Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

L'oronymie, du grec ancien ὄρος / óros (« montagne ») et ὄνομα / ónoma (« nom »), est la science de l'étude des oronymes ou toponymes du relief en général (montagne, chaîne de montagnes, massif, haute terre, colline, rocher, etc.) et plus particulièrement des montagnes. Elle s'inscrit dans le domaine de la toponymie qui étudie plus largement les noms de lieux en géographie et plus généralement dans le domaine de l'onomastique, l'étude des noms propres.

Les oronymes, appliqués parfois à de simples hauteurs, sont très fréquents en toponymie. La plupart des villes sont, en effet, bâties sur des hauteurs ou des contreforts pour des raisons défensives ou de simple protection contre les inondations.

Sommaire

Histoire des toponymes montagnardsModifier

Les vocables de la montagne se caractérisent par l'importance des variantes et synonymes ; cette richesse est issue des observations nombreuses des hommes qui vivent dans la montagne avec la nature et, de la variété linguistique. Outre les couches successives de populations à travers les âges qui ont colonisé le domaine montagnard, dont on retrouve les traces et les racines linguistiques dans les cartes anciennes et les cadastres, il y a les déformations successives des noms en particulier à une époque où l’orthographe n’était pas fixée et lors de transcriptions dans un mouvement général de francisation. Certains toponymes de la carte d'état-major (1818-1881) ont été collectés par des officiers cartographes plus préoccupés par les formes et accidents de terrain que par les questions linguistiques[1],[2],[3].

Les mots pour dire montagneModifier

L’occitan serre correspond à un mamelon, une croupe, un relief allongée, une pointe rocheuse voire un contrefort et viendrait d'un terme pré-indo-européen ou prélatin serra : montagne allongée ou crête en dos d'âne. L’usage en géographie du mot désigne une forme de relief : crêtes étroites et allongées, dénudées, gazonnées ou boisées. La moitié méridionale de la France est très riche en toponymes formés sur serre [4]. Tête et soubeyran avec ses variantes, comme barre et chaux (chau, chalp, chaup, chaume) ou encore cime et berg se réfèrent à des hauteurs ou des sommets [5]. Puy est fréquent en toponymie, pour désigner des lieux-dits situés en hauteur (du latin podium : hauteur, lieu élevé) en particulier dans le Massif central. Le terme mendi, montagne en basque, constitutif de nombreux toponymes, s'applique à toute hauteur, même peu élevée. Hegi correspond à une crête, munho à la colline, gain aux hauteurs[6].

Par delà les mots qui indiquent la montagne précisément, il existe un ensemble de termes relatifs aux détails du paysage montagnard comme adret et ubac ou encore moraine pour ne prendre que des exemples alpins. Les termes évoquant la végétation, naturelle ou aménagée, sont particulièrement fréquents tant en montagne qu’en plaine et renseignent sur les qualités du milieu ou leur histoire.

Principales racines européennesModifier

Les principales racines oronymiques européennes sont, outre le roman monte, le germanique berg, borg ou le slave gora :

Notes et référencesModifier

  1. Robert Luft, 2006 - Vocabulaires et toponymie des pays de Montagne. Club alpin français, 124 p.[1]
  2. voir Institut géographique national
  3. Marcellin Bérot, 1998 - La vie des hommes de la montagne racontée par la toponymie. Ed. Milan, 388 p.
  4. entre autres : Jules Ronjat, 1908 - Les noms de lieux dans les montagnes françaises. La montagne, revue du Club alpin français
  5. Paul Guichonnet, 1951 - La toponymie savoyarde et les nouvelles cartes de l'Institut Géographique National. Revue de géographie alpine, 39, 1 : 201-211
  6. (Michel Morvan, 1999 - Les noms de montagnes du Pays Basque. Lapurdum, Euskal ikerketen aldizkaria 4, p. 167-190 [2]

BibliographieModifier