Jean-Jacques Barthélemy

archéologue, numismate et homme de lettres français

Jean-Jacques Barthélemy, dit l’abbé Barthélemy, né le à Cassis en Provence et mort à Paris le , est un ecclésiastique, archéologue, numismate et homme de lettres français. Il déchiffra l'alphabet palmyrénien en 1754 et l'alphabet phénicien en 1758.

BiographieModifier

Jean-Jacques Barthélemy est le fils de Joseph Barthélemy et Magdeleine Rastit. Il est également l'oncle de François de Barthélemy, de l'abbé André Barthélemy de Courcay et de Joseph Anicet Barthélemy.

Après des études classiques au collège de l’Oratoire à Marseille, il suit des cours de philosophie et théologie au collège jésuite, puis entre au séminaire des lazaristes. Tout en se préparant à la prêtrise, il tourne son attention vers les langues orientales et il est introduit par un ami marseillais à l’étude des antiquités classiques, et plus particulièrement de la numismatique. Il déchiffra notamment l'alphabet palmyrénien, servant à écrire la langue de Palmyre qui était un dialecte de l'araméen.

Venu à Paris en 1744 avec une lettre d'introduction pour Claude Gros de Boze, secrétaire perpétuel de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres et garde du Cabinet des médailles au sein de la Bibliothèque du roi, il devient son assistant et entre à l'Académie en 1747. En 1753, il prend la succession de Gros de Boze et conserve ce poste jusqu’à la Révolution.

Le 20 novembre 1751, il prend possession de la prévôté de Courçay, bénéfice dépendant du chapitre de la collégiale Saint-Martin de Tours, après avoir présenté un indult du président de Cotte, "président de la seconde chambre des requêtes du Palais" à Paris. Le 16 mars 1765, recommandé par le duc de Choiseul, proposé par le secrétaire d'Etat à la Maison du Roi, il est nommé à la seconde dignité de cette collégiale, l'une des plus riches du royaume et devient Trésorier. Il prend possession de ce bénéfice par procuration le 18 avril suivant et devient de fait "baron de Châteauneuf". Il ne viendra jamais à Tours mais perçoit tous les revenus, y compris ceux attachés à la présence aux assemblées capitulaires. Pourtant, il n'est pas chanoine prébendé mais chanoine "ad effectum". Sa prévôté de Courçay passe à son neveu André, qui l'assiste au Cabinet des médailles. L'ensemble des revenus qu"il tire de ce bénéfice avoisine les 20 000 livres par an. Il entreprend de vendre une partie du temporel immobilier comme l'hôtel du Château-Vieux (12 000 livres), la maison appelée "hôtel du Petit-Saint-Martin" (12800 livres) et des droits d'indemnité pour 2400 livres. La somme récupérée est placée "à titre de constitution de rentes à 4% sur le Clergé de France" et lui rapporte 1088 livres annuellement[1].

Au cours de son mandat, il double pratiquement la collection. Pendant trois ans, il parcourt l’Italie et visite les ruines de Pompéi, de Paestum et de Herculanum en compagnie du futur duc de Choiseul, alors ambassadeur de France. À cette époque, il correspond également avec le comte de Caylus, son collaborateur au cabinet des médailles. Lors de son retour en France, Barthélemy devient un familier de la maisonnée de Choiseul, qui le tient en grande estime.

 
Le duc de Choiseul, en compagnie de Mme de Brionne et de l’Abbé Barthélemy.

Au mois de , l'abbé Barthélemy est choisi par Malesherbes, directeur de la Librairie, comme deuxième censeur de l'ouvrage De l'esprit du philosophe Claude-Adrien Helvétius[2]. En 1788, il publie son Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, ouvrage illustré des cartes du géographe Jean-Denis Barbié du Bocage, qui lui vaut d'être élu l'année suivante à l’Académie française.

Pendant la Révolution, en , Barthélemy est arrêté en tant qu’aristocrate et brièvement incarcéré. Le Comité de salut public, aussitôt informé par la duchesse de Choiseul, ordonne sa libération immédiate[C'est-à-dire ?]. La même année, il est nommé conservateur de la Bibliothèque nationale, poste qu'il refuse pour reprendre son ancienne fonction de garde du département des médailles et antiques. Il enrichit encore la collection nationale avec plusieurs acquisitions de valeur. Ses biens ayant été en partie confisqués dans le cadre de la loi sur les biens du clergé, il meurt le dans une relative indigence, ayant tout de même fait nommer son propre neveu, André Barthélemy de Courcay, au poste de président du Conservatoire. Le philologue et orientaliste Wilhelm Gesenius a cependant beaucoup contribué à sa gloire à titre posthume en lui donnant raison au sujet de certaines de ses interprétations épigraphiques[3].

Principales publicationsModifier

Dissertations et mémoires
  • Explication de la mosaïque de Palestrine, 1760
  • Entretiens sur l'état de la musique grecque vers le milieu du IVe siècle avant l'ère vulgaire, 1777 Texte en ligne
  • Dissertation sur une ancienne inscription grecque relative aux finances des Athéniens, 1792
  • Mémoires sur la vie et quelques-uns des ouvrages de Jean-Jacques Barthélemy, écrits par lui-même en 1792 et 1793, 1798
Œuvres réunies

IconographieModifier

 
Médaillon de l'abbé Barthélemy sculpté par Victorien Bastet situé sur la façade de l'aile "bibliothèque" du musée d'art de Toulon.

Un buste de Jean-Jacques Barthélemy par Jean-Antoine Houdon est exposé dans la salle de lecture du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France et trois autres sont au Château Barthélemy dans les Yvelines chez les descendants de la famille Barthélemy.

Une médaille posthume à son effigie fut présentée par Pierre-Simon-Benjamin Duvivier au Salon de 1798.

Notes et référencesModifier

  1. Christophe Maillard, Le chapitre et les chanoines de la "Noble et Insigne Eglise de Saint-Martin de Tours" au XVIIIe siècle (1709-1790), thèse Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, 2007, volume 3, pages 1977-1978.
  2. (Ed. Jonas Steffen) Claude-Adrien Helvétius, De l'esprit, Paris, Champion, , 597 p. (ISBN 978-2-7453-3021-5), p. 20
  3. "Abbé Jean-Jacques Barthélemy", in Je m'appelle Byblos, Jean-Pierre Thiollet, H & D, 2005, p. 249-250.

Source partielleModifier

Voir aussiModifier

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