Isabelle la Catholique

reine de Castille et León
(Redirigé depuis Isabelle I de Castille)

Servante de Dieu
Isabelle Ire la Catholique
Illustration.
Portrait d'Isabelle Ire vers 1490.
Titre
Reine de Castille

(29 ans, 11 mois et 15 jours)
Avec Ferdinand V
Couronnement à Ségovie
Prédécesseur Henri IV
Successeur Jeanne Ire
Reine d'Aragon

(25 ans, 10 mois et 6 jours)
Prédécesseur Jeanne Enríquez
Successeur Germaine de Foix
Reine de Naples

(10 mois et 28 jours)
Prédécesseur Anne de Bretagne
Successeur Germaine de Foix
Biographie
Dynastie Maison de Trastamare
Date de naissance
Lieu de naissance Madrigal de las Altas Torres (Castille)
Date de décès (à 53 ans)
Lieu de décès Medina del Campo (Castille)
Sépulture Chapelle royale de Grenade
Père Jean II, roi de Castille
Mère Isabelle de Portugal
Conjoint Ferdinand II, roi d'Aragon
Enfants Isabelle d'Aragon
Jean d'Aragon
Jeanne Ire Red crown.png
Marie d'Aragon
Catherine d'Aragon
Pierre d'Aragon
Religion Catholicisme

Signature de Servante de Dieu Isabelle Ire la Catholique

Isabelle la Catholique
Monarques de Castille

Isabelle Ire de Castille dite Isabelle la Catholique (Isabel la Católica), née le à Madrigal de las Altas Torres et morte le à Medina del Campo, est reine de Castille et León de 1474 à 1504, et par son mariage avec Ferdinand d'Aragon, reine d'Aragon, de Majorque, de Valence, de Sardaigne, de Sicile (1479–1504) et de Naples (1503–1504).

Après une jeunesse difficile à la cour de son demi-frère Henri IV, elle devient reine de Castille en 1474 en évinçant la princesse Jeanne, présentée comme illégitime ou folle. Il s'ensuit une guerre de succession de 1476 à 1479, au terme de laquelle Isabelle reste reine de Castille (traité d’Alcáçovas).

Son règne est marqué par deux événements historiques majeurs : la conquête du royaume de Grenade (1482-1492), c'est-à-dire la fin de la Reconquista, commencée au IXe siècle ; la découverte en 1492, par Christophe Colomb, Génois au service de la Castille, d'îles des Caraïbes, qui vont se révéler appartenir non pas aux « Indes », comme Colomb l'espérait, mais à un nouveau monde, l'Amérique.

Avant son avènement (1451-1474)Modifier

Origines familiales et enfance à MadrigalModifier

Née dans le palais de son père à Madrigal de las Altas Torres (actuelle province d'Ávila), elle est la fille du roi Jean II de Castille (1405-1454) et de sa seconde épouse, Isabelle de Portugal.

À la mort de Jean II, le trône de Castille revient au demi-frère d'Isabelle, beaucoup plus âgé, Henri IV (1425-1474)[1], fils du roi et de Marie d'Aragon (1396-1445).

Isabelle passe ses premières années à Madrigal, avec sa mère Isabelle, atteinte de démence, et son frère Alphonse (es) (1453-1468), puis à l'avènement d'Henri IV, à Arévalo (province d'Avila)[2]. Tous trois vivent dans des conditions difficiles au château d'Arévalo en raison de la faiblesse des moyens qui leur sont alloués par le roi Henri IV et de l'état de santé d'Isabelle de Portugal.

Isabelle est une enfant triste, sérieuse et calme. De la tour du château, elle regarde couler la rivière Adaja en chantant de vieilles ballades ; elle a une jolie voix et danse à la perfection.[réf. nécessaire]

Formation à la cour d'Henri IV (1461-1474)Modifier

En 1461, elle son frère sont séparés de leur mère et installés à la cour, qui réside souvent dans l'alcazar de Ségovie, lieu où siégent les Cortes.

Isabelle se retrouve sous la tutelle de la reine Jeanne du Portugal.

Elle reçoit d'abord une formation religieuse. Elle apprend par elle-même à chasser, à monter à cheval et à parler castillan[pas clair].

Puis, avec des précepteurs, elle étudie la rhétorique, la poésie, la peinture, l'histoire et la broderie[pas clair]. Elle découvre la philosophie d'Aristote et de Saint Thomas d'Aquin.

Elle a hérité de ses parents le goût des ballades populaires qui parlent souvent de ses ancêtres[réf. nécessaire]. Elle aime aussi les livres de chevalerie.

Malgré les dispositions testamentaires favorables de son père (Jean II), Henri IV, les néglige à plusieurs reprises.

Isabelle trouve dans la lecture des Évangiles la force de faire face à ces épreuves. Son amitié avec Béatrice de Silva Meneses l'aide également beaucoup. Isabelle l'aidera plus tard à fonder l'Ordre de l'Immaculée Conception en lui faisant don du palais de Galiena à Tolède. À cette époque de sa vie, des personnes comme Gutierre de Cárdenas (es), sa femme Teresa Enríquez (es) et Gonzalo Chacón (es) jouent un rôle également important dans l'entourage d'Isabelle.

Héritière présomptive (1468)Modifier

Alphonse meurt à Cardeñosa le 5 juillet 1468, dans des conditions peu claires (peste ? empoisonnement ?).

Henri IV n'a pour enfant[3] que sa fille Jeanne de Castille (1462-1530). Mais celle-ci est soupçonnée d'illégitimité : elle serait la fille de la volage reine Jeanne et d'un noble castillan, Beltrán de la Cueva[4]. Ses adversaires lui donnent le surnom de Juana la Beltraneja (littéralement : « la Jeanne de Beltrán »),

Si Jeanne était officiellement reconnue comme illégitime, Isabelle deviendrait héritière présomptive du royaume de Castille. Dès le , Isabelle s'attribue arbitrairement le titre de princesse des Asturies, que sa nièce Jeanne porte déjà.

Les longues fiançailles avec Ferdinand (1453-1469)Modifier

 
Ferdinand et Isabelle.

À l'âge de trois ans (1454), Isabelle a été fiancée à Ferdinand, son petit-cousin, fils de Jean II d'Aragon.

Devenu roi, Henri IV décide de rompre cet accord pour la fiancer à Charles d'Aragon, prince de Viane (1421-1461), frère aîné de Ferdinand. Le mariage n'aura cependant pas lieu du fait de l'opposition de Jean II d'Aragon. Après la mort de Charles, Henri IV tente aussi, sans plus de succès, de marier Isabelle au roi Alphonse V de Portugal[réf. nécessaire].

Jean II d'Aragon maintient les contacts avec Isabelle en vue de son mariage avec Ferdinand.

Mais en plus de l'opposition d'Henri IV, il existe un obstacle légal à leur mariage. Leurs grands-pères respectifs Ferdinand Ier d'Aragon et Henri III de Castille étant frères, Ferdinand et Isabelle sont cousins germains et une dispense papale est nécessaire. Le pape refuse d'accorder cette dispense pour ne pas se mettre à dos les rois de France, de Castille et de Portugal.

 
Quadruple en or à l'effigie d'Isabelle et Ferdinand.

Mais, finalement, la menace d'une invasion des États pontificaux par les Turcs ottomans (qui ont pris Constantinople en 1453) pousse le pape Sixte IV à accorder la dispense. Il envoie Rodrigo Borgia en Espagne comme légat pour faciliter le mariage[5]. Le mariage a lieu à Valladolid le , sans l'accord d'Henri IV.

Après diverses péripéties, Ferdinand finira par se réconcilier avec Henri IV en [6].

Relations personnelles entre Isabelle et FerdinandModifier

 
Isabelle la Catholique et Juan Perez.

Au début, pour Isabelle et Ferdinand, ce mariage est fondé sur des motifs politiques. Mais le couple s'avère finalement uni. Les contemporains sont étonnés de voir les deux souverains partager la table et la chambre. Lorsque Ferdinand part en campagne et qu'Isabelle ne peut pas l'accompagner (notamment en raison de ses grossesses), il lui écrit pour lui demander de ses nouvelles et lui donner des siennes.

Il écrit après la mort de sa femme, dans une lettre du 26 novembre à la ville de Madrid, annonçant la mort d'Isabelle : « Su muerte es para mí el mayor trabajo que en esta vida me podía venir… »[7] (« Sa mort est pour moi la plus grande source de souffrance qui pouvait m'arriver dans la vie… »).

Pour autant, Ferdinand n'a pas toujours été fidèle et a même eu des enfants naturels. Isabelle ferme les yeux, en femme politique.

Le règne d'Isabelle (1474-1504)Modifier

L'avènement : l'éviction de JeanneModifier

 
Représentation moderne du couronnement d'Isabelle Ire de Castille.
 
Jeanne de Castille et ses enfants, Nicolaus Alexander Mair von Landshut (XVIe).

À la mort d'Henri IV, qui ne laisse aucun testament, usurpant la place de sa nièce Jeanne de Castille, Isabelle se proclame reine de Castille et León à Ségovie le , fondant sa légitimité sur le traité des Taureaux de Guisando. Elle se fait couronner à Ségovie.

Pour faire valoir les droit de son épouse Jeanne sur la Castille, Alphonse V de Portugal prend la tête d'une coalition, avec pour allié le roi de France, Louis XI. L'affrontement a lieu à la bataille de Toro, en 1476, mais la situation tourne au profit des rois catholiques avec la reconnaissance d'Isabelle la Catholique par les Cortes de Castille.

Quand en 1479, les troupes portugaises quittent la Castille, Jeanne de Castille, La Beltraneja, renonce à ses droits et s'enferme dans un couvent pour y finir ses jours[8].

Relations statutaires entre Isabelle de Castille et Ferdinand d'AragonModifier

 
Isabel la Católica, J. de Flandes (v. 1500) Palacio Rea de Aranjuezl.

La concorde de Ségovie en 1475 précise les droits respectifs des époux[9].

Bien que devenu roi de Castille en titre en même temps que son épouse en devenait reine, Ferdinand II ne dispose, du vivant de celle-ci, d'aucune autorité sur son domaine personnel. Il faut attendre la mort d'Isabelle en 1504, suivie en 1506 de celle de son gendre Philippe le Beau et de la prétendue maladie mentale de leur fille et héritière Jeanne Ire de Castille (qui a ouvertement défié sa mère à Medina del Campo), pour que le roi d'Aragon assure la régence au nom de son petit-fils Charles Quint qu'il parvient à faire reconnaître comme roi de Castille en parallèle avec Jeanne Ire qui conserve le titre jusqu'à sa mort en 1555.

Devenu à son tour en 1479 souverain des différents territoires de la couronne d'Aragon, Ferdinand II forme alors avec sa femme un exemple unique de double monarchie, de 1479 à 1504, où chaque souverain garde la pleine autonomie de ses territoires propres tout en préparant activement l'unification formelle de l'Espagne au siècle suivant.

La guerre de Succession de Castille (1476-1479)Modifier

 
La guerre de succession de Castille de 1476 à 1479.

La guerre entre Castille et Aragon d'une part (Isabelle) et le Portugal (Jeanne, mariée en 1475 au roi Alphonse V de Portugal) se termine par le traité d’Alcáçovas de 1479.

En ce qui concerne la succession d'Henri IV, Isabelle l'emporte, mais la Castille fait des concessions au Portugal en ce qui concerne les expéditions outre-mer.

La guerre de Grenade et la fin de la Reconquista (1482-1492)Modifier

 
La Reconquista menée par Isabelle et Ferdinand chassa les musulmans de la péninsule et permit de préparer l'unification de l'Espagne.

Depuis la conquête musulmane de 711 par Tariq ibn Ziyad, les rois d'Espagne et du Portugal essayeront de récupérer toute la péninsule ibérique. C'est pendant le règne de Ferdinand III que la reconquête est presque achevée, sauf Grenade parce que l'émir signa une trêve et paya une énorme somme d'argent.

Mais Isabelle veut régner sur un royaume basé sur la foi chrétienne. Les deux souverains décident d'entreprendre une croisade contre les musulmans et de prendre Grenade. Avec 50 000 hommes, ils encerclent Grenade. Après six mois de siège, ils achèvent la Reconquista en 1492 par l'annexion du royaume de Grenade, qui est remis par le roi Boabdil, dernier vestige de huit siècles de présence musulmane en Espagne. L'historien Joseph Pérez précise : « L’entrée des Rois catholiques à Grenade, le 2 janvier 1492, a eu un retentissement considérable dans toute la chrétienté : les cloches ont sonné à Londres, à Paris, en Italie… ; à Rome, les réjouissances se sont prolongées pendant plusieurs mois ; partout, on a célébré l’événement comme une victoire de la Croix sur le Croissant, comme une sorte de revanche sur la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453 »

 
L'union vers la Couronne d'Espagne (1479-1516).

Ce succès dans la reconquête de terres autrefois chrétiennes vaut à Isabelle et Ferdinand d'être qualifiés de « Rois catholiques » par le pape Alexandre VI Borgia en 1494[10],[4]. Le titre de Reyes Católicos sera désormais pratiquement porté par tous les rois d'Espagne. Ce même pape lui accorde la distinction honorifique de la Rose d'or du christianisme en 1500.

La légende noire des Rois catholiquesModifier

 
Fac-similé du décret de l’Alhambra : «… Nous avons décidé d'ordonner à tous les juifs, hommes et femmes, de quitter nos royaumes et de ne jamais y retourner… à la date du 31 juillet 1492 et ne plus rentrer sous peine de mort et de confiscation de leurs biens… ». Il est également interdit à tout non-juif de leur prêter assistance ou de les héberger, sous peine de sanctions (31 mars 1492).

Parallèlement, influencés par le grand inquisiteur Torquemada, Isabelle et Ferdinand organisent un « instrument de terreur »[11], l'Inquisition espagnole et son cortège d'auto da fé, dès 148,0 et perdurant pendant des siècles. En 1492 — dite année cruciale (« Año crucial ») —, par le décret de l'Alhambra, ils chassent les Juifs d'Espagne[12], soit quelque cinquante mille à cent cinquante mille personnes installées en Espagne depuis des siècles[4] (qui trouvent notamment refuge au royaume du Portugal, lequel les en chassera aussi en 1497[13] - dans le Sud-Ouest de la France, à Amsterdam, en Italie, au Maghreb et dans l'Empire ottoman grâce à l'autorisation du sultan Bayezid II)[4], et ils réduisent l'influence des grands féodaux. À travers la constitution de foyers séfarades, les Juifs espagnols garderont conserveront longtemps (certains jusqu'à nos jours) leur langue, le judéo-espagnol du castillan ancien, et le souvenir de leur pays natal[4].

Les rois catholiques expulsent ensuite les musulmans en 1502 (aussi en 1525 et en 1609) et persécutent les protestants, les convertis crypto-juifs (marranes : « porcs ») et crypto-musulmans (morisques) restés au royaume ou réfugiés dans d'autres pays où l'épée de l'Inquisition les pourchasse là encore[14],[15].

L'Inquisition espagnole concerne tous les royaumes sous juridiction des Rois catholiques, y compris donc les territoires américains, et tient des milliers de procès. L'Inquisition n'est abolie qu'en 1834[16],[17],[15].

Christophe Colomb et la découverte de l'AmériqueModifier

Après avoir en vain proposé son projet (atteindre les Indes en naviguant vers l'ouest, à travers l'océan Atlantique) au roi de Portugal (1484), Christophe Colomb obtient l'accord des Rois catholiques en avril 1492 (capitulations de Santa Fe)[16],[14], quelques mois après la chute de Grenade.

En octobre 1492, le navigateur découvre atteint des îles, notamment Hispaniola (Saint-Domingue), qui appartiennent en fait à l'archipel des Caraïbes, c'est-à-dire à un « nouveau monde » (1503), qui recevra en 1507 le nom d'« America », mais sera aussi couramment appelé « Indes occidentales ».

C'est le début d'une extension considérable des territoires relevant de la couronne de Castille.

Fin de vieModifier

 
Isabelle la Catholique dictant son testament (Doña Isabel la Católica dictando su testamento), Eduardo Rosales, 1864, musée du Prado.

À la fin de ses jours, les malheurs familiaux la rattrapent et la plongent dans une profonde dépression qui lui fait porter un deuil rigoureux pour le reste de sa vie[18].

Recluse à Medina del Campo, souffrant d'une fièvre suivie d'une hydropisie de poitrine[19] selon la déclaration de Pedro Mártir d'Anghiera en tant que témoin, et sentant sa fin approcher, elle reçoit les derniers sacrements et meurt le [20] d'un cancer de l'utérus. Son mari est par la suite proclamé roi de Castille sous le nom de Ferdinand II d'Aragon et V de Castille.

Tout d'abord inhumée chez les Franciscains dans le couvent Saint François de l'Alhambra, le , dans une sépulture très simple selon sa volonté, elle repose actuellement dans la chapelle royale de Grenade, dans une fastueuse sépulture construite sur ordre de son petit-fils Charles Quint, avec son mari Ferdinand le Catholique, sa fille Jeanne Ire et le mari de cette dernière Philippe le Beau. Sa tombe est profanée en 1808 lors de l'invasion française.

Sa couronne et son sceptre sont exposés au musée de la chapelle royale de Grenade.

Testament et successionModifier

Le testament original de la reine est conservé au Monastère royal de Santa María de Guadalupe. Une copie a été envoyée au monastère de Sainte-Isabelle de la Alhambra à Grenade. Une autre, à la cathédrale de Tolède, conservée depuis 1575 aux Archives générales de Simancas.

 
La couronne et le sceptre d'Isabelle.

Dans son testament, elle préconisait à ses successeurs de conquérir puis de convertir au christianisme le nord de l'Afrique, mais la découverte de l'Amérique éloigna les rois de Castille de cet objectif pour se concentrer sur les richesses offertes par le Nouveau Monde.

Son engagement pour la défense et l'égalité entre ses sujets américains et européens lui valut le titre de précurseur des Droits de l'Homme pour de nombreux historiens et ce malgré des actions controversées comme la conversion forcée des musulmans et des Juifs du royaume sous peine d'expulsion.

À sa mort en 1504, sa fille Jeanne lui succède, mais pour peu de temps. Cette dernière est déclarée incapable de régner à cause de sa « folie » (mais reste la souveraine de Castille jusqu'à sa mort[4]) et le pouvoir est exercé d'abord par son mari Philippe le Beau, mais celui-ci décède en 1506. Invité par le cardinal Cisneros à revenir en Castille, Ferdinand II d'Aragon le Catholique prend à son tour la régence jusqu'en 1516 (année de sa mort), non sans se remarier avec la nièce du roi de France, afin d'en avoir un héritier direct qui vivra peu de temps[4],[19].

Sur la tombe d'Isabelle et Ferdinand, est gravé en latin : « Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, époux légitimes, surnommés Les Catholiques, après avoir chassé les Musulmans et extirpé l'hérésie, sont enfermés dans ce tombeau »[19]

Et, en 1517, l'empereur Maximilien déclare Charles Quint, fils de « Jeanne la Folle », roi de Castille et d'Aragon.

DescendanceModifier

De son union avec Ferdinand, Isabelle eut six enfants :

AscendanceModifier

PostéritéModifier

Procès en béatificationModifier

 
Torquemada en 1492 plaidant pour l'expulsion des Juifs d'Espagne devant Isabelle et Ferdinand.
Toile d'Emilio Sala y Francés (1889).

Isabelle a vécu cinquante-trois ans, dont trente ans en tant que reine de Castille et vingt-six en tant que reine consort d'Aragon aux côtés de Fernand II. Depuis 1974, elle est considérée comme servante de Dieu par l'Église catholique.

La vie pieuse de la reine Isabelle, présentée par l'historiographie comme un modèle de vertu, fait d'elle une possible candidate à la béatification par l'Église catholique romaine. Entamé en 1958 à l'initiative du diocèse de Valladolid[21], le procès est largement soutenu par le dictateur Francisco Franco[18] et les évêques d'Espagne : en 2002, à l'approche du 500e anniversaire de sa mort, les deux tiers de la Conférence épiscopale approuvent une requête destinée à accélérer le traitement de sa cause[22]. De nombreux hommes d'Église espagnols et latino-américains, et particulièrement les cardinaux Rouco et Cañizares (qui ont célébré le 500e anniversaire) défendent son action en faveur de l'évangélisation de l'Amérique. En 2018, les assemblées des provinces ecclésiastiques de Grenade et de Séville appuient à l'unanimité une reprise du procès[23]. On prête également à cette reine deux miracles : « les guérisons d’une citoyenne des États-Unis atteinte d’un cancer du pancréas et d’un prêtre espagnol victime d’une hémorragie cérébrale »[18].

Cependant, ses responsabilités dans l'expulsion des Juifs d'Espagne et leur persécution, l'établissement de l'Inquisition, les exactions de l'évangélisation ainsi que l’esclavage des Indiens et son autoritarisme apparaissent comme autant d'éléments à charge, susceptibles de faire obstacle à sa béatification[24],[25],[18],[26].

Isabelle dans la culture populaireModifier

Au cinémaModifier

La reine Isabelle a été interprétée au cinéma :

À la télévisionModifier

À la télévision, elle a été interprétée :

DocumentaireModifier

 
Plaque commémorative de la ville de Ribadavia en hommage à ses citoyens (juifs) condamnés par l'Inquisition espagnole, il y « 400 années à cause de leur croyance ».

En 2012, un documentaire-fiction, intitulé Isabelle la Catholique, lui est consacré dans le cadre de l'émission Secrets d'Histoire, présentée par Stéphane Bern[11].

Le documentaire revient sur son appui au voyage de Christophe Colomb, l’achèvement de la Reconquista, le pays qu'elle hisse au niveau d'une grande puissance mais également sur sa légende noire, incarnée par l’expulsion des Juifs d’Espagne, la persécution des crypto-juifs convertis et l'Inquisition espagnole[12],[29],[11].

Jeux vidéoModifier

Isabelle est la dirigeante des Espagnols dans les jeux vidéo Civilization IV, Civilization V et Age of Empires 3.

Notes et référencesModifier

  1. Jean Dumont, L'"incomparable" Isabelle la Catholique, Critérion, , p. 9
  2. Jean Dumont, L'"incomparable" Isabelle la Catholique, Critérion, , p. 15
  3. Jean Dumont, L'"incomparable" Isabelle la Catholique, Critérion, , p. 38
  4. a b c d e f et g Pr. Joseph Pérez, « La Bibliothèque en ligne - Clio - Voyage Culturel », sur www.clio.fr, (consulté le )
  5. Orestes Ferrara, L'avènement d'Isabelle la Catholique, A. Michel, , 473 p.
  6. Orestes Ferrara, L'avènement d'Isabelle la CatholiqueCouverture, Albin Michel, , p. 281.
  7. Cédula real de Fernando el Católico, fechada en Medina del Campo el día 26 de noviembre de 1504, comunicando a la villa de Madrid el fallecimiento de la reina Isabel, citée par Juan Carlos Galende Diaz, « ¡Madrid está de luto! Ha muerto la Reina Católica », p. 195.
  8. L'Art de vérifier les dates, Moreau, imprimeur, (lire en ligne)
  9. Janine Bouissounouse, Isabelle la Catholique : comment se fit l'Espagne, Hachette, , p. 31
  10. Note : (es)Fernández de Cordoue Miralles, dans Alejandro VI y los Reyes Católicos Relaciones político-eclesiásticas (1492-1503) (Roma: Pontificia Universitas Sanctae Crucis), indique que le pape Alexandre VI les qualifie de « Rois catholiques » par sa bulle Si convenit, le 19 décembre 1496.
  11. a b et c « Sur les traces d’Isabelle la Catholique dans «Secrets d’histoire» sur France 2 », sur ladepeche.fr, (consulté le )
  12. a et b Heinrich Graetz, « Histoire des Juifs, III, 2, 16 ».
  13. Bernard Vincent, « "Convivance" à Grenade », Confluences, sur Revues plurielles,
  14. a et b Anita Gonzalez-Raymond, Inquisition et société en Espagne : les relations de causes du tribunal de Valence (1566-1700), Presses Universitaires de Franche-Comté, , 374 p. (lire en ligne)
  15. a et b Jean-Pierre Dedieu, « L'Espagne au miroir de ses juifs. Une très vieille et très complexe relation », Migrations, identité et modernité au Maghreb, La Croisée des chemins / Karthala, vol. t. III,‎ , p. 57 (lire en ligne, consulté le )
  16. a et b (en) Joseph Pérez, The Spanish Inquisition : A History, Yale University Press, , 248 p. (ISBN 0-300-11982-8, lire en ligne)
  17. A. Gonzalez-Raymond, op. cit, p. 60-63, 80 et suiv..
  18. a b c et d Hervé Yannou, « 500e anniversaire de sa mort aujourd’hui », cath.ch,‎ (lire en ligne)
  19. a b et c Jean-Baptiste Rosario Gonzalve baron de Nervo (1810-1897), Isabelle la Catholique, reine d'Espagne : sa vie, son temps, son règne, 1451-1504, Bibliothèque nationale de France, , 470 p. (lire en ligne)
  20. Marie-France Schmidt, « Une mort très chrétienne : Isabelle la Catholique, Medina del Campo, 26 novembre 1504 », dans Jean Sévillia et Jean-Christophe Buisson, Les Derniers Jours des reines, Place des éditeurs, (ISBN 978-2-262-06483-9, lire en ligne)
  21. Thérèse Hebbelinck, L'Eglise catholique et les juifs. Tome 1 : Du mépris à l'estime, Domuni-Press, , 480 p. (ISBN 978-2-36648-090-0, lire en ligne), p. 95
  22. François Foronda, « Sainte Isabelle la Catholique ? », sur www.lhistoire.fr, L'Histoire,
  23. « Isabelle la Catholique enfin béatifiée ? », sur FSSPX.Actualités, (consulté le )
  24. Joseph Pérez, Isabelle la Catholique. Un modèle de chrétienté ?, Éditions Payot & Rivages, , 203 p.
  25. Marie-France Schmidt, Isabelle la Catholique, EDI8, , 303 p. (ISBN 978-2-262-04966-9, lire en ligne), p. 227
  26. Institut Iliade, « Isabelle la Catholique (1451-1504) », sur Institut Iliade, (consulté le )
  27. a et b « Isabel, au cœur de l'histoire » (consulté le )
  28. « Isabel, la fin d'une série culte », sur http://lamonteeiberique.com/
  29. Quentin Noirfalisse, « Magazine - Secrets d'histoire: Isabelle la Catholique », Moustique,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier