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Sputnik (agence de presse)

Organisation et objectifsModifier

L'objectif affiché est de « dire ce qui n'est pas dit », d'apporter « un regard russe sur l'actualité » dans un environnement médiatique international considéré par le pouvoir russe comme souvent hostile à Moscou[1].

Radio Sputnik, se substituant à La Voix de la Russie, est l'élément audio de cette plate-forme et a vocation à être diffusé dans 30 langues en 2015, pour un total de plus de 800 heures par jour, couvrant plus de 130 villes et 34 pays en modulation de fréquence, HD Radio, diffusion audionumérique, ainsi que via les téléphones mobiles et l'Internet[3].

La majeure partie des émissions devrait être produite dans les pays de destination, a annoncé Dmitri Kisselev, responsable de Rossiya Segodnya, la maison-mère. Dans chaque pays concerné, Sputnik va constituer un centre multimédia avec une station de radio, un site internet, une agence d’information locale et un centre de presse[4].

La version française a été lancée le 29 janvier 2015[5].

Critiques et controversesModifier

Sputnik a été présenté comme un journal de propagande russe par Barbara Lohr dans un article publié sur le site de la chaîne Arte [6]. De même Luc Vinogradoff a publié une tribune sur le blog Big Browser hébergé par le journal Le Monde où il relaie des accusations du Washington Post qui accuse Vladimir Poutine et la Russie d'avoir influencé la campagne électorale américaine en faveur de Donald Trump par le biais de Sputnik [7].

La blogueuse Tetyana Lokot sur Global Voices critique la dépendance de Sputnik vis-à-vis du Kremlin, qui en ferait, selon elle, un media qui « orbitera de près autour de l'ordre du jour du Kremlin »[1]. Pour le journaliste Robin Prudent de L'Obs / Rue89, le site d'information montre une « orientation très partisane, en faveur du pouvoir russe »[5]. Même avis pour Juliette Obadia des Inrocks, pour qui Sputnik diffuse des articles pro-Kremlin[8].

L'équipe de l'East StratCom Team (en), un département de l'administration de l'Union européenne axé sur la propagande des politiques et activités de l'UE à destination de l'Europe de l'Est, s'efforce de combattre les informations fournies par les différents organes de presse russes dont Sputnik, taxées de « désinformation et de propagande »[9].

Selon Alcyone Wemaere de France 24, il n'y aurait pas de fausses informations grossières sur le site de Sputnik en Français, mais il relaierait des rumeurs avec des sources douteuses circulant sur internet[10].

Certains[Qui ?] soulignent cependant que les grands médias occidentaux ne sont pas moins partiaux[11].

Selon l'étude menée par Linkfluence pour Libération entre le 23 avril, date du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 et le 3 mai, l’occurrence «Macron» est apparue 875 fois contre 532 fois pour «Le Pen» sur les sites de RT et Sputnik, avec des contenus essentiellement négatifs, « souvent biaisés et partiaux » concernant Emmanuel Macron[12]. Le , Sputnik avait ainsi publié une interview du député LR Nicolas Dhuicq, dans laquelle il qualifiait Emmanuel Macron d’« agent du grand système bancaire américain [poussé] un lobby gay très riche[12] »[pertinence contestée].

Notes et référencesModifier

  1. a, b et c Étienne Bouche, « Sputnik : Poutine en orbite », Libération,
  2. Tetyana Lokot, « Avec Spoutnik, nouveau média russe, entrez dans l’orbite de Poutine », Rue89,
  3. (en) Products and services - Site officiel
  4. « Sputnik : une radiodiffusion sur le monde entier », La Voix de la Russie,
  5. a et b Robin Prudent, « Sputnik, l’arme de propagande russe, arrive en France », Rue89,
  6. « Sputnik : la propagande russse en orbite », Arte,
  7. « Le spectre de la désinformation russe derrière les fake news sur internet », "Le Monde",
  8. Juliette Obadia, « Les Inrocks - Comment le Kremlin utilise les trolls pour sa propagande », sur Les Inrocks, (consulté le 20 octobre 2016)
  9. « Search Results for “sputnik” – Trolls "R" Us », sur trollsrus.org (consulté le 20 octobre 2016)
  10. Alcyone Wemaëre, « Sputnik, Russia Today : l’ombre de Moscou plane sur la présidentielle française », France 24,‎ (lire en ligne)
  11. Par exemple, le journaliste écossais Gordon MacIntyre-Kemp « La propagande russe n’est pas plus partiale que la BBC »
  12. a et b Jérôme Lefilliâtre, « Une propagande venue de Moscou », liberation.fr, (consulté le 5 mai 2017)

Voir aussiModifier