Ouvrir le menu principal

Extinction Rebellion

mouvement social international
Extinction Rebellion
Description de cette image, également commentée ci-après
Affiche d'Extinction Rebellion.
Informations
Date Depuis
Localisation Internationale
Caractéristiques
Revendications Atténuation du changement climatique
Conservation de la nature
Protection de l'environnement
Types de manifestations Désobéissance civile

Extinction Rebellion à Londres le .

Extinction Rebellion, abrégé en XR, est un mouvement social international qui vise à susciter un changement radical, par le biais d'actions directes et d'une résistance non violente, afin de limiter le réchauffement climatique et de minimiser le risque d'extinction de l'humanité et d'effondrement écologique[1].

Le mouvement débute au Royaume-Uni en avec la publication d'un appel à l'action signé par une centaine d'universitaires[2] suivi d'un lancement officiel le dernier jour du mois par plusieurs militants de Rising Up![3]. Durant le mois suivant, plusieurs actions de désobéissance civile sont recensées dans la capitale, Londres[4].

Depuis l'appel d'Extinction Rebellion UK, des mouvements se sont formés aux USA, en Italie, en Allemagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France[5]. D'autres branches sont en cours de formation (Espagne, Belgique, Portugal, Brésil, Colombie, Suède, Inde, Canada, etc.).

Sommaire

ContexteModifier

Citant l'inspiration de mouvements populaires tels que Occupy London (en), le mouvement indépendantiste de Gandhi, les suffragettes ou le mouvement afro-américain des droits civiques, Extinction Rebellion entend rassembler un soutien mondial autour d'un sentiment d'urgence commun[4],[6].

Le mouvement est lancé officiellement en octobre 2018, peu après les premières grandes grèves scolaires pour le climat en Australie. En octobre et décembre 2018, des scientifiques britanniques publient deux lettres ouvertes dans The Guardian pour confirmer l'urgence d'agir et pour soutenir publiquement Extinction Rebellion. Le 20 février 2019, 260 chercheurs suisses, français et belges publient à leur tour une lettre ouverte où ils soutiennent les grèves scolaires pour le climat et écrivent : « Nous comprenons un mouvement de désobéissance civile comme Extinction Rebellion, dont la radicalité relève du réflexe de survie »[7].

Fonctionnement interneModifier

Il n'y a pas de hiérarchie au sein d'Extinction Rebellion. Le mouvement tient une organisation holacratique. Il est aussi décentralisé, les groupes régionaux et locaux sont libres d'agir de manière autonome.

Revendications de XR FranceModifier

En janvier 2019, le mouvement français a établi les quatre revendications suivantes :

  1. La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet. Le gouvernement, les élus et les entreprises doivent reconnaître les menaces inédites pesant aujourd’hui sur l’ensemble de la biosphère, humains compris. Ils doivent assumer ouvertement leur part de responsabilité dans la destruction des écosystèmes, le changement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, et reconnaître l’incompatibilité profonde entre le mode de développement économique actuel basé sur la croissance et la recherche du profit, et les limites de notre planète. Ils doivent admettre les liens entre crise écologique et crise sociale et renoncer à toute loi ou décision n’allant pas dans le sens de la résolution de cette situation mortifère et injuste. La population doit être informée des risques, des changements à mettre en œuvre, et de leurs contreparties sociales et économiques. Nous demandons aux médias de mener un travail de fond sur les raisons de l’insoutenabilité de nos sociétés, de dire la vérité sur la gravité de la situation et sur la profondeur des changements qu’il va falloir opérer si l’on veut y faire face.
  2. La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée. Les « bonnes intentions », les « accords non-contraignants » et les « feuilles de route » ne changeront rien à la situation. Nous entendons obliger le gouvernement à atteindre le zéro émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2025. Notre survie et celle des autres espèces ne doivent pas dépendre d’hypothétiques et lointaines solutions technologiques. Renoncer de nous-mêmes au modèle de croissance économique actuel et à la consommation de masse avant que nous y soyons forcés par les limites planétaires est la seule option viable. Nous devons donc amorcer immédiatement une descente énergétique et l’abandon des combustibles fossiles. Cette politique devra être portée au niveau international par des accords contraignants afin d’engager un effort global à la mesure des enjeux.
  3. L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant. L’extermination en cours de la vie sur Terre est d’une ampleur comparable aux grandes extinctions géologiques. La destruction des écosystèmes et des espèces animales et végétales par la surexploitation et la pollution sont une conséquence directe du développement de nos sociétés modernes. Les mesures compensatoires n’enrayent aucunement l’extermination massive en cours. La biodiversité doit être reconnue et respectée pour sa valeur intrinsèque et pas uniquement pour les “services” qu’elle nous rend. Nous nous battons pour que nos sociétés reconnaissent avec humilité leur place au sein de la biosphère et engagent une démarche de restauration écologique à la mesure des dégâts causés.
  4. La création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable. Ces demandes nécessitent une mobilisation civile et solidaire d’une ampleur et d’une visée comparables à celles déployées en temps de guerre. Les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années, aveuglés par une logique de croissance et de court terme, ont montré leur incapacité à s’occuper sérieusement de ces questions. Nous voulons donc que le pouvoir soit rendu aux citoyens. Au niveau local et régional, une démocratie plus vigoureuse et inclusive doit être mise en place. Au niveau national, nous demandons la création d’une assemblée citoyenne souveraine et adaptée à ce changement de société. Celle-ci sera garante du partage équitable de l’effort à accomplir et de la solidarité avec les personnes les plus vulnérables.

ChronologieModifier

  • 2016, Royaume-Uni : Création de la campagne « Extinction Rebellion » (XR) par RisingUp!.
  • 2018, Royaume-Uni : Lancement public d'Extinction Rebellion.
  • 31 octobre 2018 : Déclaration d'Extinction Rebellion à Londres sur le Parlement Square (un millier de participant, dont Greta Thunberg, une journaliste de la BBC et une députée du parti écologique anglais).
  • 17 novembre 2018 : blocage des 5 principaux ponts de Londres (plusieurs milliers de participants) ; c'est le « plus grand mouvement de désobéissance civile depuis des décennies » selon le The Guardian (du 17 novembre 2018).
  • Novembre 2018 : création d'un chapitre en France à la suite de l'appel d'Extinction Rebellion UK pour la diffusion du mouvement à l'international. A la mi-janvier 2019, XR France compte plus de 900 membres.
  • 24 mars 2019 : « déclaration de rébellion [8]», place de la Bourse à Paris. Cet événement marquera le début des actions de désobéissance civile en France.
  • 15-21 avril 2019 : « semaine internationale de la rébellion » en préparation.

Logo et nomModifier

  • Le mouvement a adopté le symbole de l'extinction de masse en cours[9]. Il représente un sablier au milieu de la Terre indiquant que le temps est compté pour de nombreuses espèces (selon les Nations unies, une espèce disparaît toutes les 8 minutes). Il forme aussi le X de XR.
  • Le vert pour le combat écologique et le noir pour la gravité (couleur du deuil : les espèces qui disparaissent chaque jour).

Notes et référencesModifier

  1. (en) Matthew Taylor, « 'We have a duty to act': hundreds ready to go to jail over climate crisis », sur The Guardian, (consulté le 17 novembre 2018).
  2. (en) Alison Green et Molly Scott Cato, « Facts about our ecological crisis are incontrovertible. We must take action », sur The Guardian, (consulté le 17 novembre 2018).
  3. (en) « Extinction Rebellion campaigners arrested in London », sur Green World, (consulté le 24 novembre 2018).
  4. a et b (en) Matthew Taylor and Damien Gayle, « Thousands gather to block London bridges in climate rebellion », sur The Guardian, (consulté le 17 novembre 2018).
  5. https://www.theguardian.com/world/video/2018/nov/22/we-cant-get-arrested-quick-enough-life-inside-extinction-rebellion-video?CMP=share_btn_tw : Un grand nombre de ses militants se disent prêts à être arrêtés ou à aller en prison (en) Bruno Rinvolucri et Katie Lamborn, « 'We can't get arrested quick enough': life inside Extinction Rebellion », sur The Guardian, (consulté le 22 novembre 2018).
  6. (en) Chloe Farand, « Extinction Rebellion eyes global campaign », sur The Ecologist, (consulté le 23 novembre 2018).
  7. 260 chercheurs suisses, français et belges, « Appel de chercheurs à la grève climatique mondiale du 15 mars », Le temps,‎ (lire en ligne, consulté le 20 février 2019).
  8. « 24 mars: Rassemblement « rébellion contre l'anéantissement du vivant » - climat, extinction, pollution / Paris 2e », sur paris.demosphere.net (consulté le 11 mars 2019)
  9. http://extinctionsymbol.info/

Voir aussiModifier