Collapsologie

étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder

La collapsologie est un courant de pensée récent qui étudie les risques d'un effondrement de la civilisation industrielle et ce qui pourrait succéder à la société actuelle[1],[2].

En France, l'étude systématique d'un possible effondrement de la civilisation thermo-industrielle a été initiée par l'Institut Momentum co-fondé par Yves Cochet et Agnès Sinaï. Ces derniers définissent l'effondrement comme « le processus irréversible à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadrés par la loi[3],[4] ».

La collapsologie est nommée et portée à la connaissance du grand-public par Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur essai : Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes publié en 2015[5]. Selon les auteurs, ce néologisme a été créé pour désigner un champ de recherche qui émergeait dans la communauté scientifique.

La collapsologie s'inscrit dans l'idée que l'homme altère son environnement durablement, et propage le concept d'urgence écologique, lié notamment au réchauffement climatique et à l'effondrement de la biodiversité. Les collapsologues estiment cependant que l'effondrement de la civilisation industrielle pourrait provenir de la conjonction de différentes crises : crise environnementale, mais aussi crise énergétique, économique, géopolitique, démocratique, etc.[6]

La collapsologie se présente comme un exercice transdisciplinaire faisant intervenir l’écologie, l’économie, l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, la biophysique, la biogéographie, l’agriculture, la démographie, la politique, la géopolitique, la bioarchéologie, l'histoire, la futurologie, la santé, le droit et l’art[7].

Bien que certaines critiques réfutent son caractère scientifique, l'étude des risques d'effondrement civilisationnel est qualifiée de "champ de recherche [scientifique] intégré" par un collectif de chercheurs rassemblé autour d'une équipe de l'Université de Cambridge dédiée à l'étude et l'atténuation des risques d’extinction de l'humanité et d'effondrement civilisationnel[8]. De nombreux centres de recherche universitaires consacrent des recherches à ce sujet[9]. En juin 2020, le mot "Collapsologie" fait son entrée dans le dictionnaire Le Petit Robert [10].

ÉtymologieModifier

Le mot « collapsologie » est un néologisme inventé « avec une certaine autodérision »[11] par Pablo Servigne, ingénieur agronome et Raphaël Stevens, expert en résilience des systèmes socio-écologiques. Il apparaît dans leur ouvrage publié en 2015[12].

C'est un mot-valise issu du latin collapsus, participe passé de collabi, « tomber d'un bloc, s'écrouler, s'affaisser »  (qui a donné to collapse en anglais) et du suffixe « -logie  », logos, mis pour « étude »[1], lequel est destiné à nommer une démarche à caractère scientifique.

Depuis, d'autres néologismes ont été proposés pour distinguer la diversité d'approches et de postures sur le sujet. Ainsi, la collapsosophie désigne l'approche philosophique de l'effondrement, collapso-praxis ou effondrisme pour l'approche politique et idéologique de la question, ou encore collapsonautes pour les personnes qui vivent avec l'idée d'effondrement[13],[14].

Fondements scientifiquesModifier

Dès 1972, le rapport Meadows, intitulé The Limits of Growth [15] et réalisé par des chercheurs du MIT, alerte des risques d'une croissance démographique et économique exponentielle sur une planète aux ressources limitées[6].

Approche systémique, la collapsologie s’appuie sur des études de prospective telles The Limits of Growth, mais également sur l'état des tendances mondiales et régionales dans le domaine environnemental, social et économique (comme les rapports du GIEC, de l'IPBES ou du Global Environment Outlook (GE) périodiquement publiés par la division de l'alerte rapide et de l’évaluation du PNUE de l'ONU…) et de nombreux travaux scientifiques[1] ainsi que diverses études, telles que « A safe operating space for humanity »[16] ; « Approaching a state shift in Earth’s biosphere »[17], publiées dans Nature en 2009 et 2012, « The trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration »[18], publiée en 2015 dans The Anthropocene Review, ou encore « Trajectories of the Earth System in the Anthropocene »[19] publiée en 2018 dans les Comptes-rendus de l'Académie nationale des sciences des États-Unis d'Amérique).

Certains scientifiques estiment qu'un effondrement systémique global est probable si rien n'est mis place pour l'éviter[20].

Antécédents historiquesModifier

La collapsologie s'intéresse principalement aux causes anthropiques, c'est-à-dire des causes liées aux activités humaines.

La science est en mesure d'établir que pour certaines populations et certains écosystèmes, des effondrements sont en cours ou se sont déjà produits[21],[22],[23],[24],[25].

Temporalité de l'effondrementModifier

L'effondrement de la civilisation thermo-industrielle peut être considéré soit comme un processus qui s'étalerait sur plusieurs années ou plusieurs décennies, soit comme le résultat final de ce processus.

D'un point de vue général, toute prévision scientifique bute sur une impossibilité théorique due aux « cygnes noirs », qui sont des événements rares impossibles à prévoir. Selon le mathématicien et ancien opérateur boursier Nassim Nicholas Taleb, les méthodes classiques d'évaluation des risques s'appliquent très mal à ces « cygnes noirs » ainsi que pour les systèmes complexes. Bertrand Russell, repris par Taleb, illustre cet aspect des choses avec ce qu'il a appelé le « problème de la dinde inductiviste » selon lequel dans un élevage de dindes, où la température est constante et idéale, et l'apport en nourriture régulier, s'il existait une dinde statisticienne spécialiste de la gestion des risques, elle dirait le 23 décembre qu'il n'y a pas de souci à avoir pour l'avenir ![26]

Cependant, pour sonder l’avenir, il est possible de faire appel à des modèles mathématiques et informatiques à l'instar de ceux utilisés pour l'étude du changement climatique. Ceux-ci ne permettent pas de prédire l’avenir avec certitude mais donnent des indications sur le comportement et l’évolution des systèmes et des sociétés. Ainsi les projections établies par le modèle World3 du Club de Rome évoquaient le début d'un possible effondrement vers 2030 dans l'hypothèse d'un « Business as usual » [27].

En plus des projections établies par des modèles mathématiques, la collapsologie sonde le futur à l'aide de scénarios à l'instar de ceux formulés par les spécialistes de la prospective. Dans ce contexte, de nombreux collapsologues considérent que l'effondrement de la civilisation industrielle est inévitable, notamment en raison de l'épuisement des ressources naturelles, mais qu'il subsisterait une inconnue : les délais qui nous séparent des crises à venir[28],[29],[30],[31]. Pour Yves Cochet, l'effondrement est « possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030 ». Il estime qu'il « n’y aura plus de voiture en 2040. Il y aura quelques calèches, avec des chevaux, oui. Il n’y aura plus de voiture, il n’y aura plus d’avions. Le mode de transport du futur, c’est le cheval ! »[32],[33]. Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle estiment quant à eux que « l'effondrement de la civilisation thermo-industrielle [est] une évolution géographiquement hétérogène qui a déjà commencé, mais n'a pas encore atteint sa phase la plus critique, et qui se prolongera pendant une durée indéterminée. C'est à la fois lointain et proche, lent et rapide, graduel et brutal. Cela ne concerne pas seulement les événements naturels, mais aussi (et surtout) des chocs politiques, économiques et sociaux, ainsi que des événements d'ordre psychologique (comme des basculements de conscience collective).»[1]

Comme l'écrit Dmitry Orlov : « L'effondrement peut se produire à différents moments pour différentes personnes. Vous ne saurez peut-être jamais tout à fait que l'effondrement s'est produit, mais vous saurez que c'est arrivé à vous personnellement, ou à votre famille, ou à votre ville. Grâce aux efforts des historiens, il se peut que le tableau d'ensemble ne se dessine que beaucoup plus tard. Individuellement, il se peut que nous ne sachions jamais ce qui nous frappe et, en tant que groupe, que nous ne soyons jamais d'accord sur une seule réponse. Regardez l'effondrement de l'URSS : certaines personnes se disputent encore pour savoir pourquoi c'est arrivé.»[34]

Typologie de causes potentielles d'effondrementModifier

Causes environnementalesModifier

Causes nucléairesModifier

Causes techniquesModifier

Causes biologiques et pandémiesModifier

Causes économiques et financièresModifier

Histoire du conceptModifier

Précurseurs (278 av. J.C.-2005)Modifier

Même si ce néologisme n'est apparu qu'en 2015 et concerne l'étude de l'effondrement de la civilisation industrielle, l'étude de l'effondrement des sociétés est plus ancienne et relève probablement d'une inquiétude propre à toute civilisation. Parmi les travaux sur ce thème (au sens large) on peut citer ceux de Bérose (278 av. J.C.), Pline le jeune (79 ap. J.C.), Ibn Khaldoun (1375), Montesquieu (1734), Thomas Robert Malthus (1766 – 1834), Edward Gibbon (1776), Georges Cuvier, (1821), Élisée Reclus (1905), Oswald Spengler (1918), Arnold Toynbee (1939), Günther Anders (1956), Samuel Noah Kramer (1956), Leopold Kohr (1957), Rachel Carson (1962), Paul Ehrlich (1969), Donella Meadows, Dennis Meadows & Jørgen Randers (1972), René Dumont (1973), Hans Jonas (1979), Joseph Tainter (1988), Al Gore (1992), Hubert Reeves (2003), Richard Posner (2004), Jared Diamond (2005).

Arnold Toynbee (1889-1975)Modifier

Dans son ouvrage monumental (initialement paru en douze tomes) et très controversé de l'historiographie contemporaine intitulé L'Histoire (A Study or History, 1972), écrit de 1920 à 1972, Arnold Toynbee (1889-1975), se revendiquant des historiens grecs Thucidide, Hérodote et Polybe, traite de la genèse des civilisations (chap. 2), de leur croissance (chap. 3), de leur déclin (chap. 4), et de leur désagrégation (chap. 5). Selon lui, la mortalité des civilisations est une évidence triviale pour l'historien, comme l'est le fait qu'elles se succèdent dans le temps long, par le fait, notamment, de processus analysables objectivement, telle l'importance que revêt, selon ses travaux, lors de l'émergence des nouvelles civilisations, la rencontre entre ce qu'il nomme le prolétariat intérieur (la main d’œuvre qui assure quotidiennement le fonctionnement matériel d'une société) et le prolétariat extérieur (les populations vivant aux marges des civilisations et perpétuant des pratiques, savoirs et techniques agricoles et de survie pluri-millénaires). C'est, écrit-il, au lieu même de cette rencontre que sont toujours apparues les formes des nouvelles civilisations naissantes[35].

Joseph Tainter (né en 1949)Modifier

Dans son ouvrage L’Effondrement des sociétés complexes, l'anthropologue et historien Joseph Tainter (1949-) étudie l’effondrement de diverses civilisations, dont celui de l'Empire romain, en termes de théorie des réseaux, d’économie de l’énergie et de théorie de la complexité. Pour Tainter, une société toujours plus complexe finit par s'effondrer en raison de la difficulté toujours croissante à résoudre ses problèmes.[réf. nécessaire]

Jared Diamond (né en 1937)Modifier

Historiquement, le géographe, biologiste évolutionniste et physiologiste américain, Jared Diamond (1937- ) , auteur d'un livre dénommé Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (Collapse: How Societies Choose to Fail or Survive), paru en 2005, évoquait déjà le thème de l'effondrement civilisationnel (collapse) en s'appuyant sur des cas qu'il considère comme historiques, notamment les civilisations pascuane, viking et maya. Cet ouvrage a connu un retentissement au-delà même des États-Unis, malgré l'émission de certaines critiques[36].

Collapsologues (ou assimilés) actuelsModifier

En 2020 de nombreuses personnalités gravitent dans, ou autour, de la sphère des collapsologues. Toutes n'ont pas la même vision de l'effondrement civilisationnel, certaines même réfutent ce terme de « collapsologue », mais toutes se retrouvent pour admettre que la civilisation industrielle contemporaine, et la biosphère dans son ensemble, sont sur le point de subir une crise globale d'une ampleur sans précédent. Selon elles, le processus serait déjà en cours, et il ne serait désormais possible que de tenter d'en réduire les effets dévastateurs à plus ou moins brève échéance.

Yves CochetModifier

Pablo ServigneModifier

Autres collapsologues (ou assimilés) actuelsModifier

Parmi les autres figures essentielles, on peut citer notamment : Jean-Christophe Anna (fondateur de l’Archipel du Vivant, auteur, conférencier), Aurélien Barrau (astrophysicien), Philippe Bihouix (ingénieur centralien, promoteur des low-tech), Alexandre Boisson (ancien garde du corps présidentiel, co-fondateur de SOS Maires), Dominique Bourg (philosophe des sciences), Valérie Cabanes (Juriste, cherchant à faire reconnaitre le crime d'écocide par la cour pénale internationale), Arnaud Dorthe (Consultant en informatique pour la finance durable), Jean-Marc Gancille (Auteur, co-fondateur de Darwin ), Gaël Giraud (économiste, directeur de recherche au CNRS), Jean-Marc Jancovici (spécialiste énergie-climat, président du conseil d'administration de :The Shift Project), Paul Jorion (anthropologue, sociologue), Arthur Keller (expert des risques systémiques et des stratégies de résilience, conférencier et auteur), Vincent Mignerot (chercheur indépendant, fondateur du Comité Adrastia), Dmitry Orlov (ingénieur et écrivain russo-américain), Agnès Sinaï (présidente de l' Institut Momentum), Laurent Testot (journaliste scientifique, spécialiste d'histoire globale)…

Thèmes générauxModifier

 
Tableau de John Martin
La Fin du Monde, 1851-1853.

Voici, ci-dessous, une liste non exhaustive des thèmes généraux identifiés et notamment retenus par Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur ouvrage commun[7] :

Effondrement de civilisations dans l'HistoireModifier

Déclin et chute de civilisations antiquesModifier

Déclin de la civilisation industrielle ou naissance de nouvelles civilisations ?Modifier

Si les préoccupations contemporaines (2019) liées aux scénarios annoncés d'un éventuel effondrement de la civilisation industrielle contemporaine mettent aujourd'hui en avant plus particulièrement la phase critique dite de l'effondrement, tant les précurseurs (notamment Toynbee) que les contemporains (Servigne) développent également diverses analyses sur la phase supposée suivante que constitue l'émergence de nouvelles formes civilisationnelles futures à l'aide de scénarios variant entre l'émergence de sociétés low-tech basées sur l'entraide, des sociétés transhumanistes ou posthumanistes, de conquête spatiale (Jeff Bezos, Elon Musk) ou de troisième révolution industrielle (Jeremy Rifkin). Mais de très nombreux mouvements militants[46] et courants de pensée contemporains (2020) sont porteurs de projets civilisationnels, notamment plus écologiques et moins mondialisés, voire allant dans le sens de l'émergence de noosphère et de noogenèse largement théorisés depuis plus d'un siècle (Cosmisme d'Alexandre Tchijevski, Constantin Tsiolkovski, Nikolaï Fiodorov, Nikolaï Setnitski & Vladimir Vernadski, et philosophie de Pierre Teilhard de Chardin (1922)).

Prévention, préparation, réactions à un potentiel effondrement civilisationnelModifier

Dispositions préventivesModifier

Dispositions collectivesModifier

Décisions et dispositions politiquesModifier

Dispositions individuellesModifier

Choix de vieModifier

Dispositions préparatoiresModifier

Dispositions collectivesModifier

Lois et règlementsModifier

Dispositions individuellesModifier

RéactionsModifier

Réactions collectivesModifier

Réactions individuellesModifier

Indices et prémices d'effondrementModifier

Déclin et effondrement de la fauneModifier

Atteintes des milieux naturelsModifier

Recul et fonte des glaciersModifier

Atteintes biologiquesModifier

Baisse de la population humaineModifier

Analyses critiquesModifier

Critiques de la collapsologie (2015-2018)Modifier

Plusieurs articles, publiés par des auteurs différents, proposant une critique de la collapsologie, ont été publiés depuis la parution du livre de Pablo Servigne et Raphaël Stevens en 2015.

 
Jacques Igalens.

Jacques IgalensModifier

Un article (publié en 2017) de l’enseignant-chercheur Jacques Igalens intitulé «  La collapsologie est-elle une science ?  »[47], au sein duquel il questionne le caractère transdisciplinaire de la collapsologie (sans remettre en question son caractère multidisciplinaire) en soulignant l’absence de paradigme et de fondements communs rapprochant les différents sujets abordés. Selon lui, « le fait de partager un concept », à savoir l’effondrement, « ne construit pas à lui seul une discipline scientifique, qui suppose une articulation de concepts et, dans le cas présent, cette articulation est différente en biologie, en physique, en anthropologie, en psychologie, etc. »[47] Il conclut en écrivant :

« la collapsologie ne produira pas de connaissance nouvelle (ce sont les sciences dont elle dépend qui le feront), mais elle produira une narration nouvelle de notre vie en commun, et c’est certainement aussi utile. »

Bertrand VidalModifier

Interrogé à propos du survivalisme lors de la sortie de son essai intitulé Survivalisme, êtes vous prêts pour la fin du monde ? le sociologue Bertrand Vidal dénie le caractère rationnel de la collapsologie. Il explique que contrairement à la cindynique qui est une science rationnelle des dangers s'intéressant aux façons de surpasser les catastrophes, la collapsologie « insiste uniquement sur le pire »[48]. Il mentionne également le désir de catastrophe faisant écho à Henri-Pierre Jeudy[49]. La collapsologie se distingue donc d'autres démarches comme la cindynique ou la prospective.

Daniel TanuroModifier

Deux articles (publiés en 2015 puis 2018) de Daniel Tanuro, ingénieur agronome et environnementaliste, collaborateur du journal Le Monde diplomatique, fondateur de l’ONG belge Climat et justice sociale, auteur en 2010 de l’essai L’Impossible Capitalisme vert : dans sa critique (2015) de l’essai Comment tout peut s’effondrer, il reproche entre autres aux deux auteurs l’absence d’analyse du capitalisme : « Le lien entre ce système particulier et l’accumulation n’est même pas évoqué. »[50] Dans un second texte publié dans le journal suisse romand d’écologie politique Moins !, Daniel Tanuro approfondit le débat en proposant une analyse comparative de la collapsologie et de l’écosocialisme[51]. Il y critique l’aspect inévitable de l’effondrement tel qu’avancé par les collapsologues ainsi que leur posture qu’il qualifie de « résignation fataliste ». L’effondrement doit selon lui être combattu par des réponses anticapitalistes, en bloquant par exemple les projets d’expansion du capital fossile (ce que Naomi Klein appelle « blockadia » dans son ouvrage Tout peut changer) :

« C’est la lutte qui est à l’ordre du jour, pas la résignation endeuillée[51]. »

Nicolas CasauxModifier

En 2018, Nicolas Casaux, membre du collectif Le Partage et de l’organisation d’écologie radicale internationale Deep Green Resistance, qualifie quant à lui la définition de la collapsologie d’« un peu nébuleuse »[52]. Il écrit à propos de cette dernière qu’elle « se caractérise […] par des perspectives et des analyses parfois contradictoires, ou bien trop limitées[52]. » Selon lui, « le principal problème de la collapsologie relève […] du narcissisme qu’elle perpétue (l’effondrement comme la catastrophe plutôt que la civilisation industrielle comme la catastrophe)[52]. », et il conclut :

« On ne peut que souhaiter que ses promoteurs éclaircissent leur perspective, qu’ils s’affranchissent des relents toxiques de la culture dominante qui les empêchent de prendre position de manière plus déterminée, qu’ils intègrent la critique sociale à leur analyse, qu’ils adoptent une perspective plus compréhensive, biocentrée ou écocentrée, rejoignant ainsi, sans équivoque, le camp de ceux qui luttent contre la « guerre contre le monde vivant » que mène la civilisation industrielle, selon l’expression de George Monbiot[52]. »

Vincent MignerotModifier

En 2018, dans un article intitulé « Intuition et collapsologie », l’écrivain et chercheur indépendant Vincent Mignerot indique que,

« [bien qu’il ait] pu défendre […] le projet ambitionné par la collapsologie, en tout cas son intention transdisciplinaire » et qu’il s’intéresse à « l’étude de l’évolution de nos sociétés dans la perspective d’un déclin ou d’un effondrement »[53], il émet « des réserves quant à certains débords possibles, en raison en particulier d’un manque de clarté dans la définition d’un cadre méthodologique de référence[53]. »

Il précise ne pas se reconnaître dans ce « courant de pensée naissant »[54] et ne se « revendique pas collapsologue »[53]. Malgré qu'il s'en défende, en tant que spécialiste de l'effondrement de la civilisation industrielle, il est souvent considéré comme un collapsologue[55].

Travaux universitaires récents sur la collapsologieModifier

Dans sa thèse de doctorat (2018), l'anthropologue Jean Chamel a mené une ethnographie de certains collapsologues[56]. Ses travaux montrent que ceux-ci ont développé une forte dimension spirituelle qui s'apparente à une « apocalyptique écologique »[57]. Chamel montre ainsi la forte implication des initiateurs de la collapsologie dans l'organisation d'ateliers de « Travail qui relie », des « stages d'écologie profonde » conçus par l'activiste américaine Joanna Macy. La pensée de certains collapsologues est ainsi inséparable d'une approche plus spirituelle de l'écologie, en lien avec la deep ecology, l'écopsychologie et l'écocentrisme, contrairement à ce qu'affirme Nicolas Casaux[52]. Les travaux de Jean Chamel ne tiennent toutefois pas compte des précisions qui ont été apportées par les initiateurs de la collapsologie dans leur essai Une autre fin du monde est possible[58]. Ainsi, ils proposent de marquer une distinction franche entre collapso-logie (étude de l'effondrement) et collapso-sophie (sagesses de l'effondrement) dans laquelle les dimensions spirituelles, artistiques et éthiques sont discutées. Pour le chercheur, cette distinction est utile pour préserver la collapsologie des accusations de religion obscurantiste ou une secte, mais les collapsologues auraient selon lui intérêt à assumer ces interrelations plus en phase avec leur perspective holiste développée notamment au Schumacher College[59].

Le sociologue Cyprien Tasset, membre associé au Laboratoire de Changement Social et Politique de l'université Paris Diderot, a mené une enquête (2019) sur les formes collectives qui se constituent autour d'un catastrophisme centré sur la notion d'effondrement[60]. Contrairement à ce qu'affirme Daniel Tanuro[61], l'enquête montre que les inquiétudes sur le soi-disant caractère dépolitisant ou « défaitiste » de la collapsologie sont à nuancer. Le catastrophisme centré sur la notion d'effondrement pousse la plupart des personnes à chercher des appuis collectifs pour surmonter l’impuissance et l’isolement face à ce difficile constat.

Selon Philosophie Magazine, le terme de collapsologie fait place à celui de « collapsosophie » qui prône une « sagesse de l’effondrement » donnant une dimension crypto-religieuse au discours des collapsogues qui rappelle les sectes chrétiennes du début de notre ère[62]. Pourtant, le livre où pour la première fois apparait le terme « collapsosophie », une autre fin du monde est possible, indique bien que la « collapsologie » consiste en l'étude de l'effondrement en cours et/ou à venir, alors que la « collapsosophie » consiste en l'élaboration d'une façon d'être face aux bouleversements[63].

Pour Catherine Larrère, philosophe et Raphaël Larrère, ingénieur agronome et sociologue, la collapsologie se réclame de la science pour narrer la « Grande accélération » représentée par une croissance exponentielle, une pollution exponentielle, et une population exponentielle mais ils n'apportent pas d'esprit critique aux chiffres sélectionnés. La civilisation thermo-industrielle est un système complexe et interconnecté vulnérable à des perturbations diverses qui, aux yeux des collapsologues, le feront s’effondrer. Mais cette complexité peut aussi rendre le système résilient. Des sous-systèmes bénéficiant d’une certaine autonomie par rapport à l’ensemble du système peuvent continuer à fonctionner, même s’ils le font différemment. Un krach boursier affectera davantage les pays développés tandis que la sécheresse résultant du réchauffement climatique pèsera beaucoup plus sur le Burkina Faso. Les collapsologues se réapproprient des initiatives, comme l’écoféminisme, la permaculture, l’agroécologie, les villes en transition sans voir leur véritables valeurs que sont l'expérimentation de la démocratie comme style de vie et le soin de la nature et des autres humains. Les collapsologues passent du niveau global qu'ils voient s'effondrer au niveau micro-local en négligeant le niveau intermédiaire des États pourtant efficace comme on le voit devant la pandémie actuelle[64].

Collapsologie dans l'art et la communicationModifier

 
René Barjavel, plaque commémorative

Dans la littératureModifier

De très nombreux romans de type post-apocalyptique, souvent adaptés au cinéma, évoquent l'effondrement de la société et sa reconstruction par de petits groupes, notamment dans la littérature de science-fiction anglo-saxonne. Plusieurs romans, écrits par des non spécialistes de ce thème littéraire ont cependant marqué la littérature francophone :

Bien avant l'invention du mot, l'écrivain et journaliste français René Barjavel a publié en 1943 un roman sur ce thème intitulé Ravage, qui sera à nouveau évoqué dans un autre roman de science-fiction, dénommé Le voyageur imprudent. Le romancier imagine un monde où la civilisation industrielle, soudainement privée d'électricité, s'est effondrée en entraînant la reconstruction d'une société sur des bases différentes, ainsi que la création d'une communauté organisée ayant survécu à la catastrophe[65].

Avec son roman post-apocalyptique Malevil, l'écrivain français Robert Merle imagine l'effondrement de la société, à la suite d'un bombardement nucléaire et la reconstruction d'une société humaine dans des conditions archaïques à travers la vie d'un petit groupe. Ce roman a été adapté au cinéma par Christian de Chalonge, en 1981[66].

L'Éternel Adam, nouvelle de Michel Verne, évoque la disparition totale de l'humanité à l'exception de quelques survivants.

En avril 2019, l'écrivaine française Fred Vargas, autrice de romans policiers publie L'humanité en péril, un ouvrage sur la catastrophe climatique et écologique en cours. Sur France-Inter, elle explique qu'elle a voulu faire un ouvrage accessible à tous, pour donner accès aux informations que les gouvernants auraient choisi de passer sous silence sur l'ensemble des conséquences de notre mode de vie : disparition des espèces, augmentation de la température, épuisement des ressources minières. Elle espère de cet ouvrage un sursaut de la population, qui une fois informée, saura sans violence contraindre les gouvernants à changer de cap[67].

Dans la musiqueModifier

La thématique de l'effondrement climatique se développe dans les productions musicales à la fin des années 2000[68].

Au cinémaModifier

Au-delà des nombreux films de fiction évoquant le thème de l'effondrement de la civilisation, le film documentaire, dénommé Demain, réalisé en 2015 par Cyril Dion et Mélanie Laurent[69], est basé sur une réelle éventualité d'un effondrement imminent et présente des solutions alternatives[70], dont la permaculture, l'agroécologie, la monnaie locale, la démocratie participative, le recyclage et la récupération et d'autres possibilités.

Dans la presseModifier

Presse écriteModifier

Une nouvelle revue française trimestrielle évoquant les effondrements possibles de la civilisation fondée sur l'énergie du pétrole et la surexploitation des ressources naturelles sur fond de dérèglement climatique, a été créée par Yvan Saint-Jours (fondateur, entre autres, du magazine La Maison Écologique), Pablo Servigne et Denys Chalumeau. À la suite d'une campagne de financement participatif, ce magazine a pu bénéficier d'un tirage de 50 000 exemplaires avec un site Internet dédié[71]. Il se dénomme Yggdrasil[72]. Les deux premiers numéros ont paru les et 27 septembre 2019.

TélévisionModifier

Le magazine français de télévision d'investigation Complément d'enquête présente un reportage sur la collapsologie lors de son émission, diffusée la première fois le et durant lequel le téléspectateur peut découvrir les principaux défenseurs de la thèse de l'effondrement de la civilisation industrielle dont Pablo Servigne, à l'origine de cette idée, le climatologue Jean Jouzel, mais aussi l'ancien ministre de l'environnement Yves Cochet[40], ainsi que l'actrice Lucie Lucas.

Lors de ce même reportage, le premier ministre français Édouard Philippe déclare, lors d'une interview, être « obsédé » par la thèse du « collapse » depuis qu’il a découvert l’essai du géographe et biologiste américain, Jared Diamond, dénommé Effondrement[73],[74].

En novembre 2019, la chaîne Canal +, diffuse une mini-série de huit épisodes intitulée L'Effondrement. Celle-ci traite de façon réaliste ce qui pourrait advenir juste après que l'effondrement global ait eu lieu dans un futur proche[75].

Sur le webModifier

Médias en ligneModifier

La collapsologie, peu présente dans les médias traditionnels, est très présente sur le web. Il est parfois délicat de distinguer un site "collapso" aux contenu de qualité avec certains blog plus ou moins survivalistes voire complotistes. Néanmoins, il est possible de distinguer une vingtaine de sites d'information, blogs et bibliothèques en ligne portés par des chercheurs, des collapsologues ou des journalistes professionnels[76].

Sur les réseaux sociauxModifier

Depuis la création de cette terminologie et la diffusion des théories qui l'accompagnent dans les médias, les divers réseaux sociaux présents sur le web connaissent une forte inflation du nombre de groupes en lien avec la collapsologie et les autres théories d’effondrement[77].

Dans l'opinion publiqueModifier

Selon Slate, les idées de la collapsologie « semblent très ancrées » dans la société française. Le magazine s'appuie sur un sondage indiquant que « 6 Français sur 10 redoutent un effondrement de notre civilisation ». Les sondés estiment pour 36 % d'entre eux que la cause de cet effondrement, s'il se produisait, serait le réchauffement climatique, 17 % la surpopulation, et 14 % la montée des inégalités. Questionné sur ce à quoi pourrait ressembler le monde après un effondrement, 25 % des sondés « parient sur un retour à la nature individualisé, teinté de survivalisme, 25 % sur un retour à la nature via des communautés autogérées et 19 % par un retour d’États nation plus limités » (26 % des sondés ne se prononcent pas)[78].

Différence avec les pensées eschatologiques traditionnellesModifier

La collapsologie ne s'inscrit pas dans l'idée de la « fin du monde » mais de la fin d'un monde, celui de la « civilisation thermo-industrielle ». Et, se distinguant des pensées eschatologiques traditionnelles, la collapsologie s'appuie sur des données et des concepts issus de travaux scientifiques contemporains. Cependant, cet aspect scientifique est critiqué : pour certains, la collapsologie relève davantage du prophétisme[79].

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

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Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Théories et auteursModifier

Mouvements militantsModifier

Liens externesModifier

Liens vidéoModifier

Liens vers des sitesModifier

Liens vers des articles et podcastsModifier

  1. Jean-Laurent Cassely, « Quitter la ville, les nouvelles frontières de la gentrification », sur Slate.fr, (consulté le 5 mai 2020)