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Élections régionales de 2016 en Bade-Wurtemberg

Élections régionales de 2016 en Bade-Wurtemberg
143 députés du Landtag
Majorité absolue : 72 députés
Type d’élection Élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 7 683 464
Votants 5 411 945
70,44 %  +4,2
Votes exprimés 5 361 250
Votes nuls 50 695
2017-09-17 Winfried Kretschmann by Olaf Kosinsky-3.jpg Grünen – Winfried Kretschmann
Voix 1 623 107
30,27 %
 +6,1
Députés élus 47  +11
Guido Wolf 2013 (portrait).jpg CDU – Guido Wolf
Voix 1 447 462
27,00 %
 −12
Députés élus 42  −18
Jörg Meuthen 2015 (portrait).jpg AfD – Jörg Meuthen
Voix 809 564
15,10 %
 +15,1
Députés élus 23  +23
Nils Schmid 2012 (cropped).jpg SPD – Nils Schmid
Voix 679 727
12,68 %
 −10,5
Députés élus 19  −16
Rülke.JPG FDP – Hans-Ulrich Rülke (de)
Voix 445 498
8,31 %
 +3
Députés élus 12  +5
Vainqueur par circonscription.
Carte
16e législature du Landtag
Diagramme
Ministre-président
Sortant Élu
Winfried Kretschmann
Grünen
Winfried Kretschmann
Grünen
www.election.de

Les élections régionales de 2016 en Bade-Wurtemberg (en allemand : Landtagswahl in Baden-Württemberg 2016) se tiennent le , afin d'élire les 120 députés de la 16e législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans. Du fait de la loi électorale, 143 députés sont finalement élus.

Le scrutin est marqué par la victoire des Grünen du ministre-président Winfried Kretschmann, qui arrive pour la première fois de leur histoire en tête d'une élection parlementaire. Kretschmann assure son maintien au pouvoir en s'associant avec la CDU.

ContexteModifier

Fief chrétien-démocrate depuis sa création en 1952, le Land de Bade-Wurtemberg a connu un bouleversement politique majeur au cours des élections législatives régionales du .

Alors que l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), dirigée par le ministre-président Stefan Mappus, vire en tête, elle ne recueille que 39 % des suffrages exprimés, ce qui constitue son plus mauvais résultat depuis le scrutin de 1952. Pour la première fois dans l'histoire régionale, l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) de Winfried Kretschmann s'installe à la deuxième place, accusant un retard de 737 800 voix sur la CDU mais recueillant un résultat historique de 24,2 %.

Le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), emmené par Nils Schmid n'enraye pas sa chute, entamée en 1976 et fortement accentuée en 2006, puisqu'il se contente de 23,1 % des voix, soit son plus mauvais résultat historique. Devancés de 53 600 suffrages par les écologistes, les sociaux-démocrates atteignent une troisième position inédite. Avec un total de 71 députés sur 138, les deux forces de centre gauche sont toutefois en mesure de former, pour la première fois depuis 1964, une majorité alternative à la CDU. En effet, le Parti libéral-démocrate (FDP), conduit par le vice-ministre-président et ministre de la Justice Ulrich Goll, dégringole jusqu'à 5,3 % et seulement 7 mandats, retombant ainsi à son faible niveau de 1988.

Après deux mois de négociations, les Grünen et le SPD s'accordent pour constituer une coalition verte-rouge, une configuration inédite au niveau gouvernemental. Winfried Kretschmann est investi ministre-président tandis que Nils Schmid devient vice-ministre-président, ministre des Finances et de l'Économie.

Au cours des élections législatives fédérales du , la CDU renforce sa domination sur le Land, avec un total de 45,7 % des voix, même si elle recule par rapport au scrutin de 2009. Le SPD retrouve sa deuxième position, mais continue de chuter puisqu'il ne comptabilise plus que 20,6 % des suffrages. Troisièmes, les Grünen engrangent 11 %, tandis que le FDP relève la tête avec 6,2 %. Surgissant directement à la cinquième place, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) reçoit 5,2 % et passe ainsi devant Die Linke, qui recueille 4,8 %. Ainsi, les partis de la coalition soutenant Kretschmann comptent 31,6 %, alors que l'opposition régionale engrange 51,9 %.

Les élections européennes du accentuent le brouillage du paysage politique régional. Premiers, les chrétiens-démocrates refluent à 38,7 %, devant les sociaux-démocrates qui n'arrêtent pas leur recul, puisqu'ils se contentent de 18,1 %, alors que les écologistes suivent de près avec 15 %. Les libéraux connaissent eux aussi une belle progression, avec un résultat de 14,1 %. La majorité au pouvoir à Stuttgart compte alors 33,1 % des voix, nettement distancée par les deux forces de l'opposition qui reçoivent 52,8 %.

Mode de scrutinModifier

Le Landtag est constitué de 120 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel de Sainte-Laguë.

Chaque électeur dispose d'une voix, qui compte double. Elle est d'abord attribuée au parti politique dont le candidat est le représentant, puis elle permet de déterminer le score du candidat dans sa circonscription, le Land comptant un total de 70 circonscriptions.

Lors du dépouillement, l'intégralité des 120 sièges est répartie en fonction de la première attribution, à condition qu'un parti ait remporté 5 % de ces voix au niveau du Land (les voix des candidats indépendants sont donc exclues de ce décompte). Cette répartition est ensuite répétée au niveau des quatre districts. Si un parti a remporté des mandats avec la deuxième attribution, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci. Les sièges restants sont ensuite comblés par les candidats des circonscriptions non-élus, dans l'ordre décroissant de leur résultat en pourcentage.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, la taille du Landtag est augmentée jusqu'à rétablir la proportionnalité.

CampagneModifier

Principales forcesModifier

Parti Chef de file Résultats de 2011
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Guido Wolf 39 % des voix
60 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Winfried Kretschmann
(Ministre-président)
24,2 % des voix
36 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Nils Schmid
(Ministre des Finances)
23,1 % des voix
35 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Hans-Ulrich Rülke (de) 5,3 % des voix
7 députés

Enquêtes d'opinionsModifier

Sondages en vue des élections législatives régionales de 2016 en Bade-Wurtemberg[1]
Institut Date CDU SPD Verts FDP Linke AfD
YouGov 10/03/2016 30 % 12 % 32 % 8 % 4 % 11 %
Forsa 09/03/2016 27 % 16 % 32 % 7 % 3 % 11 %
INSA 07/03/2016 28,5 % 12,5 % 33,5 % 6 % 3 % 12,5 %
Forschungsgruppe Wahlen 04/03/2016 30 % 13 % 32 % 7 % 4 % 11 %
Infratest dimap 03/03/2016 28 % 13 % 32 % 8 % 4 % 13 %
INSA 28/02/2016 30 % 16,5 % 30,5 % 6,5 % 3,5 % 9 %
Forsa 26/02/2016 30 % 16 % 30 % 6 % 3 % 11 %
INSA 22/02/2016 30 % 16 % 30,5 % 7 % 3 % 10 %
Infratest dimap 18/02/2016 31 % 14 % 28 % 8 % 4 % 12 %
Customer Research 42 12/02/2016 33,1 % 15,6 % 26,1 % 5,1 % 5,5 % 10,5 %
INSA 05/02/2016 33,5 % 13,5 % 28,5 % 7 % 3,5 % 10 %
Forschungsgruppe Wahlen 21/01/2016 34 % 15 % 28 % 6 % 3 % 11 %
INSA 20/01/2016 35 % 13 % 29 % 6,5 % 2,5 % 11,5 %
Infratest dimap 14/01/2016 35 % 15 % 28 % 6 % 3 % 10 %
Forsa 15/12/2015 35 % 19 % 28 % 5 % 3 % 7 %
Infratest dimap 03/12/2015 37 % 18 % 25 % 5 % 4 % 8 %
Forschungsgruppe Wahlen 20/11/2015 37 % 18 % 27 % 5 % 3 % 6 %
INSA 09/10/2015 40 % 16 % 24 % 5 % 5 % 8 %
Infratest dimap 24/09/2015 39 % 17 % 26 % 5 % 4 % 5 %
Allensbach 11/09/2015 40,5 % 20 % 24 % 4,5 % 4 % 3 %

RésultatsModifier

Voix et siègesModifier

Résultats des élections législatives de 2016 en Bade-Wurtemberg
Parti Voix Sièges
Votes % MU1 +/- Liste Total +/-
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 1 623 107 30,27 46   37 1 47   11
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 1 447 462 27,00 22   38 20 42   18
Alternative pour l'Allemagne (AfD) 809 564 15,10 2   2 21 23   23
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 679 727 12,68 0   1 19 19   16
Parti libéral-démocrate (FDP) 445 498 8,31 0   12 12   5
Die Linke (Linke) 15 640 2,91 0   0 0  
Autres 199 652 3,72 0   0 0  
Votes valides 5 361 250 99,06
Votes blancs et nuls 50 695 0,94
Total 5 411 945 100 70   73 143   5
Abstentions 2 271 519 29,56
Nombre d'inscrits / participation 7 683 464 70,44

AnalyseModifier

SociologiqueModifier

Sondage Forschungsgruppe Wahlen[2]
Catégorie Grünen CDU AfD SPD FDP Linke
Sexe
Hommes 28 % 26 % 18 % 12 % 9 % 3 %
Femmes 34 % 28 % 12 % 12 % 8 % 3 %
Âge
Moins de 30 ans 27 % 25 % 16 % 12 % 7 % 6 %
30−44 ans 29 % 27 % 19 % 9 % 7 % 4 %
45−59 ans 37 % 23 % 16 % 11 % 7 % 3 %
Plus de 60 ans 28 % 32 % 11 % 16 % 10 % 1 %
Statut
Ouvrier 24 % 27 % 22 % 14 % 6 % 3 %
Employé 36 % 25 % 13 % 13 % 7 % 3 %
Fonctionnaire 33 % 32 % 8 % 15 % 9 % 2 %
Indépendant 29 % 32 % 12 % 9 % 13 % 3 %
Études
Hauptschulabschluss 24 % 29 % 16 % 16 % 8 % 1 %
Mittlere Reife 28 % 26 % 19 % 11 % 9 % 3 %
Abitur (baccalauréat) 34 % 24 % 15 % 11 % 8 % 4 %
Hochschulabschluss (supérieur) 38 % 24 % 11 % 11 % 10 % 3 %

ConséquencesModifier

La CDU se montre ouverte pour des discussions en vue de former pour la première fois, à l'échelle régionale, une coalition verte-noire[3]. Le , elle décide à l'unanimité d'entamer des négociations en vue de former une majorité parlementaire avec les écologistes dont elle serait le partenaire minoritaire[4]. Kretschmann et Thomas Strobl, président de la CDU régionale, annoncent le avoir trouvé un terrain d'entente sur les principaux points d'achoppement, l'accord de coalition devant être présenté le [5]. Le 12 mai, Kretschmann est reconduit au poste de ministre-président, à la tête d'une coalition verte-noire[6].

Notes et référencesModifier

  1. (de) « Sonntagsfrage – Baden-Württemberg (Wahlumfrage, Wahlumfragen) », sur wahlrecht.de (consulté le 3 octobre 2017).
  2. (de) « Soziale Gruppen », sur www.forschungsgruppe.de (consulté le 3 septembre 2019).
  3. (de) « Baden-Württemberg: CDU ist bereit für Grün-Schwarz », Die Zeit,‎ (ISSN 0044-2070, lire en ligne, consulté le 27 mars 2016).
  4. (de) « Der Weg für grün-schwarz ist frei », sur Frankfurter Allgemeine Zeitung, .
  5. (de) « Grün-Schwarz in Stuttgart meldet Einigung », sur Frankfurter Allgemeine Zeitung, .
  6. (de) « Baden-Württemberg: Kretschmann erneut zum Ministerpräsidenten Baden-Württembergs gewählt », sueddeutsche.de,‎ (ISSN 0174-4917, lire en ligne, consulté le 13 mai 2016).

Voir aussiModifier