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Retournac

commune française du département de la Haute-Loire

Retournac
Retournac
Vue de Retournac et du Mont de la Madeleine
depuis la rive droite de la Loire.
Blason de Retournac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Yssingeaux
Canton Bas-en-Basset
Intercommunalité Communauté de communes des Sucs
Maire
Mandat
Pierre Astor
2014-2020
Code postal 43130
Code commune 43162
Démographie
Gentilé Retournacois
Population
municipale
2 898 hab. (2016 en augmentation de 5,81 % par rapport à 2011)
Densité 63 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 12′ 16″ nord, 4° 02′ 02″ est
Altitude Min. 479 m
Max. 1 064 m
Superficie 45,76 km2
Localisation

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Liens
Site web ville-retournac.fr

Retournac est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Située en bord de Loire, la commune détient d’importants atouts touristiques, liés d’une part à sa position au cœur des gorges de la Loire et du pays des Sucs, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, et d’autre part à la présence sur son territoire de monuments de l’architecture religieuse (église romane du XIIe siècle, et deux églises du XIXe siècle) et civile (vestiges d’une forteresse médiévale et de maisons fortes, anciennes usines de soierie et de dentelles).

Les pouvoirs publics locaux s'emploient à redynamiser le territoire de la commune, notamment sur les terrains économique (création d'une troisième zone artisanale et d'une plate-forme de 700 m² de bureaux locatifs à 80 mètres de la gare SNCF), foncier (nombreux terrains constructibles, dispositifs en faveur de l'amélioration de l'habitat) et touristique (deux campings en bords de Loire dont un en appel à projets).

Sommaire

GéographieModifier

LocalisationModifier

Située dans le Massif central, au cœur de l'ancienne province du Velay et aux portes de l'Auvergne, Retournac est à une trentaine de kilomètres au nord-est du Puy-en-Velay en empruntant les Gorges de la Loire. Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, son pays est le point de rencontre de plusieurs massifs montagneux : les plateaux et chaînes volcaniques des Monts du Velay à l'ouest et au sud (dont le Meygal et le massif du Mézenc), les Monts du Livradois au nord-ouest, les Monts du Forez au nord, et les Monts du Vivarais au sud-est.

Son territoire est limitrophe de ceux de huit autres communes :

La commune regroupe, outre le bourg-centre éponyme, de nombreux hameaux et lieux-dits, dont les principaux :

  • Au nord de la Loire (rive gauche) : Vousse, Cottier, Le Liard, Le Corset, Tarrier, Artites, Lingoustre, Sainte-reine, Charrées, Surrel, La Brousse, Maltret, Jussac, La Bastide, Ranches, Sarlanges, Malfait, La Chazotte, Le Pédible, Saint-Ignac, Les Coutelles et la Chaud.
  • Au sud de la Loire (rive droite) : La Bourange, Les Chaumettes, Le Chambonnet, La Navette, Les Revers, Chenebeyre, Mercuret, Fontannes, Les Ribes, Retournaguet, Préaux, Chanou, Giraudon et Sagnes.

Géologie et reliefModifier

Commune de moyenne montagne, Retournac s'étend de part et d'autre de la Loire sur une superficie de 4 576 hectares (superficie quasi équivalente à celle de la ville de Lyon). Son altitude varie de 479 mètres au bord de la Loire à 1064 mètres au sommet du Mont Gerbizon [1], le bourg-centre étant situé à environ 540 mètres.

Sur son territoire s'élèvent de nombreux sucs, petits sommets volcaniques caractéristiques de la région du Velay : au sud, le suc de Cornavy (943 m, dont les flancs sont partagés avec Beaux et Saint-Julien-du-Pinet), le suc de Chabanolles (759 m) et le Mont Gerbizon (1064 m, dont les flancs sont partagés avec Chamalières et Mézères), surplombés par le suc d’Orsier (1089 m) et le suc d’Emeral (1081 m) sur le territoire de Mézères. Au nord-ouest, sous le Mont Miaune de Roche-en Régnier (1066 m), dominent le suc de Chaumont (941 m) et le suc de Perillade (719 m), ainsi que le suc d’Artias suspendu sur la Loire à 706 m. Au nord-est domine le Mont de la Madeleine (969 m), véritable plateau volcanique qui ressemble à un pont de porte-avions avec 1 km de long et 100 m de large.

Des belvédères avec tables d’orientation permettent d’apprécier le paysage depuis Gerbizon, Artias et la Madeleine, offrant des vues magnifiques sur la vallée de la Loire et les reliefs majestueux qui l'entourent.

HydrographieModifier

 
Pont du Chambonnet

La commune est traversée par la Loire, et la rivière de l’Ance, affluent direct qui constitue la frontière naturelle du nord de la commune.

Retournac compte 5 ponts sur la Loire, d’est en ouest :

  • le pont ferroviaire de la Bourange (ou viaduc de Brenas) ;
  • le pont ferroviaire du Trignadour ;
  • le pont du Chambonnet ;
  • le pont des Droits-de-l’Homme (blason de la ville) : pont en arc long de 216 m construit entre 1868 et 1872 sur les plans de l’ingénieur Tourvieille[2],[3], il a précédé de nombreux autres ponts suspendus moins solides (édifiés en 1838 et 1850) qui avaient été emportés par les caprices de la Loire (en 1846 et 1866) ;
  • le pont ferroviaire de Changue.

Un plan cadastral datant de 1830 permet de constater que, malgré sa position avantageuse sur la Loire, il n'y avait pas de pont à Retournac à cette époque, mais seulement deux bacs. Il fallait alors remonter le fleuve jusqu'à Chamalières pour en trouver un. Le passage s'effectuait donc à gué, en barque ou en bac, jusqu'à la construction du premier pont suspendu en 1838.

ClimatModifier

Article détaillé : Climat de la Haute-Loire.

Retournac dispose d'un climat de type Cfb, selon la classification de Köppen, c'est à dire d'un climat tempéré chaud sans saison sèche. Les précipitations annuelles moyennes sont de 684 mm. Paradoxalement, on peut y trouver une végétation quasi-méditerranéenne. Ceci est dû à ce que l'on appelle un micro-climat.[réf. nécessaire]

Le climat est ainsi relativement doux par rapport à la rigueur de l’hiver sur les plateaux avoisinants, réputés en Haute-Loire.

Voies de communication et transportsModifier

Voies terrestresModifier

Transport ferroviaireModifier

Article détaillé : Gare de Retournac.

La gare de Retournac est située sur la ligne de TER réhabilitée Lyon - Saint-Étienne - Le Puy-en-Velay (trains directs pour Saint-Étienne et Lyon ; Paris à 3h45).

UrbanismeModifier

Morphologie urbaineModifier

LogementModifier

Avec la communauté de communes des Sucs des dispositifs en faveur de l'amélioration de l'habitat sont mis en place, ainsi qu'une politique municipale en faveur des ravalements de façades.

Projets d'aménagementModifier

Risques naturels et technologiquesModifier

Les dernières crues relativement importantes de la Loire datent entre autres du 17 octobre 1846, 24 septembre 1866, 16 octobre 1907, 21 septembre 1980, ou plus récemment en 2003 ou 2008. Lors de pluies dites d'épisodes cévenoles, le fleuve peut sortir rapidement de son lit à une hauteur de plusieurs mètres au-dessus de son cours habituel.

ToponymieModifier

Le nom provient vraisemblablement de deux éléments celtiques[réf. nécessaire] :

  • rito (ou ritu) qui signifiait "gué",
  • aco "domaine", latinisé en "acum", et à l'origine de la grande majorité des suffixes "ac", et "at" en langue d'oc, "y" et "é" en langue d'oïl, "ieu(x)" en franco-provençal.

Le nom a évolué au fil de l'histoire : Parrochia Sancti Johannos de Retornaco (vers 1025), Castrum de Retornac (1271), Ecclesia Sancti Johannis Baptistae de Retornaco (1319), Retornatius (1472), Retornacius (1482), Retournat (1486), paroisse Saint-Jehan de Retornat (1490), Retournac (1641), puis Retornac (Révolution)[Note 1] et enfin Retournac depuis 1793[4].

HistoireModifier

PréhistoireModifier

Les origines de Retournac remontent à la Préhistoire. Des fouilles entreprises au milieu du XXème siècle dans la grotte de Cottier, hameau à 2 km au nord-ouest de la commune, révèlent de nombreux objets vieux de 15 000 à 18 000 ans, attestant ainsi de l'existence d'une présence humaine au magdalénien inférieur[5]. Les vestiges issus des fouilles sont exposés au musée Crozatier du Puy-en-Velay, quelques objets étant visibles dans la maison d’accueil du château d'Artias.

Article détaillé : Grotte de Cottier.

AntiquitéModifier

Moyen ÂgeModifier

Temps modernesModifier

Révolution française et EmpireModifier

Époque contemporaineModifier

La commune connut au XIXe siècle un essor industriel, dont quelques édifices portent encore le souvenir, en particulier les bâtiments d’une ancienne usine couvent réhabilitée en espace scénique à vocation culturelle, plate-forme de plus de 700 m² de bureaux, salles à destination des associations, et deux manufactures de dentelles, aujourd'hui réaménagées en musée et médiathèque[6].

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Administration municipaleModifier

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 2 500 et 3 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 23[7].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs[réf. nécessaire]
Période Identité Étiquette Qualité
    Jean-Baptiste Ribeyron JR Conseiller général du canton de Retournac (1932-1940 puis 1945-1947)
    Henri Pontvianne SFIO Conseiller général du canton de Retournac (1947-1958)
  1977 Jean Saby DVG Chef de District SNCF

Conseiller général du canton de Retournac (1958-1976)

1977 1983 Raymond Dechiron PCF Retraité

Conseiller général du canton de Retournac (1982-1994)

1983 1995 Hubert Dagnaud DVD Chirurgien dentiste
1995 2001 Pierre Maurige DVD Conseiller général du canton de Retournac (1994-2001)
2001 2008 Jean Delolme SE  
2008 En cours
(au 29 juin 2017[8])
Pierre Astor[9] RPR puis DVD fonctionnaire territorial de catégorie A Conseiller général du canton de Retournac (2001-2015)

JumelageModifier

Au 14 août 2017, Retournac n'est jumelée avec aucune commune[10].

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[12].

En 2016, la commune comptait 2 898 habitants[Note 2], en augmentation de 5,81 % par rapport à 2011 (Haute-Loire : +1,08 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 0193 2263 5923 3523 8873 7463 7723 6233 433
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 1643 1903 2783 4113 5153 6033 7444 0133 859
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 6303 7093 6743 0833 0373 0043 0093 0282 715
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
2 7482 6002 5582 2492 2702 2932 5352 6932 886
2016 - - - - - - - -
2 898--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Avec une densité de population de 63 habitants par km², la commune de Retournac compte une proportion de 48,1 % d'hommes pour 51,9 % de femmes.

EnseignementModifier

La commune de Retournac dépend de l'Académie de Clermont-Ferrand (Rectorat de Clermont-Ferrand) et les écoles primaires de la commune dépendent de l'Inspection académique de la Haute-Loire. Pour le calendrier des vacances scolaires, Retournac fait partie de la zone A.

La commune compte 5 établissements scolaires[14] : 4 écoles maternelles ou primaires et 1 collège, le lycée le plus proche étant situé à 12 km sur la commune d'Yssingeaux.

  • École élémentaire privée Arc-en-ciel
  • École élémentaire publique Théodore Monod
  • École élémentaire publique de Jussac
  • École élémentaire publique de Charrées
  • Collège public Boris Vian

La commune dispose également d'une crèche halte-garderie accueillant des enfants de 2 mois à 6 ans[15].

Manifestations culturelles et festivitésModifier

SantéModifier

SportsModifier

La commune dispose notamment d'une piscine municipale en plein air, d'un stade de football en gazon synthétique, de quatre courts de tennis, et d'un boulodrome.

CultesModifier

Pour l'Église catholique, le territoire de la commune dépend de l'« ensemble paroissial de Retournac et Solignac-sous-Roche » au sein du « secteur pastoral de Monistrol-sur-Loire - Yssingeaux », lui-même partie du diocèse du Puy-en-Velay[16].

Le territoire communal comprend :

  • L'église Saint-Jean-Baptiste de Retournac : collégiale romane datant du XIIe siècle et classée monument historique[17], il s'agit du principal lieu de culte du groupement paroissial. Fait rare, elle dispose d'absidioles sans déambulatoire. Elle possède également un mobilier liturgique contemporain créé par Philippe Kaeppelin (autel et croix) et des vitraux de Henri Guérin, réalisés en 1966 (chapelles sud) et en 2006 (collatéral nord). La visite de la collégiale offre ainsi une rétrospective de l'art et des évolutions du grand maître-verrier.
  • L'église Marie-Immaculée de Retournaguet : édifiée entre 1840 et 1848, l'église se situe au centre du bourg qui, au sud, surplombe la Loire au-dessus du Pont des Droits-de-l'Homme. Le clocher de style néo-roman et trois autels en marbre caractérisent cet édifice à l'architecture sobre. La voûte de la nef est construite en 1856 sur les plans de Brenas, architecte bénévole d'Yssingeaux. Le culte y est encore célébré à certaines occasions.
  • L'église Saint-Mathieu de Sarlanges : érigée en 1868 à 7 km au nord du bourg de Retournac, elle témoigne à nouveau de la pression constante qui s'exerce au XIXe siècle pour rapprocher le réseau pastoral d'une population en augmentation constante. Le clocher est inauguré en 1890. Depuis 1948, le culte n'y est plus assuré régulièrement.
  • La chapelle castrale Saint-Denis d'Artias : aujourd’hui fort délabrée mais sauvée des ruines par l'association des Amis d'Artias[18], la chapelle située à l'entrée du château fut bâtie dans le style roman au cours de la deuxième moitié du XIIe siècle. Le reliquat de son campanile date du XVIe siècle. Elle est inscrite aux monuments historiques[19].
  • La chapelle de la Madeleine : datant de la fin du XIIIe siècle, le prieuré a été construit sur le plateau volcanique de la Madeleine situé à 1 000 m d'altitude. Ce serait la première chapelle dédiée à Sainte Marie-Madeleine. Tombée en ruine après la Révolution, une souscription permet de la rebâtir, l'inauguration de la nouvelle chapelle ayant lieu le 16 août 1885. Au XVIe-XVIIe siècle, le culte de Saint-Roch est également invoqué contre la peste, ce dernier ayant séjourné sur le plateau. Depuis, une fête traditionnelle donnant lieu à un pèlerinage est célébrée en son honneur le 16 août[20].
  • L'oratoire de Jussac : modeste édifice couvert de lauzes qui parait remonter au XVIIIe siècle (date de 1753 sur la porte d'entrée). Il contient à l'intérieur, un autel de bois et une piéta en bois peint datant du XVIe siècle[21].

ÉconomieModifier

EmploiModifier

Entreprises et commercesModifier

TourismeModifier

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Église Saint-Jean-BaptisteModifier

 
Église Saint-Jean-Baptiste : façade méridionale et abside.

L'église Saint-Jean-Baptiste de Retournac, située au centre de Retournac, date de la fin du XIIe siècle. Elle est classée aux monuments historiques depuis 1907[17].

Château d'ArtiasModifier

Perché à 723 m d’altitude, sur un bloc basaltique de forme pyramidale sis le long de la Loire à quelques kilomètres en amont (c'est-à-dire à l’ouest) de la localité de Retournac, le château fort d’Artias est un des plus anciens du Velay. Les premiers seigneurs du lieu apparurent en 986, et l’an 1082 marqua le début de la construction, laquelle dura 70 ans. Par une bulle du pape Alexandre III, datée de 1165, le château fut placé sous la mouvance des comtes-évêques du Puy. Il fut tour à tour la propriété de nobles et puissantes familles proches du trône de France - les Artias d’abord ; puis, de 1212 à 1220, Pons de Chapteuil ; les barons de Roche-en-Régnier ; enfin, la maison de Vaux jusqu’à la Révolution - pour être finalement vendu, alors qu’il était abandonné depuis longtemps, par la baronnie de Roche-en-Régnier à la commune de Retournac. En 1265, le seigneur de Roche accorda une charte de franchise aux habitants d’Artias. En 1402, le roi de France, Charles VI, donne le droit au seigneur de tenir deux fois par an une foire au château, le jour de la Saint-Denis. Le château fut le témoin du meurtre de Jean de Berry, secrétaire du duc Jean de Bourbon, perpétré en 1488 suivant les instructions de son fils, le bâtard de Bourbon.

Parmi les ruines actuelles, on trouve quelques grands pans de muraille faisant partie de l’ancien logis seigneurial (XIVe et XIIe siècles), des restes de muraille de l’ancienne cour (XIIe siècle), les vestiges de trois tours, les restes d’une porte à l’entrée du château, et les ruines de la chapelle castrale. Celle-ci, dédiée à saint-Denis, se dressait à l’est du château, au-dedans de la muraille d’enceinte. Si elle date de la deuxième moitié du XIIe siècle et fut bâtie dans le style roman, la porte a été refaite dans son aspect actuel vraisemblablement au XVIe ou au XVIIe siècle, et le campanile aurait été érigé au même moment. La chapelle, qui est aujourd’hui fort délabrée et a fait l’objet de pillages, présente à l’intérieur des chapiteaux à feuillages et des arcs de décharge. Il semble qu’elle fut placée sur une des lignes de rempart pour servir d’ouvrage défensif, comme paraît l’attester la présence de petites meurtrières rectangulaires pratiquées dans le mur septentrional à un mètre au-dessous de la toiture et dirigées vers le chemin d’accès du château. La chapelle avait jusqu’en 1793 le titre d'église paroissiale. Elle est, avec son clocher, inscrite aux monuments historiques depuis 1949[19].

Maisons fortesModifier

Retournac héberge sur son territoire plusieurs maisons fortes : à la Bourange, à Mercuret, à Chabanolles (dans le sud de la commune), ainsi qu'à Ribes et à Jussac (dans le nord de la commune). Ces maisons fortes[22], construites aux XIIe et XIIIe siècles, souvent le long de routes principales, près des gués, des moulins et des centres de production artisanale ou encore à la frontière d’une grande seigneurie, étaient, à la différence des châteaux à proprement parler, occupées par les représentants des branches cadettes de grandes familles seigneuriales ou des lignages de rang moins élevé, et bénéficiaient de droits moins étendus.

 
Château de Mercuret.
  • Le château de Mercuret[23], dont la construction n’est pas précisément datée, est caractéristique de l'architecture rustique de cette région du Velay à la fin du Moyen Âge, quoique le caractère médiéval en ait été altéré par plusieurs remaniements, en particulier au XVIIIe siècle. Le domaine consiste en un enclos formé de différents corps de bâtiments reliés par un mur : la maison forte proprement dite, édifice rectangulaire flanquée de deux tours demi-engagées au centre des façades sud et nord, et dotée aux angles de quatre échauguettes ; une tour ronde s’élevant au nord-est, un peu en dehors du mur d'enceinte ; la chapelle, qui se compose d'une tour ronde, oratoire à l’origine, à laquelle fut ajouté au XVIIe ou XVIIIe siècle un petit bâtiment rectangulaire, correspondant à la nef ; à l’ouest enfin, le corps de bâtiment de la grange. Trois tours furent rasées pendant la Révolution, en 1793. La propriété relevant du château de Mercuret fut dépecée au XIXe siècle, et les bâtiments appartinrent aux hospices de Retournac dans les années 1940. Restauré par des particuliers vers la fin du XXe siècle, la maison forte, ainsi que l’enclos, est propriété privée, et n’est pas visitable. Le corps de logis, les tours, la cour, mais aussi la décoration intérieure (plafonds à la française, cheminées, etc.) sont protégés depuis 1994 au titre des monuments historiques[24].
  • Le château de Chabanolles, qui fut le siège d’une seigneurie mentionnée pour la première fois en 1190, se présente aujourd’hui sous l’aspect d’un corps de bâtiment rectangulaire, datant du XVe siècle, flanqué à son angle sud par une tour ronde et à son angle nord par une tour rectangulaire. Les angles est et ouest étaient pourvues d’échauguettes dont seuls ont été préservés les culs-de-lampe qui les supportaient. Au XVIIe siècle, le corps de logis subit plusieurs remaniements, en particulier la construction d’un portail d’entrée de style classique avec pilastres, linteau sculpté, et fronton triangulaire, et l’aménagement de l’ancienne bretèche défensive en fenêtre de premier étage. Le château est propriété privée, incorporé dans une exploitation agricole. Les tours et décorations intérieures (boiseries et décors peints) sont inscrites aux monuments historiques depuis 1986[25].
 
Maison forte de la Bourange.
  • Le château de Ribes, est situé au nord de la commune, entre la route de Craponne et la forêt de Miaune. La maison-forte, qui remonte peut-être au XIIe siècle, a été fortement remaniée au XVIIe siècle. Elle fut la propriété de la famille Gallet de Viverols de 1783 au début du XXe siècle. En 1956, elle a été rachetée par le comte belge Baudouin de Grunne. La chapelle du château abrita un culte assuré par des prêtres insermentés sous la Révolution.
  • La maison forte de la Bourange (appelée aussi maison de guet), situé dans le hameau du même nom, dans le nord-est de la commune, remonte du XIIe siècle et se dresse au haut d’un escarpement bordant la Loire. Sa façade méridionale porte une bretèche défensive dotée d’une meurtrière, et présente un portail d’entrée classique avec linteau armorié. Restaurée, elle est habitée par des particuliers.

Patrimoine culturelModifier

Musée des Manufactures de DentellesModifier

 
Musée des Manufactures de Dentelles avec la médiathèque sur la gauche.

L’histoire du musée commença en 1994, lorsque la commune de Retournac put acquérir les bâtiments, en même temps que l’intégralité des équipements (plus de 450 000 pièces, dont 100 000 modèles différents), de l’entreprise Auguste Experton et Fils, alors en cessation d’activité. Les collections ainsi acquises furent ensuite enrichies par l’achat de l’entreprise Claire Experton et Cie, manufacture de dentelles fermée en 1997, avec ses plus de 400 000 objets, dont 5 000 dessins dentelliers des années 1880 à 1920, et surtout avec sa collection de métiers de dentelle mécaniques, échantillonnage presque complet des machines utilisées depuis le début du siècle en Haute-Loire. C’est du reste le bâtiment de cette entreprise, lequel date de 1913-1914, qui héberge aujourd’hui les espaces d’exposition du musée, tandis que les édifices de l’entreprise Auguste Experton et Fils servent de lieu de réserve des collections.

Outre la conservation des objets, le musée s’est aussi donné pour tâche de sauvegarder les anciens savoir-faire de la dentelle, menacés de disparition. Le moyen par lequel le musée entend y parvenir est la mise en place d’un atelier intégré de production. Ce concept nouveau, lancé par la Fédération des Écomusées et Musées de Société, comporte la tenue de démonstrations impliquant aussi bien la dentelle aux fuseaux à la main que les métiers à dentelle mécaniques, mais comporte d’autre part également un point de vente, appelé muséoboutique, permettant de commercialiser les objets et produits réalisés dans l’atelier à partir de modèles anciens (des objets sont aussi produits sur commande)[6].

Labellisé musée de France[26], le musée des manufactures de dentelles est un service municipal de la commune de Retournac qui assure sa gestion financière.

Gastronomie localeModifier

Littérature et cinémaModifier

  • Retournac est l'un des lieux de l'action du film Gas-oil réalisé en 1955 par Gilles Grangier. Le film réunit Jean Gabin et Jeanne Moreau, laquelle tient le rôle d'Alice, l'institutrice de l'école communale de Retournac. Cependant, bien que le panneau de la commune apparaisse dans le film et que le nom de Retournac soit plusieurs fois cité [27], le film a été principalement tourné en studio et à Montmorency, et la scène de l'école a été tournée à Guerville dans les Yvelines [28]. Retournac n'étant pas cité dans le roman Du raisin dans le gaz-oil de Georges Bayle, il semblerait qu'un membre de l'équipe de tournage ait du vouloir rendre hommage à la commune.
  • L'intrigue du roman Le Secret des Borie, de Pierre-Marcel Besson (édition Subervie, Rodez, 1977, 167 pages), se passe à Retournac et ses environs [29].

Patrimoine naturelModifier

ZNIEFF et sites du réseau Natura 2000Modifier

Quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) sont situés partiellement sur le territoire de la commune[30], ainsi qu'un site du réseau Natura 2000 "Gorges de la Loire" qui fait l'objet d'une zone de protection spéciale (ZPS) au titre de la directive oiseaux[31].

Personnalités liées à la communeModifier

Héraldique et logotypeModifier

  Blason D’argent au pont droit alésé d’une arche de gueules posé sur une jumelle alésée d’azur, à la bannière coupée d’argent et de sable la hampe au naturel en bande, et à la crosse contournée d’or en barre, les deux issant du tablier du pont, au comble aussi d’argent chargé de l’inscription RETOURNAC en lettres capitales de sable.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

  • Jean Pralong (préf. Jean Peyrard), Retournac et sa région (carrefour de civilisation) : 15 000 à 18 000 ans d'histoire, Le Puy, éditions Jeanne d’Arc, , 357 p., 24 cm (présentation en ligne)
  • Régis Thomas, Martin de Framond, Bernard Galland, Églises de Haute-Loire, collection « Patrimoine de Haute-Loire » dirigée par Régis Thomas, Vol. 4, édition Phil’Print et Département de la Haute-Loire, 2015.
  • Jean chevalier, Ponts de Haute-Loire, collection « Patrimoine de Haute-Loire » dirigée par Régis Thomas, Vol. 3, édition Phil’Print et Conseil Général de la Haute-Loire, 2004.
  • Retournac, collection mémoire en images, Association de Protection du Patrimoine de Retournac, éditions Alain Sutton, 2006, 128 pages.
  • A la découverte de Retournac, collectif des Amis d’Artias sous la direction de Michel Forestier, 2ème édition Perrier, 1998, 27 pages.
  • André Patin, Le château de Mercuret (Revue d'études locales), Le Puy-en-Velay, Archives Départementales, coll. « Cahiers de la Haute-Loire », , 462 p. (lire en ligne), p. 75

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Jean Pralong 1980, chap. XVII, p. 172.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

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  22. Selon la définition qu’en donne le lexique historique du ministère français de la culture et que nous reproduisons ici.
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