Paul II

pape catholique

Paul II
Image illustrative de l’article Paul II
Biographie
Nom de naissance Pietro Barbo
Naissance
Venise
Drapeau de la République de Venise République de Venise
Décès (à 54 ans)
Rome
Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Intronisation
Fin du pontificat
(6 ans, 10 mois et 26 jours)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pietro Barbo (né le à Venise – mort le ) était un religieux italien du XVe siècle, neveu par sa mère d'Eugène IV, qui fut abbé, évêque, cardinal, et fut élu pape le [1], pour succéder à Pie II. Il devint le 211e pape de l'Église catholique et prit le nom de Paul II.

BiographieModifier

D'abord éduqué comme futur homme d'affaires, le jeune Pietro entre dans la prêtrise lorsque son oncle maternel devient pape sous le nom d'Eugène IV. Il devient rapidement archidiacre de Bologne et évêque de Cervia, Padoue et Vicence. Il a aussi été abbé du Mont-Cassin. En 1440, âgé de 23 ans, il reçoit la barrette de cardinal des mains de son oncle.

Il a également été grand maître de l'ordre des hospitaliers du Saint-Esprit vers 1440 jusqu'en 1447[2].

Lors du conclave suivant la mort de Pie II, il rassemble sur son nom les cardinaux mécontents du règne du feu pape. Il aurait préféré choisir le nom de Formose II, mais les cardinaux l'en dissuadent[3]. Amateur de magnificence, il introduit à Rome un carnaval plus spectaculaire et fait bâtir le palais Saint-Marc, actuel palais de Venise (palazzo Venezia). Il dépense 200 000 florins d'or pour une tiare ornée de saphir . En 1464, il accueille à Rome[4] le prince albanais George Castriote Scanderbeg, lui accordant une aide de 3 000 écus, confiés à son trésorier Dhimiter Frangu, une somme dérisoire, à ce grand prince et combattant, pourtant gratifié comme le défenseur du Christianisme contre l'empire ottoman. En 1469, il accorde une dispense pour permettre le mariage entre Charles de France, fils de Charles VII de France et frère de Louis XI, et Marie de Bourgogne en raison de leur lien de parenté. Il décrète également l'année sainte de 1475.

Il entame son pontificat en destituant un certain nombre d'humanistes nommés par ces prédécesseurs[1]. Soupçonnant que ces derniers complotent contre lui, Paul II dissout l'académie romaine, saisit bon nombre de ses membres et les accuse de trahison. Plusieurs partisans de l'humanisme sont torturés puis tués sans qu'aucune conspiration contre le pape ait été fomentée. A défaut de cette inculpation, les humanistes sont condamnés pour hérésie, étant accusés de cultiver des idées et des rituels païens.

Par ailleurs, à la suite d'une demande de Louis XI, il autorise la création de l'université de Bourges le [5].

 
Anneaux des papes Paul II et Sixte IV au musée de Cluny.

Il meurt d'une crise cardiaque, dans des circonstances indéterminées, officiellement d'une indigestion de melon, attestée par son médecin[6],[7],[8]. Les ennemis de ce Pape répandent le bruit qu'il serait mort d'une attaque alors qu'il se faisait sodomiser par un page, rumeur qu'aucune source n'atteste [9].

Selon certaines sources, c'est à ce pape que les cardinaux doivent la couleur pourpre de leur vêtement, jusque-là l'apanage du pontife romain. D'après une autre source, ce serait le pape Innocent IV, au concile œcuménique de Lyon, en 1245, qui aurait décrété que ses cardinaux, pour marquer leur disposition perpétuelle à défendre la foi catholique jusqu'à verser leur sang pour elle (« usque ad effusionem sanguinis »), seraient habillés de pourpre.

Notes et référencesModifier

  1. [1].
  2. Paul Brune, Histoire de l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit, C. Martin, 1892, p. 438.
  3. Baron Corco, Les borgias.
  4. Paolo Jovio, Commentari delle cose de' Turchi etc., Venezia, 1441.
  5. Bulle que le pape Paul II donna le 12 décembre 1464.
  6. « Paolo II in Enciclopedia dei Papi », Enciclopedia Treccani, http://www.treccani.it/enciclopedia/paolo-ii_%28Enciclopedia_dei_Papi%29/.
  7. Michael Canensius, Vita Pauli Secundi Pontificis Maximi, 1734 p. 175.
  8. Claudio Rendina, I Papi, Storia e Segreti, Newton Compton, Roma, 1983, p. 589.
  9. (en) Leonie Frieda, The Deadly Sisterhood: A Story of Women, Power, and Intrigue in the Italian Renaissance 1427-1527, chapter 3, (HarperCollins, 2013), (ISBN 978-0-06-156308-9).

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