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Métro de Londres

système de transport en commun ferroviaire du Grand Londres
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Underground.

Métro de Londres
(en) London Underground
Image illustrative de l’article Métro de Londres
Logo du métro de Londres.

Image illustrative de l’article Métro de Londres
Station Farringdon sur la Metropolitan line.

Situation Grand Londres, Chiltern, Epping Forest, Three Rivers et Watford
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Type Métro
Entrée en service (156 ans)
Longueur du réseau 421 km
Lignes 11
Stations 270
Fréquentation 1,379 milliard (2016-2017)[1] soit 4,8 millions de voyageurs par jour
Écartement des rails 1 435 mm
Exploitant Transport for London
Site internet http://www.tfl.gov.uk/
Vitesse moyenne 33 km/h
Vitesse maximale 100 km/h (62 mph)
Réseaux connexes TramlinkOvergroundDLR
Autobus de Londres
Barclays Cycle Hire

Image illustrative de l’article Métro de Londres

Le métro de Londres (en anglais : London Underground) est le réseau métropolitain qui dessert le Grand Londres et les espaces alentour de l'Essex, du Hertfordshire et du Buckinghamshire. Il est communément appelé Underground — qui signifie « Souterrain », bien que 55 % du réseau soit situé en surface — ou The Tube (« Le tube »), en référence à la forme cylindrique des tunnels de ses lignes profondes. Le premier projet d'un métro à Londres remonte à 1827. La Metropolitan Railway en est la première ligne, inaugurée le [2], ce qui en fait le plus vieux réseau métropolitain au monde, son tracé constituant désormais dans sa majeure partie la Hammersmith & City line. Le réseau actuel compte 11 lignes et dessert 270 stations (dont certaines fermées) sur près de 402 kilomètres[3]. Il permet le transport de 1,379 milliard de voyageurs lors du cycle annuel 2016-2017, soit une moyenne quotidienne de plus de 4,8 millions de passagers.

Les lignes les plus anciennes du réseau actuel, construites par plusieurs entreprises privées, sont rattachées à un réseau de transport intégré (qui exclut les principales lignes de chemin de fer) en 1933, lors de la création du London Passenger Transport Board (LPTB), plus connu sous le nom de London Transport. Le réseau souterrain devient alors une entité unique lors de la création du London Underground Limited (LUL) par le gouvernement britannique en 1985. Depuis 2003, la LUL est une filiale à part entière de l'organisme Transport for London (TfL), entreprise publique chargée de la plupart des opérations de transport dans le Grand Londres, dirigée par un comité de direction et un commissaire nommé par le maire de Londres. Le métro circule sur une voie électrifiée par troisième rail et quatrième rail (630 V). Sur certaines lignes, un rail spécial assure le pilotage automatique des rames (pilotage qui reste toutefois surveillé par le conducteur de la rame). Un second réseau, le Docklands Light Railway, dessert également l'agglomération de Londres et plus particulièrement le quartier des Docklands et la City.

RéseauModifier

Jusque l'été 2016, le métro londonien ne circule pas 24 heures sur 24, une maintenance quotidienne (voies, rails, matériel roulant, nettoyage, travaux d'entretien) étant effectuée durant la nuit, après la fermeture des stations, car les rames de métro ne peuvent pas, pour la majeure partie, être acheminées dans des dépôts pour être vérifiées et réparées. Les premières rames démarraient entre h 45 et h 30 selon les lignes, et fonctionnaient jusqu'à h 20 du matin (6 jours sur 7, vers 23 h 30 le 7e jour).

Cette situation change avec l'introduction du Night Tube, tel que voulu par Boris Johnson, maire de Londres, le 19 août 2016. Depuis cette date, les métros des Central line (entre Ealing Broadway à l'ouest, et Hainault et Loughton à l'est) et Victoria line (dans sa totalité, entre Walthamstow Central et Brixton) circulent également les nuits de vendredi et de samedi, offrant ainsi un service ininterrompu du vendredi matin au dimanche peu avant minuit. La Jubilee line fait de même à dater du 7 octobre 2016, suivie des Northern line et Piccadilly line depuis l'automne 2016.

LignesModifier

 
La Northern line est la ligne la plus empruntée du réseau, avec près de 300 millions de passagers par an.

Le métro de Londres comporte onze lignes : Bakerloo line, Central line, Circle line, District line, Hammersmith & City line, Jubilee line, Metropolitan line, Northern line, Piccadilly line, Victoria line et Waterloo & City line. Jusqu'au , le réseau compte une douzième ligne, la East London line, qui ferme pour travaux de conversion. Elle est intégrée au réseau du London Overground lors de sa réouverture en 2010. Les lignes de métro peuvent être classées en deux types : recouvertes (Subsurface) et en souterrain profond (Deep-level Tube). Les lignes recouvertes sont creusées par la méthode des tranchées couvertes, avec les rails situés environ cinq mètres sous la surface.

 
La Central line est la ligne la plus étendue du réseau londonien, avec une longueur de 74 km.

Les lignes en souterrain profond, construites en utilisant un bouclier pour forer les tunnels, se situent environ vingt mètres sous la surface (bien que cela varie considérablement), chaque voie se situant dans un tube séparé. Le diamètre de ces tunnels est seulement de 3,56 m et le gabarit est donc considérablement plus réduit que sur les lignes en tranchée, au gabarit ferroviaire britannique. Les deux types de lignes émergent généralement à la surface à l'extérieur de la zone centrale de Londres. Alors que les lignes profondes sont en grande partie autonomes, les lignes en tranchée couverte font partie d'un réseau interconnecté : chaque ligne partage ses voies avec au moins une autre ligne. Cette organisation est un peu semblable au métro de New York, où les lignes se partagent également les mêmes voies.

La Jubilee line possède la particularité d'être la seule ligne à disposer de portes palières à certaines de ses stations, bien que Transport for London (TfL) indique que la Piccadilly line en sera équippée dans le futur. Le 23 février 2016, la reine Élisabeth II inaugure une nouvelle ligne qui traversera Londres à partir de la fin 2019 et sera complètement achevée d'ici à la fin 2020. La nouvelle ligne s'appellera Elizabeth line et portera la couleur violet, en l'honneur de la reine. Jusqu'ici appelée Crossrail, la nouvelle ligne reliera l'ouest à l'est londonien (de Reading à Shenfield) en passant par l'aéroport de Heathrow et le centre-ville[4].

Le tableau ci-dessous représente les lignes existantes. Dans le tableau, se trouvent dans l'ordre : le nom de la ligne, sa couleur de représentation sur le plan officiel, son année d'ouverture, son type de construction, sa longueur, le nombre de stations desservies, le trafic annuel pour le cycle 2016-2017, ainsi que le matériel roulant avec lequel la ligne est actuellement exploitée.

Ligne Couleur Année
d'ouverture
Type Longueur Stations
desservies
Trafic annuel
en millions
Matériel roulant
Bakerloo
Brun
1906 Souterrain 23,2 km 25 117 1972 Stock
Central
Rouge
1900 Souterrain 74 km 49 288 1992 Stock
Circle
Jaune
1884 Recouvert 27,2 km 36 73 S7 Stock
District
Vert
1868 Recouvert 64 km 60 226 S7 Stock
Hammersmith & City
Rose
1864 Recouvert 26,5 km 29 61 S7 Stock
Jubilee
Gris
1979 Souterrain 36,2 km 27 280 1996 Stock
Metropolitan
Magenta
1863 Recouvert 66,4 km 34 80 S8 Stock
Northern
Noir
1890 Souterrain 57,6 km 50 294 1995 Stock
Piccadilly
Bleu foncé
1906 Souterrain 70,4 km 53 206 1973 Stock
Victoria
Bleu clair
1968 Souterrain 22,5 km 16 263 2009 Stock
Waterloo & City
Turquoise
1898 Souterrain 2,4 km 2 16 1992 Stock

StationsModifier

 
Cartographie de la zone 1, au centre du Grand Londres.
 
Entrée de la station Piccadilly Circus, avec la cocarde du métro londonien.

Le métro de Londres dessert au total 270 stations. Seules treize d'entre elles sont situées en dehors du Grand Londres, cinq sont même situées au-delà de l'autoroute M25, périphérique ceinturant l'agglomération.

Matériel roulant et électrificationModifier

Les rames actuelles sont mises en circulation entre 1972 et 2014 et sont regroupées en Stocks (matériels). Celles du réseau recouvert sont identifiées par une lettre suivie éventuellement d'un nombre lorsqu'une distinction est nécessaire. Ce nombre peut désigner l'année de commande comme pour le D78 Stock commandé en 1978, ou le nombre de caisses par rame comme pour le S Stock, qui se décline en S7 Stock à 7 caisses et en S8 Stock à 8 caisses. Ceux des lignes du métro profond[5] sont quant à eux identifiés par leur année de commande écrite en entier.

Toutes les lignes ont leur propre Stock à l'exception de la District line, de la Circle line et de la Hammersmith & City line qui se partagent le S7 Stock. Le métro de Londres est l'un des rares réseaux au monde à utiliser un système d'électrification à quatrième rail. Le quatrième rail central assure le retour du courant, qui se fait dans les systèmes par troisième rail par les rails de roulement. Le système d'électrification du métro de Londres est constitué d'un troisième rail latéral à prise de courant par frotteur chargé à +420 volts et d'un quatrième rail central situé entre les rails de roulement chargé à -210 V, le tout fournissant une tension de 630 volts.

TechnicitéModifier

Pour construire les parties souterraines du métro londonien, deux méthodes sont utilisées. La première technique de construction à être utilisée est la construction en tranchée couverte (Cut & Cover en anglais). Elle consiste à creuser une tranchée dans le sol (en général sous les avenues), puis à la recouvrir par la suite. Les lignes affleurent alors la surface et sont donc beaucoup plus bruyantes et beaucoup plus limitées dans leur développement.

Les lignes suivantes sont construites comme des tunnels, beaucoup plus profonds (20 mètres en moyenne, mais cela varie considérablement) et nettement moins gênants pour le voisinage. Le manque de lignes au sud de la ville est parfois expliqué par la géologie de l'endroit, où les sous-sols sont gorgés d'eau. De plus, il est impossible pour les lignes construites par recouvrement de franchir la Tamise. Une autre raison serait que, vers la fin du XIXe siècle, à l'apogée de la construction de nouvelles lignes de métro, le sud de Londres est déjà très bien desservi par des trains de banlieue électrifiés ; il n'y a donc pas un besoin significatif de nouvelles lignes de métro.

HistoireModifier

Article détaillé : Histoire du métro de Londres.

XIXe siècleModifier

 
Le nom familier de « Tube » provient de la forme circulaire des tunnels et des stations possédant cette forme et à travers lesquels les trains circulent. Cette photographie montre le quai en direction du sud de la station Angel, sur la Northern line.

La première partie du réseau existant à être construite est la Metropolitan Railway, qui circule à l'origine entre Bishop's Road (aujourd'hui la station de Paddington) et Farringdon Street (station appelée de nos jours Farringdon). Premier métro urbain au monde, il est construit avec une voie à double gabarit, capable d'accueillir des trains à l'écartement de Brunel large de 2,14 mètres ainsi que les autres trains à écartement standard de 1,435 m desservant Londres. À la suite de retards pour des raisons financières entre autres, le chemin de fer est autorisé en 1854 et la circulation publique a débuté un samedi, le . 30 000 passagers sont transportés dans la journée, avec des trains partant toutes les dix minutes. En 1880, la ligne prolongée transporte 40 millions de passagers par an. La majeure partie de cet itinéraire originel est maintenant intégrée au sein de la Hammersmith & City line. D'autres tronçons suivent rapidement : en 1884, la partie dite Inner Circle (Circle line aujourd'hui) est complétée.

 
Locomotive Beyer-Peacock de classe A (no 23) conservée au musée du transport de Londres.

Au début, les tunnels sont creusés à l'aide de la méthode de construction des tranchées couvertes. La construction en tranchée couverte de la District line nécessite la démolition de plusieurs maisons sur le parcours entre Paddington et Bayswater. Les premiers trains sont tractés par des locomotives à vapeur, ce qui exige une aération efficace depuis la surface. Des gaines de ventilation aménagées en divers points de l'itinéraire permettent alors aux locomotives à vapeur d'expulser les fumées et d'amener de l'air frais dans les tunnels. Le plus connu de ces puits se situe par à Leinster Gardens. Pour préserver les caractéristiques visuelles de la rue, une façade en béton de 1,50 m d'épaisseur est construite pour ressembler à une véritable façade de maison.

À la suite des progrès dans l'utilisation de boucliers pour la construction de tunnels, de la traction électrique et de la maîtrise de la construction de tunnels profonds, les lignes suivantes sont construites plus profondément en sous-sol. Cela permet de causer beaucoup moins de perturbations au niveau du sol que par la méthode des tranchées couvertes. Le choix est donc préférable et moins coûteux. La City & South London Railway (faisant maintenant partie de la Northern line) ouvre en 1890. Il s'agit du premier itinéraire de niveau profond à traction électrique. À la fin du XIXe siècle, la Metropolitan Railway Company, compagnie de chemin de fer métropolitain, étend ses lignes loin en dehors de Londres. Cela entraîne la création de nouveaux quartiers des années 1870 aux années 1930.

XXe siècleModifier

 
Locomotive électrique de Metropolitan-Vickers (no 5) de 1922, utilisée en service voyageur jusqu'en 1961. Une d'une paire des survivantes sur vingt ; l'autre, no 12, est utilisée pour des services spéciaux.

Au début du XXe siècle, la présence de six opérateurs indépendants exploitant différentes lignes de métro cause d'importants désagréments aux passagers, car dans beaucoup d'endroits, les voyageurs doivent marcher une certaine distance en surface pour changer de ligne. Les coûts liés au fonctionnement d'un tel système sont également lourds. En conséquence, beaucoup d'entreprises attendent des financiers capables de leur donner l'argent dont elles ont besoin pour s'étendre dans les banlieues résidentielles ainsi que pour l'électrification de lignes exploitées auparavant par des locomotives à vapeur.

Le plus connu de ces derniers est Charles Yerkes, un magnat américain, qui entre 1900 et 1902 acquiert la Metropolitan District Railway et le chemin de fer encore non réalisé Charing Cross, Euston & Hampstead Railway (qui deviendra plus tard une partie de la Northern line). Le , les différents réseaux, Combine, Metropolitan, municipal et indépendant sont fusionnés au sein du London Passenger Transport Board (LPTB), entreprise publique autofinancée et non subventionnée, rapidement connue sous le nom de London Transport (LT).

 
La station Aldwych utilisée comme abri lors des bombardements allemands en 1940.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le blitz allemand retarde les projets d'extension et conduit à utiliser de nombreuses stations de métro comme refuge anti-aérien. Le , le gouvernement travailliste d'alors nationalise London Transport, qui devient le London Transport Executive (LTE).

XXIe siècleModifier

 
Usagers du métro à la station Canary Wharf, inaugurée en 1999 et située sur la Jubilee line, faisant la queue en attendant l'arrivée d'une rame.
 
Carte des lignes de métro opérationnelles les nuits de vendredi et samedi.

Le est inauguré le Night Tube qui permet à certaines lignes du métro de rester opérationnelles toutes les nuits, les vendredi et samedi, à raison d'un train toutes les dix minutes environ. D'abord concernées les lignes Victoria et Central, puis en automne de la même année, les lignes Jubilee, Northern et Piccadilly. D'autres lignes, telles que la Metropolitan, Circle, District et Hammersmith & City, pourraient également rouler toute la nuit durant le weekend quand leurs travaux de modernisation seront achevés.[6] Par le passé, le métro arrête de rouler autour de minuit en semaine et vers une heure du matin le week-end[7].

Lancé par Boris Johnson en 2014, le concept de métro nocturne est déjà utilisé dans d'autres grandes villes comme New York ou Berlin et il y connaît un franc succès. Johnson déclare alors que l'idée doit être réalisée pour septembre 2015, afin que les spectateurs de la Coupe du monde de rugby à XV puissent en profiter.[8] Néanmoins, des contestations sociales menées par les syndicats du rail, avec pour conséquence plusieurs grèves de 24 heures du métro en juillet[9] et août 2015[10], suivies de difficiles négociations, retardent les plans de Johnson de près d'un an. Son successeur, Sadiq Khan, inaugure le service nocturne en août 2016. La motivation pour l'introduction du service est les bénéfices que celui-ci peut créer pour l'économie nocturne de Londres, à hauteur de 360 millions de livres sterling sur 30 ans[6],[11].

 
Le matériel roulant de la future Elizabeth line (projet connu sous le nom de Crossrail lors du chantier) sera alimenté par ligne aérienne, une première sur le réseau londonien.

Outre le projet de Crossrail, deux extensions du réseau londonien sont actuellement en cours de réalisation. Une extension de deux stations au sud-ouest de la Northern line (à partir de Kennington) vers la Battersea Power Station via Nine Elms est en train d'être construite et sera inaugurée à l'automne 2021. Une extension de la Bakerloo line en direction du sud-est, à partir de son terminus méridional actuel Elephant & Castle et vers Lewisham, est en cours d'étude pour une ouverture à l'horizon 2030. Le maire Sadiq Khan dit prévoir un début des travaux en 2023.

Catastrophes et attentatsModifier

IncendieModifier

Article détaillé : Incendie de King's Cross.

Le 18 novembre 1987 à 19 h 30, un incendie se déclare sous l'un des vieux escalators, alors en bois, de la station King's Cross St. Pancras, la plus fréquentée du métro londonien. La station est à l'époque desservie par 5 lignes de métro et dispose de 8 quais. L'incendie est maîtrisé 6 heures plus tard, à 1 h 45. Le bilan est de 31 morts et 20 blessés graves.

Accidents et incidentsModifier

 
Mémorial à l'accident de Moorgate de 1975, le plus grave sur le métro de Londres.

L'accident le plus grave sur le métro de Londres a lieu le 28 février 1975. Un train de la Northern line ne s'arrête pas à son terminus Moorgate. Il achève sa lancée contre un mur avec ses passagers. La collision fait 43 morts (dont le conducteur du train) et 74 blessés graves. La cause de l'accident reste un mystère à ce jour ; il n'y a pas de problèmes avec le train ou les voies et le conducteur n'est pas ivre ou drogué[12].

En 2004, plus de 500 personnes sont blessées en tombant sur les rails, entre le train et le quai ou en se faisant coincer entre les portes[13]. Ceci dure depuis un certain temps, ce qui fait que depuis 1969 on peut entendre à la montée et à la descente un message qui est devenu célèbre : « Mind the gap », qui signifie « Attention au vide, à l'espace entre le train et le quai » (il apparaît même sur des t-shirts et autres souvenirs touristiques). Ce message est émis dans les stations en courbe où, en raison de la longueur des voitures, certaines portes sont éloignées du quai. L'une de ces stations est Bank sur la Central line.

On peut aussi entendre « Mind the doors », lors de la fermeture des portes.

BousculadesModifier

 
Mémorial à la bousculade de Bethnal Green en 1943.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la station de Bethnal Green, pas encore ouverte, est utilisée, comme beaucoup d'autres, comme refuge anti-aérien. Le 3 mars 1943, une file de personnes se forme à l'entrée de la station, attendant l'admission. Une jeune femme avec un bébé perd son appui et tombe de l'escalier : dans la panique qui suit, il y a une bousculade. 173 personnes sont tuées et 62 blessées dans le désastre civil le plus grave dans la guerre[14].

AttentatsModifier

Le réseau subit plusieurs vagues d'attentats au fil des ans, en particulier du fait de l'IRA provisoire dans les années 1970 et dans les années 1990, ou plus récemment d'extrémistes islamistes. Le , une série d'attentats frappe les transports en commun de Londres, dont trois explosions dans des stations de métro. Le bilan des attentats est de 56 morts et 700 blessés. Une nouvelle série d'attentats se produit le 21 juillet 2005, à nouveau quatre explosions dont trois dans des stations du métro, sans faire ni mort, ni blessé.

CultureModifier

Le plan du métro de Londres et le logo « cocarde » sont immédiatement reconnaissables. À l'origine, les cartes étaient souvent des plans de ville avec les lignes superposées. La carte stylisée du métro est réalisée à partir d'un dessin de l'ingénieur électricien Harry Beck en 1931. Presque tous les systèmes ferroviaires urbains dans le monde possèdent désormais une carte stylisée de la même mise en page et de nombreuses compagnies de bus ont également adopté le concept.

TfL vend des licences sur la vente de vêtements et autres accessoires empruntant ses éléments graphiques, et engage des actions en justice contre une utilisation non autorisée de ses logos déposés et du plan de métro. Néanmoins, les copies non autorisées de l'emblème continuent à apparaître à travers le monde.

D'anciennes rames du métro de Londres effectuent le trafic quotidien de la Island Line sur l'île de Wight.

Plan du métroModifier

Article détaillé : Plan du métro de Londres.

En 1931, Henry C. Beck, dit Harry Beck (1903-1974), conçoit un plan du métro de Londres qui pour être lisible, ne tient pas compte de la réalité géographique des lignes, ni de l'éloignement des stations mais privilégie un espacement régulier des noms de stations et des lignes droites pour favoriser la lisibilité. Ce plan, qui évolue selon les modifications du réseau, sert toujours de base au plan actuel. Sur la version de juillet 2007 est lisible : This diagram is an evolution of the original design conceived in 1931 by Harry Beck.

Ce plan est mal reçu par les services compétents, mais il est édité en janvier 1933 en respectant le plus possible le design de Beck : couleurs des lignes, les stations sans correspondances indiquées par un trait perpendiculaire, les correspondances par un losange (maintenant un cercle avec un blanc au milieu). L'édition de 1933 est tirée à 750 000 exemplaires pour un coût de £337 et 10 shillings. De nos jours £12 000[15]. Sur un exemplaire de 2008, la modification principale est l'indication de l'accessibilité pour les handicapés et l'absence d'indication de correspondances pour la ligne DLR.

CocardeModifier

 
L'utilisation de la cocarde figurant le nom de la station sur une barre bleue date de 1908. La cocarde ci-dessus se situe à Leytonstone, sur la Central line.

Les origines de la cocarde, connue précédemment sous le nom de « bulls-eyes » (œil de bœuf) ou « cible », sont obscures. Alors que la première utilisation d'une cocarde dans le contexte du transport à Londres a été le symbole au XIXe siècle de la London General Omnibus Company - une roue avec une barre au centre portant le mot « GENERAL » - son utilisation sur l'Underground découle de la décision prise en 1908 de trouver une façon claire de mettre en évidence les noms des stations sur les quais. Le cercle rouge avec une barre bleue a été rapidement adopté, avec le mot « UNDERGROUND » écrit en blanc dans la barre, comme l'une des premières identités de l'entreprise. Le logo a été modifié par Edward Johnston en 1919.

Chaque station de métro affiche la cocarde, contenant souvent le nom de la station dans la barre centrale, aux entrées et à plusieurs reprises le long des quais, de sorte que le nom peut être facilement vu par les passagers des trains qui arrivent dans la station.

La cocarde est utilisée pour les autobus et le métro depuis de nombreuses années, et depuis que TFL a pris leur contrôle, elle a été appliquée à d'autres types de transport (taxi, tramway, DLR, etc) dans différentes paires de couleurs. La cocarde est en quelque sorte devenue un symbole de Londres lui-même.

Contribution aux artsModifier

 
Un motif edwardien à carreaux, à Russell Square.

Le métro contribue et sponsorise l'art sur ses quais à travers le projet Art et poèmes dans le métro. Des espaces d'affichage (et dans le cas de la station de métro Gloucester Road, l'ensemble d'un quai désaffecté) sont consacrés à des œuvres d'art et poésie, afin de « créer un impact positif pour l'environnement et pour améliorer et enrichir les voyages des usagers ». En outre, les murs de certaines stations sont décorés de motifs en carreaux propres à cette station, comme les profils de la tête de Sherlock Holmes à Baker Street, ou une croix contenant une Couronne à King's Cross St Pancras. La station Oval possède des décorations sur le thème du cricket, avec des peintures murales, des statues et des banderoles, tous célébrant le jeu. Les stations de Holborn et de South Kensington possèdent des décorations des momies égyptiennes et des dinosaures respectivement, représentant leur proximités au Musée britannique et au Musée d'histoire naturelle de Londres.

Des modèles uniques de carrelage edwardiens, conçus par Leslie Green et installés dans les années 1900, ont également été utilisés sur les quais d'un grand nombre de stations conçues par Charles Yerkes sur les lignes Bakerloo, Northern et Piccadilly. Bon nombre de ces modèles existent encore, même si un nombre important d'entre eux sont désormais des répliques.

Dans la culture populaireModifier

Le métro est apparu dans de nombreux films et émissions de télévision, comme Le Métro de la mort (1972), Metro-Land (1973 film) (en) (1973), Neverwhere (1996), Sliding Doors (1998), Le Monde de Narnia : Le Prince Caspian et Tube Tales (en) (1999). Le London Underground Film Office traite plus de cent demandes par mois.

Le métro a également figuré dans la musique comme The JAMs dans le titre Down in the Tube Station at Midnight, la littérature et la bande dessinée (V pour Vendetta). Les légendes populaires prétendant les souterrains hantés persistent jusqu'à ce jour[16].

Une édition spéciale du célèbre jeu Monopoly a été conçue pour le métro de Londres.

Notes et référencesModifier

  1. (en) [PDF] Annual Report and Statement of Accounts 2013
  2. (en) Christian Wolmar, The Subterranean Railway : How the London Underground was built and how it changed the city forever, Atlantic, (ISBN 978-1843-540229)
  3. Statistiques et chiffres sur le Tube, tfl.gov.uk.
  4. « La nouvelle ligne de métro londonien s'appellera... Elizabeth », sur www.europe1.fr (consulté le 29 février 2016)
  5. Les lignes dites Tube sont généralement plus profondes et situées en moyenne à 20 mètres sous la surface.
  6. a et b « Everything you need to know about the Night Tube ahead of its launch on Friday » (consulté le 30 août 2016)
  7. "Night Tube": le métro de Londres inaugure son service de nuit, RTBF, 19 août 2016.
  8. (en-GB) Matthew Weaver et agencies, « Sadiq Khan to launch London's night tube service », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 30 août 2016)
  9. (en-GB) « Tube strike begins across London Underground network - BBC News » (consulté le 30 août 2016)
  10. (en-GB) « Tube strike: Two more London Underground walkouts announced - BBC News » (consulté le 30 août 2016)
  11. « Clubs and bars are vital revenue generators for UK economy, not hotbeds of binge drinking and drug abuse » (consulté le 30 août 2016)
  12. (en)BBC News, 28 February: On this Day, Dozens Killed In Moorgate Tube Crash BBC News Archive.
  13. Source TFL.
  14. (en) « The Bethnal Green Tube Shelter Disaster », BBC,‎ (lire en ligne)
  15. Ken Garland, Mr Beck's Underground Map, édition originale de 1994, réédité en 1998 et 2003. ISBN 9 781854141682.
  16. (en) London Underground Ghosts, BBC h2g2

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Charles E. Lee, The Bakerloo line, a brief history, London Transport 1973 (and similar volumes covering other lines, published 1972-1976)
  • (en) Laurence Menear, London's Underground Stations, a Social and Architectural Study, Midas Books 1983
  • (en) Alan Jackson & Desmond Croome, Rails Through The Clay, Capital Transport 1993
  • (en) Michael Saler, "The 'Medieval Modern' Underground: Terminus of the Avant-Garde", Modernism/Modernity 2:1, January 1995, p. 113-144
  • (en) David Lawrence, Underground Architecture, Capital Transport 1994
  • (en) Michael Saler, The Avant-Garde in Interwar England: 'Medieval Modernism' and the London Underground, Oxford University Press 1999
  • (en) John R. Day & John Reed, The Story of London's Underground, Capital Transport, 2001
  • (en) Christian Wolmar, Down the Tube: the Battle for London's Underground, Aurum Press 2002
  • (en) Christian Wolmar, The Subterranean Railway: How the London Underground Was Built and How It Changed the City For Ever, Atlantic 2004, (ISBN 1-84354-023-1)
  • (en) Douglasrose, The London Underground: A Diagrammatic History, Capital Transport 2005, (ISBN 978-1-85414-315-0)
  • Philippe-Enrico Attal Les 150 ans du métro de Londres, Historail no 26 juillet 2013 p. 6 à 45

Liens externesModifier