Ouvrir le menu principal
Limousins
Description de cette image, également commentée ci-après
Fête des Limousins à Montmartre en mai 1922.

Populations significatives par région
Limousin 738 120 (2014)
Population totale incertaine
Autres
Régions d’origine Limousin (province)
Langues Limousin (dialecte), Français standard
Ethnies liées Lémovices

Les Limousins (endonyme Lemosins) sont les habitants du Limousin. Sur le plan migratoire, ils constituent un peuple originaire de cette région et sont par ailleurs une part des Occitans et du peuple français.

La région limousine représente un total de 738 120 individus en 2014 et selon une enquête de LH2 réalisée la même année, 75 % des Limousins se déclarent attachés à leur région, soit une proportion supérieure de 2 points à la moyenne nationale[1].

Sommaire

EthnonymieModifier

L'ethnonyme et gentilé Limousin(s) est issu du bas latin Lemovicinium, lui même dérivé du latin Lemovices, nom du peuple gaulois implanté dans la région[2].

Anthropologie et ethnologieModifier

XIXe siècleModifier

Au milieu du XIXe siècle, les traits caractéristiques des montagnards limousins peuvent être résumés ainsi : l'esprit d'économie naturel à ceux dont le gain est faible et pénible, l'horreur du service militaire, la dépréciation du sexe féminin et enfin, une confiance dans les cures miraculeuses qui guérit souvent le corps en relevant l'âme abattue[3].

Dans le département de la Haute-Vienne, la vie des femmes est plutôt solitaire et peu active au milieu du XIXe siècle. Elles vont rarement aux foires et leur occupation se borne à la garde des chèvres. Une fois mariées, elles restent au logis, préparant la bréjoado, ou soupe aux raves et au lard, les gerlitons, crêpes faites avec de la pâte de sarrasin levée et de l'huile de noix, et cuites sur une plaque que l'on nomme plotino ; elles filent, tricotent, et donnent leurs soins à leurs nombreux enfants qu'elles allaitent jusqu'à l'âge de trois à quatre ans[3]. Les Corréziennes sont quant à elles accoutumées dès l'enfance à se mêler aux travaux du vigneron sur les coteaux rocailleux. Le dimanche, jour de marché dans toutes les paroisses, elles se rendent au bourg le plus proche pour y vendre leurs produits[3].

D'après Wahlen, tout le monde est cavalier dans le Limousin ; chaque ferme est pourvue de chevaux de selle, et le fermier se rend souvent aux foires. Les femmes sont aussi d'habiles écuyères ; tantôt elles montent par couple, l'une à droite et l'autre à gauche, sur de grandes selles plates ; tantôt elles se placent à califourchon, les jambes cachées par de longues jupes de laine qui de chaque côté tombent jusqu'à terre[3].

En dépit des dispositions contraires des lois modernes, le droit d'aînesse est maintenu dans le Limousin avec autant de ténacité que d'astuce. De même qu'il n'a jamais été possible de faire comprendre aux villageois de cette province la nécessité de l'instruction primaire, il n'a pas non plus été possible de leur persuader que tous les enfants doivent avoir une part égale dans l'héritage paternel[3]. Il n'est pas rare qu'après avoir été, du vivant de son père, hébergé au préjudice de ses frères et sœurs, l'aîné soit avantagé d'un quart après le décès du chef de la famille. L'héritage, en mettant en présence des avidités rivales, est partout une source de contestations et de désunion ; il engendre, parmi certains laboureurs, des haines que l'exaspération peut pousser au crime ; chez les bourgeois, il donne lieu à des procès poursuivis avec persévérance[3].

Costume traditionnelModifier

CorrèzeModifier

 
Costumes de la Corrèze.

Les habillements des hommes de la Corrèze, d'une forme simple et d'une étoffe grossière, sont amples et commodes. Leur coiffure est un large chapeau de feutre, propre à garantir à la fois de la pluie et du soleil. Ceux qui conservent les anciennes habitudes vers 1835 portent les cheveux longs et pendants. Leur chaussures sont des sabots de noyer ou de châtaignier qui emboite presque entièrement le pied[4].

Cette chaussure est également commune aux femmes dont les ajustements, de couleurs sobres, n'offre rien de particulier. Leur coiffure est un chapeau de paille jaune communément bordé d'un ruban de velours noir, qu'elles posent sur leurs cheveux relevés en chignon et recouverts d'un bonnet de toile. Cependant, ce chapeau est trop petit pour protéger le visage des injures du temps ou du soleil[4].

CreuseModifier

 
Costumes de la Creuse.

Vers 1835, le costume des habitants des villes, suit les modes de Paris et varie avec elles, alors que dans les campagnes, il y a plus de constance et de fixité : pourvu que l'habillement soit sain et commode, le paysan le trouve suffisamment à son goût. Les paysans portent généralement un habit d'étoffe grise, à petites basques courtes et carrées, assez semblables aux vestes de chasse ; le gilet par-dessous, des pantalons de drap ou de toile ; des bas, habituellement des sabots et des souliers les jours de fêtes. La mode des cheveux longs commence à passer vers 1835, les ouvriers les portent courts et les cultivateurs, qui les conservent longs, ont l'habitude de les nouer et de les retrousser sous leur chapeau. De plus, presque tout les ouvriers ont une montre à cette époque[4].

Le costume des femmes de la campagne subit peu de changements dans la première moitié du XIXe siècle, sauf dans le choix des étoffes nouvelles, de fil ou de coton, que le perfectionnement de l'industrie de ce siècle produit à si bon marché et qui sont adoptées dans tout les villages. Quant aux étoffes de laine, on se sert de celles fabriquées dans le pays. Les filles des paysans achètent pour leur mariage des étoffes de soie ou de mousseline ; des bas de soie, des souliers de soie et, pour orner leur coiffure, des dentelles qui passeront probablement de la mère à la fille[4].

Haute-VienneModifier

L'habillement des paysans de la Haute-Vienne est le même dans tous les cantons, il ne diffère que par les couleurs. Un chapeau à calotte et larges bords couvre leur tête, ornée encore, à l'exemple des Gaulois leurs aïeux, d'une longue chevelure. Tous portent généralement un habit à basques longues, à petit collet droit et bas, de couleur brune, rouge cannelle, ou bleu clair mêlé de gris. Les personnes âgées de sexe masculin ont la culotte courte de même étoffe, avec de longs bas de laine roulés au-dessus du genou, ou retenus par une jarretière. Cependant, le pantalon commence à être adopté par les hommes vers 1835. Par ailleurs, de gros souliers ou des sabots ferrés sont la chaussure ordinaire[4].

Les femmes portent de longues brassières qui leur prennent la taille et un jupon qui leur descend jusqu'au-dessous du mollet ; elles ont une coiffe à ailes reployées sur leur front ; leurs cheveux, retroussés par derrière, forment un chignon peu saillant. Pendant l'hiver et dans les jours de pluie, elles se couvrent la tête d'un morceau de toile de coton ou de laine[4]. Les étoffes et les toiles du pays, les cadis de Montauban, les draps de Châteauroux, sont employés suivant les âges, les saisons et les fortunes. L'étoffe le plus en usage vers 1835 est le droguet, qui forme les vêtements d'hiver. Les habits d'été sont de grosse toile écrue[4].

MigrationsModifier

Voir entre autres les maçons limousins.

PersonnalitésModifier

Voir la catégorie : Personnalité du Limousin.

Notes et référencesModifier

  1. LH2, Le projet de loi de décentralisation et la recomposition territoriale, Sondage national auprès des Français, avec focus régionaux, Résultats nationaux – 10 avril 2014 (lire en ligne)
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « limousins » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. a b c d e et f Auguste Wahlen, Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde : d'après des documents authentiques et les voyages les plus récents, Bruxelles, 1844.
  4. a b c d e f et g Abel Hugo, France pittoresque, ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, Paris, Delloye, 1835

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Claude Alain, 1781 : des Limousins à Yorktown, 1995 (notice BnF no FRBNF35832821)
  • François Arbellot, Les chevaliers limousins à la première croisade, Haton, 1881 (notice BnF no FRBNF30024744)
  • Michel Beau, Feux follets limousins : anthologie de poètes et artistes limousins, Rougerie, 1963 (notice BnF no FRBNF33006094)
  • René Berton, Le Grand Tailhada, ou les Limousins au front, 1915 (notice BnF no FRBNF38669976)
  • ONACVG du Puy-de-Dôme, Le régiment de marche Corrèze-Limousin : des résistants limousins dans la 1re armée française, 1944-1945, 2014 (ISBN 2866193342 et 9782866193348)
  • Pierre Pageot, La santé des Limousins et des Périgourdins au XIXe siècle, Harmattan, 2011 (ISBN 2296551505 et 9782296551503)
  • Louis Pérouas, Les Limousins, leurs saints, leurs prêtres, du XVe au XXe siècle, Cerf, 1988 (ISBN 2204029130 et 9782204029131)
  • Louis Pérouas, Les Limousins en quête de leur passé, Souny, 1986 (ISBN 2905262184 et 9782905262189)
  • Marc Prival, Les migrants de travail d'Auvergne et du Limousin au XXe siècle, 1979 (ISBN 2877410188 et 9782877410182)
  • Maurice Robert, Limousin et Limousins : image régionale et identité culturelle, Souny, 1988 (ISBN 290526229X et 9782905262295)
  • Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, Les parlementaires limousins sous la IIIe République, 1992 (ISBN 2909744000 et 9782909744001)
  • Jules Tintou, Les Limousins font l'histoire, 1807-1815 : de l'apogée à la chute de l'Empire, 1987 (notice BnF no FRBNF34933570)
  • Stéphane Trayaud, Oubliés de l'Histoire : les Limousins de la Commune de Paris (1871), 2012 (ISBN 2748379314 et 9782748379310)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :