Normalien

Un normalien est un élève d'une école normale supérieure.

En France, les seules écoles normales en activité sont celles de Paris, Lyon, Paris-Saclay et Rennes.

Les élèves des écoles normales supérieures sont recrutés sur concours, le plus souvent à l'issue d'une classe préparatoire. Ils ont le statut de fonctionnaires-stagiaires. Ils sont rémunérés le temps de leurs études en l'échange de l'engagement décennal les obligeant à travailler 10 ans dans la fonction publique.

Certains élèves sont recrutés sur dossier. Ils ne sont pas fonctionnaires-stagiaires mais normaliens-étudiants. Ils peuvent porter le titre de normaliens et reçoivent le même diplôme que les autres.[1],[2].

Longtemps critiqués comme constituant une « caste »[3],[4], ils ont un esprit de corps souligné par le jargon normalien[5],[6].

Statut des normaliensModifier

Engagement décennalModifier

Les élèves des écoles normales supérieures, nommés chaque année par arrêté du ministre chargé de l'Enseignement supérieur[7], bénéficient de la qualité de fonctionnaires stagiaires, et sont soumis à un régime d'études particulier fixé par les établissements. Ils devront travaillent au service de l'État au moins dix ans à compter de leur intégration, la loi leur demandant de rembourser la somme dans le cas contraire.

La clause dite d'« engagement décennal », issue du statut de l'Université de Napoléon Ier (1806)[8], a été fixée sous sa forme actuelle par le décret du [9], qui prévoit que cet engagement concerne le service public dans son ensemble, et non les seules fonctions d'enseignement comme auparavant. Ce décret établit également les mesures consécutives à la rupture de cet engagement.

Concours d'entrée pour devenir fonctionnaire stagiaireModifier

Le concours d'entrée à l'École normale fut créé en 1815 par le philosophe libéral Royer-Collard[10]. Par la suite, le concours de la section des lettres fut réformé à plusieurs reprises : création des épreuves orales (1843), suppression de l'épreuve obligatoire de grec ancien (Lavisse, 1904), suppression de l'épreuve obligatoire de thème latin (Flacelière, 1968), création de la série « sciences sociales » (Poitou, 1982), création d'une épreuve obligatoire de langues (Guyon, 1991), harmonisation de nombreuses épreuves de l'écrit avec l'ENS de Lyon (Canto-Sperber, 2009-2010).

Le concours d'entrée à la section des sciences a connu plus d'évolutions au fil du temps, notamment à la suite de la constitution précoce de banques d'épreuves. Le concours scientifique a été individualisé dès 1830 par Cousin.

UniformeModifier

Le premier uniforme des normaliens était d'inspiration militaire[11], il était relativement proche de celui de l'École polytechnique. Il se composait d'un habit bleu à collet retombant avec deux palmes sur chaque coin, d'un pantalon et d'un gilet bleus[12]. Les palmes, seul ornement, constituaient le symbole de l'Université napoléonienne.

Le ministre Lazare Hippolyte Carnot a confié à l'académicien Jean-Antoine Letronne la présidence d'une commission devant le moderniser[13],[14]. Le projet a été abandonné.

Les élèves ont été dispensés du port de l'uniforme le [15]. Il n'a toutefois pas été aboli et a été modifié le [16].

Il existe toujours aujourd'hui mais n'est porté qu'aux cérémonies.

Autres surnomsModifier

  • Ulmard, Ulmien ou Ulmite pour un élève ou un ancien élève de l'ENS de la rue d'Ulm
  • Cloutard, Cloutier ou Cloud pour un ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud, disparue en 1985
  • Sévrienne pour une ancienne élève de l'École normale supérieure de jeunes filles (Sèvres), disparue en 1985
  • Fontenaysienne pour une ancienne élève de l'ENS de Fontenay-aux-Roses, disparue en 1985
  • Lyonnais(e) pour un élève ou un ancien élève de l'ENS sciences (1987-2010), de l'ENS Lettres et Sciences humaines (1999-2010) ou de l'ENS Lyon, réunion des deux précédentes (depuis 2010)
  • Cachanais(e) ou Kchanais(e) pour un élève ou un ancien élève de l'ENS Paris-Saclay
  • Kerlannais(e) ou Rennais(e) pour un élève ou un ancien élève de l'ENS de Rennes
  • Normaloïde, Ulmoïde, Lyonnoïde, Cachanoïde, Kerlanoïde ou Goimard pour un étudiant non-normalien suivant des cours à l'ENS, tout en étant inscrit dans une autre université
  • Archicube, pour un ancien élève de l'ENS Ulm

Notes et référencesModifier

  1. « Arrêté relatif à l'admission des auditeurs libres », sur legifrance.gouv.fr
  2. « Département Littérature et langages (LILA) », sur ens.fr (consulté le )
  3. Pierre Bourdieu, La noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps, Paris, Éditions de Minuit, 1989
  4. Patrick Besson, « L'anormalien », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  5. Alain Peyrefitte, Rue d'Ulm. Chroniques de la vie normalienne, Fayard, 1994 (rééd.)
  6. Jules Romains, Les Copains, Paris, 1913
  7. http://textes.droit.org/JORF/2010/03/02/0051/0070/
  8. Loi du 10 mai 1806 relative à la création de l'Université impériale, art. 112 : « Les élèves qui se présenteront à ce concours devront être autorisés, par leur père ou par leur tuteur, à suivre la carrière de l'Université. Ils ne pourront être reçus au pensionnat normal qu'en s'engageant à rester dix années au moins dans le corps enseignant. » ; « (Les élèves) seront entretenus aux frais de l'Université, et astreints à une vie commune » (art. 115)
  9. Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure. Le livre du bicentenaire, PUF, 1994, p. 434
  10. Circulaire du 16 novembre 1815 de Pierre-Paul Royer-Collard, président de la Commission de l'Instruction publique. Un règlement de 1816 fixe les quatre épreuves pour l'entrée à la section des lettres (discours latin, discours français, questions de cours de rhétorique, de philosophie et d'histoire, explications d'auteurs classiques).
  11. Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure. Le livre du bicentenaire, PUF, 1994
  12. http://www.asmp.fr/travaux/exceptionnelles/leclant_wallon.pdf
  13. « Carnot (Lazare Hippolyte) », sur inrp.fr (consulté le ).
  14. Jean Leclant, « L'École normale supérieure et l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : passé, présent et futur », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1999, 138, n°4
  15. Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure. Le livre du bicentenaire, PUF, 1994, p. 431
  16. France. Ministère de l'instruction publique, Bulletin administratif de l'instruction publique, , 1078 p. (lire en ligne), p. 393.

Articles connexesModifier