Xinjiang

région autonome de la Chine

Xinjiang
Xinjiang
Carte indiquant la localisation du Xinjiang (en rouge) à l'intérieur de la Chine
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Autres noms Ouïghour : شىنجاڭ ئۇيغۇر ئاپتونوم رايونى

(Xinjang Uyghur Aptonom Rayoni)
Chinois : 新疆维吾尔自治区
Pinyin : Xīnjiāng Wéiwú'ěr Zìzhìqū

Abréviation 新 (xīn)
Statut politique Région autonome
Capitale Ürümqi
Secrétaire du parti Chen Quanguo
Président Shohrat Zakir
Président de la commission consultative Nuerlan Abudoumanjin
Démographie
Population 24 870 000 hab. (2018[1])
Densité 15 hab./km2
Rang 24e
Groupes ethniques Ouïghours (45 %)
Hans (41 %)
Kazakhs (7 %)
Hui (5 %)
Kirghizes (0,9 %)
Mongols (0,8 %)
Dongxiang (0,3 %)
Tadjiks (0,2 %)
Xibe (0,2 %)
Géographie
Superficie 1 664 897,17 km2 [2]
Rang 1er
Économie
PIB (2004) 220 000  (25e)
PIB/hab. 8 846 ¥ (13e)
Liens
Site web www.xinjiang.gov.cn/

Le Xinjiang (du chinois : 新疆 ; pinyin : Xīnjiāng ; Wade : Hsin-chiang ; EFEO : Hin-kiang ; litt. « nouvelles frontières »), ou Sin-kiang (translittéré en ouïghour en écriture arabe : شىنجاڭ translittération latine, Chinjang), officiellement la région autonome ouïghoure du Xinjiang, est une des cinq régions autonomes de la république populaire de Chine.

Situé à son extrême ouest, il s'étend sur 1 660 001 km2 et occupe un sixième du territoire chinois. Cette région était également connue sous le nom de Dzoungarie, une région de ce que les Occidentaux dénommaient la Tartarie chinoise, puis vers la fin du XIXe siècle, sous le nom de Turkestan oriental. Le Xinjiang possède une frontière commune avec huit pays : la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan, et l'Inde. Sa capitale est Ürümqi (Ouroumtsi). Il abrite un certain nombre de groupes ethniques, dont les Ouïghours, les Kazakhs, les Kirghizes, les Han, les Tibétains, les Hui, les Tadjiks, les Mongols, les Russes et les Xibe[3]. Le Xinjiang, divisé en plus d'une douzaine de préfectures autonomes, est traversé par une chaîne de montagnes en deux parties : le bassin Dzungarian au nord et le bassin Tarim au sud. Seuls 9,7 % environ de la superficie du Xinjiang sont habitables[4].

Une succession de peuples et d'empires ont rivalisé pour le contrôle de tout ou partie de ce territoire, qui a une histoire documentée d'au moins 2 500 ans. Le territoire est passé sous la domination de la dynastie Qing au XVIIIe siècle, remplacée plus tard par le gouvernement de la république de Chine. Depuis 1949 et la guerre civile chinoise, il fait partie de la république populaire de Chine. En 1954, le Corps de production et de construction du Xinjiang ou Xinjiang Bingtuan a été créé pour renforcer la défense des frontières contre l'Union soviétique et promouvoir l'économie locale. En 1955, le Xinjiang a été administrativement transformé d'une province en une région autonome. Au cours des dernières décennies, d'abondantes réserves de pétrole et de minéraux ont été découvertes dans le Xinjiang, qui est actuellement la plus grande région productrice de gaz naturel de Chine. Des années 1990 aux années 2010, le mouvement d'indépendance du Turkestan oriental, le conflit séparatiste et l'influence de l'islam radical ont entraîné des troubles dans la région avec des attaques terroristes (en) occasionnelles et des affrontements entre les forces séparatistes et gouvernementales[5],[6].

Signification de XinjiangModifier

Xinjiang (, xīn, « nouveau » et , jiāng, « frontière, territoire limitrophe ») signifie littéralement « la nouvelle région frontière ». Ce nom fut donné à cette région vers 1760, lors de sa conquête par les Mandchous de la dynastie Qing, lorsque l'empereur Qianlong décide de placer la culture ouïghoure sous sa protection personnelle, à la fin de la guerre Dzoungar-Qing (1687-1758), opposant les Mandchous et Mongols orientaux au khanat mongol dzoungar qui la contrôlaient alors[7].

En 1884, la région devient la province du Xinjiang (en), statut qu'elle garde sous la République de Chine (1912-1949) et au début de la république populaire de Chine. En 1955, elle prend le statut actuel de région autonome ouïgoure du Xinjiang.

GéographieModifier

Le Xinjiang est la plus grande région de Chine. Sa capitale est Ürümqi (Ouroumtsi), située au nord de la région, sur l'ancienne route de la soie.

La situation géographique du Xinjiang en fait une région stratégique pour Pékin. Les 5 300 km de frontières extérieures du Xinjiang sont communes avec huit pays : la Mongolie au nord-est, la Russie au nord, le Kazakhstan et le Kirghizistan au nord-ouest, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde à l'ouest. Le Xinjiang est limitrophe avec trois régions chinoises : le Tibet au sud, le Qinghai et le Gansu au sud-est[8].

D'une superficie de 1,66 million de km2, sa moitié sud inclut le désert du Taklamakan, un des plus importants du monde, ainsi que le désert de Dzoosotoyn Elisen. On estime qu'une superficie de 28 000 km2 de désert s'est formée autour du bassin du Tarim au cours des 2 000 dernières années. Mais surtout 9 000 au cours du seul XXe siècle, et si l'eau de la Keriya coulait jusqu'à 240 km dans le désert en 1950 elles ne s'écoulaient plus qu'à 115 km dans les années 1980 et ce phénomène ne cesse de s'amplifier : coupes de bois (surtout le peuplier passé de 580 000 ha. en 1958 à 280 000 en 1979), mauvaise pratique de l'irrigation, surtout en amont à Yutian (Keriya), et mauvaise gestion de l'eau, tandis que la population y augmente…

La dépression de Tourfan abrite le point le plus bas de la Chine à 155 mètres sous le niveau de la mer. À sa frontière avec le Pakistan se trouve le K2, second point le plus élevé du globe à 8 611 mètres. Géologiquement jeune, cette région est une zone sismique de forte intensité.

Le Xinjiang administre la région d'Aksai Chin, une région revendiquée par l'Inde comme une partie du Jammu-et-Cachemire.

Il est divisé en deux bassins par le Tian Shan, celui de Dzoungarie (Djoungarie) dans le nord et Tarim dans le sud. Le point le plus bas est 155 m sous le niveau de la mer et le plus haut sommet est à 8 611 m sur la frontière avec le Cachemire.

Plusieurs fleuves le traversent, comme le Tarim, mais aussi le cours supérieur de l'Irtych.

Les montagnes du Tian Shan forment la frontière avec le Kirghistan au col de Torougart (3 752 m) et au col d'Irkeshtam (environ 2 850 m), qui permet de relier ensuite la vallée du Vakhch. La route du Karakorum (KKH) relie Islamabad (Pakistan) à Kachgar par le col de Khunjerab (4 693 m).

 
Les routes de la soie et la région géographique du Xinjiang (Aksu : lire Aksou).
 
Les routes de la soie et la région géographique du Xinjiang.

HistoireModifier

Histoire ancienne et art ancienModifier

Le Xinjiang était anciennement appelé Turkestan oriental, Turkestan chinois et faisait partie de la Tartarie chinoise, voire de l'Asie centrale orientale. Ces appellations sont encore parfois utilisées, notamment l'appellation Turkestan oriental par les indépendantistes, mais le gouvernement chinois les rejette[9].

Sa situation géographique en Asie centrale faisant du Turkestan oriental une zone de passage, de nombreuses ethnies y cohabitent, à la suite des diverses vagues de colonisation qui se sont succédé : populations de langues indo-européennes (Tokhariens et Sakas, ces derniers étant de langue iranienne) originellement nomades et qui se sont sédentarisées dans cette région, puis populations xiongnu, proto-turques, turques et enfin de langues proto-mongoles.

PréhistoireModifier

 
Du Néolithique à l'âge du bronze en Chine du Nord et dans les steppes de l'Asie Centrale

La région autonome Ouigour du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine actuelle, géographiquement et démographiquement appartient à la partie est de l'Asie centrale, elle n'est séparée de l'Asie centrale de l'ouest que par le Pamir et l'Hindu Kush [10]. Des témoins archéologiques nombreux et convergents indiquent la présence de populations de type européen dans les cimetières à l'ouest du Lob Nor, à Qäwrighul, datés par radiocarbone, et la plupart d'entre eux sont concentrés entre 2100-1500 AEC. De nombreuses similitudes les rapprochent de la culture de Siba (1900-1500 AEC) au Gansu, dans le corridor du Hexi. Cependant ils s'en distinguent d'abord par leur plus grande ancienneté. D'autre part la conservation des corps et des matières végétales a permis d'identifier que ces populations étaient vêtues de tissus d'origine végétale ou animale (laine) et de coiffes de feutre. Les offrandes funéraires comportaient du blé (qu'ils cultivaient) et des ossements de moutons ou chèvres, de bœufs, de chameaux, de daims et de mouflons ainsi que certains oiseaux, ces animaux étant élevés ou chassés, à proximité des rivières dans lesquelles la pêche était pratiquée. Les objets métalliques découverts dans ces dépôts funéraires sont rares mais comptent des objets de cuivre pur, tandis que certaines marques sur des objets de bois indiquent aux archéologues qui ont fait les fouilles que ceux-ci ont été travaillés avec des herminettes de bronze.

Un site semblable, un cimetière aussi, a été découvert près de la rivière Tieban, à proximité du Lob Nor, qui a révélé le corps momifié d'une femme, daté par radiocarbone de 3 800 ans (vers 1800 AEC). Son corps était recouvert d'un tissu. Comme les dépôts funéraires ne contiennent aucun fragment de céramique il est difficile de montrer les liens qui unissaient ces deux populations du Lob Nor. Cependant l'apparence physique des corps est de type européen, mais aucun savant ne conteste leur affiliation avec l'ensemble des populations steppiques : culture d'Afanasievo (3300/3200-2600/2400)[N 1] (troisième/second millénaire avant notre ère) et Andronovo (second millénaire avant notre ère) que l'on trouve dans les steppes de l'est du Kazakhstan et du sud-ouest de la Sibérie[11]. Certains objets et les animaux de Qäwrighul présentent des caractéristiques propres à la culture d'Afanasievo, il en est de même des détails vestimentaires et objets métalliques et de la structure des cimetières. Tout ceci confirme l'apport des cultures d'Asie centrale à la Chine, par le site de Tianshanbeilu, lui aussi à l'est du Xinjiang, et par le corridor de Hexi, dans les cultures de Siba et Qijia : en particulier la pratique du bronze et l'agriculture du blé qui étaient inconnues en Chine d'alors[N 2].

 
Jarres et bois travaillé. Antique cité de Karadong Ve siècle - IIIe siècle avant notre ère. Taklamakan, ancienne vallée de la Keriya. Photo Aurel Stein 1906, International Dunhuang Project[12]

Différentes études de paléogénétique ont confirmé que les populations de la culture d'Afanasievo possèdent des génomes remarquablement identiques à ceux de la culture Yamna, contemporaine dans la steppe européenne à plusieurs milliers de kilomètres de là. Ces résultats suggèrent que la culture d'Afanasievo est directement issue d'une migration d'un groupe de la culture de Yamna, sans intermédiaire et sans aucun mélange avec d'autres populations[13],[14],[15]. Dans l'ensemble, les populations du Xinjiang de l'âge du bronze présentent une grande diversité et des affinités génétiques régionales avec les populations des steppes et du nord-est de l'Asie, ainsi qu'une connexion sibérienne ancienne et profonde pour les individus Xiaohe du bassin du Tarim[16]. Outre le lien avec la culture Afanasievo, les études archéologiques ont révélé des liens avec la culture Chemurchek (~ 2750 à 1900 avant notre ère) présentes dans les montagnes de l'Altaï. Il existe alors une connexion centre-ouest asiatique avec le Xinjiang par le couloir montagneux d'Asie intérieure, qui a probablement introduit des plantes importantes pour l'agriculture, telles que le blé et l'orge, et une connexion est-asiatique par le corridor du Hexi, qui a introduit le millet dans le Xinjiang. Les populations de l'âge du bronze dans l'est du Xinjiang partagent un lien culturel avec les Asiatiques de l'est de la région du Gansu et du Qinghai (Gan-Qing) dans le nord de la Chine[16].

À l'âge du fer (IA; ~ 800 à 200 avant notre ère), les mélanges liés aux steppes et au nord-est de l'Asie s'intensifient, les populations du nord et de l'est du Xinjiang montrant plus d'affinité avec les populations du nord-est de l'Asie et celles du sud du Xinjiang montrant plus d'affinité avec les asiatiques centraux[16]. Pendant cette période, des groupes nomades de la steppe eurasienne affectent différentes régions du Xinjiang. Un de ces groupes sont les Scythes, une confédération de plusieurs populations, telles que les Tagar, Pazyryk ou les Sakas[16]. Les caractéristiques régionales de certaines populations du Xinjiang, en particulier la différenciation entre le sud-ouest et le nord-est du Xinjiang, suggèrent que l'âge du fer était une période très interactive. À partir de 200 avant notre ère, la route de la soie passant par le Xinjiang est devenue influente et a facilité les migrations de population à travers l'Eurasie[16].

Art ancien du XinjiangModifier

AntiquitéModifier

 
Ruines de Gaochang, fondée au Ier siècle de notre ère. Architecture de terre.

La vallée de la Keriya, fleuve qui se perd actuellement dans le centre du Taklamakan (mais qui servait dans l'Antiquité de voie de communication jusqu'à l'oasis de Kucha), a livré les traces abondantes et bien conservées d'une ville, Karadong, (Ve siècle - IIIe siècle avant notre ère) et d'une cité fortifiée dont le cimetière est daté du milieu du Ier millénaire avant notre ère[N 3], et dont les habitants n'ont pas de traits mongoloïdes, tout comme ceux de l'Asie centrale, du Xinjiang en général et de la Mongolie occidentale[19]. Des bronzes animaliers, un tapis de selle et un chapeau de feutre pointu aux appliques polychromes, ainsi que des bois sculptés de la ville antique la rattachent à la culture des steppes des Scythes de la Sibérie du sud et du Kazakhstan[20]. Les restes de vêtements et autres tissus, réalisés apparemment par les femmes [21] et préservés par le désert, montrent la maîtrise et la créativité de ces populations ainsi que le commerce lointain qui existait pour des colorants précieux. Quant aux activités agricoles de ces populations : il s'agit d'agro-pasteurs (élevage de chèvres cachemire attesté [22]) sédentaires qui pratiquaient l'irrigation et cultivaient des céréales telles que le millet – dont les premières cultures sont apparues en Chine au cours de la Préhistoire, dans les premiers sites Néolithiques de Chine – et le blé, mais aussi l'orge[23] : deux céréales dont l'origine en Chine est parvenue dans la culture de Majiayao par l'Ouest. Enfin les pratiques funéraires de Djoumboulat Koum sont celles d'une société hiérarchisée, mais moins bien que celle des Scythes : aucune richesse comme celles que l'on trouve dans les tumuli, et l'éloignement des ressources minérales, de la pierre et des métaux est nettement visible. Cependant le travail complexe du bois, de la peau et des fibres textiles témoigne d'autres moyens de rendre hommage aux défunts. Sur la nature des croyances plusieurs interprétations sont possibles, la question d'un chamanisme possible en raison de la proximité avec la Sibérie, et la présence d'indices, interprétés avec réserve dans ce sens, d'une religion mazdéenne [24] : en conséquence l'interrogation demeure sur les croyances de ces populations[25].

Quant à la cité du début de notre ère, contemporaine de Miran au Lob Nor, elle contient les restes des deux plus anciens sanctuaires bouddhiques du Xinjiang datés par radiocarbone de la première moitié du IIIe siècle de notre ère. Les peintures représentant le Bouddha n'ont de parenté qu'avec les poses du Bouddha dans l'art gréco-bouddhique au Gandhara (nord-ouest de l'Inde) ou à Hadda (en Afghanistan). Dans les plis de la robe monastique le drapé évoque l'himation des Grecs, aux plis presque verticaux comparés aux plis complexes en usage en Chine à cette époque. Ce qui correspond bien aux premiers temps de développement de l'art bouddhique sur les routes commerciales de l'Asie depuis le monde indien et en contact avec le monde hellénistique.

L'empire kouchan a été le berceau d'une riche culture picturale dont les grottes de Kizil gardent les traces prestigieuses : les plus anciennes grottes à peintures murales de Chine, monastères bouddhiques sur la route de la soie.

Route de la soie, depuis les Han jusqu'à l'époque TangModifier

 
Empire Han en jaune en l'an 1.

Au IIe siècle av. J.-C. est fondé un royaume et une cité, Loulan, sur la route de la soie, au carrefour entre Korla, Dunhuang et Wuni.

La dynastie des Han échoua à plusieurs reprises dans ses tentatives pour contrôler la région : dès le IIe siècle av. J.-C., les Chinois entrèrent dans le territoire du Turkestan oriental et affrontèrent les Xiongnu, qui dominaient une grande partie de l'Asie centrale de 200 av. J.-C. à 48 apr. J.-C. et dont les Chinois craignaient l'invasion. Un principe de colonies militaires, les tuntian, fut instauré par l'empereur Wudi et ses successeurs. Ce protectorat des Régions de l'Ouest qui comprenait la majeure partie de l'actuel Xinjiang, connaît son apogée en 51 av. J.-C., lorsque les tribus du peuple Wusun font leur soumission à la cour des Han et en deviennent les vassaux[26].

Tokhariens et locuteurs de langues indo-iraniennesModifier

Le Xinjiang est associé à la langue indo-européenne éteinte des Tokhariens, qui est attestée de 500 à 900 de notre ère dans le centre du Xinjiang sur la base de manuscrits anciens. En général, les archéologues considèrent cette langue comme étant associée aux populations venues dans la région lors de la culture d'Afanasievo. Le khotanais, une autre langue ancienne associée à la famille des langues indo-iraniennes, a été observée pour la première fois dans des documents anciens sur le site de Niya (200 à 500 de notre ère), Khotan, au sud du bassin de Tarim. La langue khotanaise est associée à l'expansion des Sakas vers 200 avant notre ère dans la région du Xinjiang. Les études paléogénétiques confirment l'affinité génétique entre de nombreuses populations du Xinjiang de l'âge du fer et du premier millénaire de notre ère avec les Sakas, suggérant leur présence généralisée au Xinjiang[16].

Seize RoyaumesModifier
 
Liang antérieur (前涼) en jaune foncé sur la carte des Seize Royaumes

À l'époque de Seize Royaumes (304–439), la région fait partie de l'État du Liang antérieur.

Dynastie TangModifier
 
Carte de la dynastie Tang vers 900, comprenant le protectorat des Régions de l'Ouest.

La dynastie chinoise des Tang reprit cette idée et installa, dès le VIIe siècle apr. J.-C., des gouverneurs militaires dans les villes de Karachahr, Kucha, Kachgar et Hotan. Cette région s'appelait alors le Xiyu. Les Tang perdirent le contrôle de la zone au VIIIe siècle au profit de l'empire du Tibet (629-877) en pleine expansion.

Empire tibétainModifier

 
Empire du Tibet vers 780-790. Le Khaganat ouïghour est alors situé sur l'actuelle Mongolie

Khaganat ouïghour et royaume ouïghour de QochoModifier

Situés sur l'actuelle Mongolie, Le khaganat ouïgour (744-848) est alors situé sur l'actuelle Mongolie, c'est une civilisation importante dont la culture rayonne sur ses voisins et une grande partie de la Sibérie. Les Ouïghours, alors alliés des Chinois de la dynastie Tang, les aident à reprendre leur capitale, Chang'an (actuelle Xi'an) à l'Empire du Tibet (629-877), en 757. Le khan Bögü des Ouïghours se convertit au manichéisme en 762.

 
Royaume Ouïgour de Gaochang (blanc entouré de vert) à l'époque de la dynastie Song du Nord (960-1127)

En 840, les Ouïghours sont vaincus par les Kirghizes, les obligeant à émigrer vers le Sud. Ils se séparent en deux groupes, l'un sur l'actuelle région autonome du Xinjiang, y créant le Royaume Ouïghour de Qocho (ou Gaochang) (高唱回鹘), et l'autre, que l'on appelle les Ouïgours de Ganzhou, sur l'actuelle province du Gansu, plus à l'Est, dans un territoire intégré au royaume tangoute de la Dynastie des Xia occidentaux. Ils jouent alors un rôle important dans les échanges culturels entre l'Orient et l'Occident, sur la route de la soie.

De précieux manuscrits datant de la fin du Ier millénaire ont été trouvés au Xinjiang et au Gansu, au nord-ouest de la Chine : superbes enluminures de Gaochang près de Tourfan. Le sinologue Paul Pelliot a également découvert dans les grottes de Mogao à Dunhuang d'importants textes religieux manichéens ou des formes mobiles d'imprimeries ouïgours. On y trouve sur plusieurs siècles des textes, peintures et imprimés des empires notamment Ouïghours, tibétains, Sogdiens et han des Tang, signe des importants échanges entre ces civilisations, qui ont permis de retracer une grande partie de leurs histoires.

Ethnies turciques et islamModifier

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Pourtant, le règne des Ouïgours souffrit d'exceptions notables. Les nombreuses ethnies turques remirent en cause leur pouvoir, et les contraignirent à recourir à la protection des populations mongoles. Toutefois, la poussée des ethnies turques eut raison de ce protectorat : ils introduisirent l'islam au Xinjiang lors des Xe et XIe siècles, et l'installèrent durablement. Le mausolée de Tughlugh Timur fondé en 1363 en est l'un des plus anciens témoins.

Le christianisme nestorien, qui atteignit la Mongolie et la Chine, fut longtemps présent chez les Ouïghours et les Mongols ; au XIVe siècle, on trouve encore un évêché nestorien à Kachgar et, en 1289, le khan mongol de Perse (ilkhan) Arghoun envoie en ambassade auprès de Philippe IV le Bel et du roi d'Angleterre Édouard Ier le moine ouïghour nestorien Rabban Bar Sauma, porteur d'une missive qui envisageait une attaque conjointe contre les Mamelouks.

Empire mongol et dynastie YuanModifier

 
Expansion et division de l'Empire mongol au XIIIe siècle

Empire timourideModifier

 
Carte de la Chine des Ming en 1415, comprenant Hami, et le royaume ouïghour autour de Tourfan, au sein du khanat oïrat, et bordé au Sud par le Khanat de Djaghataï et Doulats.

L'empire timouride (1369-1507) est créé par les descendants de Tamerlan, turco-mongols. Il couvre à son apogée Irak, Iran, Pakistan, Afghanistan et une grande partie de l'ouest du Turkestan. Ils sont défaits en 1507 par les Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides (1429-1598), Mongols descendants de Gengis Khan.

Khanat de YarkandModifier

À partir de 1514 le Khanat de Yarkand est crée par les Djaghataïdes de la division de leur empire, ils contrôlent la région, jusqu'à la prise de contrôle par le khanat dzoungar, des Mongols oïrats.

Khanat dzoungarModifier

Entre 1678 et 1680, les nomades mongols dzoungars font la conquête du nord la région, principalement le bassin du Tarim. Ils y établissent au XVIIe siècle le Khanat dzoungar et contrôlent la quasi-totalité de la région.

Ils étendent, principalement sous les gouvernements de Tsewang Rabtan, puis Galdan Tseren, leur territoire vers le sud et l'est (Tibet, Kokonor (Qinghai), Mongolie-Extérieure des Mongols khalkhas, puis Mongolie-Intérieure, à quelques centaines de kilomètres de Pékin, ce qui leur attire les foudres de la dynastie Qing.

Incorporation à l'empire mandchou (1644-1912)Modifier

L'empire Qing sous les règnes de Kangxi et de Qianlong a mené plusieurs campagnes militaires contre les Dzoungars. Les victoires qu'ont remportées ces empereurs mandchous ont pour conséquence l'incorporation complète de la région à l'État chinois en 1759, après leur victoire contre Dawachi. La partie orientale de la région contenant Ürümqi, appelé Dihua à l'époque, est alors devenue une partie de la province du Gansu.

Durant l'antiquité, les Chinois désignent la région par le mot Xiyu (« région occidentale »). Aux alentours de 1760, la région obtient le nom de « nouvelle frontière » (Xinjiang en chinois, Ice Jecen en mandchou)[7].

 
Petite Boukharie sur la carte de l'Empire chinois de la dynastie Qing en 1820.

En 1820, sous la gouvernance des Mandchous de la dynastie Qing, cette région est plus vaste, les Européens l'appellent Tartarie chinoise, les Chinois, Hui bu (, huí bù, que l'on peut traduire par « partie musulmane », en référence aux pratiques religieuses de cette région et aux Hui, ethnie musulmane chinoise), et les Mandchous hoise jecen (ᡥᠣᡳ᠌ᠰᡝ ᠵᡝᠴᡝᠨ, ayant la même signification).

Une importante partie, au nord de Tian Shan, est appelée Tianshan bei lu (天山北路, « route nord du Tianshan »), correspondant à la Dzoungarie, tandis-qu'au sud du Tianshan, la région appelée par les Européens petite Boukharie (en référence à Boukhara), est appelée par la Chine impériale, Tianshan nan lu, (天山南路, route sud du Tianshan), et comprend le sud de l'actuel Xinjiang, et une partie des plateaux de l'actuelle région autonome du Tibet au sud.

La cession d'une partie de Xinjiang à l'Empire russe en 1864 est suivie d'une période de troubles dans la région, avec notamment la révolte des Dounganes ou « révolte musulmane ». L'émirat de Kachgarie qui exista 1864 à 1877 fut reconnu par l'Empire ottoman, la Grande-Bretagne et la Russie[8].

En 1877, l'empire Qing a repris le contrôle de la plus grande partie du Xinjiang, ce qui est confirmé par le traité de Saint-Pétersbourg de 1881. Cette région est alors érigée en province sous le nom de Xinjiang, le . Le centre administratif de la région est transféré d'Ili à Ürümqi.

République de Chine (1912-1949)Modifier

Voir province du Xinjiang, république de Chine (en)

Après que l'empire mandchou est renversé par les nationalistes chinois du Kuomintang, lors de la Révolution chinoise de 1911, la province du Xinjiang garde son statut au sein de la république de Chine (1912-1949).

Yuan Dahua, dernier gouverneur du Xinjiang de la dynastie Qing, fuit à la révolution, le seigneur de la guerre, Yang Zengxin, un de ses subordonnés, prend le contrôle de la province sous le gouvernement de Beiyang. Les pays voisins revendiquent l'appartenance de bouts de ce territoire.

Le gouvernement de Beiyang se termine après l'expédition du Nord (1926-1928). Le Kuomintang, allié avec les communistes du Parti communiste chinois dans ce qui est appelé le Premier front uni, reprennent le contrôle du pays aux seigneurs de la guerre. La guerre civile chinoise (1927-1950) oppose les deux partis.

Première République à KashgarModifier

Durant la guerre civile, différentes révoltes on lieu au Xinjiang, comme dans l'ensemble du pays. Une première fois avec l'éphémère république islamique du Turkestan oriental (novembre 1933 - février 1934), située à Kachgar à l'ouest de la province.

Seconde République au NordModifier

Une Seconde République est déclarée au nord du Xinjiang cette fois. Appuyée par l'Union soviétique dont elle devient un satellite[8], elle dure cinq ans, du 12 novembre 1944 au 22 décembre 1949, autour de trois villes du nord du Xinjiang, principalement Kazakhes et Mongoles, se terminant après la déclaration de la république populaire de Chine le 1er octobre 1949, après que ses dirigeants ont disparu dans un mystérieux accident d'avion en se rendant à une réunion avec le dirigeant chinois Mao Zedong.

Région autonome de la république populaire de ChineModifier

 
Les cinq régions autonomes, dont le Xinjiang sur la carte de la Chine.

Peu après l'Intervention militaire chinoise au Xinjiang, les frontières de la Chine avec ses pays voisins est modifiée. La superficie de la province du Xinjiang est réduite, passant alors de 1 820 000 en 1949 à 1 626 000 km2, au profit de la république socialiste soviétique du Tadjikistan et de la République populaire mongole.

La région autonome ouïghoure du Xinjiang a été instaurée le en remplacement du statut de province. La mise en place de la région autonome s'inscrit dans la politique du gouvernement central à donner plus d'autonomie et de pouvoirs aux régions à forte population de minorités ethniques, comme la Mongolie-Intérieure, le Tibet, le Ningxia et le Guangxi.

 
Couverture d'avril 1964 de la Revue illustrée du Peuple (zh) faite d'une peinture représentant les danses ouïghoures

Essais nucléaires au Lop NorModifier

De 1964 à 1996, la Chine a fait exploser quarante-six bombes nucléaires sur le site de Lob Nor au Xinjiang. Depuis son ultime essai atmosphérique le 11 octobre 1980, la Chine se conforme dans les faits au traité d'interdiction partielle des essais nucléaires et a officiellement annoncé l'arrêt définitif desdits essais le 21 mars 1986. De plus, elle a annoncé un moratoire sur les essais souterrains à partir du 30 juillet 1996 puis a signé le traité d'interdiction complète des essais nucléaires le 24 septembre de la même année[27].

Selon des opposants ouïghours à l'étranger, les retombées radioactives ont créé en trente-cinq ans un désastre écologique, polluant les sols, l'eau, les plantes et la nourriture, ce qui aurait entraîné la mort de 200 000 personnes[28]. Pourtant, le Lop Nor, depuis les alentours de 1920 où les peuplades ouïghoures ont fui le bassin à la suite d'une peste qui les décimait, n'a plus connu de peuplement permanent[29].

Révolution culturelleModifier

Pendant la révolution culturelle, des Corans furent détruits dans de grands autodafés[30][réf. incomplète].

Camps de travailModifier

Les camps de travail forcé (Laogai) parmi les plus durs sont installés au Xinjiang [31].

Camps d'internementModifier

Les Camps d'internement du Xinjiang sont mis en place à partir de 2014 dans le but d'interner des centaines de milliers de musulmans pratiquants ouïghours et kazakhs. Un million d'Ouïghours y seraient internés de façon préventive et sans procès dans le cadre d’une vaste campagne d’antiterrorisme visant les islamistes et les indépendantistes après de nombreux attentats en 2013 et 2014.

La Chine dément l'existence de ces camps avant d'en reconnaître officiellement l'existence en octobre 2018 sous le nom de « camps de transformation par l’éducation ». Elle les décrit comme des centres de formation professionnelle, avec pour objectif de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme musulmans. À l’étranger, plusieurs pays et ONG qualifient ces camps de camps de concentration et soulignent des conditions de détention portant atteinte aux droits humains. D'autres pays soutiennent ouvertement la Chine, affirmant qu’elle lutte efficacement contre le terrorisme. De plus, les camps d'internement du Xinjiang ont été comparés à plusieurs reprises aux méthodes d'endoctrinement mises en œuvre pendant la révolution culturelle chinoise[32],[33],[34],[35],[36],[37].

Les Xinjiang Papers, documents internes chinois transmis au New York Times en novembre 2019, documentent la répression contre la minorité musulmane et la nature des camps. Les China Cables, enquête du Consortium international des journalistes d'investigation publiée le 24 novembre 2019, confirment le caractère carcéral des camps d'internement.[réf. nécessaire]

Tensions communautairesModifier

Depuis 1949, la Chine a mené une véritable politique de peuplement pour mieux contrôler la région et rendre progressivement impossible toute possibilité d'indépendance. [réf. nécessaire] Alors qu'en 1949 la région ne compte que 200 000 Hans (l'ethnie majoritaire en Chine), ils sont presque dix millions en 2015, soit un nombre légèrement inférieur à celui des Ouïghours[38]. Cette politique de peuplement n'est pas sans provoquer de nombreux heurts communautaires[39] :

  • 5 février 1997 : une manifestation pour la libération de trente dignitaires religieux arrêtés par la police à la veille du Ramadan à Guldja (en chinois : Yining), sont réprimées violemment par la police et l'armée. S'ensuivent des émeutes qui font des dizaines de morts et des centaines de blessés parmi les Ouïgours (voir Guldja)[40].
  • l'Attentat d'Ürümqi de 1997 a lieu le à 18 h 30 dans plusieurs bus publics de la ville, faisant neuf morts dont trois enfants et 97 blessés. Une quatrième posée dans la gare ne détonne pas[41],[42].
  • janvier 1999 : vingt-neuf Ouïgours sont arrêtés, accusés d'avoir organisé des émeutes contre Pékin. Deux de ces Ouïgours sont exécutés le 28 janvier.
  • juillet et août 2004 : exécution de quatre hommes pour « atteinte à la sécurité de l'État ». Pendant tout l’été, les arrestations d’adultes et d’enfants se sont multipliées (en particulier dans le district de Khotan) pour « activités religieuses illégales ».
  • 6 août 2004 : les armées chinoises et pakistanaises envoient environ 200 soldats dans la région de Taxkorgan, près de la frontière avec l'Afghanistan afin d’« améliorer la capacité à combattre ensemble le terrorisme et à contenir et réprimer les forces séparatistes, extrémistes et terroristes »[43].
  • 4 août 2008 : un attentat à Kachgar contre un poste de police fait 16 morts[44]
  • 9 août 2008 : un attentat à l'explosif à Kucha contre un poste de police fait 11 morts.
  • 2 avril 2009 : un attentat suicide à l'explosif dans un immeuble d'Urumqi tue le kamikaze et blesse deux employés présents dans la pièce[45].
  • 5 juillet 2009 : de violentes manifestations touchent la province, provoquent la mort d'au moins 140 personnes et font au moins 800 blessés[46].
  • juin 2013 : selon l’agence Chine nouvelle « une foule d’émeutiers armés de couteaux » attaque les bâtiments officiels dans le village de Lukeqin à proximité de la ville touristique de Turfan[47]. Ces violences, qui ont fait 35 morts, sont imputées par les autorités chinoises à une « action terroriste »[48]. Par contre, Radio Free Asia, basée aux États-Unis, annonce un bilan de 46 morts, dont 11 émeutiers[49]. La majorité des victimes sont d'origine ouïgoure[50].
  • à la fin du ramadan en juillet 2014, une centaine de personnes auraient été tuées. Les autorités chinoises évoquent des terroristes[51].

Dans les années 2010, des centaines de milliers de musulmans pratiquants ouïghours et kazakhs passent par des camps de rééducation chinois.[réf. nécessaire] Selon des témoignages d'anciens détenus, l'idéologie communiste serait inculquée aux détenus qui subiraient des tortures et seraient forcés à manger du porc et à boire de l'alcool[52],[53]. En mars 2017, le gouvernement chinois interdit le port du voile islamique pour les femmes et le port de barbes considérées comme « anormales » pour les hommes[54]. En avril 2017, il interdit pour les nouveau-nés l'adoption de 29 prénoms musulmans, dont Mohammed, (en soi, des patronymes arabes) sous peine que les enfants concernés ne se voient refuser l'obtention du hukou[54]. Deux ans plus tôt, le Tadjikistan, un pays en Asie centrale composé à 95% de musulmans, avait mené une politique semblable pour lutter contre l'islam radical[55],[56],[57].

DémographieModifier

 
Trois fillettes ouïghoures au marché de Hotan.

D'après le recensement national de 2010, le chiffre de la population du Xinjiang était de 21 815 815 habitants, contre 18 459 510 en 2000 et 15 156 880 en 1990[58].

Selon le China Statistical Yearbook 2008, en 2006 le Xinjiang était peuplé d'Ouïghours (45,6 %), Kazakhs, de Kirghizes, de Tatars, d'Ouzbeks, (parlant tous des langues turciques), ainsi que de Tadjiks (langue persane). D'après les recensements officiels, la région comporte également différents peuples mongols (Mongols, Daur), toungouses (Mandchous, Xibe) et russes (langue slave).

Selon le dernier recensement, la population de ces ethnies pratiquant en général la religion musulmane, qui est également la principale religion des Huis, est d'un peu plus de onze millions, parmi lesquels les 8,68 millions de Ouïghours constituent la majorité.

Pékin a considérablement renforcé les mesures de surveillance et ouvert des « centres de formation professionnelle » pour les personnes soupçonnées de radicalisation islamiste, au nom de la lutte contre le terrorisme, l'islamisme et le séparatisme[59].

Les neuf millions d'autres habitants de la région sont en majorité des Hans. La proportion de Hans dans la population de la région est passée de 6 % en 1949 à plus de 40 % en 2006 (chiffre sous-estimé car il ne comprend pas les mingongs et les militaires)[8]. Un autre chiffre (2015) évalue rétrospectivement la population Han à 45 % dès 1988[60]. Ils vivent surtout dans les villes.

Nationalité Pourcentage[61]
1. Ouïghour 45,6 %
2. Han 40,1 %
3. Kazakh 6,7 %
4. Hui 4,5 %
5. Kirghize 0,9 %
6. Mongol 0,8 %
7. Tadjik 0,21 %
8. Xibe 0,21 %
9. Mandchou 0,1 %
10. Ouzbek 0,08 %
11. Russe 11 000
12. Daur 6 700
13. Tatar 4 900

La province du Xinjiang détient en 2012 le taux de croissance le plus élevé de Chine. En effet celui-ci était cette année-là de 1,08 %. Il est à comparer avec le taux national qui atteignait la même année 0,49 %.

Taux de natalité Taux de mortalité Accroissement naturel[62]
Xinjiang 15,32  4,48  10,84 
Chine 12,10  7,15  4,95 

ReligionModifier

Les Ouïghours pratiquent un islam sunnite de rite hanéfite, influencé par le soufisme[63].

Le wahhabisme se développe depuis les années 1980[64],[65],[66]. Les musulmans pratiquants représentent environ 58 % de la population du Xinjiang en 2018. Les Hans sont souvent athées ou agnostiques, plutôt discrets quant à leur pratique religieuse, mais toutefois, de nombreux Hans sont bouddhistes, confucianistes, ou adeptes de la religion traditionnelle chinoise. Les chrétiens sont très rares, et surtout représentés par la toute petite minorité russe, surtout chrétienne orthodoxe, mais il y a aussi, historiquement, des chrétiens nestoriens. Il y a aussi des chrétiens protestants, qui sont souvent issus de l'ethnie des Hans. En tout, il y a moins de 25 000 chrétiens pratiquants au Xinjiang.[réf. nécessaire]

LanguesModifier

Des langues turciques, comme l'ouïghour et le kazakh sont parlées au Xinjiang. L'ili turki est une langue qui est presque éteinte. Différents dialectes de l'oïrate sont parlés par des populations mongoles. On y trouve aussi les seules langues iraniennes parlées en Chine, le sariqoli et le wakhi utilisés par les Tadjiks. Enfin, le mandarin est très présent, surtout dans l'administration et est obligatoire à l'école. C'est aussi la langue des militaires Chinois qui sont très présents au Xinjiang.

SubdivisionsModifier

Région autonome ouïghoure du Xinjiang
  Xian
No. Code
subdivision[67]
Préfecture ouïghour
Écriture ouïghoure latine
chinois
Hanyu Pinyin
Population 2010[68] Superficie (km2)[69] Densité Siège Subdivisions[70]
Districts Xians Xians autonomes villes-district
Villes-préfectures
1 650100 Ürümqi ئۈرۈمچى شەھرى
Ürümchi Shehri
乌鲁木齐市
Wūlǔmùqí Shì
3 110 280 13 788 District de Tianshan 7 1
2 650200 Karamay قاراماي شەھرى
Qaramay Shehri
克拉玛依市
Kèlāmǎyī Shì
391 008 8 654 District de Karamay 4
3 650400 Tourfan تۇرپان شەھرى
Turpan Shehri
吐鲁番市
Tǔlǔfān Shì
622 679 67 563 District de Gaochang 1 2
4 650500 Hami قۇمۇل ۋىلايىتى
Qumul Wilayiti
哈密地区
Hāmì Dìqū
572 400 142 095 District de Yizhou 1 1 1
Préfectures
5 652300 Changji
hui
سانجى خۇيزۇ ئاپتونوم ئوبلاستى
Sanji Xuyzu Aptonom Oblasti
昌吉回族自治州
Chāngjí Huízú Zìzhìzhōu
1 428 592 73 140 Changji 4 1 2
6 652700 Börtala
mongole
بۆرتالا موڭغۇل ئاپتونوم ئوبلاستى
Börtala Mongghul Aptonom Oblasti
博尔塔拉蒙古自治州
Bó'ěrtǎlā Měnggǔ Zìzhìzhōu
443 680 24 934 Bole 2 2
7 652800 Bayin'gholin
mongole
بايىنغولىن موڭغۇل ئاپتونوم ئوبلاستى
Bayingholin Mongghul Aptonom Oblasti
巴音郭楞蒙古自治州
Bāyīnguōlèng Měnggǔ Zìzhìzhōu
1 078 492 470 954 Korla 7 1 1
8 652900 Aksou ئاقسۇ ۋىلايىتى
Aqsu Wilayiti
阿克苏地区
Ākèsū Dìqū
2 370 887 127 145 Aksou 7 2
9 653000 Kizilsu
kirghiz
قىزىلسۇ قىرغىز ئاپتونوم ئوبلاستى
Qizilsu Qirghiz Aptonom Oblasti
克孜勒苏柯尔克孜自治州
Kèzīlèsū Kē'ěrkèzī Zìzhìzhōu
525 599 72 468 Artux 3 1
10 653100 Kachgar قەشقەر ۋىلايىتى
Qeshqer Wilayiti
喀什地区
Kāshí Dìqū
3 979 362 137 579 Kachgar 10 1 1
11 653200 Hotan خوتەن ۋىلايىتى
Xoten Wilayiti
和田地区
Hétián Dìqū
2 014 365 249 147 Hotan 10 1
12 654000 Ili
kazakh
ئىلى قازاق ئاپتونوم ئوبلاستى
Ili Qazaq Aptonom Oblasti
伊犁哈萨克自治州
Yīlí Hāsàkè Zìzhìzhōu
2 482 627 56 382 Yining 7 1 3
12a 654200 Tacheng
Dépend de la Ili
تارباغاتاي ۋىلايىتى
Tarbaghatay Wilayiti
塔城地区
Tǎchéng Dìqū
1 219 212 94 698 Tacheng 4 1 2
12b 654300 Altay
Dépend de la Ili
ئالتاي ۋىلايىتى
Altay Wilayiti
阿勒泰地区
Ālètài Dìqū
526 980 117 699 Altaï 6 1
— Villes sous administration directe —
A 659001 Shihezi شىخەنزە شەھرى
Shixenze Shehri
石河子市
Shíhézǐ Shì
635 582 457 Sous-district de Hongshan 1
B 659002 Wujiaqu ئۇجاچۇ شەھرى
Wujachu Shehri
五家渠市
Wǔjiāqú Shì
72 613 5 266 Sous-district de Route de Redmi, 1
C 659003 Tumushuke تۇمشۇق شەھرى
Tumshuq Shehri
图木舒克市
Túmùshūkè Shì
147 465 1 927 Sous-district de Qiganquele 1
D 659004 Aral ئارال شەھرى
Aral Shehri
阿拉尔市
Ālā'ěr Shì
166 205 740 Sous-district de Route de Jinyinchuan 1
E 659005 Beitun بەيتۈن شەھىرى
Beatün Shehiri
北屯市
Běitún Shì
76 300 911 Ville de Beitun 1
F 659006 Tiemenguan باشئەگىم شەھىرى
Bashegym Shehiri
铁门关市
Tiĕménguān Shì
50 000 590 Sous-district de Chengqu 1
G 659007 Shuanghe قوشئۆگۈز شەھىرى
Qoshögüz Shehiri
双河市
Shuānghé Shì
53 800 742 Ville de Tasierhai 1
H 659008 Kokdala كۆكدالا شەھىرى
Kökdala Shehiri
可克达拉市
Kěkèdálā Shì
75 000 980 Ville de Kokdala 1
I 659009 Kunyu < 47 500 687 Ville de Kunyu 1
J 659010 Huyanghe < 12 000 678 Ville de Gongqing 1

VillesModifier

Agglomérations de plus de 500 000 habitants (2018)[71].
Agglomération Population de l'agglomération
millions (2017)
Rang (Chine) Superficie (km2) Densité Commentaire
Ürümqi 3,695 27 596 6200
Kachgar 1,055 130 8100
Korla 0,785 285 2800
Akesu 0,675 155 4300
Hami 0,56 119 4700

ÉconomieModifier

Le Xinjiang est réputé pour ses produits agricoles, en particulier le coton. Le Xinjiang produit 85 pour cent du coton chinois et 20 pour cent du coton mondial[72]. Il produit aussi du blé, des raisins, des melons, des poires, de la soie, des noix, des moutons.

La région dispose également de ressources minérales, dont du pétrole, mais aussi plomb, zinc, cuivre, fer, charbon, uranium, sel, or, ainsi que des gisements éoliens.

À la fin du XIXe siècle, la région produisait déjà de la soude, du borax, de l'or, des jades et du charbon[73]. Ses produits agricoles tels que les raisins, les melons, la soie sont célèbres en Chine impériale depuis au moins les Tang. Le jade du Xinjiang est travaillé depuis la Préhistoire, mais a été remis à l'honneur à l'occasion des Jeux olympiques d'été de 2008, pour les médailles[74].

Le PIB de la région était d'environ 28 milliards de dollars en 2004 puis soixante en 2008, notamment en raison de la politique chinoise de développement de ses régions ouest. Son PIB par habitant est 19 893 yuans (2 864 $)[Quand ?]. Son taux de croissance était de 10,5 % en 2010.

L'extraction de pétrole et de gaz naturel dans la région d'Aksou et de Karamay, en forte hausse, représente environ 60 % de l'économie locale[75].

Ses exportations ont été de 19,3 milliards de dollars, pour des importations de 2,9 en 2008. En effet, le Xinjiang est la deuxième région pétrolière du pays avec 30% des réserves de pétrole prouvées du pays. En 2001, les gisements ont permis d'extraire 14,7 milliards de barils. Pour le gaz, la région fournit également un tiers de la production nationale de gaz naturel du pays, ce qui équivaut à 3 100 milliards de mètres cubes[76].

La Chine a ouvert sa première zone franche à Khorgos, à la frontière avec le Kazakhstan[77]. Horgos est le premier port continental de l'ouest chinois, permettant un bon accès au marché des pays d'Asie centrale. D'autres zones franches ont été ouvertes autour de Bole, Shihezi, Tacheng, Urumqi et Yining.

De larges pans de l'économie appartiennent aux bingtuans (« brigades militaires » ou CPCX), structures contrôlées par l'armée chinoise créées en 1954. Les CPCS rassemblent 1,9 million d'habitants, possèdent 1 500 groupes industriels, commerciaux ou de construction, deux universités, un tiers des surfaces cultivées, représentent un quart de la production industrielle, plus de la moitié des exportations. Les bingtuans sont des leaders mondiaux du ketchup[8].

Entre Ürümqi et Tourfan, ainsi qu'à proximité de Yining se trouvent deux grandes concentrations d'éoliennes[8].

Jusqu'en 2015, le gouvernement central a prévu d'investir chaque année au Xinjiang quatre cents milliards de yuans (quarante-cinq milliards d'euros). L'équivalent du PNB annuel de la région, à peu de choses près.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Li Liu and Xingcan Chen 2012, p. 298 situent cette culture, sur la carte qui sert ici de référence, sur une partie de la vallée de l'Ob et à cheval sur la frontière orientale entre les cultures de Seima-Turbino et Andronovo. Toutes ces cultures de l'âge du bronze « aux frontières » nord-est, nord, nord-ouest et au-delà vers l'ouest et le nord-ouest, sont prises dans un même ensemble comme des peuples de la steppe touchés par un phénomène géo-climatique, sur ces zones immenses. Les auteurs développent (p. 300 et suivantes) : un brusque changement du climat est apparu, en devenant instable, aux troisième et second millénaires avant notre ère; par exemple, après la longue période du maximum chaud et humide de l'Holocène, voilà qu'entre 2450-1950 un temps froid et sec s'impose, suivi d'une période plus chaude et humide entre 1950-1500, puis d'un épisode doux mais assez sec entre 1500-900. Les populations ont donc eu à s'adapter à ce nouvel environnement et à changer d'économie en passant de l'agriculture à l'agropastoralisme. L'origine de certaines populations dans la région métallifère de l'Oural explique aussi la dispersion des objets et de la technologie du cuivre (depuis la culture de Yamnaya - Cis-Oural du sud-ouest) puis du bronze (The Urals and Western Siberia, 2014, p. 5, 7, 31, 32, sur d'aussi longues distances.
  2. Voir aussi : Néolithique en Chine : nord-ouest, Altaï.
  3. Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, 2001, p. 137. : Cette exposition évoque une aire culturelle comparée avec le monde des steppes des Scythes de la Sibérie du Sud et du Kazakhstan, l'empire kouchan et le Gandhara, sur la période allant du Ve siècle av. J.-C. au VIe siècle apr. J.-C. L'exposition présente l'étude de textiles antiques (Ve - IIIe av. J.-C.), relevés, entre autres, sur des momies peintes et tatouées. Ces textiles se sont plutôt bien conservés, ont été restaurés avec le plus grand soin, ils sont divers et d'exceptionnelle qualité, parfois d'une grande finesse (100 trames au cm2). L'exposition documente aussi le plus ancien sanctuaire bouddhique (première moitié du IIIe siècle de notre ère) du Xinjiang, en matériaux présumés périssables mais qui ont survécu dans le cadre désertique, avec ses décors peints réalisés à main levée d'un trait rapide et juste. Tandis que les figures des bouddha ont des traits indianisés, le décor et le traitement des vêtements sont le fruit d'un métissage culturel. L'exposition apporte des témoins d'échanges avec le sous-continent indien ancien, la Bactriane et le monde hellénistique, et la Chine ancienne sur la route de la soie. La continuité avec certaines pratiques actuelles au Xinjiang ouïgour est relevée. Les processus de désertification, l'architecture, la vie domestique et la musique ouïghoures (du Turkestan chinois) font l'objet d'articles illustrés (photographies et poèmes) qui situent l'enquête archéologique précisément. Bibliographie.

RéférencesModifier

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  8. a b c d e et f Martine Bulard, « Quand la fièvre montait dans le Far West chinois », Le Monde diplomatique, no 665,‎ , p. 12-13 (lire en ligne)
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  10. Li Liu and Xingcan Chen 2012, p. 337 : traduction du texte des auteurs.
  11. Li Liu and Xingcan Chen 2012, p. 338.
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  15. (en) Clémence Hollard et al., New genetic evidence of affinities and discontinuities between bronze age Siberian populations, onlinelibrary.wiley.com, 14 juin 2018
  16. a b c d e et f (en) Wenjun Wang et al., Ancient Xinjiang mitogenomes reveal intense admixture with high genetic diversity, Science Advances, Vol. 7, no. 14, 31 mars 2021:eabd6690, DOI: 10.1126/sciadv.abd6690
  17. no 118 in Catalogue : La Route de la soie : Un voyage à travers la vie et la mort, Fonds Mercator, Bruxelles, 2009. (ISBN 978-906153-892-9). : Zhao Feng (citation p. 151) : « Tapisserie extrêmement serrée à reflets irisés pour rendre les ombres sur le corps du centaure. »
  18. Fan Jinshi; Photogr. : Zhang Weiwen 2007, p. 101
  19. Corinne Debaine-Francfort (Dir. publ.), Idriss Abduressul. (Dir. publ.) et Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang 2001, p. 156
  20. Article d'Henri-Paul Francfort : Des cousins des Scythes in Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, 2001, p. 156-157
  21. Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, 2001, p. 135
  22. Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, 2001, p. 177
  23. Article de Corinne Debaine-Francfort et Idriss Abduressul : Djoumboulat Koum, une cité fortifiée in : Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, 2001, p. 128
  24. Conférenciers invités Les Quatre Phases de la religion mazdéenne, Albert de Jong, Collège de France 2007-2008.
  25. Article d'Henri-Paul Francfort, Abduressul Idriss et Zhang Yuzhong : Pratiques funéraires in Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, 2001, p. 137-143
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  28. (en) « The undeclared nuclear War in Eastern Turkestan », SOTA - Research Centre for Turkestan and Azerbaijan (consulté le )
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  30. Collectif, Le Livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1998, p. 614
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  49. Xinjiang: le bilan de l’émeute s’alourdit, la région sous tension tempsreel.nouvelobs.com, 28 juin 2013
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Voir aussiModifier

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Bibliographie et autres ressourcesModifier

Histoire et société moderne et contemporaineModifier

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  • Ma Chine. Route de la Soie, Tibet, Hongkong à vélo, de François Picard (2008, éditions Artisans-Voyageurs). Le journaliste cycliste décrypte les problématiques régionales.
  • Daniel Ventre (dir.), Cyberguerre et guerre de l'information. Stratégies, règles, enjeux, Paris, Hermès science publications : Lavoisier, , 319 p., 24 cm (ISBN 978-2-7462-3004-0 et 2-7462-3004-6, lire en ligne), « Émeutes au Xinjiang et guerre de l'information chinoise » : en ligne une présentation par Henri Gautier, sur Terminal : Technologie de l'information, culture et société.
  • Adrian Zenz : (en) « Adrian Zenz : Articles by Adrian Zenz », sur The Jamestown Foundation, 2020 (mise à jour) (consulté le ). : (en) Adrian Zenz, « Coercive Labor in Xinjiang: Labor Transfer and the Mobilization of Ethnic Minorities to Pick Cotton », sur Center for Global Policy, (consulté le ).

À écouter et lire :

Histoire et société ancienne, art ancienModifier

 
Site de la vallée du fleuve Keriya
  •   Gilles Béguin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions, , 415 p., 32 cm (ISBN 978-2-271-06812-5) Le bassin du Tarim fait l'objet d'une partie, une vue d'ensemble actualisée, pages 227-245.
  •   Judy Bonavia (trad. Matthieu Salem), Route de la soie : de Xi'an à Kashgar sur les traces des caravanes, Genève, Guides Olizane, (ISBN 2-88086-281-7) p. 226–231
  •   Mario Bussagli (trad. Isabelle Robinet), La peinture de l'Asie centrale. De l'Afghanistan au Sinkiang, Genève et Paris, Skira et Flammarion, , 135 p. Première édition Skira 1963.
  •   Pierre Cambon, dir., Afghanistan : une histoire millénaire : exposition, Barcelone, Centre culturel de la Fundacion "la Caixa" 2001, musée Guimet, 2002, France, Espagne, Réunion des musées nationaux, , 205 p. (ISBN 2-7118-4413-7) Nombreux articles, entre autres sur Le Kafiristan ou les descendants d'Alexandre, la Bactriane, L'art Kouchan, Hadda, Bamiyan, L'Afghanistan et le Turkestan chinois (Xinjiang).
  •   (fr) et (zh) Corinne Debaine-Francfort (Dir. publ.), Idriss, Abduressul. (Dir. publ.) et Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang, Keriya, mémoires d'un fleuve : Archéologie et civilisation des oasis du désert du Taklamakan, Éditions Findakly, , 245 p. (ISBN 2-86805-094-8)
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  •   Jacques Giès, Sérinde, terre de Bouddha : Exposition. Paris Galeries nationales du Grand Palais. 1995-1996, Paris, Réunion des musées nationaux, , 430 p. (ISBN 2-7118-3068-3)
  •   Photogr. : Reza ; Texte : Jacques Giès, Laure Feugère, André Coutin, Le pinceau de Bouddha, Paris, La Martinière, , 167 p. (ISBN 2-7324-2741-1) Peintures (Ve – VIIe siècles) du royaume de Kucha. Grottes de Kizil, au cœur de la Serinde sur la route de la soie. Présentation d'ensemble et étude de la pratique picturale.
  •   Louis Hambis, Monique Maillard, Krishna Riboud, Simone Gaulier, Robert Jera-Bezard et Laure Feugère, L'Asie centrale, histoire et civilisation, Paris, Imprimerie nationale, , 271 p., 33 cm, avec ill. et cartes dépl. en coul.
  •   (en) Ludmila Koryakova et Andrej Vladimirovich Epimakhov, The Urals and Western Siberia in the Bronze and Iron ages, Royaume-Uni, États-Unis, Australie, Cambridge University Press,, , 383 p. (ISBN 978-0-521-82928-1 et 0-521-82928-3) : Relié. (ISBN 978-0-521-82928-1) Relié; (ISBN 978-1-107-65329-0), 2014. Collé, noir et blanc.
  •   Loubes, Jean-Paul et Cartier, Michel, Architecture et urbanisme de Turfan : une oasis du Turkestan chinois, Paris, l'Harmattan, , 433 p. (ISBN 2-7384-6452-1)
  •  (en) Liu, Li and Chen, Xingcan, The Archaeology of China : From the Late Paleolithic to the Early Bronze Age, Cambridge et New York, Cambridge University Press, , 310 p. (ISBN 978-0-521-81184-2) 24 cm, noir et blanc.
  • Christophe Migeon, « Taklamakan : Des villes sous le sable (et) La course au trésor du Taklamakan », Les cahiers de Science et Vie, no 148,‎ , p. 39-49 (ISSN 1157-4887)
  • (en) Shinmen, Yasushi (dir.), Sawada, Minoru (dir.) et Waite, Edmund (dir.), Muslim saints and mausoleums in central Asia and Xinjiang, Paris, J. Maisonneuve, , 242 p., 24 cm (ISBN 978-2-7200-1187-0)
  •   (zh) 余太山 (zh), 西域通史 (Une histoire complète des régions occidentales), 郑州, 中州古籍出版社,‎ (ISBN 7-5348-1266-6, OCLC 52857775)
  • (zh) 莊祐維, 清代乾嘉時期新疆驛傳制度,‎ (DOI 10.6814/THE.NCCU.Hist.002.2019.A04, lire en ligne) (Le système de livraison postal du Xinjiang pendant les périodes Qianlong et Jiaqing de la dynastie Qing)
  •   Pamela Kyle Crossley, « Pluralité impériale et identités subjectives dans la Chine des Qing », Annales. Histoire, Sciences Sociales, no 3,‎ , p. 597-621 (lire en ligne)

FilmographieModifier

  • Leçon de propagande chinoise en zone interdite, documentaire diffusé le 14 octobre 2014 sur France 5. Présentation visible sur [2] publicsénat, d'autres présentations possibles.

Articles connexesModifier

  • Xinjiang contemporain.
  1. Camps d'internement du Xinjiang
  2. Corps de production et de construction du Xinjiang
  3. Mouvement d'indépendance du Turkestan oriental
  4. Génocide culturel des Ouïghours
  • Histoire du Xinjiang.
  1. Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang
  2. Xuanzang
  3. Route de la soie
  4. Tianshanbeilu (site de l'âge du bronze) (vers 2000-1550 AEC)
  • Atlas du Xinjiang.
  1. Makan Map

Liens externesModifier