SOS Chrétiens d'Orient

association loi de 1901

SOS Chrétiens d'Orient (SOS-CO) est une organisation non gouvernementale française à but humanitaire, dédiée à l'aide aux chrétiens d'Orient, dont le siège est situé à Paris.

SOS Chrétiens d'Orient
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Histoire
Fondation
Cadre
Zone d'activité
Type
Forme juridique
Siège social
Pays
Langue
Organisation
Membres
Président[1]
Charles de Meyer
Directeur général
Benjamin Blanchard
Trésorier
Côme de Villeneuve
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates

Fondée en 2013, l'association se donne plusieurs missions principales : l'aide d'urgence, l'aide médicale, l'éducation, l'enracinement des chrétientés orientales, la valorisation du patrimoine et de la culture au Proche-Orient, l'information et la sensibilisation des chrétiens d'Occident aux problématiques des chrétiens d'Orient[réf. nécessaire].

L'organisation est présente dans cinq pays du Proche-Orient : elle met en œuvre 4 missions permanentes en Syrie, en Irak, au Liban et en Égypte, ainsi qu'une antenne en Jordanie. Elle dispose du statut de « partenaire de la défense nationale ».

Ses fondateurs et la plupart de ses dirigeants sont issus de l'extrême droite, voire, pour certains d'entre-eux, de groupes d'extrême droite radicale, ce qui vaut à l'association des controverses, y compris au sein de l’Église.

SOS Chrétiens d'Orient fait également l'objet de critiques pour son soutien au régime de Bachar el-Assad au cours de la guerre civile syrienne et a été accusée de militer auprès de parlementaires français pour la réhabilitation de celui-ci, voire de relayer la propagande du régime syrien.

HistoireModifier

L'association est fondée en 2013, à la suite de la prise de Maaloula, en Syrie, par les rebelles et les djihadistes. D'après Le Figaro, Maaloula est « un village de Syrie à majorité chrétienne », et les fondateurs de l'association, Charles de Meyer et Benjamin Blanchard, se rendent en Syrie « apporter vivres, médicaments et jouets dans le pays »[2].

L'association se donne plusieurs missions principales : l'aide d'urgence (envoyer des colis de nourritures, des couvertures, de l'eau, etc.), l'aide médicale (envoyer des médecins et médicaments, reconstruire des hôpitaux, etc.), l'éducation (soutien scolaire, reconstruction d'écoles, etc.), l'enracinement des chrétientés orientales, la valorisation et préservation du patrimoine et de la culture au Proche-Orient (par exemple aider la jeunesse à organiser des spectacles), l'information et la sensibilisation des chrétiens d'Occident aux problématiques des chrétiens d'Orient [3],[4]. La presse relaie des témoignages de bénévoles et de membres de l'association, ou des informations sur la présence de l'association sur le terrain[2],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11]. Par exemple, L'Orient-Le Jour relaie le témoignage d'une conseillère de l'Assemblée des Français de l'étranger qui a passé cinq jours au Liban en 2014 avec SOS Chrétiens d'Orient et qui raconte des actions concrètes dans les camps de réfugiés : construire des poulaillers et jardins potagers pour « inciter les réfugiés à plus d'indépendance », « assurer l'eau potable », « financer des caravanes médicalisées (pharmacie, consultations) et des écoles grâce à des caravanes », etc. Cette conseillère déclare de plus : « défendre les chrétiens d'Orient dépasse largement la cause religieuse : je pense que la présence chrétienne est aussi et surtout le gage de valeurs démocratiques, républicaines et symbole de liberté. Et leur effondrement démographique depuis des décennies n'a laissé place qu'à plus d'extrémisme et d'oppression. »[12] Selon Le Figaro, l’association est active en 2019 en Syrie, en Irak, au Liban, en Jordanie, en Égypte au Pakistan, et l’aide d’urgence a laissé la place aux projets de reconstruction économique[2].

Les fondateurs de l'association sont Charles de Meyer et Benjamin Blanchard ; le premier est un ancien assistant du député d'extrême droite Jacques Bompard, et le second un ancien collaborateur de l’eurodéputée du Front national Marie-Christine Arnautu[13]. Tous deux se sont rencontrés en garde à vue, en , dans le cadre d'une manifestation contre le mariage homosexuel[14]. L'hebdomadaire La Vie affirme que « les dirigeants et fondateurs [de SOS Chrétiens d'Orient] sont tous des jeunes issus de la droite catholique identitaire »[15],[16].

Le directeur des opérations de l'association est François-Xavier Gicquel, ancien militant du Front national — dont il a été exclu — et du groupuscule Jeunesses nationalistes[14],[17]. Son aumônier général est le père Augustin-Marie Aubry, membre de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier. La collecte de fonds échoit quant à elle à la société Ad litteram, dirigée par Tristan Mordrelle[a] ; Benjamin Blanchard déclare pourtant au Monde ne pas connaître cette structure[14].

Ses dirigeants revendiquent l’envoi, en quatre ans d’existence, de plus de 1 000 volontaires sans le moindre incident sérieux[18]. En janvier 2019, Le Figaro étudiant relaie le bilan de l'association publié par SOS Chrétiens d'Orient sur son site, qui indique 1500 volontaires envoyés sur le terrain, ayant visité 60 000 familles « en grande pauvreté » et distribué « plus de soixante tonnes de matériel médical ou humanitaire, trente tonnes de médicaments ou de paniers alimentaires »[2].

En février 2017, le label « partenaire de la défense nationale »[b] est attribué à l'association par arrêté du ministère de la Défense français[16],[20]. Selon Libération, l'obtention de ce label est inattendu, et « couronne une stratégie de séduction dirigée vers la défense […] pour une association en quête de respectabilité pour ses opérations de lobbying ». Édith Gueugneau, députée membre du Conseil supérieur de la réserve militaire, où les élus prennent part aux réflexions « tombe des nues en apprenant que l’association SOS Chrétiens d’Orient a obtenu ce statut. « Cette décision m’interroge, il s’agit d’un arrêté pris par le ministère ! » commente-t-elle, assurant avoir interpellé le cabinet du ministre de la Défense sur le sujet »[16].

Le 20 janvier 2020, quatre collaborateurs expérimentés de l'association, trois Français et un Irakien, sont portés disparus à Bagdad[21]. Pierre-Alexandre Bouclay, directeur de la communication de l'association, précise que l'identité des quatre salariés ne peut être communiquée pour des raisons de sécurité[22]. Les kidnappeurs pourraient être une milice chiite, dans l’orbite de certains centres du pouvoir irakien et de l’Iran[23]. Le , la France annonce retirer d'Irak ses troupes impliquées dans l'opération Chammal[24] et le jour suivant les employés de SOS Chrétiens d'Orient, Antoine Brochon, Julien Dittmar, Alexandre Goodarzy, et l’Irakien Tariq Mattoka sont libérés[25],[26].

PartenariatsModifier

En 2013, l'ONG organise la tournée en France de la chorale chrétienne Cœur-Joie, originaire de Damas[27], dirigée par le père Zahlaoui, « conseiller spirituel » du palais présidentiel de Damas[28].

L'association travaille en partenariat avec des organisations humanitaires catholiques comme l'Aide à l'Église en détresse[29] ou l'ordre de Malte au Liban[30]. En 2015, elle reçoit par ailleurs le soutien financier de l'aumônerie de l'Institut catholique de Rennes[31].

En 2017, le chanteur Jean-Pax Méfret dédie son album « Noun » aux chrétiens d'Orient et joue quelques-uns de ses morceaux lors d'une soirée caritative organisée par l'association SOS Chrétiens d'Orient[32].

En , SOS Chrétiens d'Orient signe un partenariat avec l'association syrienne Al-Sakhra (« le Rocher ») pour la création d'un institut professionnel d'architecture traditionnelle. Le but est de participer à la préservation du patrimoine architectural syrien et notamment celui du vieux Damas[33].

ControversesModifier

Liens avec l'extrême droiteModifier

Le président de l'association est Charles de Meyer, qui, selon Le Point, se réclame de la mouvance maurassienne, courant royaliste d'extrême droite[34].

En 2015, plusieurs titres de presse comme Libération et BuzzFeed, ont décrit l'ONG comme noyautée par l'extrême droite et relevé la présence de personnalités issues de ce courant politique parmi les fondateurs et membres de l'ONG, tels que Maxime Gaucher, Damien Rieu, François-Xavier Gicquel, Rodolphe Istre, Tristan Mordrelle et Charlotte d'Ornellas[35],[36],[37],[38]. La Licra écrit : « l’association est sujette à controverse, notamment dans son soutien à Bachar el-Assad, par sa proximité avec les milieux identitaires et son action dépasse largement le cadre humanitaire »[39]. D'après Le Monde, l'association est « proche des milieux identitaires et de l'Action française »[40]. France Soir décrit l'ONG comme une « association d'extrême-droite »[35]. Selon L'Express, une source impliquée dans la cause des chrétiens d'Orient affirme que « des extrémistes se sont emparés du sujet », faisant référence à SOS Chrétiens d'Orient[41]. D'après BuzzFeed, les membres de l'association sont « majoritairement issus de l’extrême droite radicale »[36]. Parmi les jeunes volontaires partis au moyen-orient, Maxime Gaucher est selon Reflexes un militant identitaire « adepte de la violence »[42]. François-Xavier Gicquel, militant du groupuscule dissout des JNR, photographié faisant le salut nazi, ce qui lui a valu d'être exclu du Front national lors de la purge de 2011 organisée par Marine Le Pen, a été nommé chef de mission par l'association[37],[42]. D'après REFLEXes, l'association a « réussi le tour de force » de rassembler « toutes les familles de l’extrême droite française autour d’une même cause » : identitaires, anciens de L'Œuvre française, frontistes, catholiques intégristes, etc[42]. Selon Nicolas Hénin, « tous les cadres et fondateurs de l'association affichent un CV d'extrême droite » et « plusieurs membres éminents ont été exclus du FN qui les considérait comme trop radicaux »[17].

D'après Camille Lons[c], chercheuse à l'ECFR publiée sur le site Orient XXI, l'association « cache » un « agenda partisan », utilisant au profit de « son idéologie identitaire » le « martyre » de chrétiens irakiens « chassés par les djihadistes de l’organisation de l’État islamique ». Selon la chercheuse, l'association est « en réalité intégralement noyautée par la mouvance de l’ultra-droite »[43].

Le journaliste Pierre Prier d'Orient XXI restitue l'action de l'association dans un contexte plus vaste, estimant que le « rôle du gouvernement français dans la mobilisation en faveur des chrétiens d’Orient » dépasse le cadre de l'engagement humanitaire et reflète des « enjeux idéologiques forts », portés majoritairement par la droite française. Cette dernière utiliserait le thème des chrétiens d'Orient « tout d’abord à cause de leur traditionnelle association avec l’électorat catholique français », mais aussi parce qu'elle privilégierait les débats autour de l’identité chrétienne de la France et, moins explicitement, autour de la crainte d’une éventuelle « islamisation » de la société. L’ONG SOS Chrétiens d’Orient serait « l’exemple le plus emblématique » de la présence de l'extrême droite « autour de ces thématiques »[46]. D'après Nicolas Hénin, cette ONG n'a « d'égard pour ses coreligionnaires que dès lors qu'ils se font massacrer par des islamistes. On ne les a jamais entendus prendre la défense des catholiques d'Ukraine »[17].

Du fait de la proximité relative de leurs noms respectifs, l'Œuvre d'Orient a envoyé un courrier à ses donateurs pour dissiper la confusion et se démarquer de SOS Chrétiens d'Orient[13]. Pour Henri Tincq, l'association SOS Chrétiens d'Orient, qui « réunit des jeunes catholiques d'extrême droite », « fait le siège de paroisses et d'écoles catholiques pour les informer de la situation des croyants dans le monde », « en fait pour détourner l'argent des donateurs français habitués à soutenir la très officielle Œuvre d'Orient »[47].

En juin 2019, des élus de la Région Auvergne-Rhône-Alpes dénoncent le projet de subvention de l’association par la majorité de Laurent Wauquiez, estimant que « les dirigeants [de l’association] sont notoirement connus pour leur appartenance à l’extrême droite et aux mouvements identitaires et nationalistes ». Un élu socialiste va jusqu'à qualifier l'association d'entreprise politique extrémiste[48]. La délibération est retirée juste avant le vote[49],[48].

La proposition de subvention étant remise à l'ordre du jour de septembre, l'opposition conteste de nouveau ouvertement le projet. Laurent Wauquiez annonce que l'association ayant « eu des liens politiques avec des personnalités extrémistes issues de mouvements identitaires », la région a demandé des renseignements supplémentaires auprès de l'ambassade de France en Irak[50],[51] et a reçu pour réponse que l'association bénéficie au titre d’ONG française d’un suivi par l'ambassade. Laurent Wauquiez précise qu'il attend connaître « la qualité du travail qui est fait » par l'ONG avant de prendre une décision et retire finalement la proposition de subvention, annonçant que l'ambassade ne soutient pas financièrement l'association et qu'elle « émet des réserves sur l’efficacité de son action »[52]. Selon Le Progrès, Laurent Wauquiez a justifié son revirement en citant une « source » à l'ambassade. Le journal rapporte que SOS Chrétiens d'Orient a réagi en invoquant une « désinformation grave de la part de la Région Auvergne-Rhône-Alpes » ; l'association « s’étonne de ces propos qui ne correspondent pas aux retours fait tant par l’ambassade de France en Irak, le consulat général de France à Erbil, que le centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères »[53],[54].

Critique au sein de l’ÉgliseModifier

Le 8 novembre 2017, Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l'Œuvre d'Orient et vicaire général de l'ordinariat des catholiques orientaux en France, critique fortement l'association SOS Chrétiens d'Orient devant les évêques de France réunis à Lourdes. Il dénonce les « risques inconsidérés » que l'association fait courir à ses « jeunes volontaires très méritants », un budget de communication « semblant excessif » (« Avec 30 à 40 % de frais généraux, ils sont bien au-delà de ce que font les autres associations, qui dépensent plutôt 15 à 20 % de leur budget pour cela »), l'adoption d'une grille de lecture opposant chrétiens et musulmans, la proximité des fondateurs de l'association avec le Front national et les « réseaux de Marine Le Pen » et sa complaisance vis-à-vis de Bachar el-Assad alors que la France n'est pas neutre dans le conflit : « On doit éviter que la question des chrétiens d’Orient soit liée de manière partisane. Nous devons parler aux élus, aux cabinets ministériels, mais ne pas se lier à un parti. », et il met en garde les partis politiques de ne pas instrumentaliser la défense des chrétiens à « d'autres fins, comme celle de l'immigration »[55],[56],[41].

Face à ces critiques de L'Œuvre d'Orient, le président de SOS Chrétiens d'Orient Charles de Meyer affirme que « 1 000 volontaires [ont été] envoyés sans aucun problème », et réfute avoir une lecture confessionnelle ou partisane du conflit en mettant en avant la présence de volontaires dans des régions majoritairement sunnites : « Il est évident que quand on rentre en Syrie, on a un rapport avec les autorités syriennes. Mais au Liban, nous travaillons avec des personnes qui sont considérées comme adversaires du pouvoir en place à Damas. Notre but est d’aider les chrétiens d’Orient à rester sur place, pas d’être les agents de qui que ce soit. ». Il se défend aussi de toute tentative de récupération : « Notre but est d’être intégralement indépendants [...] Nos 35 000 donateurs ont un profil plus militant et sont intéressés par le côté dynamique de nos actions ». Ce « dynamisme » est jugé excessif par l'Œuvre d'Orient, notamment pour un appel aux dons dénaturant des propos de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères d'alors[57]. Pierre Sabatié-Garat, président de l'Œuvre d'Orient, accuse l'ONG de jouer sur les ambiguïtés pour lever des fonds, des donateurs confondant les deux organisations[17].

Proximité avec le régime de Bachar el-AssadModifier

Lors de la guerre civile syrienne, l'association ne cache pas — d'après un article de Pierre Alonso et Dominique Albertini — « son parti pris en faveur de Bachar al-Assad »[16] ; en 2014, Charles de Meyer déclare à l'agence de presse russe Sputnik : « L’alternative qui s’impose aujourd’hui est triviale : c’est soit al-Assad, soit le djihadisme international, intolérant et ultra-violent »[16].

En 2015, Jérôme Tousaint, membre de l'association SOS Chrétiens d'Orient, ami revendiqué du régime de Bachar el-Assad, « lobbyiste de l'ombre » qui « œuvre pour un rapprochement entre Paris et Damas », et ex-candidat UMP aux législatives, organise, avec l'association, un voyage en Syrie et une rencontre pour 30 touristes français en Syrie avec le vice-ministre des Affaires étrangères[58]. C'est lui qui obtient les visas « négociés au plus haut niveau avec Damas »[59]. Garance Le Caisne écrit que c'est lui qui « dirige officieusement la communication » de SOS Chrétiens d'Orient. Elle s'interroge : « Peut-il ignorer, ce Français qui connaît si bien le régime et les quartiers de la ville que, de l'autre côté de la rue, on tue, non, on assassine au nom de ce régime ? »[60]. Pour Jérôme Tousaint, Bachar el-Assad est un allié que Paris a intérêt à soigner[58],[36].

L'association a pour partenaire le Syria Trust for Development, « une énorme structure caritative placée sous le patronage » d'Asma el-Assad, épouse de Bachar el-Assad », qui reçoit des subventions bien qu'Asma el-Assad soit sous sanctions internationales, en raison de l'interdiction des autres ONG[61] ,[62] ,[63].

En 2016, l'association sert à nouveau d'intermédiaire et organise la rencontre de 4 députés français — dont Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq et Jean Lassalle — avec le président syrien à Damas[16]. Les quatre parlementaires partent sans l'aval du ministère de l'Intérieur. Celui-ci, apprenant que les quatre élus sont en Syrie, manifeste immédiatement son désaccord. Le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls condamnent vivement ce voyage informel[36],[64].

La chercheuse Camille Lons cite, en 2016, « Julie A. », une ancienne bénévole de l’association qui déclare au sujet d’une mission à laquelle elle a participé en Syrie : « Je me suis rapidement rendu compte de leurs convictions. Nous sommes allés à un meeting prorégime, on se serait cru en Corée du Nord. J’ai décidé de quitter la mission juste après cet épisode. »[43].

Accusations de militantisme pour la réhabilitation de Bachar el-AssadModifier

SOS Chrétiens d'Orients a été accusée de lobbying, en particulier auprès de parlementaires français, en organisant et facilitant des rencontres avec des dignitaires syriens, avec à leur tête Hala Chaoui, « une amie de la femme de Bachar el-Assad », afin de promouvoir la réhabilitation du chef d'État syrien[59],[36],[65],[37]. Selon le député Thierry Mariani, qui s'est rendu en Syrie, l'association SOS Chrétiens d'Orient fait partie des « rares interlocuteurs qui nous permettent d'y aller et d'avoir des relais sur place ». Lors de du premier voyage de Thierry Mariani en Syrie, SOS Chrétiens d'Orient a pris en charge les frais sur place et organisé le déplacement[65].

Selon l'Express, pour l'organisation, « la défense des chrétiens d'orient sert de sésame » pour approcher les cercles du pouvoir en France et pour « fréquenter assidûment les premiers cercles du pouvoir » en Syrie[61].

Selon Camille Lons, l'association « milite (...) pour la réhabilitation du régime de Bachar Al-Assad »[43].

Relai de la propagande du régime syrienModifier

Selon l'Express, « certains membres de SOS Chrétiens d'Orient relaient la propagande du régime de Damas. Au point de côtoyer des criminels de guerre. »[66] On trouve sur les réseaux sociaux des photographies de soirées entre amis montrant Fabienne Blineau (conseillère consulaire pour la zone Syrie-Liban qui « n'a cessé d'abreuver les réseaux sociaux de photos illustrant sa proximité avec des cadres du régime »), recevant Amr Armanazi (placé sur la liste des sanctions américaines et européennes, directeur du Centre d'études et de recherches scientifiques syrien, l'agence chargée d'élaborer des armes chimiques, nucléaires et biologiques), Hala Chaoui (amie personnelle d'Asma el-Assad), mais aussi Alexandre Goodarzi et Béatrice Challan-Derval, chefs de missions pour SOS Chrétiens d'Orient[61].

Selon Firas Kontar, porte-parole de Syrie Liberté « SOS Chrétiens d’Orient fait avant tout de la communication en faveur du régime de Damas. Leurs activités caritatives servent de prétexte pour s’afficher avec ses représentants. Ils n’hésitent pas à falsifier les faits et ils colportent la propagande officielle. »[66]

Pierre Le Corf, entré en Syrie par l'intermédiaire de l'association, se montre particulièrement actif sur les réseaux sociaux, notamment lors de la bataille d'Alep, où il défend les forces du régime syrien, ce qui lui vaut d'être accusé de faire de la propagande pour Bachar el-Assad[67],[68],[69],[70].

Selon Claire Lefort, l'association fait partie de la mouvance de La Manif pour tous et du « Printemps français » soutenue par les milieux catholiques et conservateurs, et l'envoi de « volontaires » en Syrie s'inscrit dans le cadre large de la défense des valeurs et de l'héritage chrétien jugés menacés en Syrie aussi bien qu'en France. La démarche générale consiste donc à « organiser le combat des catholiques pour leur propre survie ». Les jeunes peu formés envoyés sur le terrain sont confrontés à une réalité politique et sociale complexe et se réfèrent alors au chef de mission, souvent proche de milieux traditionalistes ou d'extrême droite. Ils sont « ainsi confrontés à un discours pro-Bachar et pro-Russe, alimenté de théories du complot ». Un ancien volontaire déclare : « il faut veiller à prendre du recul pour éviter le ‘‘syndrome du volontaire de retour de mission’’, devenu le parfait petit soldat pro-Bachar : à vingt ans on s’enflamme vite, scandalisé par les exactions des terroristes – qu’ils s’appellent Daesh, Al-Nosra ou Armée syrienne libre »[71]. Selon un autre ancien volontaire, « le but de l’association est clair : faire connaître la ligne de Bachar et la normaliser, en montrant sa logique et sa cohérence », et beaucoup de volontaires « repartent beaucoup plus conciliants [vis-à-vis de Damas] ».

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Dans les années 1980, Tristan Mordrelle a été l’un des cofondateurs de la sulfureuse librairie Ogmios à Paris. Il a publié, entre autres, la première traduction du Mythe du XXe siècle [...] »[14].
  2. Les organismes publics ou privés signant une convention avec le Conseil supérieur de la réserve militaire — dans laquelle ils s’engagent à faciliter les activités de réservistes de leurs salariés — reçoivent le label « partenaire de la défense nationale »[16],[19].
  3. Camille Lons est chercheuse et coordinatrice du programme Moyen-Orient au Conseil européen des relations internationales (ECFR)[43], spécialisée dans la géopolitique des États arabes du Golfe[44]. Elle est également « associée de recherche à l'International Institute for Strategic Studies (IISS), basée au bureau du Moyen-Orient à Bahreïn. Elle couvre les développements politiques et sécuritaires dans la région du Golfe, avec un accent particulier sur les relations économiques et politiques des pays du Golfe avec les puissances asiatiques et la Corne de l'Afrique[45]. »

RéférencesModifier

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