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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Génie.

Le génie militaire (souvent abrégé en « le génie » lorsqu'il désigne « l’arme du génie » de l’Armée de terre d’un État) est l'ensemble des techniques d’attaque et de défense des places, des postes, et de construction des infrastructures nécessaires aux armées au combat. Le terme désigne par extension le corps des troupes de cette arme. Un homme du génie, pionnier ou sapeur, est un militaire spécialiste des techniques du génie militaire et de leur mise en œuvre dans des conditions de combat. Le génie militaire peut donc accomplir une grande variété de tâches dont des fortifications, constructions ou réparations de routes, de ponts, de voies de chemins de fer ou toute infrastructure de transport, pose ou destruction de champs de mines, etc. De manière plus générale, il doit permettre ou faciliter le mouvement ou le soutien aux forces armées et gêner le mouvement des forces ennemies.

États-UnisModifier

FranceModifier

Génie
 
Insigne de béret de l'arme du génie.

Pays   France
Branche Armée de Terre
Type Arme
Rôle aménagements du terrain
Surnom Sapeur
Couleurs Noir et Rouge
Devise Parfois détruire, souvent construire, toujours servir !
Anniversaire Sainte Barbe
(4 décembre)
 
Fourreau d’épaule du génie.

Anciennement, « le génie » était une des composantes de l'Armée de terre qui devait remplir trois missions : combattre, construire et protéger. Aujourd'hui, le génie militaire est divisé en trois composantes :

  • le « service du génie », qui a rejoint le service d'infrastructure de la Défense au sein du secrétariat général pour l'Administration ; il a la responsabilité des infrastructures appartenant au ministère de la Défense ;
  • le « génie de combat » composé de régiments, au sein des brigades de décision, d'engagement d'urgence et « multirôles », qui peuvent être engagés pour appuyer d'autres unités de l'armée ; ses missions sont l'aide à la mobilité, à la contre-mobilité et l'appui aux unités ;
  • la « composante sécurité du génie » qui regroupe la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) — 8 600 hommes mis à la disposition de la préfecture de police de Paris — et les formations militaires de la Sécurité civile (FORMISC), soit deux régiments et une unité mis à la disposition du ministère de l'Intérieur pour intervenir en France et à l'étranger.

Service du génieModifier

Le génie désignait jusqu'en 2005 le service chargé du développement, de la gestion et de l'entretien du domaine immobilier de l'Armée de Terre ainsi que de certaines installations (pistes) de l'Armée de l'Air, de la Gendarmerie et de la Marine Nationale. Il avait à sa tête la direction centrale du génie, située à Paris 39, rue Bellechasse, puis 3, rue de l'Indépendance américaine à Versailles, était décomposé en cinq directions régionales du génie (Metz, Lyon, Bordeaux, Rennes et Paris) auxquelles étaient subordonnés dix-sept établissements du génie implantés sur l'ensemble du territoire métropolitain. Plus six établissements outre-mer.

Le service du génie a été intégré en 2005 au service d'infrastructure de la Défense (SID), avec les composantes Air et Marine. Ce nouvel ensemble est subordonné au secrétariat général pour l'administration (au ministère de la Défense).

Génie combatModifier

Article principal : Char du génie.
 
Engin de franchissement de l'avant (EFA), un pont mobile.
 
Autre configuration d'un engin blindé du génie.
 
Autre exemple de pont provisoire en cours d'installation.
 
... et installé.
 
Buffalo (MPCV) destiné à lutter contre les engins explosifs improvisés.
 
Le génie assiste les populations civiles. Ici, lors de la crue de la Seine de 1910.

Le « génie » désigne les unités qui sont chargées de missions techniques en soutien des unités offensives ou défensives.

Dans le cadre d'une manœuvre offensive, le génie est chargé de préparer le terrain afin de faciliter le déplacement des armes de mêlée, création de ponts, ouverture de brèches dans des champs de mines. C'est l'aide à la mobilité.

Dans le cadre de manœuvres défensives, il est plus particulièrement chargé d'entraver la marche de l'ennemi ainsi que d'aménager le terrain afin de protéger les forces amies. C'est l'aide à la contre-mobilité et l'appui aux unités.

De ce fait, les unités du génie peuvent souvent se trouver très exposées au feu alors qu'elles ne sont pas des unités principalement combattantes.

Il comprend

- 1er REG (Laudun-l'Ardoise)

- 2e REG (Saint-Christol)

- 3e RG (Charleville-Mézières)

- 6e RG (Angers)

- 13e RG (Valdahon)

- 17e RGP (Montauban)

- 19e RG (Besançon)

- 31e RG (Castelsarrasin)

Génie de l’airModifier

Le génie de l'air se compose actuellement du 25e régiment du génie de l'air (25e RGA),dont la portion centrale est à Istres (état-major, CCL et une COGA). Les deux autres unités (COGA 2 et COGA 4) se trouvent respectivement à Mont-de-Marsan (BA 118) et Avord (BA 702).

Article détaillé : Génie de l'air.

Génie ferroviaireModifier

Article détaillé : Chemin de fer militaire.

Secourir et combattre les incendiesModifier

Les compétences du génie se retrouvent dans des unités militaires ayant pour mission de secourir les populations civiles. Il s'agit de :

  • la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, relevant du préfet de police de Paris
  • des unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile (UIISC) relevant du ministère de l'Intérieur : UIISC 1 basée à Nogent-le-Rotrou, UIISC 5 basée à Corte, et UIISC 7 basée à Brignoles. L'UIISC 1 et l'UIISC 7 ont reçu en 2006 leurs drapeaux respectifs des mains du CEMAT, devenant ainsi les 1er et 7e RIISC. Ces unités sont les successeurs des sapeurs forestiers du génie qui ont été mobilisés à partir de 1927 à partir de fonctionnaires de cadre militaire dépendant de l'Administration des Eaux et Forêts.
  • Si les personnels de troupe et donc de ce fait les cadres qui en sont issus, et ce par « le rang », proviennent de leurs régiments (exemples : unités de l' ALAT, RCA de Canjuers... ), donc, comme pour les « semi-directs tardifs », de leur Arme d'appartenance ; la filière « Sécurité Incendie et Sauvetage » de l'Armée de terre dépend du génie. Ainsi les cadres du recrutement « direct » ou « semi-direct » sont des militaires de cette Arme.

Unités (récapitulation)Modifier

Article détaillé : Régiment du génie français.

Pendant la Première Guerre mondialeModifier

Le génie était utilisé pendant la guerre des tranchées pour créer des galeries sous les lignes ennemis pour ensuite pouvoir les faire sauter par en dessous (sapes).

FranceModifier

Pendant la Première Guerre mondiale[1], le génie s'organise en bataillons. Il en existe un par corps d'armée. À la déclaration de guerre, le régiment est dissous et forme des compagnies divisionnaires et de corps d'armée, formant le bataillon du génie.

  • a) À la veille de la guerre, le génie comporte :
en métropole,
- vingt et un bataillons de corps d'armée portant le numéro du corps d'armée d'affectation
- six bataillons de places-fortes ou de défense des Alpes
- trois bataillons de chemins de fer
- quatre bataillons de télégraphistes

Au total trente-quatre bataillons, dont trente-deux regroupés en onze régiments et deux bataillons autonomes (7e bataillon formant corps Besançon, 28e bataillon Belfort).

En Afrique du Nord, deux autres bataillons autonomes : 19e bataillon Hussein-Dey, 29e bataillon Tunisie.
  • b) À la mobilisation, les bataillons de corps d'armée éclatent pour donner naissance :
1) au profit de chaque division d'active, à une compagnie de sapeurs-mineurs.
2) au profit du corps d'armée, à deux compagnies de sapeurs-mineurs, dont une créée à la mobilisation, à une compagnie d'équipage de pont et à une compagnie de parc.
3) au profit de la division de réserve mise sur pied sur le territoire du corps d'armée, à une compagnie de sapeurs-mineurs, une compagnie d'équipage de pont et une compagnie de parc, toutes trois de nouvelle création.
  • c) De 1915 à 1918, les effectifs du génie s'accroissent par la création de nouveaux corps d'armée, de nouvelles divisions et le dédoublement des compagnies divisionnaires de sapeurs-mineurs.

Durant l'entre-deux-guerres, le génie fut mis à contribution pour la construction de la ligne Maginot avec en 1932, au plus fort des chantiers, 220 officiers de génie qui y travaillent, de près ou de loin, sur un effectif total de 2 087 officiers de cette arme.

Pendant la Seconde Guerre mondialeModifier

 
Déploiement des tubes HAMEL dans le cadre de l'opération P.L.U.T.O. devant la digue de Querqueville[2] à Cherbourg

Les moyens militaires mis à disposition pour la Seconde Guerre mondiale assurent le développement du génie militaire. Des architectes étudient les moyens utilisables par des soldats équipés d'explosifs ou de bazookas pour trouver des points faibles des fortifications. Le pont Bailey, invention britannique utilisée à partir de 1943, démontable et transportable avec des moyens légers, était considéré par le général Eisenhower comme une des trois armes révolutionnaires du conflit avec le radar et le bombardier lourd[3]. Les premiers véhicules ponts-mobiles apparaissent en 1944 car les Allemands avaient détruit 90 % des ponts français ; or les Alliés ont besoin d'une progression rapide et efficace, donc les 50 (environ) premiers camions ponts-mobiles (20 m maximum pour 50 tonnes possibles) sont construits et envoyés directement sur le front.

Sources et bibliographiesModifier

  • Mémoires d'artillerie, recueillis par Pierre Surirey de Saint-Remy..., première édition 1697 en trois tomes, troisième édition augmentée en 1745.
  • Le génie militaire sous Napoléon
  • Document d'archive relatif au concours du génie adressé par le département de la Guerre à la municipalité de Reims en frimaire an II
  • Cne(er) Giudicelli, Maj(er) Dupire, Précis des unités du génie de 1793 à 1993

RéférencesModifier

  1. "Inventaire sommaire des archives de la guerre. Série N. 1872-1919. Introduction. Organisation de l'armée. Guide des sources. Bibliographie", colonel P. Guinard, J. Nicot, J.-C. Devos, Imprimerie La Renaissance, 1975.
  2. [1]
  3. Gordon L. Rottman, World War II River Assault Tactics, Osprey, 2013, p. 39.


Voir aussiModifier