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Carte archéologique simplifiée des cultures de l'âge du bronze final (vers - 1 200)

L'Âge du bronze en Europe succède au Néolithique au début du IIIe millénaire av. J.-C. en mer Égée, et à la fin de ce même millénaire en Europe de l'Ouest. Il englobe en Europe la totalité du IIe millénaire av. J.-C. (culture d'Unétice, culture des champs d'urnes, culture des tumulus, culture des terramares, culture lusacienne), et s'achève vers 800 av. J.-C. quand commence l'Âge du fer.

Cône en or d'Aventon (1 500 - 1 250 av. J.-C.)

GrèceModifier

L'Âge du bronze commence en Grèce avec la culture des Cyclades, vers le milieu du IIIe millénaire av. J.-C.. La métallurgie du bronze se diffuse ensuite en Grèce continentale.

À partir du milieu du IIe millénaire av. J.-C., quelques cités commencent à établir un réseau commercial sur de longues distances. Ce réseau transporte de l'étain et du charbon de bois vers Chypre, où le cuivre est extrait et allié à l'étain pour produire du bronze. Les objets en bronze fabriqués à Chypre sont ensuite exportés dans toute la Méditerranée.

Une analyse isotopique de l'étain sur quelques objets en bronze de la Méditerranée datés de cette époque indique qu'il peut provenir d'aussi loin que la Grande-Bretagne. Les connaissances en matière de navigation se sont bien développées à l'époque.

 
Lingot en cuivre de l'âge du bronze trouvé en Crète

CrèteModifier

La civilisation minoenne, en Crète, dont la capitale était Cnossos, développe la métallurgie du bronze au IIIe millénaire av. J.-C.. Elle participe au commerce du bronze à partir du IIe millénaire av. J.-C..

 
Épées d'Apa (Roumanie), XVIIe siècle av. J.-C.

Europe orientaleModifier

Europe centraleModifier

 
Le disque de Nebra (vers 1 600 av. J.-C.)

La métallurgie du bronze s'est diffusée en Europe centrale depuis les Balkans. La culture d'Unétice (XVIIIe siècle av. J.-C. - XVIe siècle av. J.-C.) se développe de la Bohême et la Silésie à l'Allemagne centrale[1]. Des échanges sont attestés à travers toute l'Europe centrale, avec l'exploitation des mines de cuivre de Slovaquie, d'étain de Bohême, d'or de Transylvanie, et l'exportation de haches, poignards, bijoux. Exploitant les gisements d'étain des monts Métallifères, les porteurs de la culture d'Unétice ont largement exporté leurs productions dans les régions voisines, où elles ont parfois été imitées[1]. Le célèbre disque de Nebra, le plus fameux vestige du bronze ancien d'Europe centrale, se rattache à cette culture d'Unétice, quoiqu'il n'ait été dégagé que dans des couches de terrain datées du Bronze moyen[2].

De très riches sépultures, comme celle de Leubingen (faisant partie aujourd'hui de Sömmerda) avec des décorations tombales d'orfèvrerie, indiquent une augmentation de la stratification sociale. Les cimetières de cette période sont rares et de petite dimension.

La culture d'Unétice comprend de nombreux groupes tels que ceux de Straubing, d'Adlerberg et d'Hatvan. Les sites les plus importants dans cette partie de l'Europe se trouvent dans les Préalpes bavaroises avec le groupe de Straubing[3] et autour du lac de Constance et de la haute vallée du Rhin, avec le groupe de Singen[4]. Plus à l'aval de ce fleuve, on rencontre la culture d'Adlerberg[5], qui comme le groupe du Neckar (dans le bassin du Moyen-Neckar[6]) n'est pour l'instant connue que par un nombre de vestiges très restreint.

À l'est, et particulièrement le long du Danube, se succèdent plusieurs sites : Unterwölbling (Basse-Autriche), Nitra (Slovaquie), Kisapostag (Hongrie occidentale) et Nagyrév (Hongrie centrale), que l'archéologue suisse Emil Vogt (de) a regroupés sous le terme de Blechkreis, et à laquelle il rattache d'ailleurs la culture de Straubing et le groupe de Singen. Ce terme allemand renvoie à une façon particulière de travailler le métal, qui consiste à marteler une tôle (Blech) primitive[7]. Les vestiges de cette culture, des bijoux en bronze retirés des tombes, se distinguent nettement des objets massifs plaqués de bronze de la culture d'Unétice.

Sur les affluents du Criş, dans l'Est de la Hongrie, l'âge du bronze ancien comprend la culture de Mako, suivie par la culture d'Otomani et la culture de Gyulavarsand.

La culture d'Unétice est suivie par la culture des tumulus de l'âge du bronze moyen (XVIe siècle av. J.-C. - XIIe siècle av. J.-C.) qui se caractérise par des inhumations en tumulus.

La culture des champs d'urnes (âge du bronze final, 1300 av. J.-C. - 800 av. J.-C.) se caractérise par la crémation des morts. Elle inclut la culture lusacienne en Allemagne de l'Est et en Pologne (1300 av. J.-C. - 500 av. J.-C.) qui se prolonge à l'âge du fer.

La culture de Hallstatt commence à l'Âge du bronze (1 200 - 800 av. J.-C.) et s'achève à l'Âge du fer (800 - 450 av. J.-C.).

Les sites importants comprennent :

 
Rasoir en bronze retrouvé à Chelin (Suisse)

Europe de l'OuestModifier

L'Europe de l'Ouest, profondément imprégnée par la tradition néolithique, resta, à l'exception des Cornouailles, longtemps à l'écart de la métallurgie du bronze : cela vaut pour les Pays-Bas, la Belgique et la plus grande partie du territoire français. Sur la façade atlantique, par exemple, la principale production métallurgique jusqu'à celle du bronze est celle de l'or et de l'argent. Dans ces régions, et jusqu'au milieu du Bronze moyen (1 500 av. J.-C.), on ne rencontre que des vestiges caractéristiques de la culture campaniforme, dont la culture d'Hilversum est issue : de la couche Bz A1 (-2 200 à -2 000) jusqu'au Bronze moyen, les vestiges sont encore typiques de la céramique cordée[8],[9].

 
Lurs. Trompettes de l'Âge du Bronze. IXe – VIIIe siècle av. J.-C.[a]. Bronze. Taille moyenne des pavillons : 25 à 30 cm. Allemagne

Les cultures de Bonnanaro et de Polada (vers 1 800–1 500 av. J.-C.), plus au sud, marquent la transition entre le campaniforme et le bronze ancien. Ces cultures d’influence unéticiennes supplantent entre -1 900 et -1 200 la culture de Remedello. Elles contrôlent le commerce de l’Adriatique vers les cols alpins.

Europe du NordModifier

Au nord de l’Elbe (plaine d'Allemagne du Nord et toute la Scandinavie), diverses strates du Néolithique ont persisté au moins jusque vers 1 500 av. J.-C. De même, en Rhénanie du Nord et en Frise, le travail des métaux ne fait son apparition qu'avec les sépultures du groupe de Sögel-Wohlde, qui coïncident avec les débuts du Bronze moyen en Europe centrale. Vers cette même époque, le littoral baltique voit naitre une culture autonome, l’Âge du bronze danois. En Europe du Nord, les habitants de l'âge du bronze fabriquaient de nombreux objets, tels que des paires de lurs découverts au Danemark et en Allemagne[10].

Cet âge se subdivise en six périodes (de I à VI), d'après Oscar Montelius. La période V appartient déjà à l'Âge du fer en d'autres régions.

Grande-BretagneModifier

Article détaillé : Âge du bronze britannique.
 
L’entrée des mines de Great Orme, sur le littoral nord du Pays de Galles.

En Grande-Bretagne, l'âge du bronze s'étend d'environ 2 100 à 700 av. J.-C.. La riche culture du Wessex se développe pendant cette période dans le sud de la Grande-Bretagne. Elle résulte de la fusion d’importants groupes campaniformes qui découvrent puis exploitent systématiquement les gisements locaux de cuivre et d’étain[11]. Le cuivre était extrait de sites comme les mines du Great Orme, au nord du Pays de Galles. Les Cornouailles furent une source majeure d'étain pour une grande partie de l'Europe et du bassin méditerranéen. La richesse proverbiale de ces gisements fera de ces pays, pour les marchands du monde méditerranéen, les Îles Cassitérides[12] (du grec Κασσίτερος = « étain »).

Des peuples du continent s'installèrent dans les Iles Britanniques à cette époque. Des études récentes sur l'émail dentaire des squelettes des tombes de l'âge du bronze, près de Stonehenge, indiquent qu'au moins une partie des immigrants venaient de la région correspondant à la Suisse actuelle. Les populations campaniformes montrent des comportements différents des peuples du Néolithique et les changements culturels furent importants. De nombreux sites à henges antérieurs furent adoptés par les nouveaux arrivants. De grandes exploitations de bétail se développèrent dans les plaines. Celles-ci semblent avoir contribué à une déforestation croissante. La culture de Deverel-Rimbury commença à émerger dans la seconde moitié de l'âge du bronze moyen (vers 1 400 - 1 100 av. J.-C.).

Les groupes sociaux semblent avoir eu une organisation tribale avec, cependant, une complexité croissante et l'apparition de hiérarchies. L'enterrement des morts, qui jusqu'à cette période était généralement communautaire, devint plus individuel. Par exemple, alors qu'au Néolithique on utilisait des tombeaux à l'intérieur des cairns ou des long barrows pour y loger les morts, l'âge du bronze ancien vit apparaître l'enterrement en barrows individuels (également et communément connus et signalés sur les cartes modernes de l'Ordnance Survey comme tumulus), ou parfois en cistes recouverts de cairns. Le gorgerin de Mold, dans le nord du Pays de Galles, était déposé dans un tel ciste.

C'est dans l’East Cambridgeshire que la plus grande quantité d'objet en bronze d’Angleterre fut trouvée, notamment à Isleham où plus de 6 500 pièces furent découvertes[13].

Article détaillé : Bateaux de Ferriby.

IrlandeModifier

L'âge du bronze en Irlande débuta aux environs de 2 000 av. J.-C., quand on allia le cuivre à l'étain pour l'utiliser dans la fabrication de haches plates à Ballybeg, et dans la métallurgie associée. La période précédente est connue sous le nom d'Âge du cuivre et se caractérise par la production de haches plates, de dagues, de hallebardes et de perçoirs en cuivre.

La période se divise en trois phases : le Bronze ancien (2000 av. J.-C. - 1500 av. J.-C.), le Bronze moyen (1500 av. J.-C. - 1200 av. J.-C.), le Bronze final (1200 av. J.-C. - 500 av. J.-C.).

L'Irlande est également connue pour avoir un nombre relativement important de sépultures du Bronze ancien[14],[15].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Copies d’un exemplaire de Garlstedt (Basse-Saxe). Les originaux de Daberkow (Mecklembourg) ayant été pris comme butin de guerre par la Russie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les visiteurs peuvent entendre, dans le Neues Museum, le volume sonore immense de cet instrument. Ces instruments (plus nombreux en Scandinavie) étaient utilisés par paires lors de rituels et parfois détruits rituellement dans des tourbières, à la fin de leur vie. Ils témoignent de l'excellence, en Europe du Centre et du Nord dès cette époque, des techniques de métallurgie d'exception.

RéférencesModifier

  1. a et b Jacques Briard, L'âge du Bronze en Europe. Économie et société, 2000-800 avant J.-C., Paris, Errance, , chap. II (« Unétice, tumulus et Danube »), p. 23-50.
  2. (de) Harald Meller (de), « Die Himmelsscheibe von Nebra. Fundgeschichte und archäologische Bewertung », Sterne und Weltraum, no 12,‎ , p. 28–33.
  3. (de) Birgit Lißner, « Zu den frühbronzezeitlichen Gruppen in Süddeutschland - 2 », Leipziger online-Beiträge zur Ur- und Frühgeschichtlichen Archäologie, Universität Leipzip, no 13,‎ (lire en ligne [PDF], consulté le 3 mars 2013).
  4. (de) Margarete Gallay, « Die Besiedelung der südlichen Oberrheinebene in Neolithikum und Frühbronzezeit », Badische Fundberichte Sonderheft, Fribourg, no 12,‎ .
  5. (de) Paul Reinecke, « Grabfunde der frühen Bronzezeit aus Rheinhessen », Korrespondenzblatt der westdeutschen Zeitschrift für Geschichte und Kunst, no 19,‎ , p. 205–208.
  6. (de) Rüdiger Krause (de), « Ein neues Gräberfeld der älteren Frühbronzezeit von Remseck-Aldingen, Kreis Ludwigsburg », Archäologische Ausgrabungen in Baden-Württemberg,‎ 1988, 1989, p. 156-160.
  7. (de) Emil Vogt (de), Die Gliederung der schweizerischen Frühbronzezeit, Frauenfeld, Verlag Huber, .
  8. (de) Stephanie Hoffmann, Die Entstehung und Entwicklung der Mittleren Bronzezeit im Westlichen Mittelgebirgsraum, Bonn, (lire en ligne).
  9. (nl) Liesbeth Theunissen, Midden-bronstijdsamenlevingen in het zuiden van de Lage Landen [« Vestiges du bronze moyen au sud du site de Landen »], Leyde, 20001999.
  10. Anne Lehoërff 2016, p. 360. Et pour ce qui est du savoir faire des métallurgistes entre IXe et VIIe siècle, p. 387 et p. 419 : « Des échanges intenses et multiformes ».
  11. (en) Stuart Piggott, « The Early Bronze Age in Wessex », Proc. Prehist. Soc., no 4,‎ , p. 52-106.
  12. Strabon, Géographie (lire en ligne), chap. 5 (« Les îles de l'Ibérie »).
  13. (en) David Hall et John Coles, Fenland survey : an essay in landscape and persistence, London, English Heritage, , 1re éd., poche (ISBN 978-1-85074-477-1), p. 81-88
  14. Waddell, J. 1998. The Prehistoric Archaeology of Ireland. Galway.
  15. Eogan, G. 1983. The Hoards of the Irish Later Bronze Age. Dublin

BibliographieModifier

  • Anne Lehoërff, Préhistoires d'Europe : de Néandertal à Vercingétorix : 40 000-52 avant notre ère, Belin, , 604 p. (ISBN 978-2-7011-5983-6), chap. 9 (« Repenser les équilibres »)

Voir aussiModifier