L'Ours (film, 1988)

film sorti en 1988
L'Ours
Description de l'image L'Ours (film, 1988).png.
Réalisation Jean-Jacques Annaud
Scénario Gérard Brach
Musique Philippe Sarde
Acteurs principaux
Sociétés de production Renn Productions
Price
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Aventures
Drame
Durée 96 minutes
Sortie 1988

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Ours est un film franco-américain réalisé par Jean-Jacques Annaud, sorti en 1988.

C'est une adaptation du célèbre roman de l'écrivain américain James Oliver Curwood Le Grizzly (The Grizzly King), publié en 1916 et souvent réédité depuis.

Ours kodiak de la même espèce que ceux du film[1].

Le film est un succès en France avec plus de 9 millions d'entrées.

SynopsisModifier

Présentation généraleModifier

Un ourson orphelin, inconscient et maladroit, est adopté par un ours solitaire. Il fera avec lui l'apprentissage de la vie et du mal, un mal que personnifient deux chasseurs lancés à leurs trousses. L'un de ces chasseurs, Tom, prendra soudainement conscience de la dignité de la vie animale.

Résumé détailléModifier

Colombie-Britannique en 1885, un ourson et sa mère creusent dans des rochers pour trouver du miel. Quand cette dernière meurt sous une avalanche de pierres, le petit animal se retrouve seul et livré à lui-même. Il se met alors à errer à travers les forêts et les montagnes.

Tom et Bill, deux chasseurs, se lancent à la poursuite d'un vieux mâle. Tom parvient à blesser l'ours à l'épaule gauche. L'animal s'échappe et tente d'apaiser sa blessure dans un petit étang. C'est alors que l'ourson intervient et panse la blessure avec sa langue. L'ours accepte ainsi que le petit orphelin l'accompagne dans sa route. Pendant ce temps, Tom et Bill reviennent dans leur camp et découvrent que leurs chevaux ont été agressés. Le premier est bloqué au sol, le second a été tué et le troisième, blessé à une jambe, est immobilisé au pied d'une chute d'eau. En voulant le ramener, Tom fait une mauvaise chute et se tord la cheville. Bill décide par la suite de partir chercher du renfort et des chiens de chasse, laissant Tom surveiller le camp.

Commençant à bien s'entendre, l'ours attrape des poissons pour les donner à l'ourson afin de le nourrir. Le lendemain, l'ours rencontre une femelle qui semble lui faire des avances. Le vieux mâle la suit puis tous deux s'accouplent dans un buisson tandis que l'ourson les observe. Pour tuer l'ennui, le petit animal mange des champignons sans se douter que ceux-ci sont hallucinogènes. De ce fait, l'ourson a des visions avant de perdre connaissance.

De son côté, Tom modifie les pointes de ses cartouches afin de renforcer l'impact de tir. C'est alors que Bill revient avec un dresseur de chiens accompagnés de Beaucerons. Désormais bien équipés, les trois hommes se relancent à la poursuite de l'ours. Les chiens ne tardent pas à retrouver ce dernier qui, tout en protégeant l'ourson, n'hésite pas à se défendre, causant la mort de plusieurs chiens. Les poursuivants parviennent à capturer l'ourson et, de retour au camp, Tom essaye de le dresser. Le jour suivant, Tom et Bill repartent à la chasse à l'ours mais se séparent pour repérer au mieux l'animal. Alors qu'il se rafraîchit sous une chute d'eau, Tom se retrouve face à l'ours. Paralysé par la peur, il supplie l'animal de ne pas le tuer. Celui-ci renonce finalement à son attaque et fait demi-tour. Tom reprend sa poursuite mais, au moment de pointer son fusil en direction de sa cible, ne parvient pas à tirer, réalisant qu'il n'est pas juste d'abattre un animal qui l'a épargné. De ce fait, il tire en l'air pour faire fuir l'ours. Bill le rejoint et tente à son tour de tirer avant que Tom ne l'en empêche. De retour à leur camp, les deux hommes plient bagage, libèrent l'ourson, et reprennent la route. Après avoir commencé à les suivre, le petit orphelin prend la direction opposée.

Alors qu'il tente de retrouver son ami le vieux mâle, l'ourson se trouve pourchassé par un puma. Le petit animal poilu essaye par tous les moyens d'esquiver son poursuivant pour finalement se retrouver face-à-face. Il se défend en poussant un grognement qui fait fuir son agresseur, sans savoir que l'ours grogne derrière lui. Content de retrouver son ami, l'ourson se jette sur lui. Les deux animaux reprennent leur route dans les montagnes puis, la neige arrivant, se terrent dans une grotte pour hiberner.

Fiche techniqueModifier

Production associée : Pierre Grunstein

DistributionModifier

ProductionModifier

Genèse et développementModifier

La naissance du projet remonte à 1981, lorsque Jean-Jacques Annaud souhaite faire un film populaire et familial. Le scénariste Gérard Brach lui suggère donc de lire le roman de son enfance intitulé Le Grizzly de James Oliver Curwood. Après la sortie du film de Jean-Jacques Annaud La Guerre du feu, le producteur Claude Berri, enthousiasmé par son dernier film, lui fait signer un contrat en blanc pour son prochain film, révèle Annaud dans un entretien[9]. Pour présenter le projet au producteur, Jean-Jacques Annaud envoie la note « Un ourson orphelin, un grand ours solitaire, deux chasseurs dans la forêt. Le point de vue des animaux »[10].

TournageModifier

Le tournage débute le et dure 109 jours, dans des conditions souvent compliquées, notamment dues à la météo. Bien que l'histoire se déroule en Colombie-Britannique au Canada, le tournage a entièrement lieu en Italie dans les Dolomites et à proximité du lac de Misurina pour la séquence de l'ourson traversant le torrent, ainsi qu'en Allemagne à Garmisch-Partenkirchen, et en Autriche dans le Tyrol, dans les environs d'Innsbruck, et à Lienz.

Le film n'a pas été tourné en français mais en anglais. En France, sa version originale est disponible dans le commerce, en DVD sous le label Pathé. On peut la trouver aux États-Unis sous le titre The Bear.

DressageModifier

Les animaux du film, et plus particulièrement les ours, ont été dressés durant quatre ans, ce qui laisse le temps à Jean-Jacques Annaud de partir sur son autre projet, celui d'adapter le roman d'Umberto Eco, Le Nom de la rose, film qui sortira en 1986.

La vedette du film est l'ourson Youk que le réalisateur et les dresseurs ont surnommée la Douce. En tout, douze oursons ont servi de doublures, certains pour les grimpettes, d'autres pour les baignades. Les douze oursons qui ont été élevés et dressés dans une nurserie, près du parc de Jacana à Sainte-Montaine en Sologne, étaient composés de dix femelles et deux mâles[11].

Après le tournage, les oursons ont été introduits dans divers parcs zoologiques. La Douce, la figure principale du film, est retournée à Sainte-Montaine dans la propriété de Jean-Philippe Varin. Les autres oursons habitent dans le Parc zoologique de Saint-Martin-la-Plaine et le Parc zoologique de Beauval en France, dans le zoo de Linz en Autriche ainsi que dans le Parc zoologique de Limbourg en Belgique[12],[13].

Les animaux du film ont également été utilisés pour des enregistrements sonores. Ainsi le puma a été disposé sur un tabouret face à un micro puis provoqué par un dresseur afin de reproduire divers grognements.

AccueilModifier

Accueil critiqueModifier

Box-officeModifier

Le film attire 9 136 266 spectateurs en France[14] et 7 998 500 aux États-Unis (pour plus de 31 000 000 $ de recettes américaines)[15], proche du record (chiffres depuis 1980) d'un film français aux États-Unis[16] détenu par La Cage aux Folles et ses 8,14 millions d'entrées[17].

Le , la première diffusion du film en France sur la chaîne TF1 détient le record d'audience des fictions à la télévision en France avec 16,4 millions de téléspectateurs[18].

DistinctionsModifier

Entre 1988 et 2010, L'Ours a été sélectionné 16 fois dans diverses catégories et a remporté 5 récompenses[19],[20].

RécompensesModifier

NominationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Anecdote du film » (consulté le ) « Jean-Jacques accepte de poser tout près de Bart, (le kodiak) pour des photos. Bart est on ne plus coopératif. Il soulève une patte et l'avance. La photographe mitraille. Jean-Jacques commence à sentir des vibrations étranges. Trop tard, le corps ramassé, les muscles tendus, le kodiak bondit et fait tomber sa masse de 900 kilos sur Annaud. »
  2. (en) « L'Ours - Société de Production / Sociétés de distribution » sur l’Internet Movie Database (consulté le ).
  3. (en) « L'Ours - Spécifications techniques » sur l’Internet Movie Database (consulté le ).
  4. (en) « L'Ours - Dates de sortie » sur l’Internet Movie Database (consulté le ).
  5. (en) « L'Ours - Guide Parental » sur l’Internet Movie Database (consulté le ).
  6. « Visa et Classification - Fiche œuvre L'Ours », sur CNC (consulté le ).
  7. « L'Ours – Classification » sur Allociné (consulté le ).
  8. « L'Ours », sur cinebel.dhnet.be (consulté le ).
  9. « Infos tournage », sur toutlecine.com.
  10. L'Ours sur Allociné.
  11. Les Secrets de L'Ours, le film de Jean-Jacques Annaud, José Benabent-Loiseau, Éditions Grasset & Fasquelle, 1988
  12. L'Ours, reportage sur le tournage d'un film très particulier, réalisé par Michel Parbot, Sygma TV, 1988
  13. Les Secrets de L'Ours, le film de Jean-Jacques Annaud, José Benabent-Loiseau, Éditions Grasset & Fasquelle, 1988, page 207
  14. L'Ours - JPs' box-office
  15. (en) The Bear - Box Office Mojo
  16. (en) Box-office des films étrangers aux USA depuis 1980 - Box Office Mojo
  17. (en) Box-office USA La Cage aux Folles - Box Office Mojo
  18. « Les Ch'tis n'ont pas eu la peau de L'Ours », Le Journal du dimanche, 29 novembre 2010.
  19. (en) « L'Ours - Distinctions » sur l’Internet Movie Database (consulté le ).
  20. « Palmares du film L'Ours », sur Allociné (consulté le ).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Danièle Heymann, L'Ours (d'après le film de Jean-Jacques Annaud), photographies de Marianne Rosenstiehl, éd. Bernard Grasset, 1988. (ISBN 2-246-40751-6)

Liens externesModifier