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Château de Pau

château béarnais

Château de Pau
Image illustrative de l’article Château de Pau
Le château de Pau depuis le petit jardin.
Période ou style Médiéval - Renaissance
Type Château fort - Palais
Début construction XIIe siècle (?)
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire initial Souverains de Béarn
Destination initiale Résidence et défense
Propriétaire actuel République française
Destination actuelle Musée national
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, 2004)
Site web http://www.chateau-pau.fr/
Coordonnées 43° 17′ 41″ nord, 0° 22′ 30″ ouest[1]
Pays Drapeau de la France France
Région historique Blason du Béarn Béarn
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Commune Pau

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Château de Pau

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Château de Pau

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Château de Pau

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Château de Pau

Au centre de la vieille ville de Pau, dans le Béarn, se dresse le château de Pau, célèbre pour avoir vu la naissance du roi de France et de Navarre, Henri IV. Ce château porte aujourd'hui les marques de cette présence imposante : les représentations diverses du « bon roi » Henri ornent les murs de toutes parts.

Mais le château, bien plus ancien en fait que l'association des royaumes navarrais et français, porte en lui les marques tourmentées de l'histoire moderne, sous la figure bienveillante du « Vert galant ». Il a été classé monument historique en 1840 et 2004[2].

GéographieModifier

Le château se situe au centre de la ville de Pau, préfecture du département des Pyrénées-Atlantiques, et capitale de l'ancienne principauté souveraine de Béarn. Il s'élève à l'extrémité sud-ouest d'un éperon rocheux d'environ 30 m, bordé au sud par la plaine alluviale du gave de Pau et au nord par le ravin du Hédas[B 1]. Si le château se situe actuellement au cœur de l'agglomération paloise, il se trouve jusqu'au XIXe siècle en bordure occidentale de l'agglomération, dans un contexte semi-rural[B 1]. L'emprise totale du domaine du château est de 22 ha[B 2], constitué par les bâtiments puis différents jardins et parcs s'étirant vers l'ouest tout en longueur au-dessus du gave jusqu'à la limite avec la commune de Billère.

L'accès principal vers le château de Pau se situe à l'est, par un pont dormant à une arche enjambant le fossé et reliant directement le quartier du château (bourg mayoù[B 3]) à la cour du château[B 4]. D'autres accès vers le château sont possibles, à l'est par le pont de Nemours au-dessus de la rue Marca qui le relie à l'actuelle Basse-Plante, au nord par la porte Corisande qui rejoint la rue Lassansaa à proximité de la place Gramont, au nord-est par des escaliers depuis le ravin du Hédas et au sud-est par un portail donnant sur le boulevard des Pyrénées.

HistoireModifier

Les originesModifier

Le site qu'occupe le château permet la surveillance d'un gué sur le gave, qui représente l'une des clés sur la voie nord-sud reliant les Pyrénées — notamment la vallée d'Ossau[a] — à la plaine d'hivernage pastorale du Pont-Long[B 5]. S'il est difficile de savoir si le château précède la constitution du village, ou inversement[B 6], le site castral prend une importance symbolique dans l'origine de Pau. La légende raconte que pour délimiter l'étendue du domaine accordé par les Ossalois[b] aux vicomtes de Béarn, trois pieux auraient été plantés[B 7], un pieu se disant pau en béarnais. Pau signifie également palissade, qui est une hypothèse souvent avancée pour expliquer le nom du château et de la ville[3]. Selon d'autres spécialistes[4], le nom Pau serait plutôt lié à la racine pré-indo-européenne *pal, indiquant un rocher escarpé, comme c'est le cas pour d'autres toponymes pyrénéens (col de Pau, pic Palas, etc.).

La plus ancienne mention écrite connue du château de Pau remonte au XIIe siècle, un conflit oppose l'évêque de Lescar Guy de Lons et un aristocrate local — Ramon de Bizanos — en 1131. Le texte évoque le castelo de Pal[B 3]. Plus tard, une glose du for général confirme que la cour de Pierre II de Béarn se tient parfois au castello de Pau en 1147[B 8]. Les fouilles archéologiques menées sur le site datent également les plus anciens éléments du château comme étant du XIIe siècle, il s'agit des actuelles tours Mazères et Billère, ainsi que des restes d'un donjon primitif dans la cour[B 9]. Dès le XVIIIe siècle, l'historiographie traditionnelle reprend l'idée d'une fondation du château dans le courant du Xe siècle, parfois sous la commande de Centulle le Vieux, néanmoins aucune donnée écrite ou archéologique ne peut confirmer cette théorie[B 1]. En conservant cette hypothèse d'une construction du château de Pau au XIIe siècle, son maître d'ouvrage pourrait être Gaston IV de Béarn, dît le Croisé[B 1]. Ce premier site castral aurait donc compté au moins deux tours d'angle, ouest et nord-ouest, ainsi qu'un donjon (ou réduit) côté est. L'emprise de la place forte est alors estimée à environ 2 200 m2[B 10].

Une fonction vicomtale semble être à l'origine du château de Pau, sans qu'il ne soit possible de définir précisemment cette fonction[B 11]. Les premiers vicomtes de Béarn y séjournent régulièrement, comme Gaston VI ou Gaston VII[B 12]. Dès Gaston VI, le château de Pau occupe un rang éminant au sein des résidences vicomtales. C'est en ce lieu que le souverain rénove le for général de Béarn en 1188[B 13]. Au XIIIe siècle, le donjon primitif (ou réduit) est arasé pour faire place à la tour Montauser. Celle-ci s'adosse en partie sur cette ancienne construction, son mur sud constitue un reliquat de 12 à 15 m du mur nord de l'ancien donjon[B 14]. La construction de la tour Montauser au XIIIe siècle vise peut-être à un agrandissement de la cour du château, ou bien à une reprise de la partie est du site en lien avec le bourg. À la fin du XIIIe siècle, un domaine étendu vers l'ouest entoure le château, avec moulin, verger et vignoble[B 12].

Les princes de BéarnModifier

Le château fort de FébusModifier

Au XIVe siècle, le Béarn accède au statut de principauté souveraine sous le règne de Gaston III de Foix-Béarn, dit Fébus. Le jeune prince affirme en 1347 la neutralité du Béarn dans le conflit opposant Français et Anglais, signant de fait une déclaration d'indépendance[5]. Le à Launac, les troupes de Fébus écrasent celles du comte d'Armagnac, l'ennemi héréditaire de la maison Foix-Béarn. C'est après cette victoire — probablement dans les derniers mois de 1363 — que Fébus élabore son plan de défense face au double danger d'une vengeance d'Armagnac et d'une offensive anglaise[B 15]. Pour mener à bien ses désirs d'indépendance, Fébus met en place un système de forteresses d'une rare densité[6], grâce à la construction et la transormation de nombreuses places fortes béarnaises[B 15]. Le château de Pau se place au premier rang de ce système de défense souhaité par le prince[B 15]. Il occupe une place stratégique d'importance, entre la citadelle anglaise de Lourdes et la capitale béarnaise d'Orthez. La place forte de Pau permet également d'épauler Montaner et Morlaàs, face à des attaques venant de Tarbes ou Auch[B 15].

La profonde restructuration du château de Pau se déroule aux alentours des décennies 1370-1380[B 16], sous la direction du maître d'œuvres Sicard de Lordat[B 15] et de maçons cagots[7]. Parmi les principales mutations opérées durant cette campagne, la plate-forme sommitale est parée de pierres, formant un glacis abrupt de 60°[B 16]. L'assiette initiale du château est ainsi élargie, tandis qu'un chemin de ronde couronne ce glacis. Une enceinte extérieure crénelée est également constituée en contrebas, depuis laquelle un pont-levis donne accès au sommet de la nouvelle tour du Moulin (devenue tour de la Monnaie), haute de 18 m sur la plaine du gave[B 17]. Les tours Mazères et Billère sont coiffées de crénelage à mâchicoulis, tandis qu'un donjon haut de 33 m est réalisé à l'angle sud-est. Désormais nommée tour Gaston-Fébus, celle-ci est réalisée à partir de briques de terre cuite[c], caractéristique des constructions fébusiennes[B 18]. Un accès fortifié — porte du Terrer — permet l'accès au donjon. L'aile sud du château est également l'œuvre de Sicard de Lordat, celle-ci n'est alors haute que d'un étage, elle relie la tour Mazères au donjon[B 18]. Fébus fait inscrire sur le donjon la signature « Febus me fe » (« Fébus me fit », en béarnais).

La résidence principale de Fébus se trouve au château de Moncade, à Orthez. Malgré tout, le prince séjourne régulièrement au château de Pau à partir de 1373[B 19], généralement durant l'hiver[B 20]. Les principaux travaux de transformation du château de Pau se terminent aux alentours de 1378, permettant à Fébus de se fixer à Pau pendant quatre ans à partir de 1380. Ce long séjour fait suite au drame d'Orthez durant lequel l'unique fils légitime de Fébus — Gaston — trouve la mort, probablement de la main de son père[8]. Durant ses séjours au château de Pau, Fébus fait suivre son mobilier, ses tapisseries et sa vaisselle, comme il est alors d'usage[B 21]. Le prince est presque toujours accompagné par ses autres fils Yvain et Gratien, ses frères Arnaud-Guilhem et Pierre, et ses fidèles chevaliers Espan du Lion, Pierre de Gabaston ou encore Jean de Lanta[B 20]. Autour de ces personnages, s'agite une foule d'hôtes de passage : chevaliers, damoiseaux, jongleurs. Le soir venu, le prince fait donner de grands repas dans le tinel — la grande salle — avec la présence de troubadours[9].

Au centre du pouvoir politique béarnaisModifier

Les successeurs de Fébus — Mathieu de Foix-Castelbon, le couple Isabelle de Foix-Castelbon et Archambaud de Grailly, ainsi que Jean Ier de Foix — gardent Orthez comme lieu de résidence principal tout en venant régulièrement au château de Pau[B 22]. En 1408, Archambaud de Grailly fait consolider les fortifications voulues par Fébus autour du bourg mayoù[B 23], améliorant la résistance du château en cas de siège. Les visites princières au château de Pau s'accélèrent sous Jean Ier, il ouvre le une importante session des États du Béarn dans le tinel, puis y tient du 1er au la Cour majour[B 24]. Gaston IV de Foix-Béarn hérite en 1436 des titres de son père Jean Ier, il réside très souvent au château de Pau jusqu'aux années 1442[B 25], avant de rester occupé en France pendant une dizaine d'années. Les séjours du prince au château recommencent entre 1450 et 1453, au début 1456 le prince y réunit les États[B 26].

Durant ses nombreux séjours à la cour de France[d], Gaston prend goût aux palais nobles et gracieux du Berry, d'Anjou et de Touraine[B 27]. Sous cette influence, et dans un contexte militaire très différent[e], Gaston IV fait exécuter des travaux visant à atténuer le caractère défensif du château. Cette campagne débute vers 1462, avec comme architecte Bertrand de Bardelon[B 18]. Les tours sont couvertes de hautes toitures en ardoises, l'aile sud est surelevée d'un deuxième étage, les ailes sud et nord sont percées de fenêtres, tandis que le crénelage de la troisième enceinte est détruit[B 18]. Les travaux durent environ une décennie, Gaston IV décédant au moment de leur achèvement en 1472[B 28]. Avant cela, Gaston IV décide de faire du château de Pau le nouveau centre politique du Béarn. Le , le prince fixe la Cour majour — traditionnellement itinérante — au château, souhaitant en faire « s'il plaisait à Dieu, sa principale habitation »[B 29]. Il justifie sa décision par la position centrale de Pau au sein du Béarn, ainsi que par la protection assurée par le château en cas de nécessité[B 30]. N'ayant pu résider que très peu dans le château, à cause des importants travaux en cours, c'est sa belle-fille Madeleine de France qui réalise son vœu en se fixant à Pau avec ses enfants, dont l'héritier François Fébus[B 29].

Les rois de NavarreModifier

Une résidence royaleModifier

Par son mariage avec Éléonore de Navarre, Gaston IV assure à ses héritiers la couronne de Navarre[B 31]. Le , François Fébus est couronné roi de Navarre à Pampelune[B 32], mais des troubles éclatent et hâtent son retour en Béarn. Le jeune roi réunit les États pour leur prêter sermant à partir du dans le tinel du château de Pau[B 32]. François Fébus meurt de manière fulgurante le dans sa chambre du château, après avoir joué d'une flûte empoisonnée la veille[B 31]. Sa sœur Catherine de Navarre succède à son frère et prête serment aux États de Béarn le [B 33], avant d'épouser Jean II d'Albret en 1484[f]. Durant les années suivantes, la cour de Navarre continue de résider assidûment au château de Pau, où se déroulent régulièrement les sessions d'États[B 34]. Les deux souverains sont couronnés à Pampelune le , et alternent par la suite les séjours en Navarre et en Béarn[B 35]. En 1512, Ferdinand le Catholique exige des souverains de Navarre de se ranger à ses côtés dans sa guerre contre Louis XII. Ces derniers choisissent de maintenir leur neutralité, mais doivent subir l'invasion de la Navarre par les troupes espagnoles en juillet 1512. Catherine et Jean s'enfuient de Pampelune pour rejoindre définitivement le Béarn[B 36]. Le château de Pau devient donc à partir de cette date la résidence principale des rois et reines de Navarre, privés d'une grande partie de leur royaume[g].

Les deux souverains décèdent dans les années qui suivent la perte de Pampelune, en 1516 pour Jean II d'Albret puis en 1517 pour Catherine[B 31]. Leur fils — Henri d'Albret — prend la suite, d'abord sous la tutelle de son grand-père Alain d'Albret, puis seul à partir du [B 37]. Lors de la bataille de Pavie, Henri d'Albret est fait prisonnier en compagnie de François Ier. Après cet épisode, Henri d'Albret épouse la sœur du roi — Marguerite — le [B 37]. Le roi et la reine de Navarre visitent Pau entre novembre et décembre 1527, c'est lors de ce séjour que Henri d'Albret décide d'embellir le château de Pau à la mode de la Renaissance[B 38]. Cette nouvelle campagne de travaux débute en 1529 et se poursuit jusqu'en 1535, peut-être sous la direction de Pierre Tourner[B 39]. L'aspect extérieur du château n'est que faiblement modifié[B 40], les travaux consistent en l'ouverture de portes et fenêtres ainsi que d'une longue terrasse sur l'aile méridionale[B 39]. La cour du château est dotée d'une façade intérieure revêtue d'un parement de pierres de taille et d'un décor triomphal[B 41]. Les transformations sont pronfondes à l'intérieur du château, les salles basses sont voutées, l'escalier d'honneur remplace les cuisines de Fébus, les appartements royaux recoivent une décoration somptueuse et les initiales du couple ornent murs et plafonds[B 40].

Malgré ces embellissements, le roi et la reine ne séjournent que rarement au château. C'est la sœur du roi — Anne d'Albret — qui administre le château et la principauté jusqu'en 1532, en leurs nombreuses absences à la cour de France[B 42]. C'est après 1540 que Henri et Marguerite y séjournent plus souvent, Marguerite préférant la vie à Nérac ou même à Mont-de-Marsan[B 42]. Après la mort de François Ier en 1547, Marguerite réside presque exclusivement au château de Pau, elle décède le près de Tarbes[B 43]. Le souvenir de la Marguerite des Marguerites est resté peu attaché au château de Pau, ses séjours restant très brefs hormis à la fin de sa vie[B 44]. Au cours de ces rares passages, la cour de Navarre amène au château de Pau l'essaim de grandes dames, d'hommes célèbres et de beaux esprits dans une cour brillante[B 29].

Lou nouste HenricModifier

La perte de sa femme porte un coup sensible au roi de Navarre[B 44], il se retire alors au château de Pau, qu'il ne quitte que rarement jusqu'à la fin de son règne. Pendant ses dernières années, Henri d'Albret s'occupe avec beaucoup d'activité de l'administration du Béarn, révisant les fors, réorganisant les justice ou voulant moderniser l'agriculture[B 45]. C'est également durant cette période — vraisemblablement vers 1554 — que la tour du Moulin de Fébus devient un atelier monétaire[B 46]. Le futur accouchement de la fille du roi — Jeanne — est l'occasion d'une lutte d'influence entre le père — Antoine de Bourbon — qui privilégie le château des Carmes et Henri d'Albret qui souhaite une naissance à Pau. Le roi de Navarre souhaite prendre directement sous son autorité la naissance et les premiers mois de l'enfant[10], accusant Jeanne et Antoine de négligence dans la surveillance de leur premier fils[h]. Le grand-père est finalement contenté, les époux prennent la route du Béarn et atteignent Pau le . C'est dans une chambre du premier étage de l'aile sud du château que se déroule l'accouchement dans la nuit du 12 au , entre une heure et deux heures du matin[12]. Chantant le cantique béarnais Nouste-Daune deù cap deù poun, la princesse Jeanne accouche d'un garçon, le premier prince de Béarn naît à Pau[13]. Son grand-père lui prodigue alors un baptême béarnais, frottant ses lèvres d'ail et de vin du Jurançon, et concluant par : « Tu seras un vrai Béarnais ! »[13]. Le baptême chrétien de Henri de Bourbon se déroule le au château de Pau, au cours d'une cérémonie fastueuse[i]. Jeanne et Antoine quittent rapidemment Pau pour rejoindre le nord de la France, laissant le petit Henri en Béarn avec son grand-père jusqu'à ses dix-huit mois. Malade, Henri d'Albret meurt le à Hagetmau[B 47].

Les nouveaux souverains de Navarre, Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, prennent rapidemment la direction du Béarn, afin de prêter sermant le dans la grande salle du château[B 47]. En 1558, le Béarn se trouve menacé d'une invasion espagnole, le prince Henri — âgé de 4 ans — préside alors plusieurs assemblées des États. L'année suivante, Antoine de Bourbon séjourne assez longtemps au château et fait mettre en exécution d'importants travaux sous la direction d'Hervé Boullard[B 48]. Sous le règne de Jeanne et Antoine, le parc et les jardins royaux sont complètement transformés, tandis que des réalisations touchent les portes et fortifications[B 41]. Les fastes de la cour de Navarre n'ont alors rien à envier à celle de France[B 29], les souverains reçoivent somptueusement[B 29] Élisabeth de France — nouvelle reine d'Espagne — le avant de l'accompagner vers la frontière espagnole. Introduite par sa mère Marguerite aux idées calvinistes, Jeanne d'Albret autorise en juillet 1561 les prêches protestants en Béarn[B 49]. La mort d'Antoine de Bourbon — définitivement gagné au parti catholique — le pousse la reine à moins de prudence, elle communie solennellement le jour de Pâques 1563 selon le rite protestant en l'église de Pau[B 50].

Au cœur des guerres de ReligionModifier

La période troublée des guerres de Religion touche alors le Béarn, notamment avec la décision de la reine d'interdire les processions du Corpus Christi[B 50]. Les tensions aboutissent le avec un édit de Charles IX ordonnant la saisie des seigneuries de la reine de Navarre[B 51]. L'édit constitue une véritable déclaration de guerre de la France vers le Béarn, le la noblesse béarnaise se réunit dans la grande salle du château de Pau, le baron d'Arros appellant à la défense de la « nation »[B 51]. Les préparatifs militaires s'organisent durant les semaines qui suivent, l'armée française d'Antoine de Lomagne atteignant les frontières béarnaises le [B 52]. Les forces catholiques arrivent autour du à Pau et réalisent un siège d'une dizaine de jours avant la capitulation de la ville[B 52]. Henri de Navailles est alors nommé gouverneur de la ville et du château, mais la résistance de la place forte de Navarrenx permet une contre-offensive protestante menée par le comte de Montgommery, qui aboutit à la reprise du château le . Jeanne d'Albret ne s'écarte alors plus guère de La Rochelle, elle retourne tout de même au château de Pau à l'automne 1571, y laissant le prince de Navarre en qualité de lieutenant-général. Quelques jours avant le mariage de Henri avec Marguerite de Valois, la reine de Navarre meurt à Paris le [B 53].

Tout nouveau roi de Navarre sous le titre de Henri III, le souverain échappe de peu au massacre de la Saint-Barthélemy le . Il reste plusieurs années éloigné de son château de naissance, étant fait captif à la cour de France[B 54]. En son absence, le baron d'Arros garde la fonction de lieutenant-général jusqu'en 1575, avant son remplacement par le baron de Miossens. Le , le roi Henri III s'évade du Louvre pour rejoindre ses terres du Midi. C'est seulement au printemps 1579 que Henri rejoint le Béarn, en compagnie de son épouse et de sa sœur Catherine[B 55]. Le cortège royal atteint le château de Pau le , le roi profitant de son séjour pour jouer au billard, aux échecs ou à la paume, et s'amourachant de Mlle Rebours, demoiselle d'honneur de la reine[B 56]. Henri réalise son serment auprès des États le dans la grande salle du château. Vêtu de rouge et or — les couleurs du Béarn et de la Navarre — et nu-tête, le roi jure au diu bibàn (dieu vivant) d'être « bon et fidèle seigneur »[B 57]. Déjà chargée de présider les États en 1577, la princesse Catherine reprend ce rôle de régente en 1582, puis à partir de 1583, son frère le roi ne pouvant que rarement venir en Béarn[B 57]. Celle-ci fait contruire, entre 1582 et 1583, l'actuelle porte Corisande au dessus du Hédas. Fait inhabituel, Henri III séjourne pendant deux mois consécutifs au château de Pau entre février et , le souverain étant alors au plus fort de sa passion pour la comtesse de Gramont[B 58].

Avec la mort du dauphin François de France le , Henri III devient l'héritier direct à la couronne de France. Envoyé par le roi de France Henri III, le duc d'Épernon est chargé de convaincre le Béarnais d'abjurer le protestantisme. Le duc séjourne plusieurs jours au château de Pau en , l'occasion de prodigieux festins[B 57] pour lesquels de la glace est ramenée des Pyrénées[B 29]. Le Béarn de nouveau menacé d'invasion, des mesures sont prises pour renforcer les défenses du château en 1586, notamment à la porte du Terrer[B 59]. Suite à sa victoire à la bataille de Coutras en 1587, Henri gagne le Béarn, arrivant à Pau le . Il quitte son château le , une date qui marque son dernier séjour palois[B 60]. Henri de Béarn devient le roi de France et de Navarre, après l'assassinat de Henri III par le moine Jacques Clément, le souverain prend le titre de Henri IV[15]. Sa sœur — la princesse Catherine — régente le Béarn jusqu'en 1592, réalisant divers travaux au château de Pau en 1589 et 1590. Au printemps 1592, le comte de Soissons rejoint le château pour retrouver Catherine, qui lui voue un amour violent malgré l'opposition de son frère le roi[B 61]. Prévenu de sa venue, Henri IV donne des instructions énergiques au président du Conseil souverain. Celui-ci fait cerner le château et arrêter le comte de Soissons, au grand désespoir de Catherine qui quitte définitivement le château le [B 62].

L'expédition de Louis XIIIModifier

Le départ de Catherine de Bourbon en 1592 marque la fin du pouvoir direct des rois et princes de Navarre en Béarn[B 63]. Le souverain ne sera alors plus représenté que par un lieutenant-général, le château n'abritant plus que les intendants, la chancellerie et les prisons[B 62]. Le marquis de la Force devient lieutenant-général pour le roi de Navarre à partir du . Le marquis fait réaliser divers travaux d'entretien dans le château, en 1595 dans le donjon ou encore en 1600 au pont dormant est[B 64]. La Force est présent dans le carosse royal lors du meurtre de Henri IV par François Ravaillac le [B 64], il raconte a posteriori dans ses mémoires une étrange scène se déroulant la veille de l'assassinat : « il vint dans la ville et faubourgs de Pau une très grande quantité de vaches mugissant et beuglant de manière épouvantable (...) et un taureau se jeta du pont en bas où il fut trouvé mort le lendemain »[j]. L'année suivante, le père de François Ravaillac — condamné au bannissement — est enfermé dans le donjon du château de Pau[B 65]. Malgré le rapprochement entre la France et la Navarre, le Béarn reste une principauté souveraine dans laquelle le culte catholique n'est pas totalement rétablit.

En 1614, l'assemblée des États généraux demande la réunion du Béarn à la France[B 66]. Cette première demande est suivie le par un édit de Louis XIII — fils de Henri IV — pour imposer la restitution des biens ecclésiastiques en Béarn[B 67]. Le Conseil souverain de Béarn refuse d'enregistrer cet acte dans un arrêt du , demandant au jeune roi de « laisser les affaires en l'état où elles étaient pour le bien de son pays de Béarn et repos de ses sujets. »[B 66]. L'atmosphère de rébellion se poursuit jusqu'en 1620, le roi Louis XIII prend alors la tête d'une force militaire importante depuis Bordeaux. Le , le roi fait son entrée à Pau devant une population froide et hostile[B 68]. Il est accueilli par les conseillers dans la cour du château, Louis XIII s'exclamant : « Servez-moi mieux à l'avenir, et j'oublierai le passé »[B 69]. Le lendemain, le roi fait tenir une messe dans la grande salle du château, avant de visiter les jardins et le petit parc. Le 17, Louis XIII prend la direction de Navarrenx pour s'assurer de la soumission de la place forte. Dans l'après-midi du , le roi prête serment aux États réunis dans la grande salle basse du château, le premier article des fors est lu en français puis en béarnais par le président du Conseil, Louis XIII jurant en levant la main et disant : « Oui »[B 70]. Le , Louis XIII rétablit le culte catholique en Béarn par une procession du Corpus Christi à l'église Saint-Martin, plus tard le roi fait enregistrer un édit portant union de la Navarre et du Béarn à la France[B 71]. Le lendemain, Louis XIII quitte le Béarn, envoyant quatre-vingt-quinze tableaux du château vers Paris.

Un long déclinModifier

L'épisode de 1620 marque le début d'un lent et long déclin pour le château de Pau jusqu'au XIXe siècle. Le palais joue alors le rôle d'un bâtiment administratif destiné au logement du gouverneur royal, de l'intendant, du sénéchal, de la Chambre des comptes et des prisonniers[B 72]. À partir de 1621, et jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, la charge du château est confiée à la puissante famille de Gramont[B 73]. Hormis un bref passage de Philippe V le , les descendants de la famille de Bourbon délaissent le château[B 73]. Les travaux réalisés au château de Pau se limitent à de l'entretien, hormis en 1659 après un vaste incendie qui nécessite la reconstruction des galeries orientales[B 4]. La fin des années 1680 signe la période d'abandon la plus sensible pour le château, les toitures prennent l'eau et l'herbe envahit la cour d'honneur. En 1715, un vaste projet visant à déplacer l'entrée principale du château est établit par le gouverneur de Gramont. Finalement, ce projet aboutit au milieu du XVIIIe siècle — dans une version très simplifiée — avec le pont actuel en briques[B 74]. Le mobilier du château, auparavant d'une richesse inouïe[B 56], perd progressivement de sa splendeur, si bien qu'il faut emprunter des meubles pour loger le gouverneur en 1758[B 74]. Autrefois ensemble exceptionnel, le même constat de déteriotation avancée peut être fait pour les jardins et le parc, les travaux d'entretien se raréfiant au XVIIIe siècle[B 75]. Une importante campagne de travaux d'entretien se déroule entre 1765 et 1770[B 4], tandis que le domaine royal est amputé par les travaux de construction de la route de Bayonne à Pau[B 74], de la place Gramont et du nouveau cimétière de la ville[B 76].

De somptueux bals se tiennent à la fin du XVIIIe siècle dans la grande salle du château — en écho avec les fêtes brillantes de la cour de Navarre — à l'occasion du retour en grâce du Parlement de Navarre en 1775 et 1788[B 29]. Ces révoltes parlementaires se réalisent dans un contexte national tendu, qui aboutit à la Révolution française. Le château de Pau évite la destruction, notamment en souvenir de Henri IV. Sur proposition du député Bertrand Barère, l'Assemblée constituante décide en 1791 que « sera aussi réservé au roi le château de Pau, avec son parc, comme un hommage rendu par la nation à la mémoire d'Henri IV »[B 73]. L'année suivante pourtant — en 1792 — une partie des jardins, les maisons des gardes du parc et les écuries sont alliéniées comme biens nationaux[B 73]. En 1793, pendant la Terreur, une copie du berceau de Henri IV est brûlée en place publique, la vraie carapace de tortue ayant été mise à l'abri[B 77]. Le Directoire des Basses-Pyrénées décide en 1796 d'aliéner la totalité du parc du château, mais face au risque de le voir démembrer, une centaine de citoyens de Pau décident de créer une société chargée de racheter l'ensemble des lots pour le conserver en promenade publique[B 78].

Les transformations du XIXe siècleModifier

De passage à Pau le , l'empereur Napoléon Ier juge le château « en très mauvais état »[B 4]. L'architecte Auguste Famin dresse alors des plans pour une rénovation totale du château, qu'il chiffre à 1 000 000 de francs, ses plans n'étant ensuite pas suivis d'effet face au coût d'une telle opération. Le mythe du bon roi Henri s'installe en France à partir de la Restauration[B 79], tandis que le tourisme hivernal se développe à Pau sous l'effet du romantisme. Désireux d'admirer la vue sur les Pyrénées et de visiter le lieu de naissance de Henri IV, les touristes de marque se succèdent au château de Pau dans cette première moitié du XIXe siècle. Le duc d'Angoulême (1814), la princesse de Saxe (1819), le prince de Suède (1822), les souverains de Sicile (1830), Gustave Flaubert (1840), le duc de Montpensier (1841) ou encore Victor Hugo (1843) se succèdent au château[B 80].

Seul roi de France resté populaire[B 81], le souvenir d'Henri IV pousse les rois Bourbon à s'intéresser à l'état du château de leur ancêtre. Les appartements du château commencent à être remis en état sous Louis XVIII, avec comme architecte Jean Latapie fils[B 82]. Des travaux de plus grande ampleur son donnés à partir de 1838 sous la monarchie de Juillet[B 82], le roi Louis-Philippe Ier souhaitant élever le château au rang de résidence royale[B 81]. Jusqu'en 1852, les architectes Lefranc et Vincent Latapie réalisent d'importantes modifications, supprimant le couloir fortifié conduisant de la basse-cour à la cour d'honneur, transformant l'avant-porte en chapelle ou ajoutant une tour factice à l'ouest (tour Louis-Philippe) symétrique à la tour Mazères[B 83]. Pour l'aménagement intérieur, des objets de style néo-Renaissance et néo-gothique sont placés, une chambre natale d'Henri IV est artificiellement constituée, tandis qu'une collection de tapisseries — des Gobelins pour la plupart — est ajoutée[B 84]. Parenthèse dans ces vastes travaux, le château de Pau devient la prison de l'émir Abd El-Kader — et de sa suite de quatre-vingt-neuf personnes — du au [B 80]. Louis-Philippe, rénovateur de la demeure comme de Versailles — exilé en 1848 en Angleterre où il meurt deux ans plus tard — ne séjournera jamais dans ce lieu.

En 1848, la Révolution de février entraîne une suspension des travaux de restauration. Alors que les principales résidences de Louis-Philippe, dont les Tuileries ou le Palais-Royal, sont saccagées par les révolutionnaires[B 85], le château de Pau est épargné, et repris par l'administration de l'Enregistrement et des Domaines dès le . Le coup d'État du 2 décembre 1851 installe au pouvoir Louis-Napoléon Bonaparte sous le titre de Napoléon III[B 85]. Ce dernier redonne vie à l'ancienne liste civile et décide une reprise officielle des travaux au château de Pau en 1853[B 86]. Les architectes Alexis Paccard, Jacques-Martin Tétaz, Louis-Auguste Couvrechef, Gabriel-Auguste Ancelet et Auguste Lafollye se succèdent alors au chevet du château jusqu'aux années 1870[B 83]. Les travaux concernent essentiellement l'extérieur du château — le décor intérieur étant déjà presque complet — avec une reprise des façades et des lucarnes, une restauration des portes et fenêtres, et surtout la destruction de l'aile est — la vétuste Chancellerie — pour son remplacement par un portique à trois arcades[16]. Ce dernier élément est l'œuvre de l'architecte Ancelet, tandis que les deux médaillons « H » et « M »[k] sont commandés en 1861 au sculpteur Charles-Martial Baury par le comte Émilien de Nieuwerkerke. À la même époque sont construits les bâtiments reliant le portique à la tour Montaüser, dont la tour Napoléon III à l'angle nord-est[B 83]. L'empereur Napoléon III visite plusieurs fois le château, le ainsi qu'en 1863 et 1868[B 80], son épouse Eugénie également lors de ses multiples cures thermales dans le Sud-Ouest de la France. Du au , la reine Isabelle II d'Espagne — en fuite — séjourne au château[B 80].

Le musée nationalModifier

Avec la chute du Second Empire en 1870, le château de Pau conserve toujours sa vocation de résidence de prestige, il devient alors palais national à destination de la Troisième République, le président Sadi Carnot y séjourne en 1891[16]. Au début du XXe siècle, les visites de marque se succèdent, comme celle du roi d'Espagne Alphonse XIII le ou du roi d'Angleterre Édouard VII[17] lors de ses multiples séjours à Biarritz. En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, quelques services du ministère des finances s'installent au château de Pau au moment des offensives allemandes du printemps[B 87]. Dès 1848, un circuit guidé est réalisé dans le château autour de la mémoire d'Henri IV, avec comme point d'orgue le berceau-carapace du bon roi[B 85]. À partir des années 1920, cette vocation de musée s'impose face à celle de palais de résidence, le château devient ainsi musée national en 1927[B 88]. Les collections visent principalement à perpétuer la mémoire d'Henri IV et de son règne[B 29]. Chaque année, le musée attire environ 100 000 personnes, tandis que les visiteurs illustres continuent de défiler dans le palais royal, du général de Gaulle en 1959, en passant par Haïlé Sélassié Ier en 1960, Nikita Khrouchtchev en 1966[B 89] ou plus récemment la famille royale de Suède en 2018[18]. Depuis 1995, le château de Pau connaît une phase active de restauration du clos et du couvert, avec la réfection des toitures entre 1995 et 2000, puis les façades de 2002 à 2009, le donjon et la chapelle en 2010[19] ou encore le pavage de la cour d'honneur en 2015[20].

Dates clés de l'histoire du château.

 
Quelques évènements de l'histoire du Béarn et de la France
Principaux propriétaires du château
Épisodes de l'histoire du château

DescriptionModifier

Disposition généraleModifier

Le château de Pau, construit sur un éperon rocheux, offre un plan polygonal très irrégulier. Le bâti se trouve au sommet de deux talus, entourés par la première puis la deuxième enceinte. La deuxième enceinte dessine globalement un D majuscule, dont l'angle de contingence supérieur est tronqué, et dont la corde fait face au gave de Pau[B 90]. À l'intérieur de cette deuxième enceinte, le château est bâti sur le même plan polygonal. Il est aujourd'hui flanqué de six tours, tandis qu'une septième tour — dite de la Monnaie — fait partie de la première enceinte[B 90]. Ces tours sont toutes rectangulaires et reliées par un gros mur contre lequel s'appuient les batîments d'habitation formant le logis. Cette configuration forme une cour allongée qui va en se rétrécissant vers l'est[B 90], en forme de fer à repasser. Le château de Pau offre une superficie de 6 227 m2[B 82], dont 2 300 m2 au sol pour le bâtiment principal et 850 m2 pour la cour d'honneur[21].

EnceintesModifier

Deux enceintes entourent le château de Pau. La première enceinte s'appuie sur un éperon rocheux de 30 m au-dessus de la plaine alluviale du gave de Pau. Durant la campagne de travaux des années 1370 — sous Fébus — de puissants remblais sont déposés, contenus par un long mur de soutènement en pierre de taille, cette enceinte extérieure étant alors surmontée d'un crénelage[B 16]. Une deuxième enceinte protège la plate-forme sommitale. Également sous Fébus, les versants de cette enceinte sont parementés de pierre[B 16]. La deuxième enceinte forme depuis un glacis abrupt de 60°, couronné par un chemin de ronde bordé d'un petit mur parapet. Jusqu'au XVe siècle, une troisième enceinte protège le château, mais les travaux réalisés sous Gaston IV intègrent cette enceinte au château, tandis que son crénelage est détruit[B 18]. Entre la première et la deuxième enceinte se trouve la basse-cour, cette dernière constitue une large terrasse pseudo-annulaire[B 16] sur laquelle se situe notamment le petit jardin au sud et une promenade arborée de platanes au nord[B 91].

Plusieurs brêches interrompent aujourd'hui la première enceinte. Il s'agit tout d'abord de la porte Corisande[l], construite en 1582 sous la commande de Catherine de Bourbon. Tour-porte à pont-levis à arcade unique, elle permet alors l'accès aux jardins récemment aménagés au XVIe siècle depuis la partie de nord de la basse-cour, en surplomb du ravin du Hédas. La porte est modifiée et élargie en 1766, puis surmontée d'un fronton en 1828[B 92]. Le pont-levis initial est remplacé au XIXe siècle par un pont d'une pile et de deux arches en plein cintre, en briques, de dimensions inégales[B 93]. Le pont de Nemours relie lui la basse-cour avec la basse-plante au-dessus de la rue Marca, il est réalisé sous la Monarchie de Juillet[B 78]. Au nord-est de la première enceinte se trouve une porte d'accès datant des travaux de Fébus, elle est encore murée et remblayée du temps de Raymond Ritter[B 94], elle permet aujoud'hui l'accès du Hédas vers la basse-cour par un escalier. Jusqu'au XIXe siècle, la deuxième enceinte peut être franchie par la porte du Terrer puis par un couloir fortifié donnant accès à la cour d'honneur. Aujourd'hui cet accès est toujours possible, depuis une grille sur le boulevard des Pyrénées, puis une rampe en pente douce menant à la cour[B 95]. L'entrée principale du château s'effectue du côté ouest, par un pont de briques et de pierres à une arche enjambant le fossé, il est construit au milieu du XVIIIe siècle pour remplacer le pont-levis médiéval.

Afin de compléter et renforcer la première enceinte, Fébus fait construire la tour de la Monnaie autour de 1375[B 96]. Alors nommée tour du Moulin, cette construction est un puissant ouvrage défensif, avancé et tourné vers une passerelle enjambant le gave[m]. Cette tour s'élève à une hauteur de 18 m, avec une surface au sol de 110 m2, construite avec des lits de galets et de briques, ainsi que des pierres de taille pour les chaînes d'angle. L'accès au sommet de la tour depuis la basse-cour s'effectue par un pont-levis sous Fébus, son sommet est crénelé au XVe siècle[B 96]. La tour comprend quatre étages, sans ouvertures au nord, et percée de meurtrières au sud pour surveiller le Camp batalher[n]. Vers 1554, la tour accueille un atelier monétaire qui lui donne son nom actuel. Henri d'Albret charge alors le graveur Jean Frondelle d'aménager un moulin — alimenté par les eaux du canal du Moulin — destiné à la fabrication de la monnaie béarnaise[B 46], la vaqueta. Plus tard, un hôtel de la Monnaie[o] est installé par Jeanne d'Albret au pied des fortifications de la première enceinte[B 46]. La tour sert à cette tâche monétaire jusqu'en 1778. Au XIXe siècle, une minoterie et une brasserie sont construites tout autour et masquent totalement la tour de la Monnaie. C'est en 1976 que ces bâtiments industriels sont détruits pour dégager de nouveau la tour[B 46]. Aujourd'hui, un ascenseur installé dans la tour permet l'accès à la basse-cour du château.

ToursModifier

  • La tour Gaston-Fébus au sud-est, également nommée donjon. Cette dernière a été achevée par Fébus au XIVe siècle, elle a été construite presque entièrement en brique sur une hauteur de 33 m. Elle possédait, comme les autres tours, une couverture en ardoise qui a été enlevée après une tempête en 1820. Dans la partie qui fait actuellement face au parlement de Navarre, le président des États du Béarn proclamait le nom de chaque souverain nouvellement élu. La tour servit de prison jusqu'en 1822. Auguste Lafollye établit une bibliothèque dans le salon Bernadotte pour y installer les six mille livres achetés en 1867 par Napoléon III à l'ancien maire de Pau André Manescau.
  • Les tours Mazères et Louis-Philippe à l'extrémité ouest, la tour Mazères est la plus ancienne du château puisqu'elle date du XIe siècle tandis que la tour Louis-Philippe a été édifiée au milieu du XIXe siècle pour faire échos à sa tour jumelle. Les deux tours mesurent chacun 22,5 m. La tour Mazères fait référence au village de Mazères-Lezons, de l'autre côté du gave de Pau.
  • La tour Montaüser au nord, qui signifie monte oiseau en béarnais car la tour était dépourvue d'escalier à son origine au XIIe siècle. La garnison était, ainsi, chargée de monter la tour avec des échelles qu'on retirait après soi. Cette tour était, jadis, un puits à oubliette dans laquelle les criminelles était enfermés.
  • La tour Billère au nord-ouest du château, fait référence au village de Billère dans lequel le bon roi Henri fut nourri dans la maison Lassensàa[22]. Cette tour mesure 30 m. de haut en comptant les combles, elle a été édifié au XIIe siècle.
  • La tour Napoléon III, celle-ci a été réalisée à la fin du XIXe siècle sous les ordres de l'empereur en face de la tour Gaston-Fébus. Elle termine le château à son extrémité nord-est.

LogisModifier

Aile sudModifier

Salle des cent couverts

L'une des salles les plus réputées du château, cette dernière dispose de vastes proportions permettant d'accueillir un riche décor en tapisserie et une immense table de chêne et de sapin. Une centaine de convives pouvait être installée à cette table, d'où le nom de la salle. Louis-Philippe voulait faire de cette pièce une grande salle à manger d'apparat éclairée par des lustres de style hollandais. La table est, quant à elle, composée d'un plateau porté par des tréteaux, les chaises de chêne tourné ont été livrées en 1841 par l'ébéniste Jeanselme.

Grand salon

Le grand salon de réception du château formait, avec l'actuel salon d'attente, une grande salle du château où se réunissait au Moyen Âge la Cour Majour (assemblée des nobles et du clergé) du Béarn. Dès la fin du XVe siècle, elle devient la salle du trône des rois de Navarre.

Aujourd'hui, le grand salon est composé d'une cheminée en pierre datant du XVIe siècle et restaurée au XIXe siècle. Le plafond à caissons voit s'alterner les chiffres dorés à l'or fin des grands-parents d'Henri IV. Les lustres étaient destinés à la galerie des croisades du château de Versailles. Le mobilier du grand salon est notamment composé de tapisseries des Gobelins, d'une statue de bronze d'Henri IV enfant, œuvre de François Joseph Bosio, ainsi que de vases étrusques en porcelaine de Sèvres.

Escalier d'honneur

L'escalier d'honneur, ou grand escalier, dessert l'ensemble des grands appartements du château. Il a été réalisé au début du XVIe siècle par les grands-parents d'Henri IV. Il s'agit d'une réalisation de style Renaissance, proche des escaliers des châteaux de Bury et d'Azay-le-Rideau. Marguerite d'Angoulême et Henri d'Albret ont signé l'escalier de leurs initiales H et M tout le long de l'édifice. Deux grands vases de porphyre rouge ornent les paliers, il s'agit de cadeaux fait par le roi de Suède Charles XIV Jean, né à Pau, à Louis-Philippe.

Chambre du roi
 
Carapace-berceau d'Henri IV.

La chambre qui vit effectivement naître le roi Henri IV se situait surement dans l'actuel Salon de famille à l'étage inférieur. Cette pièce fût principalement conçue au XIXe siècle afin de servir d'écrin à la célèbre carapace de tortue, qui servit de berceau au futur roi. Louis XVIII puis Louis-Philippe aménagèrent cette pièce pour la vouer au culte henricien. Le premier fit réaliser l'actuel décor entourant la carapace avec des lances, un casque avec son légendaire panache blanc, des broderies et bannières de France et de Navarre. Louis-Philippe meubla le reste de la pièce avec une table du conseil, un lit orné de portraits de rois et une tapisserie aux effigies des dieux romains.

Salon de famille

Cette pièce a été conçue au XIXe siècle dans le but d'être un lieu de réunion pour les proches du souverain, famille et amis notamment. Ainsi, ce salon présente un ensemble décoratif plus réduit et plus simple que d'autres salons royaux du château. Les murs sont entièrement recouverts d'un velours de Gênes cramoisi, qui orne également les rideaux et les sièges. Cette pièce fut certainement celle qui accueillit la naissance du futur Henri IV en 1553.

Aile ouestModifier

Appartements de l'impératrice

Construits à l'origine pour l'épouse de Louis-Philippe, la reine Marie-Amélie, ces appartements furent finalement occupés par l'impératrice Eugénie. Ces appartements comprennent un boudoir, une chambre, une salle de bains, un cabinet de garde-robe ainsi qu'une chambre de domestique et une salle des atours. L'impératrice vint à de nombreuses reprises dans le château de Pau au cours de ses voyages entre Biarritz et les stations thermales des Pyrénées.

Aile nordModifier

Aile estModifier

ChapelleModifier

 
L'ancienne porte à pont-levis en 1838

Bénie en 1843 par l'évêque de Bayonne, la chapelle actuelle a été aménagée en 1840 au sein de l'ancienne porte à pont-levis construite au début du XVIe siècle. Celle-ci avait été rendu inutile avec la construction du pont de l'entrée principale. Au moins une autre chapelle existait avant cet aménagement plus moderne, celle-ci était située dans une petite pièce du 1er étage de l'aile sud du château. Elle était, notamment, utilisée par la catholique Marguerite de Valois. Cette chapelle primitive revêtait une certaine importance puisque c'est en ce lieu que le seigneur et les représentants du Béarn s'assemblaient pour conclure des actes solennels en présence de Dieu. Une autre chapelle est évoquée, celle-ci datant d'avant les guerres de religion, elle aurait été située au 1er étage de la tour Gaston-Fébus.

Décoration et ameublementModifier

Le château de Pau concentre l'une des collections de tapisseries les plus importantes hors de Paris. Elle rassemble 96 pièces, provenant de 17 tentures différentes[23], mais essentiellement tissées aux Gobelins à Paris. Ces tapisseries ont été choisies au XIXe siècle lors des restaurations successives pour contribuer à recréer l'atmosphère chaude et luxueuse d'un palais de la Renaissance. Plusieurs thèmes principaux sont abordés par cette collection: les scènes de chasse, les travaux des champs, les loisirs nobles du XVIe siècle, les fastes royaux et bien évidemment la vie d'Henri IV.

Lors de travaux de restauration sous Louis-Philippe, il fut décidé de ne pas incorporer de toiles issues de la collection royale afin de privilégier le décor Renaissance des tapisseries. Ce n'est qu'à partir de 1860 que deux toiles de Charles-Gustave Housez et Eugène Giraud sur Henri IV sont installées dans le salon de famille jugé trop austère. Depuis une centaine d’œuvres a rejoint la collection de peintures du musée national, avec en particulier des apports successifs à partir de 1945.

La carapace de tortue, premier berceau du futur souverain, constitue un élément central de la légende du bon roi Henri. Dès le XVIIIe siècle, cette dernière fait l'objet d'un véritable culte en Béarn, elle est portée solennellement lors de processions dans les rues de la ville. Pendant la Terreur, les symboles royaux étaient pris pour cible afin de détruire les symboles d'un passé tyrannique. Il était donc à craindre pour le berceau royal, malgré l'attachement profond des palois pour cette relique. Un collectionneur local, Monsieur de Beauregard, décida donc de substituer la carapace par une écaille de tortue ressemblante qu'il possédait. Il fut aidé dans son entreprise par le concierge Lamaignère[24] dans la nuit du 30 avril 1793. Le lendemain même, la fausse carapace fut brûlée en place publique. Bien heureusement la vraie carapace fut finalement rendue en 1814 à Louis XVIII, de nombreux témoignages vinrent confirmer l'identité du berceau légendaire.

Autres élémentsModifier

Cour d'honneur

La cour du château dispose d'une forme originale, ponctuée de sculptures et de médaillons aux portes et fenêtres. Cette cour était le lieu de rassemblement des palois lors des grands événements de la cité.

Caves

DomaineModifier

Parc et jardinsModifier

 
Jardin du château de Pau

Un petit jardin médicinal existait auparavant dans l'enceinte du château médiéval. Mais c'est véritablement à la Renaissance que les jardins prennent une autre dimension[25].

Au XVIe siècle, la famille d'Albret crée un ensemble exceptionnel de jardins et de parcs autour du château, à l'ouest jusqu'à la plaine de Billère et au nord, au-delà de l'actuelle place de Verdun. Les rois de Navarre développent ainsi un petit et un grand parc (nommés basse-plante et haute-plante).

À l'ouest, le "petit parc" est façonné par Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, puis par leur fille Catherine. S'y trouvaient un pavillon d'été (le "Castet Béziat" ou Château Joli), une « tortuguère » (vivier pour l'élevage de tortues d'eau creusé en 1589, peut-être sur le modèle du pavillon des bains du Roi du château de Nérac), une pépinière d'orangers et grenadiers, une ferme.

Au nord, la Haute Plante fut d'abord la garenne, et la vigne des vicomtes de Béarn. Antoine de Bourbon la réaménage en deux plantés de chênes et deux carrés de fruitiers, entre lesquels coulent des canaux à poisson. Le plus célèbre des rois de Navarre, Henri IV, garda toujours une affection particulière pour ses jardins qui l'ont vu naître. Le roi se fait même envoyer de Pau des plants d'arbres pour ses jardins parisiens.

Le XVIIIe siècle voit les jardins se dégrader avec le développement de la ville de Pau. De grands projets urbanistiques voient le jour, et la haute-plante est notamment transformée en place publique (actuelle place de Verdun) ainsi qu'en cimetière. L'ouverture de la route de Bayonne coupe le petit parc en deux. Une partie de la basse-plante est conservée et les jardins deviennent accessibles au public au milieu du XIXe siècle. Elle occupe aujourd'hui 23 hectares au cœur de la ville avec des parcs et jardins, ainsi qu'une forêt. L'actuelle place Gramont occupe l'autre partie de la basse-plante originelle.

D'après une légende tenace, un souterrain profond de 7 km de longueur reliait autrefois le château à Lescar[26]. En 1828, certains voulurent emprunter ce souterrain mais des décombres obstruaient son entrée. En 1838, lors de la construction du pont reliant le château à la basse-plante, l'entrée du souterrain fût fermée par des travaux de maçonnerie servant d'appui à l'une des piles du nouveau pont.

DépendancesModifier

Musée national du château de PauModifier

Du château fort au muséeModifier

Conception et muséographieModifier

CollectionsModifier

Parcours des visiteursModifier

FréquentationModifier

Événements et expositions temporairesModifier

Culture populaireModifier

Personnalités liées au châteauModifier

Avant celui d'Amboise, le château servit de prison dorée du 29 avril au 3 novembre 1848[27] à l'émir Abd El-Kader, vaincu par la France en Algérie. Très vite, l'image du chef de guerre exotique cède le pas à celle d'un hôte aimé, révéré. Au moment de partir pour Amboise, le 3 novembre 1848, l'émir se retourne et déclare : « En quittant Pau, je laisse un morceau de mon cœur ». Cela est d’autant plus vrai que plusieurs de ses enfants, morts lors de son incarcération sont enterrés au cimetière de Pau.

GalerieModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La documentation médiévale témoigne que les premiers Palois sont principalement originaires de la vallée d'Ossau, cette zone du Pont-Long leur étant vitale économiquement.
  2. Les Ossalois utilisent la zone du Pont-Long pour l'hivernage de leurs troupeaux, ils sont donc les propriétaires de fait de la zone du Pont-Long.
  3. Le choix des briques de terre cuite s'explique par la facilité d'emploi de ce matériau, son faible coût et la rapidité des travaux qu'il permet.
  4. Gaston IV est fait pair de France en 1458.
  5. La menace anglaise s'est éloignée, aussi les moyens d'attaque sont plus perfectionnés et rendent inutiles la fortication de la troisième enceinte (le château).
  6. En février 1484, les États généraux de Béarn se réunissent au château de Pau pour décider qui épousera Catherine, entre l'infant Juan (candidat des Espagnols) et Jean II d'Albret (candidat des Français).
  7. Les souverains de Navarre conservent le contrôle de la Basse-Navarre grâce à une contre-attaque menée en 1513.
  8. Jeanne accouche le d'un fils nommé Henri au château de Coucy, mais ce premier enfant décède le [11].
  9. La cérémonie rassemble toute la noblesse béarnaise, tandis que le peuple béarnais se presse dans la cour et allume un immense feu de joie dans les jardins, suivi par d'autres feux de coteau en coteau[14].
  10. Le marquis de la Force faisant le lien entre cet évènement et l'emblème du Béarn, deux vaches.
  11. Pour Henri d'Albret et Marguerite de Navarre.
  12. Dénommée premièrement porte de la Garenne, c'est au début du XIXe siècle qu'elle prend le surnom de Diane d'Andoins[B 41].
  13. Cette passerelle en bois est construite entre le dernier quart du XIIIe siècle et le premier du XIVe siècle[B 97].
  14. Le Camp batalher est un vaste champ clos correspondant à l'actuelle place de la Monnaie, il sert notamment aux duels judiciaires jusqu'au XVIe siècle.
  15. Le bâtiment actuellement visible date de la fin du XVIIIe siècle, un incendie ayant détruit l'hôtel de la Monnaie en 1763.

RéférencesModifier

Références bibliographiquesModifier

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  2. Atlas2 2017, p. 81.
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Autres référencesModifier

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  27. L’Emir Abd el-Kader. Guerrier lucide, savant mélancolique. Conférence de Benjamin Stora au Musée du quai Branly avril 2011.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Dominique Bidot-Germa, Cécile Devos et Christine Juliat, Atlas historique de Pau : notice générale, Atlas Historique des Villes de France, .  .
  • Dominique Bidot-Germa, Cécile Devos et Christine Juliat, Atlas historique de Pau : sites et monuments, Atlas Historique des Villes de France, .  .
  • Gustave Basclé de Lagrèze, Le château de Pau : son histoire et sa description, Didier, , 471 p.  .
  • Paul Mironneau et Claude Menges, À propos d'Abdelkader : en hommage au plus illustre prisonnier du château de Pau, Éd. du Pin à crochets, , 127 p. (ISBN 2-911715-05-5).  .
  • Raymond Ritter, Le château de Pau : étude historique et archéologique, Éditions des Régionalismes, , 292 p. (ISBN 978-2-8240-0557-7).  .
  • Raymond Ritter, Le château de Pau : précis historique, archéologique et descriptif, H. Didier, , 258 p.  .
  • Amédée Saupiquet, Petite histoire de Pau : La ville de Pau aux trois phases de son histoire, Princi negue éditions, , 192 p.  .
  • Lafollye, A, Le château de Pau : histoire et description, Paris, A. Morel, , 108 p. (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier