Génération identitaire

organisation politique

Génération identitaire est un mouvement politique identitaire d'extrême droite créé en 2012, pour la plus grande partie active en France. Le mouvement est également décrit comme nationaliste blanc[14],[15],[12], néofasciste[15] et islamophobe[11],[12], utilisant l'activisme et le régionalisme au niveau international[10].

Génération identitaire
upright=Article à illustrer Organisation
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
GIVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Objet social
Défense et promotion des identités locales, régionales, française et européenneVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social
5, montée du Change
69005 Lyon
France
Pays
Organisation
Fondateurs
Damien Rieu, Julien Langella (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Président
Clément Gandelin
Porte-parole
Romain Espino, Anaïs Lignier (février 2019[1])
Positionnement
Idéologie
Site web
Identifiants
RNA
Drapeau de Génération identitaire.

Héritier des Jeunesses identitaires (2002) (et d'« Une autre jeunesse », 2009), il s'est notamment fait connaître en occupant le chantier d'une mosquée à Poitiers en 2012. D'abord conçu comme la branche de jeunesse du Bloc identitaire, il prend son autonomie en 2016, lorsque le « Bloc » devient Les Identitaires[a].

HistoriqueModifier

Élaboré au printemps[17], lancé officiellement en , le mouvement Génération identitaire (abrégé en « Génération ID » ou « GI ») fait suite aux Jeunesses identitaires et à Une autre jeunesse. Les cofondateurs sont Julien Langella[18], Benoît Vardon, Guillaume Jannuzzi, Damien Rieu, Arnaud Delrieux, Alban Ferrari et Pierre Larti[19].

Le lancement se fait via une vidéo s'intitulant « Déclaration de guerre », dans laquelle une série de portraits de jeunes militants explique les raisons de leur engagement[20]. Le logo de leur drapeau est inspiré du lambda des spartiates. Se définissant lui-même comme une « communauté de combat » il vise à « rassembler les jeunes européens, garçons et filles »[21].

Le mouvement se fait remarquer en occupant le chantier de la grande mosquée de Poitiers, le [22],[23],[24]. Ses militants s'y revendiquent, dans leurs banderoles et slogans, de Charles Martel ou encore de la Reconquista et réclament « un référendum sur la construction de mosquées, et sur l'immigration »[25]. À la suite de cette occupation, au cours de laquelle des tapis de prière sont déplacés, sept personnes ont été mises en examen entre autres pour dégradations, organisation de manifestation publique sans autorisation et complicité de incitation à la haine raciale[26],[27].

Le , le tribunal de Poitiers condamne cinq militants à un an d’emprisonnement avec sursis pour « provocation à la discrimination nationale, raciale, religieuse par paroles, écrits, images ou moyens de communication au public par voie électronique et de dégradations de biens d’autrui, commises en réunion » et à verser 600 euros aux parties civiles en dédommagement de frais de justice, quatre d'entre eux sont également mis à l’épreuve pendant deux ans avec l’obligation d’indemniser les victimes, principalement des associations de musulmans. Ils sont également privés de l’ensemble de leurs droits civiques et de famille pendant cinq ans. L'association GI est condamnée à 10 000 euros d'amende, et à 24 465 euros en réparation du préjudice matériel[24],[28],[29],[30]. Pour ces condamnations, GI et ses militants font appel, le procès devant se tenir à Poitiers le [28]. L’UOIF (liée aux Frères musulmans), devenue Musulmans de France, s’est portée partie civile[réf. souhaitée].

La mouvance Génération identitaire entretient des liens idéologiques avec le Front national (renommé Rassemblement national en )[31],[32]. S’il n’y pas de liens directs entre les deux mouvements, les thématiques des opérations médiatiques sont parfois convergentes et certains membres de Génération identitaires sont également actifs au sein du Front national.

Dans la nuit du 10 au , un local de Génération identitaire est vandalisé à Paris par des antifascistes. Une vidéo montrant l'attaque est relayée par l'Action antifasciste Paris-Banlieue[33].

En , le porte-parole Romain Espino prend la parole au colloque annuel de l'Institut Iliade (considéré comme l'héritier du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne par Le Monde), où il est accueilli en héros[34]. Dans la foulée, il est convoqué devant une commission parlementaire chargée de dresser un état des lieux sur l'ampleur du caractère délictuel et criminel des pratiques des groupuscules d'extrême droite. La commission est présidée par la députée Muriel Ressiguier de la France insoumise dont l'objectif est d'aller jusqu'à la dissolution de ces groupes. Quelques jours auparavant, Génération identitaire confirme avoir reçu par internet deux dons d'un montant total de mille euros de Brenton Tarrant, mais précise n'avoir eu aucun contact et ne rien partager avec l'auteur des attentats de Christchurch[35].

ActionsModifier

Manifestation au siège du PSModifier

Le , dans le cadre d'une manifestation contre le mariage pour tous, vingt militants de Génération identitaire accèdent au toit du 10, rue de Solférino, siège parisien du Parti socialiste[36]. Après avoir déployé une banderole manifestant pacifiquement leur désapprobation de la politique de François Hollande[37], ils sont rapidement arrêtés par la police[38]. Le , devant le tribunal correctionnel de Paris les prévenus déclarent que « perdus dans une ville qu'ils ne connaissaient pas », ils n'ont pas prémédité leur geste, ne se connaissent pas les uns les autres et n'ont pas installé l'échelle, pas plus que déployé la banderole. Leur défense est qualifiée de mauvaise foi et maladroite par le parquet du fait de la présence d'une vidéo postée par Génération identitaire montrant les coulisses de l'action et en particulier l'installation de l'échelle. Quinze prévenus sont condamnés à des amendes (500 euros)[39].

Campagne « anti-racailles »Modifier

Le mouvement lance en 2013-2014 une campagne « Génération anti-racailles », dont l'objectif est de dénoncer "l'insécurité généralisée" dans les villes ou les transports en commun. L'autre objectif est d’appeler les jeunes Français à apprendre à se défendre[40], puisque l'État se montre selon lui incapable de faire régner l'ordre et la justice. Le mouvement organise dans plusieurs villes de France des stages de self-défense pour apprendre les bases de l'auto-défense[41]. Un stage national sera organisé[réf. nécessaire] et réunira une centaine de personnes près de Lyon. Les notions de « défense » et de « protection » sont récurrentes dans la dialectique de Génération identitaire, qui s'identifie comme « la première ligne » du peuple français.

Dans la jungle de CalaisModifier

Le mouvement mène une action en mars 2016 dans la ville de Calais, alors au centre de l'actualité française au sujet de la jungle de Calais, un immense campement qui héberge jusqu'à 10 000 migrants souhaitant passer en Angleterre. Suite aux dégradations des conditions de vie des Calaisiens et à l’insécurité grandissante[42], 80 à 130 militants de Génération identitaire ont bloqué pendant plusieurs heures trois ponts qui reliaient la jungle de Calais au centre ville. «  Agressions contre les forces de l'ordre, contre des automobilistes et des chauffeurs routiers, émeutes en ville, désagrégation totale du tissu social et économique - voilà ce qu'est devenu le quotidien de la ville martyre, avec une terrible accélération ces dernières semaines », dénoncent ils dans un communiqué. Quatorze manifestants sont interpellés. Plusieurs associations dénoncent dans le même temps une augmentation des agressions contre les migrants[43].

BataclanModifier

Le , Génération identitaire organise un rassemblement pour la défense de l’Europe face aux islamistes devant le Bataclan. Interdite par le préfet de police Michel Delpuech, la manifestation donne lieu à quinze interpellations[44].

Locaux de SOS MéditerranéeModifier

Le , des militants du groupe pénètrent dans les locaux marseillais de l'association SOS Méditerranée, qui affrète le navire Aquarius. L'organisation non gouvernementale (ONG) a déclaré que son personnel, choqué, avait été mis en sécurité. Des militants de Génération identitaire ont diffusé des vidéos de leur opération sur les réseaux sociaux et le groupe a revendiqué sur Twitter l'occupation du siège marseillais de l'ONG venant en aide aux migrants. Ils ont réclamé la saisie de l'Aquarius, dernier navire humanitaire à parcourir la Méditerranée pour secourir des migrants qui tentent la traversée clandestine vers l'Europe[45]. 22 militants ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire pour violences en réunion, séquestration, participation à un groupement en vue de commettre des violences et enregistrement et diffusion d'images de violence[46]. Le , Anaïs Lignier (porte-parole du mouvement) est mise en examen et placée sous contrôle judiciaire, accusée de complicité de violences pour avoir enregistré et diffusé les images de l'action[47].

Le , des militants perturbent l'anniversaire de l'antenne lyonnaise de SOS Méditerranée et déploient une banderolle « Moins d’ONG = Moins de morts en mer »[48].

Frontière franco-italienne des Hautes-AlpesModifier

En , Génération identitaire mène des actions de communication contre l'immigration à la frontière franco-italienne, y déployant des banderoles affichant le message Frontière fermée. Vous ne ferez pas de l’Europe votre maison. Hors de question. Rentrez chez vous.[49],[50],[51],[52]. Pierre Henry et Benoît Hamon réclament la dissolution de l'association[53],[54]. Fin , à la suite d'une enquête préliminaire pour immixtion dans une fonction publique[55], plusieurs membres de l’association sont placés en garde à vue[56]. L'association, en tant que personne morale, son président Clément Gandelin, son porte-parole Romain Espino et un membre de l'association[b] sont jugés le , poursuivis pour activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique. Au moment des faits, Génération identitaire estimait que ses actions étaient protégées par l'article 73 du code de procédure pénale, qui prévoit que dans les cas de crime ou délit flagrant puni d'une peine d'emprisonnement, toute personne a qualité pour appréhender l'auteur et le conduire devant l'officier de police judiciaire le plus proche[59]. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Gap, Raphaël Balland, requiert six mois de prison ferme pour chacun des trois cadres de Génération identitaire, et 75 000  d'amende[60],[61].

La présidente du tribunal correctionnel de Gap, Isabelle Defarge, prononce, le , des peines de six mois de prison ferme, une amende de 2 000  et une privation des droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans pour chacun des trois prévenus — Damien Rieu, Clément Gandelin, Romain Espino —, et l’amende maximale de 75 000  pour le mouvement Génération identitaire[62]. Le tribunal a considéré que, compte tenu de la nature extrêmement grave des faits, de l’importance du trouble à l’ordre public occasionné non seulement pendant leur période de commission mais de manière durable dans le département, de l’importance des valeurs protégées par les infractions reprochées et du passé pénal des prévenus, la prison ferme s’imposait[63]. Les trois prévenus, qui sont soutenus par plusieurs cadres du RN[c] et Marion Maréchal, qualifient le jugement de politique et font appel de la décision[63],[64].

Affaire Adrien PerezModifier

Le , Génération identitaire participe à une marche silencieuse en hommage à Adrien Perez, mort à 26 ans à la suite d’une agression à la sortie d'une discothèque de Meylan[65]. Le , l’association se réunit devant le palais de justice de Grenoble, avec une banderole, des t-shirts et une pancarte « Génération anti-racaille » pour demander « justice pour Adrien ». La famille d'Adrien Perez déplore une tentative de récupération politique[66]. L'avocat de la famille, Denis Dreyfus, est à la suite de cela visé par des propos antisémites par un site[67].

Affaire du bar « La Citadelle »Modifier

En 2018, des journalistes d'Al Jazeera réalisent en caméra cachée un reportage intitulé Generation Hate sur le bar « La Citadelle », considéré comme le siège de Génération identitaire à Lille. La diffusion du reportage provoque une polémique, des membres du groupes se livrant à une apologie du Troisième Reich et se vantant de ratonnades contre des personnes d'origine arabe. En outre, les images montrent des personnes fréquentant ce bar agresser une jeune femme qu'ils désignent comme maghrébine[68].

Occupation du toit de la CAF de BobignyModifier

Le , Génération identitaire occupe le toit-terrasse de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Bobigny (Seine-Saint-Denis) en déployant la banderole « De l’argent pour les Français, pas pour les étrangers ». Après un rassemblement de syndicalistes protestant contre l'action au pied des locaux et l'intervention de la police, dix-neuf membres de Génération identitaire se retrouvent en garde à vue. La CAF annonce le jour même avoir déposé plainte[69].

Après cette action, le gouvernement étudie les moyens de dissoudre Génération identitaire[70]. En réaction, le député Rassemblement national Gilbert Collard déclare que le gouvernement « ferait mieux de dissoudre les mouvements des Black blocs », en ajoutant que les membres de GI « n’ont jamais été surpris en train de casser, de piller »[71]. D'après l’historien Nicolas Lebourg, « aujourd’hui une partie de la population partage les idées que défend Génération identitaire », ce qui rend « politiquement compliqué[e] » la dissolution du mouvement[72]. Lors d'une réunion interministérielle, la secrétaire d'État Christelle Dubos déclare : « L'intérieur et la Justice [les ministres correspondants présents lors de la réunion] sont plutôt partants pour la dissolution, et ont exploré des solutions légales. Le problème est que les animateurs de GI connaissent le droit et jouent sur ses limites. Ils occupent des lieux publics, en perturbent l’accès, mais ne mènent pas d’action violente[73] ».

Jugés le 12 mars pour « entrave à l’exercice de la liberté du travail », les cinq hommes et la femme âgés de 19 à 34 ans présents à l'audience assument l'action de groupe, mais aucun n'en revendique l'organisation. Il n'est pas possible de déterminer qui a fixé des cartons CAF occupée ; défense d’entrer sur l'entrée du bâtiment. Le président de l’audience précise qu'aucune dégradation ou violence n’ont été constatées sur place[74]. Le 13 mars, un des prévenus est condamné à 90 jours amende à cinq euros, et les 18 autres à des peines de un à trois mois de prison avec sursis, le tribunal ayant requalifié le délit en violation de domicile[75].

DirectionModifier

PrésidentsModifier

En 2012[76], le président du mouvement est Arnaud Martin, dit Delrieux[77].

En 2019, Clément Galant devient président.

Porte-paroleModifier

De 2012 à 2015, le mouvement est doté d'un porte-parole (Damien Rieu). Après 2015, les deux porte-paroles sont Clément Gandelin (dit Clément Galant) et Romain Espino[77].

En 2019, les porte-paroles sont Romain Espino et Anaïs Lignier[78].

Dans la fictionModifier

Dans L'Étrangère, épisode 3 de la saison 5 de la série télévisée Alex Hugo[79], une milice intitulée Task Europe, dont le blouson bleu et le logo sont calqués sur ceux de Defend Europe, est en route pour bloquer un col des Alpes et refouler des migrants en provenance d’Italie quand elle se fait intercepter par le héros[80].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le communiqué officiel du Bloc identitaire, daté du 13 juillet 2016, annonçant le changement de dénomination, précise : Génération Identitaire continuera sa route sous son nom[16].
  2. Damien Rieu, devenu en 2019 l'assistant parlementaire du député européen Philippe Olivier (membre du bureau national et du conseil national du RN), est selon le Jdd, l'organisateur de l’opération anti-migrants dans les Alpes[57],[58].
  3. L'Obs relève notamment les réactions de Sébastien Chenu, Nicolas Bay et Jordan Bardella[64].

RéférencesModifier

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AnnexesModifier

Autres sourcesModifier

Liens externesModifier