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Eugénie Bastié

journaliste et essayiste française
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Eugénie Bastié
Versailles - Eugénie Bastié - 1.jpg
Eugénie Bastié en 2017.
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Eugénie Bastié, née le à Toulouse, est une journaliste et essayiste française.

Employée au Figaro, elle est également rédactrice en chef de la revue d'écologie intégrale d'inspiration catholique Limite. En 2016, elle fait paraître un essai critique du féminisme, Adieu mademoiselle. Conservatrice, elle fait partie d'une génération de jeunes intellectuels catholiques souvent qualifiés de néo-réactionnaires par certains médias[1].

BiographieModifier

Origines et formationModifier

Fille d'un paysagiste et d'un médecin spécialiste en médecine nucléaire, Eugénie Bastié a quatre frères et sœurs ; elle grandit à Pibrac, en Haute-Garonne[2] au sein d'une famille catholique « solide »[3].

Après une scolarité en pension dans le lycée privé catholique de Lectoure[4], dans le Gers, elle entre à l'Institut d'études politiques de Paris en 2009. Elle sort diplômée en 2014 après avoir suivi un Master affaires publiques. Elle obtient également une licence de philosophie[5] à la Sorbonne Paris-IV.

CarrièreModifier

Elle participe en 2013 à La Manif pour tous[6]. Elle collabore de 2013 à 2015 à Causeur[7], site internet et hebdomadaire dirigé par Élisabeth Lévy. Après un stage au Figarovox, site débats et opinion du Figaro (considéré par Nolwenn Le Blevennec, dans L'Obs, comme la « plateforme de la droite dure du Figaro »[5]), elle est embauchée sur le site internet du Figaro en 2015[8], avec la recommandation d'Alexis Brézet[5].

Elle devient rédactrice en chef du service politique de la revue d'« écologie intégrale »[note 1] Limite, qu'elle a créée en 2015 avec Gautier Bès de Berc, Camille Dalmas et Paul Piccarreta, qui se définit comme « une revue de combat culturel et politique, d’inspiration chrétienne »[9], considérée par Libération comme « la jeune garde ultraconservatrice catholique »[10].

En , invitée sur le plateau de Ce soir ou jamais, elle s'oppose à Jacques Attali dans une joute verbale à propos de la crise dite des migrants, pendant laquelle elle lance « le vieux monde est de retour », ce qui provoque un buzz médiatique sur internet[6]. En , lors de l'émission de télévision Flashtalk dont le sujet porte sur le féminisme où elle est invitée avec Caroline De Haas et Rokhaya Diallo, elle est victime d'un entartage, commis, précisément, par des militantes féministes[11].

En paraît son premier essai Adieu mademoiselle : La Défaite des femmes aux éditions du Cerf[12]. Elle y dénonce certains travers du féminisme et se dit elle-même « pro-vie », « antilibérale », mais refuse l'étiquette de « réac »[13]. Elle croit à la notion d'« héritage » mais pas à celle de « progrès ». L'essayiste royaliste Gérard Leclerc écrit sur cet essai dans la revue Royaliste : « surtout dialectiquement ciselé, très informé et portant le fer au cœur même d’un des débats les plus cruciaux de l’époque[14]. » Ses opposants lui reprochent d'avoir écrit un « livre entier sur le féminisme en occultant spectaculairement les violences sexuelles sauf pour parler de Cologne et stigmatiser les musulmans »[2]. Elle émerge avec cet essai, aux côtés de Gabrielle Cluzel, auteur de Adieu Simone ! comme une étoile montante de l'antiféminisme selon Mediapart, aussi appelé alter-féminisme ou féminisme identitaire[15].

En septembre 2016, elle tient une chronique dans le magazine AcTualiTy, sur France 2. Elle quitte toutefois l'émission dès le mois suivant[3],[16]. Depuis la rentrée 2016, elle tient une chronique dans l'émission Historiquement show, sur la chaîne Histoire dirigée par Patrick Buisson. Elle participe à l'émission de LCI 24h Pujadas, et au Club de la Presse sur Europe 1 depuis janvier 2017. Depuis avril 2017, elle est journaliste au service « Débats et opinions » du Figaro.

Elle est suivie par 20 000 abonnés sur Twitter en 2016[1] et par 50 000 fin 2018, année qui voit paraître son second essai, Le porc émissaire.

En septembre 2019, elle devient chroniqueuse de l'émission Et en même temps sur BFM TV aux côtés d'Apolline de Malherbe le dimanche soir et, tous les jeudis, elle participe à la deuxième partie de l'émission 19H Ruth Elkrief pour un débat sur l'actualité Face à Duhamel avec Alain Duhamel.

Points de vueModifier

Sans être ouvertement affiliée à un parti politique[17], Eugénie Bastié est proche de La Manif pour tous (notamment Les Veilleurs) et indique avoir voté pour Nicolas Dupont-Aignan au premier tour de l'élection présidentielle française de 2012[2],[17]. « Alterféministe »[18], elle revendique comme mentors Élisabeth Lévy et Natacha Polony[19], mais de nombreux analystes la comparent volontiers à Éric Zemmour[3],[6],[20]. La Revue du crieur indique en octobre 2017 qu'« Eugénie Bastié s'exprime régulièrement dans Éléments et elle est à l’honneur du dernier numéro aux côtés de Natacha Polony et de Marion Maréchal-Le Pen »[21].

Opposée à l'avortement, Eugénie Bastié n'est toutefois pas opposée à sa légalisation. Elle estime également qu'en France certaines femmes sont « poussées à avorter » et déplore qu'aucune alternative ne leur soit proposée[3].

Rejetant l'idée qu'il existe un patriarcat, elle attribue les inégalités salariales hommes/femmes au choix qui serait fait par ces dernières de travailler à temps partiel[22], du fait de « la maternité et le fait que les femmes s’arrêtent parce qu’elles ont des enfants et du coup, sont moins performantes au travail. » Elle souligne l'hypocrisie d'un féminisme libéral qui ne présente que le salariat capitaliste comme unique vecteur d'émancipation. Et dans un même entretien, elle regrette que le foyer soit autant dévalorisé par le mouvement féministe[23].

Plus généralement, elle dit s'« érige[r] contre la notion même de "féminisme" »[22], et récuse la légitimité de ce mouvement :

« Non, car pour moi le féminisme est une idéologie. On peut très bien être sensible à la condition des femmes et vouloir qu’elles soient épanouies sans être féministe, c’est-à-dire adhérer à une lecture du monde inventée par Simone de Beauvoir qui consiste à percevoir les relations entre hommes et femmes sous le prisme d’une domination qui dure depuis des siècles. C’est une vision quasi-complotiste du monde et même si j’entends sa critique, je n’y adhère pas[24]. »

Le , dans Le Supplément de Canal+, en réponse à Ali Baddou — lui demandant si elle pourrait voter pour Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2017 —, elle déclare « refuse[r] d'exclure ni d'adouber quiconque »[20],[25].

Denis Souchon, d'Acrimed, la décrit comme un phénomène médiatique débouchant sur la naissance d'une énième éditocrate française « comparable à Eric Zemmour » mais plus bankable, « "Chroniqueuse", mais surtout "polémiqueuse", pour que ça "clashe" et que ça "buzze" »[26].

ControversesModifier

Lors de l'attaque terroriste du 23 mars 2018 à propos du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, mort en sauvant un otage, Eugénie Bastié écrit un tweet : « Ne jugeons pas trop vite cet homme en héros, il a peut-être mis des mains aux fesses à Saint-Cyr. » Ce tweet est un écho ironique au scandale du harcèlement sexuel dans le lycée militaire où Arnaud Beltrame fit sa corniche[27],[28]. Le tweet provoque de sévères condamnations contre la journaliste et son journal Le Figaro. Eugénie Bastié le retire le jour même. Le lendemain, après l'annonce du décès du héros[29], la journaliste publie un nouveau tweet présentant ses excuses[30],[31].

En septembre 2018, en pleine affaire « BalanceTonPorc » contre les violences sexuelles, elle déclare au micro de France Inter « une main aux fesses n’a jamais tué personne » — citation extraite de son dernier livre. Face au tollé provoqué par cette phrase, elle déclarera plus tard : « si je devais refaire le livre aujourd'hui, je n'écrirais plus cette phrase[4]. »

OuvragesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Arnaud Gonzague, « Médias : la nouvelle tribu réac », sur teleobs.nouvelobs.com, (consulté le 5 septembre 2017).
  2. a b et c Johanna Luyssen, « Eugénie Bastié, déjà croisée » sur Libération, 18 mai 2016.
  3. a b c et d Audrey Kucinskas « Qui est Eugénie Bastié, la chroniqueuse déjà comparée à Éric Zemmour ? », L'Express, 3 septembre 2016.
  4. a et b Fabrice Valery, « De Toulouse à l’anti #MeToo, itinéraire d’Eugénie Bastié, essayiste conservatrice et “féministe sceptique” », sur france3-regions.francetvinfo.fr, .
  5. a b et c Nolwenn Le Blevennec, « FigaroVox : rech. jeune plume qui vomit son époque », sur tempsreel.nouvelobs.com, .
  6. a b et c Meddy Mensah, « Qui est Eugénie Bastié, la « fille spirituelle » d'Éric Zemmour ? » sur planet.fr, 29 avril 2016.
  7. Fiche sur Eugénie Bastié sur Causeur, consulté le 20 mai 2016.
  8. Fiche sur Eugénie Bastié sur Le Figaro, consulté le 20 mai 2016.
  9. Henri de Begard, « Eugénie Bastié : « Faites des enfants, pas des courses ! » » sur lerougeetlenoir.org, 4 septembre 2015.
  10. Bernadette Sauvaget, « « Limite », des réacs en vert et contre tous », sur liberation.fr, .
  11. [vidéo] Flashtalk, « Le féminisme : Un gros mot ? Avec R.Diallo, Caroline De Haas, E.Bastié » sur YouTube, 3 décembre 2015.
  12. Présentation de Adieu mademoiselle sur le site des Éditions du Cerf, consulté le 20 mai 2016.
  13. Sirine Azouaoui, « Qui est Eugénie Bastié, le nouveau visage de la droite réac ? » sur Les Inrocks, 18 avril 2016.
  14. « La défaite des femmes » [PDF], article de Gérard Leclerc paru dans Royaliste page 9, 18 juin 2016.
  15. Lucie Delaporte, « Entre alterféminisme et antiféminisme, la droite tâtonne », sur Mediapart (consulté le 24 mars 2019)
  16. « Eugénie Bastié : souriez, votre redevance subventionne la nouvelle it girl d'extrême droite », sur brain-magazine.fr, .
  17. a et b « Eugénie Bastié : qui est cette anti-féministe qui fait tant parler d'elle? », sur terrafemina.com.
  18. Daoud Boughezala, « Osez l’alterféminisme ! », Causeur,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mai 2017).
  19. Théo Chapuis, « Eugénie Bastié, une jeune réac' dans le vent en access prime time sur France 2 », sur konbini.com.
  20. a et b Catherine Delvaux, « La petite Zemmour, mais en pire », qui est donc Eugénie Bastié ? », sur 7sur7.be, .
  21. Zoé Carle, « Les contre-révolutions écologiques des droites dures », Revue du crieur, no 8,‎ (lire en ligne, consulté le 23 octobre 2017).
  22. a et b « Eugénie Bastié : "Jamais les filles n'ont autant été traitées de putes et de salopes..." », Le Point, .
  23. « Pour Eugénie Bastié : « Les femmes sont moins performantes » au travail », ChEEk magazine 8 mars 2017.
  24. « On a parlé féminisme avec Eugénie Bastié », sur lesinrocks.com,
  25. « Émission », sur canalplus.fr.
  26. « Je suis jeune, je suis une fille, je sais que je suis bankable », sur acrimed.org
  27. « Mort du gendarme Beltrame : les propos haineux d'un ex-candidat de LFI font scandale », sur midilibre.fr, (consulté le 31 mars 2018).
  28. « Polémique : le gendarme “a peut-être mis des mains aux fesses” », sur Le Matin, (consulté le 25 mars 2018).
  29. « Marc-Olivier Fogiel s'en prend à Eugénie Bastié après son tweet ironique sur Arnaud Beltrame », Closermag.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 25 mars 2018).
  30. « La journaliste qui avait fait une blague de très mauvais goût sur Arnaud Beltrame a présenté ses excuses », sur Sudinfo, (consulté le 25 mars 2018).
  31. Condamnation par la société des journalistes du Figaro.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier