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Atténuation du changement climatique

À ne pas confondre avec l'adaptation au changement climatique qui vise à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains aux effets du réchauffement climatique

L'atténuation (ou mitigation) du changement climatique (ou du réchauffement climatique), désigne les actions contre le réchauffement mondial d'origine humaine visant à en atténuer l'ampleur en réduisant les émissions de gaz à effet de serre ou en séquestrant le dioxyde de carbone de l'atmosphère.

Sommaire

DéfinitionModifier

L'ADEME donne la définition suivante : « on dit qu’une activité contribue à l’atténuation du changement climatique si elle contribue à la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ». Il s’agit d’activités permettant soit de réduire ou limiter les émissions de gaz à effet de serre, soit de protéger et accroître les puits et réservoirs de GES, tels que les forêts et les sols[1].

Le dioxyde de carbone (CO2) et les autres gaz à effet de serre s'accumulent dans l'atmosphère, entrainant le réchauffement climatique, dont les nombreux effets représentent pour la plupart des menaces majeures. La réduction des émissions de gaz à effet de serre ou leur stockage dans des puits de carbone naturels ou artificiels (séquestration du dioxyde de carbone) est donc un objectif vital pour l'humanité.

Principales activités humaines émettrices de gaz à effet de serreModifier

Les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial en 2015 provenaient pour 81,2 % du dioxyde de carbone, 10,6 % du méthane, 5,5 % du protoxyde d'azote et 2,7 % des autres GES[2].

Les émissions liées à l'énergie représentent les deux tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 80 % de celles de CO2 ; la réduction des émissions doit donc viser prioritairement le secteur de l'énergie[3].

Les émissions de CO2 liées à l'énergie étaient estimées à 32,3 Gt (milliards de tonnes) en 2015, provenant de l'industrie manufacturière et de la construction pour 37 %, des transports pour 25 % (dont 18 % pour le transport routier), du secteur résidentiel pour 17 %, des autres secteurs (tertiaires, administrations, agriculture, etc) pour 15 % et de l'industrie de l'énergie (hors électricité et chaleur) pour 7 %[4].

Les émissions de CO2 non liées à l'énergie proviennent surtout de l'industrie du ciment et de la chimie (solvants, etc).

Les émissions de méthane ont été estimées en 2016 à 558 Mt/an, dont 60 % proviennent de l’activité humaine et 40 % de sources naturelles ; 515 Mt/an sont transformées par des réactions chimiques dans l’atmosphère et 33 Mt/an sont absorbées par les sols ; tous les ans donc, 10 Mt/an viennent s’ajouter au stock déjà présent dans l’atmosphère ; le méthane a un pouvoir de réchauffement 28 fois supérieur à celui du CO2[5]. Une évaluation plus ancienne (2006) détaille la contribution des diverses activités humaines à ces émissions : production d’énergies fossiles (extraction, distribution et utilisation) : 33 % ; élevage : 27 % ; décharges et déchets : 16 % ; combustion de la biomasse : 11 % ; riziculture : 9 % ; biocarburants : 4 %[6].

Les émissions de protoxyde d'azote (N2O) proviennent surtout de l'agriculture : utilisation d'engrais azotés minéraux et gestion des déjections animales ; d'autres sources concernent certains procédés industriels et des équipements de combustion, dont les moteurs automobiles (pots catalytiques)[7].

Axes majeurs de l'atténuationModifier

Les émissions de CO2 liées à l'énergie étant la principale source anthropique d'émissions de gaz à effet de serre, la décarbonation des consommations d'énergie est l'axe prioritaire de l'atténuation : elle consiste à remplacer systématiquement les énergies fossiles par des énergies renouvelables (biomasse, hydroélectricité, énergie solaire, énergie éolienne, etc) et l'énergie nucléaire, non seulement pour la production d'électricité, mais aussi et surtout dans les transports, le chauffage des locaux et l'industrie. En effet, l'électricité représente seulement 18,5 % de la consommation finale d'énergie au niveau mondial en 2015[8].

Tout aussi prioritaire est la recherche de l'efficacité énergétique, en particulier pour les consommations d'énergie faisant appel majoritairement aux combustibles fossiles. Par exemple : l’habitat passif désigne les bâtiments dont la consommation énergétique est très basse, voire nulle ou négative ; le développement des transports publics améliore l'efficacité énergétique des transports.

L'agriculture, en particulier l'élevage, est une source majeure d'émissions de méthane et de CO2 ; l'élimination de la viande de bœuf dans l'alimentation humaine contribuerait fortement à l'atténuation du réchauffement climatique, d'autant plus que l'élevage industriel consomme massivement les céréales.

La préservation des puits de carbone est essentielle, en particulier les forêts tropicales humides, les forêts boréales, les landes et les tourbières. Des expérimentation de création de puits de carbone artificiels par séquestration du dioxyde de carbone sont menées depuis des décennies sans avoir atteint leur seuil de rentabilité.

Une note publiée en 2015 par la Banque mondiale synthétise les choix stratégiques nécessaires, à partir des travaux du GIEC, en soulignant que pour atteindre l'objectif de limitation du réchauffement climatique au-dessous de 2 °C, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro avant 2100. Les trajectoires techniquement réalisable pour atteindre la neutralité carbone reposent sur quatre piliers[9] :

  1. ramener l'intensité carbone de la production mondiale d'électricité à un niveau proche de zéro dès 2050, en particulier dans les pays à hauts revenus et dans les pays émergents, en remplaçant les énergies fossiles par les énergies renouvelables et le nucléaire ou en neutralisant leurs émissions par la capture et séquestration du CO2 (CCS) ; la biomasse couplée avec la CCS permet même d'obtenir des émissions nettes négatives ;
  2. basculer des énergies fossiles vers l'électricité à bas carbone pour réduire massivement les émissions dans les secteurs à forte intensité énergétique : transports, bâtiments, industrie ; les véhicules électriques ou hybrides rechargeables, les pompes à chaleur, les fours et chaudières électriques ont une efficacité énergétique bien supérieure à leur homologues à énergies fossiles et sont un moyen efficace pour abaisser rapidement les émissions ;
  3. améliorer l'efficacité énergétique permet de réduire les émissions, faciliter le basculement vers l'électricité et réduire les coûts énergétiques, y compris dans l'agriculture (réduction des déchets par leur utilisation énergétique, utilisation du bois dans le bâtiment, etc) et l'alimentation (basculement vers des produits à bas carbone, libération de terres) ;
  4. mieux gérer les sols : les secteurs agricole et forestier devraient atteindre la neutralité carbone dès 2030, en développant les puits de carbone par la reforestation et en évoluant vers des pratiques moins émissives.

Les auteurs mettent en garde contre les choix fondés seulement sur les coûts et sur les bénéfices à court terme, qui peuvent mener à des impasses coûteuses à long terme ; par exemple, l'expansion urbaine à faible densité non planifiée, la destruction de forêts ou le choix de remplacer le charbon par le gaz plutôt que par les énergies renouvelables.

Enfin, les émissions de gaz à effet de serre dépendant directement du nombre d'individus émetteurs, la limitation des naissances est l'un des moyens les plus efficaces pour atténuer le réchauffement climatique. Dans le manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays, publié par Le Monde le 13 novembre 2017 et dans la revue « BioScience », pour mettre en garde l'humanité contre les risques environnementaux liés à son comportement, la surpopulation est citée comme un des principaux dangers : « les scientifiques signataires de la précédente déclaration de 1992 plaidaient pour une stabilisation de la population humaine, et expliquaient que le vaste nombre d’êtres humains – grossi de 2 milliards de personnes supplémentaires depuis 1992, soit une augmentation de 35 % – exerce sur la Terre des pressions susceptibles de réduire à néant les efforts déployés par ailleurs pour lui assurer un avenir durable » ; « nous mettons en péril notre avenir en refusant (...) de prendre conscience que la croissance démographique rapide et continue est l’un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétales ». Le manifeste cite, parmi les « mesures efficaces et diversifiées que l’humanité pourrait prendre pour opérer sa transition vers la durabilité » : « réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à l’éducation et à des services de planning familial, particulièrement dans les régions où ces services manquent encore »[10].

Actions des ÉtatsModifier

La convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques est signée en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Elle entre en vigueur le . Les signataires de cette convention se fixent comme objectif de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à « un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du climat »[11].

En 1997, les signataires de la convention cadre adoptent le protocole de Kyoto, dont la nouveauté consiste à établir des engagements de réduction contraignants pour les pays dits de l'annexe B (pays industrialisés et en transition) et à mettre en place des mécanismes dit « de flexibilité » (marché de permis, mise en œuvre conjointe et mécanisme de développement propre) pour remplir cet engagement[12].

Les États signataires ont adopté de nombreuses mesures d'application de ces accords ; ainsi, l'Union européenne a adopté en décembre 2008 un plan d'action : le paquet climat-énergie, révisé en octobre 2014, avec pour objectif de permettre la réalisation d'ici à 2020 de l'objectif « 20-20-20 » : faire passer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen à 20 % ; réduire les émissions de CO2 des pays de l'Union de 20 % ; accroître l'efficacité énergétique de 20 %.

Les États-Unis ont adopté de nombreuses réglementations en faveur de l'efficacité énergétique, en particulier pour la réduction des consommations des automobiles ; ils ont promu les agrocarburants, dont ils sont en 2016 les premiers producteurs avec 43,5 % de la production mondiale[13]. Le 5 août 2007, les députés américains votent une loi contraignant les fournisseurs d'électricité à tirer 15 % de leur production des énergies éolienne et solaire avant 2020[14]. Le Congrès américain a voté le 18 décembre 2015 la prolongation des crédits d’impôt en faveur du solaire et de l’éolien pour cinq ans[15]. Le président Obama annonce en 2015 le Clean Power Plan, qui imposait pour la première fois des normes d'émissions de CO2 aux centrales électriques, avec l'objectif de réduire de 32 % d'ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre provenant des centrales au charbon (par rapport à 2005), dont l'économie américaine dépend encore à près de 40 % pour sa production d'électricité, et de porter la part des énergies renouvelables à 28 % d'ici à 2030 contre 13 % en 2014[16],[17], mais les opposants ont multiplié les procès, obtenant que la Cour Suprême suspende l'application du texte, que Donald Trump a finalement révoqué.

La Chine s'est rapidement placée en tête dans la plupart des domaines de la décarbonation : en août 2017, la Chine exploite 37 réacteurs nucléaires, totalisant 32,4 GW de puissance installée, et compte 20 réacteurs nucléaires en construction totalisant 20,9 GW[18], ce qui la place au 4e rang en nombre de réacteurs en service et en capacité de production, et au 1er rang en nombre et capacité des réacteurs en construction[19] ; elle est très largement en tête des pays producteurs de chaleur d’origine solaire : fin 2015, la puissance installée cumulée des capteurs solaires thermiques en Chine atteignait 71 % du total mondial[20] ; sa production hydroélectrique a atteint 1 194,5 TWh en 2017, au 1er rang mondial avec 28,5 % de la production mondiale[21] ; elle est depuis 2010 au 1er rang mondial pour sa puissance installée éolienne, qui a atteint 188 232 MW fin 2017, soit 35 % du total mondial, alors que la population chinoise représente 19,3 % du total mondial[22] ; sa puissance installée solaire photovoltaïque atteint 131 GWc en 2017, au 1er rang mondial avec 32 % du total mondial ; en 2017, la Chine a installé 53 GWc, soit environ 54 % du marché mondial de l'année[23] ; elle est aussi le premier marché mondial de véhicules électriques et hybrides rechargeables depuis 2015 ; les ventes ont bondi de 53 % en 2016, à plus de 500 000 unités, et en 2017, selon l'association chinoise des constructeurs automobiles, les ventes augmentent de nouveau de 53 % pour atteindre 777 000 unités[24].

L'accord de Paris sur le climat, approuvé par l'ensemble des 195 délégations le et entré en vigueur le , est le premier accord universel sur le climat. La démarche adoptée pour cet accord est fortement empreinte de pragmatisme à l'anglo-saxonne, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une déclaration d'intention, sans aucune mesure coercitive : pas d'amende ni mesure de rétorsion ; le protocole de Kyoto en prévoyait mais cela n’a jamais rien donné. Pour être efficace, l’accord adopté a pris un autre parti, celui de la transparence. Plus qu’un devoir, une obligation à laquelle chaque pays aura à se plier en soumettant régulièrement ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES) à des grilles de renseignements et d’analyses communément partagées et compréhensibles par tous[25]. L'accord prévoit de contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique « bien en dessous de °C par rapport aux niveaux préindustriels » et si possible de viser à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C »[26].

Mais le , le président Donald Trump annonce, comme il l'avait promis durant sa campagne, le retrait des États-Unis de l'accord de Paris[27].

Selon Jean Jouzel, les mesures prises par les États avant la COP21 inscrivent le climat dans une tendance de réchauffement de °C ; l'Accord ne les oblige pas à un changement dans l'immédiat, et des objectifs sévères devraient être fixés avant 2020 pour espérer tenir l'objectif d'un réchauffement limité à °C[28].

Le PNUE a calculé que « même dans le cas d'une mise en œuvre intégrale des engagements pris à Paris, les émissions prévues d'ici à 2030 entraîneront une hausse des températures mondiales de 2,9 à 3,4 °C d'ici la fin du siècle »[29].

Le gouvernement norvégien parie sur l'arrêt, en 2025, de la commercialisation dans le royaume de voitures qui émettraient encore du CO2[30]. Michael Gove, ministre britannique de l'Environnement, a annoncé en juillet 2017 que le Royaume-Uni prévoit d'interdire totalement la vente des nouveaux véhicules Diesel et essence à partir de 2040[31]. Le gouvernement et les constructeurs automobiles japonais ont planifié de commun accord en juillet 2018 la fin des voitures thermiques en 2050[32]. L'Inde s'est engagée en 2017 à interdire la vente de véhicules à moteur thermique en 2030[33].

Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a publié le 27 novembre 2018 un rapport montrant que les émissions mondiales de CO2 devraient être réduites de 25 % d'ici 2030 pour pouvoir atteindre l'objectif de la COP21 de limitation à °C du réchauffement climatique, alors qu'en 2017 les émissions sont reparties à la hausse. En 2030, 57 pays, totalisant 60 % des émissions, ont prévu d'avoir atteint le point culminant de leurs émissions ; or les engagements pris lors de l'accord de Paris ne permettront qu'une réduction d'émissions de 6 Gt (gigatonnes) alors que la réduction nécessaire pour atteindre l'objectif des °C est de 6 Gt. Le PNUE insiste sur la nécessité de renforcer la fiscalité carbone : « seulement 10 % des émissions sont taxées à un prix convenable pour limiter le réchauffement à 2 degrés », et sur la suppression des aides aux combustibles fossiles, qui permettrait de diminuer les émissions de 10 % d'ici 2020[34].

Actions des collectivités localesModifier

Dans de nombreux pays, les collectivités locales ont pris de initiatives allant au-delà de celles de leur état. Ainsi, aux États-Unis, la Californie et plusieurs États de l'Ouest et du Nord-est ont pris des mesures de soutien aux énergies renouvelables : ainsi, 31 États américains ont institué des « normes de portefeuille d'énergie renouvelable » (Renewable portfolio standard - RPS) qui obligent les fournisseurs d'électricité à atteindre une certaine part d'énergie renouvelable dans l'électricité commercialisée[35] : 15 % en 2025 en Arizona, 30 % en 2020 au Colorado, 33 % en 2020 en Californie[36]. Sept États du Nord-Est (Connecticut, Delaware, Maine, New Hampshire, New Jersey, État de New York et Vermont) ont créé en 2009 l'« Initiative Régionale contre l'Effet de Serre » (en anglais Regional Greenhouse Gas Initiative ou RGGI)[37]. La Californie a mis en place en janvier 2014 un marché d'échange de quotas carbone avec le Quebec[38].

En juillet 2016, l'état de New York a adopté une réglementation sur l'énergie propre (Clean Energy Standard) qui garantit le soutien financier de l'état aussi bien au nucléaire qu'aux énergies renouvelables ; en effet, le nucléaire assure 61 % de la production d'électricité décarbonée de l'état, et ce dernier ne pourrait pas atteindre ses objectifs de réduction de 40 % des émissions de GES d'ici 2030 si les centrales nucléaires fermaient pour cause de rentabilité insuffisante face à la concurrence des centrales au gaz[39],[40].

Le C40 Cities Climate Leadership Group (C40), créé en 2005 par l'ancien maire de Londres Ken Livingstone, rassemble 81 des plus grandes villes du monde ainsi que 6 villes observatrices, représentant 49 pays différents, avec l'objectif de lutter contre le dérèglement climatique ; depuis 2016, sa présidente est Anne Hidalgo[41].

En , Anne Hidalgo signe aux côtés de onze maires de grandes villes dont, outre Paris, Los Angeles, Mexico, Auckland et Londres, une déclaration s'engageant à acheter des bus propres et tendre vers le « zéro émission » d'ici 2030, pour lutter contre le changement climatique[42].

En septembre 2018, les maires de Londres Sadiq Khan et de New York Bill de Blasio, annoncent la création d'une nouvelle initiative menée sous l'égide du C40, baptisée Cities Divest/Invest forum, et appellent dans le Guardian les villes du monde entier à désinvestir du charbon. Après des désinvestissements opérés dans l'année pour un montant de 800 000 £, notamment dans Shell et BP, seulement 2 % des montants investis par le fonds de pension londonien (5,5 milliards de livres sous gestion) le sont encore dans des énergies fossiles ; à New York le désinvestissement devrait être total dans les cinq ans, pour un montant de 5 milliards de dollars[43].

Actions des entreprises et des investisseursModifier

Un mouvement de désinvestissement des énergies fossiles a pris de l'ampleur lors de la Conférence de Paris. De nombreuses institutions financières ont décidé de refuser désormais de participer au financement des entreprises impliquées dans l'extraction de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz). La plupart se limitent à exclure le charbon : Société générale annonce en 2015 l'intention de ne plus financer les mines de charbon, ni les centrales à charbon, mais seulement pour les pays à hauts revenus[44] ; JPMorgan ne prête plus depuis 2016 d'argent pour financer la construction de nouvelles mines de charbon[45] ; National Australia Bank annonce en 2017 ne plus prêter d'argent pour les projets miniers concernant le charbon thermique[46] ; Natixis ne finance plus d'investissement dans les mines de charbon ni dans les centrales utilisant ce combustible[47] ; Deutsche Bank a décidé en février 2017 de ne plus financer de nouveaux projets liés au charbon (mines et centrales) et de se retirer graduellement des investissements existants[48] ; Allianz a décidé en 2015 de ne plus investir dans le capital d'entreprises tirant plus de 30 % de leur revenu de l'extraction charbonnière, ou de compagnies d'électricité dont plus de 30 % de la production est à base de charbon [49] ; Axa a annoncé fin 2017 ne plus investir dans les sociétés développant des projets charbonniers (mines et centrales), revendre progressivement ses investissements existant, et ne plus non plus assurer ces entreprises[50] ; le fonds souverain norvégien a renoncé à toute participation dans des dizaines de sociétés dont l'activité est à plus de 30 % dans le charbon [51], etc.

D'autres vont plus loin : les fonds de pensions de New York devraient solder tous leurs investissements dans les entreprises productrices d'énergie fossile d'ici 2023[52].

En juillet 2017, le constructeur suédois Volvo a annoncé qu'il ne lancerait plus de voitures dotées de moteur 100 % thermique à compter de 2019 ; tous les futurs modèles de la marque adopteront des motorisations hybrides ou 100 % électriques. C'est la première fois qu'un constructeur traditionnel abandonne les moteurs à combustion, essence ou Diesel[53]. Toyota a annoncé en 2017 l'objectif de fin de la commercialisation de voitures thermiques en 2050. Les véhicules utilitaires ne sont pas concernés[32].

En 2015, Engie s'engage à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon, en excluant les contrats déjà signés pour des projets au Chili, au Brésil et au Maroc. Engie devra les revendre après leur mise en service pour tenir ses engagements. Le charbon représente 31 % des nouvelles capacités en construction d'Engie, devant les centrales au gaz (25 %), l'éolien (22 %) et le solaire (20 %). Le groupe cherche aussi à céder ses centrales à charbon en Allemagne et aux Pays-Bas, mais les négociations n'ont pas encore abouti[54].

Actions individuellesModifier

Une revue d'études[55], publiée mi-2017 dans la revue Environmental Research Letters[56] et basée sur l'analyse de 148 scénarios présentés par 39 articles évalués par des pairs, des rapports gouvernementaux et des programmes sur le Web, parmi 216 recommandations individuelles trouvées dans ces documents, la plupart n'ont que peu d'effets ou des effets modérés, en particulier les moyens les plus souvent cités (tels que recycler, utiliser les transports en commun, économiser l'eau en lavant les vêtements avec de l'eau froide ou utiliser des lampes basse-consommation) ne sont pas les plus efficients pour cet objectif et même n'ont qu'un impact modéré. Les meilleurs moyens sont quatre choix de vie ayant bien plus d'impact en termes d'émission carbone :

  1. loin en tête : avoir moins d'enfants (un enfant en moins par famille réduirait en moyenne l'empreinte carbone annuelle de 58,6 tonnes de CO2, soit autant que l'économie qui serait faite par 684 adolescents recyclant autant que cela est possible durant tout le reste de leur vie) ;
  2. renoncer à la voiture (économie annuelle d'environ 2400 kilogrammes de CO2) ;
  3. renoncer au voyage aérien (si une personne effectue un vol transatlantique aller-retour en moins dans l'année, elle diminue ses émissions de 1600 kilogrammes de CO2 par an) ;
  4. devenir végétarien (permet en moyenne de diminuer ses émissions de 820 kilos de dioxyde de carbone (CO2) par an, soit quatre fois plus qu'en recyclant autant que possible).

Deux actions d'impact potentiellement élevé ont été écartées dans les conclusions de cette revue, en raison de problèmes méthodologiques ou de résultats contradictoires dans les études considérées :

La plupart des mesures mises en avant dans les manuels et les documents officiels des gouvernements ont un impact modéré ; il s'agit en premier lieu de mesures concernant le recyclage et la conservation de l'énergie. Les mesures à impact élevé n'ont été mentionnées qu'à hauteur de 4 % dans les documents analysés, et généralement sous une forme édulcorée (par exemple « manger moins de viande » plutôt que se passer complètement de produits carnés ; ou encore, moins utiliser la voiture au lieu de s'en passer complètement)[55].

Autres exemples de comportements contribuant assez significativement à l'atténuation du réchauffement climatique :

Exemples de "petits gestes" contribuant modestement à l'atténuation du réchauffement climatique :

  • privilégier les produits d'origine locale pour éviter les transports à longue distance ;
  • utiliser des appareils ménagers et des appareils à faible consommation et des lampes à économie d'énergie, par exemple à LED ;
  • usage modéré de la climatisation (Voir aussi „Cool Biz“) ou climatisation solaire ;
  • utiliser les technologies de ventilation économes en énergie (ventilation double flux) ;
  • en hiver, la baisse de la température de quelques degrés, quitte à porter des vêtements plus chauds ;
  • écoconduite ;
  • utiliser des emballages recyclables.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. « L’atténuation et l’adaptation », sur Ademe, (consulté le 11 novembre 2017).
  2. Émissions de gaz à effet de serre par pays et par secteur, Parlement européen, 7 mars 2018.
  3. Climate change, Agence internationale de l'énergie.
  4. (en) CO2 Emissions From Fuel Combustion - Highlights 2017, site Agence internationale de l'énergie consulté le 5 novembre 2017.
  5. Voici le premier bilan mondial des émissions de méthane, Sciences et Avenir, 12 décembre 2016.
  6. Quelles sont les principales sources des émissions de methane?, votreimpact.org.
  7. Définition, sources d'émissions et impacts du protoxyde d’azote, Ademe, 28 août 2017.
  8. (en)World : Balances for 2015, Agence internationale de l'énergie, septembre 2017.
  9. (en)Decarbonizing Development: Planning Ahead for a Future with Zero Emissions, Banque mondiale, 2015.
  10. Le cri d’alarme de quinze mille scientifiques sur l’état de la planète, Le Monde, 13 novembre 2017.
  11. Texte de la Convention, site UNFCC.
  12. Le Protocole de Kyoto, site UNFCC consulté le .
  13. (en) [PDF] BP Statistical Review of World Energy June 2017, BP, juin 2017, page 45.
  14. « États-Unis : la Chambre des représentants vote un texte ambitieux sur la réduction des gaz à effets de serre », dans Le Monde du 5/07/2007, [lire en ligne]
  15. Solaire : de nouvelles aides vont doper le marché américain, Les Échos, 19 décembre 2015.
  16. Obama se veut le champion de la lutte contre le réchauffement climatique, Les Échos du 4 août 2015.
  17. President Obama Unveils New Power Plant Rules In 'Clean Power Plan', NPR, 3 août 2015.
  18. (en)IAEA - PRIS - Country statistics - People's republic of China, AIEA, 08/08/2017.
  19. (en)IAEA - PRIS - Operational Reactors, AIEA, 08/08/2017.
  20. (en)Solar Heat Worldwide 2017 (voir pages 32 à 36), Agence internationale de l'énergie - Solar Heating and Cooling Programme, mai 2017.
  21. [(en) [PDF] 2018 Hydropower Status Report (voir page 98), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 25 mai 2018.
  22. [PDF] (en) « Global Wind Statistics 2017 », Global Wind Energy Council (GWEC),
  23. (en) 2018 Snapshot of Global PV Markets, IEA-PVPS, 16 avril 2018.
  24. (en) Electrified vehicle sales surge 53% in 2017 - Automotive News China, 16 janvier 2018.
  25. « L’accord fait le pari de la confiance et de la transparence », sur Les Échos, .
  26. Accord de Paris (article 2, page 24/40), Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (page consultée le 2 novembre 2016).
  27. « DIRECT. Climat : Donald Trump annonce que les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris », France Info,‎ (lire en ligne).
  28. COP21 : après l'accord, des réactions optimistes mais mesurées, Le Parisien, 13 décembre 2015.
  29. Le monde doit de toute urgence prendre des mesures pour réduire de 25 % les émissions prévues d'ici à 2030, indique le rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement, PNUE, 3 novembre 2016.
  30. La Norvège, championne de la voiture électrique - Les Échos, 30 mars 2017.
  31. Le Royaume-Uni veut bannir les moteurs diesel et essence d’ici à 2040, Les Échos, 26 juillet 2017.
  32. a et b Le Japon planifie à son tour la fin des voitures thermiques, automobile-propre.com, 31 juillet 2018.
  33. Julien Dupont-Calbo, « Il veut bouleverser le parc automobile en vingt ans », sur Les Échos, (consulté le 19 juin 2018)
  34. Climat : manque d'engagement criant des Etats pour contenir la hausse sous les 2 degrés, Les Échos, 27 novembre 2018.
  35. (en) Renewable Portfolio Standards (RPS), carte des États concernés et détail des normes ; consulté le 3 octobre 2013.
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  37. Regional Greenhouse Gas Initiative, RGGI.
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  39. (en)The Game Changer: New York’s Clean Energy Standard and Nuclear Energy, Huffington Post, 31 août 2016.
  40. (en)The New York Clean Energy Standard – A 360 View, S&P Global Market Intelligence, 8 septembre 2016.
  41. Alexandre Boudet, « Qu'est-ce que le C40, réseau mondial dont Anne Hidalgo va prendre la présidence ? » sur Le Huffington Post, 8 août 2016
  42. Ghislain de Violet, « Les maires en première ligne pour le climat », Paris Match, semaine du 26 octobre au 1er novembre 2017, page 37.
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