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Alternative pour l'Allemagne

parti allemand

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir AFD.
Alternative pour l'Allemagne
(de) Alternative für Deutschland
Image illustrative de l’article Alternative pour l'Allemagne
Logotype officiel.
Présentation
Porte-paroles Jörg Meuthen
Tino Chrupalla (en)
Fondation
Siège Schillstraße 9
10785 Berlin
Porte-paroles adjoints Beatrix von Storch
Alice Weidel
Stephan Brandner (en)
Mouvement de jeunesse Junge Alternative
Positionnement Droite[1],[2],[3] à extrême droite[4],[5],[6]
Idéologie Euroscepticisme[7],[8],[9],[10]
National-conservatisme[11],[12]
Populisme de droite[13],[14]
Nationalisme allemand[15],[16],[17],[18]
Démocratie directe[19],[20]
Conservatisme social[21],[22]
Libéralisme économique[22]
Climatoscepticisme[23]
Anti-islam[24],[19],[25],[26],[27],[28]
Opposition à l'immigration[29]
Antiféminisme[30],[31],[32],[33],[34],[35],[25]
Ultranationalisme[36],[37],[38]
Nationalisme chrétien[39]
Groupe au Parlement européen CRE (2014-2016)
ELDD (2016-2019)
ID (depuis 2019)
Adhérents 35 000 (février 2019)[40]
Couleurs Rouge et bleu ciel
Site web www.afd.de
Présidents de groupe
Bundestag Alice Weidel et Alexander Gauland (AfD)
Parlement européen Marco Zanni (ID)
Représentation
Députés
91 / 709
Députés européens
11 / 96
Députés régionaux
244 / 1 866

Alternative pour l'Allemagne (en allemand : Alternative für Deutschland [ˌaltɛʁnaˈtiːvə fyːɐ̯ ˈdɔɪ̯ʧlant], abrégé en AfD [aːʔɛfˈdeː]) est un parti politique eurosceptique et nationaliste allemand, créé le et lancé officiellement le suivant à Berlin[41].

Créé après des politiques présentées comme « sans alternative » menées lors de la crise de la dette dans la zone euro, il est surnommé le « parti des professeurs » car comptant parmi ses membres fondateurs de très nombreux professeurs d'économie, de finances publiques et de droit[42].

Se présentant initialement comme anti-euro[43] mais pas anti-Union européenne[44], sa proposition phare est la dissolution progressive de la zone euro pour aboutir à de petits blocs d'unions monétaires plus homogènes[45].

Il crée la surprise en ne ratant que de peu l'entrée au Bundestag lors des élections législatives de septembre 2013, six mois seulement après sa création, en obtenant plus de 2 millions de voix, soit 4,7 % des suffrages[46]. Il y entre cependant en , avec un score de 12,6 %. Depuis 2015, avec la crise migratoire en Europe, le parti se rapproche des divers mouvements anti-immigration et anti-islam. Le conflit entre les forces plus modérées et plus extrêmes éclate pendant la conférence annuelle à Essen en . Un changement dans la direction du parti et une droitisation de sa ligne politique résulte dans une scission de l'Alliance pour le progrès et le renouveau qui n'a pas eu du succès électoral.

Considéré comme un parti « anti-establishment » et classé plutôt du côté de la droite conservatrice voire de l'extrême droite, son appartenance à la tendance populiste est discutée — l'AfD rejette cette classification, tout en déclarant n'être « ni de gauche ni de droite ». Le parti est décrit comme un parti nationaliste allemand[16],[17],[18], de droite populiste[47],[48],[49],[50] et eurosceptique[51],[52],[53],[10]. Depuis environ 2015, l'AfD est de plus en plus ouverte à travailler avec des groupes d'extrême droite radicale tels que PEGIDA[54],[55],[56]. Certaines factions internes de l'AfD ont des tendances racistes[57],[58], islamophobes[19],[59],[60], antisémites[61],[62] et xénophobes[28],[63],[58],[64],[19] liées à des mouvements d'extrême droite tels que le néonazisme[65],[62] et l'identitarisme[66],[67].

Il adhère en au groupe des Conservateurs et réformistes européens, qu'il quitte en après la scission de l'Alliance pour le progrès et le renouveau l'année précédente. En 2019, l'AfD rejoint le parti européen Identité et démocratie.

HistoireModifier

FondationModifier

DébutsModifier

 
Konrad Adam (de), Frauke Petry et Bernd Lucke au premier congrès de l'AfD, le 14 avril 2013.
 
Logo de l'Alternative électorale 2013.

En 2012, plusieurs personnalités conservatrices font savoir qu'elles se lancent dans la création d'un parti démocrate et résolument anti-euro. Les principaux instigateurs de cette initiative sont Bernd Lucke[68], un économiste de l'université de Hambourg qui a claqué la porte de la CDU en 2011 en raison de la politique européenne de la chancelière Angela Merkel, Konrad Adam (de), ancien journaliste à la FAZ, et Alexander Gauland[69], ex-responsable politique de la Hesse[70]. L'AfD est issue des classes aisées et a pour créateurs des essayistes, des professeurs d'économie et des hauts fonctionnaires à la retraite ; le parti a clairement pris ses distances avec le NPD[71]. Le parti n'est pas nécessairement classé à l’extrême droite par les analystes allemand, le terme désignant généralement les néo-nazis[72].

Cette alliance collective, issue de l'Association pour soutenir l'alternative électorale (en allemand : Verein zur Unterstützung der Wahlalternative 2013), est fondée à la mi-, puis se transforme dès le en un parti politique. Le suivant, l'AfD se lance dans la politique à Oberursel, près de Francfort[41]. Le congrès fondateur se tient le à Berlin afin d'élire ses dirigeants et ses candidats pour les législatives de septembre. Bernd Lucke est élu comme l'un des trois porte-parole du nouveau parti[73],[74]. Parmi leurs soutiens, Joachim Starbatty, un juriste qui attaque régulièrement la politique européenne du gouvernement devant le Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe et, surtout, Hans-Olaf Henkel, ancien président de la BDI (de) (en allemand : Bundesverband der Deutschen Industrie), la fédération allemande des industries et d'IBM, de 2000 à 2005[75], s'affirment comme les plus médiatiques.

Les membres du parti sont unis par le sentiment que l'Allemagne a trop payé pour les autres, notamment dans les fonds de secours pour la zone euro, et réclament le retour du Deutsche Mark, qui était jusqu'à l'adoption de l'euro la seule expression de fierté nationale ou de patriotisme acceptée en Allemagne. Le parti affirme en compter dans ses rangs quelque 7 500 adhérents[76]. Il ne demande pas tant que l'Allemagne quitte la zone euro, mais que ceux qui ne respectent pas la discipline budgétaire puissent le faire[77].

Composition et orientationsModifier

Au bout de trois mois, en , l'AfD compte 10 476 membres dont 2 795 étaient précédemment membres d'autres partis : 1 008 de la CDU, 220 de sa branche bavaroise, la CSU, 587 du FDP, 558 du SPD, 143 Pirates et 106 Verts[78].

En , ce chiffre atteint 17 522[79].

2013 : l'entrée manquée au BundestagModifier

 
Affiche électorale de l'AfD (Alternative für Deutschland) pour les élections fédérales allemandes de 2013. Il y est écrit : « Ayons le courage de faire face aux vérités / Les Grecs souffrent / les Allemands payent / les banques encaissent. / Le 22 septembre, votez AfD ! www.alternativefuer.de ».

La principale difficulté pour l'AfD lors de sa première campagne fédérale a été de se faire connaître du grand public et ce avec un budget composé uniquement de dons, car n'ayant participé à aucune élection précédemment, l'AfD n'a eu droit à aucune part des 130 millions d'euros alloués aux partis politiques pour l'année 2013[80]. Cette difficulté a été accentuée par le fait que les partis établis ont préféré ignorer l'AfD plutôt que de débattre ses positions pour éviter de faire sa publicité[81],[82].

Si, selon un sondage Infratest d' pour Die Welt, 24 % des Allemands peuvent s'imaginer voter pour ses candidats en septembre[83], la plupart des observateurs sont sceptiques sur une véritable percée du nouveau mouvement[84] et les sondages électoraux jusqu'en ne le créditent pas de plus de 3 %[85]

La plupart des électeurs ont probablement entendu parler de ce parti pour la première fois lors des premiers résultats le soir du vote[86].

Il provoque la surprise en obtenant 4,7 % des votes aux élections fédérales de septembre 2013 et échoue de peu à faire son entrée au Bundestag[87]. Plusieurs analyses réalisées le jour du vote mettent en évidence des transferts de voix vers l'AfD en provenance de tous les partis politiques, (dans l'ordre : CDU, Alliance 90 / Les Verts, SPD et Die Linke)[72] , mais aussi d'électeurs qui s'étaient abstenus en 2009. La plupart des votes viennent cependant du Parti libéral-démocrate (FDP), pourtant clairement favorable à l'euro[88][72].

2014 : premières percées électoralesModifier

Lors de ses premières élections européennes l'AfD obtient 7,0 % des voix[89]. Sept eurodéputés du parti font ainsi leur entrée au Parlement européen : Bernd Lucke, Hans-Olaf Henkel, Bernd Kölmel, Beatrix von Storch, Joachim Starbatty, Ulrike Trebesius et Marcus Pretzell.

Lors des élections régionales en Saxe, en Thuringe et dans le Brandebourg, le parti franchit le seuil électoral des 5 % et obtient des sièges dans les parlements régionaux[90]. Il constitue à chaque fois la quatrième force politique.

Depuis 2015 : changement de cap et conflits internesModifier

En , Frauke Petry, représentante de l'aile droite[91], est élue présidente par 60 % des suffrages face au fondateur du parti, Bernd Lucke[92]. Aussitôt, cinq des sept députés européens du parti, tous issus de l'aile libérale, Hans-Olaf Henkel[93], Ulrike Trebesius[94], Bernd Lucke[95], Bernd Kölmel[96] et Joachim Starbatty[97] annoncent leur départ du parti et fondent l'Alliance pour le progrès et le renouveau.

En , un sondage du Meinungsforschungsinstitut pour Bild am Sonntag donne 12 % d'intentions de vote à l'AfD, un record pour le parti[98].

Lors des élections régionales de , l'AfD réalise une poussée importante, obtenant des élus dans plusieurs parlements régionaux[99].

En , les deux élus européens du parti quittent le groupe parlementaire des Conservateurs et réformistes européens (CRE)[100],[101]. Marcus Pretzell rejoint Europe des nations et des libertés (ENL)[102] tandis que Beatrix von Storch intègre le groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD)[103].

Une nouvelle crise interne éclate en quand Wolfgang Gedeon, un élu du parti au Bade-Wurtemberg, publie un livre intitulé Der grüne Kommunismus und die Diktatur der Minderheiten (« Le communisme vert et la dictature des minorités ») dans lequel il écrit notamment que « le judaïsme du Talmud est l'ennemi intérieur de l'Occident chrétien » et s'étonne que les Allemands trouvent normal d'avoir érigé au cœur de Berlin un mémorial de l'Holocauste[104]. Dès lors, certains cadres du parti, à l'instar de Jörg Meuthen, souhaitent l'exclusion de Wolfgang Gedeon quand d'autres, comme la présidente Frauke Petry, ne cherchent pas à s'en dissocier. Finalement, le groupe parlementaire du parti au Bade-Wurtemberg éclate[105].

Les élections régionales de 2016 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale enregistrent un nouveau succès pour le parti qui avec 21,4 % arrive en seconde position et devance la CDU d'Angela Merkel[106],[107],[108]. Lors de celles de Berlin, qui ont lieu en septembre, l'AfD réussit une percée électorale importante[109].

Le parti subit une crise début 2017, voyant fondre ses intentions de vote à 7 % (contre 15 % à l'automne précédent), notamment en raison de la focalisation du débat électoral sur le duel entre Angela Merkel et Martin Schulz pour les élections législatives de septembre de la même année. Par ailleurs, la présidente de l'AfD, Frauke Petry, subit une contestation en interne, de personnalités plus à droite qu'elle, lui reprochant une ligne trop modérée, notamment sur le devoir de mémoire vis-à-vis de la période nazie (alors que Petry représentait jusqu'ici l'aile droite du parti) : elle a par exemple entamé une procédure d'exclusion contre un adversaire interne, Bernd Höcke, qui souhaitait que l'Allemagne fasse « un virage à 180 degrés dans sa politique de mémoire ». Ses rivaux souhaitent en effet séduire tout l'électorat d'extrême droite alors que Frauke Petry a toujours cherché à s'éloigner des positions proches des néo-nazis, craignant qu'une radicalisation du parti éloigne les électeurs déçus des partis traditionnels. Malgré cette crise et d'autres critiques sur son leadership (certains opposants l'ont qualifiée « d'erreur de casting » ou de « dictatrice »), elle est désignée comme tête de liste régionale en Saxe pour l'AfD aux législatives avec 72 % des voix internes[110].

Le scrutin est cependant finalement un succès pour l'AfD, qui, le , pour la première fois de son histoire, obtient 93 sièges sur 709 et 12,64 % au Bundestag lors des élections fédérales allemandes de 2017[111]. C'est la première fois qu'un parti classé à l'extrême droite siège au Parlement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette progression est surtout due à la gestion de la crise migratoire en Europe par la chancelière Angela Merkel, l'usure du pouvoir de cette dernière (au pouvoir depuis 2005) ou encore les agressions sexuelles du Nouvel An 2016[112].

Le , Frauke Petry annonce son départ du parti[113]. Le , elle annonce la création du Parti bleu en prévisions des prochaines législatives et des élections de 2019 dans la Saxe[114]. Le député européen Marcus Pretzell quitte également l'AfD pour rejoindre le Parti bleu. Ainsi, en , l'AfD ne compte plus qu'un seul eurodéputé contre sept au lendemain des élections européennes de 2014.

Les 2 et , le parti se réuni en congrès à Hanovre pour réélire son exécutif fédéral et débattre de plusieurs motions pour définir l'orientation du programme. À l'issue de ce congrès, l'AfD choisit de se radicaliser en élisant deux représentants de l'aile dure à la tête du parti. Le courant modéré, favorable à une participation au pouvoir d'abord dans les Länder de l'ex-RDA puis au niveau fédéral, a échoué à imposer l'un de ses représentants à la tête de la direction bicéphale[115].

Les 600 délégués du mouvement ont reconduit Jörg Meuthen, 56 ans, seul leader depuis le départ de Frauke Petry, avant de lui adjoindre Alexander Gauland, 76 ans, vice-président du groupe parlementaire au Bundestag. L'élection du deuxième porte-parole fédéral est marquée par un vote rocambolesque : il opposait initialement Georg Pazderski, responsable de l’AfD à Berlin et représentant de l'aile modérée du parti, à la princesse Doris von Sayn-Wittgenstein (de), une cadre du Schleswig-Holstein inconnue à l'échelle nationale, tenante d'une ligne plus dure. Les deux ne parvenant pas à se départager après plusieurs scrutins redemandés par les différentes fractions, Alexander Gauland s'est présenté avant d'être élu[116].

En 2018, une enquête du quotidien Tageszeitung indique que des élus de l'AFD au Bundestag emploient parmi leurs assistants parlementaire des militants venus du NPD et un ancien dirigeant d'un groupe néo-nazi interdit[117].

En , Frank Magnitz, un député du parti, est grièvement blessé à la suite d'une agression à Brême. Selon la police, cette attaque serait « politiquement motivée »[118],[119]. Alors que, selon le journal Die Welt, la gauche radicale antifasciste faisait l'éloge de l'attaque sur internet, des personnalités politiques de la CDU, du SPD et des Verts l'ont condamnée sans équivoque[120].

En 2019, le parti remporte des succès électoraux en Saxe et en Brandebourg, puis en octobre en Thuringe arrivant en deuxième position derrière la gauche radicale (Die Linke) et devant la CDU d'Angela Merkel. Dans cette élection régionale, il double son score de 2014, récoltant 24 % des suffrages[121].

Programme et idéologieModifier

Le parti est présenté de diverses manière par les chercheurs et les commentateurs. Il est ainsi régulièrement présenté comme un parti « anti-establishment »[122], classé à droite[123] et d'inspiration conservatrice[124]. Son appartenance à la tendance populiste est débattue[125], parfois considéré comme un populisme « bon teint »[83] mais plus fréquemment un « populisme de droite » (en allemand Rechtspopulismus), notamment par ses détracteurs de gauche mais se différencie cependant des partis populistes européens, à divers titres[122]. Pour Gaël Brustier, l'AfD s'inscrit dans la lignée du nationalisme allemand et s'inspire en particulier de la Révolution conservatrice[15]. Selon le sociologue Matthias Quent (de), qualifier l’AfD de parti de droite populiste relève de l'« euphémisme » en 2019 : « C’était le cas il y a quatre ans, mais ce n’est plus vrai aujourd’hui. La branche ultraconservatrice et identitaire de l’AfD, Der Flügel, domine le parti désormais »[126].

L'AfD rejette pour sa part ces classifications tout en déclarant, à travers Bernd Lucke, n'être « ni de gauche ni de droite »[127]. Si le parti préconise la sortie de l'euro dans une rhétorique aux slogans « accrocheurs » et « populistes »[123], il n'entend cependant pas renoncer à l'intégration européenne[128] affirmant ne pas être « anti-Europe » mais « anti-euro »[129].

EuroModifier

L'AfD s'étant initialement créé en réponse à la crise de l'euro et à la politique de sauvetage présentée comme « sans alternative » menée et soutenue par la CDU, le SPD, le FDP et les Verts, l'euro joue un rôle capital dans son programme: la monnaie unique nuit à l'Europe et la divise, tel est le message clef[réf. nécessaire].

D'après l'AfD, la monnaie unique ne peut pas convenir à tous les pays qui l'ont adopté car la zone euro est beaucoup trop hétérogène économiquement. Il nuit actuellement aux pays du Sud de l'Europe car la monnaie unique est trop forte pour leur permettre d'être compétitifs ce qui empêche toute chance de relancer leur économie, annihile les chances d'un éventuel désendettement et anéantit toute perspective[130]. Il nuirait également aux pays qui doivent s'endetter pour injecter des sommes colossales dans les différents fonds de soutien qui maintiendraient artificiellement le statu quo[130].

La solution proposée par l'AfD est de respecter enfin le traité de Maastricht et de limiter l'action de la Banque centrale européenne à son mandat initial, en particulier de respecter la clause no bail-out qui interdit à un pays de payer les dettes d'un autre et d'arrêter les rachats massifs d'obligations d'États surendettés par la BCE. N'ayant d'autre choix pour éviter une faillite inévitable, un certain nombre de pays opterait mécaniquement pour une sortie progressive de l'euro ce qui leur permettrait de retrouver une certaine compétitivité et une marge de manœuvre grâce au taux de change.

La zone euro se réduirait ainsi à une entité plus petite et plus homogène[130]. Le retour au deutschemark est présenté comme une option parmi d'autres mais n'est pas présenté comme la solution ni comme une fin en soi[131].

L'AfD propose un référendum sur le sujet[132].

Europe des nationsModifier

L'AfD se dit favorable à une Europe d'États souverains[130] avec un marché commun[130]. Elle défend la maîtrise du budget par les seuls parlements nationaux et refuse toute Union de transfert ou toute forme de super-État européen.

EnvironnementModifier

Le parti nie l'impact de l'homme dans le réchauffement climatique[133]. Son programme affirme que « le CO2 n’est pas un produit polluant »[23]. Il critique aussi la politique énergétique actuelle de l'Allemagne et veut stopper l'« expansion incontrôlée de l'énergie éolienne ».

L'Afd est climatosceptique et déclare vouloir mettre un terme à la politique de lutte contre le réchauffement climatique. Le parti s'engage par ailleurs en faveur du diesel et de l'exploitation du charbon[134].

Démocratie directeModifier

L'AfD soutient que les décisions politiques importantes, telles les transferts de compétences du niveau national au niveau européen soient prises par référendum d'après le modèle suisse (votation et initiative populaire)[135].

Droits LGBTModifier

Le parti s'oppose aux mariage entre personnes de même sexe mais est favorable aux unions civiles. Le parti s'oppose également à l'adoption pour les couples de même sexe[136].

Traité transatlantiqueModifier

Bien que favorable au libre-échange en général, l'AfD se positionne clairement contre le traité transatlantique TTIP[130]. Les motifs sont l'absence totale de transparence du processus, la portée du traité bien au-delà du seul libre-échange, les risques de détérioration des standards européens sur les droits des consommateurs, la protection de l'environnement, la santé et finalement l'atteinte à la démocratie-même par la possible entrave de prise de décisions d'instances élues démocratiquement sur des sujets inclus dans ce traité[130]. L'AfD s'oppose également à l'Accord sur le commerce des services (TiSA) et à l'Accord économique et commercial global (CETA)[132].

ImmigrationModifier

D'un discours initial à l'origine uniquement consacré à la question de l'euro, l'AfD a évolué vers des positions opposées à la politique migratoire d'Angela Merkel, en particulier dans le contexte de crise des réfugiés. Ce changement est également lié à l'arrivée à la tête du parti de Frauke Petry en , incarnant une ligne plus national-conservatrice que son prédécesseur Bernd Lucke, auquel elle s'était opposée, et séduit davantage les électeurs dans les scrutins régionaux, en particulier dans l'Est du pays[137].

Service militaireModifier

Le parti veut le retour de la conscription pour tous les hommes à partir de 18 ans.

Politique étrangèreModifier

À la différence des autres partis d'extrême droite allemands NPD et DVU, l'AFD est pro-OTAN, pro-États-Unis et est pro-Israël[27],[138].

Résultats électorauxModifier

Profil de l'électoratModifier

En 2016, Ralf Melzer, journaliste et historien, relève que les anciens abstentionnistes représentent près de la moitié de l'électorat de l'AfD et que le parti « est arrivé en tête dans l'électorat ouvrier lors des dernières élections régionales (en dehors de celles du Rhénanie-Palatinat). Aujourd'hui, l'AfD est également le premier parti parmi les chômeurs »[139]. Après les élections fédérales de 2017, le chroniqueur Gabriel Richard-Molard relève que « ce sont les actifs ayant des professions manuelles (30-60 ans) et non les plus âgés, comme au Royaume-Uni pour le Brexit, qui sont le cœur électoral de l’AfD. Cet électorat traditionnellement réparti entre la CDU et le SPD est définitivement parti et, comme en France, est devenu l’illustration d’une génération européenne d’adultes xénophobes qui se sent trahie par des élites qu’elle juge mondialistes et socialement trop libérales »[140].

L'AfD est plus fortement ancrée en ex-Allemagne de l'Est qu'en ex-Allemagne de l'Ouest : lors de ces mêmes élections fédérales, « à l’Est, 21,5 % des citoyens (26 % des hommes et 17 % des femmes) ont voté pour ce parti, tandis qu’à l’Ouest ce sont « seulement » 14 % des hommes et 8 % des femmes. En Saxe, l’AfD est même le premier parti, avec 27 % des voix ; elle devance de quelques voix la CDU d’Angela Merkel, le Parti des chrétiens-démocrates[141] ». Selon le sociologue Matthias Quent (de), l'AfD distille « des valeurs illibérales » auprès de la population d'ex-Allemagne de l'Est « qui n’a pas la même tradition d’autocritique qu’à l’Ouest », et vise « d’abord gagner à l’Est avant de mettre le cap sur l’Ouest »[126].

L'AFD réalise des scores élevés dans les régions de l'Est de l'Allemagne. Les motivations principales de ce vote ne sont pas l'immigration ou la xénophobie mais le sentiment de déclassement social, la précarité de l'emploi et la raréfaction des services publics[142].

Élections au BundestagModifier

Année Voix % Mandats Tête de liste
2013 2 052 372 4,7
0 / 631
Bernd Lucke
2017 5 877 094 12,6
94 / 709
Alice Weidel

Élections européennesModifier

Année Voix % Mandats Tête de liste
2014 2 065 162 7,0
7 / 96
Bernd Lucke
2019 4 103 453 11,0
11 / 96
Jörg Meuthen

Élections régionalesModifier

 
Représentation de l'AfD dans les Länder :
  • dans l'opposition
  • non représentés
Résultats électoraux dans les Landtage :
Année BW BY BE BB HB HH HE MV NI NW RP SL SN ST SH TH
2013 4,1
(0)
2014 12,2
(11)
9,7
(14)
10,6
(11)
2015 5,5
(4)
6,1
(8)
2016 15,1
(23)
14,2
(25)
20,8
(18)
12,6
(14)
24,3
(25)
2017 6,2
(9)
7,4
(16)
6,2
(3)
5,9
(5)
2018 10,2
(22)
13,1
(19)
2019 23,5
(23)
6,1
(5)
27,5
(38)
23,4
(22)

StructureModifier

La loi imposant les grandes lignes dans la structure des partis, l'AfD est organisée de manière classique avec une direction nationale et des branches au niveau des Länder puis des échelons inférieurs.

Exécutif fédéralModifier

Le comité exécutif fédéral actuel a été choisi lors du congrès fédéral du parti, organisé à Hanovre les 2 et [143].

Porte-paroles Jörg Meuthen et Alexander Gauland
Porte-paroles adjoints Georg Pazderski, Kay Gottschalk et Albrecht Glaser
Trésorier Klaus Fohrmann
Trésorier adjoint Frank Pasemann (de)
Secrétaire Joachim Kuhs
Assesseurs Beatrix von Storch et Alice Weidel

Historique des porte-parolesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Jon Stone, « Germany's right-wing AfD party surges to new high amid concern over refugees », sur independent.co.uk, (consulté le 7 juillet 2017)
    « Germany’s eurosceptic right-wing party has hit a new all-time high in the opinion polls as concern about migration rises in the country. ».
  2. (en) Brandon Conradis, « New poll shows Alternative for Germany gaining support », sur dw.com, (consulté le 26 septembre 2016) :
    « The right-wing Alternative for Germany (AfD) has garnered some of its best numbers yet in a nationwide poll. ».
  3. (en) Thorsten Benner, « Germany's Right-Wing Challenge », sur foreignaffairs.com, (ISSN 0015-7120, consulté le 28 avril 2018).
  4. Alexandre Decroix, « Législatives allemandes : l'extrême-droite de l'AfD entre au Parlement, qui est le duo baroque à sa tête ? », sur LCI, (consulté le 24 septembre 2017).
  5. Home, « Frauke Petry, le visage de la droite radicale allemande », sur lefigaro.fr (consulté le 24 septembre 2017).
  6. « En Allemagne, le parti d’extrême droite AfD désigne deux dirigeants pour les législatives », sur lemonde.fr, (consulté le 28 avril 2018).
  7. (en) Political Handbook of the World 2014, SAGE Publications, (ISBN 978-1-4833-3327-4, lire en ligne), p. 532
  8. Kemal Dervis et Jacques Mistral, Europe's Crisis, Europe's Future, Brookings Institution Press, (ISBN 978-0-8157-2554-1, lire en ligne), « Overview », p. 13
  9. Robert Ladrech, Routledge Handbook of European Politics, Routledge, (ISBN 978-1-317-62836-1, lire en ligne), « Europeanization of National Politics: the centrality of politics parties », p. 580
  10. a et b William T. Daniel, Career Behaviour and the European Parliament: All Roads Lead Through Brussels?, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-871640-2, lire en ligne), p. 135
  11. (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe », sur parties-and-elections.eu (consulté le 25 juin 2015).
  12. Simon Franzmann, Germany After the 2013 Elections: Breaking the Mould of Post-Unification Politics?, Ashgate, , 166–167 p. (ISBN 978-1-4724-4439-4, lire en ligne), « The Failed Struggle for Office Instead of Votes »
  13. Ralf Melzer, « Le populisme de droite en Allemagne : un défi pour la social-démocratie », Office universitaire de recherche socialiste, no hors-série 76-77,‎ , p. 55.
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