Claude Berri

cinéaste français

Claude Langmann, dit Claude Berri, né le à Paris et mort dans la même ville le [2], est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur français[3].

Surnommé « le dernier nabab » ou « le parrain » du cinéma français, il est considéré comme l'un des grands réalisateurs (Tchao Pantin, Jean de Florette et Manon des sources, Je vous aime) et producteurs de films (Tess, L'Ours, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Bienvenue chez les Ch'tis) du cinéma français. Il a également été président de la Cinémathèque française, de 2003 à 2007.

Claude Berri était aussi un amateur averti d'art moderne et contemporain, auquel il a consacré l'Espace Claude Berri, ouvert à Paris de 2008 à 2009.

BiographieModifier

Claude Beri Langmann est issu d'une famille juive ashkénaze. Il est le fils d'un fourreur polonais, Hirsch Langmann, et d'une ouvrière roumaine, Beila Bercu[4], installés au 8 passage du Désir, dans le 10e arrondissement de Paris. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est caché par Raymonde Letournel[5]. Il exerce brièvement le métier paternel, tout en suivant des cours de théâtre où il se lie avec Gérard Lebovici.

Claude Beri abandonne son patronyme Langmann pour « Berri » quand il devient acteur : Beri est la traduction faite par l’état civil de son prénom roumain Berel[6].

Il joue pour la première fois au théâtre dans les Mardis du théâtre Caumartin, sous la direction de Jacques Pierre (devenu réalisateur de télévision) et Jacques Ruisseau. Il interprète « le fils », dans Tchin-Tchin, de et avec François Billetdoux, au théâtre de Poche de Paris. Dans cette pièce de théâtre, il se lie d'amitié avec la comédienne Katharina Renn, qui inspirera le nom pour sa société de production[7].

Il fonde et dirige également la société de production Films 7, qui rejoindra également le périmètre de Pathé en 2005[8]. Elle compte nombre de classiques du cinéma français : Les Ripoux, Ripoux contre ripoux, Astérix et Obélix contre César

Il tourne le court métrage de fiction Le Poulet qui lui vaut l'Oscar du meilleur court métrage en prises de vues réelles en 1966.

Il gagne ensuite le concours Naissance d'une Étoile devant Jacques Ruisseau[9], ce qui lui offre un rôle dans La Vérité de Henri-Georges Clouzot avec Brigitte Bardot, la jeune comédienne Marie Laforêt gagnant, pour sa part, le 1er prix de ce concours, et un rôle principal du Plein Soleil de René Clément.

Claude Berri a réalisé et a produit quelques-uns des plus grands succès du box-office français. En tant que réalisateur, Le Vieil Homme et l'Enfant (Michel Simon) en 1967, Le Maître d'école (Coluche) en 1981, Tchao Pantin (Coluche et Richard Anconina) en 1984, les adaptations de l'œuvre de Marcel Pagnol Jean de Florette et Manon des sources en 1986, ainsi que Germinal, d'après le roman d'Émile Zola (Gérard Depardieu et Jean Carmet) en 1993 ; en tant que producteur, Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Coluche, Mimi Coutelier, Jean Yanne, Michel Serrault) en 1982, Banzaï (Coluche) en 1983, Astérix et Obélix contre César (Christian Clavier, Michel Galabru, Claude Piéplu, Pierre Palmade, Daniel Prévost, Sim et Gérard Depardieu) en 1999, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Claude Rich, Gérard Depardieu, Christian Clavier et Jamel Debbouze) en 2002, Bienvenue chez les Ch'tis (Michel Galabru, Dany Boon et Kad Merad) en 2008. En 2008, il est le premier lauréat du prix Daniel Toscan du Plantier récompensant le meilleur producteur de l'année.

Avec Nathalie Rheims, il crée la société Hirsch Production — Hirsch était le prénom de son père — qui produit notamment L'un reste, l'autre part, Le Démon de midi, La Maison du bonheur, Ensemble, c'est tout, La Graine et le Mulet, Bienvenue chez les Ch'tis[10].

 
Tombe de Claude Berri au cimetière parisien de Bagneux (23e division, carré juif).

Devenu en 2003 président de la Cinémathèque française, il démissionne en 2007 de son poste pour raisons personnelles, mais demeure président d'honneur de l'institution[11],[12]. Il est par ailleurs le fondateur de la Cinémathèque universitaire de l'université Sorbonne-Nouvelle.

Il fait une de ses dernières apparitions publiques lors des obsèques de Guillaume Depardieu, le à Bougival.

Dans la nuit du samedi au dimanche , il est admis en réanimation au service des urgences de l'hôpital de la Salpêtrière, à Paris. Souffrant d'un « hématome intracrânien » selon les précisions de l'hôpital[13], il meurt dans la matinée du des suites d'un accident vasculaire cérébral. Il en avait déjà subi un en 2006. Il est inhumé le au cimetière parisien de Bagneux (23e division), en présence de nombreux collaborateurs : Anouk Aimée, Christine Albanel, Richard Anconina, Jean-Jacques Annaud, Fanny Ardant, Emmanuelle Béart, Dominique Besnehard, Bertrand Blier, Michel Boujenah, Alain Chabat, Etienne Chatiliez, Costa-Gavras, Mireille Darc, Alain Delon, Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Isabelle Nanty, Roman Polanski, Mathilde Seigner, Agnès Soral, Alain Souchon, Alain Terzian et Danièle Thompson[14],[15].

Il venait tout juste de commencer le tournage de Trésor, avec Alain Chabat et Mathilde Seigner. Le réalisateur François Dupeyron, qui secondait Berri compte tenu de son état de santé, termine le film[16].

Collection d'artModifier

Claude Berri eut la passion de l'art et en devint collectionneur lorsque sa maison fut cambriolée lors du tournage de Jean de Florette[17]. En février 2011, ses fils Darius et Thomas Langmann vendent sa collection d'art contemporain, dont quatre Robert Ryman, un Ad Reinhardt et Lucio Fontana, à l'émirat du Qatar pour une valeur de 50 millions d'euros, alors qu'une dation était initialement prévue en faveur du Centre Pompidou[18].

FamilleModifier

Claude Berri vit avec l'actrice débutante Marlène Jobert au début des années 1960[19].

Il est ensuite l'époux d'Anne-Marie Rassam qui, maniaco-dépressive, se défenestre en 1997 de l'appartement de la mère d'Isabelle Adjani. Il se sentira toujours coupable de ne pas avoir pu suffisamment l'aider[20]. Leur fils, l'acteur Julien Rassam, s'est gravement blessé en tombant lui aussi d'une fenêtre du troisième étage d'un hôtel et s'est suicidé deux ans plus tard. À la suite de ces drames, Claude Berri a souffert d'une grave dépression.

Son deuxième fils est le producteur Thomas Langmann.

De son deuxième mariage avec la costumière Sylvie Gautrelet, Claude Berri a eu un troisième fils, Darius Langmann.

Il est, par la suite, le compagnon de Nathalie Rheims.

ThéâtreModifier

FilmographieModifier

RéalisateurModifier

Scénariste ou adaptateurModifier

ProducteurModifier

ActeurModifier

TéléfilmsModifier

Séries téléviséesModifier

CinémaModifier

Apparitions documentairesModifier

HommagesModifier

En hommage à Claude Berri, le centre culturel Claude-Berri à Aniche, construit en 1995, est composé pour partie de L'Idéal Cinéma-Jacques Tati et d' une salle polyvalente.

En 2011, son nom est donné à l'ancienne salle des Pendus de la fosse Arenberg (Wallers) reconvertie en espace événementiel du site d'Arenberg Creative Mine, lieu de tournage du film Germinal devenu pôle d'excellence en image et médias numériques[21].

Plusieurs odonymes portent le nom de Claude Berri : des rues à Montpellier, Perpignan, Saint-Priest, une impasse à Niort ainsi qu'un mail à Pantin.

Le roman de Jean-Marie Palach, Du sang sur le tapis rouge, Pavillon noir, 2016, s'inspire de la vie de Claude Berri[22]. Le roman Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive de Christophe Donner se concentre sur ses liaisons particulières avec Jean-Pierre Rassam et Maurice Pialat[23],[24].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. a et b Film en partie autobiographique.
  2. Film basé sur les expériences sentimentales de Catherine Deneuve.
  3. César du meilleur acteur pour Coluche.
  4. Également scénariste et dialoguiste.
  5. Crédité sous son vrai nom de Claude Langmann.

RéférencesModifier

  1. « Actes de naissance et de décès », sur CinéArtistes (consulté le ).
  2. « Le cinéaste Claude Berri est mort », France Info, lundi 12 janvier 2009.
  3. Claude Berri, Autoportrait, Léo Scheer, Paris, 2005.
  4. Claude Berri est mort, Ouest-France, lundi 12 janvier 2009.
  5. Télé 7 jours n° 809 du 15 novembre 1975. Madame Raymonde Letournel « qui a caché Claude Berri » est invitée par Armand Jammot aux Dossiers de l'écran le mardi 18 novembre 1975, pour donner son témoignage sur le sujet « Les enfants juifs de la France occupée », après la diffusion du film Le Vieil Homme et l'Enfant (1966) de Claude Berri
  6. Claude Berri sur 3xplus.rsr.ch.
  7. Jean-Luc Douin, Les Jours obscurs de Gérard Lebovici, Stock.
  8. « FILMS 7 (PARIS 08) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 319427902 », sur societe.com (consulté le ).
  9. Jacques Ruisseau tient le rôle du timide étudiant en médecine Étienne Chantournel dans le populaire feuilleton Le Temps des copains de Jean Canolle et Robert Guez.
  10. « Hirsch [fr] », sur IMDb (consulté le ).
  11. Claude Berri, fiche sur le site de la Bifi.
  12. « Costa Gavras prend la tête de la Cinémathèque », La Croix, 15 juin 2007.
  13. « Franceinfo - Actualités en temps réel et info en direct », sur Franceinfo (consulté le ).
  14. « Claude Berri : Tout le cinéma français était là... ses fils et sa compagne totalement effondrés... », sur Pure People,
  15. « Funérailles de Claude Berri »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur La Presse
  16. Article sur le site Tout le ciné.
  17. « Thomas Langmann : Passion collectionneur », sur Paris Match,
  18. « Claude Berri : Ses fils vendent ses trésors, pourtant promis à notre musée… », Pure People,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. Marlène Jobert, Les Baisers du soleil, Place des éditeurs, , 144 p. (ISBN 978-2-259-22959-3, lire en ligne).
  20. François-Guillaume Lorrain, « Claude Berri : adieu, Monsieur Cinéma », sur lepoint.fr, .
  21. Nicolas Marichez, « Le cinéma, vecteur de patrimonialisation du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais », sur Géoconfluences, (consulté le ).
  22. « Du sang sur le tapis rouge - Jean-Marie Palach », sur Pavillon noir (consulté le ).
  23. Pierre-Yves Grenu, « Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive de Christophe Donner : cruel et jubilatoire ! », sur Culturebox,
  24. « Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive – Christophe Donner », sur Télérama,

Liens externesModifier