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Star piece 2.png Ce taxon est aujourd'hui obsolète.

Le lichen Cladonia sp.

Un cryptogame (du grec cryptos, caché et gamos, union, reproduction) est un organisme végétal qui se caractérise par des organes reproducteurs cachés ou peu apparents, ce qui les oppose aux phanérogames (du grec phaneros), les plantes à graines.

Dans la classification botanique classique, les cryptogames étaient considérés comme l'un des deux embranchements du règne végétal ; l'autre était les phanérogames. Ensemble ils formaient le règne végétal dans la vision à trois règnes du monde vivant (règnes bactérien, végétal, animal), mais ces notions ne sont plus adaptées aux classifications phylogénétiques issues de la cladistique.

HistoriqueModifier

Article connexe : histoire de la botanique.

Compte tenu de l'absence d'organe reproducteur bien visible, les cryptogames sont peu étudiées jusqu'au XIXe siècle. Dans sa classification sexuelle (Systema naturae paru en 1736) Linné divise les plantes à appareil reproducteur visible en 23 classes d'après le nombre, les longueurs relatives, la disposition des étamines et les organes mâles des fleurs. Il relègue les cryptogames dans une seule classe, la 24e et dernière, regroupant quatre groupes, les fougères (qu'il dénomme Filices), les mousses (Musci), les algues (Algæ), les champignons (Fungi). En 1843, Adrien de Jussieu classe les végétaux en trois groupes : les Phanérogames monocotylédonées, les Phanérogames dicotylédonées et les Cryptogames ou Acotylédonés. Ces dernières sont séparées en Cryptogames vasculaires (Fougères, Lycopodinées, Equisétinées) et Cryptogames cellulaires (Algues, Champignons, Lichens, Hépatiques, Mousses). Les nombreuses herborisations organisées par les sociétés savantes ou entre les amateurs eux-mêmes et le développement de la microscopie optique favorisent leur étude au XIXe siècle. Cette évolution se poursuit au XXe siècle puisque les classifications phylogénétiques récentes « admettent que les « végétaux » se répartissent dans six des huit grands groupes reconnus aujourd'hui : Hétérocontes, Alvéolobiontes, Cercozoaires, Opisthocontes, Discicristés et lignée verte, toutes incluant « Champignons » et « Algues », la dernière rassemblant les végétaux « terrestres » dont des « Cryptogames » (Bryophytes et Ptéridophytes) »[1].

Exemples de végétaux cryptogamesModifier

État, pressions, menacesModifier

Toutes ces espèces (terricoles, rupicoles, épiphytes...) sont vulnérables aux désherbants et fongicides susceptibles d'être transportés par l'air ou les pluies. Elles peuvent bioaccumuler certains polluants. Certains cryptogames montrent en revanche une résistance exceptionnelle à certains stress (radioactivité par exemple), mais dans les régions anthropisées, de nombreuses espèces ont disparu ou sont en forte régression.

La pollution industrielle, urbaine ou agricole de l'air, même via des polluants courants tels que les eutrophisants ou les photo-oxydants (ozone par exemple) affecte les communautés cryptogamiques. Elles sont également sensibles à certains métaux lourds. On a par exemple montré dans le nord de la France sur des sols soumis à un gradient de contamination par les métaux que les cryptogames terricoles sont très sensibles aux paramètres édaphiques (pH, teneur en matière organique, azote, rapport C/N (carbone/azote), capacité d'échange cationique, et Cd, Pb et Zn contenu du sol). Six classes ont été distinguées en fonction des teneurs basse, moyenne et hautes en métaux, et on a montré que les bryophytes et en particulier le groupe des lichens ont une forte valeur bioindicative de la pollution par les « métaux lourds » dans les sols[2].

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Jean Vallade, L'œil de lynx des microscopistes. La sexualité végétale : l'apport des micrographes depuis le XVIIe siècle, Éditions universitaires de Dijon, , p. 111.
  2. Damien Cuny, Franck-Olivier Denayer, Bruno de Foucault, René Schumacker, Philippe Colein et Chantal Van Haluwyn ; Patterns of metal soil contamination and changes in terrestrial cryptogamic communities ; Environmental Pollution Volume 129, Issue 2, May 2004, Pages 289-297 doi:10.1016/j.envpol.2003.10.009 (Résumé)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Norden, B., Paltto, H., Götmark, F., & Wallin, K. (2007), Indicators of biodiversity, what they indicate ? Lessons for conservation of cryptogams in oak-rich forest. ; Biological Conservation, 135, 369–379 (résumé).