État bourguignon

Le terme d'État bourguignon[1] sert dans l'historiographie contemporaine à désigner l'ensemble des possessions rassemblées par les Valois-Bourgogne aux XIVe siècle et au XVe siècle, en partie transmis à la maison de Habsbourg (Maximilien d'Autriche, puis Charles Quint) après la mort de Charles le Téméraire (1477), puis à la branche des Habsbourg d'Espagne (Philippe II et ses descendants).

On trouve aussi les formules : États bourguignons[2], Grande Principauté de Bourgogne[3] et État burgundo-flamand[4].

Cet agrégat de principautés féodales de statut divers (duchés, comtés, seigneuries), relevant de la France ou de l'Empire, a constitué à la fin du Moyen Âge et durant la Renaissance le fondement d'une puissance politique de premier plan. C'est un exemple de tentative de construction étatique parvenant presque au XVe siècle à être le premier royaume créé en Occident depuis plusieurs siècles.

Son existence est formalisée au XVIe siècle dans le cadre de l'Empire à travers le cercle de Bourgogne, composé des anciens Pays-Bas et du comté de Bourgogne, dont l'indivisibilité est officiellement reconnue par la Pragmatique Sanction de 1549, puis renforcée par la réforme des diocèses des Pays-Bas en 1559 (création du siège primatial de Malines).

Mais cette existence est remise en cause par la révolte des Pays-Bas contre Philippe II (1566), qui aboutit en 1581 à la sécession des Provinces-Unies au cours de la guerre de Quatre-Vingts Ans.

Le caractère problématique de la notion d'État à la fin du Moyen ÂgeModifier

 
La France en 1429. En vert, les territoires contrôlés par le duc de Bourgogne.

À l'époque, la notion d'État est floue, bien éloignée de son sens moderne et on n'emploie donc jamais celle d'État bourguignon. Pour désigner leurs terres, les ducs parlent plutôt de « nos principautés », « nos États », « nos provinces ». Les autres producteurs d'écrit utilisent le même type de formulation. C'est Henri Pirenne[5], pour des raisons idéologiques liées à la construction nationale belge[6], qui affirme la constitution d'un État moderne fondé sur une unité pré-nationale autour des ducs de Bourgogne. Johan Huizinga, tout en soulignant le caractère anachronique de la chose, lui emboîta le pas[7]. Aujourd'hui, une partie des historiens continuent d'employer de façon fréquente l'expression d'« État bourguignon », mais l'usage du singulier continue cependant à faire débat.

L'expression a été d'une certaine façon consacrée auprès du public par la monographie homonyme de Bertrand Schnerb[1]. Un certain nombre d'éléments accréditent cette vision d'un État unique constitué par les ducs :

  • la fondation par Philippe le Bon et surtout Charles le Téméraire d'une puissante armée de métier à laquelle tous les « pays de par-deça et de par-delà » contribuent plus ou moins, armée (mâtinée de mercenaires anglais, allemands et italiens) qui plie à des règles et un chef ultime communs l'ensemble des combattants enrôlés sous la bannière bourguignonne ;
  • la volonté des Valois-Bourgogne, devenue une idée fixe chez Charles le Téméraire, de réunir leurs provinces en un bloc géographique d'un seul tenant (ressuscitant le royaume lotharingien de jadis) qui faciliterait les communications intérieures et la circulation de l'armée bourguignonne ;
  • la volonté d'uniformisation administrative des ducs, traduite par des institutions communes — les Chambres des comptes, le Conseil ducal, le Parlement de Malines, un chancelier unique, etc. ;
  • la production d'ordonnances identiques dans toutes les provinces, de façon à leur donner une législation commune ;
  • la tentative d'établir une fidélité dynastique à travers un système de cour étoffé et des signes identitaires.

D'autres historiens, notamment Jean-Marie Cauchies[8], à la suite de Paul Bonenfant[9], font remarquer que l'on devrait plutôt parler d'« États bourguignons », au pluriel. En effet :

  • les contemporains employaient le pluriel ;
  • le prince ne régnait pas sur l'ensemble de ses pays en tant que « duc de Bourgogne » mais comme seigneur particulier de chacun d'entre eux, c'est-à-dire comme duc de Brabant, comte de Flandre, d'Artois, de Hollande, etc. ;
  • il n'existait pas de véritable sentiment d'appartenance commune dans chacune des seigneuries du duc de Bourgogne, car celles-ci différaient par la langue, le droit, les institutions ;
  • dans aucune de ses possessions, le duc de Bourgogne n'était souverain de droit — au-dessus de lui, il y avait un souverain, soit le roi de France, soit l'empereur. Cela étant, leur souveraineté était limitée : dans la réalité, le duc de Bourgogne ne rendait pratiquement pas compte de ses actes à un supérieur dans l'ordre temporel. De fait, il agissait comme un quasi souverain, même s'il ne l'était pas en droit[Note 1].

Il ne faut pas, ici, considérer le terme « État » selon son sens moderne[Note 2]. L'historiographie a largement consacré la notion « d'État princier » pour désigner certaines constructions politiques n'ayant pas de souveraineté (« État breton », Stato Sforzesco pour le duché de Milan, etc.). Considérant que l'État bourguignon n'est ni État souverain ni un État unifié du point de vue du droit, il s'agit surtout de donner un nom à cette « grande principauté » formée sous la houlette des ducs de Bourgogne, afin d'exclure l'abus de langage, trop fréquent, qui consiste à l'assimiler au seul « duché de Bourgogne ».

L'époque des ducs de Bourgogne (1363-1477)Modifier

Le règne de Philippe le Hardi (1363-1404)Modifier

En 1369, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi (1342-1404), prince de la maison de Valois, fils du roi de France Jean II le Bon, épouse la comtesse Marguerite III de Flandre (1350-1405), héritière du comte de Flandre Louis de Male (1330-1384) et veuve, depuis l'âge de 11 ans, du duc Philippe Ier de Bourgogne (1346-1361), prédécesseur de Philippe le Hardi.

À la mort de Louis de Male, Philippe reçoit donc le comté de Flandre, qui avec les villes de Gand, de Bruges, de Lille, est alors une des provinces les plus riches d'Europe, mais aussi le comté d'Artois, limitrophe de la Flandre, le comté de Rethel et deux fiefs jouxtant le duché de Bourgogne : le comté de Nevers et le comté de Bourgogne (c'est-à-dire la Franche-Comté sans Besançon, ville libre impériale), situé dans l'Empire.

Fort des fiefs qu'il contrôle à partir de 1384, Philippe le Hardi prend part à la fin du siècle aux conflits qui troublent le royaume de France : la guerre de Cent Ans, opposant alors Charles VI de France et Henri V d'Angleterre ; le conflit entre princes français au sujet de la régence du royaume de France (Charles VI étant considéré comme fou), avec deux factions principales, celle des ducs d'Orléans (les Armagnacs) et celle des ducs de Bourgogne (les Bourguignons).

Le règne de Jean sans Peur (1404-1419)Modifier

À son avènement, Jean sans Peur cède en apanage des fiefs à ses frères : Antoine (1384-1415) reçoit le comté de Rethel et Philippe (1389-1415) le comté de Nevers.

En 1406, la maison de Bourgogne hérite de Jeanne de Brabant (1322-1406), duchesse de Brabant et duchesse de Limbourg, dont la nièce Marguerite de Flandre était l'héritière. Antoine reçoit alors ces deux principautés et cède le comté de Rethel à Philippe de Nevers. Morts à la bataille d'Azincourt, où ils combattent du côté du roi de France, alors que Jean sans Peur avait interdit à ses vassaux de participer à cette bataille, ils ont tous deux un fils pour leur succéder.

Jean sans Peur continue dans l'ensemble la politique de son père, jusqu'à son assassinat en 1419 lors d'une entrevue à Montereau avec le dauphin Charles.

Le règne de Philippe le Bon (1419-1467)Modifier

Durant son long règne, Philippe le Bon ajoute un grand nombre de principautés à celles qu'il détient à son avènement. Il est allié des Anglais jusqu'en 1435 (ce sont des troupes bourguignonnes qui capturent Jeanne d'Arc en 1430), puis fait la paix, tandis que les Anglais poursuivent la guerre. Cependant, au début des années 1460, le prince héritier, Charles, entre en conflit armé avec Louis XI contre l'avis de son père.

Expansion territorialeModifier

En 1421, il achète en viager (pour 132 000 couronnes d'or) le comté de Namur au comte Jean III[10], et en prend possession à sa mort en 1429.

En avril 1427 meurt son neveu Jean IV de Brabant (1403-1427), fils d'Antoine, dont la succession est prise par frère Philippe (1404-1430). Philippe le Bon profite cependant de la situation pour faire pression sur la veuve de Jean IV, Jacqueline de Bavière, comtesse de Hainaut, de Zélande, de Hollande et dame de Frise : il se fait confier la régence de ses possessions (traité de Delft du ), dont il se proclame héritier.

Le [11], à la mort de Philippe de Saint-Pol, sans descendance, Philippe le Bon récupère ses terres et devient duc de Brabant[12] et duc de Limbourg.

Le , il prend possession des terres de Jacqueline de Bavière par un coup de force : il l'oblige à accepter le titre et les revenus de « comtesse d'Ostrevant » (terre située dans le comté de Namur) tandis qu'il devient devient comte de Hainaut, comte de Hollande, comte de Zélande et seigneur de Frise.

En , Élisabeth de Goerlitz (1390-1451), veuve d'Antoine de Brabant[13] et duchesse engagiste de Luxembourg, lui vend le duché de Luxembourg, dont il prend possession en , après avoir dédommagé des ayants-droit[14].

Il accroît enfin son influence, en faisant élire ses frères et enfants naturels comme évêques de Cambrai et d'Utrecht[pas clair], et son neveu Louis de Bourbon (1438-1482) comme prince-évêque de Liège (1456).

 
Le duc Philippe le Bon et son fils Charles le Téméraire (Recueil d'Arras, Arras, Bibliothèque Municipale, ms. 266, fo 61).

L'accumulation de ces seigneuries aboutit à la constitution de deux ensembles territoriaux continus :

Les relations avec les rois de FranceModifier

En 1435, il signe avec Charles VII le traité d'Arras, par lequel il obtient les villes de la Somme (avec une clause de rachat), les comtés de Ponthieu et de Boulogne, plusieurs seigneuries en Champagne et une dispense d'hommage pour ses fiefs français.

En 1463, le nouveau roi de France Louis XI rachète les villes de la Somme, mais le fils aîné de Philippe le Bon, Charles, comte de Charolais, est opposé à leur abandon et lance avec d'autres vassaux du roi de France la guerre de la ligue du Bien public. En 1465, Louis XI, vaincu, restitue les villes de la Somme (traité de Conflans).

Tentative d'organisation institutionnelleModifier

Les ambitions royales des ducs de Bourgogne apparaissent durant le règne de Philippe le Bon à l'initiative de l'empereur Frédéric III. En 1447, le chancelier impérial Gaspar Schlik est envoyé auprès de Philippe pour lui proposer d'ériger au choix deux de ses seigneuries en royaume : la Frise qui eut dans un passé lointain ses propres rois ou le Brabant, qualifié de « plus ancien et excellent duché de la Chrétienté »[15].

Ériger une de ses possessions en royaume ne satisfait pas le duc de Bourgogne : ce qu'il souhaite, c'est rassembler sous une même couronne l'ensemble de ses pays de par-deçà situé dans la mouvance du Saint Empire, afin de convertir les pouvoirs locaux qu'il exerce en une monarchie unifiée. Il décline donc cette proposition.[réf. nécessaire]

En 1460, Philippe envoie un de ses fidèles, Antoine Haneron, auprès de l'empereur pour lui rappeler qu'il a existé autrefois, entre le royaume de Germanie (Francie orientale) et le royaume de France (Francie occidentale), un royaume nommé Lothier (terme dérivé de « Lotharingia », comme « Lorraine », en allemand Lothringen), incluant les évêchés de Mayence, de Trèves, de Cologne, de Metz, de Toul, de Verdun, de Cambrai, de Liège et d'Utrecht[16]. Cela ne concernait pas le comté de Bourgogne, terre relevant du Saint Empire mais trop éloignée[réf. nécessaire], ni les fiefs du ressort de la couronne de France (Flandre, Artois, duché de Bourgogne).

Ce projet n'aboutit pas.

Le règne de Charles le Téméraire (1467-1477)Modifier

 
Le duc Charles le Téméraire portant le collier de l'ordre de la Toison d'or par Rogier van der Weyden, vers 1462. Huile sur bois, Gemäldegalerie, Berlin.

Aspirations à la royauté et relations avec l'empereurModifier

En ce qui concerne l'Empire, Charles rompt avec la politique de son père qui avait toujours ignoré la suzeraineté impériale[réf. nécessaire]. L'empereur est en effet le seul à pouvoir lui offrir l'indépendance à travers une couronne royale[pas clair]. Le duc s'implique donc dans les affaires de l'Empire : il participe aux diètes, à la guerre contre Neuss, tenta diverses alliances avec l'empereur[pas clair], etc.

Un témoignage de son aspiration à la royauté est le « chapeau ducal » qu'il se fait confectionner, un diadème d'une richesse prodigieuse, composé d'or orné de saphirs et de rubis balais surmonté d'une forme de velours jaune brodée de perles, avec au sommet un énorme rubis enchâssé dans un ornement d'or[17], qui, pour les contemporains, « apparaissait comme la couronne d'un roi »[18],[Note 3].

Charles reprend donc à son compte le projet de son père qui avait rêvé de reconstituer une Lotharingie[réf. nécessaire]. Charles se réfère surtout aux royaumes de Bourgogne (le royaume des Burgondes, le royaume de Bourgogne de l'époque mérovingienne, le royaume des Bivinides) dont le souvenir est encore présent, alors que l'existence du royaume de Lotharingie entre 855 et 900 avait été oubliée[réf. nécessaire]. De plus, leur nom rappelle le titre principal des ducs de Bourgogne.

L'expansion territoriale des premières annéesModifier

Charles tente d'abord de s'étendre par la voie pacifique en proposant d'acheter le duché de Gueldre, mais l'opposition entre le duc de Gueldre Arnold et son fils Adolphe impose une intervention armée.

Il connaît aussi des problèmes à Liège, principauté épiscopale[Note 4] dont le titulaire est un cousin de Charles par sa mère, Louis de Bourbon, nommé par Philippe le Bon ; l'opposition des habitants à l'influence bourguignonne suscite des tensions avec le nouveau duc, dont l'issue en 1468, la révolte de Liège, interfère gravement avec les pourparlers de Péronne avec Louis XI (infra).

En , il conclut le traité de Saint-Omer avec l'archiduc d'Autriche Sigismond de Habsbourg, régent de l'Autriche antérieure, qui lui cède en gage, pour 50 000 florins du Rhin, ses domaines de Haute-Alsace et le pays de Brisgau, du margraviat de Bade (plus précisément : le landgraviat d'Alsace, le comté de Ferrette, les quatre Waldstetten, le comté de Hauenstein et la ville de Brisach)[pas clair][19]. Cela lui donne un accès au Rhin, qui arrose aussi la Hollande et la Zélande, et constitue un pas pour établir la continuité territoriale entre Bourgogne et Pays-Bas.

Les relations avec Louis XI : le traité de Péronne (1468) et ses suitesModifier

En juillet 1468, Charles épouse (en troisième noces) la sœur du roi d'Angleterre Édouard IV (1442-1483), Marguerite d'York. Cela pousse Louis XI à négocier afin d'éviter la reconstitution d'une ligue des princes, éventuellement soutenue par le roi d'Angleterre. Louis XI vient lui-même négocier à Péronne, une des villes de la Somme tenue par le duc. Le 12 octobre, au bout de deux jours de discussions, arrive la nouvelle d'une insurrection de Liège, qui aurait été suscitée par des agents du roi de France. Charles le Téméraire place alors Louis XI en situation de captivité et lui impose les termes du traité de Péronne, conclu le 14 octobre 1468. Louis XI accompagne ensuite le duc pour la répression de la révolte, qui aboutit au sac de Liège entre le 29 octobre et le 3 novembre.

Par le traité de Péronne, le roi de France renonce à ses droits de souveraineté (impôts, nomination d'officiers, appel judiciaire) sur les terres situées au nord de la Somme, qui devient la frontière méridionale des Pays-Bas bourguignons, et sur quelques autres fiefs, notamment le Mâconnais.

Le traité est d'abord enregistré par le parlement de Paris, mais en décembre 1470, Louis XI le fait annuler et, au début de 1471, fait occuper Amiens par son armée. Charles réagit un peu plus tard en proclamant () la dissolution de tout lien vassalique envers le roi de France et en lançant une contre-offensive marquée par le siège de Beauvais (27 juin-22 juillet 1472), épisode devenu célèbre par l'exploit de Jeanne Hachette. Charles le Téméraire échoue à Beauvais, mais met les campagnes à sac sur le chemin du retour vers la Picardie (Beauvaisis, Santerre).

Le projet impérial de « royaume de Bourgogne » (1473)Modifier

Aussi, en 1473, lors de la conférence de Trèves (-), l'empereur Frédéric III, qui avait refusé d'aider Charles le Téméraire à se faire élire roi des Romains pour en faire son successeur[réf. nécessaire], accepte d'ériger ses possessions relevant de l'Empire en un royaume de Bourgogne, dont le roi serait en principe vassal de l'empereur, de même que le roi de Bohême.

Frederic III envisage également d'inféoder à ce royaume le duché de Lorraine, le duché de Savoie (avec le Piémont), la Bresse, le Bugey, le Pays de Vaud, Genève, le duché de Clèves, les évêchés d'Utrecht, de Liège, de Toul et de Verdun[20],[21],[Note 5]. Les ducs de Savoie, de Lorraine, de Clèves et les quatre évêques concernés seraient devenus les vassaux du roi de Bourgogne, et non plus de l'empereur.

Charles exige également la souveraineté de la Bourgogne sur la confédération des VIII cantons suisses[22].

Mais, en fin de compte, l'empereur rompt les pourparlers alors que les préparatifs du couronnement sont en cours[réf. nécessaire], et s'enfuit de nuit à cheval, puis en barque sur la Moselle avec son fils Maximilien qui, dans le cadre de l'accord, devait épouser Marie de Bourgogne[23].

La centralisation : le conseil de Malines (14 décembre 1473)Modifier

Parallèlement, Charles s'efforce de d'unifier l'administration de ses États des Pays de par deçà. Chacune des provinces des Pays-Bas bourguignons a ses États (assemblée délibérante, notamment pour les impôts) et son organisation spécifique définie par des chartes provinciales ; la plupart des villes ont aussi obtenu des chartes de franchise et disposent d'une grande autonomie ; enfin les grandes familles nobles locales tiennent aussi à leurs privilèges traditionnels. Charles lance une politique de réduction des autonomies locales, qui durera jusqu'au règne de Philippe II.

C'est l'objet notamment de l'ordonnance de Thionville (14 décembre 1473), créant le conseil de Malines, organe judiciaire suprême des Pays-Bas bourguignons[24].

Les guerres de Bourgogne et l'échec en LorraineModifier

L'arrivée de Charles le Téméraire en Haute-Alsace le met directement au contact des Suisses de la Confédération des VIII cantons. D'autre part, il suscite par sa politique des réactions hostiles de ses nouveaux sujets alsaciens. Louis XI encourage évidemment toutes les oppositions à la Bourgogne, en s'appuyant sur le duc de Lorraine, Jean II, lui aussi menacé par l'expansionnisme de Charles.

En 1474 débute la guerre de Bourgogne qui oppose Charles à la Confédération des VIII cantons et leurs alliés. Les Bourguignons sont d'abord défaits à la Bataille d'Héricourt cette même année, alors que le Téméraire est occupé au siège de Neuss. Durant l'été 1475, Charles détourne l'armée qu'il prévoyait d'utiliser contre le roi de France au profit du roi d'Angleterre et occupe le duché de Lorraine. Après un siège d'un mois, il entre dans Nancy le [25]. Tandis qu'il préside les États de Lorraine le , il affirme aux Nancéens qu'il fera de leur ville la capitale de son futur royaume[26],[Note 6]. Les Suisses défont l'armée de Charles le Téméraire à la bataille de Grandson le , puis à la bataille de Morat le . Finalement, en 1477, Charles le Téméraire meurt à la bataille de Nancy contre le duc René II de Lorraine et les Confédérés, alliés à son ennemi héréditaire Louis XI.

 
La France à la mort du Téméraire

L'époque des Habsbourg jusqu'à la sécession des Provinces-Unies (1477-1581)Modifier

Quelques semaines après la mort de son père, son héritière la duchesse Marie de Bourgogne, épouse l'archiduc d'Autriche Maximilien, futur chef de la maison de Habsbourg et empereur. Il prend en charge le gouvernement des États bourguignons, qui subissent une offensive militaire de la part de Louis XI.

De la mort du Téméraire au traité de Senlis (1477-1493)Modifier

Le puissant État bourguignon s'affaiblit de façon notable. Louis XI annexe le duché de Bourgogne et la Picardie (comtés de Ponthieu, Vermandois, Guînes et Boulogne), occupe l'Artois, mais s'enlise en Flandre, malgré le soutien de Bruges et de Gand. Les tractations dans le dernier quart du XVe siècle font aller et venir ces possessions au gré de la situation diplomatique et militaire jusqu'à ce que l'Artois, la Comté et le Charolais soient rendus aux héritiers du Téméraire. Le duché de Bourgogne resta cependant un élément majeur de la rivalité entre l'arrière petit-fils du Téméraire, Charles Quint, et François Ier. Si le traité de Madrid de 1526 sembla marquer la revanche des Bourguignons, en rétrocédant le duché à l'empereur, l'âpreté du roi de France à trahir la parole qu'il avait donnée à son rival fit émerger une autre solution : les Habsbourg-Bourgogne abandonnaient provisoirement leurs vues sur le duché en échange de quoi le roi de France satisfaisait la volonté d'indépendance des fiefs français de l'empereur en transférant sa suzeraineté sur ces terres à l'Empire.

Maximilien de Habsbourg, grâce à son mariage avec la duchesse Marie de Bourgogne, âgée de 20 ans et unique héritière du duc Charles le Téméraire, s'empare des possessions relevant de l'Empire ainsi que de l'Artois et la Flandre. Lors de sa réforme administrative de l'Empire, il fit établir un cercle impérial particulier qui assurait à ces provinces une unité administrative et fiscale vis-à-vis de l'Empire, qu'il baptisa significativement Cercle de Bourgogne en 1512[27]. La transaction d'Augsbourg en 1548 donna une véritable personnalité et indépendance juridique des provinces bourguignonnes vis-à-vis de l'Empire.

Au plan intérieur, Marie de Bourgogne dut promulguer un Grand Privilège qui rétablit les juridictions et privilèges locaux au détriment de tous les efforts d'unification de ses prédécesseurs. Ses successeurs, cependant, rétablirent peu à peu des institutions centrales : les États généraux, le parlement de Malines, rebaptisé Grand conseil, la Chambre des comptes de Lille et surtout les trois conseils collatéraux, qui devinrent l'outil central de gouvernement à partir de 1531.

L'attachement de la dynastie au duché de Bourgogne perduModifier

Le duché de Bourgogne est perdu en 1493, mais les successeurs du Téméraire continuèrent de s'en réclamer. Philippe le Beau, Charles Quint et Philippe II d'Espagne commencèrent leurs règnes respectifs par une séance solennelle les proclamant ducs de Bourgogne dans la grande salle du palais du Coudenberg à Bruxelles. Les deux premiers parlaient de la dynastie comme de la « très illustre maison d'Autriche et de Bourgogne », et si Philippe le Beau ordonna d'être enterré à la Chapelle royale de Grenade pour mieux assoir son pouvoir sur les royaumes de sa femme, Charles Quint exigea dans tous ses testaments successifs que son corps fût transféré à la nécropole familiale de Champmol si le duché de Bourgogne devait être reconquis. De façon générale, l'empereur attacha toujours une grande importance à ses racines bourguignonnes : c'est l'emblématique de celle-ci qu'il imposa à l'Espagne, faisant de la croix de Bourgogne, des fusils et de la Toison des éléments encore employés dans les représentations de la monarchie espagnole. De même, les usages de la cour de Bourgogne déjà de rigueur à Bruxelles depuis les ducs et durant tout le règne de Charles Quint furent, par les soins de celui-ci, imposés en Espagne.

Le règne de Maximilien d'Autriche après Senlis (1493-1516)Modifier

En 1512, l'empereur Maximilien institua le Cercle de Bourgogne, cercle impérial rassemblant les territoires bourguignons restés aux mains des Habsbourg-Bourgogne, leur conférant une première unité juridique.

Le règne de Charles Quint (1516-1556)Modifier

C'est Charles Quint, arrière-petit-fils du Téméraire qui fait aboutir les visées expansionnistes de ce dernier au nord. Il obtient la sécularisation de l'évêché d'Utrecht à son profit en 1528, puis ramène la Gueldre, augmentée d'une partie des terres de l'ancien évêché d'Utrecht, dans l'orbite bourguignonne en 1543. Entretemps, il avait reconquis la Frise et annexé la ville et les ommelanden de Groningue. Au sud, malgré le traité de Madrid de 1526, qui prévoyait la rétrocession du duché de Bourgogne aux descendants du Téméraire, celui de Cambrai qui soustrait la Flandre et l'Artois à la suzeraineté française et l'obtention d'un protectorat sur la Lorraine avec la régence de Christine de Danemark, la défense des États bourguignons demeura marquée par l'incapacité à reprendre le berceau de la dynastie.

En 1549, il promulgue la Pragmatique Sanction de 1549, qui institue pour le cercle de Bourgogne un statut particulier au sein de l'Empire, une quasi indépendance.

Le règne de Philippe II et la sécession des Provinces-Unies (1581)Modifier

De fait, c'est la guerre civile de la deuxième moitié du XVIe siècle qui brise en même temps qu'elle exalte le rêve d'un État bourguignon. Si les rebelles insistent en effet sur leur caractère bourguignon dans les premières étapes de la révolte, la tournure autonomiste et surtout la scission entre les provinces signataires de l'acte de La Haye et les autres provoqua la division définitive des provinces.

La fin de l'État bourguignon (1598-1792)Modifier

Le roi d'Espagne, descendant des ducs de Bourgogne, reconnaît l'indépendance des Provinces-Unies par le traité de Münster (1648).

La France acquiert le

L'État bourguignon subsiste désormais sous la forme des Pays-Bas espagnols, qui deviennent les Pays-Bas autrichiens en 1714. Ceux-ci sont conquis par la France en 1792 et, après diverses péripéties, deviendront la Belgique en 1830.

AnnexesModifier

Liste des princes de l'État bourguignonModifier

En tant que feudataires d'un suzerain nominal, qu'il soit le roi de France ou l'empereur romain germanique, les princes de l'État bourguignon ne peuvent être qualifiés de souverains de jure même s'ils l'étaient probablement de facto.

Maison de Valois-BourgogneModifier

À la mort du Téméraire, Louis XI annexa le duché de Bourgogne et occupa une partie des fiefs français du duc. Le roi prétendit reprendre possession d'un apanage constitué au profit de Philippe le Hardi, quand bien même le traité d'attribution du duché au troisième fils de Jean le Bon n'en faisait pas un apanage et ne prévoyait aucune clause de masculinité. Louis XI exploitait simplement un rapport de force très défavorable au principat bourguignon[28]. Le coup de force fut immédiatement contesté par Marie de Bourgogne et Maximilien d'Autriche son mari. Le contentieux ne fut jamais réglé et la prétention des Habsbourg à reprendre le duché, dont ils estimaient avoir été spoliés, alimenta de nombreuses guerres dans le siècle qui suivit[29].

Les possessions relevant du Saint-Empire, à savoir les Pays-Bas et la Franche-Comté furent en revanche transmises aux descendants et héritiers de Charles le Téméraire, dans la maison de Habsbourg. Enfin, une partie des fiefs français de ce qui avait été l'État bourguignon, principalement les comtés d'Artois, de Flandre et de Charolais (que les Français n’avaient jamais pu soumettre) furent, au Traité de Senlis (1493), rétrocédés par la France aux Habsbourg.

Maison de HabsbourgModifier

Composition territorialeModifier

Liste des possessions bourguignonnesModifier

À son apogée dans les années 1470 sous Charles le Téméraire, ce vaste ensemble territorial comprend deux grands groupes de provinces : les Pays-Bas bourguignons et les deux-Bourgognes, entre lesquels s'étendent les domaines (sous influence bourguignonne) des ducs de Lorraine. Ces deux grands groupes de provinces sont respectivement nommés pays de par-deçà et pays de par-delà. Bien que la capitale historique des ducs de Valois-Bourgogne soit Dijon, la cour est itinérante et séjourne le plus souvent dans le Brabant (Bruxelles) ou en Flandre (Lille, Bruges ou Gand).

« Pays de par-delà »
Seigneurie Armoiries Acquise en Perdue en
Duché de Bourgogne   1363 1477
Comté de Bourgogne   1384
Comté de Charolais   1390
1493
1477
Comté de Mâcon   1435 1477
Comté d'Auxerre   1435 1477
Seigneurie de Salins   1384
Seigneurie de Bar   1435 1477
Seigneurie de Château-Chinon   1454
1482
1477
« Pays de par-deçà » (Pays-Bas bourguignons)
Seigneurie Armoiries Acquise en Perdue en
Duché de Brabant   1405/1430
Duché de Lothier
(titre honorifique)
  1405/1430
Duché de Limbourg   1405/1430
Duché de Luxembourg   1443
Duché de Gueldre   1473 1492
Comté de Flandre   1384
Comté d'Artois   1384
1493
1477
Comté de Boulogne   1384 1477
Comté de Guînes   1384 1477
Comté de Namur   1430
Comté de Hainaut   1433
Comté de Hollande   1433
Comté de Zélande   1433
Comté de Ponthieu   1435 1477
Comté de Vermandois   1435 1477
Comté de Zutphen   1473 1492
Marquisat d'Anvers   1430
Seigneurie de Malines   1384
Seigneurie de Frise   1430
Villes de la Somme 1435
1465
1463
1477
Pays « d'entre-deux »
Seigneurie Armoiries Acquise en Perdue en
Duché de Lorraine   1475 1476
Duché de Bar   1475 1476
Landgraviat de Haute-Alsace, Sundgau, Brisgau   1469 1477

Liste des domaines sous influence bourguignonneModifier


Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Philippe le Bon obtint d'ailleurs de Charles VII une dispense d'hommage féodal pour ses terres mouvantes de la couronne. Et son fils Charles le Téméraire se déclara, en novembre 1471, affranchi de la suzeraineté du roi de France. Cette fois-ci, il s'agissait d'une décision unilatérale de Charles de Bourgogne s'appuyant sur la clause de non-respect du traité de Péronne (1468) que le roi de France avait de son côté fait annuler en décembre 1470 en arguant de la félonie du duc.
  2. Henri Pirenne a défendu l'expression, tout comme Johan Huizinga qui a cependant souligné son anachronisme. Sur la nécessité de recourir parfois à des termes anachroniques en histoire, on peut consulter l'article de M.R. Hoetink, Les notions anachroniques dans l'historiographie du droit.
  3. Charles ne fit cependant jamais usage d'un sceau en majesté, conservant la tradition des sceaux équestres.
  4. La principauté de Liège est détenue par l'évêque de Liège (le territoire du diocèse n'étant pas strictement identique à celui de la principauté. Cette principauté est restée un fief impérial jusqu'en 1792.
  5. Le 4 novembre 1473, Antoine Haneron, prévôt de Saint-Donant de Bruges, adresse au marquis de Rothelin, Rodolphe de Hochberg, une lettre détaillant les termes dans lesquels Frédéric III a arrêté la constitution du royaume de Bourgogne. Ce document en latin a été publié en 1937 par H. Stein, Bibliothèque de l'École des Chartes, tome XCVIII, p. 339-341.
  6. Bien que niant les droits du prince légitime de la Lorraine, Charles n'ajouta pas à sa titulature le titre de duc de Lorraine, alors qu'il avait pris celui de duc de Gueldre après l'annexion de ce duché. Probablement considérait-il que celui de duc de Lothier, adopté par son père après la prise en main du Brabant, rendait compte de sa conquête, car les deux termes de Lothier et Lorraine procédaient tous deux de Lotharingie, le premier désignant la Basse-Lotharingie, le second désignant la Haute-Lotharingie.

RéférencesModifier

  1. a et b Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Paris, Perrin, 1999
  2. Jean-Marie Cauchies, « Un État inventeur de formes d’organisation ? », dans La cour de Bourgogne et l’Europe. Le rayonnement et les limites d’un modèle culturel, éd. W. Paravicini, T. Hiltmann, F. Viltart, Ostfildern, 2013, p. 110
  3. Élodie Lecuppre-Desjardin, Le royaume inachevé des ducs de Bourgogne, Paris, Belin, 2016
  4. Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne, Paris, Albin Michel, 1949
  5. Henri Pirenne Histoire de Belgique: Volume 1 - Des origines à l'État bourguignon, Bruxelles, 1900
  6. Philippe Carlier, "Contribution à l'étude de l'unification bourguignonne dans l'historiographie nationale belge de 1830 à 1914, BTNG-RBHC, XVI, 1985, 1-2, p. 15
  7. J. Huizinga, « L'État bourguignon, ses rapports avec la France, et les origines d'une nationalité néerlandaise », dans Le Moyen Âge, t. XLI (1931), p. 83-96
  8. Jean-Marie Cauchies, « État bourguignon ou États bourguignons? De la singularité d’un pluriel », in P.C.M. Hoppenbrouwers, Antheun Janse et Robert Stein, Power and Persuasion, Essays on the Art of State Building in Honour of W.P. Blockmans, Thurnout, Brepols, 2010, ppes 49-58
  9. « Ce qui frappe, en effet, à certains égards, dans l'aspect qu'offre l'État Bourguignon à la fin du règne de Philippe, c'est le disparate que présentent entre elles, du point de vue constitutionnel, les différentes pièces de cet État, si bien qu'à vrai dire, il vaudrait mieux parler des États Bourguignons », Paul Bonenfant, Philippe le Bon, sa politique, son action, Paris, Bruxelles, De Boeck et Larcier, p. 85-86
  10. Au titre de comte de Namur est attachée un titre de marquis (margrave) du Saint Empire.
  11. [PDF] Une fête champêtre à la cour de Bourgogne.
  12. Selon la nomenclature : « duc de Brabant et de Lothier ».
  13. Elle est la seconde épouse d'Antoine, marié auparavant à Jeanne de Luxembourg-Ligny, morte en 1407, mère de Jean IV.
  14. Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne (Albin Michel, 1949 et juin 1976), p. 213
  15. Anne Le Cam, Charles le Téméraire, un homme et son rêve, In Fine, 1992, p. 246.
  16. Anne Le Cam, Charles le Téméraire, un homme et son rêve, In Fine, 1992, p. 247.
  17. Anne Le Cam, Charles le Téméraire, un homme et son rêve, In Fine, 1992, p. 134.
  18. Richard Vaughan, Charles the Bold, 1973, p. 168.
  19. Georges-Henri Dumont, Marie de Bourgogne, Paris, Fayard, 1982, p. 109
  20. Anne Le Cam, Charles le Téméraire, un homme et son rêve, In Fine, 1992, p. 258.
  21. Philippe Contamine, « Charles le Téméraire, fossoyeur ou fondateur de l'État bourguignon », Pays Lorrain, no 1, p. 123-134.
  22. Jean Favier, Louis XI, Fayard, 2001, p. 653.
  23. Klaus Schelle, Charles le Téméraire - La Bourgogne entre les lys de France et l'aigle de l'Empire, Fayard, 1979, p. 194-200.
  24. Anne Le Cam, Charles le Téméraire, un homme et son rêve, In Fine, 1992, p. 264.
  25. Klaus Schelle, Charles le Téméraire - La Bourgogne entre les lys de France et l'aigle de l'Empire, traduit de l'allemand par Denise Meunier, Fayard, 1979, (ISBN 2-213-00686-5), p. 254.
  26. Georges Minois, Charles le Téméraire, Paris, Perrin, , 543 p. (ISBN 978-2-262-04302-5).
  27. Anne Le Cam, Charles le Téméraire, un homme et son rêve, éd. In Fine, 1992, p. 265.
  28. Wim Blockmans, « La position du comté de Flandre dans le royaume à la fin du XVe siècle », in La France du XVe siècle, renouveau et apogée, Paris, CNRS, 1985, p. 73 : "Il est clair qu'en 1477 Louis XI ne se soucia pas de la légitimité de ses actes, mais il ne se fia qu'aux rapports de force, son but étant le démantèlement complet de l'État bourguignon."
  29. Voir par ex. Bertrand Schnerb, « La plus grande héritière du monde », dans Bruges à Beaune. Marie, l'héritage de Bourgogne, Paris, 2000, 21-37, ici 23.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

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  • Paul Bonenfant (études présentées par A.-M. Bonenfant-Feytmans), Philippe le Bon : sa politique, son action, Bruxelles, De Boeck université, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge » (no 9), , XVIII-452 p. (ISBN 2-8041-2115-1, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Paul Bonenfant, « La persistance des souvenirs lotharingiens », Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, no XXVII (fascicule),‎ , p. 53-64.
  • Paul Bonenfant, « Le projet d'érection des États bourguignons en royaume en 1447 », Le Moyen Âge, Paris, Éditions Albert, t. XLV, no 1,‎ , p. 10-23 (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Paul Bonenfant, « Les projets d'érection des Pays-Bas en royaume du XVe au XVIIIe siècle », Revue de l'Université de Bruxelles, t. XLI,‎ 1935-1936, p. 151-169.
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  • Jean-Marie Cauchies, « État bourguignon ou états bourguignons ? De la singularité d'un pluriel », dans Peter Hoppenbrouwers, Antheun Janse et Robert Stein (dir.), Power and Persuasion : Essays on the Art of State Building in Honour of W.P. Blockmans, Turnhout, Brepols, , XLI-364 p. (ISBN 978-2-503-53211-0, DOI 10.1484/M.STMH-EB.3.2418), p. 59-68.
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  • Maurice Chaume (abbé), « Le sentiment national bourguignon de Gondebaud à Charles le Téméraire », Mémoires de l'Académie de Dijon,‎ , p. 195-308.
  • Philippe Contamine, Des pouvoirs en France, 1300-1500, Paris, Presses de l'École normale supérieure, , 270 p. (ISBN 2-7288-0174-6, présentation en ligne), [présentation en ligne].
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  • (en) Malcolm Vale, « England and the Burgundian dominions : some cultural influences and comparisons », Publication du Centre européen d'études bourguignonnes, Neuchâtel, Centre européen d'études bourguignonnes, vol. 35 « L'Angleterre et les pays bourguignons : relations et comparaisons, XVe – XVIe siècle / Rencontres d'Oxford, 22 au  ; actes publiés sous la direction de Jean-Marie Cauchies »,‎ , p. 7-13 (DOI 10.1484/J.PCEEB.2.302344).

Articles connexesModifier