz entre deux voyelles s [d͡z], [z]
  • maritime, rhodanien : [d͡z]
  • vivaro-alpin, niçois : [z]
v v [v]
x ss [ks (s)], [gz (z)], [s]
  • [ks (s)]
  • [gz (z)] dans le préfixe ex- devant une voyelle
  • [s] devant une consonne
z z, s [z]

La prononciation des consonnes finales dans le dialecte provençal est fluctuante. Dans les sous-dialectes rhodanien et maritime, celles-ci tendent le plus souvent à s’amuïr et c'est pour cette raison que l'écriture mistralienne, calquée sur le rhodanien, tend à les enlever. Par exemple, le -at final désignant le participe passé s'écrit -a en mistralien (proussimita) - contre -at en classique (proximitat). Étant donné que les sous-dialectes niçois et alpin sont plus conservateurs dans la prononciation des consonnes finales, comme certains autres dialectes occitans, l'écriture classique tend à les remettre afin d'unifier au mieux la langue d'oc. Les dialectes sont ainsi davantage oralisés (écriture alibertine) que transcrits (écriture mistralienne).

  • B : se prononce comme en français et remplace parfois la lettre -v comme pour trabalh (clas) / trabai (mist) « travail » qui provient du latin travallum et écrit en ancien occitan trabal, trebalh, trebaill, etc.
  • C et P : en position finale elles se prononcent essentiellement en Provence orientale et alpine.
  • H : plus courant jadis (home > òme) n'est conservé que dans les diagrammes « lh », « nh » et « ch ». L'écriture mistralienne l'emploie aussi mais plus rarement (« lh » y est conservé dans le Languedoc mais la prononciation diffère du provençal classique) ; dans cette écriture, « lh » est souvent remplacé par un « i » (fuelha > fueio) ou un simple « h » (brilha > briha) selon si la syllabe est tonique ou atone, alors que « nh », qui a inspiré la langue portugaise, a été remplacé par « gn » comme en italien et en français (banha > bagna).
  • L et R : se prononcent comme en français sauf en maritime et alpin (mais aussi dans l'Hérault et en gascon) où un -l entre deux voyelles se prononce souvent [ɾ] apico-dental faiblement battu (comme le -r entre deux voyelles, similaire au -r italien). C'est pour cela que la norme félibréenne qui fixe la règle « un r entre deux voyelles vaut [ɾ] » accepte les doublets « poulit »/« pourit » et « salado »/« sarado » là où la norme alibertine note « polit » (joli, gentil) et « salada » (salade). En effet, Mistral précise que le -r seul, y compris entre deux voyelles, se prononce faiblement battu presque comme un -l ; -l et le -r ont ainsi tendance à voir leur prononciation se confondre dans ces cas. Lorsque deux -r se suivent, il se prononce comme en français. Le -r final, réintroduit dans les infinitifs en écriture classique (cantar, tenir, etc.) est muet, sauf en vivaro-alpin. Cependant, chez les félibres il est essentiellement prononcé dans les mots à monosyllabiques (exemples : car, mar, etc.).
  • N et M : elles ont la même prononciation (-n nasal), sauf à l'initial.
  • S : est très variable. Elle tend généralement à se prononcer sauf dans les formes du pluriel ou dans la plupart des noms de lieux et communes.

Les consonnes « k » et « w » sont absentes de l'écriture alibertine. La première est remplacée par « qu » (kilo > quilò) alors que la seconde est remplacée par « v » (Wikipédia > Viquipedia). L'écriture mistralienne n'utilise également pas « w » mais emploie « k » pour douze mots dans le dictionnaire provençal-français de Frédéric Mistral : karabe (succin, ambre jaune) ; kaulin (kaolin) ; kepi (képi) ; kermés (kermès) ; Kerounièio (Chéronée) ; kersounèso (chersonèse) ; kilougramo (kilogramme) ; kiloumètre (kilomètre) ; kinarredoun (cynorrhodon) ; kirié (kyrie) ; kiriello (kyrielle) et kirsch (kirsch). L'auteur précise d'ailleurs que cette lettre est presque inusitée en langue d'oc moderne et était plus employée dans l'ancien occitan. C'est prétendument dans un souci de simplification que les classicistes ont remplacé la lettre « k »[réf. nécessaire].

  • X : la lettre « x » est particulière. Étant donné que l'écriture mistralienne tend à baser l'écriture des dialectes sur la prononciation, elle restreint sa prononciation au son [ks] comme dans le languedocien « prouximitat » prononcé [prouksimitate] (correspondant au groupe consonantique -cs). Frédéric Mistral indique que les « provençaux ne se servent jamais de cette lettre » et qu' « ils la remplacent par s ou ss ». Les occitanistes ont choisi de généraliser l'utilisation de la lettre -x mais en lui donnant différentes prononciations comme en français. Ainsi, en écriture alibertine « proximitat » se prononce [pɾusimita] en provençal (de la même manière que le -x de Bruxelles) et [pʀuksimitate] en languedocien. Entre deux voyelles, « x » peut se prononcer [z] ou [jz] comme dans exercici [ejzeʁ'sisi / ezeʁ'sisi].
DigrammesModifier
Graphème classique Graphème mistralien Prononciation commune Prononciation locale différenciée Exemple Prononciation de l'exemple
ch en général ch [t͡ʃ] rhodanien : [t͡s] Cla. : chichí fregit
Mist. : chichi fregi
t͡ʃi't͡ʃi fʀe'd͡ʒi
ch en final ch [t͡ʃ], muet Le -ch final est supprimé dans l'écriture mistralienne pour le maritime et le rhodanien.
vivaro-alpin, niçois : [t͡ʃ]
Cla. : nuech
Mist. : nue, niue, nuech, niuech
nɥe, niœ, nɥet͡ʃ, niœt͡ʃ
lh en général lh, i(h) [j], [ʎ] maritime, niçois, rhodanien : [j]
vivaro-alpin : [ʎ]
Cla. : Marselha
Mist. : Marsiho
masi'jɔ
lh en final lh, u, i [l], [w], [j] maritime, rhodanien : [w] (vocalisation fréquente mais non systématique)
maritime, niçois : [j]
vivaro-alpin : [l]
Cla. : uelh
Mist. : uei
ɥej
nh, gn en général gn [ɲ] Cla. : montanha, ignòble
Mist. : mountagno, ignoble
muⁿ'taɲɔ, iɲɔble
nh en final n [ⁿ], [ɲ] maritime, rhodanien, niçois : [ⁿ]
vivaro-alpin : [ɲ]
Cla. : banh
Mist. : ban
baⁿ
tz en général s [s] Class. : crotz
Mist. : crous
kʀus

Les digrammes en écriture alibertine sont les suivants :

  • CH :se prononce [t͡ʃ] en maritime comme dans pichon [pit͡ʃun] et [t͡s] en rhodanien comme dans pichòt [pitsɔ].
  • LH : se prononce toujours en (j) sauf parfois en fin de mot où il peut-être amuï. Il se prononçait autrefois [ʎ] comme « gl » en italien et se conserve essentiellement en languedocien et en vivaro-alpin. Il était encore sporadiquement conservé dans quelques mots en provençal moderne comme dans le parler varois du sous-dialecte maritime qui note fiuelho[76] pour « feuille  » contre fueio dans le provençal standard de la norme mistralienne.
  • NH : se prononce toujours [ɲ] (comme le français « montagne » qui s'écrit montanha en occitan) sauf en position finale où il se prononce [ŋ] comme dans pan.
  • GN : se prononce parfois [ɲ]. Exemples : digne, ignorar, signar, etc.
  • TZ : se prononce [s]

L'écriture félibréenne emploie de « ch » mais a transformé les autres. Ainsi, l'écriture traditionnelle -tz passe à -s, -nh à -gn et -lh passe fréquemment à -i ou -h, mais se maintient dans de rares mots provençaux très localisés et s'emploie à l'écrit dans d'autres dialectes de l'occitan.

Groupes de consonnesModifier

Dans un souci d'une meilleure réunification à l'écrit de la langue d'oc et par calque de l'orthographe catalane, l'écriture classique réemploie certaines consonnes doubles se prononçant dans des dialectes particuliers et que l'écriture mistralienne a supprimé par simplification orthographique (seulement pour le provençal standard).

Graphème classique Graphème mistralien Prononciation commune Exemple Prononciation de l'exemple
bd, gd d [d] Cla. : ebdomadari
Mist. : edoumadari
edumadaɾi
tl l [l] Cla. : espatla
Mist. : espalo
ɛspalɔ
dm, gm, tm m [m] Cla. : setmana
Mist. : semano
semanɔ
bn, gn, mn, tn n [n] Cla. : condamnar
Mist. : coundana
kuⁿdana
bs, cs, ns, ps, rs s [s] Cla. : psicologia, accent, inspirar, constatar
Mist. : sicoulougio, acènt, ispira, coustata
sikulud͡ʒi, aceⁿ, ispiɾa, kustata
bt, ct, pt t [t] Cla. : subtilitat, acte
Mist. : sutileta, ate
sytilita/sytileta, ate
bv, dv v [v] Clas. : adversari
Mist. : aversàri
avesaɾi

Quand deux consonnes se suivent, les deux graphies ne prononcent que la seconde. Cependant, la première propose une autre solution en vocalisant les premières consonnes comme -b, -c, -g, -p en -w. Exemples : absolut [owsu'ly], adoptar [adow'ta]. Elle propose aussi la transformation de -c en [j] après -e et -è. Exemples : lectura [lej'tyrɔ], objectar [owdʒj'ta].

Le dictionnaire provençal-français du CREO-Provença (IEO) précise que des débats existent quant au maintien de certains groupes consonantiques du fait de l'alourdissement qu'ils peuvent générer. Ainsi, là où le -t de setmana peut-être facilement assimilable comme dans viatjar, le -p dans psicologia et le -ns dans constatar le sont moins. C'est pourquoi, précise l'ouvrage, certains classicistes écrivent sicologia, costatar ect.

ArticlesModifier

Le provençal « général » (maritime et rhodanien) possède les articles suivants :

masculin singulier féminin singulier masculin pluriel féminin pluriel
Norme classique
Articles définis Lo La Lei Lei
Articles indéfinis Un Una Dei Dei
Norme mistralienne
Articles définis Lou La Lei/Li Lei/Li
Articles indéfinis Un Uno Dei/Di Dei/Di

Les articles en écriture mistralienne lou et la proviennent de l'ancien occitan lo et la que l'écriture classique reprend.

Pour les formes du pluriel, l'article lei(s) pour le masculin et le féminin provient de las. L'absence de standardisation et les pratiques populaires contribuèrent à ces changements.

L'écriture classique généralise l'utilisation de lei(s), pour le masculin et féminin pluriel, que l'on dise lei(s) ou li(s) (selon la variété de provençal) Certains classicistes en provençal comme Robert Lafont, usaient ou usent encore de l'écriture li(s) pour le rhodanien. Le li rhodanien et niçois provient de lei(s) et s'est développé comme tel par un amuïssement de la lettre « e ». À noter que, le niçois utilise lu pour le masculin pluriel provenant de lous, lui même de los tandis que le rhodanien généralise li(s).

Le dialecte alpin emploi au singulier lou et la (norme alibertine : lo et la) et au pluriel lous, les, lei(s) (norme classique : los, les, lei(s)).

Frédéric Mistral explique que « les formes li, lis, lei, leis, sont relativement modernes ». Chez Brueys, qui écrivait à Aix vers 1600, on trouve tantôt leis (leis damos, leis omes) tantôt las (las terros, las fremos). Les toulousains emploient les au sujet et lous au régime[77].

NombresModifier


En occitan, la marque du pluriel pour les substantifs est "s" final que l'on ne prononce pas (sauf en liaison) en maritime, niçois et rhodanien mais elle se prononce en alpin. Dans les trois premiers sous-dialectes, seul l'article permet d'identifier si la forme est au singulier ou au pluriel :

  • La poma d'amor, lei pomas d'amor (la tomate, les tomates).
  • En graphie mistralienne, le "s" final du pluriel n'existe pas (maritime, niçois, rhodanien) et le nom est invariable : la poumo-d'amour, lei poumo-d'amour.


Pour les adjectifs, la marque du pluriel peut-être soit "s" soit "ei(s)". Le "s" du pluriel ne se prononce qu'en liaison et suivi d'une voyelle. Les adjectifs se terminant par "s" concernent ceux placés après le nom.

  • Un òme brave, Deis òmes braves.
  • Una frema brava, Dei fremas bravas.

Les adjectifs se terminant par "ei(s)" concernent ceux placés avant le nom.

  • Un brave òme, De braveis òmes.
  • Una brava frema, De bravei fremas.

Dans les mots composés, la langue occitane fait précéder le substantif à l'adjectif alors que le français fait l'inverse (ex: Castèu nòu / Neufchâteau)[78].


Cependant les adjectifs bèu, bòn, pichon possèdent une flexion complète (les formes mistraliennes maritime varoise et rhodanienne sont entre parenthèses) :

français masculin singulier féminin singulier masculin pluriel féminin pluriel
beau bèu, bèl bèla (bello) bèi bèlei (bellei/belli)
bon bòn (bouan/bon) bòna (bouano/bono) bòi (bouei/boi) bòni (bouanei/boni)
petit pichon (pichoun) pichona (pichouno) pichoi (pichoui) pichonei (pichounei/pichouni)

A noter dans les exemples ci-dessus, le maritime marseillais remplace la diphtongue maritime varoise et alpine "oua" par "oue" alors que le niçois utilise "ouo" (avec terminaison en -i pour le pluriel).

ConjugaisonModifier

Codification, standardisation, graphiesModifier

Deux systèmes d’écritureModifier

 
Nom de rue en provençal maritime et en graphie mistralienne
 
Idem avec diphtongue : dóu

Le provençal connaît depuis le XXe siècle deux systèmes d'écriture concurrents qui diffèrent par l'orthographe et, parfois, par les formes orales qu'ils induisent. Pour cette raison, on parle souvent de deux différentes graphies même s'il serait plus exact de parler de normes (incluant chacune une orthographe et des formes orales).

  • La norme mistralienne s'appuie sur une orthographe dite phonétique qui prétend limiter les distorsions entre l'écrit et l'oral. Elle a été initialement mise au point par Joseph Roumanille et promue par Frédéric Mistral dans les années 1850. Elle a été utilisée par le Félibrige dès sa fondation en 1854 (mentionnée dans ses statuts de 1911), ainsi que par des mouvements plus récents comme Parlaren. Elle est utilisée par une grande partie des écrivains, des chanteurs, des enseignants, des institutions locales (affichage public, etc.). Depuis 2006, un Consèu de l'Escri Mistralen (Conseil de l'écrit mistralien), organe interne du Félibrige, a été créé à l'initiative du majoral Bernard Giély. Il a pour tâche de compléter l'œuvre lexicographique de Mistral[79],[80]. On assimile souvent la norme mistralienne à une transcription du rhodanien mais les travaux de Pierre Vouland[81] ont montré de nombreuses différences morphophonologiques entre le rhodanien parlé et le provençal écrit. "Nous rejetons cette lettre (r de l'infinitif), plusieurs consonnes finales et bon nombre de lettres étymologiques, parce que, après mûre réflexion, nous n'avons pu nous résoudre à profondément altérer, et souvent, à détruire complètement le caractère distinctif, la physionomie particulière, la douce harmonie, la délicatesse et la grâce des dialectes d'Arles et du Comtat, en les pliant de vive force à une orthographe savante."[82] de Joseph Roumanille qui exprime son rejet d'une écriture traditionnelle qu'il juge dépassée au profit d'une écriture phonétique qui sera basée en grande partie sur la phonétique française (ex: encourpouracioun est un francisme d'incorporacio (écrit incorporacion en classique) car le -in ancien s'écrit -en en écriture mistralienne puisque c'est sa prononciation française - même chose pour le -o ancien qui se prononçait fréquemment -ou).
  • La norme classique a été définie à partir du XIXe siècle par le provençal Simon-Jude Honnorat, le limousin Joseph Roux et les languedociens Prosper Estieu et Antonin Perbosc. Sa codification a lieu entre 1935, pour le languedocien, par Louis Alibert (Gramatica Occitana segon los parlars lengadocians revue en 1950 par l'Institut d'études occitanes, notamment pour prendre en compte les apports de Joseph Salvat) et les années 1960 pour le nord-occitan, voire la fin du XXe siècle pour l'aranais et l'occitan cisalpin. La graphie classique a été adaptée au provençal moderne par Robert Lafont (1951, 1972) de l'Institut d'Estudis Occitans et complétée, depuis 1996, par le Conselh de la Lenga Occitana (CLO). La norme classique propose une écriture convergente pour tous les dialectes occitans (auvergnat, gascon, languedocien, limousin, provençal et vivaro-alpin). L'Institut d'Estudis Occitans et sa section provençale (le C.R.E.O.-Provença) publient des ouvrages pour la diffuser[83] en Provence. Elle est aussi utilisée dans les écoles bilingues Calandretas implantées dans l'aire du provençal (Orange, Nîmes). Simon-Jude Honnorat fut critique envers les choix des rhodaniens dans leur écriture phonétique. « Ceux qui ont mal à propos substitué l'o à l'a final des substantifs et des adjectifs féminins n'ont pas fait attention qu'ils n'étaient pas conséquents avec eux-mêmes : car lorsqu'ils ont voulu former des mots composés, ils ont, comme toujours, été obligés de revenir au mot non altéré. C'est ainsi qu'en ajoutant la désinence ment (esprit, manière de faire), à regla, par exemple ils ont fait reglament, tandis qu'ils auraient dû écrire ce mot, d'après leurs principes, regloment, parce qu'il est composé de règlo, et de ment, suivant leur orthographe. »[39].

Il existe des controverses complexes entre les partisans des deux normes. L'utilisation d'une graphie particulière n'est pas toujours l'indice d'une prise de position dans le débat sur la reconnaissance de la langue provençale ou du provençal comme dialecte occitan. Malgré ces oppositions, il y a aussi des actions unitaires[84].

Si la norme mistralienne domine dans l'ensemble de l'espace Provençal et vivaro-alpin, à hauteur de 90 à 95 % (Blanchet 2002, qui s'appuie sur un dictionnaire des auteurs provençaux du XXe siècle publié par des occitanistes et sur un recensement ds panneaux installés par lescommunes)[pertinence contestée], à l'est du Vidourle, c'est la norme classique qui prédomine dans des proportions semblables.

De fait, même si en Provence, l'utilisation de la norme classique plus savante et plus unitaire à l'écrit que celle de Roumanille est en croissance, la graphie mistralienne reste encore l'usage majoritaire du fait de facteurs traditionnel et culturel.

Pour chacune des deux normes, il existe, d'une part, des attitudes favorables à la stabilité de la norme et, d'autre part, des attitudes qui encouragent un usage flottant, localiste et/ou individualiste (en rupture avec la norme). On trouve aussi des partisans de la standardisation (standards régionaux) et des partisans d'une polynomie, à la corse, voir encore des utilisateurs qui tendant phonétiser davantage l'écriture classique afin d'avoir une écriture intermédiaire entre les deux normes dans le but d'éviter certaines règles trop complexes.

Avant l'apparition de l'écriture classique ou mistralienne, dont la dernière est une codification basée sur le provençal rhodanien alors que la première est basée sur l'ancien provençal qui est plus unie, d'autres auteurs avaient déjà participé à un recensement des différents mots utilisés en occitan autrefois appelé provençal. Par exemple, il y aura Simon-Jude Honnorat qui dans son dictionnaire provençal-français écrivit les mots en provençal de son époque ainsi que quelques mots retrouvés dans l'ancien provençal. Aujourd'hui, si on devait écrire le premier paragraphe de la déclaration universelle des droits de l'homme dans le provençal au temps d'Honnorat, il donnerait le texte suivant selon les dialectes provençaux (soit une forme intermédiaire entre classique et mistralien) : "Touteis/toutis/toutes lei/li/les/lous persounas naisson liures e/et egalas en dignitat/dignetat e en drech. Soun doutadas de rasoun e de counsciença e li fau agir entre eli embe/ambe/ame esperit/espirit/esprit de fraternitat.". On remarque également une forme ressemblant au niçois mistralien moderne. D'ailleurs, comme le disait Jean-Pierre Tennevin, le niçois est le dialecte provençal qui a la forme la plus proche de l'ancien provençal (même si l'écriture classique est bien plus proche encore)[85]. Alors qu'il était partisan de ce système graphique, Frédéric Mistral par la pression de Joseph Roumanille[86] finit par opter pour l'écriture dite mistralienne car phonétique afin de faciliter l'apprentissage de la langue du Midi par la suppression de la majorité des lettres muettes et la transformation de certaines en cohérence à la prononciation. C'est en partie par ce choix graphique que certains partisans de la renaissance oc choisissent de faire sécession du Félibrige pour fonder le S.E.O.. Ils y développeront l'écriture classique en se basant sur les recherches de Simon-Jude Honnorat, sur le dictionnaire de Frédéric Mistral pour adapter l'écriture ancienne aux évolutions du temps tout en réaffirmant l'unité de la langue et en choisissant une plus grande oralisation des dialectes même si les distinctions écrites sont toujours présentent et parfois-même amplifiées par des usages populaires souhaitant faire un mélange avec l'écriture mistralienne. Outre son aspect traditionaliste, l'écriture classique c'est également inspiré de l'écriture des catalans en adoptant l'utilisation du -ç en lettre finale et en le généralisant à l'initial comme en milieu de mot. (Mars/marts (mistralien et ancien provençal) > Mars/Marts/Març (classique selon les cas)).

Extrait biographique[87] de Simon-Jude Honnorat par René Merle qui montre un homme passionné par son dialecte et la langue des troubadours et qui finira blessé par le rejet des bas-provençaux de son écriture jugé trop savante même si en réalité elle l'est nettement moins que l'écriture classique contemporaine : "En 1840 , HONNORAT s'adresse à l'ensemble des sociétés savantes et académies méridionales , et à travers elles aux élites culturelles , religieuses , administratives , des pays d'Oc. Il présente son énorme travail sur le dictionnaire , les perspectives qu'il ouvre dans la reconnaissance de la langue d'Oc comme langue de la vie quotidienne et de la culture pour plus de dix millions de français , vivant dans quelque 35 départements . Honnorat récoltera surtout de l'indifférence , il en sera grandement déçu et affligé. Il en va de même dans ses rapports avec les premiers "renaissantistes" provençaux. Certes , une poignée d'érudits ont été gagnés à la graphie classique. Mais dans les années 1840 se groupent autour du "Boullabaisso" de DESANAT nombre d'auteurs d'extraction petite-bourgeoisie ou populaire , extrêmement divers, dans les registres, dans leurs choix graphiques : leur désir d'être lu par le peuple va à des solutions de simplification graphique qui annoncent les choix félibréens, d'autant que pour beaucoup le retour à la graphie classique apparaît comme un retour à l'archaïsme conservateur.", "Il meurt désespéré et isolé en 1852. Un an plus tard, pourtant le congrès des Poètes Provençaux , à Aix , adoptait quasi officiellement un retour à une graphie classique qui n'aurait pu que réjouir HONNORAT. C'était compter sans ROUMANILLE et ses amis, qui , en 1854, se retirent de l'entreprise pour fonder le Félibrige provençal. Dès lors , la querelle fera rage entre les disciples d'HONNORAT , comme Damase ARBAUD le Manosquain , et le jeune Félibrige, partisan d'une graphie qu'il estime dans sa simplification plus apte à être comprise par les Provençaux, et au premier chef par les Rhodaniens. HONNORAT pâtissait ainsi d'un double refus provençal , refus de la langue de la montagne , arbitrairement dévalorisée par rapport aux parlers de la basse-Provence , refus de ses choix graphiques , jugés trop savants et compliqués. Un siècle et demi après, HONNORAT nous apparaît comme la métaphore de l'aliénation linguistique et de l'aspiration à la désaliénation. Dans sa jeunesse, HONNORAT renie son parler natal pour mieux accéder au français. C'est en français et par le français que le jeune fils de paysan pourra s'instruire , faire carrière , voyager... À l'âge d'homme , il retourne à ce patois qu'il érige en langue d'Oc, forte de son passé prestigieux et de son espace immense. Mais que faire de cette langue condamnée à n'être plus parlée que par les paysans , et bientôt plus parlée du tout , quand ce destin , privé de soutien officiel , ne dépend plus que de ses défenseurs ?"

Comparaisons entre les normes mistralienne et classiqueModifier

Orthographe identique, forme orale identiqueModifier

Les termes en ancien provençal montre la diversité d'écriture des mots pour l'ensemble des dialectes occitans.

français ancien provençal provençal mistralien provençal classique Prononciation (API)
ciel sel > cel cèu cèu [ˈsɛw]
grand gran grand grand [ˈgʀaⁿ]
naturel natural > naturau naturau naturau [natyʀaw]

Orthographes différentes, forme orale identiqueModifier

La permutation de l'écriture dite mistralienne vers celle classique peut entrainer des changements orthographiques mais conserve généralement la même forme orale. Cependant, certains dérivés sous-dialectaux ne sont pas toujours pris en compte dans l'écriture classique dans un souci d'une standardisation des dialectes. Ainsi, le mot varois "fiuelho" (prononcé fieulio) de l'ancien provençal fuelha (prononcé fieulia/fuélia) est abandonné au profit de la forme commune plus évoluée qui est "fueio/fuelha" prononcé "fuéio". La prononciation reste la même pour ces deux derniers mots.


Les sigles proviennent du dictionnaire de Frédéric Mistral ont les significations suivantes :

  • alp. = alpin ;
  • mar. = maritime standard ou/et marseillais ;
  • mar-ori. = maritime oriental (arrondissement de Grasse) ;
  • niç. = niçois ;
  • rho. = rhodanien ;
  • var. = varois (Var + arrondissement de Grasse).

Les termes en ancien provençal montre la diversité d'écriture des mots pour l'ensemble des dialectes occitans.

français ancien provençal graphie mistralienne graphie classique prononciation (API)
avril april, abriel, abriu abriéu abriu [aˈbʀiw, aˈbʀjew]
boire beber, beure béure, buoure (mar.) beure [ˈbewre]
eau aiga, aigua, ayga, aygua aigo, aiga (niç.) aiga [ˈajgɔ], [ˈajga]
femme frema, fembra, femena, frema, fempna, femna, fenna, femma, fema femo/fumo (rho.), fremo/frumo (mar.), frema/fruma (niç.) femna (rho.), frema (mar., niç.) [ˈfeⁿnɔ, ˈfemɔ, ˈfɾemɔ ]
feu fuc, foec, fuec, fog, foc, fuoc, fioc fiò (rho.), fue (mar.), fuec (mar-ori.), fuoc (niç.), fiue/fiuec/fuéu/fuou (var.) fuòc, fuec (mar.) [ˈfjɔ] [ˈfɥe]
honneur haunoo, honnor, honor, onor ounour onor [uˈnuʀ]
hommes (pl.) om, hom, ombre, omne, homi, home ome òmes [ɔme]
jour jort, jorn, jor jour (rho., niç., mar-ori.), jou (mar., niç.), journ (alp.) jorn [ˈdʒuʀ, ˈdzuʀ]
ligne linha ligno, ligna (niç.), lino (mar.) linha [ˈliɲɔ], [ˈliɲa]
manger minhar, minyar, mingar, menyar, menjar, mengar, mandugar, mangar, maniar, manjar manja, menja (alp.) manjar [maⁿˈdʒa]
Mireille - Mirèio, Mirèia (niç.) Mirèlha [miˈrɛjɔ], [miˈrɛja]
Nice Niza, Nisa, Nissa Niço, Niça/Nissa (niç.) Niça [ˈnisɔ (ˈnisa)]
occitan - óucitan occitan [u(w)siˈtaⁿ]
Occitanie - Óucitanìo, Óucitanié (mar.) Occitània, Occitaniá (mar.) [u(w)siˈtanj], [u(w)siˈtanie]
petit - pichoun, pechoun (alp.), pichot (rho.) pichon, pichòt [piˈtʃuⁿ]
Provence Prozensa, Prohenssa, Prohensa, Proenza, Proensa Prouvènço, Prouvènça (niç.) Provença [pʀuˈvɛⁿsɔ]
provençal Proensal, Proensau prouvençau provençau [pʀuveⁿsˈaw]
terre Terra terro, tearro (alp.), terra (niç.) tèrra [ˈtɛʀɔ], [ˈtɛʀa]
taille tala, tailha taio talha [ˈtajɔ], [ˈtaja]
proximité propinquitat proussimeta, proussimita (mar., niç.) proximitat [prusimita]
étoile estela, stella, estella estello (mar.), estela (niç.), estelo (rho.), estielo/estiero/estialo/esteero/estearo (alp.) estèla, estela (niç., rho., alp.), estiela/estrela (alp.) [ɛstɛlɔ], [ɛstela], [ɛstelɔ], [ɛstielɔ]
étoilé estelat estela, esteara (alp.) estelat [ɛstela]
forêt silva > selva > salva > sauva séuvo, séuva (niç.) seuva [sewvɔ]

Le changement du -ou vers le -o s'explique par l'utilisation du -o d'origine qui se prononçait dans un son proche du -ou est qui finit par le devenir avec la francisation de l'écriture du provençal[88]. De même pour le -a final qui est muet devant une voyelle et après un -i, et presque muet devant une consonne, s'est écrit au fil des siècles par un -a (maintenu à Nice) puis par un -e (temporairement à Marseille) avant de redevenir un -o (normalisation de l'écriture mistralienne mais accepte les écritures avec -a et -e)[89].

la diphtongue -iéu (jew) en écriture mistralienne a été déclarée standard par le Felibrige vis-à-vis de l'écriture traditionnelle -iu donnant le son (iw). On retrouve la prononciation et l'utilisation du -iéu principalement dans les Bouches-du-Rhône entre Arles et Marseille alors que le reste de la Provence conserve encore l'écriture -iu. En français, les termes de riéu et riu donnent respectivement rieu et riou (exemple : nom d'un quartier de Cannes). L'écriture classique choisit de standardiser -iu et d'oraliser le son -jew.

Le choix du -e est là encore une francisation car comme l'explique Simon-Jude Honnorat dans son dictionnaire, "Mountagna" se prononce "Mountagne". Les rhodaniens de Roumanille, en voulant imposer à la Provence la norme d'écriture du Rhône, auquel était opposé, à ses débuts, Mistral qui voulait choisir celle d'Honnorat[90], ont remis à l'ordre du jour le -o à la place du -e. En réalité, le -o final peut-être remplacé par un -a, tout comme Mistral expliquait que le -a niçois pouvait s'écrire comme le -o provençal car la prononciation était similaire[91]. Le -a final ne se prononce plus comme le -a d'origine mais produit un son -a bref et presque muet qui ressemble au -o de "sort", "pomme". Devant une voyelle ce -a/-o ne se prononce pas.

Les diagrammes -nh et -lh sont typiquement présentes dans l'ancien provençal puis ont été abandonnées par francisation et italianisation au profit du -gn et du -ll/-i/-lh. En revanche, au Moyen Âge, le -nh et le -lh du Midi se sont exportés dans d'autres langues comme le portugais[88]. Avant la réforme de Roumanille, les dialectes du marseillais (ancien nom du maritime) employait -ll qui fut remplacé par -i, c'est ainsi que l'on écrivait Marsillo devenu Marsiho, qui ne sont que des altérations du mot d'origine Marselha que certains écrivent Marsilha[92].

Dans l'écriture classique, la règle du -e est la plus savante de toutes car selon les lettres qui la suivent[93], elle se prononce -é (soleu), -i (Marselha), -u (frema), -a (mercat). Certains occitanistes pour éviter d'avoir recours à cette règle tendent à ne pas oraliser la prononciation dialectale mais à l'écrire selon les préconisations de Roumanille mélangée à l'écriture classique et ainsi écrire : soleu, Marsilha, fruma, marcat. Cependant, ces modifications populaires varient suivant l'usage de chacun mais tendent à se conformer aux simplifications apportées par l'écriture mistralienne.

Les occitanistes surutilisent le -ç en l'incorporant à l'initial et à la finale des mots, c'est ainsi que Laurens devient Laurenç ou encore Mars devient Març (mois), mais se conserve pour dimars (mardi) et Mars/Marts (Dieu). Les occitanistes n'utilisent pas tous le choix du -ç, tout comme certains ne remettent pas tous les -ts et tz finaux qui se prononcent -s[92]. D'autres choisissent de supprimer la lettre -ç et reviennent au -s, c'était le cas des classicistes provençaux qui ont pendant un temps écrit "Provensa" selon la forme médiévale[94] avant de repasser à "ç" (exemple d'évolution du mot Provence: Provincium > Provensa > Provenço > Provença).

On note aussi dans l'espace maritime que certaines personnes choisissent d'écrire -ien au lieu de -ion[95] (normalisation de l'écriture classique qui peut aussi se prononcer -ian localement)[93] car on écrit et on prononce traditionnellement -ien ce sous-dialecte à l'exception de l'arrondissement de Grasse qui conserve comme les sous-dialectes niçois et rhodanien la prononciation -ioun qui s'écrit -ion/ioun selon les graphies.

En finalité, l'objet de la graphie classique vise à une plus grande unité de l'écriture de la langue d'oc par l'oralisation de ses dialectes et de ses sous-dialectes, ce qui est l'exact inverse de la graphie mistralienne. Ceci engendre par la même occasion une plus grande unité dans l'écriture des sous-dialectes provençaux. En effet, là où l'écriture mistralienne propose pour le mot français "jour" les formes "jour" (générale), "jou" (marseillaise) et "journ" (alpine), l'écriture classique propose le mot en ancien provençal "jorn" qui s'oralise en (jour, journ, jou) selon les localités en Provence. En parallèle, on a la même situation en langue française où le mot "moins" se prononce par endroit "mouin" et "mouince".

Orthographes différentes, formes orales différentesModifier

Il existe quelques différences de prononciation entre les normes mistraliennes et classiques car la dernière souhaite lutter contre certains francismes récents en modifiant superficiellement certains mots pour les calquer sur les mots anciens ou simplement en incorporent des mots anciens qui n'étaient plus usités du fait de l'influence du français. Ceci avec pour objectif de rendre un aspect plus authentique à la langue.

français En graphie mistralienne, prononciation (API) En graphie classique, prononciation (API)
août avoust [aˈvus] avost [aˈvus] ou aost[96] [aˈus]
janvier janvié [dʒaⁿˈvie] genier [dʒeˈnje] (aussi "genoier" et "janvier" (francisme))
juillet juliet [dʒyˈlje], varoise, alpine: juiet [dʒyˈje] julhet [dʒyˈje]
machine machino (francisme) [maˈtʃinɔ] maquina [maˈkinɔ]
particulier particulié (francisme) [paʀtikyˈlje] particular [paʀtikyˈlaʀ]
service service (francisme) [seʀˈvise] servici [seʀˈvisi]
téléphone telefone (francisme) [teleˈfɔne] telefòn [teleˈfɔⁿ]

Noms des vingt plus grandes communes de la région ProvenceModifier

Les noms ci-dessous représentent les noms des villes en provençal dans l'écriture classique (originelle et traditionnelle) et celle dite mistralienne (oralisante et francisante).

Les communes n'ayant pas deux écritures indiquent que l'écriture est la même dans les deux graphies. L'écriture ancienne ou d'inspiration ancienne (classique) s'est conservée dans l'écriture phonétique (mistralienne).

Les traductions suivantes proviennent du dictionnaire de Frédéric Mistral : Lou Trésor dòu Félibrige et regroupent les noms de quelques principales communes actuelles dans le comté de Provence avec leur évolution naturelle et celle par l'influence du français avec le -o d'origine qui se prononçait dans un son proche du -ou, ou encore le -a final qui devient presque muet ressemblant parfois à un -o, parfois à un -e, voire un -a selon les territoires. Le -nh traditionnel se transforma en -gn alors qu'il se maintient dans le portugais qui a adopté l'orthographe des troubadours. Les traductions de la graphie mistralienne sont complétées par celle classique qui s'inspire de l'orthographe d'origine (avant la forte influence du français) pour donner une image authentique à la langue tout en conservant généralement les évolutions modernes de la langue comme la vocalisation consonantique (consonne qui devient voyelle) du -l vers le -u, bien que maintenue en Languedoc (ou Occitanie).

Qu'importe la graphie, la prononciation est la même.

Ces traductions classiques proviennent du Dictionnaire provençal-français (Diccionari provençau-francés) de l'escomessa Creo-Provença (soutenu par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Conseil général des Bouches-du-Rhône, la ville d'Aix-en-Provence, la ville de Cannes, la ville du Cannet et la ville de Mougins).

Villes Noms en latin Noms en provençal (écritures traditionnelles avant les normalisations) Noms en provençal (écritures mistralienne et classique) Département Nombre d'habitants (2015)
01 Marseille Massilia > Mansella > Marsilia Maselha > Marselha > Marcelha > Marseillo > Marsillo Marsiho, Marselha Bouches-du-Rhône 869 815
02 Nice Nicæa > Nicea > Nicia Niza > Nisa > Nissa Niço (pop. Nissa), Niça (pop. Nissa) Alpes-Maritimes 342 522
03 Toulon Telo Martius > Thollonum Tolo > Tollum > Thollon > Tollon > Tholon > Tolon > Touloun Touloun, Tolon Var 169 517
04 Aix-en-Provence Aquæ Sextiæ Ais (pop. z'Ais ; provient de "az Ais" (à Aix)) Ais (pop. z'Ais ; pour "à Aix" l'écriture mistralienne écrit "a-z-Ais", alors que l'écriture classique simplifie en "as Ais") Bouches-du-Rhône 146 192
05 Avignon Avennio Avinhon Avignoun, Avinhon Vaucluse 92 378
06 Antibes Antipolis > Antiboles > Antibules Antibols > Antibol > Antibo Antibo, Antíbol Alpes-Maritimes 76 119
07 Cannes Castrum de Canois > Canæ Canoa > Cano Cano, Canas Alpes-Maritimes 75 226
08 La Seyne-sur-Mer Sagena Cenha (origine présumée selon Mistral) La Sègno, La Sanha Var 0 065 691
09 Hyères Areæ > Her > Heiræ Ad Yeras, Az Ieras, Ieyras > Ieiras > Ieras > Iero Iero, Ieras Var 0 057 578
010 Arles Arelas > Arelatum > Arelate Arlese > Arles > Arlle > Arle Arle Bouches-du-Rhône 0 053 853
011 Fréjus Forum Julii > Forojulium > Frejurium Frejuls > Frejurs > Frejus Frejus, Frejús Var 0 053 734
012 Grasse Crassa > Grassa Grassa > Grasso Grasso, Grassa Alpes-Maritimes 0 051 994
013 Martigues Martigium > Marticum > Marticus > Martigus Martegues > Martegue > L'Ila de Martegue > Lo Martegue, Lou Martegue Lou Martegue, Lo Martègue Bouches-du-Rhône 0 049 938
014 Cagnes-sur-Mer Caigna Caigna > Cagno Cagno, Canha Alpes-Maritimes 0 049 799
015 Aubagne Albania > Albanea Albanha > Albagna > Aubagno Aubagno, Aubanha Bouches-du-Rhône 0 045 844
016 Salon-de-Provence Salona > Salonum > Salonis > Salo Salum > Sallon > Salon > Selho > Selo > Selon > Seloun Seloun, Selon Bouches-du-Rhône 0 045 461
017 Istres Istrium > Istrum Istre Istre Bouches-du-Rhône 0 044 514
018 Le Cannet Cannetum Cannet > Caned > Lo Canet > Lou Canet Lou Canet, Lo Canet Alpes-Maritimes 0 042 016
019 Draguignan Dracæna > Dracænum > Draguianum > Draguinianum Draguignan Draguignan, Draguinhan Var 0 041 149
020 La Ciotat Civitatis > Civitas Civitat > La Ciutat > La Ciéutat La Ciéutat, La Ciutat Bouches-du-Rhône 0 035 994

Expressions et proverbesModifier

Voici quelques expressions usuelles (graphie mistralienne / graphie classique):

  • Bono annado, bèn granado e bèn acoumpagnado / Bòna annada, ben granada e ben acompanhada. En français : bonne année, bien prospère, et bien accompagnée (de santé).
  • Se fai pas lou civié avans d'avé la lèbre. / Se fai pas lo civier avans d'aver la lèbre. En français, littéralement : On ne fait pas le civet avant d'avoir le lièvre. Soit l'équivalent du proverbe français : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué (Jean de La Fontaine, livre 5, fable 20 L'ours et les 2 compagnons).
  • Fa(i) de bèn a Bertrand te/ti lou rendra en cagan / Fa(i) de ben a Bertrand , te/ti lo rendrà en cagant. En français : fais du bien à quelqu'un, et il t'envoie promener. Assemblage de faire, bien, à, Bertrand, il, te, le, rendre, en et caguer. D’après "le Parler Marseillais", ce proverbe n’avait rien de vulgaire à l’origine car c’était, avant de faire tomber le " r " : "Faï dè ben a Bertrand, té lou rendi en cargant" (= en accablant).
  • "Arles en France, Aix en Provence, Nice en barbarie"[97] Ce proverbe traduit la guerre civile de l'Union d'Aix qui opposa les pro-angevins (Arles, Marseille, le Rhône, Antibes, notamment) aux pro-napolitains (Aix, Toulon, Nice et la majeure partie de la Provence) et qui se traduit par l'acte de Dédition de Nice à la Savoie et l'amputation au Comté de Provence des anciens territoires féodaux de Nice et de son futur arrière pays.

Mots français d'origine occitane dont provençaleModifier

De nombreux mots d'origine provençale ont migré vers le français. Il est souvent difficile de savoir précisément quels sont ces termes car les philologues et leurs dictionnaires étymologiques emploient souvent le terme de provençal, en lui donnant le sens de langue d'oc, pour qualifier l'origine d'un mot. Le contact intense entre le provençal et le français (répandu en Provence entre 1880 et 1950) a produit un français particulier à la Provence, très célèbre (film de Pagnol par exemple) et parfois stéréotypé, de sa prononciation (l'accent provençal et marseillais) à son vocabulaire, sa grammaire et ses modalités d'interactions[98].

Quelques exemples :

  • balade et ballade : balado / balada (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; danse)
  • s'esclaffer : esclafa / esclafar (éclater)
  • mascotte : mascoto / mascòta (sortilège)
  • qu'es acò (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; à l'orthographe fluctuante par méconnaissance de son origine : par exemple, kézaco) : Qu'es acò ? / Qu'es aquò ? (Qu'est-ce que c'est ?)

L'architecture :

  • mas : mas / mas (ferme)
  • bastide : bastido / bastida (exploitation agricole bourgeoise)

La géographie :

  • cime : cimo / cima (a pour équivalent catalan : cim ; correspond au français "sommet")

Le domaine maritime :

  • cale : calo / cala (crique)
  • dorade : daurado / daurada, littéralement, la "dorée" (mot présent dans d'autres dialectes occitans)
  • supion : supioun / sepion/supion (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; petite seiche)

La nourriture et les ustensiles de cuisine :

  • anchoiade : anchouiado / anchoiada
  • bouillabaisse :bouiabaisso / bolhabaissa
  • mesclun : mesclun / mesclum (d'après le verbe mesclar qui signifie mélanger)
  • salade : salado / salada, "salée" (mot présent dans d'autres dialectes occitans)
  • tapenade : tapenado / tapenada, de tapeno / tapena, signifiant "câpre".
  • tian (terrine qui a donné son nom au plat de légumes passés au four) : tian
 
Entrée prouvençau dans le trésor du Félibrige
 
Entrée oucitan dans le trésor du Félibrige

La faune et la flore méditerranéenne :

  • abeille : abiho / abelha (mot occitan général)
  • garrigue : garrigo / garriga plantation de chêne kermès (mot présent dans d'autres dialectes occitans ; appelé garric en provençal)

Les sentiments :

  • amour : amour / amor, de l'ancien occitan Amor (prononcé "amour") - les équivalents des mots en -or en occitan (calor, flor, etc.) correspondent aux mots français en -eur (chaleur, fleur) et le mot "amour" aurait du donner "ameur" en français.

Les sens de provençal, langue d'oc et d'occitanModifier

Le sens du mot provençal est contingent à la période historique dans laquelle il est employé. Selon le contexte ou l'époque, il signifie langue d'oc ou l'idiome parlé en Provence. Ainsi, dans le premier cas l'auvergnat ou le limousin sont du provençal mais pas dans le second.

Le terme proensales est utilisé au XIIIe siècle par les écrivains italiens désignant la langue parlée dans la moitié sud de la France, faisant référence aux provinciæ romana de l'Empire romain qui désignait la Gaule méridionale. D'autres appellations sont employées ensuite, le limousin par les catalans, la langue d'oc par Dante, le catalan par les savants du XVIIe siècle, ou celle très peu usitée de mondin inventée à Toulouse[99].

Au XIXe siècle les romanistes à la suite de Raynouard et jusqu'à Anglade, reprennent le terme provençal par généralisation pour, à la fois désigner l'occitan des troubadours en tant qu'« ancien provençal », et l'occitan moderne dans son ensemble. Mais ce terme introduisait une ambiguïté avec le parler de la Provence, l'occitan troubadouresque n’étant pas apparu en Provence, et ayant plus d’analogies avec le languedocien ou le limousin.

Lorsque Frédéric Mistral publie Lou Tresor dóu Felibrige, dictionnaire de la langue d'oc moderne en deux volumes, il comprend le terme provençal comme une acception du terme langue d'oc ; en sous-titre du dictionnaire, il précise : Dictionnaire provençal-français, embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne, soit, comme il est mentionné dans la note 1, tous les mots usités dans le Midi de la France. Il y écrit qu'óucitan (qu'il traduit par occitain ou occitanien) est synonyme de «languedocien» ou de «méridional» et renvoie à «langue d'oc»[100].

Actuellement, l'usage chez les linguistes est d'utiliser le mot provençal spécifiquement pour la variante parlée en Provence et la formule langue d'oc ou occitan pour parler de la langue dans son ensemble.

CorpusModifier

  • Trésor de la langue d’Oc L’association Ciel d’Oc a numérisé de nombreuses œuvres littéraires ainsi que des périodiques en occitan, surtout en provençal, et les a mis à disposition avec la collaboration de l’Université de Provence.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Si l’on considère le vivaro-alpin comme un sous-dialecte provençal
  2. « Il existe aussi une variante d’occitan monégasque autochtone (quartier du Port à la Condamine et de Saint Roman) - dite patois - qui est appelée moneguier. » (René Anfosso, locuteur de moneguier, p. 51 in Laurenç Revest, Nissa e Occitània per Garibaldi. Anthologie garibaldienne d’Oc, Nice: Serre. 2008. 212 p.)
  3. Enquête sur les langues régionales lors du recensement de 1999. Plus que 100 000 locuteurs de provençal ?
  4. Étiquette d'identification de langues IETF
  5. code générique
  6. Ethnologue, 15th edition
  7. Sources : provençal sur ELP (en). Fusion prv dans oci en 2007 (Ethnologue, 16th edition)
  8. Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes. Introduction aux études de linguistique romane, De Boeck, 2e édition, 1999,
  9. La langue se divise en trois grandes aires dialectales : le nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), l’occitan moyen, qui est le plus proche de la langue médiévale (languedocien et provençal au sens restreint), et le gascon (à l’ouest de la Garonne). in Encyclopédie Larousse
  10. (oc) Domergue Sumien, « Classificacion dei dialècles occitans », Linguistica occitana - VII,‎ (lire en ligne)
  11. Jean-Claude Bouvier, « L'occitan en Provence. Le dialecte provençal, ses limites et ses variétés », Revue de Linguistique Romane, Lyon, vol. 43, no 169,‎ , p. 46-62 (ISSN 0035-1458, lire en ligne)
  12. Marie-Jeanne Verny, « Enseigner l’occitan au XXIe siècle. Défis et enjeux », Tréma - revue internationale en sciences de l'éducation et didactique, Montpellier, Faculté d'Éducation de Montpellier, vol. 31 « L'enseignement des langues régionales en France aujourd'hui : état des lieux et perspectives »,‎ , p. 69-83 (ISSN 2107-0997, lire en ligne) :

    « Il existe, çà et là, dans l’espace occitan, quelques velléités localistes, refusant de reconnaître l’unité de la langue d’oc, se référant à « des langues d’oc » [...]. Les tenants de ces positions sont cependant extrêmement minoritaires, en termes de reconnaissance populaire (même si leur influence est parfois sensible en Provence, Béarn ou Auvergne). L’immense majorité des universitaires, comme l’immense majorité des militants, y compris les tenants actuels de la graphie mistralienne, admet l’unité de la langue d’oc dans sa diversité dialectale. »

  13. On distingue plusieurs aires dialectales au sein même de l’occitan. […] À l’est du gascon et au sud du nord-occitan, une troisième aire, l’occitan moyen, comprend le languedocien, le provençal et le niçard (Nice). Le provençal se particularise notamment par des traits grammaticaux résultant de la disparition des consonnes finales. in Encarta « Copie archivée » (version du 3 octobre 2009 sur l'Internet Archive)
  14. Selon la classification de Jacques Allières
  15. a et b Philippe Blanchet, Le provençal : essai de description sociolinguistique et différentielle, Peeters, (ISBN 90-6831-428-9 et 978-90-6831-428-1, OCLC 29377832, lire en ligne)
  16. Gérard Bodé, « L'imposition de la langue (1789-1815). », Revue du Nord, vol. 78, no 317,‎ , p. 771–780 (DOI 10.3406/rnord.1996.5155, lire en ligne, consulté le 11 avril 2021)
  17. L'appel au calme envoyé par Louis XVI après la Révolution Française de 1789 est envoyé en provençal et non en français sur le territoire provençal.
  18. Daphnée Pagni, « D.PAGNI - Le déclin des langues régionales en France: le provençal, une langue vouée à disparaître ? », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (DOI 10.13140/RG.2.2.27287.80804, lire en ligne, consulté le 11 avril 2021)
  19. Dès  les  années  1920,  les  pécheurs  des  petites  villes  côtières  avaient  pour habitude de s'interdire de parler provençal en arrivant sur le quai, à terre, et de l'interdire à leurs enfants, par déférence pour ceux qui ne comprendraient pas la langue jugée vulgaire (Blanchet).
  20. Moseley, Christopher (ed.). 2010. "langues de France", Atlas interactif UNESCO des langues en danger dans le monde, 3e édition, en ligne.
  21. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, voir Dialeite, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=dialeite
  22. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, au mot "dialeite", 1878, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=dialeite
  23. Référence bibliographique de l'universitaire Guy Martin, https://data.bnf.fr/fr/12242967/guy_martin/
  24. Référence bibliographique de l'universitaire Bernard Moulin, https://data.bnf.fr/13522702/bernard_moulin/
  25. Guy Martin, Bernard Moulin, Grammaire provençale (écriture classique)
  26. Limite de la langue dans Le provençal. Essai de description..., op. cit.
  27. Philippe Blanchet, « Frontières historiques et culturelles », dans Zou, Boulégan ! Expressions familières de Marseille et de Provence, Éditions Bonneton, 2000.
  28. Pierre Bec, Manuel pratique d'occitan moderne, Picard, 1983
  29. Robert Lafont, L'ortografia occitana. Lo provençau, Montpellier, CEO, 1972
  30. Philippe Blanchet, Le provençal: essai de description sociolinguistique et différentielle, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1992
  31. Dans les programmes de langue régionale et aussi par exemple à l'Université de Nice
  32. Frédéric Mistral, Lou Tresor dòu Felibrige, 1878, page 834, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?p=10834
  33. aranais ues pour òs, rouergat /pouorto/ pour /porto/
  34. Le languedocien ne note pas la vocalisation du -s du pluriel en /j/, qui est pourtant fréquente : « lai beloi filjos ». L'aranais note les pluriels en -i : « es aranesi ».
  35. Philippe Blanchet, Le Provençal, essai de description sociolinguistique et différentielle, page 245, https://www.cieldoc.com/libre/integral/libr1033.pdf
  36. Université de Montpellier 3, l'occitan méridional (sud occitan), http://www.univ-montp3.fr/uoh/occitan/une_langue/co/module_L_occitan_une%20langue_22.html
  37. a b et c Frédéric Mistral, La lenga provençala o lenga d'Oc, IEO de Paris, no 106
  38. Tableau comparatif entre graphie classique et mistralienne, Dictionnaire provençal-français, CREO-ESCOMESSA
  39. a et b Joseph Roumanille, De l'orthographe provençale, La part dau boun diéu, 1853
  40. Lou Sourgentin « Progresser en nissart, leçon 13 : Mais pourquoi écrivez-vous…una plassa de Nissa, una plaça de Nissa ou una plaça de Niça ? » : « Ce qui, par contre, était critiquable, c’était la prétention de certains félibres de faire écrire, dans notre langue, niçard, avec un D final : en effet ce D, parfaitement compatible avec la prononciation du provençal (D final muet), ne l’était pas avec la prononciation niçoise (T final sonore) qui rendait nécessaire le recours à la forme niçart conforme à la spécificité phonétique du niçois et employée par les bons auteurs. »
  41. Cela se prononce [niˈsaʀt] ou [niˈsaʀte].
  42. La tendance populaire est de respecter la tradition et d'écrire « nissart » avec une double -s. Les mistraliens et les occitanistes promeuvent l'utilisation de -ç pour se rapprocher du nom antique de la cité : « Nicaea ».
  43. Jean-Pierre Ténnevin, « Les dialectes provençaux », sur ina.fr, , p. 4m15-5m
  44. Robert Lafont, Té tu, té iéu, https://www.cieldoc.com/libre/integral/libr0084.pdf
  45. Roger Klotz, L'Image des juifs dans le Trésor du Félibrige de Mistral, coll. « Revue des études juives » (no 163), , 295-300 p.
  46. Philippe Blanchet, De quelques emprunts au judéo-provençal dans la langue et la culture provençales, t. La France latine, revue d'études d'oc (no 134), , 123-129 p.
  47. Association culturelle des Juifs du Pape, « Shuadit-Daberrage »
  48. « http://www.unesco.org/culture/ich/index.php?pg=00206 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  49. UNESCO, Atlas des langues en péril dans le monde, p. 29. La partie européenne de cet atlas, réalisée par le linguiste finlandais Talpani Salminen, spécialiste du finno-ougrien, individualise les différents dialectes de la langue d'oc. L'UNESCO, dans d'autres publications, et le Summer Institute of Linguistics, dans la norme ISO 639-3, rendent compte parallèlement d'une unité de la langue d'oc dans sa diversité.
  50. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Félibrige, 1878, vu au mot "dialeite" au lien suivant : https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=dialeite
  51. Sur l’espace couvert, voir l’article de Danièle Dossetto. "La langue comme clé mais d’autres clefs que la langue : douze ans de recompositions mistraliennes en Provence‑Alpes‑Côte‑d’Azur". Lengas no 72, 2016. p. 51-82. lire en ligne
  52. Il s'appuie sur la thèse de Philippe Blanchet, Le provençal, essai de description sociolinguistique différentielle, Peeters, 1992, qui compile un certain nombre de théories sociolinguistiques mettant en avant « la conscience linguistique et les usages effectifs des locuteurs et des institutions », tout en en rejetant d'autres (comme la notion de diglossie)
  53. Ph. Blanchet, op.cit. Stephen Wurms, dans l'Atlas des langues en péril dans le monde, UNESCO, 1996 et sa réédition en ligne, 2009, ne distingue pas le provençal de l'occitan mais de l'ensemble des dialectes d’oc : auvergnat, gascon, languedocien, limousin et vivaro-alpin.
  54. Salvat Joseph. "Provençal ou occitan ?". In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 66, No 27, 1954. Hommage à la mémoire d’Alfred Jeanroy. p. 229-241. Consulté le 20 août 2015.
  55. Lou Felibre de Bello Visto (pseudonyme de F. Mistral), "La lengo prouvençalo o lengo d'O", Armana Prouvençau, 1856. Réédition Frederic Mistral, "La lenga provençala o lenga d'Òc", Documents per l'estudi de la lenga occitana no 106, Paris: IEO París, 2016.
  56. Dictionnaire d’Honnorat en ligne
  57. Le Trésor du Félibrige en ligne
  58. Jules Ronjat, Mâcon, 1913 Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes en ligne
  59. Jules Ronjat, Montpellier, Société des Langues Romanes, 1930-41. Dans sa grammaire J. Ronjat définit aussi, au tome IV, le provençal comme dialecte (A, dans sa nomenclature).
  60. Constanze WETH. « L'occitan / provençal ». Manuel des langues romanes, Edited by Klump, Andre / Kramer, Johannes / Willems, Aline. DE GRUYTER. 2014. Pages: 491–509. ISBN (lire en ligne): 9783110302585
  61. «Qu’est-ce que le Midi ? Une vaste région qui se caractérise d’abord par l’existence de ce qu’on peut appeler les pays d’oc, c’est-à-dire de langue provençale ou occitane.» Emmanuel Le Roy Ladurie. "Portrait historique de la France du Sud". L’’Histoire, no 255 (juin 2001). p. 34. (lire en ligne)
  62. mention sur le site Prouvènço presso
  63. texte sur le site de l'IEO Provence
  64. Rapport Assemblée plénière Conseil régional 24-06-2016.
  65. "Circulaire no 2017-072 du 12-4-2017 relative à l'enseignement des langues et cultures régionales"
  66. "Liste des académies et collectivités dans lesquelles peuvent être subies les épreuves obligatoires de langues vivantes autres qu'allemand, anglais, espagnol et italien à la session 2009 du baccalauréat général et du baccalauréat technologique", arrêté du 19-2-2009 - J.O. du 20-3-2009.
  67. FranceInfo TV, Combien de Français parlent vraiment une langue régionale ?, https://www.francetvinfo.fr/societe/combien-de-francais-parlent-vraiment-une-langue-regionale_952677.html
  68. Centenari de la Renaixença catalana, 1833-1933, https://cloud10.todocoleccion.online/libros-antiguos/tc/2019/08/30/22/175230915_156083610.jpg
  69. Lle Catalan, une langue d'Europe, Generalitat de Catalunya, https://llengua.gencat.cat/web/.content/documents/publicacions/catala_llengua_europa/arxius/cat_europa_frances_08.pdf
  70. Jacques Marseille (sous la direction de), Dictionnaire de la Provence et de la Côte d'Azur, Éd. Larousse, Paris, 2002. (ISBN 2-03-575105-5)
  71. Frédéric Mistral, Dictionnaire : Lou Tresor dóu Felibrige, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=o
  72. André et Michel Compan, Histoire de Nice et de son Comté, Editions Campanile, p. 148
  73. Philippe Blanchet, Le Provençal, essai de description sociolinguistique et différentielle, p. 250
  74. Guy Martin et Bernard Moulin, Gramatica provençala, CREO-Provença-IEO, Calade Diffusion (ÉDISUD), pages 20-21
  75. Frédéric Mistral, Lou Tresor dòu Felibrige, 1878
  76. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, 1878, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=fueio
  77. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, 1878, voir le mot "li" : https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?p=20210
  78. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, voir Ajeitiéu : https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=ajeiti
  79. Annonce dans Prouvènço d'aro
  80. Page sur le site du Félibrige
  81. Pierre Vouland, Du provençal rhodanien parlé à l'écrit mistralien, précis d'analyse structurale et comparée, Aix-en-Provence, Edisud, 2005, 206 pages.
  82. Joseph Roumanille, Glossaire provençal-français, Li Prouvènçalo, 1852
  83. MARTIN Guy, & MOULIN Bernard (2007) Grammaire provençale et atlas linguistique, Aix-en-Provence: Comitat Sestian d’Estudis Occitans / Centre Regionau d’Estudis Occitans-Provença / Edisud [1re éd. 1998].
  84. Danièle Dossetto, « La langue comme clé mais d’autres clefs que la langue : douze ans de recompositions mistraliennes en Provence‑Alpes‑Côte‑d’Azur », Lengas, no 72 - Aspects idéologiques des débats linguistiques en Provence et ailleurs,‎ (DOI 10.4000/lengas.114, lire en ligne).
  85. Les dialectes provençaux, André Aries, France Régions 3 Marseille, http://www.ina.fr/video/RAC02006484
  86. Correspondance Mistral-Roumanille / Frédéric Mistral, Mistral, Frédéric (1830-1914). Auteur du texte, Culture provençale et méridionale (Raphèle-les-Arles), 1981, p. 130
  87. http://jc.clariond.free.fr/biographies/honnoratSJRM.html
  88. a et b Joseph Anglade, Grammaire de l'ancien provençal ou ancienne langue d'Oc, 1921, p. 20 Graphie et Prononciation, Chapitre 1, Première partie Phonétique
  89. Philippe Blanchet, le provençal, essai de description sociolinguistique et différentielle, Institut de Linguistique de Louvain, 1992, p. 245-255.
  90. Graphie de l'occitan, Université de Montpellier 3, https://www.univ-montp3.fr/uoh/occitan/une_langue/co/module_L_occitan_une%20langue_11.html
  91. Frédéric Mistral, détails sur la lettre -o, Lou Tresor dou Felibrige, 1878, https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=o
  92. a et b Guy Martin, Bernard Moulin, dans la partie qui distingue les différences entre écriture mistralienne et classique et montre des exemples de simplifications de l'écriture classique par usage populaire, Dictionnaire provençal-français (Diccionari provençala-francés)
  93. a et b Guy Martin et Bernard Moulin, Grammaire provençale (Gramatica provençala), CREO-Provença, 2007
  94. Jean Laffite, Pau en Occitanie ?, lire la page 2 d'une carte de la Société d’études occitanes (S.E.O. - ancêtre de l'IEO) datant de 1932 qui reprend le terme médiéval de "Provensa" avant la normalisation en "Provença" par le CREO-Provença, 2011, http://www.institut-bearnaisgascon.com/wp-content/uploads/2011/11/Pau-en-Occitanie-_.pdf
  95. Aquo d'Aqui, magazine provençal d'expression classique et mistralienne, exemple d'utilisation populaire du -ien pour remplacer le -ion, https://www.aquodaqui.info/
  96. Elie Lebre, Guy Martin, Bernard Moulin, Dictionnaire de base français-provençal, CREO-IEO-Provença, 2004, page 10
  97. Frédéric Mistral, Lou Tresor dou Felibrige, mot "Niçard", https://www.lexilogos.com/provencal/felibrige.php?q=ni%C3%A7ar
  98. Philippe Blanchet, Le parler de Marseille et de Provence, dictionnaire du français régional, Éditions Bonneton, Paris, 2004 (version revue et corrigée du Dictionnaire du français régional de Provence, Paris, Bonneton, 1991) et Zou boulégan ! Expressions familières de Marseille et de Provence, Paris, Bonneton, 2000
  99. Pierre Bec, La langue occitane p. 63-64
  100. Lou Tresor dóu Felibrige p. 431 du volume 2

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Ouvrages généraux sur le provençalModifier

Ouvrages lexicographiques sur le provençalModifier

Général
  • Frédéric Mistral Lou Tresor dóu Felibrige: Dictionnaire provençal-français, Aix en Provence: Remondet-Aubin [rééd. 1932, Paris: Delagrave] [rééd. 1968, Aix-en-Provence: Edicioun Ramoun Berenguié] [rééd. 1979, Aix-en-Provence: Edisud, 2 vol.]
  • Élie Lèbre, Guy Martin, Bernard Moulin, Dictionnaire de base français-provençal / Diccionari de basa francés-provençau, Aix-en-Provence: CREO Provença / Edisud, 2004 (1re éd. 1992)
  • Jòrgi Fettuciari, Guiu Martin, Jaume Pietri, Dictionnaire provençal-français / Diccionari provençau-francés, Aix-en-Provence: Edisud / L’Escomessa / CREO Provença, 2003.
  • Jules Coupier, Dictionnaire français-provençal, Aix, Edisud, 1512 p., 1995. Grand Prix Littéraire de Provence 1996.
Maritime
  • Philippe Blanchet, Dictionnaire fondamental français-provençal. (Variété côtière et intérieure), Paris, éditions Gisserot-éducation, 2002. Présentation et aperçu partiel
Niçois
  • Georges Catellana, Dictionnaire français-niçois, 1952 [rééd. Éditions Serre, Nice, 2001]
  • Georges Castellana, Dictionnaire niçois-français, 1947 [rééd. Éditions Serre, Nice, 2001]
  • Jean-Baptiste Calvino, Nouveau dictionnaire niçois-français, Nice: Imprimerie des Alpes Maritimes, 1905 [rééd. 1993 sous le titre: Dictionnaire niçois-français, français-niçois, Nîmes: Lacour]
Rhodanien
  • Jules Coupier, (collab. Philippe Blanchet) Dictionnaire français-provençal / Diciounàri francés-prouvençau, Aix en Provence: Association Dictionnaire Français-Provençal / Edisud, 1995.

Grammaires / manuelsModifier

  • Alain Barthélémy-Vigouroux & Guy Martin, Manuel pratique de provençal contemporain, Aix-en-Provence, Édisud, 2000
  • André Compan, Glossaire raisonné de la langue niçoise, Éditions Tiranty, Nice, 1967, [rééd. Éditions Serre, Nice, 1982]
  • André Compan, Grammaire niçoise, Éditions Tiranty, Nice, 1965, [rééd. Éditions Serre, Nice, 1981]
  • Bruno Durand,Grammaire provençale, Aix-en-Provence, 1923, [6e édition, Marseille, 1983]
  • Guy Martin et Bernard Moulin, Grammaire provençale et atlas linguistique, Aix-en-Provence, Comitat Sestian d'Estudis Occitans / C.R.E.O Provença / Édisud, , 2e éd. (1re éd. 1998), 193 p. (ISBN 978-2-9530712-1-4)
  • Jules Ronjat, Grammaire istorique [sic][a] des parlers provençaux modernes, 4 vol., Société des langues romanes, Montpellier, 1930-1941, [rééd. Slatkine Reprints, Genève et Laffitte Reprints, Marseille, 1980, 2 vol.]
  • Philippe Blanchet & Médéric Gasquet-Cyrus, Le Marseillais de poche, Chennevières/Marne, Assimil, 2004
  • Philippe Blanchet, Parle-moi provençal, méthode d’auto-apprentissage du provençal, Chennevières, Assimil, 2010, 230 p. + 2 CD.
  • Reinat Toscano, Gramàtica niçarda, sl.: Princi Néguer, 1998
  • Savinian, Grammaire provençale, Collection Rediviva, Lacour S.A., Nîmes, 1991
  • Virgine Bigonnet, Simon Calamel et Philippe Blanchet, Le Provençal de poche, Chennevières/Marne, Assimil, 2005
  1. Ronjat écrivait sans "h" initial: "les ommes", "l'istoire", "istorique", etc.

Ouvrages sur le provençal et sa place dans les langues romanesModifier

  • Charles Camproux, Les Langues romanes, Paris, Presses Universitaires de France, 1974, 126 pages.
  • Pierre Bec, La langue occitane, coll. « Que sais-je ? », no 1059, Paris, Presses Universitaires de France, 1995 (1re édition 1963)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier