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La foi chrétienne (catholique, orthodoxe, protestante, évangélique) est la confiance en Dieu le Père, Jésus-Christ et au Saint-Esprit. Elle est exprimée de manière synthétique dans les différentes versions du credo (« je crois » en latin). Le credo a deux versions principales : le symbole de Nicée-Constantinople et le symbole des apôtres. Diverses confessions de foi chrétiennes présentent un résumé des croyances chrétiennes particulières selon les dénominations.

Sommaire

La foi dans la BibleModifier

Articles détaillés : Bible, Ancien Testament et Nouveau Testament.

La foi chrétienne est basée sur la Bible [1]. Le mot « foi », dans la Bible, est l'un des mots utilisés pour décrire l'attitude de l'homme devant Dieu[2]. Il est traduit par le latin fides et le grec pistis qui ont le sens premier de « confiance », et ne sont donc pas des mots du vocabulaire religieux, ni du vocabulaire de la croyance. Ces mots sont eux-mêmes la traduction de termes hébreux qui dérivent de la même racine aman, un radical qui évoque la solidité, la fermeté. La foi biblique est donc d'abord affaire de confiance en Dieu, avant de concerner une croyance ou un contenu dogmatique : voir par exemple 1 Samuel 3,20.

Dans les Évangiles, Jésus compare le croyant à un homme qui construit sa maison sur le roc et qui lui confère ainsi un caractère vraiment indestructible. Il donne à Simon, le premier disciple à reconnaître en lui le Messie et fils de Dieu, le surnom de « Pierre », allusion à la foi qui fait de lui un roc.

Pour caractériser la relation du croyant à son Dieu, la Bible n'utilise pas, dans ses traductions grecques et latines, le mot de religio qui est habituellement employé dans le monde antique (et qui insiste sur l'observance des rites, l'obéissance aux commandements et le respect scrupuleux des coutumes). Elle marque de cette manière le caractère profondément original de l'attitude croyante en Israël : le croyant n'est pas celui qui croit que Dieu existe, mais qui croit EN Dieu, formulation reprise à dessein dans les symboles de foi chrétiens et sur laquelle reviendra Augustin. Cette foi se vérifie dans la vie quotidienne, par l'observation des commandements. Elle donne la certitude de la réalité de Dieu et de sa vérité.

Pour parler de la foi, plutôt que des énoncés théoriques, on trouvera dans la Bible des récits : le modèle du croyant est Abraham. Un autre modèle est Job, qui conserve la foi malgré la souffrance injuste dont il est victime.

Le Nouveau Testament propose, lui aussi, un modèle de croyant : Jésus, dont Paul dit dans la Lettre aux Galates que, par sa foi, il est l'auteur de notre salut. Le geste dans lequel Jésus manifeste ce qu'est la foi est l'offrande qu'il fait de sa propre vie, dans un acte de confiance totale en Dieu. La foi est ainsi, pour les Écritures chrétiennes, le lieu du salut de l'humanité. La foi n'est pas innée selon Paul, « elle vient de ce que l'on entend et on entend par une parole du Christ » [3].

L'apôtre Jacques précise quant à lui que « la foi sans œuvres est morte » [4].

Un autre modèle de croyante est Marie, mère de Jésus, qui a cru, la première, en la réalisation de la promesse qui lui était faite par l'ange Gabriel.

La foi biblique, si elle concerne d'abord la confiance en Dieu, n'exclut nullement la dimension de connaissance des réalités divines. Cette connaissance se situe simplement dans le contexte plus fondamental d'une relation inter-personnelle à Dieu.

Fondements de la foi chrétienneModifier

Article détaillé : Credo (religion).

Il est très difficile de définir la foi chrétienne de manière unique tant les courants du christianisme sont divers. Le point commun des différents mouvements chrétiens est la reconnaissance que Jésus est le fils de Dieu.

Outre le credo, le catholicisme se caractérise par le « dépôt de la foi », qui englobe les Écritures et la Tradition [5], tandis que le protestantisme et le christianisme évangélique ne se fie qu'aux Écritures (sola scriptura) [6].

Les premiers textes canoniques que possèdent les chrétiens concernant la nécessité de la foi en Jésus-Christ ressuscité, sont les Épîtres de Paul de Tarse notamment celles aux Galates et aux Romains (Rm 10. 9 notamment). Il est possible de dater, en effet, leur écriture entre l'an 49 et 58 de notre ère, soit moins de trente ans après la Passion du Christ. Parmi les textes de Paul, il faut citer également la première Épître aux Corinthiens (I Co 13) qui place la foi parmi les trois vertus théologales, soit celles qui, étymologiquement, nous "parlent" de Dieu et donc nous conduisent vers Lui.

Ensuite, les évangiles, écrits entre l'an 65 et 100 de notre ère environ, sont le témoignage de la vie de Jésus-Christ, de sa mort et de sa résurrection. On y trouve la nécessité de croire en Dieu le Père (Mc 12. 29-30) [7].

Les fondements de la foi chrétienne ont été formalisés vers les IIe et IIIe siècles, par les Pères de l'Église. On peut citer, pour les principaux : Irénée de Lyon (le canon de la Bible incluant l'Ancien Testament et les quatre évangiles canoniques, ainsi que les épîtres), et Origène (interprétation des textes selon les quatre sens des Écritures, et prière Lectio divina).

Rapports entre la foi et la grâceModifier

Les relations entre foi et grâce ont été beaucoup discutées dans les débats théologiques[5]. En elle-même, la foi est comprise comme étant une grâce, c'est-à-dire une faveur divine.

Parmi les théologiens qui ont débattu de la grâce et ses rapports avec la foi, il y a Augustin d'Hippone, Jean Cassien et Jean Calvin [8].

Dans l'Épître aux Éphésiens, l'apôtre Paul de Tarse considère la foi comme « le moyen » permettant d'obtenir la grâce divine : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ».

Rapports entre la foi et la raisonModifier

Article détaillé : foi et raison.

Lucien Morren, Professeur émérite de la Faculté des Sciences Appliquées de l'Université catholique de Louvain, rappelant la distinction faite par Emmanuel Kant entre raison pure et raison pratique, estime qu'elle permet de faire la distinction entre ce qu'il nomme le rationnel et le raisonnable et cite à ce sujet le philosophe wallon Jean Ladrière, pour qui «le rationnel, c'est ce qui est pensable selon les catégories de la pensée scientifique[9]. Le raisonnable, c'est ce qui est assignable comme finalité conformément aux impératifs de la raison pratique, c'est-à-dire de l'ordre moral (en tant qu'il constitue la finalité de la volonté libre).» et pour qui « Il est essentiel de rappeler cette distinction entre le rationnel et le raisonnable car la culture moderne est marquée par la tentation permanente de rabattre le raisonnable sur le rationnel » [10].» Lucien Morren poursuit : « Cette distinction est aussi une exigence pour le chrétien. En effet, tout chrétien sait (ou devrait savoir !) que l'adhésion de foi repose sur trois piliers, la grâce, la volonté libre et la raison. » [11]

CatholicismeModifier

Le pape Jean-Paul II a publié le une encyclique sur les rapports entre la foi et la raison : Fides et ratio. Elle met l'accent sur l'importance des philosophies présentant une ouverture métaphysique pour assurer une fonction de médiation dans l'intelligence de la Révélation, selon la théologie de saint Thomas d'Aquin.

La foi chrétienne est ensuite avant tout communautaire[12]. Elle n'est pas un acquis mais l'objet d'une éducation permanente dont la catéchèse est l'élément central (cf. Directoire général de la catéchèse). Elle naît de la prédication (Saint Paul) et meurt si elle n'est pas transmise.

  • Elle peut être enseignée dès l'enfance (éducation chrétienne familiale) et mûrit alors depuis la réception du baptême puis tout au long de la vie.
  • Elle peut naître adulte et être alors éduquée dans le cadre du catéchuménat. L'approfondissement de la foi chrétienne est alors validé dans le scrutin du catéchuménat appelé « redditio symboli » ce qui se veut dire en français « proclamation du symbole des apôtres (ou credo) ».

ProtestantismeModifier

Dans le protestantisme, la foi chrétienne est basée uniquement sur la bible (sola scriptura) et est l’unique justification du croyant (sola fide) [13]. La foi est perçue comme quelque chose qui se transmet par socialisation, dans la famille, notamment par le baptême des enfants [14].

Christianisme évangéliqueModifier

Dans le christianisme évangélique, la foi chrétienne est basée uniquement sur la bible et est l’unique justification du croyant, comme dans le protestantisme[15]. Toutefois, certains théologiens de la réforme radicale ont exprimé leurs préoccupations pour une foi davantage axée sur la décision personnelle et l’engagement[16], [14],[17]. C’est ainsi qu’a été développé la doctrine de l’Église de professants [18],[19]. Cette doctrine enseigne que l’on devient membre de l'Église par Nouvelle naissance et profession de foi [20]. Le baptême est ainsi réservé aux croyants adolescents ou adultes (baptême du croyant) [17],[21].

Notes et référencesModifier

  1. Matt Stefon, Christianity: History, Belief, and Practice, The Rosen Publishing Group, USA, 2011, p. 53
  2. (en) Tyron Inbody, The Faith of the Christian Church: An Introduction to Theology, USA, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 74.
  3. Romains 10:17
  4. Jacques 4 :26
  5. a et b (en) Tyron Inbody, The Faith of the Christian Church: An Introduction to Theology, USA, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 285.
  6. (en) Tyron Inbody, The Faith of the Christian Church: An Introduction to Theology, USA, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 37.
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 202
  8. (en) Tyron Inbody, The Faith of the Christian Church: An Introduction to Theology, USA, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 236-238.
  9. Le Développement intégré, Ciaco, Louvain-la-Neuve,, 1987, p.21.
  10. Le Développement intégré, p.22.
  11. Lucien Morren, De la diversité des modes d'exercice de la raison in Connaître, Cahiers de l'Association Foi et culture scientifique, juillet 2002, pp. 6-13, p. 7.
  12. Joseph Ratzinger les principes de la théologie catholique § 1 Structure et contenu dans la foi chrétienne
  13. J. Gordon Melton, Encyclopedia of Protestantism, Infobase Publishing, USA, 2005, p. XI
  14. a et b (en) William A. Dyrness et Veli-Matti Kärkkäinen, Global Dictionary of Theology: A Resource for the Worldwide Church, USA, InterVarsity Press, , p. 197.
  15. Nigel G. Wright, The Radical Evangelical: Seeking a Place to Stand, Wipf and Stock Publishers, USA, 2016, p. 41
  16. Richard Lints, Renewing the Evangelical Mission, Wm. B. Eerdmans Publishing, USA, 2013, p. 141
  17. a et b Sébastien Fath, Du ghetto au réseau: Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, France, Édition Labor et Fides, , p. 378.
  18. Religioscope et Sébastien Fath, À propos de l’évangélisme et des Églises évangéliques en France – Entretien avec Sébastien Fath, Journal religion.info, France, 3 mars 2002
  19. Donald W. Dayton, Robert K Johnston, The Variety of American Evangelicalism, Wipf and Stock Publishers, USA, 1997, p. 155
  20. Sébastien Fath, Du ghetto au réseau: Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, France, Édition Labor et Fides, , p. 366.
  21. Donald M. Lewis, Richard V. Pierard, Global Evangelicalism: Theology, History & Culture in Regional Perspective, InterVarsity Press, USA, 2014, p. 297

SourcesModifier

Voir aussiModifier