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Justin Trudeau

Premier ministre du Canada depuis 2015

Justin Trudeau
Illustration.
Justin Trudeau en 2018.
Fonctions
Premier ministre du Canada
En fonction depuis le
(3 ans, 6 mois et 16 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur David Johnston
Julie Payette
Gouvernement 29e conseil des ministres
Législature 42e
Prédécesseur Stephen Harper
Chef du Parti libéral du Canada
En fonction depuis le
(6 ans, 1 mois et 6 jours)
Prédécesseur Bob Rae
Député à la Chambre des communes
En fonction depuis le
(10 ans, 7 mois et 6 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Papineau
Législature 40e, 41e et 42e
Groupe politique Libéral
Prédécesseur Vivian Barbot
Biographie
Nom de naissance Justin Pierre James
Trudeau
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Hôpital Civil d'Ottawa
Ottawa, Canada
Nationalité canadienne
Parti politique Parti libéral
Père Pierre Elliott Trudeau
Mère Margaret Sinclair
Conjoint Sophie Grégoire
Diplômé de Université McGill
Université de la
Colombie-Britannique
Profession Professeur de français
Résidence Rideau Cottage, Ottawa

Signature de Justin Trudeau

Justin Trudeau
Premiers ministres du Canada

Justin Trudeau, né le à Ottawa, est un homme d'État canadien, Premier ministre du Canada depuis le .

En 2008, il est élu député de la circonscription de Papineau à la Chambre des communes. Dirigeant du Parti libéral du Canada depuis 2013, il accède à la tête du gouvernement à la suite de sa victoire aux élections fédérales de 2015.

Sommaire

Origines et formation

Justin Pierre James Trudeau est le fils de Pierre Elliott Trudeau (1919-2000), 15e Premier ministre du Canada[1] et de Margaret Trudeau. Jusqu'à 12 ans, les enfants grandissent en Ontario, surtout au 24 Sussex Drive, la résidence officielle des Premiers ministres canadiens. Quand Pierre Elliott Trudeau quitte la politique, Justin a 12 ans et la famille s'installe à Montréal : à partir de ce moment, les enfants Trudeau grandissent à Montréal[2]. Après un cours secondaire au collège Jean-de-Brébeuf (conventum 1991), il obtient un baccalauréat en littérature anglaise à l'université McGill et un baccalauréat en éducation à l'université de Colombie-Britannique. En 1994, avant d'entreprendre avec plusieurs amis un voyage qui l'amènera en France, en Espagne, au Maroc, au Bénin, en Russie, en Chine, en Thaïlande et au Viêt Nam[S 1], il travaille comme videur dans une boîte de nuit pour payer les frais. En 1995, lors du référendum sur la séparation du Québec, Trudeau alors au collège à Montréal prend position en faveur de la Constitution canadienne[3].

 
Jusqu'à 12 ans, Justin grandit en Ontario, au 24 Sussex Drive, la résidence des Premiers ministres canadiens.

De retour au Canada, il travaille comme enseignant de français à la West Point Grey Academy et à l'école secondaire Sir-Winston-Churchill à Vancouver. En 2002, il revient s'établir à Montréal et entreprend des études d'ingénieur à l'École polytechnique de Montréal entre 2002 et 2003[S 2]. Il devient président du programme Katimavik en 2003 et travaille pour la station de radio CKAC en 2004. De 2005 à 2006, il est inscrit à une maîtrise en géographie environnementale à l'université McGill[S 2].

Il épouse le Sophie Grégoire, animatrice de télévision, qui est également instructrice de yoga. Ils ont trois enfants portant le nom de Trudeau : Xavier James (né le ), Ella-Grace Margaret (née le ) et Hadrien Grégoire (né le ).

Le 31 mars 2012, il met KO après six minutes le sénateur conservateur Patrick Brazeau, lors d'un combat de boxe caritatif contre le cancer[4]. Les paris donnaient pourtant Brazeau gagnant à trois contre un[S 3]. Un documentaire intitulé God Save Justin Trudeau relate le combat.

Parcours politique

Débuts

Justin Trudeau fait son entrée sur la scène publique en , avec l'éloge funèbre qu'il prononce pour les funérailles de son père. Radio-Canada reçoit alors de si nombreuses demandes de retransmission que le doyen de la politique québécoise Claude Ryan suggère que l'on assiste peut-être à la première manifestation d'une dynastie[5].

Justin Trudeau appuie le candidat Gerard Kennedy lors du congrès de 2006 à la direction du Parti libéral du Canada. Après l'élimination de Kennedy, il soutient Stéphane Dion.

Ascension

Député fédéral

Le , Trudeau est choisi par les militants du Parti libéral du Canada pour l'élection fédérale suivante comme candidat dans la circonscription de Papineau , dont l'électorat est l'un des plus diversifiés sur le plan socio-culturel et l'un des plus pauvres au Canada[S 4]. Il emporte le siège en battant la députée sortante Vivian Barbot (Bloc québécois). Il est réélu en 2011 et en 2015.

Chef du Parti libéral

Le , Trudeau annonce qu'il sera candidat à la direction du Parti libéral du Canada à la suite de la démission de Michael Ignatieff et à la nomination provisoire de Bob Rae. Dans une course qui le met en lice avec Martin Cauchon, Deborah Coyne, Martha Hall Findlay, Joyce Murray et Karen McCrimmon, il remporte l'élection avec 80,1 % des 104 000 suffrages exprimés[6]. Il entre en fonction comme chef du Parti libéral le .

À la suite du scandale Mike Duffy, qui met en évidence l'absence de contrôle des dépenses des sénateurs, il propose un plan selon lequel les dépenses des parlementaires seraient publiées chaque trimestre, et annonce le dépôt d'un projet de loi visant à ouvrir au public les débats du Bureau de régie interne de la Chambre des communes[7]. En , il dépose au Parlement un projet de loi prévoyant notamment de donner au commissaire à l'information le pouvoir d'ordonner au gouvernement de dévoiler des documents[8],[9].

Le , son parti remporte les élections fédérales avec une majorité de sièges à la Chambre des communes du Canada et il est désigné Premier ministre par le gouverneur général du Canada, David Lloyd Johnston. Les libéraux obtiennent 184 mandats à la Chambre, soit 150 de plus que lors de la 41e législature.

Premier ministre

 
Justin Trudeau et Barack Obama en 2016.

Il prête serment et devient le 23e Premier ministre du Canada le , succédant à Stephen Harper. Au printemps 2016, le magazine Time le classe parmi les cent personnalités les plus influentes du monde[10]. Six mois après son élection, le New York Times consacre un article à son extraordinaire popularité dans les médias sociaux, et rapproche son expertise en matière de médias de celle d'Obama et de John Kennedy[11].

Formation du cabinet

Le cabinet ministériel de Justin Trudeau est assermenté le . Donnant suite à une promesse du Parti libéral, il nomme trente ministres en respectant la parité hommes-femmes, soit 15 femmes et 15 hommes (le cabinet du Premier ministre Stephen Harper comptait douze femmes sur 39 ministres)[12]. Mais pour le professeur de droit public Guillaume Rousseau, cette parité hommes-femmes serait avant tout un paravent publicitaire, seuls les hommes étant responsables des ministères plus importants[13]. Parmi les membres du cabinet, neuf sont capables de s'exprimer en anglais et en français, dont quatre Québécois ; Trudeau s'engage à ne pas exiger de ses ministres unilingues anglophones qu'ils suivent des cours de français[14]. Le jour de son assermentation, le magazine Forbes classe Justin Trudeau au 69e rang sur sa liste annuelle des personnes les plus influentes au monde[15].

Affaires intérieures

Économie et budget

À son arrivée à la tête du gouvernement, qui bénéficie de la politique de rigueur initiée par son prédécesseur, il promet d’augmenter les dépenses publiques mais de revenir à l’équilibre budgétaire en 2019[16]. Le déficit s’élève ainsi à quelque 20 milliards de dollars chaque année à partir de 2016, une situation jugée tenable dans une période de croissance économique[16]. En 2019, le ministre des Finances constate l’échec de la promesse de retour à l’équilibre budgétaire, estimant qu'il faudra attendre « au moins 2040 » avant de le retrouver[16]. L’endettement des ménages atteint le niveau record de 170 % de leurs revenus[16].

Fédéralisme et question du Québec

Justin Trudeau se rallie en 2006, sous le gouvernement de Stephen Harper à une forme de reconnaissance du Québec en acceptant la proposition du gouvernement Harper de reconnaître la nation québécoise comme « une nation au sein d'un Canada uni. » Cette position, qui s'inspire de la société distincte de Robert Bourassa[17], faisait avancer Justin Trudeau vers une plus grande ouverture d'esprit que face à des épisodes antérieurs où il était plutôt contre la notion de société distincte[18]. En 2017, Justin Trudeau refuse l'invitation lancée par le gouvernement libéral du Québec et son Premier ministre Philippe Couillard de rouvrir la question constitutionnelle au Canada[19],[20],[21]. En 2018, il indique que la présence d'un mouvement séparatiste dans un pays, en incluant le Canada, peut constituer un risque de violence[22].

Dans son approche du fédéralisme canadien, il affirme vouloir travailler avec les provinces dans un esprit de consultation et de cogestion. Il suggère principalement un fédéralisme de réconciliation et un retour à l’esprit fédéral. Les moyens qui devraient être utilisés pour promouvoir cette vision du fédéralisme sont selon lui la collaboration dans le respect des différences en vue d’atteindre des objectifs communs. Dans sa perspective fédérale, Justin Trudeau semble aussi vouloir tendre la main aux provinces et aux peuples autochtones. Enfin on peut également noter que l’approche fédérale de Justin Trudeau, dans un langage plus technique, s'oriente surtout autour d'une mixité où fédéralisme coopératif exécutif et fédéralisme coopératif axé sur les provinces se côtoient[23],[24],[25].

Mais à l’issue de son mandat, les relations entre le gouvernement fédéral et plusieurs provinces sont fortément dégradées, notamment en raison de questions financières ainsi que de plusieurs projets d’infrastructures et environnementaux[16].

Institutions

En 2015, il se déclare favorable à des votes libres des députés au Parlement, à un processus ouvert de nomination des candidats et à l'élimination de toute publicité gouvernementale à coloration partisane[S 5]. Il se prononce contre un mode de scrutin proportionnel. Affirmant durant la campagne de 2015 que cette élection serait la dernière dans le mode de configuration uninominal à un tour s'il était élu, il abandonne toutefois en 2017 tout projet de réforme du mode d'élection de la Chambre des communes estimant qu'il ne se dégage pas de « consensus » autour de la question. Cette décision est critiquée comme une « trahison des électeurs » par Elizabeth May ou Rona Ambrose[26], qui estiment que le Parti libéral fait passer ses intérêts avant le bien commun.

Estimant que le Sénat est miné par les deux problèmes majeurs que sont le sectarisme et le favoritisme politique, il annonce en un plan de réforme en vertu duquel « seuls les députés élus de la Chambre des communes seront membres du caucus libéral national ». En conséquence, les 32 anciens sénateurs libéraux ne sont plus membres du caucus. Il s'engage également à « mettre en place un processus public, ouvert et transparent pour nommer et confirmer les sénateurs [et à] nommer seulement des sénateurs indépendants[27] ».

Sujets de société
Immigration
 
Justin Trudeau au cimetière national d'Arlington (2016).

Justin Trudeau s'engage en faveur de l'immigration. Il défend le port du hijab qu'il considère comme un droit. En août 2016, le port du hijab est ainsi autorisé au sein de la police fédérale[28], tout comme l'est le port du turban pour les Sikhs dans la Gendarmerie royale du Canada depuis 1990[29].

En 2011, il avait critiqué l'usage du terme « barbare » dans un document du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration à destination des immigrés au Canada, document qui condamne notamment l'excision, estimant que « la valeur subjective de ce mot fait en sorte qu'il est facile de le voir comme une insulte plutôt que comme une déclaration officielle »[30]. La polémique ressurgit en 2017, lors de la refonte de ce document, où dans la version préparatoire le terme « barbare » ne figure plus, ce qui suscite des critiques[31],[32].

En 2015, il annonce vouloir accueillir 25 000 Syriens et son gouvernement se donne pour objectif d’accueillir en 2016 entre 280 000 et 305 000 nouveaux résidents permanents ce qui représente une augmentation de 7 % par rapport à 2015, la majorité des migrants appartenant à la catégorie de l’immigration économique[33].

Il assouplit également les conditions d’accès à la nationalité canadienne tout en modifiant la loi sur la citoyenneté et en supprimant la déchéance de nationalité des binationaux condamnés pour actes de terrorisme ou crimes contre l'intérêt national[34].

Premières Nations
 
Justin Trudeau souhaite redéfinir le cadre légal des droits des Autochtones du Canada.

Lors de sa nomination, Justin Trudeau promet un meilleur cadre légal dans le but de garantir le respect des droits des Autochtones inscrits dans la Constitution du Canada[35],[36].

Euthanasie

Le , le gouvernement dépose le projet de loi C-14, qui autorise l'aide à la mort pour les personnes qui remplissent « trois conditions : le demandeur devrait être atteint de problèmes de santé « graves et irrémédiables », éprouver des « souffrances persistantes qui lui sont intolérables au regard de sa condition », et être en mesure d'offrir un consentement éclairé[37] ». Lors du vote à la Chambre, les députés libéraux n'ont pas de directive à suivre, à l'exception des membres du Cabinet. Les autres partis laissent la liberté de choix à leurs députés sur cette question[38].

Légalisation de la marijuana

Lors de la « journée internationale du cannabis », le , la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, annonce l’intention du Canada de déposer un projet de loi afin de légaliser et réglementer la marijuana à des fins « récréatives », notamment pour limiter le marché noir[39]. Le gouvernement dépose ce projet de loi le . Il prévoit d’ajouter des programmes de prévention gérés par les provinces et l’augmentation de l'âge minimal de 18 ans selon chaque province. Le texte dispose également que les citoyens puissent avoir quatre plants de 100 centimètres maximums en plus d'une possession légale de 30 grammes de cannabis en public[40].

Environnement

Le , Trudeau se rend à New York afin de signer l'accord de Paris sur le climat. Il annonce la mise en place, au cours de la même année, d'un plan national en la matière et rappelle que « son gouvernement s'est engagé à verser 2,65 milliards de dollars sur cinq ans pour aider certains pays à lutter contre les changements climatiques[41] ».

En dépit de ces déclarations écologiques, il signe un projet visant l'exportation du gaz de schiste d'une valeur de 36 milliards de dollars[13]. Il s’abstient de signer la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui précise que les États doivent consulter les peuples autochtones concernés par des projets ayant des incidences sur leurs terres et leurs ressources[42]. En , la commissaire à l’Environnement déplore que « le gouvernement a préféré faire des réunions à l’international, créer des comités et écrire des rapports plutôt que de réellement protéger la biodiversité[43]. » En mai de la même année, il nationalise l'oléoduc contesté de Trans Montains (Colombie-Britannique) afin d'augmenter sa capacité, ce qui surprend son camp politique, cette décision allant à l'encontre de ses engagements pour le changement climatique en 2015[44].

Pendant son mandat, le Canada ne respecte pas son projet de réduction d'émissions de gaz à effet de serre — pourtant considérées comme peu ambitieuses (baisse de 30 % d’ici à 2030) —, la différence entre les promesses et les résultats augmentant même chaque année[16].

Baisse de popularité et crise de 2019

En 2018, les médias observent une chute de Justin Trudeau dans les sondages, « montré du doigt pour la vacuité de sa diplomatie, son hésitation sur les questions politiques brûlantes et son manque de substance », sa profusion de communication sur les réseaux sociaux étant tournée en dérision[44].

À partir de février 2019, il est confronté à une grave crise politique, après qu'il est accusé d'avoir fait pression sur la justice, notamment sur Jody Wilson-Raybould, pour mettre un terme aux poursuites contre le groupe SNC-Lavalin, soupçonné de corruption[45]. En raison de ce scandale, plusieurs membres du gouvernement et proches de Trudeau démissionnent.

Politique étrangère

Diplomatie
 
Justin Trudeau en Inde en 2018.

Justin Trudeau conduit une politique étrangère opposée à l'utilisation directe de la force militaire et favorable à une action dans le cadre de l'ONU et des casques bleus. L'une de ces premières décisions dans ce domaine est la fin des frappes canadiennes contre l'État islamique (EI) en Syrie et en Irak, déclarant souhaiter concentrer ses efforts dans la formation de troupes locales pour combattre les djihadistes[46]. Il défend également l'aide au développement[16].

Sa politique internationale fait régulièrement l'objet de critiques et d’accusation d’amateurisme[16]. En matière de diplomatie, l’université Carleton lui accorde en la note de C-[16]. En , il provoque un incident diplomatique lors d'un séjour en Inde en invitant un Sikh séparatiste extrémiste à une réception ; il se voit également critiqué et moqué lorsqu'il revêt chaque jour une tenue traditionnelle indienne différente[16]. Il est aussi tenu partiellement pour responsable de l’échec de Michaëlle Jean à se voir reconduire à la fonction de secrétaire général de la Francophonie[16].

En 2019, son ancien conseiller Jocelyn Coulon déclare : « En 2015, Justin Trudeau a promis le retour du Canada sur la scène internationale. Non seulement cela ne s'est pas concrétisé, mais quatre ans après son élection, notre situation est très embarrassante. Le Canada se retrouve dans la situation exceptionnelle où il entretient des relations tendues sinon exécrables avec les quatre grandes puissances mondiales : les États-Unis, la Russie, la Chine et l'Inde. […] Il existe un aveuglement idéologique de la part de dirigeants canadiens qui font de l'imposition des principes libéraux au reste du monde une véritable croisade. »[16]

Position vis-à-vis Israël

II maintient la politique pro-israélienne de son prédécesseur Stephen Harper. En février 2016, il se range derrière une motion déposée par les conservateurs qui condamne toute promotion du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS)[42].

Relations avec Cuba

À l’occasion de la mort de Fidel Castro, en novembre 2016, Justin Trudeau diffuse un communiqué dans lequel il rend hommage à l'ex-chef d'État cubain communiste[47], ami de son père Pierre Elliott Trudeau. Les termes de cette déclaration provoquent de vives réactions politiques[48] et sur les réseaux sociaux[49].

Exportation de blindés en Arabie saoudite
  Cette section est trop longue. Elle pourrait gagner à être raccourcie ou répartie en plusieurs sous-sections.
Il est également possible que sa longueur crée un déséquilibre dans l'article, au point d'en compromettre la neutralité en accordant à un aspect du sujet une importance disproportionnée.
 
Justin Trudeau et le président des États-Unis Donald Trump (2018).

En 2014, le ministre John Baird, du gouvernement de Stephen Harper, avait conclu une entente avec l'Arabie saoudite portant sur la vente de plusieurs centaines de véhicules blindés légers, du type LAV 6, fabriqués par General Dynamics Land Systems à London, contrat négocié par la Corporation commerciale canadienne et pouvant atteindre un total de quinze milliards de dollars[50]. Ce contrat faisait suite à trois précédents contrats de vente de LAV conclus avec le même pays en 2006, 2009 et 2011, pour une valeur de huit milliards de dollars[50]. Lors de l'élection du gouvernement libéral, plusieurs voix se font entendre afin que ce contrat soit résilié en raison de la situation des droits de l'homme en Arabie saoudite. D'autres expriment des craintes concernant le fait que ce matériel serve à des opérations dans le cadre des guerres au Yémen et en Syrie. Le , le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion décide toutefois de respecter ce contrat militaire et signe le permis d'exportation[51].

Cette décision, en plus de contrevenir au cadre législatif canadien en matière de vente d'armes, contrevient aussi au Traité sur le commerce des armes de l'ONU, que le gouvernement de Stephen Harper avait refusé de signer. Elle contraste aussi avec une décision du Parlement européen réclamant un embargo sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite et avec le fait que le gouvernement allemand avait précédemment refusé d'autoriser une transaction similaire que voulait effectuer la compagnie Rheinmetall[50]. Enfin, il apparaît que la compagnie américaine General Dynamics se sert de sa filiale et d'un relâchement des règles canadiennes en matière d'exportation d'armes, autorisée par le gouvernement Harper depuis plusieurs années, afin de contourner le contrôle du Congrès américain sur ce type d'exportations[50]. Un groupe de juristes montréalais entend contester cette décision devant la Cour fédérale afin que soit déclarée illégale la délivrance du permis d'exportation[52]. Selon un expert, « Ottawa viole le droit international en vendant des blindés à l'Arabie saoudite »[53]. Le gouvernement de Justin Trudeau fait passer le Canada de la sixième à deuxième place des plus grands exportateurs d'armes vers le Moyen-Orient, en particulier en raison du rapprochement avec l'Arabie saoudite[42].

Autres controverses

En janvier 2017, la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique enquête sur des vacances offertes par Karim Aga Khan IV à Trudeau, qu'il a acceptées alors que les voyages proposés et payés avec l'argent privé d'autrui sont interdits aux élus. En juillet 2017, le gouvernement Trudeau présente ses excuses, en plus d'une indemnité de 10,5 millions de dollars, à l'ex-enfant-soldat Omar Khadr afin de le dédommager pour les sévices qu'il a subis lors des 10 années passées à la prison américaine de Guantanamo. Cette décision a soulevé la controverse et a été vertement critiquée par le Parti conservateur. Son chef, Andrew Scheer, a dénoncé le gouvernement «pour avoir fait d’un terroriste, un millionnaire».

Début juin 2018, CBC (le réseau anglais de la télévision nationale du Canada), ressort une histoire d'inconduite sexuelle sur une journaliste œuvrant dans un journal national. Justin Trudeau déclare alors qu'il n'aurait pas agit de la sorte s'il avait su que la journaliste travaillait pour un journal national[54]. Dix-huit ans plus tard, Justin Trudeau déclare qu'il se rappelle très bien de ce voyage à Creston, mais qu'il n'a aucun souvenir d'avoir eu une « interaction négative » avec qui que ce soit cette journée-là[55]. Interrogé en janvier 2018 par une journaliste de CBC, dans une entrevue télévisée, Justin Trudeau déclare qu'il n'existe aucun contexte qui pourrait exonérer une personne de sa responsabilité face à des gestes posés dans le passé[56].

Résultats électoraux à Papineau

Élection fédérale de 2015
Candidat Parti # de voix % des voix
     Yvon Vadnais Conservateur +02 376, 4,68 %
     Maxime Claveau Bloc québécois +06 192, 12,19 %
     Justin Trudeau (sortant) Libéral +26 293, 51,78 %
     Anne Lagacé Dowson NPD +13 240, 26,07 %
     Danny Polifroni Vert +01 432, 2,82 %
     Tommy Gaudet Rhinocéros +00324, 0,64 %
     Peter Macrisopoulos Marxiste-léniniste +00144, 0,28 %
     Chris Lloyd Indépendant +00512, 1,01 %
     Kim Waldron Indépendant +00159, 0,31 %
     Berverly Bernardo Indépendant +00106, 0,21 %
Total 50 778 100 %


Élection fédérale de 2011
Candidat Parti # de voix % des voix
     Shama Chopra Conservateur +02 021, 4,73 %
     Vivian Barbot Bloc québécois +11 091, 25,93 %
     Justin Trudeau (sortant) Libéral +16 429, 38,41 %
     Marcos Radhames Tejada NPD +12 102, 28,29 %
     Danny Polifroni Vert +00806, 1,88 %
     Peter Macrisopoulos Marxiste-léniniste +00228, 0,53 %
     Joseph Young Indépendant +00095, 0,22 %
Total 42 772 100 %


Élection fédérale de 2008
Candidat Parti # de voix % des voix
     Mustaque Sarker Conservateur +03 262, 7,63 %
     Vivian Barbot (sortante) Bloc québécois +16 535, 38,69 %
     Justin Trudeau Libéral +17 724, 41,47 %
     Costa Zafiropoulos NPD +03 734, 8,74 %
     Ingrid Hein Vert +01 213, 2,84 %
     Mahmood Raza Baig Indépendant +00267, 0,62 %
Total 42 735 100 %

Notes et références

  1. p. 6.
  2. a et b p. 20.
  3. p. 9.
  4. p. 23
  5. p. 30
  1. Mathieu Bock-Côté, « Justin Trudeau et le rêve canadien », Conflits, no 11, oct.-décembre 2016, p. 16-19 ; « Son père est certainement la figure politique canadienne la plus importante de la deuxième moitié du XXe siècle ».
  2. https://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/justin-trudeau/
  3. https://www.youtube.com/watch?v=6B8IrpWVaoE
  4. « Combat caritatif : Justin Trudeau bat Patrick Brazeau », Cyberpresse, publié le 31 mars 2012.
  5. (en) Tonda MacCharles, « Spotlight on Justin sparks talk of dynasty: Trudeau's final resting place », Toronto Star, 5 octobre 2000 [lire en ligne].
  6. « Chefferie du Parti libéral du Canada : Justin Trudeau devient chef du parti », Huffington Post, 14 avril 2013.
  7. (en) « Trudeau releases plan to show what MPs are spending », The Globe and Mail, 5 juin 2013.
  8. « Trudeau veut faciliter la vie des demandeurs d'accès à l'information », La Presse, le 11 juin 2014.
  9. « Commissaire à l'information : Suzanne Legault », sur Commissariat à l'information du Canada, depuis le 30 juin 2010.
  10. La Presse, 21 avril 2016, Justin Trudeau parmi les 100 personnalités les plus influentes du Time.
  11. (en) The New York Times, 26 avril 2016, Justin Trudeau, Politician and Star of His Own Viral Universe
  12. « Tasha Kheiriddin: Spare us the fawning — Trudeau appointed just three more women to cabinet than Harper did », sur Nationalpost.com (consulté le 20 janvier 2016).
  13. a et b Pour en finir avec le faux progressisme du Premier ministre canadien Justin Trudeau, Guillaume Rousseau, lefigaro.fr, 27 octobre 2016
  14. « Le français pas obligatoire au gouvernement Trudeau », sur JournaldeMontreal.com (consulté le 20 janvier 2016).
  15. Mélanie Marquis, La Presse canadienne, « Justin Trudeau, 69e sur la liste des puissants du magazine Forbes », sur La Presse (Montréal), le 6 novembre 2015.
  16. a b c d e f g h i j k et l https://www.slate.fr/story/174729/canada-justin-trudeau-scandale-bilan-politique?amp
  17. https://ici.radio-canada.ca/breve/19310/ephemeride-quebec-est-une-societe-distincte-libre-
  18. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/580282/biographie-justin-trudeau
  19. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1037240/quebec-constitution-philippe-couillard-reactions-pq-qs-caq-plq
  20. https://ottawacitizen.com/opinion/columnists/jedwab-philippe-couillards-vision-of-canada-is-wrong
  21. https://www.sqrc.gouv.qc.ca/documents/relations-canadiennes/politique-affirmation.pdf
  22. https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/gravel-le-matin/segments/entrevue/60510/inde-justin-trudeau-pq-souverainete
  23. https://www.fss.ulaval.ca/actualites/justin-trudeau-et-le-federalisme-de-reconciliation
  24. http://policyoptions.irpp.org/fr/magazines/juin-2017/justin-trudeau-et-le-federalisme-de-reconciliation/
  25. http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/francois-cardinal/201804/20/01-5161940-quand-justin-trudeau-contredit-justin-trudeau.php
  26. Justin Trudeau renonce à la réforme du mode de scrutin : réaction de l'Opposition, ici.radio-canada.ca.
  27. « Mettre fin à la partisanerie et au favoritisme politique au Sénat », liberal.ca.
  28. Canada: Le port du hijab autorisé au sein de la police fédérale, 20minutes.fr, 24 août 2016.
  29. Port du turban.
  30. Joël-Denis Bellavance, « Justin Trudeau s'emporte puis s'excuse », lapresse.ca, 15 mars 2011.
  31. Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, accusé (à tort) d'excuser l'excision, FranceTV, 1er août 2017.
  32. Caroline Valentin, « Trudeau, le Canada et l'excision: derrière la polémique, le paradoxe du multiculturalisme », lefigaro.fr, 1er août 2017.
  33. Le Canada double son objectif d’accueil en 2016 à… 50 000 réfugiés syriens!, rcinet.ca, 9 mars 2016
  34. Le Canada renonce à la déchéance de nationalité, lemonde.fr, 26 février 2016
  35. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1083950/trudeau-projette-un-nouveau-cadre-legal-pour-garantir-les-droits-des-autochtones
  36. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1098441/perry-bellegarde-droits-autochtones-justin-trudeau
  37. Radio-Canada, L'aide médicale à mourir seulement lorsque la mort est « raisonnablement prévisible », 14 avril 2016.
  38. Le Devoir, Seul le cabinet ne peut voter selon sa conscience, répète LeBlanc, 20 avril 2016.
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